Société




États généraux des Postes & Télécoms, le grand virage numérique de la RDC

Pendant trois jours, la capitale congolaise change de tempo. Plus question seulement de politique ou de sécurité. Ici, au cœur…

Pendant trois jours, la capitale congolaise change de tempo. Plus question seulement de politique ou de sécurité. Ici, au cœur des États généraux du secteur des Postes et Télécommunications, c’est le numérique qui tient la dragée haute. Le thème ne laisse aucun doute : « Postes et télécommunications, vecteurs de la croissance économique et du développement ».

Dans la salle, des experts, des régulateurs, des opérateurs télécoms. Devant eux, une feuille de route stratégique nationale à écrire, à court, moyen et long terme. L’ambition affichée ? Connecter les 145 territoires du pays. Réduire les fractures numériques qui creusent les inégalités entre Kinshasa et le fin fond du Maniema. Et pour cela, réformer la loi, réguler plus profondément.

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Le Président pose le cap 2030.

En ouvrant le forum, Félix Tshisekedi a choisi les mots qui décoiffent. « Aucun pays ne peut prétendre à la croissance, à la compétitivité ou à la souveraineté en restant en marge des grands flux numériques, logistiques et informationnels. » Une mise en garde, mais aussi une promesse.

Le chef de l’État a martelé l’objectif : faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030. Pas un slogan, dit-il, mais une cohérence avec les priorités gouvernementales. « Il nous revient d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. »

Désenclaver un pays-continent.

Tshisekedi a ensuite tapé là où ça fait mal : la connectivité territoriale. « Dans un pays‑continent comme le nôtre, relier les territoires, connecter les provinces, désenclaver les zones rurales et rapprocher les citoyens des services essentiels constituent une exigence de cohésion nationale. » Une formule qui résonne comme un programme. Car comment parler de croissance sans routes numériques ? Comment bâtir une souveraineté sans mailler le territoire de fibres, d’antennes, de bureaux de poste rénovés ?

Un sous-texte brûlant : l’affaire MTN Rwanda.

Ces États généraux n’arrivent pas dans un ciel serein. Il y a deux mois à peine, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a instruit une prise en charge technique d’un dossier explosif : l’utilisation illégale des fréquences congolaises par MTN Rwanda. Décision prise après une audience accordée au ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, accompagné du patron de l’ARPTC et des grands opérateurs (Airtel, Orange, Vodacom).

Ce contentieux plane sur les travaux. Il rappelle à tous que le numérique est aussi une bataille de souveraineté. Que les fréquences, comme le cuivre ou le cobalt, ne s’abandonnent pas.

Trois jours pour dessiner la route.

Jusqu’au 29 avril, les experts vont plancher. À la sortie, une feuille de route ambitieuse est attendue. Avec des échéances courtes, moyennes, longues. Avec des indicateurs. Avec, espèrent les opérateurs présents, une régulation plus claire et des investissements massifs.

Kinshasa, pour une fois, ne parle pas de guerre. Elle parle de débit, de latence, de fibre optique, de facteur rural. Une autre bataille, tout aussi décisive pour l’avenir de 100 millions de Congolais.

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