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Nord-Kivu : les enseignants de Beni en grève pour réclamer leur salaire de mars

Le calme règne dans les salles de classe. Depuis ce mardi 14 avril 2026, les activités scolaires sont paralysées dans…

Le calme règne dans les salles de classe. Depuis ce mardi 14 avril 2026, les activités scolaires sont paralysées dans plusieurs écoles du territoire de Beni, au Nord-Kivu. Les syndicats d’enseignants – SYECO, SYNECATH et FOSYNAT – ont appelé à une grève pour protester contre le retard de paiement du salaire du mois de mars. Une situation jugée « intenable » par les responsables syndicaux, qui suspendent les cours jusqu’à régularisation.

La décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue le lundi 13 avril à Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Les enseignants, excédés par les retards récurrents, ont décidé de passer à l’action.

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Un mouvement de pression avant tout

Selon les responsables syndicaux, cette grève vise à faire pression sur les autorités provinciales et nationales. « Les enseignants viennent de décider de rester à la maison jusqu’à ce que le salaire de mars soit payé », ont déclaré les secrétaires permanents du SYECO et du SYNECATH.

Le mouvement est, pour l’instant, limité à Beni. Mais les syndicats n’excluent pas de l’étendre à d’autres territoires si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Des conditions de vie difficiles

Les syndicats accusent le gouvernement de ne pas respecter ses engagements. Les retards de paiement, dénoncent-ils, plongent les enseignants dans des conditions de vie précaires.

Dans une région déjà touchée par l’insécurité (présence de groupes armés, déplacements massifs), l’absence de salaire aggrave la détresse des familles. Certains enseignants sont contraints de cumuler plusieurs petits boulots pour survivre. D’autres s’endettent. La qualité de l’enseignement en pâtit.

Une nouvelle démarche syndicale envisagée

Les syndicats ne comptent pas en rester là. Une nouvelle démarche est envisagée, avec une rencontre prévue autour du 20 avril pour tenter d’obtenir des avancées concrètes.

Si le gouvernement ne réagit pas, le mouvement pourrait se durcir. « Nous n’excluons pas de renforcer la grève, ou de l’étendre à d’autres zones », ont prévenu les syndicalistes.

Les élèves et les parents, premières victimes

En attendant, la reprise des cours reste suspendue à la régularisation des salaires. Les élèves, privés de cours, risquent de prendre du retard dans leur programme. Les parents, déjà éprouvés par la cherté de la vie, s’inquiètent de devoir rattraper ce temps perdu.

Le territoire de Beni a déjà connu de nombreuses perturbations scolaires : fermetures pour cause d’épidémies (Ebola, Covid), déplacements liés à l’insécurité, grèves. Cette nouvelle paralysie risque d’aggraver une situation déjà critique.

Les autorités sous pression

Le gouvernement provincial et le ministère de l’Éducation nationale sont désormais sous pression. Ils doivent trouver rapidement les fonds pour payer les salaires de mars, ou au moins proposer un échéancier crédible.

Mais les caisses de l’État sont vides, et les priorités sont nombreuses (armée, santé, infrastructures). Les enseignants, comme d’autres fonctionnaires, sont souvent payés avec plusieurs mois de retard.

La grève de Beni pourrait faire tâche d’huile. D’autres syndicats d’enseignants, dans d’autres provinces, pourraient se joindre au mouvement. Le gouvernement craint une paralysie générale du système éducatif, à quelques semaines de la fin de l’année scolaire.

L’appel à la responsabilité

Les syndicats appellent le gouvernement à prendre ses responsabilités. L’éducation est un droit fondamental, rappellent-ils. Les enseignants ne peuvent pas être traités comme des citoyens de seconde zone.

Les parents, de leur côté, demandent aux deux parties (syndicats et gouvernement) de trouver un accord rapidement. Les enfants ne peuvent pas rester éternellement à la maison.

L’avenir de l’éducation à Beni

L’issue de cette grève est incertaine. Si le gouvernement paie les salaires dans les prochains jours, les cours pourraient reprendre rapidement. Si le conflit s’enlise, les élèves risquent de perdre plusieurs semaines, voire de rater leur année scolaire.

Le territoire de Beni, déjà meurtri par les violences, a besoin de stabilité et de perspectives. L’éducation est un facteur de paix et de développement. Laisser les écoles fermées, c’est offrir aux groupes armés un terreau de recrutement.

Les enseignants, conscients de ces enjeux, ne font pas la grève par plaisir. Ils agissent par désespoir, face à une situation qu’ils jugent insoutenable.

Le gouvernement, lui, doit entendre leur cri d’alarme. Les fonctionnaires, et en particulier les enseignants, méritent d’être payés à temps et décemment. C’est une question de justice, mais aussi d’efficacité du système éducatif.

L’avenir de l’école à Beni, et peut-être dans toute la RDC, se joue dans les prochains jours. Les syndicats, les autorités, et la communauté internationale sont attendus au tournant.

En attendant, les salles de classe restent vides. Et les enfants, assis à la maison, regardent le temps passer, sans apprendre, sans jouer, sans rêver. Leur seul espoir : que les adultes, une fois de plus, trouvent une solution à ce conflit qui n’aurait jamais dû exister.

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