Ebola en RDC : le Royaume-Uni débloque 67,5 millions de dollars pour freiner la plus grave épidémie de l’histoire du pays

Face à une épidémie d’Ebola qui ne cesse de gagner du terrain en République démocratique du Congo, le Royaume-Uni muscle sa réponse humanitaire. Londres a annoncé, ce mardi, un nouveau financement de plus de 50 millions de livres sterling, soit environ 67,5 millions de dollars, afin de soutenir les opérations de riposte dans un pays où le nombre de cas confirmés dépasse désormais les 6 000.

Cette nouvelle enveloppe porte la contribution britannique totale à 78 millions de livres sterling, après une première aide de 20 millions de livres accordée en mai. Elle intervient alors que les autorités sanitaires font face à une épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué.

Une aide renforcée pour soutenir la riposte sur le terrain

Le nouveau financement britannique vise à consolider plusieurs piliers essentiels de la réponse sanitaire.

Les fonds serviront notamment à renforcer :

  • la surveillance épidémiologique ;

  • le soutien aux professionnels de santé en première ligne ;

  • l’accès aux traitements disponibles ;

  • la prévention et le contrôle des infections ;

  • la sensibilisation des communautés ;

  • l’organisation de sépultures sûres et dignes.

Au-delà du financement, le Royaume-Uni a déjà déployé des experts en santé publique en RDC et dans les pays voisins afin d’appuyer les opérations de surveillance, la prévention des infections, la mobilisation communautaire et la préparation aux urgences sanitaires.

Cette assistance s’inscrit également dans le cadre d’une coopération avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les Nations unies et plusieurs organisations humanitaires présentes sur le terrain.

Londres alerte sur l’urgence d’agir

L’annonce a été faite par la ministre britannique chargée de l’Afrique, Kirsty McNeill, lors de sa première intervention parlementaire après la reprise des travaux à Westminster.

Pour la responsable britannique, l’évolution de l’épidémie impose une montée en puissance immédiate de la réponse internationale.

« En RDC, des familles vivent des pertes inimaginables alors qu’Ebola ravage les communautés, emportant des vies et laissant des milliers d’autres personnes lutter pour leur survie », a-t-elle déclaré.

Elle a insisté sur l’importance d’une intervention rapide face à l’aggravation de la situation.

« Nous savons que la rapidité sauve des vies. Nous avons été parmi les premiers à engager notre soutien et nos experts dans la région, mais à mesure que l’épidémie s’intensifie, nous accélérons notre réponse pour être à la hauteur du défi », a ajouté Kirsty McNeill.

Une épidémie aggravée par les conflits et les déplacements

L’épidémie actuelle évolue dans un contexte particulièrement complexe.

Les conflits armés, les déplacements massifs de populations et les besoins humanitaires croissants compliquent les opérations de riposte et augmentent les risques de propagation du virus.

Avec plus de 6 000 cas confirmés, la RDC fait face à la plus importante épidémie d’Ebola jamais enregistrée sur son territoire. Les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux redoutent désormais qu’elle ne devienne la plus meurtrière de l’histoire du pays.

Dans ce contexte, le renforcement du soutien britannique s’ajoute aux efforts déjà engagés par plusieurs partenaires internationaux pour tenter de contenir la propagation du virus et protéger les communautés les plus exposées.

Nord-Kivu : Delly Sesanga dénonce la fin de la gratuité de l’enseignement primaire par l’AFC/M23

« La guerre ne doit jamais entrer dans la salle de classe ». C’est le message fort lancé par Delly Sesanga mercredi 2 septembre depuis Kinshasa. Le président du parti « Envol » s’oppose frontalement à la décision d’imposer des frais scolaires aux enfants du primaire dans les zones du Nord-Kivu sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23.

Dans un communiqué cinglant, l’opposant qualifie cette mesure d’inacceptable et appelle à son retrait immédiat. Il demande au Gouvernement central de prendre toutes les dispositions avec les partenaires de l’éducation pour garantir la gratuité et empêcher qu’un seul enfant ne soit exclu faute d’argent.

La gratuité n’est pas une faveur, c’est un droit constitutionnel

Pour Delly Sesanga, le débat est juridique avant d’être politique. La gratuité de l’enseignement primaire public, d’après lui, n’est ni un privilège ni une faveur que l’on peut accorder ou retirer selon celui qui contrôle un territoire.

« C’est un droit garanti à chaque enfant congolais par l’article 43 de la Constitution », martèle-t-il. Peu importe l’endroit où vit l’enfant ou l’autorité qui contrôle son territoire, il rappelle que ce droit doit être préservé et transmis aux générations suivantes.

« L’égalité entre les enfants congolais ne s’arrête pas aux lignes de front. Aucun enfant ne peut être privé de ce droit en raison de la guerre », déclare-t-il dans son argumentaire.

L’Est a déjà trop payé

Dans son adresse, le candidat à la présidentielle de 2023 revient sur le lourd tribut payé par les populations de l’Est. Il cite notamment les morts, déplacements massifs, destruction des activités économiques, appauvrissement des familles et désorganisation totale des services essentiels.

Dans ce contexte, poursuit-il, « imposer aux parents le financement de l’enseignement primaire alors que les enseignants concernés continuent d’être rémunérés par l’État à Kinshasa, revient à faire payer une nouvelle fois la guerre à ceux qui en sont déjà les premières victimes ».

« On ne peut pas leur imposer maintenant de payer pour que leurs enfants puissent aller à l’école », dénonce-t-il.

Pour Delly Sesanga, la ligne est claire : « Nos différends politiques et la guerre ne doivent jamais prendre l’éducation de nos enfants en otage. L’école doit rester ouverte et gratuite pour tous les enfants du primaire public. Partout en République démocratique du Congo ».

Une gouvernance décriée dans les zones occupées

Cette sortie intervient dans un contexte où l’AFC/M23 est régulièrement accusée de multiplier les exactions dans les territoires sous son contrôle au Nord-Kivu. Au-delà de la question scolaire, plusieurs rapports locaux et humanitaires dénoncent l’instauration d’un système de taxes illégales.

Les rebelles procèdent aux recrutements forcés de jeunes et imposent des restrictions de mouvements aux populations civiles.

En s’attaquant aujourd’hui à la gratuité de l’enseignement, pilier social instauré depuis 2019, le mouvement rebelle franchit un nouveau cap inacceptable. Une mesure qui fait payer aux familles le prix d’une administration parallèle contestée, dans une zone où l’AFC/M23 est accusée par Kinshasa d’être soutenue par le Rwanda.

Denise Nyakeru Tshisekedi sème l’espoir au Kasaï : couveuses, kits pour handicapés et promesse de renaissance à Bonzola

C’est une véritable bouffée d’oxygène qu’a apportée Denise Nyakeru Tshisekedi au cœur du Kasaï Oriental. Ce 1er septembre 2026, la Première Dame de la République démocratique du Congo est arrivée à Mbuji-Mayi. Elle n’y venait pas pour une simple visite de courtoisie. Elle a posé des actes concrets destinés à marquer durablement les populations.

Entre dons humanitaires et promesses d’avenir, cette itinérance en province minière envoie un signal fort. Elle place les femmes, les nouveau-nés et les personnes souvent oubliées des politiques publiques au centre de son action.

Bonzola renaît de ses cendres avec un équipement de pointe

Zoom Eco
© Zoom Eco
Le premier arrêt de la Première Dame a suscité une vive émotion. À l’Hôpital général de référence de Bonzola, l’ambiance est rapidement montée lorsque Denise Nyakeru a franchi les portes de la maternité.

Elle est arrivée avec une importante dotation. Celle-ci comprend des équipements destinés à transformer le quotidien des soignants comme celui des patients.

Le don comprend notamment des couveuses dernier cri pour les nouveau-nés prématurés. Il inclut également un appareil de radiographie, un réfrigérateur pour la banque de sang, des moniteurs cardiaques et un important lot de produits pharmaceutiques.

Ainsi, cette dotation vient combler plusieurs années de sous-investissement.

Le docteur Felly Kabongo Kayembe, médecin directeur de l’hôpital, n’a pas caché son émotion.

« Nous nous sentons très flattés par le passage de la Première Dame, parce que c’est la troisième fois qu’elle visite cette institution. Je pense qu’elle est préoccupée par le souci de voir cet hôpital, qui est une référence de la province, renaître et retrouver son statut. »

Une visite au chevet des mamans et des nouveau-nés

La tournée ne s’est pas limitée à une remise de matériel. Ensuite, Denise Nyakeru a parcouru les couloirs de la maternité. Elle a visité la salle d’opération, le service de néonatologie et les salles d’hospitalisation.

Cette immersion lui a permis de constater les difficultés auxquelles font face les équipes. En parallèle, elle a adressé des paroles de réconfort aux patientes.

Chaque jeune maman a reçu un kit complet pour son nouveau-né. Il comprend des couches jetables, un seau, un bassin, un pagne et une enveloppe.

Au-delà de l’aide matérielle, la Première Dame a aussi insisté sur la prévention. Elle a sensibilisé les familles à la santé reproductive, à la planification familiale et à l’espacement des grossesses.

« Préserver sa santé, c’est aussi préserver celle de ses enfants », a-t-elle martelé.

Par ailleurs, elle a promis de renforcer prochainement l’équipement de l’hôpital avec des lits supplémentaires.

À Mbuji-Mayi, l’autonomisation des personnes handicapées prend un nouvel élan

Le lendemain, Denise Nyakeru Tshisekedi a poursuivi son engagement sur un autre front : celui de l’inclusion sociale.

À Mbuji-Mayi, 80 personnes vivant avec handicap ont reçu leurs kits d’autonomisation. Elles venaient d’achever leur formation professionnelle à l’Institut National de Préparation Professionnelle (INPP).

Cette initiative prolonge le programme lancé à Kinshasa auprès de 174 premiers bénéficiaires.

Depuis 2023, la Fondation LONA porte cette ambition. Elle veut financer 500 bourses de formation professionnelle afin de permettre à chacun d’apprendre un métier, de gagner en autonomie et de vivre dignement de son travail.

Les bénéficiaires ont partagé leurs parcours, leurs ambitions et leurs rêves.

« Voir leur enthousiasme, leur confiance et leur détermination m’a profondément touchée. Derrière chaque kit remis, il y a bien plus que du matériel : il y a un métier à exercer, une activité à développer et, surtout, une nouvelle histoire à écrire », a confié la Première Dame.

Elle a également salué ses partenaires, notamment l’ASBL PESA MUNINGA SOURIRE, le Fonds National de Promotion et de Service Social, l’INPP ainsi que les équipes mobilisées.

« À travers la Fondation LONA, nous continuerons à semer dans l’humain pour bâtir une société où le handicap ne limite ni les possibilités, ni les rêves », a-t-elle affirmé.

Kananga se prépare à accueillir sa « fille »

Alors que l’écho de cette visite résonne encore à Mbuji-Mayi, tous les regards se tournent désormais vers Kananga, chef-lieu du Kasaï Central.

La Première Dame y est attendue ce mercredi 2 septembre dans la soirée.

À cette occasion, le gouverneur Joseph Moïse Kambulu a lancé un appel à la mobilisation.

« L’exécutif provincial du Kasaï Central est heureux de vous annoncer l’arrivée de la Distinguée Première Dame. Sa visite constitue un motif de fierté et de raffermissement de l’élan de développement imprimé à notre province, sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi. J’invite la population à se mobiliser comme un seul homme pour lui réserver un accueil digne de son rang. Accueillir la Première Dame, c’est accueillir le Président de la République. »

Ainsi, la ville se prépare à une forte mobilisation populaire.

À travers cette tournée de deux jours au Kasaï Oriental, Denise Nyakeru Tshisekedi ne se contente pas de distribuer des dons. Elle construit un récit d’engagement autour de la santé, de l’inclusion et de la solidarité.

Enfin, son passage pourrait laisser une empreinte durable dans cette région longtemps confrontée aux difficultés, bien au-delà des équipements et des kits qu’elle a remis.

Ebola au Nord-Kivu : une fillette de 12 ans guérit à Kyondo, le centre de traitement ne compte plus aucun cas actif

Une nouvelle lueur d’espoir éclaire la riposte contre Ebola dans le territoire de Beni. Ce mercredi, une fillette de 12 ans a quitté guérie le centre de traitement de la maladie à virus Ebola de Kyondo, au Nord-Kivu, marquant une étape importante dans la lutte contre l’épidémie dans cette zone de santé.

Sa sortie porte à cinq le nombre de personnes guéries à Kyondo et ramène à zéro le nombre de cas actifs pris en charge dans ce centre.

Une guérison qui redonne espoir à Kyondo

L’annonce a été faite par le bourgmestre de Kyondo, Joachim Muhindo Vyaghula, qui a salué cette nouvelle victoire contre le virus.

« Un nouveau vainqueur est là. Il s’agit d’une fille de 12 ans. Cette dernière a été déchargée du centre de transit de l’hôpital général de référence de Kyondo », a-t-il déclaré.

Au-delà de cette guérison, l’autorité municipale a tenu à rendre hommage au personnel soignant, qu’il a remercié pour son engagement dans la prise en charge des patients.

Il a également lancé un appel à la population afin d’éviter toute forme de stigmatisation envers les survivants d’Ebola.

« Je remercie le personnel soignant pour l’engagement et le sacrifice consenti pour arriver à la guérison de ce vainqueur et je mets en garde toute personne qui amènerait une sorte de stigmatisation dans la communauté », a-t-il averti.

Plus aucun cas actif dans le centre de traitement

Pour le responsable du centre de transit de Kyondo, le Dr Félix Kalengehya, cette guérison constitue une étape encourageante dans la riposte locale.

La sortie de cette jeune patiente permet désormais au centre de ne plus compter de cas actifs.

Le médecin appelle toutefois à ne pas relâcher la vigilance.

« Je demande à toute notre population de Kyondo de renforcer les mesures barrières afin de stopper la propagation du virus et de se rendre le plus vite possible dans une structure de santé dès l’apparition des premiers symptômes », a-t-il exhorté.

Une vigilance maintenue malgré cette avancée

Si cette guérison marque un progrès important, les autorités sanitaires rappellent que la lutte contre Ebola reste loin d’être terminée.

Dans la zone de santé de Kyondo, le bilan fait désormais état de cinq guérisons, onze décès enregistrés dans la communauté et un cas probable.

Les équipes de riposte poursuivent ainsi les actions de surveillance, de sensibilisation et de prise en charge afin d’empêcher toute nouvelle propagation du virus dans cette partie du territoire de Beni.

Procès Constant Mutamba : la Cour de cassation reporte son verdict au 7 septembre dans le dossier FRIVAO

Le verdict était attendu ce mercredi. Il faudra finalement patienter encore cinq jours. La Cour de cassation a décidé de reporter au lundi 7 septembre 2026 le prononcé de sa décision dans le procès mettant en cause Constant Mutamba et Chançard Bolukola, poursuivis dans le dossier relatif à la gestion des fonds du FRIVAO.

Cette décision intervient alors que cette affaire, particulièrement suivie en République démocratique du Congo, porte sur des ressources destinées à l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda sur le territoire congolais.

Un délai supplémentaire pour « mûrir la décision »

L’information a été confirmée à la presse par un greffier de la Cour de cassation.

« Le prononcé du verdict a été prorogé de cinq jours pour mûrir la décision », a-t-il indiqué.

La juridiction, qui devait rendre sa décision le 2 septembre, se laisse ainsi un délai supplémentaire avant de statuer sur ce dossier sensible.

Cette prolongation intervient après la clôture des débats et les plaidoiries des différentes parties, alors que l’affaire avait été prise en délibéré.

Au cœur du procès, les fonds destinés aux victimes de Kisangani

Le dossier concerne la gestion d’une partie des ressources versées par l’Ouganda au titre des réparations accordées à la République démocratique du Congo.

Ces fonds devaient notamment contribuer à l’indemnisation des victimes de la guerre des Six Jours de Kisangani ainsi qu’au financement de plusieurs mécanismes de réparation au bénéfice des populations concernées.

Les poursuites visent Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, et Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du FRIVAO, autour de soupçons portant notamment sur la gestion de ces ressources et sur de présumées irrégularités dans l’attribution de certains marchés publics.

Les deux prévenus contestent les faits qui leur sont reprochés et demeurent présumés innocents jusqu’à une décision judiciaire définitive.

Un verdict très attendu après des réquisitions sévères

Au cours du procès, le ministère public a requis une peine de 15 ans de servitude pénale contre chacun des prévenus.

La défense a, pour sa part, rejeté les accusations et plaidé en faveur de leur acquittement, estimant que les charges retenues n’étaient pas établies.

Le verdict, désormais attendu le 7 septembre, devra déterminer si les faits reprochés sont juridiquement établis et préciser, le cas échéant, les sanctions prévues par la loi.

Au-delà du sort des deux prévenus, cette décision est particulièrement attendue en raison de la nature des fonds concernés, destinés à réparer les préjudices subis par les victimes de l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire récente de Kisangani.

À Jérusalem, Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu scellent un nouveau cap dans le partenariat RDC-Israël

À Jérusalem, Félix Tshisekedi n’est pas venu multiplier les poignées de main diplomatiques. Le président congolais cherche à transformer le rapprochement engagé avec Israël en un partenariat capable de produire des résultats concrets pour la République démocratique du Congo.

En mission de travail dans l’État hébreu, le chef de l’État s’est entretenu, ce 1er septembre 2026, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant de retrouver le président Isaac Herzog. Deux rencontres de haut niveau qui traduisent la volonté des deux pays de donner une nouvelle dimension à leur coopération.

Sécurité, défense, agriculture, infrastructures, énergie, hautes technologies et investissements figuraient parmi les principaux dossiers inscrits à l’agenda des discussions.

Netanyahu et Tshisekedi veulent accélérer le rapprochement entre Kinshasa et Jérusalem

La première séquence diplomatique s’est déroulée à la résidence du Premier ministre israélien.

Après un entretien en tête-à-tête, Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu ont élargi leurs échanges à leurs délégations respectives afin d’examiner les perspectives de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.

La sécurité et la défense ont occupé une place centrale dans les discussions, aux côtés de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie et des hautes technologies.

Benjamin Netanyahu a salué la qualité des relations entre les deux États et affirmé sa volonté de les approfondir.

« C’est une grande amitié que nous souhaitons approfondir encore plus », a déclaré le Premier ministre israélien.

De son côté, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de dépasser la logique des accords symboliques.

« Notre ambition est de bâtir avec Israël un partenariat moderne, pragmatique et mutuellement bénéfique, qui ne se mesure pas seulement aux accords que nous signons, mais à leur mise en œuvre et aux résultats qu’ils produisent pour nos deux peuples », a affirmé le président congolais.

Cette déclaration résume l’approche défendue par Kinshasa : privilégier des projets concrets susceptibles d’avoir un impact durable sur le développement du pays.

Avec Isaac Herzog, la coopération s’élargit à l’innovation, à l’eau et à la sécurité alimentaire

Quelques heures plus tard, Félix Tshisekedi s’est entretenu avec le président Isaac Herzog, poursuivant ainsi les échanges engagés lors de la visite officielle du dirigeant israélien à Kinshasa en novembre 2025.

Les deux chefs d’État ont confirmé leur volonté de renforcer leur coopération dans plusieurs domaines prioritaires.

Les discussions ont notamment porté sur :

  • l’agriculture et la sécurité alimentaire ;

  • la gestion de l’eau ;

  • la santé ;

  • les technologies et l’innovation ;

  • la formation ;

  • les investissements ;

  • la sécurité.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’une dynamique diplomatique engagée depuis plusieurs années.

Après une première visite de Félix Tshisekedi à Jérusalem en 2021, les deux dirigeants s’étaient retrouvés à Davos en janvier 2025 avant la visite historique d’Isaac Herzog à Kinshasa quelques mois plus tard.

À l’époque, le président congolais avait salué le retour d’Israël en RDC après plusieurs décennies d’absence au plus haut niveau de l’État.

Un hommage à Yad Vashem avant les entretiens officiels

Avant ses rencontres avec les dirigeants israéliens, Félix Tshisekedi a effectué une visite au mémorial de Yad Vashem, consacré à la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah.

Le président congolais a parcouru le musée ainsi que la Salle des Noms avant de déposer une couronne de fleurs et de raviver la Flamme du Souvenir dans la crypte du mémorial.

Selon la présidence congolaise, cette démarche revêt une portée particulière.

Félix Tshisekedi avait déjà visité ce lieu de mémoire en 2021, devenant alors le premier chef d’État congolais à accomplir ce geste symbolique.

Une relation bilatérale qui entre dans une nouvelle phase

Au-delà des cérémonies officielles, cette visite confirme l’évolution des relations entre Kinshasa et Jérusalem.

En quelques années, la coopération s’est progressivement étendue de la diplomatie aux secteurs jugés stratégiques pour le développement de la RDC : sécurité, innovation, agriculture, énergie, infrastructures et investissements.

Pour Kinshasa, l’objectif est désormais de transformer cette proximité politique en réalisations concrètes capables de renforcer la souveraineté économique et sécuritaire du pays.

À Jérusalem, le message porté par Félix Tshisekedi est clair : le partenariat entre la RDC et Israël ne doit plus être évalué à l’aune des promesses diplomatiques, mais à celle des résultats qu’il produira sur le terrain pour les deux peuples.

RDC : Jean-Pierre Bemba lance SYGREM, la plateforme qui va digitaliser le fret congolais

Le Vice-premier ministre, ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a lancé, mardi 1er septembre 2026, la plateforme SYGREM à Kinshasa.

Cette cérémonie a marqué l’entrée du secteur du transport multimodal dans l’ère numérique en République Démocratique du Congo. Elle s’est tenue en présence du Directeur Général de l’Office de Gestion du Fret Multimodal (OGEFREM), Olivier Tshibola, et du Directeur de PADS Corporation, Yannick Olelo.

SYGREM : digitaliser la FERI, l’AD et la FERE

La plateforme SYGREM est le fruit d’un partenariat entre l’OGEFREM et PADS Corporation. L’innovation constitue un Système de Gestion de la Redevance et des Documents. L’objectif est de digitaliser et sécuriser la gestion des documents de traçabilité du fret.

L’initiative va prendre en charge trois documents clés du commerce extérieur congolais. Il s’agit notamment de la Fiche Électronique des Renseignements à l’Importation (FERI), l’Attestation de Destination (AD) et la Fiche Électronique des Renseignements à l’Exportation (FERE).

Selon le programme, elle va également gérer les actes générateurs de recettes de l’Office.

La continuité des réformes sous Jean-Pierre Bemba

Cette réforme s’inscrit dans la dynamique de modernisation portée par le VPM Jean-Pierre Bemba dans son ministère depuis 2024.

Le VPM en charge des Transports a déjà engagé la numérisation de la société de Transport du Congo (TRANSCO) avec le lancement de la billetterie électronique pour mettre fin au coulage des recettes. Il a également initié la dématérialisation du permis de conduire biométrique à puce pour renforcer la sécurité routière et combattre la fraude.

Au niveau du Gouvernement central, l’objectif est de numériser totalement les opérations commerciales.

Pour sa part, le ministère du Commerce Extérieur a confirmé que 67 des 77 éléments de la liasse documentaire du commerce extérieur sont déjà dématérialisés. À l’en croire, le but est de simplifier les procédures et sécuriser les recettes publiques.

Pour plusieurs analystes, le lancement de SYGREM lui attribue le rôle central du Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (GUCE).

Optimisation des processus numériques de l’OGEFREM

Cette réforme va optimiser les processus numériques et financiers de l’OGEFREM. Concrètement, toutes les opérations seront centralisées sur une seule interface.

Pour l’État congolais, SYGREM va renforcer la traçabilité du commerce extérieur et sécuriser les recettes. Pour les importateurs et exportateurs, la plateforme promet de réduire les délais et de lutter contre la fraude documentaire.

C’est un pas majeur vers la dématérialisation totale des procédures au Port de Kinshasa et dans tous les corridors d’entrée du pays.

Israël-RDC : à Jérusalem, Félix Tshisekedi joue la carte d’un partenariat stratégique pour la sécurité, l’innovation et l’économie

Ce voyage dépasse largement le cadre d’une visite protocolaire. À Jérusalem, Félix Tshisekedi est venu chercher des leviers capables d’accélérer la transformation de la République démocratique du Congo.

Arrivé le 31 août en Israël à l’invitation du président Isaac Herzog, le chef de l’État congolais retrouve un partenaire dont l’expertise en matière de sécurité, de technologies de pointe, d’agriculture et d’innovation intéresse désormais directement Kinshasa.

Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays, la modernisation des infrastructures et la quête de nouveaux investissements autour du Corridor de Lobito, cette visite dessine les contours d’un rapprochement que les deux capitales souhaitent inscrire dans la durée.

Au programme figurent deux rencontres de haut niveau : un entretien avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou, puis un échange approfondi avec le président Isaac Herzog. Deux rendez-vous qui traduisent l’ambition politique donnée à cette nouvelle étape des relations entre la RDC et Israël.

Une relation qui prend une nouvelle dimension

Ce déplacement s’inscrit dans une séquence diplomatique construite depuis plusieurs années.

Après une première visite de Félix Tshisekedi en Israël en 2021, Isaac Herzog s’était rendu à Kinshasa en novembre 2025, une visite qualifiée d’historique par les autorités congolaises.

L’année 2026 a ensuite accéléré cette dynamique.

Le 27 juillet, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait signé à Jérusalem deux mémorandums d’entente avec son homologue israélien. Le premier institue des consultations politiques régulières entre les deux États. Le second prévoit une coopération entre leurs académies diplomatiques.

Depuis, les échanges se multiplient.

Une délégation conduite par le ministre de l’Emploi, Ferdinand Massamba wa Massamba, a également posé les bases d’un futur accord consacré à l’emploi des jeunes, aux emplois verts et à l’innovation technologique.

Cette succession d’initiatives révèle une volonté commune : passer d’une relation diplomatique classique à un partenariat structuré autour de projets concrets.

L’Est de la RDC au cœur des discussions

Impossible d’aborder cette visite sans évoquer la situation sécuritaire dans l’Est congolais.

Face à la guerre, aux groupes armés et aux tensions régionales, Kinshasa cherche des partenaires capables d’apporter davantage qu’un simple soutien politique.

C’est précisément là que l’expérience israélienne suscite un intérêt particulier.

Israël dispose d’un savoir-faire reconnu dans plusieurs domaines stratégiques : les drones de surveillance, les technologies de renseignement, la protection des frontières, les systèmes de détection, les communications sécurisées et l’analyse des données opérationnelles.

Pour un pays-continent comme la RDC, où la forêt dense, les longues distances et l’état des infrastructures compliquent les opérations militaires, ces technologies pourraient améliorer la connaissance du terrain.

L’objectif dépasse toutefois l’acquisition d’équipements.

Kinshasa souhaite renforcer ses propres capacités nationales, notamment à travers la formation de techniciens, d’ingénieurs et de spécialistes capables d’assurer la maintenance des systèmes et l’exploitation des renseignements.

L’enjeu est clair : transformer la technologie en expertise congolaise durable.

Agriculture, Corridor de Lobito et investissements : l’autre visage du rapprochement

La sécurité ne constitue qu’une partie de l’équation.

L’agriculture figure également parmi les principaux axes de coopération.

Le contraste entre les deux pays est frappant.

Israël a développé une agriculture hautement technologique malgré des ressources hydriques limitées. À l’inverse, la RDC dispose d’abondantes terres cultivables et d’importantes réserves d’eau, mais peine encore à améliorer durablement sa productivité.

Les discussions portent notamment sur la gestion de l’eau, les technologies d’irrigation, l’amélioration des rendements agricoles, la conservation des récoltes et la transformation agroalimentaire.

Autre dossier stratégique : le Corridor de Lobito.

Cet axe logistique reliant les zones minières de la RDC au port angolais constitue aujourd’hui l’un des projets économiques majeurs du pays.

La présidence congolaise souhaite attirer des investissements israéliens autour des infrastructures, de l’énergie, de la logistique et des chaînes de valeur industrielles.

L’objectif n’est pas uniquement d’attirer des capitaux, mais aussi des entreprises capables d’apporter des technologies, des compétences et un transfert de savoir-faire.

Une vision axée sur des résultats concrets

À Jérusalem, Félix Tshisekedi a lui-même résumé l’esprit de cette visite.

« Je suis heureux de me trouver aujourd’hui à Jérusalem. La République démocratique du Congo et l’État d’Israël entretiennent des liens anciens que nous souhaitons aujourd’hui renforcer et inscrire dans une dynamique nouvelle. Notre ambition est claire : bâtir un partenariat plus structuré, plus concret et davantage tourné vers des résultats au bénéfice de nos deux peuples. »

Lors de son entretien avec Isaac Herzog, le président congolais a également évoqué les principales questions internationales, tout en mettant l’accent sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.

Ces déclarations confirment l’évolution du dialogue entre les deux pays.

Au fil des dernières années, Kinshasa et Jérusalem ont progressivement élargi leur coopération, de la diplomatie à la sécurité, en passant par la formation professionnelle, les hautes technologies et les investissements.

Reste désormais à transformer ces engagements en réalisations concrètes.

Pour la RDC, confrontée simultanément aux défis de la souveraineté, de la sécurité et de la transformation économique, l’enjeu dépasse la signature de nouveaux protocoles : il s’agit de bâtir un partenariat capable de produire des résultats visibles sur le terrain.

Ebola en RDC : le Japon débloque 5 millions de dollars pour renforcer la riposte sanitaire

Alors que la République démocratique du Congo intensifie sa lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola, le Japon vient d’annoncer un soutien financier majeur. Tokyo débloque une enveloppe d’urgence de 5 millions de dollars américains pour renforcer les mesures de prévention, soutenir la riposte sanitaire et répondre aux besoins humanitaires des populations touchées.

L’annonce a été faite ce mardi 1er septembre par l’Ambassade du Japon en RDC, dans un contexte où le pays fait face à une épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Cette contribution ne se limite pas aux interventions médicales. Elle adopte une approche plus large, combinant prévention, accès aux services essentiels et assistance alimentaire afin d’accompagner les efforts des autorités congolaises et de leurs partenaires sur le terrain.

Une aide répartie entre trois agences internationales

Pour assurer une réponse rapide et coordonnée, le gouvernement japonais a confié la mise en œuvre de cette assistance à trois organismes des Nations unies déjà engagés dans les opérations humanitaires en RDC.

La répartition des fonds s’établit comme suit :

  • 2 millions de dollars pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), consacrés au renforcement des actions de prévention des épidémies ;

  • 1,5 million de dollars pour l’UNICEF afin de soutenir les interventions sanitaires ainsi que les programmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) ;

  • 1,5 million de dollars pour le Programme alimentaire mondial (PAM), destiné à l’assistance alimentaire des communautés affectées.

Cette répartition traduit une stratégie qui dépasse la seule prise en charge médicale pour intégrer les facteurs essentiels à la maîtrise d’une crise sanitaire.

Prévention, eau et alimentation au cœur de la riposte

Au-delà des soins, la lutte contre Ebola repose sur plusieurs leviers indispensables : la surveillance épidémiologique, les mesures de prévention, l’accès à une eau potable, des infrastructures sanitaires adaptées et un soutien alimentaire pour les ménages fragilisés.

Selon le communiqué de l’Ambassade du Japon, cette aide permettra de renforcer les dispositifs déjà déployés afin de limiter la propagation du virus tout en répondant aux besoins immédiats des populations exposées.

L’amélioration des services WASH constitue notamment un élément clé pour réduire les risques de transmission dans les zones concernées.

Le Japon réaffirme son engagement aux côtés de la RDC

À travers cette nouvelle contribution, Tokyo réaffirme son soutien à la République démocratique du Congo dans la gestion des urgences sanitaires.

En s’appuyant sur l’OIM, l’UNICEF et le PAM, le Japon entend renforcer les capacités d’intervention des acteurs mobilisés contre Ebola tout en apportant une réponse humanitaire aux conséquences de l’épidémie.

Cette enveloppe de 5 millions de dollars vient ainsi consolider les efforts engagés pour contenir la maladie, protéger les communautés les plus vulnérables et préserver la continuité des services essentiels dans les zones touchées.

Rentrée scolaire 2026-2027 en RDC : entre espoir, Ebola et défis sécuritaires, des millions d’élèves retrouvent le chemin de l’école

Le coup de cloche a retenti ce mardi 1er septembre aux quatre coins de la République démocratique du Congo. À Kinshasa, dans la commune de N’Sele, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a officiellement lancé l’année scolaire 2026-2027. Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a participé à cette cérémonie.

Pourtant, derrière les uniformes soigneusement repassés, les cartables retrouvés et les salles de classe rouvertes, cette rentrée raconte une autre histoire. Elle révèle celle d’un pays où l’école demeure un symbole d’espoir malgré les épidémies, l’insécurité, les difficultés économiques et les infrastructures défaillantes.

D’un bout à l’autre du territoire, les réalités divergent. Certaines écoles ont accueilli des élèves en nombre. En revanche, d’autres n’ont vu revenir qu’une poignée d’enfants.

Une année placée sous le signe de l’exécution et de la qualité

Depuis l’Institut Technique Agricole et Vétérinaire de N’Sele (ITAV), Raïssa Malu a donné le ton. Selon elle, cette nouvelle année scolaire devra produire des résultats concrets.

Le gouvernement met en avant plusieurs priorités. Il veut améliorer la qualité des apprentissages. Il prévoit aussi de réformer les programmes scolaires, de renforcer les pratiques pédagogiques et de poursuivre la formation des enseignants.

Par ailleurs, les autorités annoncent le déploiement de 78 cantines scolaires. Elles comptent également développer les clubs de veille citoyenne et renforcer les dispositifs sanitaires.

Face aux enseignants, la ministre a rappelé que l’élève devait rester au cœur de leur mission.

« Soyez présents dans vos classes, enseignez avec exigence, respectez l’éthique de votre profession et veillez à ce que les enfants apprennent », a-t-elle insisté.

Elle a également promis de poursuivre les efforts destinés à améliorer progressivement leurs conditions sociales.

Enfin, Raïssa Malu a déclaré ouverte l’année scolaire sur toute l’étendue du territoire national.

Ebola bouleverse la rentrée dans plusieurs provinces

Cette rentrée intervient toutefois dans un contexte sanitaire particulièrement sensible.

L’épidémie de maladie à virus Ebola touche toujours plusieurs provinces. Parmi elles figurent l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uele et le Bas-Uele.

Selon les chiffres communiqués, plus de 6 041 cas confirmés ont été recensés en trois mois. L’épidémie a également causé près de 2 900 décès.

Dans plusieurs écoles, les mesures de prévention apparaissent désormais dès le portail.

Au Complexe scolaire Pierre Jacques Dufort, à Kinshasa, chaque élève se lave les mains avant d’entrer. Ensuite, un thermo-flash contrôle sa température.

Pour certains parents, ces dispositifs restent néanmoins insuffisants.

« Nous avons mis du désinfectant dans le sac de notre enfant pour qu’il puisse l’utiliser à l’école », confie Rosine Biyik.

En Ituri, les inquiétudes restent encore plus vives.

L’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), qui représente les 21 communautés de la province, avait demandé le report de la rentrée jusqu’au mois d’octobre. L’organisation voulait laisser davantage de temps pour maîtriser la situation sanitaire.

Toutefois, le gouvernement a maintenu le calendrier national.

Raïssa Malu a assuré que les écoles des zones concernées appliqueraient des dispositifs renforcés. Elle a également indiqué que l’enseignement à distance pourrait être activé lorsque les circonstances l’exigeraient.

Enfin, la ministre a invité les établissements à rendre un hommage respectueux aux victimes innocentes des violences qui frappent certaines régions du pays.

Une rentrée aux visages multiples à travers le pays

À mesure que la journée avançait, une réalité s’imposait : la rentrée ne présentait pas partout le même visage.

À Mambasa, une école attend toujours son toit

Dans le groupement Babila Teturi, territoire de Mambasa, les élèves reprennent les cours sous une toiture… absente.

Un vent violent a emporté le toit de l’École primaire de Teturi il y a près de six mois.

Malgré plusieurs alertes adressées aux autorités territoriales et provinciales, aucune réhabilitation n’a encore commencé.

Pour la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), cette situation fragilise davantage une population déjà éprouvée par les incursions meurtrières des combattants ADF.

« Laisser une école sans toiture revient à fragiliser davantage l’avenir de nos enfants », alerte son coordonnateur Grâce Kakundo Kasamba.

À Ngandanjika, les cartables attendent encore

Dans la province de Lomami, plusieurs salles de classe sont restées partiellement vides.

Les difficultés restent avant tout économiques.

De nombreux parents expliquent qu’ils n’ont pas encore réuni les moyens nécessaires pour acheter les fournitures scolaires après une saison agricole peu productive.

Certains préfèrent donc attendre la semaine suivante avant d’envoyer leurs enfants à l’école.

Le sous-proved André Kabunda Madika appelle pourtant les familles à ne plus retarder la reprise.

« Même avec les anciens uniformes, l’essentiel est que les enfants ne perdent pas les cours », insiste-t-il.

Kinshasa : une reprise progressive

Dans plusieurs établissements de la capitale, la rentrée reste encore timide.

Au Collège Saint-Georges de Kintambo, seuls 300 élèves sur les 1 600 attendus étaient présents.

Au Collège Saint Jean-Baptiste de Bumbu, près de 600 élèves ont repris les cours dès la première journée. L’établissement en attendait pourtant 1 500.

Au Lycée Motema Mpiko, la préfète Godelieve Molula a promis aux parents un véritable partenariat éducatif à l’approche du jubilé des 60 ans de l’établissement.

Des provinces plus mobilisées

À Kananga, les responsables du Complexe scolaire Les Enfants d’Israël se réjouissent d’une forte présence des élèves dès le premier jour.

À Boma, le ministre provincial de l’Éducation a présenté cette rentrée comme « le début d’une nouvelle aventure ».

En revanche, plusieurs chefs d’établissements de Mbandaka évoquent une reprise ralentie. Ils l’expliquent notamment par le calendrier de milieu de semaine, les incertitudes sociales et les retards de paiement de certains agents de l’État.

Malgré les épreuves, l’école reste une promesse d’avenir

Au-delà des statistiques de présence et des cérémonies officielles, cette rentrée scolaire conserve une forte portée symbolique.

Dans les territoires affectés par la guerre, sous la menace des groupes armés ou confrontés aux déplacements de populations, des milliers d’enfants voient encore leur scolarité interrompue.

Dans les provinces frappées par Ebola, apprendre signifie désormais vivre avec des gestes barrières devenus quotidiens.

Pour le gouvernement, la promesse reste inchangée. Il veut garantir le droit à l’éducation de chaque enfant congolais. Il cherche aussi à créer les conditions permettant le retour à l’école de ceux qui en sont encore privés.

Ce mardi 1er septembre, des millions d’élèves ont franchi le portail de leur établissement avec des réalités différentes, mais un même objectif : reprendre le chemin des apprentissages. Entre résilience, prudence et espérance, la RDC ouvre une nouvelle année scolaire qui devra relever bien plus que le seul défi de l’enseignement.