Politique




RDC – USA – Rwanda : Les coulisses d’un double accord historique – Les recommandations secrètes de l’Assemblée nationale enfin dévoilées

Kinshasa, le 27 avril – Alors que la République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans ses relations extérieures,…

Kinshasa, le 27 avril – Alors que la République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans ses relations extérieures, l’Assemblée nationale a donné son feu vert, ce lundi, à deux projets de ratification majeurs. Le premier lie Kinshasa à Washington dans un partenariat stratégique. Le second, plus délicat, scelle un accord de paix avec Kigali, voisin longtemps perçu comme un adversaire.

Mais derrière ce double vote en apparence technique se cache une pression politique forte. Le président de l’Assemblée nationale, empêché, n’a pas pour autant gardé le silence. Par l’intermédiaire du rapporteur Jacques Djoli, ses recommandations ont été lues en séance plénière, fruit de consultations intenses avec les forces vives de la nation.

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Avec les États-Unis : un accord économique sous conditions

Le député Aimé Boji, qui a porté la voix des sages, a formulé trois injonctions claires au gouvernement :

1. Améliorer d’urgence le climat des affaires – pour que l’investissement américain ne reste pas une promesse vide.
2. Sensibiliser la population à l’accord – car un texte ignoré du peuple est un texte voué à l’échec.
3. Créer une task force nationale et multisectorielle – chargée du suivi et de l’évaluation, afin d’éviter que ce partenariat ne sombre dans l’oubli administratif.

Ces exigences traduisent une méfiance bienveillante : oui à l’ouverture, mais pas sans gouvernance.

Avec le Rwanda : un dialogue de paix sous tension

L’accord avec le Rwanda est plus sensible. Il touche aux racines des conflits qui ensanglantent l’Est congolais. Là encore, les recommandations sont sans ambiguïté :

· Réviser le CONOPS (concept d’opérations) – avec un calendrier actualisé et des mesures correctives.
· Instaurer une task force interinstitutionnelle – pour assurer un suivi rigoureux.
· Garantir des critères stricts pour l’intégration conditionnelle des ex-combattants dans l’armée nationale.
· Développer des programmes de sensibilisation à destination des populations locales, premières victimes des violences.

Chaque terme est pesé. Chaque mécanisme, conçu pour éviter les dérives passées.

Et maintenant ? Direction le Sénat

Les deux projets de loi adoptés ne s’arrêtent pas là. Conformément à la procédure législative en vigueur, ils vont être transmis au Sénat pour une seconde lecture. Une autre bataille politique s’annonce. Mais une certitude demeure : la RDC, sous pression interne et externe, tente de jouer sur deux tableaux – la coopération économique avec l’Amérique, et la paix fragile avec son voisin rwandais.

Reste à savoir si les task forces et les calendriers suffiront à transformer les promesses en réalités.

 

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