Le gouvernement congolais veut renforcer l’alimentation scolaire pour favoriser la réussite des élèves. À travers le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté (MINEDUNC), la République démocratique du Congo prévoit le déploiement progressif de 78 cantines scolaires pilotes dans les 26 provinces du pays au cours de l’année scolaire 2026-2027. Le programme prévoit trois cantines par province.
Cette initiative s’inscrit dans la Stratégie nationale de l’alimentation scolaire 2025-2030. Elle vise à améliorer les conditions d’apprentissage, à encourager les élèves à poursuivre leur scolarité et à contribuer à leur bonne santé grâce à la distribution de repas en milieu scolaire.
L’alimentation scolaire au service de la réussite éducative
Pour le MINEDUNC, offrir un repas aux élèves ne se limite pas à répondre à un besoin alimentaire. Cette mesure constitue également un levier pour favoriser l’accès à l’éducation et maintenir les enfants à l’école.
« Offrir un repas à l’école, c’est aider les enfants à mieux apprendre, à rester à l’école et à construire leur avenir », souligne le ministère dans son communiqué.
Le programme vient ainsi compléter les efforts du gouvernement en faveur de la gratuité de l’enseignement primaire public. En améliorant le bien-être des apprenants, les autorités espèrent créer un environnement plus propice à l’apprentissage et à la réussite scolaire.
Toutefois, le déploiement annoncé reste progressif. Les 78 cantines constituent une phase pilote destinée à soutenir la mise en œuvre de la politique nationale d’alimentation scolaire.
Raïssa Malu porte la question de l’alimentation scolaire au Forum mondial de l’alimentation
La ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a également défendu l’importance de l’alimentation scolaire lors de la 6ᵉ édition du Forum mondial de l’alimentation (World Food Forum), organisée du 8 au 16 octobre au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, en Italie.
Au cours des échanges, elle a mis en avant le rôle du Programme national d’alimentation scolaire dans l’accès à l’éducation, le maintien des élèves à l’école et l’amélioration de la qualité des apprentissages. Elle a également salué l’appui de la FAO au développement des jardins scolaires, qui doit accompagner le déploiement progressif des cantines pilotes.
Le thème de la Journée mondiale de l’alimentation, « Innover aujourd’hui. Nourrir demain », fait écho à ces enjeux, à la croisée de l’éducation, de la nutrition et du développement agricole.
Le 15 octobre, lors d’un dialogue intergénérationnel consacré aux femmes leaders en sciences et en innovation agroalimentaire, Raïssa Malu a par ailleurs rendu hommage aux femmes scientifiques congolaises. Elle a notamment salué la professeure Marie-Claire Yandju, pionnière de la valorisation du manioc en RDC et soutien de la Semaine de la science et des technologies.
Un programme qui pourrait aussi soutenir les producteurs locaux
Au-delà de ses objectifs éducatifs et nutritionnels, le projet de cantines scolaires pourrait générer des retombées économiques. L’approvisionnement des établissements est susceptible d’ouvrir des débouchés aux agriculteurs locaux, aux fournisseurs de denrées alimentaires et aux petites et moyennes entreprises actives dans la transformation, le transport et la distribution.
Cette perspective dépendra toutefois de la capacité des responsables à organiser efficacement les circuits d’approvisionnement. Il faudra notamment assurer la disponibilité régulière des produits, maîtriser les coûts et garantir la qualité des repas servis aux enfants.
Le succès de cette phase pilote reposera donc autant sur la distribution effective des repas que sur la coordination des acteurs chargés de leur préparation et de leur acheminement.
Avec ces 78 cantines annoncées pour 2026-2027, le MINEDUNC entend renforcer la place de l’alimentation scolaire dans la politique éducative congolaise. L’enjeu sera désormais de traduire cet engagement en repas effectivement servis aux élèves, dans les 26 provinces du pays.






























