Kisangani-Kinshasa par le fleuve : la France aux côtés de la RDC pour ressusciter le « Couloir vert »

Imaginez un axe fluvial long de près de 2 000 kilomètres. Une artère d’eau douce qui traverse la forêt équatoriale, relie l’Est à la capitale, et porte en elle le rêve d’un désenclavement. Cet axe existe. C’est le fleuve Congo, de Kisangani à Kinshasa. Et il va revivre. Mercredi 22 avril 2026, Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, a reçu l’ambassadeur de France, Rémi Maréchaux, pour sceller une ambition commune : faire renaître le « Couloir vert Kivu–Kinshasa ».

Autour de la table, une délégation française de poids. L’Agence française de développement (AFD), moteur financier des grands projets. Et Haropa Port, le géant qui fédère les ports du Havre, de Rouen et de Paris. Le message est clair : Paris ne vient pas les mains vides. Elle apporte son savoir-faire, son expérience du transport multimodal, sa vision de la logistique.

Un pilier essentiel pour l’économie congolaise

Pourquoi ce projet est-il si crucial ? Parce que les routes de l’Est sont piégées. Parce que les camions se font attaquer. Parce que le coût du transport explose. Et parce que le fleuve, lui, reste une voie naturelle, massive, potentiellement révolutionnaire.

Le tronçon Kisangani–Kinshasa, c’est l’épine dorsale du Couloir vert. Une fois réhabilité, il permettra d’acheminer des marchandises du Kivu jusqu’à la capitale, en contournant les zones de combat. Des produits agricoles, des minerais, des médicaments, du carburant. Tout ce qui fait tourner un pays.

La vision du président Félix Tshisekedi est claire : moderniser les infrastructures de transport pour désenclaver les provinces, dynamiser l’économie nationale et faciliter les échanges internes. Le fleuve, trop longtemps négligé, redevient une priorité.

L’expertise française au service du Congo

Haropa Port n’est pas venu par hasard. Le groupe français gère l’un des premiers complexes portuaires d’Europe. Sa spécialité : le transport multimodal – l’art de faire dialoguer fleuve, rail et route.

Dans les discussions, les experts français ont partagé leur expérience sur la réhabilitation d’infrastructures fluviales, l’organisation de chaînes logistiques, et la gestion de ports intérieurs.

L’AFD, elle, regarde les aspects financiers et techniques. Combien coûtera la remise en état ? Quels sont les priorités ? Comment éviter les dérives et les gaspillages ?

L’ambassadeur Rémi Maréchaux a salué « l’évolution positive des échanges ». Selon lui, ces concertations permettent d’aligner les propositions françaises avec les attentes du gouvernement congolais, notamment sur la connexion entre le Kivu et Kinshasa.

Le fleuve, parent pauvre des transports congolais

Il faut rappeler un paradoxe : la RDC possède le deuxième plus grand réseau fluvial navigable au monde, après l’Amazonie. Le fleuve Congo et ses affluents pourraient être des autoroutes d’eau douce. Mais les bateaux sont vieux, les ports délabrés, les voies non balisées.

Naviguer de Kisangani à Kinshasa prend aujourd’hui des semaines, quand ce n’est pas impossible. Les embarcations de fortune, les pannes, les risques de naufrage… Le fleuve est devenu un parent pauvre, alors qu’il pourrait être une colonne vertébrale.

Le projet « Couloir vert Kivu–Kinshasa » veut inverser cette tendance. Remettre en état les barges, sécuriser les voies, équiper les ports, former les personnels. Un chantier colossal.

Un signal fort pour l’Est

Au-delà de l’aspect économique, ce projet a une dimension politique et symbolique. Relier Kinshasa à Kisangani par le fleuve, c’est rappeler que l’Est n’est pas une terre oubliée. C’est montrer que l’État congolais peut projeter sa présence, sa puissance, son développement jusqu’aux confins du territoire.

Pour les populations du Kivu, lassées de l’insécurité et du sentiment d’abandon, ce Couloir vert est une promesse. Celle de voir arriver des marchandises à moindre coût. Celle d’exporter leurs produits sans se ruiner. Celle, enfin, d’être reliées au reste du pays par autre chose que des routes minées ou des pistes impraticables.

Les défis à relever

Le chemin est long. Réhabiliter un axe fluvial de cette ampleur demande du temps, de l’argent, et une volonté politique constante. Il faudra sécuriser les tronçons traversant des zones instables. Il faudra former des capitaines, des mécaniciens, des gestionnaires portuaires. Il faudra entretenir ce qui sera construit.

Mais la RDC et la France ont lancé une dynamique. L’AFD est engagée. Haropa Port partage son expertise. Et Jean-Pierre Bemba, avec son énergie coutumière, pilote le dossier.

L’ambassadeur a insisté : la relance du transport fluvial est une priorité.

Kinshasa paralysée : les agents provinciaux en grève illimitée

Ce mercredi 22 avril 2026, les bureaux de l’administration provinciale de Kinshasa sont restés obstinément fermés. Aucun agent n’a pointé. Aucun service n’a tourné. Les portes sont closes. Les ordinateurs, éteints. La raison ? Une colère qui couvait depuis des mois, et qui a finalement explosé. L’intersyndicale de l’administration publique urbaine a décrété une grève « sèche et illimitée ». Motif : des salaires impayés qui s’accumulent, des promesses non tenues, et une lassitude qui n’en peut plus.

L’annonce n’a rien d’une surprise pour ceux qui suivent la situation sociale de la capitale congolaise. Mais l’ampleur du mouvement, lui, prend tout le monde de court. Toutes les divisions et régies financières de la ville sont à l’arrêt. Pas un papier ne sort. Pas une taxe n’est perçue.

Treize mois d’arriérés, quinze pour les politiques

Les chiffres donnent le vertige. Selon les syndicalistes, les agents administratifs cumulent désormais 13 mois d’impayés : huit mois de l’année 2025, plus le premier trimestre de 2026.

Mais certains personnels sont encore plus mal lotis. Le personnel politique, lui, totalise 15 mois d’arriérés de rémunération. Quinze mois sans salaire. Un temps où l’on se demande comment on nourrit ses enfants, comment on paie son loyer, comment on garde la dignité.

« On paralyse la vie pour trouver des solutions aux problèmes du personnel. La grève est illimitée, donc on ne sait pas quand est-ce qu’elle va se terminer », a prévenu David Ngengite, président de l’intersyndicale.

Des promesses non tenues

Le déclic a eu lieu le 15 avril. Ce jour-là, une réunion était organisée entre l’exécutif provincial et les représentants du personnel. Les autorités avaient pourtant donné des gages. Elles avaient assuré qu’aucun retard de paiement ne serait enregistré pour l’année 2026.

Visiblement, l’engagement n’a pas été respecté.

Les syndicalistes parlent de « mauvaise foi des autorités urbaines ». Un terme lourd, qui trahit une confiance définitivement rompue. Les négociations ont échoué. Les agents ont alors décidé de passer à la vitesse supérieure : fermer l’accès à tous les niveaux de l’administration urbaine.

Portes closes. Rideaux baissés. Silence dans les couloirs.

Une paralysie aux conséquences lourdes

Cette grève n’est pas un simple mouvement social. C’est une paralysie de la gestion quotidienne de la ville-province. Les régies financières, chargées de collecter les taxes et les impôts, sont à l’arrêt. Résultat : plus de rentrées d’argent. Cercle vicieux.

Les services d’état civil, les divisions administratives, les guichets qui délivrent les autorisations : tout est bloqué. Le Kinois lambda, déjà habitué à la débrouille, risque de découvrir ce qu’une capitale sans administration veut dire.

Les syndicalistes le savent. Et ils assument. « On paralyse la vie pour trouver des solutions », répète David Ngengite.

Une situation explosive en attendant la suite

Pour l’instant, aucun dialogue n’est en vue. L’intersyndicale n’a fixé aucune date de reprise. La grève est illimitée. Tant que les salaires ne seront pas payés, tant que les promesses ne seront pas tenues, les bureaux resteront fermés.

Le gouvernement provincial, lui, n’a pas encore réagi officiellement. Mais la pression monte. Car une capitale paralysée, c’est une image désastreuse. Et des agents qui ne touchent plus leur salaire depuis plus d’un an, c’est une bombe sociale à retardement.

Kinshasa : Daniel Bumba lance la démolition des marchés pirates

Le délai fixé aux vendeurs illégaux a expiré. Le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a lancé la démolition des marchés pirates. L’annonce a été faite mardi 21 avril 2026 dans la soirée. Elle marque un tournant dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public.

Les premiers chantiers concernent les alentours du marché central de Kinshasa, appelé « Zando ». Les équipes interviennent sur les avenues Kasa-Vubu, Bokasa et Rwakadingi. L’objectif est clair : fluidifier cette zone clé, souvent bloquée par des bouchons interminables.

Opération « Balabala Ezali Wenze Te » : fin de la sensibilisation

Le responsable urbain a acté la fin de la pédagogie. La campagne « Balabala Ezali Wenze Te » entre désormais dans sa phase répressive. Toute occupation non autorisée de la route sera sanctionnée.

Daniel Bumba rappelle que les trottoirs appartiennent aux piétons. Il interpelle les vendeurs à s’organiser pour ne pas déborder sur la chaussée. Il tient à faire respecter strictement la loi.

Plusieurs avenues concernées par les démolitions

L’opération ne concerne pas que les axes cités ci-haut. Elle touche aussi les avenues Plateau, Isoke, Kigoma, Wangata et Dima. Le commerce anarchique et l’empiétement illégal de la chaussée sont dorénavant prohibés sur ces artères.

Les autorités avertissent : les récalcitrants risquent gros. Les sanctions prévues conduisent à la confiscation directe des produits et à des interpellations.

Des alternatives pour les commerçants du marché central

Dans le souci de mieux faire, le Gouverneur Daniel Bumba a étendu la période d’enregistrement pour les étals, kiosques et boutiques du marché central. Cette mesure offre des solutions légales aux vendeurs.

La décision de l’Hôtel de Ville tient à stopper définitivement ce phénomène tant décrié sur les routes publiques.

Souscription au marché central de Kinshasa Zando

La souscription pour les 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides du marché central de « Zando » est lancée depuis le 7 avril 2026. L’opération se tient tous les jours au Jardin botanique de Kinshasa. C’est un tournant décisif pour relancer l’économie de la capitale. Le marché rouvre en hub moderne.

Les conditions d’éligibilité

Le postulant doit être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais. Les étrangers doivent présenter une carte de résident valide. L’âge minimum est de 18 ans. Le candidat doit être commerçant : patente 2026 valide, RCCM ou fiche de recensement des activités économiques et artisanales.

Le quitus fiscal est obligatoire avec preuve de paiement de l’Impôt Foncier (IF) ou de l’Impôt sur le Revenu Locatif IRL.

Avantages de la réouverture du marché

La réouverture du marché Zando apporte plusieurs avantages à la ville de Kinshasa, notamment :

– Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché Zando offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins,
– Création de milliers d’emplois pour les commerçants, les vendeurs et les travailleurs de soutien,
– Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes pour conserver les produits périssables et de réduire les pertes,
– Formalisation du secteur informel : une occasion de collecter des impôts et des taxes,
– Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé pour les habitants de Kinshasa.

Asile en Belgique : 86% des demandes congolaises refusées en 2025

Le constat est sans appel. Sur les 2 500 demandes d’asile déposées par des ressortissants congolais en Belgique en 2025, 86% ont été refusées. Seuls 14% ont obtenu le statut de réfugié. Et la tendance s’aggrave en 2026 : le taux de refus atteint désormais 90%. C’est ce qu’a révélé la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, lors d’un point de presse à Kinshasa, le 13 avril 2026, dans le cadre de sa première visite officielle en RDC.

La ministre était accompagnée de ses services. Son objectif : échanger avec les autorités congolaises sur les dossiers migratoires d’actualité, et lancer une campagne d’information contre l’immigration irrégulière et les fausses promesses.

Un phénomène d’« asile économique »

Pour Anneleen Van Bossuyt, le diagnostic est clair : la plupart des demandeurs d’asile congolais ne fuient pas des persécutions, mais la pauvreté.

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/rdc-belgique-la-ministre-belge-de-lasile-a-kinshasa-pour-parler-migration/

« Beaucoup de demandes d’asile sont d’ordre économique et financier », a-t-elle déclaré. Or, la Convention de Genève de 1951, qui fonde le droit d’asile, ne couvre pas ces motifs. Elle protège les personnes persécutées pour des raisons de race, religion, nationalité, opinions politiques, ou appartenance à un groupe social.

La ministre a été ferme : « C’est important de souligner que ça n’en vaut pas la peine de demander l’asile pour des raisons économiques ou financières. Vous allez obtenir l’ordre de quitter le territoire ou un retour forcé en RDC. »

Le détournement du visa court séjour

Anneleen Van Bossuyt a également fustigé le « mauvais usage » du visa court séjour (type C). Ce visa autorise une visite familiale, un voyage d’affaires, ou du tourisme, pour une durée maximale de 90 jours sur une période de 180 jours. Il interdit de s’installer ou de séjourner durablement en Belgique.

Or, certains Congolais obtiennent ce visa, puis, une fois en Belgique, introduisent une demande d’asile. Une procédure abusive, selon la ministre.

« Nous allons vous obliger à quitter le territoire », a-t-elle prévenu. Elle a dénoncé une « perte de temps et d’argent », et critiqué les organisations (réseaux de passeurs, faux avocats, influenceurs) qui donnent de fausses informations et entretiennent l’illusion d’une vie facile en Europe.

Les procédures légales pour immigrer en Belgique

À la question de savoir comment immigrer légalement en Belgique, Anneleen Van Bossuyt a rappelé les trois procédures conformes.

  1. Visa court séjour : pour le tourisme, les visites familiales, les voyages d’affaires. Il ne permet pas de s’installer.

  2. Visa étudiant : pour suivre des études supérieures dans une université ou une haute école belge. L’étudiant doit prouver ses ressources et son niveau de langue.

  3. Visa de travail : pour un emploi salarié, avec un contrat de travail approuvé par les autorités belges. Le permis de travail est lié à un employeur spécifique.

La ministre a insisté : ces procédures sont longues, contraignantes, mais elles sont les seules voies légales. Tout autre chemin (asile sans motif, visa court séjour détourné) mène à l’expulsion et à une interdiction de territoire.

Une coopération bilatérale renforcée

La visite d’Anneleen Van Bossuyt à Kinshasa s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération migratoire entre la Belgique et la RDC. Les deux pays ont signé plusieurs accords :

  • Réadmission : la Belgique peut renvoyer en RDC les ressortissants congolais en situation irrégulière, avec l’assistance des autorités congolaises.

  • Échange d’informations : sur les filières d’immigration clandestine, les faux documents, les réseaux de passeurs.

  • Campagnes de sensibilisation : financées par la Belgique, diffusées en RDC (radio, télévision, réseaux sociaux, affiches) pour dissuader les candidats à l’immigration irrégulière.

La ministre a rencontré son homologue congolais, ainsi que des représentants de la société civile, des organisations de défense des droits des migrants, et des journalistes. Elle a plaidé pour une approche équilibrée : fermeté contre l’immigration irrégulière, mais ouverture aux migrations légales et à l’aide au développement.

Les chiffres : une augmentation rapide

Les demandes d’asile congolaises ont doublé entre 2023 et 2025.

  • 2023 : environ 1 250 demandes,

  • 2025 : 2 500 demandes (chiffre définitif),

  • Début 2026 (janvier-mars) : déjà plus de 450 demandes, soit un rythme annuel projeté de 1 800, en légère baisse par rapport à 2025, mais toujours élevé.

Le taux de reconnaissance (statut de réfugié ou protection subsidiaire) est très faible : 14% en 2025, 10% au premier trimestre 2026. La grande majorité des demandeurs sont donc déboutés et doivent quitter la Belgique.

Certains rentrent volontairement (avec une aide au retour). D’autres disparaissent dans la clandestinité. D’autres encore sont expulsés de force, parfois menottés, sous escorte policière.

Les raisons de l’échec

Plusieurs facteurs expliquent l’échec des demandes d’asile congolaises.

  • Manque de preuves : les demandeurs doivent prouver qu’ils sont personnellement persécutés (ou risquent de l’être). Des témoignages vagues, des documents génériques sur l’insécurité dans l’Est, ou des articles de presse ne suffisent pas.

  • Crédibilité : certains récits sont incohérents, ou contredits par des vérifications (réseaux sociaux, témoignages, bases de données).

  • Fausses déclarations : usage de faux documents (cartes d’électeur, certificats de naissance, diplômes), ou dissimulation d’informations (condamnations, autres demandes d’asile dans d’autres pays).

  • Pays d’origine sûr : la Belgique considère la RDC comme un pays démocratique, avec une opposition légale, une société civile active, et des élections libres (même si imparfaites). Les persécutions politiques doivent être prouvées individuellement.

Les conséquences pour les déboutés

Un demandeur d’asile débouté doit quitter la Belgique dans un délai (généralement 30 jours). S’il refuse, il peut être placé en centre fermé (pour étrangers en séjour irrégulier), puis expulsé.

L’expulsion peut être accompagnée d’une interdiction de territoire (1 à 10 ans, voire à vie). Le débouté perd alors tout droit de revenir en Belgique, même avec un visa ou pour des raisons familiales.

En RDC, les expulsés sont parfois stigmatisés, considérés comme des « échecs » ou des « criminels ». Certains se retrouvent à la rue, sans ressources, sans réseau. D’autres sont recrutés par des réseaux criminels.

L’appel à la responsabilité

Anneleen Van Bossuyt a appelé les Congolais à la responsabilité. « Ne croyez pas les fausses promesses. L’asile n’est pas une porte d’entrée pour l’immigration économique. Le visa court séjour n’est pas un sésame pour s’installer. »

Elle a invité les candidats à l’immigration à se renseigner auprès des institutions officielles (ambassade de Belgique à Kinshasa, service de l’immigration, site web du gouvernement belge), et non auprès de « coachs » ou d’influenceurs sans scrupules.

Le gouvernement congolais, de son côté, a promis de renforcer la lutte contre les réseaux de trafic de migrants, et d’améliorer les conditions de vie en RDC (emploi, sécurité, services publics) pour décourager l’émigration.

Un défi commun

La migration est un défi commun à la Belgique et à la RDC. La Belgique a besoin de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs (santé, technologie, construction), et peut offrir des formations et des visas de travail. La RDC a besoin de ses ressortissants pour contribuer à son développement, et de la coopération belge pour créer des emplois.

Les solutions existent : migrations légales, aide au développement, coopération policière, campagnes d’information. Mais elles exigent une volonté politique, des moyens financiers, et une confiance mutuelle.

La visite d’Anneleen Van Bossuyt est un pas dans cette direction. Les prochains mois diront si les engagements seront tenus, et si les flux migratoires irréguliers diminueront.

En attendant, les chiffres sont implacables. 86% de refus en 2025, 90% en 2026. Un message à faire passer.

RDC : une vaste campagne de vaccination dans 11 provinces du 15 au 19 avril

Le Programme Élargi de Vaccination (PEV) passe à l’action. Du 15 au 19 avril 2026, une vaste campagne ciblera la rougeole, la rubéole et la poliomyélite dans onze provinces. L’objectif est clair : rattraper les retards et renforcer la couverture vaccinale.

Déjà, le pays compte plus de 12 000 cas depuis janvier 2026, avec 157 décès. Face à cette situation, le ministère de la Santé réagit rapidement.

Pendant cinq jours, des milliers d’agents seront mobilisés. Ils iront directement vers les familles, notamment dans les écoles, les marchés et les églises. Ainsi, la stratégie privilégie la proximité plutôt que l’attente dans les centres de santé.

Les provinces concernées incluent Kinshasa, Kongo-Central, Kwilu ou encore l’Équateur. Les enfants de 6 mois à 14 ans recevront le vaccin contre la rougeole et la rubéole. En parallèle, ceux de moins de 5 ans seront vaccinés contre la poliomyélite.

Une stratégie de terrain face à des défis persistants

Le PEV mise sur une approche proactive. Concrètement, des équipes mobiles sillonneront villes et villages. En plus, des postes fixes seront installés dans les lieux publics. Par ailleurs, le porte-à-porte renforcera la couverture.

Cependant, plusieurs obstacles freinent encore les efforts. D’abord, l’insécurité dans l’Est complique l’accès à certaines zones. Ensuite, les routes impraticables ralentissent l’acheminement des vaccins.

À cela s’ajoutent les problèmes de chaîne de froid. Les coupures d’électricité et le manque de carburant fragilisent la conservation des doses. De plus, certaines communautés restent méfiantes face à la vaccination.

Malgré tout, le ministère adapte sa réponse. Il déploie des réfrigérateurs solaires et renforce la sensibilisation. En outre, les leaders communautaires participent activement à convaincre les populations.

Sauver des vies, un enjeu immédiat

La rougeole et la rubéole inquiètent particulièrement les autorités. Ces maladies restent très contagieuses et peuvent entraîner des complications graves. C’est pourquoi le vaccin combiné rougeole-rubéole sera utilisé à grande échelle.

En revanche, la situation de la poliomyélite s’améliore nettement. Le nombre de cas a chuté de manière spectaculaire ces dernières années. Néanmoins, la vigilance reste indispensable.

Dans ce contexte, la vaccination demeure essentielle. Elle sauve des millions de vies chaque année dans le monde. En RDC, elle représente même une priorité absolue.

Le ministère lance donc un appel clair. Les parents doivent faire vacciner leurs enfants. De leur côté, les autorités locales doivent faciliter le travail des équipes.

Au final, l’enjeu dépasse les chiffres. Il s’agit de protéger une génération entière. Grâce à cette campagne, la RDC peut réduire les épidémies et offrir un avenir plus sain à ses enfants.

Kinshasa : l’opération « SIM identifiée » pour traquer les criminels via leurs téléphones

Kinshasa passe à l’offensive. Face à la montée du banditisme urbain, le gouvernement congolais a adopté un paquet de mesures « urgentes, pragmatiques et immédiatement applicables ». L’annonce a été faite le vendredi 10 avril 2026 par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, lors de la 86e réunion du Conseil des ministres. Parmi les dispositions phares : l’identification systématique des abonnés à l’achat d’une carte SIM devient obligatoire. Une riposte technologique pour tenter d’endiguer la vague de criminalité qui submerge la capitale.

Le constat des autorités est sans appel. Les criminels utilisent massivement les services de télécommunications pour préparer leurs forfaits, communiquer entre eux, ou échapper aux forces de l’ordre. Les analyses des services de sécurité, menées en collaboration avec le ministère des Postes et Télécommunications, l’ARPTC (régulateur des télécoms) et les opérateurs de téléphonie mobile, ont révélé l’ampleur du phénomène.

Les quatre mesures clés

Le gouvernement a donc décidé de passer à l’action. Quatre mesures urgentes ont été arrêtées.

1. Renforcement de l’identification obligatoire pour acheter une carte SIM : plus question d’acquérir une SIM sans présenter une pièce d’identité valide (carte d’électeur, passeport, permis de conduire, etc.). Les opérateurs devront enregistrer scrupuleusement les données des abonnés.

2. Limitation du nombre de cartes SIM par personne : chaque citoyen ne pourra plus détenir qu’un nombre restreint de SIM (le chiffre exact n’a pas encore été communiqué). L’objectif est d’éviter l’accumulation de cartes prépayées anonymes.

3. Relance de la campagne nationale d’identification et de sensibilisation des abonnés : l’opération concernera aussi les zones rurales, souvent délaissées. Des équipes mobiles se déplaceront pour enregistrer les abonnés et leur expliquer les enjeux de sécurité.

4. Règles spécifiques pour les abonnés étrangers : les ressortissants étrangers résidant en RDC devront également s’identifier, avec des documents spécifiques (passeport, carte de résident, visa).

Kinshasa : une capitale qui perd son image « paisible »

La capitale congolaise, autrefois réputée relativement paisible comparée à d’autres mégapoles africaines, est désormais en proie à une insécurité totale. Les faits divers s’accumulent, les victimes se comptent par dizaines.

  • Braquages à main armée : les attaques de banques, de supermarchés, de bureaux de change, de particuliers se multiplient. Les bandes armées n’hésitent pas à tirer sur les forces de l’ordre.

  • Phénomène « Kuluna » : ces bandes de jeunes armés, souvent issus des quartiers défavorisés, sèment la terreur dans les rues, avec des machettes, des couteaux, des pistolets.

  • Enlèvements : des personnes aisées ou leurs proches sont kidnappés contre rançon. Les familles vivent dans la peur.

  • Assassinats : certains crimes sont commandités, d’autres sont le fait de règlements de comptes entre gangs.

Aucun quartier n’est épargné : Gombe, Ngaliema, Limete, Masina, Kimbanseke, etc. Les Kinois vivent dans la psychose, sortent moins, sécurisent leurs maisons, évitent les trajets nocturnes.

Ndobo et autres opérations : des résultats contestés

Le gouvernement n’est pas resté les bras croisés. L’opération « Ndobo » (Hameçon), lancée fin 2024, a permis d’interpeller 6 238 présumés criminels en cinq mois, dans plusieurs provinces (Kinshasa, Kongo-Central, Haut-Katanga). Parmi eux, 3 829 ont été condamnés, et 2 410 dossiers sont en cours.

Mais sur le terrain, les Kinois constatent que l’insécurité n’a pas diminué. Les arrestations sont souvent suivies de relaxes, de libérations pour vice de procédure, ou de corruptions. Les criminels sortent de prison, parfois le lendemain, et reprennent leurs activités.

Les critiques sont acerbes :

  • Manque d’engagement continu : les opérations sont lancées en fanfare, puis s’essoufflent.

  • Opérations mal conçues ou de façade : trop de communication, pas assez de résultats concrets.

  • Léthargie de certaines autorités : certains commissaires de police, bourgmestres, ou magistrats sont accusés de complicité passive.

  • Appel à changer d’approche : les Kinois réclament des mesures fermes, dissuasives, et adaptées à l’ampleur du phénomène.

L’opération « SIM identifiée » : une riposte technologique

L’identification des cartes SIM est une réponse technologique à un problème de sécurité. Les criminels utilisent des téléphones pour se coordonner, préparer leurs attaques, ou négocier des rançons. En les privant d’anonymat, on espère les dissuader ou faciliter leur localisation.

Mais les défis sont nombreux.

Contrôle strict des revendeurs : beaucoup de SIM s’achètent encore dans la rue, sur des marchés, chez des petits revendeurs, sans aucune pièce d’identité. Si le gouvernement ne contrôle pas ces points de vente, la mesure restera théorique.

Base de données centralisée et fiable : l’ARPTC et les opérateurs doivent croiser leurs fichiers. En attendant le fichier national d’identification (projet phare du gouvernement, mais encore en chantier), un fichier temporaire des abonnés télécoms est indispensable.

Plafonnement et traçage : limiter le nombre de SIM par personne est une bonne idée, mais un criminel peut utiliser des prête-noms (famille, amis, complices). Un système qui détecte les achats multiples liés à une même empreinte digitale ou photo serait plus efficace.

Lutte contre la corruption : le sentiment d’impunité nourrit la criminalité. Tant qu’un criminel peut « négocier » sa sortie de prison en soudoyant un policier, un magistrat, ou un gardien, l’opération d’identification des SIM ne fera pas peur.

Une riposte qui exige une coordination totale

L’opération « SIM identifiée » ne peut réussir seule. Elle doit s’inscrire dans une stratégie globale, coordonnée entre plusieurs acteurs.

  • Justice : des procès rapides, des peines dissuasives, des prisons sécurisées.

  • Police : des patrouilles visibles, des enquêtes efficaces, des policiers incorruptibles.

  • Services de renseignement : du renseignement territorial, de l’écoute (dans le cadre légal), de l’anticipation.

  • Autorités locales : remontée d’information des chefs de rue, de quartier, des comités locaux de sécurité.

  • Opérateurs télécoms : coopération loyale, transmission des données, blocage des SIM suspectes.

  • Population : dénonciation des criminels, vigilance, participation aux comités de sécurité.

Le gouvernement a annoncé que des sanctions seraient prises contre les opérateurs ou revendeurs qui ne respecteraient pas les nouvelles règles. Mais rien n’a été dit sur les conséquences pour les criminels identifiés via leurs SIM.

Les conditions de réussite

Au-delà du « coup de filet » médiatique, l’opération « SIM identifiée » devra prouver son efficacité sur la durée. Les conditions de réussite sont exigeantes.

  • Volonté politique : le gouvernement doit tenir bon face aux lobbies (opérateurs, revendeurs, criminels).

  • Moyens humains et financiers : former les agents, équiper les centres d’enregistrement, déployer des équipes mobiles.

  • Confiance des citoyens : les Kinois doivent être convaincus que leurs données ne seront pas utilisées à mauvais escient (espionnage, harcèlement, vente à des tiers).

  • Évaluation continue : des indicateurs de suivi (nombre de SIM enregistrées, nombre de criminels identifiés via leur téléphone, baisse de la criminalité) doivent être publiés régulièrement.

L’espoir d’une accalmie

Les Kinois sont désespérés. Ils en ont assez de vivre dans la peur, de se faire braquer, de voir leurs proches se faire kidnapper. Ils en ont assez des opérations médiatiques sans résultats.

L’opération « SIM identifiée » suscite un espoir prudent. L’idée de traquer les criminels via leur téléphone est séduisante. Mais les Kinois ont été trop souvent déçus pour croire au miracle.

Le gouvernement, lui, affirme sa détermination. Jacquemain Shabani a promis des résultats rapides. La population jugera sur pièces.

Si l’opération réussit, Kinshasa pourrait retrouver sa tranquillité. Si elle échoue, ce sera une nouvelle déception, et les criminels continueront de faire la loi.

L’enjeu est immense. Pour la sécurité des Kinois, pour l’image du gouvernement, pour l’avenir de la RDC. L’opération « SIM identifiée » est une arme. Reste à savoir si elle sera bien utilisée.

la RDC dévoile son plan décennal pour des villes durables et inclusives

Le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, Alexis Gisaro Muvunyi, participe à la deuxième édition du Forum urbain africain à Nairobi, au Kenya. Ces assises, qui se tiennent du 8 au 10 avril 2026, visent à placer le logement au cœur des priorités du développement en Afrique. Devant ses pairs, Alexis Gisaro a présenté une stratégie ambitieuse pour rompre avec un modèle urbanistique « vicieux » marqué par une croissance non planifiée, des quartiers précaires et un financement chroniquement insuffisant. La RDC veut désormais planifier, anticiper et construire des villes durables, inclusives et économiquement dynamiques.

Le constat est sans appel. Les villes congolaises, Kinshasa en tête, ont connu une croissance démographique explosive, sans planification, sans infrastructures, sans services de base. Les quartiers précaires (bidonvilles) prolifèrent. Les inondations, les glissements de terrain, les maladies hydriques sont monnaie courante. Les déplacements sont un cauchemar.

Face à cette situation, le gouvernement congolais veut changer de braquet. La feuille de route présentée à Nairobi repose sur trois piliers : la planification, le développement de corridors économiques, et des projets emblématiques.

Un plan décennal pour les 26 provinces

Le plan décennal (2026-2035) de la RDC prévoit l’élaboration de modèles d’urbanisme pour les 26 chefs-lieux de province, avant toute expansion majeure.

L’idée est simple : on ne construit pas sans plan. On n’étend pas une ville sans savoir où l’on va, comment on y va, et à quel coût. Les outils modernes (systèmes d’information géographique, jumeaux numériques) permettront d’anticiper les besoins urbains et les risques (inondations, érosion, etc.).

Ces modèles d’urbanisme seront contraignants pour les promoteurs publics et privés. Finies les constructions sauvages, les lotissements sans permis, les empiétements sur les voies publiques.

Le développement de corridors économiques

Deuxième pilier : le développement de corridors économiques structurants, à l’image du Corridor de Lobito (qui relie la RDC à l’Angola et au port de Lobito sur l’océan Atlantique).

Le gouvernement congolais prévoit de structurer une dizaine de villes secondaires le long de ces axes. Chaque ville sera spécialisée dans un secteur d’activité : transformation minière, logistique, agro-industrie, production de matériaux de construction.

L’objectif est de créer des pôles de croissance décentralisés, pour désengorger Kinshasa et les grandes métropoles, et pour développer les provinces. Les emplois, les services, les infrastructures suivront.

Le projet Kinshasa Kia Mona

Troisième pilier, et non des moindres : le projet Kinshasa Kia Mona, une extension planifiée de la capitale sur 43 000 hectares. Un projet titanesque, à la hauteur des défis de la mégapole.

Kinshasa, c’est 15 millions d’habitants, et jusqu’à 25 millions d’ici 2035 si rien n’est fait. La ville étouffe, asphyxiée par le manque d’espaces, d’infrastructures, de logements.

Kinshasa Kia Mona prévoit :

  • La création de 1 200 usines en cinq ans,

  • Jusqu’à 2,25 millions d’emplois directs sur une décennie,

  • Des logements abordables, des écoles, des hôpitaux, des espaces verts, des transports en commun.

Le projet est ambitieux, mais aussi risqué. Il nécessite des investissements colossaux, une volonté politique sans faille, et une lutte déterminée contre la spéculation foncière.

Rompre avec le cercle vicieux

Le discours d’Alexis Gisaro à Nairobi a été remarqué. Le ministre d’État a plaidé pour une rupture avec le « cercle vicieux » de l’urbanisation congolaise : croissance non planifiée, quartiers précaires, infrastructures inexistantes, financements insuffisants.

Il veut instaurer un « cercle vertueux », où la planification attire l’investissement privé, qui crée de la croissance économique, qui génère des ressources pour financer de nouvelles infrastructures, qui améliore la qualité de vie des citoyens.

Un beau théorème, qui reste à démontrer sur le terrain.

Le logement abordable, un défi majeur

Au Forum urbain africain, le logement abordable est au cœur des débats. En RDC, comme dans beaucoup de pays africains, le coût du logement est prohibitif pour les classes moyennes et populaires.

Les promoteurs construisent des logements de luxe pour une élite. Les ONG construisent des logements sociaux pour les plus pauvres. Entre les deux, un vide immense.

La politique urbaine de la RDC devra répondre à cette question : comment loger décemment des millions de citadins qui gagnent moins de 200 dollars par mois ?

La mobilisation des dirigeants africains

Le Forum urbain africain vise à mobiliser les dirigeants du continent et à harmoniser les cadres politiques pour une action collective en faveur d’un logement abordable, inclusif et durable.

Les défis sont communs : urbanisation rapide, bidonvilles, inondations, pollution, mobilité, accès à l’eau et à l’électricité.

Les solutions peuvent être partagées : planification, partenariats public-privé, financements innovants, technologies, participation citoyenne.

Alexis Gisaro a représenté la RDC avec brio. Il a montré que le pays, malgré ses difficultés, a une vision et une stratégie pour ses villes.

Les partenaires internationaux

La Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, l’ONU-Habitat : tous étaient présents à Nairobi. Tous sont prêts à soutenir les pays africains dans leur politique urbaine.

La RDC devra convaincre ces partenaires de la crédibilité de son plan décennal, de la faisabilité de Kinshasa Kia Mona, et de sa capacité à gérer les fonds.

Les besoins sont immenses. Les financements, limités. La concurrence entre pays, féroce.

L’urgence d’agir

L’urbanisation de l’Afrique est une chance, mais aussi un danger. Une chance de créer des emplois, des richesses, des innovations. Un danger de voir proliférer les bidonvilles, les inégalités, les violences.

La RDC, pays continental, est à la croisée des chemins. Ses villes peuvent devenir des moteurs de développement, ou des bombes à retardement.

Le plan décennal, Kinshasa Kia Mona, les corridors économiques : autant d’initiatives qui vont dans le bon sens. Mais la route est longue, et les obstacles nombreux.

La transformation du cercle vicieux en cercle vertueux

Alexis Gisaro a conclu son intervention par un message d’espoir. La RDC, a-t-il dit, est capable de transformer son urbanisation en atout. Elle a les ressources, les talents, la volonté.

Il a appelé les investisseurs privés à rejoindre l’aventure. Il a appelé les partenaires internationaux à soutenir les réformes. Il a appelé les citoyens à s’approprier les projets.

Le « cercle vertueux » n’est pas une fatalité. Il se construit, chaque jour, par des décisions politiques, des investissements, des comportements.

Le Forum urbain africain de Nairobi a été une étape. La prochaine étape, c’est le retour à Kinshasa, avec des engagements concrets, des feuilles de route précises, des moyens financiers.

L’avenir urbain de la RDC se joue maintenant. Alexis Gisaro a montré la voie. Reste à savoir si le gouvernement, le secteur privé, la société civile, et les citoyens suivront.

RDC : Les directeurs provinciaux de l’éducation prêts à relever les défis de la réforme

La formation est achevée, place à l’action. Ce jeudi 9 avril 2026, à Kinshasa, la ministre d’État, ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a présidé la cérémonie de clôture de l’atelier de renforcement des capacités des 60 directeurs provinciaux de l’éducation nationale (PROVED). Pendant trois jours, ces responsables ont planché sur la modernisation de la gouvernance administrative, l’utilisation des outils numériques, et la mise en œuvre du Plan quinquennal 2024-2029. Désormais, ils repartent dans leurs provinces avec une feuille de route claire : améliorer la qualité de l’éducation, partout sur le territoire.

La cérémonie s’est déroulée dans une salle comble, en présence des cadres de l’administration centrale. L’ambiance était à la fois solennelle et résolument tournée vers l’avenir.

Raïssa Malu, visiblement satisfaite du travail accompli, a tenu à rappeler l’importance des enjeux. « Les recommandations issues de ces travaux doivent désormais constituer la feuille de route de l’ensemble des PROVED, en vue d’assurer la modernisation de la gouvernance administrative et l’utilisation accrue des outils numériques », a-t-elle martelé.

Des modules pour une gouvernance moderne

Pendant trois jours, les directeurs provinciaux ont suivi des modules sur les approches modernes de gouvernance, de planification et de gestion des services éducatifs.

Les travaux ont porté sur :

  • Les nouvelles orientations du ministère, alignées sur le Plan quinquennal 2024-2029,

  • La planification et le suivi-évaluation,

  • L’intégration des technologies émergentes,

  • La gestion axée sur la performance.

Autant de thèmes qui touchent au cœur du métier de directeur provincial : organiser, piloter, évaluer, rendre compte.

Les points clés de la ministre

Dans son discours de clôture, Raïssa Malu a insisté sur plusieurs points clés.

1. L’importance de la production et de l’exploitation de données fiables : trop souvent, les décisions éducatives sont prises sur la base d’intuitions ou d’informations partielles. La ministre veut des données précises, actualisées, géolocalisées, pour piloter le système.

2. La distribution régulière des bulletins scolaires : un indicateur simple, mais essentiel. Un élève qui ne reçoit pas son bulletin est un élève dont on ne sait pas s’il a appris. La régularité des évaluations est un marqueur de sérieux.

3. L’intégration des enjeux liés aux crises climatiques et sécuritaires : la RDC est confrontée à des inondations, des glissements de terrain, des conflits armés. L’éducation doit s’adapter, avec des stratégies d’éducation en situation d’urgence (écoles mobiles, radios éducatives, kits scolaires d’urgence).

L’engagement des participants

Au nom de ses pairs, le directeur provincial de l’Éducation du Kwilu 2, Jean-Pierre Yoy, a exprimé la gratitude des PROVED envers la ministre Raïssa Malu pour son leadership éclairé.

« Nous repartons outillés, motivés, et déterminés à mettre en pratique les compétences acquises », a-t-il déclaré. Les directeurs provinciaux s’engagent à appliquer les nouvelles orientations dans leurs régions respectives, et à rendre compte régulièrement des progrès accomplis.

Des recommandations pour améliorer l’efficacité administrative

Les participants ont également formulé des recommandations concrètes à l’intention du gouvernement.

  • Mise à la retraite des agents éligibles : pour rajeunir l’administration, libérer des postes, et permettre l’avancement des plus jeunes.

  • Mécanisation et budgétisation des nouvelles unités et des agents non pris en charge : de nombreux agents enseignent ou travaillent sans être officiellement reconnus, sans salaire régulier. Une situation intenable.

  • Harmonisation des frais de fonctionnement des services provinciaux : pour éviter les disparités criantes entre provinces riches et provinces pauvres.

Ces recommandations, si elles sont suivies d’effets, contribueraient à améliorer l’efficacité et l’équité du système éducatif.

Le renforcement de l’administration, principe clé du Plan quinquennal

L’atelier s’inscrit dans le deuxième principe directeur du Plan quinquennal 2024-2029, axé sur le renforcement de l’administration. Ce principe souligne l’importance d’une administration robuste pour mettre en œuvre efficacement les réformes éducatives.

Le renforcement de l’administration vise à :

  • Accroître la capacité institutionnelle du ministère et de ses structures déconcentrées,

  • Améliorer la coordination, le suivi et l’évaluation des initiatives éducatives,

  • Rationaliser les procédures,

  • Développer les compétences du personnel,

  • Améliorer la gestion des ressources.

Des objectifs ambitieux, mais indispensables pour transformer le système éducatif congolais.

Les réformes du système éducatif en RDC

Sous la conduite de Raïssa Malu, la RDC est en plein processus de réformes. L’objectif est double : améliorer la qualité de l’enseignement et rendre l’administration éducative plus efficace.

Les principaux objectifs de la réforme sont :

  • Optimiser les ressources humaines et financières existantes,

  • Améliorer les conditions socio-professionnelles du personnel enseignant et administratif,

  • Impliquer les communautés dans la gestion des établissements scolaires,

  • Renforcer la gouvernance du système éducatif pour une transparence accrue.

Les actions concrètes déjà entreprises incluent :

  • La mise en place de normes et critères pour la création d’établissements scolaires,

  • La révision des cadres organiques des services administratifs,

  • La formation et le recyclage des enseignants,

  • L’introduction de technologies émergentes dans l’enseignement,

  • La promotion de l’équité et de l’inclusion.

Le soutien des partenaires internationaux

Les partenaires internationaux, tels que l’UNESCO et la Banque mondiale, soutiennent ces réformes. Ils apportent une expertise technique, des financements, et une pression bienveillante pour que les engagements soient tenus.

L’objectif est d’améliorer la qualité de l’éducation et d’atteindre les objectifs de développement durable, en particulier l’ODD4 (éducation de qualité pour tous).

Un système éducatif en transformation

Ces efforts visent à transformer le système éducatif congolais pour offrir une éducation de qualité à tous les enfants du pays. Un défi immense, dans un pays où les salles de classe sont surpeuplées, les manuels rares, les enseignants sous-payés, et les inégalités criantes.

Mais une dynamique est en marche. Celle de la prise de conscience collective. Celle de la volonté politique. Celle de l’espoir, peut-être.

Les directeurs provinciaux, formés lors de cet atelier, sont désormais les fers de lance de cette transformation. Ils repartent dans leurs provinces avec une mission : appliquer les nouvelles orientations, produire des données fiables, intégrer les technologies, gérer avec performance.

La route est longue

Le chemin est long. Les obstacles sont nombreux. Les habitudes sont tenaces. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la formation des cadres. Celui de l’alignement sur un plan quinquennal. Celui de l’engagement au plus haut niveau.

Raïssa Malu a lancé le mouvement. Les directeurs provinciaux se sont engagés à le suivre. Reste maintenant à transformer les intentions en actes, les promesses en réalités.

Les enfants congolais, ceux qui remplissent les classes surpeuplées, ceux qui apprennent sur des bancs cassés, ceux qui rêvent d’un avenir meilleur, attendent. Ils attendent que les réformes se concrétisent. Ils attendent que l’éducation, enfin, devienne une priorité nationale.

La formation des directeurs provinciaux est une pierre à l’édifice. D’autres suivront. Et peut-être, un jour, le système éducatif congolais sera à la hauteur des ambitions du pays. Pour le bien-être de ses enfants, et pour le développement de la nation tout entière.

Semaine Française de Kinshasa 2026 : la RDC et la France renforcent leurs liens économiques

Le rendez-vous est devenu incontournable. Du 22 au 24 avril 2026, Kinshasa accueillera la 9e édition de la Semaine Française de Kinshasa (SFK) au Pullman, en plein cœur de la capitale. Organisée autour du thème « RDC-France : Perspectives partagées », cette manifestation vise à favoriser les rencontres entre les communautés d’affaires française et congolaise. Conférences, rendez-vous B2B, sessions de networking : trois jours pour tisser des liens, explorer des opportunités et bâtir des partenariats durables.

La SFK est devenue au fil des ans un événement phare de l’agenda économique congolais. Lancée en 2014 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC), en partenariat avec l’ambassade de France en RDC, elle a su s’imposer comme un pont entre deux économies complémentaires.

Cette 9e édition s’annonce exceptionnelle, avec un programme riche et des axes stratégiques qui reflètent les atouts et les ambitions communes des deux pays.

Des axes stratégiques pour l’avenir

La Semaine Française de Kinshasa 2026 déclinera son thème principal en plusieurs sous-thèmes, couvrant les secteurs clés du développement.

1. La ville durable : construire des infrastructures résilientes et inclusives. Kinshasa, mégapole en pleine expansion, a des besoins immenses en logements, transports, assainissement. Les entreprises françaises ont une expertise reconnue dans ce domaine.

2. Le numérique : accélérer la transformation digitale pour le développement. La RDC, comme beaucoup de pays africains, a sauté dans l’ère du numérique avec le mobile money, les applications, les start-ups. Des opportunités de coopération existent.

3. L’énergie : développer des solutions d’énergie renouvelable pour une transition énergétique. La RDC dispose d’un potentiel hydroélectrique immense, mais aussi solaire, éolien, biomasse. La France, avec son parc nucléaire et ses investissements dans les renouvelables, est un partenaire de choix.

4. La logistique : favoriser l’émergence de nouvelles voies de communication pour renforcer la connectivité des territoires. Routes, voies ferrées, ports, aéroports : les besoins sont immenses. Les entreprises françaises (Bolloré, CMA CGM, etc.) sont présentes.

5. Les mines : valoriser les ressources minières de manière durable et équitable. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt, un minerai stratégique pour les batteries électriques. La France, engagée dans la transition énergétique, a besoin de ces ressources.

6. L’environnement : promouvoir une économie respectueuse de l’environnement et durable. La RDC abrite le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète. La protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique sont des priorités partagées.

Un programme riche et varié

Tout au long de la SFK, les participants pourront assister à des conférences animées par des experts français et congolais, participer à des rencontres B2B (business to business) pour identifier des partenaires, et profiter de sessions de networking pour élargir leur carnet d’adresses.

Des décideurs économiques, des entrepreneurs, des investisseurs, des représentants des secteurs public et privé seront présents. La SFK est une occasion unique de rencontrer ceux qui font l’économie de la RDC et de la France.

Les avantages de la SFK

La Semaine Française de Kinshasa offre de nombreux avantages aux participants.

  • Partenariat : établir des collaborations avec des entreprises locales et internationales.

  • Échanges sectoriels ciblés : bénéficier de panels et d’ateliers thématiques sur des secteurs clés.

  • Networking de haut niveau : rencontrer des décideurs, des entrepreneurs et des investisseurs lors des sessions de réseautage.

  • Expérience culturelle immersive : découvrir la culture et les valeurs congolaises à travers des activités et animations sur place.

  • Partage de savoirs et compétences : apprendre des experts et échanger des bonnes pratiques.

La CCIFC, une porte d’entrée sur le marché congolais

La Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC) est l’organisatrice de l’événement. Cette association sans but lucratif regroupe plus de 250 entreprises membres. Elle organise plus de 100 événements par an et a créé plus de 1000 connexions entre entreprises.

La CCIFC est une véritable chambre bilatérale, une porte d’entrée sur le marché congolais pour les entreprises françaises, et sur le marché français pour les entreprises congolaises.

Son rôle est d’accompagner les entreprises dans leur développement, de faciliter les rencontres, de promouvoir les opportunités d’investissement.

La 8e édition, un succès à réitérer

La 8e édition de la Semaine Française de Kinshasa s’est tenue du 24 au 26 avril 2024. Elle était axée sur les « leviers de la croissance en RDC ». Plusieurs participants ont témoigné avoir bénéficié d’un réseautage solide grâce à cet événement.

Des contrats ont été signés, des partenariats noués, des investissements débloqués. La SFK n’est pas une simple rencontre de convenance. C’est un véritable accélérateur d’affaires.

Kinshasa, carrefour des opportunités

En organisant la SFK, Kinshasa confirme son statut de carrefour économique en Afrique centrale. La ville, souvent décriée pour ses problèmes de circulation, d’insalubrité, d’insécurité, est aussi une place financière dynamique, un marché de plus de 15 millions de consommateurs, une porte d’entrée sur un pays aux ressources immenses.

Les entreprises françaises, présentes en RDC depuis des décennies (TotalEnergies, Orange, CFAO, Bolloré, etc.), le savent bien. Elles continuent d’investir, de se développer, de former des partenariats locaux.

La SFK est l’occasion de renforcer cette présence, d’explorer de nouveaux secteurs, de rencontrer de nouveaux partenaires.

Un pont vers de nouvelles opportunités

La Semaine Française de Kinshasa est bien plus qu’un salon. C’est un pont entre deux pays, deux cultures, deux économies. Un pont qui permet de partager des savoirs, de créer des synergies, de bâtir l’avenir.

La RDC a besoin d’investissements, de technologies, de compétences. La France a besoin de marchés, de matières premières, de relais de croissance. L’Afrique est l’avenir, et la RDC est une porte d’entrée sur cet avenir.

La SFK est une étape. Une étape vers plus de coopération, plus de développement, plus de prospérité partagée.

Rendez-vous du 22 au 24 avril

Le compte à rebours est lancé. Les inscriptions sont ouvertes. Les entreprises françaises et congolaises sont invitées à se joindre à cet événement unique.

Au programme : des conférences inspirantes, des rencontres B2B productives, du networking de qualité, et une immersion dans la culture congolaise.

La 9e Semaine Française de Kinshasa s’annonce comme un moment clé pour les relations économiques entre la France et la RDC. Un moment à ne pas manquer pour tous ceux qui croient en l’avenir de l’Afrique et en la force des partenariats internationaux.

Kinshasa, Pullman, du 22 au 24 avril 2026. Les perspectives sont partagées. Les opportunités, immenses. Rendez-vous pour les concrétiser.

Ituri : la RDC, la Corée du Sud et l’UNICEF s’allient pour protéger les enfants victimes des conflits

Une bouffée d’espoir pour les enfants de l’Ituri. Ce mercredi 9 avril 2026, à l’hôtel du Gouvernement à Kinshasa, le gouvernement congolais, en collaboration avec la République de Corée et l’UNICEF, a officiellement lancé le projet « Resilience for Children ». Doté de 5 millions de dollars financés par Séoul, ce programme vise à apporter une réponse structurelle et humanitaire aux mineurs frappés par la crise dans cette province du Nord-Est. Assistance immédiate, services sociaux durables, éducation d’urgence : les ambitions sont à la hauteur des défis.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont la ministre d’État aux Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Ève Bazaiba, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, l’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, et le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor.

Une alliance tripartite scellée pour répondre à une urgence humanitaire souvent négligée : celle des enfants de l’Ituri, victimes collatérales de violences intercommunautaires qui n’en finissent pas.

Une stratégie combinée pour des résultats concrets

Le projet « Resilience for Children » se distingue par une approche intégrée, combinant assistance immédiate et actions durables.

L’assistance immédiate vise plus de 30 000 personnes. Elle inclut :

  • Des soins de santé d’urgence,

  • Un soutien nutritionnel (lutte contre la malnutrition aiguë),

  • La distribution de biens essentiels (couvertures, kits d’hygiène, ustensiles de cuisine),

  • Des transferts monétaires pour permettre aux familles de subvenir à leurs besoins.

L’accès durable aux services sociaux de base comprend :

  • Le soutien psychosocial pour les enfants traumatisés par la violence,

  • La construction de points d’eau potable pour prévenir les maladies hydriques,

  • La réhabilitation d’infrastructures communautaires (écoles, centres de santé).

L’objectif est de stabiliser les zones de conflit, de permettre le retour des déplacés, et de créer les conditions d’un développement à long terme.

L’urgence d’agir en Ituri

Dans son discours, le représentant pays de l’UNICEF, John Agbor, a rappelé l’urgence d’agir en Ituri. Les déplacements massifs de populations exacerbent les violations des droits de l’enfant. Les enfants sont exposés à la violence, aux recrutements forcés, aux séparations familiales, aux violences sexuelles.

L’Ituri, déjà meurtrie par des décennies de conflits intercommunautaires (notamment entre les communautés Hema et Lendu), connaît une résurgence des violences depuis plusieurs années. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées. Les besoins humanitaires sont immenses.

Le projet « Resilience for Children » vise à apporter une réponse à la hauteur de ces défis.

La Corée du Sud, partenaire engagé

L’ambassadeur de Corée du Sud, Jeong Hong Geun, a réaffirmé la volonté de son pays de contribuer au relèvement durable des communautés affectées. Séoul, qui a connu la guerre et la pauvreté, se sent solidaire des pays en développement.

Les 5 millions de dollars alloués à ce projet témoignent de l’engagement de la Corée du Sud en faveur de la protection des enfants dans les zones de conflit. Un geste salué par les autorités congolaises.

« La Corée du Sud n’oublie pas que son développement a été soutenu par la communauté internationale. Aujourd’hui, c’est à notre tour de donner », a déclaré l’ambassadeur.

L’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence

Présente à la cérémonie, la ministre d’État à l’Éducation Nationale, Raïssa Malu, a insisté sur l’intégration des stratégies éducatives en situation d’urgence. Pour elle, l’éducation ne peut pas attendre la fin des conflits.

Elle a plaidé pour le déploiement de l’enseignement à distance afin de briser le cycle de déscolarisation imposé par les crises. Les radios communautaires, les tablettes, les smartphones, les kits scolaires d’urgence : autant d’outils pour permettre aux enfants déplacés de continuer à apprendre.

« Un enfant qui n’est pas scolarisé est un enfant vulnérable, exposé aux recrutements forcés, aux violences, à l’exploitation », a martelé Raïssa Malu. « L’éducation est une protection. »

Une approche fondée sur les droits de l’enfant

Le projet « Resilience for Children » se distingue également par son approche fondée sur les droits de l’enfant. Les mineurs ne sont pas considérés comme de simples bénéficiaires passifs, mais comme des acteurs de leur propre développement.

Le programme prévoit la participation active des mineurs via des clubs d’enfants et des « gouvernements scolaires ». Ces structures permettent aux enfants d’exprimer leurs besoins, de participer aux décisions qui les concernent, et de développer des compétences civiques.

Une innovation qui pourrait faire école dans d’autres provinces.

L’extension progressive du modèle

Pour Kinshasa, l’ambition dépasse les frontières de l’Ituri. L’approche fondée sur des résultats mesurables et la participation communautaire pourrait être étendue à d’autres provinces touchées par les épidémies (choléra, Ebola, Covid-19) et les aléas climatiques (inondations, glissements de terrain).

Le suivi rigoureux du projet, avec des indicateurs précis et des évaluations régulières, devrait permettre de transformer ce projet pilote en une réussite pérenne, capable d’attirer de nouveaux financements internationaux.

« Nous voulons prouver que cela marche, pour ensuite convaincre d’autres partenaires de nous rejoindre », a expliqué une source proche du gouvernement.

Un avenir plus stable pour les enfants du Nord-Est

Avec ce projet, la RDC et ses partenaires espèrent non seulement panser les plaies immédiates, mais surtout offrir un avenir plus stable aux enfants du Nord-Est du pays.

L’Ituri, terre de violence et de déplacements, pourrait devenir un laboratoire d’innovation sociale. Les enfants, premières victimes des conflits, pourraient devenir les premiers bénéficiaires d’une politique de protection renforcée.

Le chemin est long. Les défis sont immenses. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la mobilisation internationale. Celui de l’engagement politique. Celui de l’espoir, peut-être.

Une réponse structurelle à une crise chronique

Le projet « Resilience for Children » se veut une réponse structurelle, et non pas seulement une énième opération humanitaire d’urgence. Il s’agit de reconstruire les systèmes de protection de l’enfance, de renforcer les capacités des acteurs locaux, de créer les conditions d’un développement durable.

L’UNICEF apporte son expertise technique. La Corée du Sud apporte les financements. Le gouvernement congolais apporte la volonté politique. Une combinaison gagnante, en théorie.

Reste à savoir si cette belle mécanique fonctionnera sur le terrain. Si les 5 millions de dollars seront utilisés à bon escient. Si les enfants de l’Ituri sentiront vraiment la différence.

L’enjeu : passer de l’intention à l’action

La cérémonie de lancement s’est achevée dans une atmosphère d’optimisme prudent. Les discours ont été beaux, les engagements solennels. Mais l’enjeu est désormais de passer de l’intention à l’action.

Les prochains mois diront si « Resilience for Children » tient ses promesses. Si les 30 000 personnes assistées reçoivent effectivement l’aide annoncée. Si les points d’eau sont construits. Si les enfants retournent à l’école.

L’Ituri, province martyre, mérite mieux que des promesses. Ses enfants méritent un avenir. Un avenir sans violence, sans peur, sans déplacement. Un avenir où ils pourront grandir, apprendre, rêver.

Le projet « Resilience for Children » est une pièce du puzzle. Il reste à assembler les autres. Avec la volonté politique, la mobilisation internationale, et l’engagement des communautés, l’Ituri pourrait bien, un jour, sortir de l’ornière.

En attendant, les enfants de l’Ituri attendent. Ils attendent que les 5 millions de dollars se transforment en écoles, en centres de santé, en eau potable. Ils attendent que les discours deviennent réalité. Ils attendent que l’espoir, enfin, l’emporte sur la désolation.

RDC:61 victimes de violences sexuelles liées aux conflits en janvier 2026

Le 6 avril 2026, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits humains (BCNUDH) a publié son rapport sur les violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) en RDC pour le mois de janvier 2026. Au moins 46 cas ont été recensés, touchant 61 victimes : 39 femmes, 21 filles et un homme. Ce chiffre représente une baisse de 59 % par rapport au mois précédent (147 victimes). Cependant, l’ONU précise que cette diminution reflète surtout la sous-documentation causée par l’insécurité et les difficultés d’accès aux victimes. Sur le terrain, la situation demeure bien plus grave.

Le document expose un constat accablant : les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme arme de guerre, et l’impunité reste la règle. Les auteurs sont multiples et souvent difficiles à identifier.

Qui sont les auteurs ?

Le BCNUDH distingue deux catégories principales : les groupes armés et les agents étatiques.

  • Les groupes armés représentent 52 % des cas, soit 32 victimes. En tête, le M23 (21 victimes : 13 femmes et 8 filles), suivi des Nyatura (4 victimes), des Raïa Mutomboki (3 victimes) et des ADF (2 femmes).
  • Les agents étatiques comptent pour 46 % des cas, soit 28 victimes. Les FARDC sont responsables de 25 cas (15 femmes, 9 filles et 1 homme), la PNC de 2 cas (deux femmes), et un responsable de l’État chargé des mines et de l’énergie d’un cas (une fille).

Ainsi, ces violences ne se limitent pas aux groupes rebelles. Les forces de l’ordre, censées protéger les civils, participent également aux abus, un constat particulièrement inquiétant pour l’État congolais.

Une escalade du conflit

L’intensification des combats dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, provoquée par l’AFC-M23 soutenue par le Rwanda, a engendré un désastre humanitaire. Depuis janvier 2026, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.

Dans ce contexte, les violences sexuelles se multiplient. Les femmes et les filles deviennent des cibles faciles. Toutefois, les hommes ne sont pas épargnés, comme le montre le cas d’une victime masculine.

Pourquoi les chiffres baissent-ils ?

Selon le BCNUDH, la baisse apparente de 59 % des cas documentés en janvier s’explique par un manque de documentation. Beaucoup de victimes n’ont pas accès aux services d’enregistrement, et les humanitaires ne peuvent pas atteindre certaines zones.

De plus, l’insécurité, les routes coupées et la présence de groupes armés freinent la collecte d’informations. Par conséquent, la réalité reste bien plus sombre que les chiffres ne le laissent paraître.

Répartition géographique des violences

  • Nord-Kivu : 54 % des cas (22 femmes, 11 filles). Les combats intenses entre FARDC et M23 causent de lourdes souffrances pour les civils.
  • Sud-Kivu : 36 % des cas (13 femmes, 9 filles). L’insécurité et les déplacements massifs affectent fortement la population.
  • Ituri : 10 % des cas (4 femmes, 1 fille, 1 homme). Après des années de conflits intercommunautaires, la région connaît une résurgence des violences.

Violences sexuelles : un outil de représailles

Le BCNUDH souligne que ces violences servent souvent de représailles entre les parties au conflit. Le 21 janvier, à Loda/Sanduku (territoire de Djugu, Ituri), quatre militaires des FARDC ont violé une fillette de 9 ans en la menaçant de mort.

Une enfant violée par ceux censés la protéger : ce crime illustre la barbarie persistante du conflit.

Des soins encore insuffisants

Malgré la gravité de la situation, 30 victimes sur 46 ont reçu des soins médicaux appropriés. Ce progrès reste toutefois limité. Dans les zones reculées, l’accès aux soins demeure restreint, la prise en charge psychologique reste quasi inexistante, et l’accès à la justice se transforme en véritable parcours du combattant.

Le rapport appelle donc à renforcer les efforts pour garantir soins et justice à toutes les victimes.

Des conséquences dramatiques

Les violences sexuelles provoquent des impacts dévastateurs : traumatismes durables, grossesses non désirées, maladies sexuellement transmissibles, stigmatisation sociale et décès.

De plus, l’insécurité et l’inaccessibilité des routes compliquent l’aide humanitaire. Les besoins sont immenses, alors que les ressources restent limitées.

Appel à un accès humanitaire sécurisé

Les acteurs humanitaires continuent de fournir soins d’urgence, aide alimentaire et assistance vitale. Cependant, leurs interventions se heurtent à l’insécurité et au manque d’accès. L’ONU insiste : il faut garantir un accès humanitaire rapide et sécurisé, sans obstacles ni menaces. Jusqu’à présent, cet appel reste largement ignoré.

Les initiatives de paix stagnent

Le processus de Washington et l’implication du Qatar n’ont pas amélioré la situation. Le gouvernement congolais, le Rwanda et l’AFC/M23 continuent de s’accuser mutuellement.

Malgré les engagements pris, le conflit dicte encore la vie dans l’Est. Les organisations internationales exhortent toutes les parties à mettre fin aux armes et à protéger les populations.

Un combat loin d’être terminé

Le BCNUDH tire une nouvelle sonnette d’alarme : les violences sexuelles liées aux conflits persistent. Les victimes sont souvent très jeunes et les auteurs nombreux, y compris au sein des forces de l’ordre. L’impunité demeure la norme.

La baisse des cas documentés ne reflète qu’une partie de la réalité. Elle masque de nombreuses victimes invisibles et des crimes non rapportés.

Pour y remédier, le combat exige une volonté politique forte, des ressources financières et une mobilisation internationale. En attendant, les 61 victimes de janvier 2026 – ainsi que toutes celles des mois précédents – attendent justice et reconnaissance.

Leur seul crime : être nées dans une région en guerre. Leur seule faute : être vulnérables. Leur seul espoir : que l’ONU et la communauté internationale entendent enfin leur voix.

Félix Tshisekedi lance une conférence historique pour révolutionner les infrastructures

Un tournant décisif s’opère. Ce mercredi 8 avril 2026, au Centre Culturel et Artistique des pays d’Afrique Centrale (CCAPAC) à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a ouvert la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP). Pendant trois jours, plus de 500 acteurs publics, privés et partenaires techniques réfléchissent à un objectif clair : moderniser les infrastructures de la République démocratique du Congo à l’horizon 2034. Un défi immense, surtout dans un pays où seulement 2 % des routes sont revêtues.

D’emblée, le contexte impose l’urgence. En effet, la 13e Conférence des gouverneurs a récemment mis en lumière plusieurs faiblesses : enclavement des provinces, dégradation du réseau routier, insuffisance des voies ferrées, sous-équipement portuaire et déficit énergétique. Par conséquent, ces lacunes freinent l’intégration du marché national et ralentissent la production. Le constat est clair : le modèle actuel atteint ses limites.

Une vision tournée vers la modernisation

Les assises s’articulent autour d’un thème ambitieux : « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif ». À travers ce choix, le gouvernement affiche une orientation nette.

D’abord, il veut rompre avec la gestion d’urgence. Ensuite, il cherche à instaurer une véritable culture de planification. Ainsi, il devient essentiel d’anticiper, de normer et d’entretenir les ouvrages sur le long terme. En parallèle, les autorités intègrent désormais les enjeux climatiques, technologiques et économiques.

Dans cette logique, la RDC entend s’aligner sur les dynamiques africaines. Notamment, les corridors logistiques et les chaînes de valeur régionales occupent une place centrale. Dès lors, le pays peut tirer profit de sa position stratégique pour renforcer son intégration régionale.

Félix Tshisekedi fixe le cap

Lors de son discours, Félix Tshisekedi a posé les bases de cette ambition. Selon lui, les infrastructures dépassent largement leur fonction matérielle. Elles constituent, en réalité, « l’ossature même de l’État ».

Il a insisté : elles structurent le territoire, facilitent les échanges et soutiennent l’économie. De plus, elles renforcent la cohésion nationale et attirent les investissements. Autrement dit, elles conditionnent le développement global du pays.

Dans la foulée, le président a lancé un appel clair. Il refuse un simple forum de discussions. Au contraire, il exige des décisions concrètes. Il a donc exhorté les participants à privilégier l’action, l’innovation et la durabilité.

Des projets structurants en ligne de mire

Pour traduire cette vision en actes, le gouvernement mise sur plusieurs projets clés.

D’une part, il prévoit de moderniser le réseau ferroviaire en adoptant l’écartement standard. Cette évolution permettra d’augmenter la capacité et la vitesse des trains. D’autre part, le port en eau profonde de Banana doit devenir une plateforme stratégique pour les échanges régionaux.

Par ailleurs, les autorités veulent connecter les différents modes de transport. L’objectif reste simple : créer un système intégré, fluide et efficace. Grâce à cela, la RDC pourra mieux capter les opportunités offertes par la ZLECAf.

Des défis encore majeurs

Malgré ces ambitions, les obstacles restent nombreux. Le ministre des Infrastructures, John Banza, a rappelé quelques chiffres alarmants. Aujourd’hui, à peine 2 % des routes sont revêtues. De plus, une grande partie du réseau ferroviaire reste inutilisable.

En outre, les infrastructures portuaires manquent d’équipements modernes. À cela s’ajoute une couverture énergétique et numérique insuffisante. Face à ces défis, le gouvernement vise un objectif précis : connecter les 26 provinces pour stimuler l’économie et réduire le coût de la vie.

Une mobilisation nationale et internationale

Pour y parvenir, la conférence réunit plus de 500 participants. Parmi eux figurent des experts, des acteurs privés et des partenaires comme la Banque mondiale ou la BAD.

Ensemble, ils travaillent sur des solutions concrètes. Les échanges portent notamment sur le financement, l’innovation, la maintenance et la résilience climatique. À l’issue des travaux, une feuille de route claire devrait voir le jour.

Un pari sur l’avenir

Reste une question essentielle : cette conférence débouchera-t-elle sur des résultats concrets ? Par le passé, plusieurs annonces n’ont pas abouti. Toutefois, le contexte actuel change la donne.

D’un côté, la concurrence régionale s’intensifie. De l’autre, la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives. Ainsi, la pression pour agir devient plus forte.

Cap sur 2034

À long terme, l’objectif est clair : transformer profondément le pays d’ici 2034. Il s’agit de désenclaver les territoires, de stimuler la croissance et de créer des emplois.

Le chemin reste long, certes. Cependant, une dynamique est enclenchée. Désormais, la réussite dépendra de la capacité à passer des promesses aux réalisations.

En somme, la RDC joue gros. Mais si les engagements se concrétisent, cette conférence pourrait marquer le début d’un véritable tournant.

Kinshasa : le marché Zando renaît, 11 000 étals à attribuer

Un vent nouveau souffle sur le marché Central de Kinshasa. Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, l’emblématique « Zando » s’apprête à rouvrir ses portes. Le gouvernement de la ville a lancé ce mardi 7 avril 2026, au Jardin botanique de Kinshasa, les opérations de souscription pour l’attribution des 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides. Un tournant décisif pour stimuler l’économie de la capitale, sécuriser la gestion des espaces commerciaux, et offrir aux Kinois un hub moderne répondant à leurs attentes.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités urbaines, sous le regard attentif des commerçants et des médias. L’enthousiasme était palpable. Après des mois de travaux, « Zando » renaît de ses cendres, plus beau, plus fonctionnel, plus sécurisé.

Pour le gouverneur Daniel Bumba, présent à l’événement, ce lancement marque une étape historique. « Nous tournons une page douloureuse de l’histoire du commerce informel à Kinshasa. Désormais, les commerçants pourront exercer leur activité dans des conditions dignes et sécurisées », a-t-il déclaré.

Conditions d’éligibilité : qui peut postuler ?

Pour éviter les dérives et garantir une attribution transparente, la ville de Kinshasa a fixé des conditions d’éligibilité claires.

Le candidat doit :

  • Être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais (les étrangers doivent disposer d’une carte de résident valide).

  • Avoir au moins 18 ans.

  • Avoir obligatoirement la qualité de commerçant, c’est-à-dire être détenteur d’une patente valide, d’un RCCM (Registre du commerce et du crédit mobilier), ou d’une fiche de recensement des activités économiques et artisanales pour l’exercice 2026.

  • Disposer de la preuve de paiement de l’impôt foncier (IF) ou de l’impôt sur le revenu locatif (IRL) pour obtenir le quitus fiscal.

Ces conditions visent à formaliser le secteur informel, à encourager les commerçants à se mettre en règle, et à garantir que seuls les professionnels sérieux obtiennent un étal.

Lieu et calendrier des inscriptions

Les inscriptions sont ouvertes du 7 au 20 avril 2026 sur le site du Jardin botanique de Kinshasa, de 8h30 à 16h30.

Les commerçants intéressés doivent se rendre sur place, munis des documents requis, pour remplir leur dossier de candidature. Les autorités ont promis un traitement rapide et transparent.

Au total, 11 000 étals sont disponibles. Un nombre important, mais qui risque d’être insuffisant face à la demande. Les autorités appellent donc les commerçants à se faire connaître rapidement.

Des infrastructures modernes pour les Kinois

Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, le marché de « Zando » est aujourd’hui un hub commercial répondant aux attentes des citoyens de la place.

Les visiteurs découvriront :

  • De jolis bâtiments modernisés, aux façades colorées et aux allées propres.

  • Des chambres froides pour une meilleure conservation des produits périssables (viande, poisson, produits laitiers).

  • Des étals sécurisés, avec des systèmes de verrouillage et de surveillance.

  • Des magasins spacieux, permettant aux commerçants d’exposer leurs marchandises dans de bonnes conditions.

  • Des kiosques pour la vente de produits spécifiques (pain, journaux, téléphonie).

L’objectif est de faire de Zando un marché modèle, capable de concurrencer les grandes surfaces et de redonner ses lettres de noblesse au commerce de proximité.

Les avantages de la réouverture de Zando

La réouverture du marché Zando apporte de nombreux avantages à la ville de Kinshasa.

1. Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins adaptés aux besoins actuels.

2. Création de milliers d’emplois : commerçants, vendeurs, livreurs, agents de sécurité, personnels d’entretien… Zando va générer une multitude d’emplois directs et indirects.

3. Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes permettront de conserver les produits périssables et de réduire les pertes, garantissant ainsi une meilleure disponibilité des denrées.

4. Formalisation du secteur informel : en obligeant les commerçants à se mettre en règle (patente, RCCM, quitus fiscal), la ville de Kinshasa pourra collecter des impôts et des taxes, et mieux contrôler l’activité économique.

5. Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé, propre et bien organisé, c’est un cadre agréable pour les acheteurs, et une fierté pour les habitants de Kinshasa.

Les défis à relever

Malgré ces avancées, des défis restent à relever. Les autorités de Kinshasa sont appelées à garantir le bon fonctionnement de cet espace, notamment avec une gestion plus transparente, structurée et cohérente.

Il faudra notamment :

  • Éviter les conflits d’attribution : la tentation sera grande pour certains de vouloir accaparer plusieurs étals, ou d’utiliser des prête-noms. La ville devra être vigilante.

  • Maintenir la propreté et la sécurité : un marché moderne peut vite se dégrader si l’entretien n’est pas assuré. Des équipes dédiées devront être mobilisées.

  • Lutter contre la concurrence déloyale : le marché informel, plus flexible, pourrait tenter de reprendre ses droits autour de Zando. La police et les services municipaux devront être présents.

  • Impliquer les commerçants dans la gestion : pour que Zando devienne vraiment leur marché, les commerçants doivent être associés aux décisions, via des comités de gestion participative.

Un symbole de renaissance

Au-delà des chiffres et des infrastructures, Zando est un symbole. Celui d’une Kinshasa qui se modernise, qui se transforme, qui ose investir dans son avenir.

Le marché Central, autrefois vétuste et insalubre, est devenu un lieu moderne, attractif, porteur d’espoir. Pour les milliers de commerçants qui y travailleront, c’est une nouvelle vie qui commence. Pour les millions de Kinois qui y feront leurs courses, c’est une promesse de qualité, de sécurité, de fiabilité.

Les prochains jours diront si l’attribution des étals se déroule sans heurts. Les prochains mois diront si Zando tient ses promesses. Mais une chose est sûre : Kinshasa a relevé un défi majeur. Et elle peut en être fière.

La réouverture de Zando, c’est la preuve que la capitale congolaise, malgré ses difficultés, est capable de projets ambitieux. C’est la preuve que le commerce, le travail, l’entrepreneuriat, peuvent être des moteurs de développement. C’est la preuve que l’avenir, malgré tout, se construit.

Les 11 000 étals sont prêts. Les commerçants sont impatients. Les Kinois sont curieux. Que le nouveau Zando ouvre ses portes, et que la fête commence.

Mandala City : l’ex-Kuluna construisent une cité moderne pour l’État congolais

Douze mois ont suffi. En un an, le Service national de la République démocratique du Congo a transformé une zone quasi inhabitée de Kaniama Kasese en une cité moderne. Baptisée « Mandala City », en hommage au chef coutumier qui a cédé le terrain, cette infrastructure de haut standing impressionne. Surtout, d’anciens Kuluna ont construit l’ensemble. Ainsi, le projet incarne à la fois une réussite architecturale et sociale.

En effet, le projet s’est déroulé de mars 2025 à mars 2026. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik l’a ensuite présenté officiellement. Visiblement satisfait, il a salué le travail accompli par ces jeunes. Désormais, il les appelle les « bâtisseurs de la nation ».

« Cette cité peut accueillir le Conseil des ministres et d’autres activités de haut niveau », a-t-il affirmé. De plus, il a insisté sur un point clé : ces ex-Kuluna ont réalisé l’ouvrage de bout en bout.

Une cité moderne pensée pour l’État

D’abord, Mandala City se distingue par sa conception. Elle comprend 24 appartements modernes. Chaque unité dispose de trois chambres, d’un salon et d’une salle à manger. Au total, la cité offre 72 chambres.

Ensuite, les concepteurs ont intégré une grande salle de conférence. Celle-ci peut accueillir des réunions stratégiques, notamment le Conseil des ministres. Par ailleurs, ils ont aménagé un bureau dédié au président de la République. Un restaurant moderne complète l’ensemble.

En outre, le projet ne s’arrête pas là. Les équipes construisent encore des infrastructures de loisirs. Parmi elles : un terrain de basketball, un terrain de volleyball, une piscine et un court de tennis. Ainsi, Mandala City devient un espace complet, à la fois professionnel et résidentiel.

Une réinsertion sociale spectaculaire

Cependant, l’essentiel se joue ailleurs. Derrière les bâtiments, il y a des parcours de vie transformés. En effet, les ouvriers ne viennent pas du circuit classique. Le Service national a recruté et formé d’anciens Kuluna.

Autrefois associés à la violence urbaine, ces jeunes ont changé de trajectoire. D’abord, ils ont appris les métiers du bâtiment. Ensuite, ils ont travaillé sur le chantier pendant douze mois. Progressivement, ils ont acquis des compétences et une discipline.

Aujourd’hui, le résultat est visible. La cité se dresse fièrement. Mais surtout, chaque mur raconte une transformation. Ces jeunes ont remplacé la violence par le travail. Ils ont retrouvé une dignité.

Un modèle porté par le Service national

Par conséquent, cette réalisation confirme le rôle croissant du Service national. À l’origine, cette structure encadrait la jeunesse. Désormais, elle participe activement au développement du pays.

Sous la direction du lieutenant-général Kasongo Kabwik, les projets se multiplient. Le Service national construit des routes, des écoles et des centres de santé. En parallèle, il poursuit sa mission sociale.

Ainsi, il forme les jeunes en difficulté. Il leur offre un métier. Et surtout, il leur donne une seconde chance. Le modèle de Kaniama Kasese montre que cette approche fonctionne.

Un symbole pour l’avenir de la RDC

Par ailleurs, le nom « Mandala City » porte un message fort. Il rend hommage au chef coutumier Mandala, qui a cédé le terrain. Ce geste a permis la réalisation du projet.

Dans un contexte où les conflits fonciers restent fréquents, cette collaboration marque un précédent. Elle prouve qu’il est possible de concilier tradition et modernité.

Enfin, Mandala City ouvre des perspectives. Le Service national envisage déjà d’autres projets similaires. L’objectif reste clair : moderniser les infrastructures tout en réinsérant les jeunes.

Ainsi, cette cité devient une vitrine pour la RDC. Elle montre un pays capable de construire, d’innover et de transformer sa jeunesse. Plus qu’un simple projet immobilier, Mandala City incarne une vision.

Et surtout, elle rappelle une chose essentielle : derrière chaque chantier, il peut y avoir une seconde chance.

Kinshasa accepte d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis

La République démocratique du Congo a dit oui. Le dimanche 5 avril 2026, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accueil temporaire pour des migrants expulsés des États-Unis.

Ces personnes, non congolaises, séjourneront à Kinshasa avant leur retour vers leur pays d’origine. Toutefois, cet accord soulève déjà des questions. En effet, plusieurs pays africains ont été critiqués pour leur participation à ce programme.

Le ministère de la Communication a confirmé l’information. Selon lui, les États-Unis apporteront un soutien logistique et technique. Ainsi, l’État congolais ne supportera aucun coût direct. Par ailleurs, les autorités ont déjà choisi des sites d’hébergement dans la capitale.

Cependant, plusieurs zones d’ombre persistent. Combien de migrants sont concernés ? Combien de temps resteront-ils ? Et surtout, quelles garanties protègent leurs droits ?

Un dispositif progressif et encore flou

Pour l’instant, le gouvernement ne donne aucun chiffre officiel. Néanmoins, une source évoque un dispositif « limité » et « progressif ». Les autorités privilégient une gestion au cas par cas.

Par conséquent, il reste difficile d’évaluer l’ampleur réelle du programme. À titre de comparaison, le Rwanda a accueilli plusieurs centaines de migrants. De son côté, Kinshasa assure que son engagement restera modeste.

Un accueil temporaire sous conditions

Selon les autorités, les migrants ne resteront pas durablement. Leur séjour pourrait durer entre trois et six mois. Ensuite, ils devraient regagner leur pays d’origine.

Ainsi, la RDC se positionne comme un pays de transit. Toutefois, cette promesse soulève des doutes. Dans d’autres pays, les retours restent parfois difficiles à organiser. Par exemple, certains États refusent de reprendre leurs ressortissants.

De plus, les autorités congolaises n’ont pas précisé de solution alternative en cas de blocage.

Les premières arrivées sont attendues avant fin avril 2026. Le gouvernement promet un processus progressif et maîtrisé. En parallèle, il affirme pouvoir suspendre le dispositif si nécessaire.

Entre solidarité et enjeux diplomatiques

Pour justifier cet accord, les autorités évoquent un devoir de solidarité. Elles parlent aussi de renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité.

Cependant, la question des contreparties reste floue. Un rapport américain mentionne des compensations financières pour certains pays. Le Rwanda ou l’Eswatini auraient reçu des paiements.

Dans le cas de la RDC, le gouvernement affirme que le Trésor public ne sera pas sollicité. Mais il ne détaille pas les autres formes de soutien.

Sur le plan juridique, Kinshasa affirme respecter le droit international. Les autorités citent notamment la Convention de Genève de 1951 et la Convention contre la torture. Pourtant, les modalités concrètes restent imprécises.

La question du non-refoulement inquiète aussi. Ce principe interdit de renvoyer une personne vers un pays dangereux. Le gouvernement assure qu’aucune expulsion risquée n’aura lieu. Malgré cela, certaines ONG restent prudentes.

Enfin, le contexte africain reste contrasté. Le Nigeria refuse ce type d’accord. À l’inverse, le Ghana ou l’Ouganda ont déjà coopéré.

Dans ce paysage, la RDC fait un choix stratégique. Elle affiche sa solidarité internationale. Mais elle insiste aussi sur un point : ce dispositif ne sera ni permanent, ni une externalisation des politiques migratoires américaines.

Procès Balanganayi : 10 ans de prison requis contre le médecin accusé de violences sur une patiente

La sentence pourrait être lourde. Ce vendredi 3 avril 2026, devant le tribunal de grande instance de Kinkole, à l’Est de Kinshasa, le parquet a requis dix ans de servitude pénale principale contre le docteur David Balanganayi. Le médecin est poursuivi pour coups et blessures, torture et enregistrement non autorisé de l’intimité de sa patiente, Dorcas Moya, pendant son accouchement à l’hôpital général de référence de Kinkole. Une affaire qui a choqué l’opinion publique et mobilisé les associations féminines. Le verdict est désormais très attendu.

L’audience de ce vendredi était décisive. Après l’audition des témoins et les plaidoiries des parties civiles, le ministère public a dévoilé ses réquisitions. Elles sont sans appel.

« Vous condamnerez le prévenu David Balanganayi à 10 ans de servitude pénale principale et une amende de 100.000 dollars américains payable en francs congolais pour l’infraction de torture », a requis le magistrat du parquet.

Mais ce n’est pas tout. Le parquet a également demandé :

  • 5 ans de prison pour l’infraction d’enregistrement de l’intimité de la victime, assortis d’une amende de 25 millions de francs congolais.

  • 5 ans de servitude pénale principale pour coups et blessures aggravés.

  • La condamnation aux frais d’instance et, à défaut de paiement dans les délais, la contrainte par corps.

Le réquisitoire du parquet est clair : le docteur Balanganayi doit être puni sévèrement pour ses actes. Le cumul des peines pourrait atteindre des sommets, même si le tribunal devra décider si elles s’exécutent de manière concurrente ou consécutive.

Un million de dollars réclamés par la partie civile

Du côté de la victime, les avocats de Dorcas Moya n’ont pas été en reste. Ils ont réclamé une somme faramineuse à titre de dommages et intérêts.

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/proces-balanganayi-le-verdict-attendu-ce-vendredi-apres-un-report-lie-a-la-fete-nationale/

« Il vous plaira de déclarer cette action recevable et pleinement fondée. Il s’agit d’un médecin de l’État congolais dont les fautes ont été commises dans l’exercice de ses fonctions. En conséquence, nous sollicitons la condamnation au paiement d’une somme d’un million de dollars, payable en francs congolais pour dommages et intérêts sur base de l’article 258 du code civil livre 3 », a plaidé l’avocat de la partie civile.

Un million de dollars. Une somme qui peut sembler astronomique, mais qui reflète l’ampleur du préjudice subi par Dorcas Moya. La jeune femme a été victime de violences physiques, de torture, et d’un enregistrement de son intimité sans son consentement, diffusé ensuite sur les réseaux sociaux.

L’état de la victime : un témoignage clé

L’audience de vendredi a également entendu un témoin crucial : le docteur Éloge Ilunga, médecin à l’hôpital Diamant, où Dorcas Moya a été transférée après son calvaire à Kinkole.

Son témoignage va à l’encontre de la thèse de l’urgence défendue par le docteur Balanganayi. Selon ce dernier, il aurait agi sous l’emprise de l’état de nécessité, la vie de la patiente étant en danger.

« Nous avons reçu le vendredi passé Mme Dorcas Moya avec un état observé et des signes vitaux stables, c’est-à-dire que le statut intégral de la patiente par rapport à son physique ou son état était stable. Sa vie n’était pas en danger. Elle n’était donc pas dans un état d’urgence. Elle était admise en chambre », a déclaré le docteur Ilunga.

Un témoignage qui fragilise considérablement la défense du médecin accusé. Si la vie de Dorcas Moya n’était pas en danger au moment de son transfert, la justification de l’état de nécessité devient difficile à soutenir.

La défense joue son va-tout

Face à ces réquisitions sévères et à ce témoignage accablant, la défense du docteur Balanganayi devra trouver les mots pour sauver son client. Plaidera-t-elle la clémence ? Contestera-t-elle l’évaluation des préjudices ? Mettra-t-elle en cause l’organisation de l’hôpital de Kinkole ?

Les avocats du médecin ont déjà indiqué que leur client avait agi pour sauver une vie, et que les coups administrés l’avaient été dans un contexte d’urgence absolue. Mais le témoignage du docteur Ilunga contredit directement cette version.

Le tribunal devra départager les deux récits. Et sa décision aura des conséquences au-delà de ce seul procès.

Une affaire exemplaire

L’affaire Balanganayi est devenue un symbole. Symbole de la lutte contre les violences obstétricales, souvent invisibles, souvent impunies. Symbole du combat des femmes pour que leur parole soit entendue, leur corps respecté, leur dignité protégée.

La Première Dame Denise Nyakeru, qui a pris en charge la victime, a salué la mobilisation. Les associations féminines, présentes en nombre lors des audiences, appellent à une condamnation exemplaire.

Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, ce sera un signal fort envoyé à l’ensemble du corps médical : la violence sur les patientes, même sous couvert d’urgence médicale, ne sera plus tolérée.

Le verdict très attendu

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il devrait être rendu dans les prochains jours, peut-être dès la semaine prochaine.

Dorcas Moya, qui a comparu lors de l’audience, attend avec impatience la décision des juges. Son avocat a réclamé justice, et réparation.

Le docteur Balanganayi, détenu depuis le début de l’affaire, risque la prison ferme, une amende lourde, et la destruction de sa carrière médicale.

Au-delà des peines, c’est la mémoire de la victime, et la dignité de toutes les femmes qui accouchent, qui est en jeu. Le tribunal de Kinkole, tribunal de proximité, va rendre une décision qui aura une résonance nationale.

Une chose est sûre : l’affaire Balanganayi ne s’arrêtera pas au verdict. Elle a ouvert une brèche dans le mur du silence qui entoure trop souvent les violences obstétricales. Et cette brèche, plus rien ne pourra la refermer.

Procès Balanganayi : le verdict attendu ce vendredi après un report lié à la fête nationale

L’affaire qui secoue Kinshasa depuis plusieurs semaines touche à sa fin. Le verdict du procès du docteur David Balanganayi, accusé de violences sur une patiente dans une salle d’accouchement de l’hôpital général de référence de Kinkole, sera rendu ce vendredi 3 avril 2026. Initialement prévue mercredi 1er avril, la troisième audience a dû être reportée. La raison : le gouvernement congolais avait décrété cette journée chômée et payée sur l’ensemble du territoire pour célébrer la qualification historique des Léopards à la Coupe du monde 2026. Une fête nationale qui a suspendu le cours de la justice, mais seulement pour quelques jours.

L’information du report a été communiquée par Faustin Bukasa, avocat principal de la défense, via un média de la place. Selon lui, l’annonce gouvernementale n’a laissé d’autre choix au tribunal que de décaler l’audience. Une décision logistique, sans incidence sur le fond du dossier.

Le procès, qui a débuté il y a plusieurs jours, a déjà connu deux audiences riches en rebondissements. La première a permis d’identifier le prévenu et d’entendre les chefs d’accusation. La deuxième a vu défiler des témoins clés : le médecin directeur de l’hôpital, des médecins témoins, ainsi que la grand-mère de la victime. Des experts ont également été entendus, livrant des analyses parfois contradictoires sur la déontologie médicale et l’état de nécessité.

La victime sera présente avant le verdict

Ce vendredi, l’audience s’annonce décisive. Pour la première fois, Dorcas Mulema, la patiente victime des violences, comparaîtra à la barre. Son témoignage, attendu avec une grande impatience, pourrait faire basculer le délibéré.

Depuis le début de l’affaire, la jeune femme est prise en charge par la fondation de la Première Dame, Denise Nyakeru, qui a condamné les faits et appelé la justice à établir les responsabilités. Son état de santé, physique et psychologique, a été jugé suffisamment stable pour lui permettre de témoigner.

Le ministère public, qui a requis des peines sévères, verra ses arguments confortés ou infirmés par la parole de la victime. La défense, elle, maintiendra la thèse de l’état de nécessité, déjà plaidée lors des précédentes audiences.

Une affaire qui divise l’opinion publique

Le procès Balanganayi a suscité une intense émotion dans la capitale et au-delà. La vidéo devenue virale, montrant le médecin administrant des coups à une patiente allongée sur une table d’accouchement, a choqué l’opinion. Les réactions se sont multipliées, y compris au plus haut niveau de l’État.

Les organisations féminines et de défense des droits humains sont montées au créneau. Pour elles, les actes du docteur Balanganayi constituent une violence obstétricale inadmissible, une forme de torture que rien ne saurait justifier. Elles réclament des sanctions sévères, voire exemplaires, pour dissuader d’autres professionnels de santé d’adopter de tels comportements.

Mais une partie des professionnels de la santé a également pris la parole. Leur position est plus nuancée. Ils reconnaissent que les coups portés sont condamnables, mais ils insistent sur le contexte : une urgence vitale, une patiente refusant obstinément des soins nécessaires, une équipe médicale dépassée. Pour eux, le docteur Balanganayi a peut-être dérapé, mais il a agi avec l’intention de sauver une vie. Certains appellent à un « recadrage » plutôt qu’à une sanction lourde.

Un procès aux enjeux multiples

Au-delà du cas individuel, ce procès soulève des questions de fond. Jusqu’où peut aller un médecin pour sauver un patient ? La contrainte physique est-elle jamais justifiable ? Comment concilier urgence médicale et consentement éclairé ?

La réponse du tribunal sera scrutée. Elle déterminera non seulement le sort du docteur Balanganayi, mais aussi, dans une certaine mesure, les pratiques médicales en RDC. Une condamnation sévère enverrait un signal fort : les violences obstétricales ne seront plus tolérées. Une relaxe ou une peine légère pourrait être interprétée comme un blanc-seing donné à des méthodes brutales.

L’affaire a également une dimension politique. La Première Dame, Denise Nyakeru, s’est personnellement impliquée, en prenant en charge la victime et en appelant à la justice. Une position qui n’est pas sans rappeler son engagement de longue date pour les droits des femmes et contre les violences sexuelles.

Le poids du symbole

Le fait que le verdict soit rendu le vendredi 3 avril, deux jours après la fête nationale du football, n’est probablement qu’une coïncidence. Mais elle n’est pas anodine. Le pays a célébré l’exploit des Léopards, symbole d’unité et de fierté nationale. Aujourd’hui, la justice s’apprête à trancher un dossier qui divise la nation.

Les deux affaires n’ont rien à voir, bien sûr. Mais elles montrent, chacune à leur manière, les contradictions de la société congolaise : capable d’une joie collective immense, mais aussi traversée par des violences intimes, parfois invisibles.

Les attentes avant le délibéré

Ce vendredi, l’audience commencera par l’audition de Dorcas Mulema. Ses mots pèseront lourd. Ensuite, les avocats plaideront, avant que le juge ne se retire pour délibérer. Le verdict pourrait tomber dans la foulée, ou être mis en délibéré pour une date ultérieure.

Les organisations féminines seront présentes, nombreuses, pour soutenir la victime et appeler à une condamnation. La défense, elle, comptera sur les éléments techniques et le contexte d’urgence pour obtenir l’indulgence du tribunal.

Quelle que soit la décision, elle ne mettra pas fin au débat. Mais elle posera un jalon. Dans un pays où les violences faites aux femmes sont encore trop souvent impunies, ce procès a valeur d’exemple. La justice congolaise, cette fois, est attendue au tournant.

Le1er avril déclaré jour férié pour célébrer la qualification historique des Léopards

La joie n’aura pas attendu. Au lendemain de l’exploit retentissant des Léopards au Mexique, la République démocratique du Congo s’offre une journée de liesse nationale. Le gouvernement a décrété ce mercredi 1er avril 2026 chômé et payé sur l’ensemble du territoire. Une décision exceptionnelle pour permettre à tout un peuple de célébrer, dans l’unité et la ferveur, le retour de sa sélection nationale en Coupe du monde, 52 ans après sa dernière participation.

L’information a été relayée par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, sur son compte X. Il a partagé le communiqué officiel du ministère de l’Emploi et du Travail, qui acte cette mesure d’exception.

« Suite à la qualification historique des Léopards de la République démocratique du Congo pour la Coupe du Monde 2026, le Ministère de l’Emploi et Travail informe l’opinion publique que la journée du mercredi 1er avril 2026 est déclarée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national », précise le document.

Une instruction de la Première ministre

Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Selon Patrick Muyaya, elle fait suite à une instruction directe de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Celle-ci a chargé le ministre du Travail de prendre les dispositions nécessaires pour que le peuple congolais puisse célébrer cette victoire « dans l’unité, la ferveur et la fierté nationale ».

Un geste fort, qui traduit l’importance accordée par les plus hautes autorités du pays à cet exploit sportif. Le président Félix Tshisekedi, dont le ministre des Sports Didier Budimbu avait salué l’action la veille, a pleinement soutenu cette initiative.

Un symbole d’unité nationale

La qualification des Léopards a un goût particulier. Elle intervient après des années de désillusions, notamment en 2018 et 2022, où la RDC était passée tout près du sésame. Elle survient aussi dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et politiques.

Offrir une journée de célébration à l’ensemble du pays, c’est permettre à chaque Congolais, où qu’il se trouve, de partager un moment de joie collective. Dans les rues de Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Bukavu, des foules se sont spontanément rassemblées dès l’annonce du résultat. Cette journée fériée officialise et prolonge la liesse populaire.

Une victoire née dans la nuit

Le match décisif, entamé le 31 mars à Guadalajara, s’est prolongé jusqu’aux premières heures du 1er avril, heure congolaise. Un décalage horaire qui donne une dimension presque symbolique à cette date. C’est en effet le 1er avril que le but d’Axel Tuanzebe a définitivement scellé le sort de la rencontre, après 90 minutes intenses et des prolongations haletantes.

Ainsi, le jour férié coïncide avec le moment exact de la qualification. Une coïncidence qui renforce encore le caractère exceptionnel de cette date dans le calendrier national.

52 ans après, la fierté retrouvée

Il aura fallu attendre 52 ans. Depuis la triste campagne de 1974, où le Zaïre (ancien nom du pays) avait perdu ses trois matchs sans marquer le moindre but, la RDC n’avait plus jamais foulé les pelouses d’une Coupe du monde. Des générations de joueurs ont tenté, sans succès, de briser cette malédiction.

Cette génération, celle de Sébastien Desabre, l’a fait. Avec un parcours exceptionnel : élimination du Cameroun, du Nigeria, puis de la Jamaïque. Une campagne de qualification bâtie sur le mental, la solidarité et un collectif soudé.

Une célébration qui dépasse le cadre sportif

En déclarant cette journée chômée et payée, le gouvernement envoie un message clair : cette victoire appartient à tous les Congolais. Elle est un motif de fierté nationale, un moment de réconciliation autour d’un même drapeau.

Dans un pays souvent divisé, souvent meurtri, la liesse populaire qui s’annonce ce mercredi dépasse largement le cadre du football. C’est une parenthèse de joie, un instant d’unité, une respiration collective.

Les rues de Kinshasa ont commencé à se remplir dès les premières heures de la journée. Des bus bondés, des drapeaux flottant par les fenêtres, des groupes de jeunes scandant les noms des héros de Guadalajara. L’ambiance est à la fête, et elle durera jusqu’au bout de la nuit.

Le début d’une nouvelle ère

Cette qualification n’est pas une fin. C’est le début d’une nouvelle ère pour le football congolais. La Coupe du monde, l’été prochain, sera l’occasion de montrer que cette génération n’est pas un feu de paille. Le groupe K, avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan, offre un défi de taille. Mais après avoir dompté le Cameroun, le Nigeria et la Jamaïque, les Léopards ne craignent plus rien.

En attendant, ce 1er avril 2026 restera gravé dans la mémoire collective comme le jour où la RDC a célébré, en grande pompe, son retour sur la scène mondiale. Le jour où un peuple, uni, a dit merci à ses Léopards. Le jour où l’histoire, enfin, a changé de camp.

Procès Balanganayi : nouveaux témoignages et renvoi au 1er avril,

L’instruction de l’affaire qui secoue Kinshasa a continué ce lundi 30 mars devant le tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole. Accusé d’avoir frappé une patiente dans une salle d’accouchement, le docteur David Balanganayi a de nouveau répondu aux questions des juges. L’audience, marquée par les témoignages de la direction médicale de l’hôpital de Kinkole, a été renvoyée au mercredi 1er avril. Ce jour-là, la victime, Dorcas Soraya Mulema, aujourd’hui prise en charge par la Première Dame Denise Nyakeru, comparaitra à son tour. Les plaidoiries débuteront également, avant un délibéré très attendu.

L’audience s’est tenue en salle foraine, à l’Esplanade de la maison communale de la Nsele. Les juges ont entendu des témoins clés : le médecin directeur de l’hôpital, le responsable du staff médical et plusieurs experts. L’atmosphère était tendue. Les gradins étaient remplis de femmes venues soutenir la victime et de curieux attirés par cette affaire devenue emblématique de la lutte contre les violences obstétricales.

Deux visions de l’urgence médicale

L’audience a mis en lumière deux interprétations des mêmes faits. Le médecin directeur a rappelé un principe clair : la déontologie interdit d’administrer des coups à une patiente pour la contraindre à recevoir des soins. Cette position fragilise la défense du docteur Balanganayi, qui justifie ses actes par l’urgence et l’absence d’alternative.

LIRE AUSSI :https://www.journaldekinshasa.com/le-proces-du-medecin-accuse-de-violences-sur-une-patiente-se-poursuit-sous-haute-tension/

En revanche, le docteur Samy Tessi, responsable du staff médical, a nuancé les faits. Il a expliqué que la victime « avait rendu le travail difficile au personnel durant toutes les phases de l’accouchement et après ». Selon lui, le prévenu a agi par nécessité, car le transfert de la patiente vers un autre établissement aurait pris trop de temps.

Ces deux visions reflètent les tensions au sein de l’hôpital de Kinkole : le respect des règles déontologiques d’un côté, et la réalité des urgences médicales avec des moyens limités de l’autre.

La défense maintient sa ligne

Le docteur Balanganayi a réaffirmé sa thèse. Selon lui, les coups étaient la seule option face à un refus obstiné de la patiente ; sans intervention immédiate, sa vie aurait été en danger. Ses avocats ont demandé des conditions de détention dignes pour leur client, détenu au cachot du parquet de Kinkole depuis plusieurs jours.

Le cœur de la défense reste l’« état de nécessité ». Le ministère public, pour sa part, conteste cette thèse et maintient les accusations de torture, tentative de meurtre et coups et blessures aggravés.

La victime comparaitra mercredi

Le tribunal a renvoyé l’affaire au mercredi 1er avril. Cette audience verra la comparution de Dorcas Soraya Mulema, la victime, ainsi que le début des plaidoiries.

Actuellement prise en charge à l’hôpital Diamant, la jeune femme bénéficie du soutien de la Première Dame Denise Nyakeru. Le ministère public a soutenu le renvoi, rappelant que cette affaire engage aussi la responsabilité de l’institution médicale publique.

Une audience foraine sous haute tension

L’audience foraine a permis à un large public d’assister aux débats. Cependant, elle a également accentué l’émotion autour de l’affaire. La diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux avait déjà provoqué un tollé dans la capitale. L’image d’un médecin frappant une patiente dans une salle d’accouchement a choqué au-delà des frontières de la RDC.

La Première Dame a exprimé son soutien à la victime, soulignant que le dossier touche à la dignité des femmes, à l’éthique médicale et à l’image du pays.

Les attentes des associations féminines

Les associations de défense des droits des femmes ont suivi cette audience avec attention. L’AVIFEM (Agence nationale de lutte contre les violences faites à la femme, à la jeune et petite fille) a rappelé son exigence de « tolérance zéro ».

Pour elles, ce procès est symbolique. Une condamnation du docteur Balanganayi enverrait un signal fort : les violences obstétricales ne sont plus acceptables. À l’inverse, une relaxe pourrait être perçue comme un encouragement à la brutalité.

Mercredi 1er avril, Dorcas Soraya Mulema viendra témoigner. Sa parole confrontée à celle du prévenu pourrait faire basculer le procès. Les avocats plaideront tour à tour : la défense soulignant la nécessité médicale, l’accusation dénonçant un acte de torture.

Le juge devra trancher entre deux récits : un médecin pris dans une urgence vitale ou un homme ayant frappé une femme vulnérable.

Quel que soit le verdict, cette affaire marque déjà un tournant. Elle rappelle que la salle d’accouchement doit rester un lieu de vie, de soin et de respect, jamais de violence.

Le procès du médecin accusé de violences sur une patiente se poursuit sous haute tension

L’affaire qui choque la République démocratique du Congo entre dans une phase décisive. Ce lundi 30 mars 2026, la deuxième audience du procès en flagrance du docteur David Balanganayi Kayembe se tient au Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole. L’audience se déroule en salle foraine, à l’Esplanade de la maison communale de la Nsele. Accusé de violences sur une patiente dans une salle d’accouchement, le médecin fait face à la justice. De nombreuses femmes défenseuses des droits humains sont venues soutenir la victime et réclamer des sanctions exemplaires.

La vidéo de l’incident, devenue virale sur les réseaux sociaux, a provoqué une onde d’indignation dans tout le pays. À cette audience, les débats ont porté sur les auditions des responsables de l’hôpital général de référence de Kinkole. Ils ont témoigné des circonstances du drame et des pratiques médicales en situation d’urgence.

La direction de l’hôpital témoigne

Le docteur Samy Tessi, médecin chef de staff, a livré un témoignage détaillé. Il a rappelé les conditions difficiles de l’accouchement. Selon lui : « Cette accouchée a mis le personnel médical à rude épreuve pendant et après le travail. »

Face à une urgence – une hémorragie post-partum laissant à peine deux heures de survie à la patiente – l’équipe a suivi la procédure standard. « L’équipe doit obtenir le consentement éclairé de la patiente. Dans ce cas, avec des déchirures importantes, l’idéal était d’agir rapidement pour arrêter l’hémorragie », a expliqué le médecin.

Mais que faire si la patiente refuse toute intervention ? Le docteur Tessi mentionne deux alternatives : solliciter l’aide d’un proche influent ou envisager un transfert vers un autre établissement. Il conclut : « Notre médecin a fait de son mieux pour sauver la vie de la patiente dans une situation critique. »

La défense : une pratique médicale légale

Le docteur Balanganayi, déjà détenu au parquet de Kinkole, a été entendu à son tour. Il a réaffirmé que ses gestes étaient conformes à la pratique médicale.

« L’administration de stimulations physiques, dans le jargon médical, est légale. On le fait pour les nouveau-nés. Si cela sauve la vie d’un bébé, pourquoi pas celle d’une adulte ? » a-t-il soutenu.

Selon lui, les contraintes physiques relevaient d’un « état de nécessité ». La vie de la patiente était en danger et aucune autre option n’était possible.

Le ministère public conteste cette thèse. Il maintient les accusations de torture, tentative de meurtre et coups et blessures aggravés.

Les associations féminines mobilisées

Le procès attire une grande affluence. Plusieurs dizaines de femmes, membres d’associations de défense des droits humains, assistent aux débats. L’AVIFEM (Agence nationale de lutte contre les violences faites à la femme, à la jeune et petite fille) est particulièrement présente.

Mathy Matshingi Sheshi, directrice provinciale, explique : « Nous sommes dans la campagne Tolérance Zéro contre les auteurs de tels crimes. Nous suivons l’évolution du procès pour voir comment les responsabilités seront établies. »

Elle insiste : « Ce n’est pas seulement l’affaire du docteur Balanganayi. Il faut examiner toute la chaîne de responsabilité, y compris la diffusion de la vidéo. »

La directrice se dit rassurée par l’état de santé de la victime mais réclame une sanction exemplaire.

Un procès sous haute tension

La première audience avait permis l’identification du prévenu et la présentation des chefs d’accusation. Cette deuxième audience marque un tournant avec l’audition des témoins et le début des débats sur le fond.

Le tribunal, installé en audience foraine pour accueillir un large public, gère l’afflux de spectateurs. Les avocats de la défense et les représentants du ministère public s’opposent sur la qualification des faits.

La défense argue d’un contexte d’urgence et d’une absence d’intention criminelle. Pour elle, le médecin a agi dans un dilemme tragique, ses gestes visant à sauver une vie.

L’accusation, en revanche, dénonce un acte de violence inacceptable dans une salle d’accouchement. Selon elle, l’état de nécessité ne justifie pas les coups.

Une affaire symbolique

Au-delà du cas individuel, ce procès revêt une portée symbolique. Il met en lumière les violences obstétricales encore trop fréquentes. La vidéo virale rappelle la brutalité de certains gestes médicaux et le manque de consentement éclairé.

Les associations féminines voient une opportunité de poser des limites. « Tolérance zéro », répète l’AVIFEM. Une condamnation du docteur enverrait un signal fort au corps médical. À l’inverse, une relaxe pourrait être perçue comme un blanc-seing à des pratiques jugées archaïques.

La suite du procès

D’autres témoins doivent encore être entendus, notamment les membres de l’équipe médicale présents lors de l’accouchement. Le tribunal examinera également le rôle de la personne ayant diffusé la vidéo. La question est délicate : droit à l’information ou respect de la vie privée ?

Pour la famille et les associations, l’attente est grande. La justice devra déterminer si les actes du docteur étaient une pratique médicale ou s’ils constituent les crimes reprochés.

Quelle que soit la décision, ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre les violences obstétricales en République démocratique du Congo.

Lubumbashi : 59 présumés criminels arrêtés lors d’un vaste bouclage à Kampemba

L’étau se resserre sur les fauteurs de troubles à Lubumbashi. En effet, ce mercredi 25 mars 2026, une vaste opération a été menée au quartier Cité des jeunes, dans la commune de Kampemba. Elle a permis d’interpeller 59 présumés malfrats, dont deux femmes. La Police nationale congolaise (PNC), appuyée par les FARDC et d’autres services, a conduit cette action. Ainsi, les autorités renforcent la lutte contre l’insécurité urbaine dans le Haut-Katanga.

Sur le terrain, le commissaire divisionnaire Blaise Kilimbalimba a dirigé l’opération. Les équipes ont ciblé plusieurs domiciles suspectés d’abriter des criminels. Selon la police, les personnes arrêtées seraient impliquées dans des vols, des extorsions et des agressions. De plus, certaines auraient commis des violences contre des jeunes filles et des femmes.

« Les résultats obtenus constituent une avancée importante »

Le général Blaise Kilimbalimba s’est félicité du déroulement de l’opération. Il a salué l’engagement des forces de sécurité. Par ailleurs, il a rappelé que ces actions suivent les instructions du gouverneur intérimaire Martin Kazembe, actuellement en mission à Kikwit.

« Nous avons lancé des bouclages ciblés pour traquer les malfrats jusque dans leurs domiciles. Ainsi, les résultats obtenus aujourd’hui constituent une avancée importante dans la prévention de l’insécurité », a-t-il déclaré.

Ensuite, le chef de la police provinciale a annoncé la poursuite des opérations. Sa position reste claire : « Ce n’est qu’un début. Les opérations vont se poursuivre jusqu’à ce que les criminels quittent la ville. »

Police et armée, une complémentarité affirmée

L’opération de Kampemba illustre une meilleure coordination entre la police et l’armée. En effet, les FARDC mènent des ratissages dans les zones reculées. Pendant ce temps, la police sécurise les centres urbains.

Cette stratégie commence à produire des résultats. Deux jours plus tôt, le lundi 23 mars, les forces de sécurité ont interpellé 28 autres présumés criminels au pont Kalebuka. Cette intervention s’inscrivait dans le cadre de l’opération Ndobo.

Une réponse à l’insécurité ressentie

Ces interpellations répondent à une forte inquiétude des habitants de Lubumbashi. En effet, les vols à main armée et les agressions se multiplient. Par conséquent, le sentiment d’insécurité a fortement augmenté ces derniers mois.

Pour inverser cette tendance, les autorités intensifient les patrouilles et les bouclages ciblés. Ainsi, l’opération de Kampemba envoie un signal clair. L’État veut reprendre le contrôle des zones les plus touchées.

Le défi du suivi judiciaire

Cependant, une question demeure : ces opérations auront-elles un effet durable ? Dans le passé, plusieurs interpellations massives n’ont pas abouti. Des procédures mal préparées ou des libérations rapides ont souvent affaibli leur impact.

Le général Kilimbalimba a lui-même évoqué ce défi. Il distingue les délinquants locaux des réseaux plus organisés. Or, arrêter les exécutants ne suffit pas. Il faut aussi démanteler les filières et identifier les commanditaires.

Désormais, la justice devra prendre le relais. Les 59 personnes arrêtées seront présentées devant les tribunaux. Des poursuites solides et des sanctions claires enverraient un message fort contre l’impunité.

Une mobilisation à confirmer

Pour l’instant, les habitants de Kampemba saluent ces interpellations. Toutefois, ils attendent des résultats durables. La question reste simple : cette mobilisation va-t-elle se maintenir ?

Le commissaire Kilimbalimba se veut rassurant. Selon lui, les opérations vont continuer. L’objectif reste ambitieux : pousser les criminels à quitter la ville.

Cependant, atteindre ce résultat demandera plus que des arrestations. Il faudra des moyens, mais aussi une coopération étroite entre la police, la justice et la population.

En attendant, Lubumbashi a connu un coup de filet important. Pour les 59 suspects, une nouvelle étape commence. Pour les habitants, un répit semble possible. Néanmoins, la lutte contre l’insécurité reste un combat de longue durée.

Tanganyika : 62 000 âmes retrouvent l’eau potable grâce à un projet Rawbank-UNICEF

Dans le territoire de Kalemie, au Tanganyika, un long calvaire touche à sa fin. Depuis une semaine, environ 62 000 habitants des villages de Kasambondo, Kateba, Taba Congo et des localités environnantes ont retrouvé l’accès à l’eau potable. Grâce à un projet d’adduction d’eau financé par Rawbank à hauteur de 108 000 dollars et mis en œuvre par l’UNICEF avec l’appui de l’Office national d’hydraulique rurale (ONHR), 11 forages viennent de sortir de terre. Une infrastructure qui met fin à des années de souffrance et de risques sanitaires.

Le projet, sobre dans son financement mais immense dans son impact, a été conçu avec un objectif précis : la prévention des épidémies, et en particulier du choléra. Dans cette région où les maladies hydriques font des ravages, l’accès à une eau salubre est une question de survie.

L’infrastructure déployée est impressionnante pour un projet de cette envergure locale. Un réseau de 7 kilomètres de canalisations alimente un réservoir de stockage de 40 mètres cubes, construit en béton armé. L’eau, pompée à partir d’un centre de captage, est ensuite distribuée à travers une dizaine de bornes-fontaines implantées stratégiquement dans les villages desservis.

Un hôpital et un couvent aussi desservis

L’initiative ne bénéficie pas seulement aux communautés locales. L’hôpital public de la zone et un couvent de sœurs catholiques situé à proximité sont également raccordés au réseau. Une attention particulière qui montre la volonté de couvrir les infrastructures essentielles à la santé et à la vie sociale.

Pour les habitants de Kasambondo, ce retour de l’eau potable est une libération. Ruth Bahati, ménagère dans le village, résume le soulagement général : « Nous remercions l’UNICEF et Rawbank de nous avoir facilité l’accès à l’eau potable. L’eau qu’on buvait et qu’on se lavait nous faisait des démangeaisons sur le corps. Avec cette eau, nous étions exposés à diverses maladies hydriques voire la typhoïde. »

Son témoignage dit l’essentiel : avant ce projet, l’eau consommée n’était pas seulement de mauvaise qualité, elle était dangereuse. Démangeaisons, typhoïde, choléra : tout un cortège de souffrances évitables que cette infrastructure vient chasser.

La leçon d’un échec précédent

Ce projet n’est pas le premier du genre dans la région. Un réseau d’adduction d’eau avait déjà été construit en 2020 par l’USAID. Mais il était tombé en panne seulement deux ans après son lancement. Les populations, privées à nouveau d’eau potable, avaient replongé dans les maladies hydriques.

L’ONHR, qui appuie le projet, a bien conscience de cet enjeu de durabilité. Freddy Kenge, responsable provincial de l’Office, a lancé un appel aux bénéficiaires : « Nous demandons aux bénéficiaires de gérer ce réseau d’eau potable comme leur propre bien. »

Un message qui résume le défi à venir. Construire des forages est une chose. Former les communautés à les entretenir, organiser une gestion locale responsable, prévoir les pièces de rechange : c’est à ce prix que l’infrastructure durera au-delà des quelques années de garantie.

Un modèle de partenariat

Ce projet illustre ce que peut produire une synergie entre financement privé, expertise technique internationale et ancrage local. Rawbank, banque congolaise engagée dans le développement, a apporté les fonds. L’UNICEF, avec sa maîtrise des programmes d’eau et d’assainissement, a assuré la mise en œuvre. L’ONHR, en tant qu’acteur public, garantit l’ancrage institutionnel et le suivi.

Pour les 62 000 bénéficiaires, les considérations institutionnelles importent peu. Ce qui compte, c’est que désormais, à quelques pas de chez eux, une borne-fontaine délivre une eau claire, saine, qui ne fait plus peur. C’est que les enfants peuvent boire sans risque. C’est que l’hôpital peut fonctionner sans craindre la contamination.

Ruth Bahati a dit merci. Les communautés de Kasambondo, Kateba et Taba Congo aussi. Reste à faire en sorte que ce « merci » ne soit pas oublié dans quelques années, quand viendra le temps de l’entretien. Car après des années de pénurie, ces 62 000 âmes savent mieux que personne la valeur de l’eau qui coule au robinet. Et le prix de sa disparition.

l’opposition dénonce une « répression » à Ngaba et réclame la libération de ses militants

Une nouvelle flambée de tension a secoué Kinshasa ce mardi 24 mars 2026. Au rond-point Ngaba, une opération policière a dispersé des militants de la coalition d’opposition Lamuka et du parti AddCongo. Selon ces formations, une vingtaine de jeunes ont été arrêtés et plusieurs blessés alors qu’ils menaient une action de sensibilisation contre un éventuel changement constitutionnel. L’opposition crie à la répression et dénonce un traitement de faveur réservé aux meetings de la majorité.

La scène s’est déroulée en début de matinée. Des militants de Lamuka et d’AddCongo s’étaient rassemblés au rond-point Ngaba pour une campagne de sensibilisation. Leurs thèmes : le dialogue national inclusif et le rejet de toute modification de la Constitution.

Selon la coalition d’opposition, l’information de cette action avait été transmise au gouverneur de Kinshasa depuis une semaine, par l’intermédiaire du parti Ecidé. L’organisation estimait donc avoir rempli toutes les formalités.

Pourtant, vers 10 heures, la police nationale congolaise (PNC) est intervenue. Les premiers récits font état de charges violentes, de tabassages, d’interpellations massives.

Des blessés et des détenus au cachot

Le bilan dressé par l’opposition est alarmant. Prince Epenge, cadre de Lamuka, a détaillé les chiffres devant la presse : « 20 jeunes de Lamuka arrêtés, plus de 7 membres blessés. »

Parmi les interpellés figure Martin Balela, président de la jeunesse d’AddCongo. Selon Lamuka, il se trouve actuellement au cachot de Matete, en compagnie d’une dizaine d’autres militants. Plus grave encore : des blessés seraient également détenus, sans avoir reçu de soins.

« Il est 14 heures passée, la police retient même les blessés ce matin », a dénoncé Prince Epenge, visiblement exaspéré.

Une action autorisée ? Le bras de fer des versions

Lamuka affirme avoir respecté la procédure. Le parti Ecidé, membre de la coalition, aurait transmis la déclaration d’activité aux autorités urbaines. Les militants, selon l’opposition, ne faisaient que « mobiliser la population en faveur du dialogue national, sensibiliser les Congolais pour dire non au troisième mandat de Félix Antoine Tshisekedi et au changement de la Constitution ».

Le porte-parole de Lamuka insiste sur le caractère pacifique de l’action : « Ils n’ont rien fait de mal. »

Face à ces accusations, aucune réaction officielle des autorités n’avait été rendue publique en fin de journée.

Le « deux poids deux mesures » dénoncé

Ce qui exaspère l’opposition, c’est ce qu’elle perçoit comme une inégalité de traitement. Car, soulignent les cadres de Lamuka, les manifestations de la majorité ne subissent pas le même sort.

« Chaque semaine à Kinshasa, le parti au pouvoir, l’UDPS, organise des meetings pour le changement de la Constitution. Plusieurs cadres de l’Union sacrée dont Didier Budimbu à Matete et Peter Kazadi à Tshangu », a rappelé Prince Epenge.

Et d’ajouter, amer : « Quand l’opposition organise même toute petite activité pour dire non au changement de la Constitution et au troisième mandat de Félix Antoine Tshisekedi, on envoie la police pour réprimer. Nous condamnons ce deux poids deux mesures. »

Un contexte politique sous tension

Cet incident ne surgit pas de nulle part. Il intervient dans un climat politique déjà très chargé. La question d’une éventuelle révision constitutionnelle divise profondément la scène politique congolaise.

L’opposition, regroupée au sein de Lamuka et d’autres formations, craint que ce chantier ne cache un projet de modification de la limitation des mandats présidentiels, permettant à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. La majorité, elle, assure vouloir simplement « moderniser » une Constitution vieille de vingt ans.

Les dernières semaines ont vu se multiplier les déclarations, les prises de position, et désormais, les actions de rue. Dans ce contexte, le rond-point Ngaba n’est pas un lieu anodin. Symbole de la mobilisation citoyenne à Kinshasa, il est régulièrement investi par les mouvements politiques et sociaux.

Lamuka promet de continuer

Malgré la répression dénoncée, Lamuka affirme ne pas vouloir baisser le ton. La coalition maintient sa campagne : « Oui au dialogue, non au changement de la Constitution. »

Pour l’opposition, la priorité n’est pas là. « Il faut mettre fin à l’insécurité au Bandundu, à l’Ituri et au Kivu, payer les fonctionnaires, arrêter les braquages », énumère Prince Epenge. Sa conclusion est un slogan qui résume leur position : « Les hommes doivent changer, et non la Constitution. »

L’incident de Ngaba pourrait marquer un tournant dans la mobilisation de l’opposition. La libération immédiate des détenus est exigée. En attendant, les blessés sont toujours au cachot, et les familles des interpellés attendent, inquiètes, des nouvelles.

Dans les heures qui viennent, le gouvernement devra répondre de cette opération. La suite dira si l’opposition obtiendra gain de cause, ou si ce mardi 24 mars restera comme une nouvelle date dans la chronique des tensions entre pouvoir et opposition à Kinshasa.

Kindu bientôt reliée à Dar-es-Salam : le vol direct qui va transformer l’économie du Maniema

C’est une nouvelle qui fait souffler un vent d’espoir sur la province du Maniema. La Tanzanie a donné son feu vert pour l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Dar-es-Salam et Kindu, le chef-lieu provincial. Une décision qui, pour les opérateurs économiques locaux, sonne comme une révolution logistique. Fin du calvaire des transits forcés par Goma, baisse des coûts, exportations accélérées : le Maniema s’apprête à entrer dans une nouvelle ère économique.

L’annonce, faite en fin de semaine dernière par la Fédération des entreprises du Congo (FEC) section Maniema, n’est pas passée inaperçue dans les milieux d’affaires de la région. Elle est le fruit d’une mission économique conjointe entre le gouvernement provincial et les opérateurs économiques locaux en Tanzanie. Un travail de longue haleine qui porte enfin ses fruits.

Selon Bolangi Mulamba Albert, premier vice-président de la FEC-Maniema, le dossier est aujourd’hui « à un stade très avancé ». Il ne manque plus que l’aval technique des services d’aviation pour que le projet devienne réalité.

La fin du calvaire des commerçants

Pour les commerçants de Kindu, l’actuelle situation logistique relève du parcours du combattant. Toute marchandise importée doit transiter par Goma, à des centaines de kilomètres au nord, avec son lot de ruptures de charge, de coûts supplémentaires et de délais imprévisibles.

Avec cette nouvelle ligne directe, le tableau change radicalement :

  • Achat direct : les commerçants pourront s’approvisionner directement à Dar-es-Salam, l’un des grands ports de l’océan Indien.

  • Transit supprimé : fin des ruptures de charge à Goma et des intermédiaires qui grèvent les marges.

  • Prix à la baisse : la simplification logistique devrait mécaniquement réduire les coûts de revient des marchandises, avec des répercussions positives pour les consommateurs locaux.

Une bouffée d’oxygène pour une province enclavée qui paie souvent très cher son isolement.

Le secteur minier en première ligne

Les opérateurs miniers du Maniema sont sans doute les plus grands bénéficiaires de cette avancée. La province regorge de ressources minières, mais leur exportation s’apparente aujourd’hui à un parcours semé d’embûches.

Amisi Hashimu, secrétaire et conseiller juridique de la chambre des Mines de la FEC, donne un chiffre qui en dit long : l’exportation des minerais via Kalemie, l’actuel point de sortie, prend entre six et sept mois.

« Pouvoir transporter les minerais directement de Kindu vers Dar-es-Salam est une excellente nouvelle pour nous. Nous souhaitons que ce projet se concrétise dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

Avec une liaison directe, les conteneurs de coltan, d’or ou d’autres minerais précieux pourront gagner le port tanzanien en quelques heures au lieu de plusieurs mois. Un gain de temps considérable qui améliore la compétitivité des produits congolais sur les marchés internationaux.

Le désenclavement, clé du développement

Au-delà des avantages économiques immédiats, c’est toute la stratégie de désenclavement du Maniema qui se concrétise avec cette ligne aérienne. Longtemps considérée comme une province isolée, difficile d’accès, Kindu devient désormais une porte d’entrée et de sortie vers l’océan Indien.

Pour les autorités provinciales, cette ouverture est un levier majeur pour attirer les investisseurs et dynamiser une économie locale qui tourne encore trop souvent au ralenti.

Reste à franchir la dernière étape : l’aval technique des services d’aviation tanzaniens et congolais. Mais les acteurs économiques du Maniema n’ont jamais été aussi proches du but. Après des années de frustration logistique, ils tiennent enfin la promesse d’une connexion directe avec l’un des hubs portuaires les plus importants d’Afrique de l’Est.

Pour les commerçants de Kindu, pour les mineurs qui extraient les richesses du sous-sol, pour les familles qui espèrent voir baisser le prix du riz et des produits de première nécessité, cette ligne aérienne n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et elle est désormais à portée d’aile.

330 000 m³ d’eau potable par jour, le défi relevé de la station de l’Ozone

C’est une bouffée d’oxygène pour des millions de Kinois. Ce mercredi 18 mars 2026, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a inauguré les modules 2 et 3 du complexe industriel de traitement d’eau de l’Ozone, dans la commune de Ngaliema. Un projet d’envergure qui propulse la production quotidienne de la capitale à 330 000 m³ et améliore concrètement le quotidien de près de six millions d’habitants.

Sur les hauteurs de Ngaliema, les installations flambant neuves de la station de l’Ozone tournent désormais à plein régime. Le complexe, l’un des piliers de l’alimentation en eau de Kinshasa, vient de franchir un cap technique majeur avec la mise en service de deux unités supplémentaires.

Le ministre Aimé Sakombi Molendo a présidé la cérémonie avec la satisfaction de ceux qui livrent un projet attendu. Devant les ingénieurs de la REGIDESO et les représentants de la Banque mondiale, partenaire financier du projet, il a salué une « étape stratégique pour la santé et le bien-être des Kinois ».

Treize communes enfin soulagées

Derrière les chiffres techniques se cache une réalité humaine concrète. L’extension de la station de l’Ozone ne se mesure pas seulement en mètres cubes, mais en vies transformées.

Avec cette nouvelle capacité, ce sont précisément treize communes de la capitale qui voient leur approvisionnement sécurisé. De Ngaliema à Kimbanseke, en passant par Kintambo, Selembao, Mont-Ngafula, Bandalungwa, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Bumbu, Makala, Kalamu, Masina et Ndjili, le réseau gagne en stabilité.

Pour les familles, la promesse est simple et essentielle : moins de coupures, une eau de meilleure qualité, et la fin des longues corvées pour s’approvisionner. Dans une ville de plus de 15 millions d’habitants où l’accès à l’eau potable a longtemps relevé du parcours du combattant, l’amélioration est majeure.

Un financement international au service du quotidien

Ce projet n’aurait pas vu le jour sans un appui financier solide. La Banque mondiale a accompagné la réalisation de ces travaux, confiés à la CEP-O (Cellule des projets eau et assainissement) pour le compte de la REGIDESO S.A.

L’objectif affiché par le gouvernement est clair : moderniser en profondeur les infrastructures hydrauliques d’une capitale tentaculaire, dont la croissance démographique met sous pression constante les réseaux existants.

En portant la capacité de production à 330 000 m³ par jour, Kinshasa fait un pas décisif vers la sécurisation de son approvisionnement. La ville se dote d’infrastructures à la hauteur de son statut de mégalopole africaine, capable de répondre aux besoins essentiels de ses habitants.

Reste désormais à entretenir ce réseau, à étendre les branchements domestiques, et à poursuivre la lutte contre les fuites et les branchements sauvages qui grèvent le système. Mais pour aujourd’hui, les Kinois des treize communes concernées peuvent ouvrir leur robinet avec un peu plus de certitude. L’eau coule, plus abondante et plus propre. C’est ça, la promesse tenue.

Drame à Kakanda : Neuf creuseurs meurent dans un boulement, la Mine Artisanale Congolaise en Deuil

Mercredi 11 mars 2026, Kakanda. Dans le territoire de Lubudi, au cœur de la province du Lualaba, la terre a tremblé. Pas sous l’effet d’une secousse sismique, mais sous le poids d’une tragédie annoncée. À la carrière de Safi, nichée dans la concession de Boss Mining, un éboulement vient d’engloutir neuf vies. Neuf creuseurs, neuf pères de famille, neuf artisans d’une industrie qui fait la richesse du pays mais qui tue ses enfants dans l’indifférence des galeries.

L’information, confirmée ce jeudi par le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale (SAEMAPE) à la radio onusienne, a plongé la région dans le silence lourd de la désolation. Encore une fois, le Lualaba, cette province aux entrailles d’or et de cuivre, ajoute un chapitre funeste à la longue litanie des accidents miniers.

Un Périmètre de Non-Droit

Ce drame n’est pas un accident. C’est l’aboutissement logique d’un système où l’urgence de survivre prime sur les règles les plus élémentaires de sécurité. La carrière de Safi, comme des centaines d’autres sites artisanaux à travers le pays, est un concentré de vulnérabilités. Des parois non consolidées, des techniques d’excavation approximatives, une absence criante d’équipements de protection : le décor était planté pour que la mort frappe.

Les témoignages rapportent un glissement de terrain soudain, sans avertissement. Les neuf creuseurs, courbés sous le poids de leur labeur, ont été piégés par une terre qui, en une fraction de seconde, est passée de pourvoyeuse de vie à tombeau collectif.

Chaque Vie Est Évitable

Face à ce constat d’échec, les experts du secteur minier ne décolèrent pas. « Chaque perte humaine dans ces conditions est évitable », martèle un spécialiste de la sécurité minière joint sur place. Le discours est rageur, mais les solutions sont connues. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais d’appliquer les fondamentaux.

Le cahier de doléances est pourtant clair : il faut imposer des contrôles stricts sur les méthodes d’excavation pour éviter les sapements dangereux. Il faut rendre obligatoire le port d’équipements de base, comme les casques et les bottes, et surtout, il faut former, former et former encore ces milliers d’hommes et de femmes qui descendent chaque jour dans ces gouffres sans filet.

Le Prix du Cobalt

L’exploitation minière artisanale est un pilier économique vital en RDC. Elle fait vivre des millions de personnes et alimente une chaîne d’approvisionnement mondiale avide de cobalt, de cuivre et d’or. Mais ce pilier repose sur des fondations de terre battue.

Chaque éboulement, chaque noyade dans une carrière inondée, chaque inhalation de poussière toxique est un rappel brutal du coût humain exorbitant de cette richesse. Tant que la rentabilité à court terme primera sur la sécurité des hommes, les périmètres miniers resteront des champs de mines.

Les autorités provinciales et nationales, tout comme les entreprises minières qui concèdent ces terrains, sont aujourd’hui mises face à leurs responsabilités. Il ne s’agit plus seulement de pleurer les morts, mais de bâtir un système où le droit à la vie ne s’arrête pas à l’entrée de la mine. À Kakanda, neuf familles attendent désormais que l’on rende justice à leurs disparus. Le reste du pays, lui, attend que l’on empêche que cela se reproduise.

L’Année de toutes les horreurs – L’ONU compte 18 000 victimes et dénonce l’emprise du M23

Jeudi 12 mars 2026, Kinshasa. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les négociations diplomatiques pour un échange de prisonniers, un autre document, autrement plus glaçant, était rendu public dans la capitale congolaise. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a dévoilé son rapport annuel, et les chiffres qu’il contient ont la froideur implacable de la tragédie. Ils racontent une année 2025 de basculement, où l’horreur a méthodiquement gagné du terrain, laissant derrière elle un tapis de 18 000 vies brisées.

Jamais, depuis des années, le pays n’avait connu une telle déflagration. Le rapport est formel : les violations des droits de l’homme ont bondi de 24 % par rapport à 2024. Un saut statistique qui n’est pas un accident de calcul, mais le reflet direct de la détérioration sécuritaire, principalement à l’Est. Le document détaille avec précision la mécanique de l’effroi : 6 169 cas documentés, mais surtout, 18 000 victimes. Derrière ce nombre, il y a des hommes, et de manière disproportionnée, des femmes (2 806) et des enfants (1 394), premières victimes des violences aveugles et des exactions ciblées.

Le M23, Épicentre de la Violence

Le rapport des Nations unies ne se contente pas de chiffrer l’horreur, il la nomme et l’assigne à responsabilité. Sans surprise, mais avec une gravité accrue, le document met en lumière le rôle prépondérant des groupes armés, auteurs de 71 % des violations. Et au sommet de cette pyramide de souffrance trône le mouvement AFC/M23.

Soutenu par l’armée rwandaise, le M23 est cité comme le principal auteur des exactions. Le rapport souligne que la prise fulgurante des villes stratégiques de Goma et Bukavu, ainsi que de larges portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, a agi comme un détonateur. La conquête territoriale s’est accompagnée d’un cortège de violences contre les populations civiles, prises en étau entre l’avancée rebelle et les ripostes.

Face à cette insurrection, les agents de l’État ne sortent pas indemnes du rapport. Ils sont impliqués dans 28 % des cas documentés. Si le bourreau principal est rebelle, les exactions commises par les forces gouvernementales ternissent également le tableau, complexifiant la lecture d’un conflit où la protection des civils est devenue la variable d’ajustement.

L’Arme du Viol : Une Hausse Vertigineuse

Parmi les tendances lourdes de ce rapport, une alerte rouge clignote avec insistance : celle des violences sexuelles liées au conflit. Le BCNUDH documente une augmentation effrayante de 59 %, avec 1 479 victimes recensées.

Ce chiffre est bien plus qu’une statistique. Il est la preuve que le viol, dans ce conflit, est devenu une arme de guerre systématique, un outil de terreur, de destruction des communautés et d’humiliation collective. Il témoigne d’une barbarie qui ne connaît pas de trêve et qui vise au cœur les femmes et les filles de l’Est, transformant leurs corps en champs de bataille.

L’Ombre Portée sur Kinshasa : L’Étranglement Civique

Mais le tableau apocalyptique dressé par l’ONU ne se limite pas aux seules zones de combat. Le rapport met en garde contre une autre dérive, plus silencieuse mais tout aussi destructrice pour l’État de droit : le rétrécissement de l’espace civique.

À Kinshasa et ailleurs, les défenseurs des droits humains, les journalistes et certains membres de l’opposition sont soumis à des pressions accrues. L’institution pointée du doigt est le Conseil national de cyberdéfense. Selon le BCNUDH, cet organe serait responsable d’arrestations et de détentions illégales visant des centaines de personnes.

Le rapport dénonce des privations arbitraires de liberté, aggravées par l’isolement total des détenus, coupés du monde et privés d’accès à leurs proches comme à leurs avocats. Un vide juridique et humain qui transforme la détention en disparition temporaire, alimentant un climat de peur et d’autocensure.

Alors que le gouvernement tente de gérer la crise militaire à l’Est, ce rapport du BCNUDH dresse le portrait d’un pays à la dérive humanitaire. Il juxtapose deux drames : celui des populations de l’Est, livrées aux violences des groupes armés, et celui des voix citoyennes de l’Ouest, progressivement étouffées. En 2025, la RDC n’a pas seulement subi une guerre ; elle a vu ses fondements humains et démocratiques s’effriter un peu plus chaque jour.

Kinshasa identifie ses étrangers : la carte de résidence biométrique devient obligatoire

Kinshasa, 12 mars 2026 – C’est une petite révolution administrative qui s’amorce dans la capitale congolaise. Ce mercredi, dans le cadre solennel de l’Hôtel de ville, le gouvernement provincial de Kinshasa a donné le coup d’envoi d’une opération d’envergure : la délivrance des cartes de résidence destinées à tous les étrangers vivant sur le sol kinois. Un tournant dans la gestion migratoire et sécuritaire de la mégalopole africaine.

Derrière cette initiative, trois objectifs affichés par les autorités provinciales : mieux identifier les ressortissants étrangers, renforcer la sécurité publique et, enfin, améliorer la mobilisation des recettes fiscales. Une manière de répondre à la fois aux défis urbains chroniques de la capitale et aux enjeux de contrôle d’une population étrangère dont le nombre exact reste, à ce jour, une inconnue statistique.

Sécurité et traçabilité : les promesses du biométrique

Présent à la cérémonie de lancement, le ministre provincial de la Sécurité publique, Jeannot Canon Larose, a détaillé les ambitions de ce nouveau dispositif. « Cette carte biométrique sécurisée permettra notamment de lutter contre l’immigration clandestine et de faciliter le suivi administratif des étrangers installés dans la capitale », a-t-il expliqué, insistant sur la dimension technologique du projet.

Car il ne s’agit pas d’un simple bout de papier. La nouvelle carte intègre des données biométriques qui rendent toute falsification extrêmement difficile. Un outil précieux pour les services de migration et de police, qui pourront désormais vérifier en un clin d’œil la régularité du séjour de toute personne étrangère croisée dans les rues de Kinshasa. Fini le temps des documents approximatifs et des statuts flous : l’ère de la traçabilité numérique commence.

Un coût variable selon les catégories

Mais cette modernisation a un prix. Et il varie. Les droits d’octroi de la carte, valable pour une durée de deux ans, oscillent entre 50 et 250 dollars américains. Une fourchette large qui s’explique par un système de catégorisation des demandeurs : étudiants, travailleurs, investisseurs, diplomates… Chaque statut correspond à un tarif spécifique, censé refléter la capacité contributive de chacun.

Reste à savoir comment cette mesure sera accueillie par la communauté étrangère, déjà confrontée aux multiples tracasseries administratives qui jalonnent le quotidien kinois. Pour les autorités, l’argument est simple : en échange de cette contribution, les étrangers obtiendront un titre de séjour officiel, reconnu et sécurisé, qui facilitera leurs démarches et attestera de leur situation régulière.

Des recettes supplémentaires pour une ville en quête de moyens

Car l’aspect financier n’est évidemment pas anodin. Le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, ne s’en cache pas : cette nouvelle carte de résidence doit aussi remplir les caisses de la province. « La mesure contribuera à accroître les ressources financières de la ville afin de faire face aux nombreux défis urbains », a-t-il souligné, évoquant sans les détailler les besoins criants d’une capitale aux infrastructures souvent défaillantes.

Pour garantir la fiabilité du système, l’exécution technique a été confiée à un partenaire privé, la société Hologram Identification Services. L’entreprise mettra en place un système numérique sécurisé permettant l’enregistrement des données et leur vérification électronique instantanée. Un gage de sérieux, espèrent les autorités, pour éviter les dysfonctionnements qui ont parfois entaché ce type d’opérations par le passé.

Ce mercredi 11 mars 2026, Kinshasa a donc franchi un pas décisif vers une gestion plus moderne et plus stricte de sa population étrangère. Reste à savoir si cette carte, présentée comme un outil de sécurité et de développement, parviendra à concilier contrôle administratif et respect des droits, dans une ville où cohabitent des milliers de ressortissants venus des quatre coins du continent et du monde.

Beni : l’aéroport vital de Mavivi dévoré par les flammes, un coup dur pour tout le Nord-Kivu

Beni, 11 mars 2026 – Une colonne de fumée noire et menaçante s’est élevée ce mercredi dans le ciel de Beni. Elle provenait de l’aéroport de Beni-Mavivi, une infrastructure vitale de la région, frappée par un incendie d’une rare violence.

Ce qui devait être une journée ordinaire s’est transformé en désastre. Les flammes ont commencé dans un restaurant situé à l’intérieur de l’aéroport. Rapidement, elles se sont propagées de bâtiment en bâtiment, alimentées par le vent et la malchance, créant un feu incontrôlable.

Destruction et chaos sur place

Josué Kapisa, chef de base, dresse un premier bilan catastrophique : « La salle d’honneur, la salle d’attente et plusieurs autres infrastructures ont été complètement détruites. » Les tôles sont tordues par la chaleur, les murs noircis. Ce qui était hier un lieu de passage et d’espoir n’est plus qu’un squelette calciné.

Sur le terrain, les pompiers et les services de secours luttent sans relâche pour circonscrire les foyers résiduels. Leur objectif est double : maîtriser le feu pour éviter que le désastre ne s’étende et évaluer l’étendue des dégâts. Pour l’instant, les autorités locales n’ont pas communiqué sur d’éventuelles victimes.

Une tragédie économique et logistique

L’aéroport de Beni-Mavivi n’est pas une infrastructure comme les autres. Il constitue le poumon de la province, déjà fragilisée par l’insécurité et les crises sanitaires. Par ses pistes atterrissent vivres, médicaments et marchandises. Par ses portes transitent voyageurs, acteurs humanitaires et forces de maintien de la paix.

Voir la salle d’honneur et la salle d’attente réduites en cendres, c’est couper ce cordon vital. L’économie locale vacille, les commerces perdent l’accès aux fournisseurs, et les familles voient s’éloigner la possibilité de partir ou de revenir. Ce mercredi 11 mars 2026, alors que les flammes achevaient de consumer l’aéroport, c’est une partie de l’avenir de Beni qui partait en fumée, laissant la ville face à un horizon plus sombre que jamais.

Kolwezi, capitale de l’espoir : RDC, Zambie et HCR unissent leurs forces pour le retour de 11 500 réfugiés

Kolwezi, 10 mars 2026 – Dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo, une rencontre discrète mais cruciale se tient depuis ce mardi. Pendant trois jours, Kolwezi, capitale du cuivre, devient aussi celle de l’espoir pour des milliers de familles déracinées.

La 9ᵉ réunion tripartite entre la République démocratique du Congo, la Zambie et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est officiellement ouverte. Son objectif est clair : évaluer, planifier et accélérer le retour des réfugiés congolais.

Dans la salle de conférence, l’atmosphère reste solennelle mais constructive. En effet, derrière les discours protocolaires se cachent des chiffres parlants. Entre 2023 et 2025, 11 523 Congolais, soit 3 150 ménages, sont déjà rentrés depuis la Zambie vers la RDC. Toutefois, les autorités souhaitent maintenant amplifier ce mouvement de retour.

Le Lualaba, une terre d’hospitalité

La gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, a ouvert les travaux en saluant « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui unit la RDC et la Zambie.

Elle a d’abord remercié le pays voisin pour avoir accueilli et protégé de nombreux Congolais contraints de fuir leur pays à cause des crises passées. Cependant, elle a aussi rappelé que le Lualaba reste lui-même une terre d’accueil.

Par le passé, la province a notamment hébergé des réfugiés angolais. Beaucoup d’entre eux ont pu rentrer chez eux dans des conditions dignes et sécurisées.

Une feuille de route dense pour les trois délégations

Durant cette réunion, les délégations doivent examiner plusieurs dossiers importants. Leur agenda prévoit notamment :

  • l’évaluation des recommandations issues de la 8ᵉ réunion tripartite ;

  • la présentation de la situation actuelle des réfugiés congolais en Zambie ;

  • l’analyse de la situation sécuritaire dans les zones de retour en RDC ;

  • l’examen de la situation des réfugiés zambiens présents en RDC ;

  • enfin, l’étude des modalités de rapatriement et de réintégration des Congolais.

Selon Éric Mukandila, la coopération entre les différentes parties reste essentielle. Il a donc insisté sur la nécessité de travailler étroitement ensemble afin de permettre aux réfugiés volontaires de rentrer dans les délais prévus.

Vers un groupe de travail pour les réfugiés zambiens

La réunion aborde aussi la question des réfugiés zambiens vivant en RDC. Ces derniers résident principalement dans les provinces du Haut-Katanga, du Lomami et du Lualaba.

Pour avancer sur ce dossier, les participants envisagent la création d’un groupe de travail chargé de leur enregistrement officiel. Cette mesure devrait permettre de clarifier leur situation administrative et d’appliquer les résolutions adoptées lors de la 14ᵉ session.

Le HCR encourage les efforts des deux États

Le représentant du HCR en RDC, Pierre Atchom, a salué les efforts déjà accomplis par les deux pays.

Il a notamment exprimé le souhait que les gouvernements de la RDC et de la Zambie poursuivent leur engagement afin de faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés.

Il a aussi remercié les autorités congolaises pour les facilités accordées à l’agence onusienne dans sa mission de protection internationale.

Selon lui, plusieurs mesures prises par le gouvernement contribuent déjà à renforcer la sécurité dans les zones de retour et à favoriser la cohésion sociale entre rapatriés et communautés locales.

Des actions concrètes sur le terrain

Au cours des cinq dernières années, le HCR a soutenu le gouvernement congolais à travers plusieurs initiatives.

L’agence a notamment mené :

  • un monitoring de la protection aux frontières ;

  • des programmes de protection communautaire ;

  • la construction et la réhabilitation d’écoles et de centres de santé ;

  • ainsi que des projets d’autonomisation économique.

Ces initiatives visent à renforcer la paix locale et à améliorer la sécurité alimentaire dans les zones concernées.

Trois jours pour préparer le retour

Les délégations poursuivront leurs travaux jusqu’au 12 mars. Pendant ces trois jours, elles vont négocier, planifier et coordonner leurs actions.

Leur objectif reste simple : permettre à ceux qui ont fui les conflits de rentrer chez eux dignement et durablement. Dans le même temps, les autorités veulent aussi régulariser la situation des réfugiés encore présents en RDC.

Ainsi, Kolwezi ne symbolise plus seulement la richesse minière du pays. La ville devient aussi une étape importante sur le chemin du retour et de la reconstruction.