L’UE débloque 81,2 millions d’euros pour les Grands Lacs

C’est un constat sans appel, posé noir sur blanc dans un communiqué officiel. Pour l’Union européenne, la crise humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo a franchi un cap. Elle atteint aujourd’hui « son paroxysme ». Face à cette spirale de violences et de déplacements, Bruxelles a décidé de sortir l’artillerie lourde : 81,2 millions d’euros viennent d’être débloqués pour la région des Grands Lacs.

68 millions d’euros pour panser les plaies de l’Est

Dans le détail, la part du lion revient à la RDC. Sur l’enveloppe globale, 68 millions d’euros seront directement injectés dans l’aide humanitaire sur le territoire congolais. Une somme conséquente, à la hauteur des besoins.

Car sur le terrain, le tableau est effroyable. Les provinces orientales, livrées depuis des années à l’activisme des groupes armés, comptent leurs morts et leurs déplacés par millions. Ces familles, chassées de leurs villages par les combats, s’entassent dans des camps précaires ou chez des communautés d’accueil elles-mêmes démunies.

L’argent frais promis par l’UE servira à panser les plaies les plus vives. D’abord, nourrir ceux qui ont tout perdu : une aide alimentaire d’urgence sera déployée. Ensuite, soigner : des services de santé et une prise en charge nutritionnelle cibleront particulièrement les enfants et les femmes vulnérables.

Mais l’urgence, c’est aussi l’eau. Le communiqué insiste sur la nécessité de rétablir l’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux abris de base. Sans cela, pas de dignité possible pour les déplacés.

Protéger les plus faibles, un combat quotidien

Au-delà du physique, il y a le psychique. Les violences basées sur le genre, fléau silencieux des zones de conflit, feront l’objet d’une attention particulière. L’UE prévoit de renforcer les services de protection, y compris la prise en charge des survivants. La protection de l’enfance figure également parmi les priorités.

Dans l’est du Congo, les groupes armés ne font pas de quartier. Les femmes et les filles paient un lourd tribut. Les enfants sont enrôlés, violentés, brisés. Chaque euro de cette enveloppe devra aider à reconstruire des vies, à offrir un refuge, à tendre une main secourable.

Une enveloppe régionale pour un mal sans frontières

La crise congolaise ne s’arrête pas aux frontières du pays. Elle déborde, littéralement. Des milliers de Congolais ont fui vers les pays voisins, cherchant désespérément un havre de paix.

C’est pourquoi l’UE a prévu 13,2 millions d’euros pour des actions régionales. Cette somme soutiendra directement les réfugiés congolais dans les pays d’accueil. Le Burundi, où la situation humanitaire reste « préoccupante », figure en première ligne. Le Rwanda et la Tanzanie, qui accueillent également des réfugiés, bénéficieront aussi de cette manne.

L’objectif est double. D’abord, réagir rapidement aux nouvelles vagues de déplacés, car les conflits peuvent déplacer des milliers de personnes en quelques heures. Ensuite, renforcer les mécanismes de préparation et de réponse aux urgences. Il s’agit aussi de soulager les communautés hôtes, dont les ressources de base sont mises sous pression par cet afflux soudain.

La région des Grands Lacs, foyer humanitaire complexe

Ce nouveau décaissement ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une prise de conscience, à Bruxelles, de l’extrême complexité de la région des Grands Lacs. Le communiqué le reconnaît sans fard : il s’agit de l’un des foyers humanitaires les plus complexes du continent africain.

Pourquoi une telle complexité ? Parce que tout se mêle et s’aggrave mutuellement. Les conflits armés, d’abord, qui ne faiblissent pas. Les épidémies récurrentes, qui prolifèrent dans les camps surpeuplés. Les catastrophes naturelles, qui frappent sans prévenir. Et l’insécurité alimentaire chronique, qui mine des générations entières.

Cette combinaison toxique alimente une crise prolongée, une crise qui n’en finit pas de finir. Une crise qui use les corps et les esprits, et face à laquelle l’aide internationale est plus que jamais vitale.

Un engagement réaffirmé, une attente immense

Par cette mobilisation financière, l’Union européenne envoie un signal. Elle réaffirme son engagement aux côtés des populations affectées. Elle promet de travailler main dans la main avec ses partenaires humanitaires pour acheminer une assistance rapide, impartiale et adaptée.

Reste que l’attente est immense. 68 millions d’euros, c’est une somme. Mais face à des millions de déplacés, face à l’ampleur des destructions, c’est aussi une goutte d’eau dans un océan de besoins. Chaque euro devra être utilisé avec la plus grande efficacité.

Les prochains mois diront si cette aide parvient réellement à ceux qui en ont besoin. Si les enfants retrouvent le chemin des repas chauds. Si les femmes violentées trouvent une oreille et des soins. Si les déplacés, enfin, peuvent entrevoir un lendemain moins sombre.

Dans l’est de la RDC, le paroxysme de la crise est peut-être atteint. L’espoir, lui, ne demande qu’à renaître.

Rutshuru : après un mois de silence, les réseaux téléphoniques enfin rétablis

La nuit du 16 au 17 février 2026 restera gravée dans les mémoires à Rutshuru. Après trente-cinq longs jours de silence absolu, les téléphones ont enfin vibré. Les réseaux Airtel et Orange sont de retour. Pour une population sous occupation et privée de tout, c’est bien plus qu’une connexion : c’est un lien retrouvé avec le monde.

Un calvaire de trente-cinq jours prend fin

Imaginez un instant. Plus d’appels pour prendre des nouvelles de sa famille. Plus d’Internet pour s’informer. Plus de mobile money pour payer ou recevoir de l’argent. Et des banques fermées, comme des coquilles vides. Voilà ce qu’a vécu la population de Rutshuru depuis la mi-janvier.

Ce territoire du Nord-Kivu, placé sous occupation de l’AFC-M23, était devenu une bulle déconnectée du reste du pays. Une mise à l’écart brutale, imposée par la coupure de tous les réseaux de communication. Les jours passaient, lents et lourds, sans aucune nouvelle de l’extérieur.

Puis, dans la nuit du 16 au 17 février, les écrans de téléphone se sont réveillés. Les barres de réseau sont réapparues, timidement d’abord, puis nettement. Airtel et Orange, les deux principaux opérateurs, venaient de rétablir leurs services.

Un notable du territoire tire un signal d’alarme

Parmi ceux qui n’ont cessé de se battre pour ce rétablissement, Aimé Mbusa Mukanda, notable du territoire et défenseur des droits de l’homme, a suivi chaque étape. Il a vu les alertes se multiplier, les plaidoyers se heurter au silence administratif.

« Grâce à nos alertes et plaidoyers, la connexion internet vient d’être rétablie dans les zones où elle était coupée depuis plus d’un mois », a-t-il déclaré, un brin de fierté dans la voix. Mais ce combat, prévient-il, est loin d’être terminé.

Il salue certes cette « mesure salutaire », mais il appelle déjà à la suite. Son message au gouvernement est clair : il faut réfléchir à la fin de la guerre. Et en attendant, des urgences immédiates s’imposent. « La réouverture des banques et aéroports si nécessaire », martèle-t-il.

Une décision venue d’en haut

Ce rétablissement n’a rien d’un hasard. Il fait suite à des instructions précises venues des plus hautes sphères de l’État. La Première Ministre avait personnellement saisi les ministres des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

L’ordre était clair : prendre en charge cette question de toute urgence. Pourquoi cette pression soudaine ? Parce que des informations alarmantes circulaient. Une présumée implantation du réseau MTN du Rwanda à Rutshuru avait été signalée. Un risque d’ingérence étrangère dans les télécommunications, insupportable pour la souveraineté nationale.

Des services essentiels toujours en berne

Le retour des réseaux est donc une première victoire. Mais dans les rues de Rutshuru, la vie n’a pas repris son cours normal. Les banques restent obstinément fermées. Comment faire des affaires ? Comment payer ses employés ? Comment recevoir de l’argent d’un parent éloigné ?

Les questions s’accumulent, mais les réponses tardent. La population, elle, a appris à se contenter de peu. Pour l’instant, le simple fait de pouvoir passer un appel, d’envoyer un message, de consulter l’heure sur un téléphone qui capte à nouveau, suffit à dessiner des sourires.

Le chemin vers la normale sera long

Ce rétablissement des communications n’efface pas la réalité de l’occupation. L’AFC-M23 est toujours là. Les combats peuvent reprendre à tout moment. La peur, elle, n’a pas disparu avec le retour du réseau.

Mais pour les habitants de Rutshuru, c’est un peu de lumière dans l’obscurité. C’est la preuve que l’État, même de loin, même lentement, peut encore agir. C’est surtout la promesse que le silence imposé par les armes peut être brisé par la volonté politique.

Aimé Mbusa Mukanda et d’autres continueront de pousser. Pour les banques, pour les aéroports, pour la paix. Parce qu’à Rutshuru, on sait désormais une chose : quand on parle assez fort, on finit par être entendu.

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Galatasaray – Juventus, 17 février

Lors des quatre premières journées de la phase de ligue, Galatasaray a engrangé neuf points et s’est hissé dans le top 8, sans toutefois parvenir à consolider sa position et terminant finalement à la 20ᵉ place. Les « Lions » sont actuellement en grande forme, revigorés après trois victoires de rang en février (10-1), et souhaitent consolider leur avantage avant leur déplacement à Turin. À noter que lors de la phase de ligue, Galatasaray a battu Liverpool (1-0) et fait match nul contre l’Atlético (1-1).

En Ligue des champions, la Juventus a affronté Galatasaray à six reprises avec un seul triomphe à son compteur. Cependant, l’équipe de Luciano Spalletti possède le talent et le caractère nécessaires pour améliorer ces statistiques. Le match contre la Lazio en a été un bon exemple : les Turinois ont dominé la rencontre, ont concédé deux buts déplorables, mais ont su arracher l’égalisation dans le temps additionnel. Luciano Spalletti s’est renchéri après la partie : « C’était une top performance de notre part », et a salué la réaction et le caractère de ses joueurs. Cette saison, la « Vieille Dame » ne pourra pas prétendre au sacre en Serie A, la Ligue des champions restant la seule occasion pour elle d’affirmer ses ambitions.

V1 – 3,635, X – 3,655, V2 – 2,143.

Benfica – Real Madrid, 17 février

Pour une énième fois, le principal tournoi de clubs européen mettra aux prises Benfica et le Real Madrid. Lors du match de la 8ᵉ journée de la phase de ligue, le but d’Anatolii Trubin dans le temps additionnel a offert la victoire (4-2) à l’équipe de Lisbonne et lui a permis de tirer son épingle du jeu. Benfica a ainsi prouvé qu’elle était capable de rivaliser avec le club royal. Cependant, la formation aux 15 titres abordera le prochain match avec une concentration maximale. Álvaro Arbeloa devrait être privé de plusieurs joueurs importants : Jude Bellingham, Raúl Asensio, Rodrygo, Éder Militão et Antonio Rüdiger.

Dans cette rencontre, le duel des entraîneurs se révèle crucial. Álvaro Arbeloa a été interrogé sur ce qu’est le « Mourinhisme » et pourquoi il y est si sensible. Il a répondu : « C’est une façon particulière d’agir : toujours affronter les difficultés et ne pas avoir peur d’être soi-même. J’essaie autant que possible d’être un « mourinhiste ». » José Mourinho a également parlé très chaleureusement de l’Espagnol : « Pour moi, Arbeloa est un ami, pas seulement un footballeur. Il incarne la passion pour le métier, l’amour du club, le dévouement à l’équipe et à ses objectifs. » Il est rare d’entendre des propos aussi élogieux de la part du « Special One » à propos de quelqu’un d’autre que lui-même.

V1 – 3,8, X – 4,04, V2 – 1,981.

AS Monaco – Paris Saint-Germain, 17 février

Le Paris Saint-Germain, partenaire officiel de 1xBet, passera par un repêchage pour la deuxième saison d’affilée. La saison dernière, cela avait été perçu comme un signe de crise. Cependant, le groupe de Luis Enrique avait alors réalisé un retournement de situation spectaculaire et avait soulevé le trophée de Ligue des champions pour la première fois de son histoire. Il est symbolique que les Parisiens aient entamé leur parcours vers les barrages face à Brest, autre représentant de la Ligue 1.

Monaco navigue sur des eaux troubles : en janvier, l’équipe n’a remporté que deux de ses sept matchs et continue d’afficher des résultats mi-figue mi-raisin. Cependant, les Monégasques savent faire passer leurs rivaux à la moulinette chez eux, comme le confirment bien les statistiques. En championnat, Monaco a partagé les points avec Manchester City (2-2), Tottenham (0-0) et la Juventus (0-0), et a dominé Galatasaray sur le plus petit des scores (1-0). Par ailleurs, les hommes de Sébastien Pocognoli se sont offerts un succès étriqué 1-0 lors de leur dernier choc contre le Paris Saint-Germain.

V1 – 5,94, X – 4,62, V2 – 1,585.

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Patrimoine des anciens combattants : le ministre Ntambwe Mposhi en mission à Lubumbashi

L’aéroport de Loano a vu descendre, ce lundi 16 février 2026, une figure ministerielle. Eliezer Ntambwe Mposhi, ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, entame une tournée décisive dans le Haut-Katanga. Sa mission, loin des protocoles habituels, touche au cœur de la mémoire nationale : la protection des biens de ceux qui ont porté l’uniforme.

À peine descendu de l’avion, le ministre a pris la direction du cabinet du gouverneur. Martin Kazembe l’attendait pour un échange protocolaire, mais aussi stratégique. Car derrière les poignées de main, c’est tout un plan qui se dessine.

« La mission qui nous emmène au Katanga, c’est en exécution de la décision du conseil des ministres », a clairement expliqué Eliezer Ntambwe Mposhi à sa sortie d’audience. Le conseil lui a confié une autorité précise : celle d’identifier, de récupérer, de valoriser et de sécuriser les biens des anciens combattants.

Quatre verbes forts pour une mission qui s’annonce vaste. Identifier, d’abord, pour savoir ce qui existe encore. Récupérer, ensuite, pour sortir ces biens de l’oubli ou des mains indélicates. Valoriser, pour qu’ils retrouvent une utilité. Sécuriser, enfin, pour que l’histoire ne se disperse pas.

Après le Kwango, le Katanga

Ce déplacement à Lubumbashi n’est pas un acte isolé. Il fait suite à un premier séjour dans la province du Kwango. Le ministre semble donc mener une tournée méthodique, frappant aux portes des provinces une à une.

Dans le Haut-Katanga, son programme ne se limite pas aux salons officiels. Une tournée sur le terrain l’attend. Il visitera les infrastructures qui appartiennent ou ont appartenu aux anciens combattants. Des bâtiments parfois chargés d’histoire, d’autres fois laissés à l’abandon.

Mais le ministre ne s’arrêtera pas aux frontières du Haut-Katanga. Son agenda prévoit déjà une étape dans la province voisine du Lualaba. Même objectif, même urgence : mettre la main sur ce patrimoine dispersé.

Un patrimoine en danger

Derrière cette mission ministérielle, c’est tout un pan de l’histoire congolaise qui cherche à être préservé. Les anciens combattants, ceux qui ont servi sous les drapeaux, parfois depuis des décennies, ont accumulé des biens. Des terres, des bâtiments, des droits.

Mais le temps passe. Les anciens combattants vieillissent. Leurs héritiers ignorent parfois l’existence de ces biens. Parfois, des occupants illégaux s’installent. Parfois, l’administration elle-même perd la trace de ces propriétés.

Le ministre Ntambwe Mposhi arrive donc avec une double casquette. Celle du technicien qui doit inventorier. Celle du gardien qui doit protéger. Un travail de fourmi qui nécessite la collaboration des autorités locales, comme le gouverneur Kazembe.

La mémoire comme boussole

Pourquoi tant d’énergie déployée ? Parce que ces biens ne sont pas de simples actifs. Ils racontent une histoire. Celle d’hommes et de femmes qui ont servi la République démocratique du Congo, parfois au péril de leur vie.

Les laisser se déliter, c’est un peu oublier ce qu’ils ont donné. Les récupérer et les valoriser, c’est au contraire dire que la nation n’oublie pas. Une forme de reconnaissance concrète, qui ne se contente pas de discours lors des cérémonies officielles.

Le ministre le sait bien. En se déplaçant lui-même, en allant sur le terrain, il envoie un signal. L’État se préoccupe de ce patrimoine. L’État veut remettre de l’ordre.

Un long chemin devant lui

Reste que la tâche est immense. Les biens des anciens combattants sont dispersés sur l’ensemble du territoire. Certains ont été mal acquis. D’autres sont litigieux. La mission d’identification, première étape, risque de prendre des mois, voire des années.

Mais le premier pas est toujours le plus important. Ce lundi 16 février 2026, à Lubumbashi, ce pas a été franchi. Le ministre a serré des mains, écouté des doléances, tracé des perspectives.

Dans les prochains jours, il arpentera les infrastructures, foulera la terre du Lualaba, rencontrera sans doute d’anciens combattants ou leurs familles. Pour que la mémoire, enfin, retrouve ses droits.

Crise humanitaire en RDC : l’UE envoie Hadja Lahbib en urgence dans l’Est

Dans le ciel de Kinshasa, l’avion de la commissaire européenne a fendu les nuages ce mardi. À son bord, Hadja Lahbib, ancienne cheffe de la diplomatie belge, aujourd’hui chargée de la Préparation et de la Gestion des crises pour l’UE. Son agenda est clair : rencontrer toutes les parties au conflit. Pas de discussions en vase clos, mais un dialogue direct avec les belligérants.

« J’entends leur porter des messages clairs », a-t-elle confié à l’Agence de presse Belge avant son départ. Ces messages, ils sont au nombre de trois. D’abord, améliorer l’accès humanitaire dans l’Est. Ensuite, obtenir l’ouverture de couloirs sécurisés. Enfin, arracher des engagements pour poursuivre les services de santé, même dans les zones sous contrôle des groupes armés.

La mission s’annonce périlleuse. Sur le terrain, la rébellion de l’ADF/M23, soutenue par le Rwanda, continue sa progression. Des milliers de familles fuient les combats qui opposent ces rebelles aux forces gouvernementales. Le Sud-Kivu saigne, et les pays voisins aussi.

Des camps saturés et un million de vies en suspens

Au Burundi, le plus grand camp de réfugiés congolais, à Bujumbura, affiche complet. Plus de 70 000 personnes s’y entassent dans des conditions précaires. Hadja Lahbib s’y rendra. Elle visitera également d’autres sites au Rwanda, pour mesurer l’ampleur du désastre.

Car les chiffres donnent le vertige. Selon les dernières estimations, près de 15 millions de Congolais ont des besoins vitaux en assistance et en protection. Pourtant, les caisses sont vides. La communauté humanitaire, contrainte de prioriser, ne pourra secourir que 7,3 millions de personnes cette année.

Face à cette impasse, le gouvernement congolais et ses partenaires ont lancé un appel urgent le 28 janvier dernier. La somme demandée ? 1,4 milliard de dollars. Sans cette injection massive, des vies basculeront dans l’oubli.

De Kinshasa à X : la commissaire hausse le ton

Dès son arrivée, Hadja Lahbib a utilisé les réseaux sociaux pour marteler son message. « Priorité absolue : négocier un accès et des livrables humanitaires », a-t-elle posté sur son compte X. Un ton direct, presque martial, qui contraste avec la langueur habituelle des diplomates.

« À l’Est, l’urgence est absolue. Une crise humanitaire dramatique. Des vies qu’il faut sauver. » Les mots choisis ne doivent rien au hasard. L’Union européenne, avec ses États membres, figure parmi les premiers donateurs mondiaux. Mais donner ne suffit pas. Encore faut-il que l’aide parvienne aux destinataires.

Un anneau de feu autour des Grands Lacs

Pendant que la commissaire s’envole pour Kinshasa, la réalité du terrain reste brutale. La chute récente de la ville stratégique d’Uvira a sonné comme un avertissement. D’autres agglomérations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont tombées, renforçant l’emprise du M23 sur l’Est.

Dans ce chaos, la ministre d’État Ève Bazaiba Masudi a pris les devants. Elle a conduit une mission humanitaire au Burundi et en Tanzanie, ces deux pays voisins qui accueillent des centaines, voire des milliers de réfugiés. Son objectif ? Apporter un message de réconfort, coordonner l’aide et évaluer la situation avec le HCR.

Entre urgence et éternité : le paradoxe de l’aide

Cette double mission, celle de Lahbib et celle de Bazaiba, illustre un paradoxe cruel. D’un côté, l’urgence absolue de sauver des vies. De l’autre, la lenteur des processus diplomatiques. La commissaire européenne incarne cette tension. Elle vient négocier, certes, mais aussi annoncer l’allocation de l’aide humanitaire pour 2026. Une bouffée d’oxygène dans un océan de besoins.

Reste à savoir si les promesses se transformeront en actes. Car dans l’Est congolais, le temps joue contre les vivants. Chaque jour qui passe, des familles s’enfoncent un peu plus dans l’errance. Des enfants perdent l’accès aux soins. Des femmes et des hommes meurent, loin des caméras et des conférences de presse.

Hadja Lahbib le sait mieux que personne. Son mandat, forgé dans les crises précédentes, lui a appris une leçon simple : l’aide humanitaire est une course contre la montre. À Kinshasa, puis à Bujumbura, elle tentera de gagner quelques longueurs. Pour que les couloirs humanitaires s’ouvrent enfin. Pour que la dignité, cette denrée si rare dans les camps, retrouve un peu de sa superbe.

RDC-Rwanda : Washington menace Kagame de sanctions après l’attaque du M23 sur Uvira

Dans une interview choc accordée à France 24, le conseiller principal des États-Unis pour l’Afrique, Massad Boulos, a directement pointé du doigt le Rwanda. Alors que le M23 a pris brièvement le contrôle d’Uvira, Washington menace désormais d’imposer des sanctions sans précédent contre le président Paul Kagame.

Une déception américaine après la prise d’Uvira

Le ton est grave, la déception, immense. Ce lundi, depuis la prestigieuse Conférence de Munich sur la sécurité, les États-Unis ont choisi de hausser le ton. Leur messager ? Massad Boulos, le conseiller principal du président Donald Trump pour l’Afrique.

Dans un entretien accordé à France 24, M. Boulos n’a pas mâché ses mots. Pour lui, la responsabilité des dernières violences dans l’Est de la RDC est claire. Elle incombe au « M23 et au Rwanda ». Une accusation directe qui fait suite à la prise de contrôle éphémère de la ville stratégique d’Uvira par les rebelles.

Ces actions constituent, selon Washington, une « grave violation » des engagements pris. Notamment ceux de l’accord de Washington, signé à peine un an plus tôt, en 2025. « Les États-Unis sont extrêmement déçus », a-t-il martelé, même si les forces du M23 se sont depuis partiellement retirées de la cité.

La menace de sanctions contre Paul Kagame se précise

Jusqu’ici, la diplomatie américaine maniait la carotte avec prudence. Désormais, le bâton se fait menaçant. Interrogé sur d’éventuelles sanctions contre le président rwandais lui-même, Massad Boulos n’a rien exclu.

Il a laissé planer le doute, un doute lourd de conséquences pour Kigali. Pourtant, il assure qu’il « espère » toujours pouvoir faire confiance au dirigeant rwandais. L’espoir est donc de mise, mais la patience américaine semble avoir des limites.

M. Boulos a tenu à remettre cette crise dans une perspective plus large. L’accord de Washington, a-t-il rappelé, n’est « qu’un point de départ ». Instaurer une paix durable en RDC, prévient-il, « est un processus qui va prendre du temps ». Un message qui sonne comme une mise en garde : le chemin sera long, mais les États-Unis surveillent chaque étape.

Le Sahara occidental : une position américaine inchangée et des pourparlers à Madrid

Parallèlement à la crise congolaise, le conseiller américain a également clarifié la position de Washington sur un autre dossier brûlant du continent : le Sahara occidental. Les États-Unis ont récemment facilité des discussions à Madrid.

Autour de la table, des représentants du Maroc, de la Mauritanie, de l’Algérie et du Front Polisario se sont retrouvés. L’objectif affiché était de relancer le dialogue sur ce territoire contesté.

Sur le fond, Massad Boulos a été très clair. La reconnaissance par les États-Unis du Sahara occidental comme territoire marocain « est très claire », a-t-il affirmé. Cette position, inchangée depuis l’administration Trump, ne fait donc l’objet d’aucune ambiguïté.

Cependant, il a tenu à adopter un ton plus conciliant envers Alger. « L’Algérie est absolument d’une grande aide », a-t-il souligné. Surtout, il a insisté sur la nécessité d’une solution « mutuellement acceptable ». Quel que soit le résultat final, a-t-il précisé, il devra être « accepté par les deux parties ». Une ouverture qui laisse présager de longues négociations.

Tramway de Kinshasa, le gouvernement officialise l’accord de principe et fixe une échéance pour 2027

Le projet de tramway de Kinshasa quitte la phase des intentions. Désormais, il entre dans le concret. En séjour de travail à Rotterdam, aux Pays-Bas, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a franchi une étape décisive ce samedi 14 février 2026.

Il a rencontré la délégation du Consortium Tramways de Kinshasa, conduite par Jean-Pierre Van Erps. Ensemble, ils ont tenu une réunion dite « stratégique et opérationnelle ». Surtout, ils ont officialisé la remise de l’Accord de Principe signé le 8 octobre 2025. Le ministère y a apposé son cachet sec.

Ce document va au-delà d’une formalité. En effet, il confirme le soutien du gouvernement. De plus, il lance la phase opérationnelle. Par ailleurs, il engage les autorités à accélérer le montage en Partenariat Public-Privé. Ainsi, le projet gagne en crédibilité.

Une échéance claire pour la première ligne

Le ministère fixe désormais un cap. La première ligne souterraine expresse doit entrer en service au plus tard le 27 novembre 2027.

D’ici là, les équipes doivent avancer sur plusieurs points. D’abord, elles finalisent un planning réaliste et sécurisé. Ensuite, elles alignent les études techniques avec le montage financier. Enfin, elles signent le contrat PPP, pièce maîtresse du projet.

L’agenda reste ambitieux. Toutefois, le gouvernement veut tenir ce délai. Car ce tramway doit transformer la mobilité urbaine. Il doit aussi moderniser la capitale.

Le ministère le rappelle : le projet reste prioritaire pour moderniser Kinshasa.

Un chantier technique hors norme

Derrière l’annonce politique, la dimension technique impressionne. Déjà, plus de 60 ingénieurs ont travaillé à Kinshasa. Ils se sont appuyés sur les plans historiques de la ville. Ainsi, ils visent une intégration cohérente au tissu urbain.

Un chiffre illustre l’ampleur du défi. Entre le centre-ville et Aéroport international de N’djili, les constructeurs prévoient 173 ponts. Autrement dit, les travaux seront majeurs.

À terme, le projet prévoit sept lignes modernes. Il inclut aussi des voies hybrides préfabriquées sous licence exclusive. En parallèle, il intègre des solutions énergétiques durables. Enfin, il accompagne la modernisation des axes et des réseaux.

Un tramway pensé contre les inondations

Le projet adopte une approche globale. Ici, le tramway ne sert pas seulement à transporter. Au contraire, il restructure la ville.

Dès la conception, les équipes intègrent la lutte contre les inondations. Or ce problème touche régulièrement Kinshasa. Le projet prévoit donc des systèmes de drainage. Il ajoute aussi la récupération et le traitement des eaux pluviales. De surcroît, il envisage la redistribution d’eau traitée.

Ainsi, le tramway devient aussi un outil de résilience climatique.

Un pilotage technique structuré

L’État a confié la coordination nationale à Agence congolaise des grands travaux. L’agence suit l’exécution et aligne les composantes.

Le gouvernement affiche un objectif clair. D’une part, il veut désengorger la ville. D’autre part, il cherche à améliorer la mobilité. En même temps, il modernise les infrastructures. À terme, il vise une meilleure qualité de vie.

Une ambition à l’échelle de la mégapole

Kinshasa dépasse les 15 millions d’habitants. Sa croissance rapide a saturé les transports. Par conséquent, les solutions classiques ne suffisent plus.

Si le tramway respecte le calendrier, il changera la donne. Non seulement il facilitera les déplacements, mais il portera aussi une vision de ville durable.

Il reste toutefois des défis. Il faut sécuriser les financements. Il faut aussi respecter les délais. Néanmoins, avec l’Accord de Principe remis à Rotterdam, une étape clé est franchie. Désormais, le projet avance vers l’action.

Le siège de l’ADDCONGO attaqué après la messe des martyrs, plusieurs blessés

En ce jour anniversaire, Matonge devait vibrer au rythme du souvenir. La paroisse Saint-Joseph venait d’accueillir une messe solennelle. L’objectif ? Rendre hommage aux chrétiens tués par la DSP de Mobutu, le 16 février 1992. Ces martyrs réclamaient alors la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Trente-quatre ans plus tard, de nombreuses personnalités avaient répondu présentes. Martin Fayulu, Devos Kitoko, Lexxus Legal et d’autres membres de Lamuka ont prié ensemble. La sortie de l’église s’annonçait paisible. Pourtant, l’atmosphère a brutalement basculé aux alentours de 13 heures.

L’attaque : du cortège au siège du parti

Un guet-apens sur le boulevard

À peine le cortège de Martin Fayulu s’est-il élancé que la violence a éclaté. Selon le porte-parole de Lamuka, des éléments de la Force du progrès ont tendu une embuscade. Ils se sont rués sur le convoi, semant la panique.

Heureusement, les militants de Lamuka ont réagi rapidement. Ils ont formé un rempart humain autour de leur leader. Cette résistance a permis à Martin Fayulu de quitter la zone et de poursuivre sa route.

Le siège de l’ADDCONGO assiégé

Mais les assaillants ne comptaient pas en rester là. Leur cible suivante était toute désignée. Ils ont remonté le Boulevard Triomphal pour s’attaquer au symbole : le siège de l’ADDCONGO.

« Après le passage du président Fayulu, ils ont directement attaqué le siège », témoigne Prince Epenge, président du parti. Son récit est glaçant. Des hommes armés de machettes ont rapidement encerclé le bâtiment. L’angoisse a duré de longues minutes.

« Ils nous ont assiégés pendant une heure. Une heure entière », insiste-t-il. À l’intérieur, la peur régnait. À l’extérieur, les machettes brillaient sous le soleil de Kinshasa.

Un bilan humain et l’intervention tardive des forces de l’ordre

Cette attaque n’a pas fait que des dégâts matériels. Le bilan humain est bel et bien réel. Quatre militants ont été grièvement blessés durant l’assaut.

« Ils ont blessé 4 militants, dont 2 se trouvent présentement à l’hôpital », a déclaré Prince Epenge, visiblement ébranlé. Le sort de ces deux blessés graves inquiète désormais toute la famille politique de Lamuka.

Face à cette violence, la police a finalement déployé ses éléments. Son intervention a mis fin au siège d’une heure. En dispersant les assaillants, elle a probablement évité un drame encore plus sanglant.

L’ombre de l’histoire plane sur Kinshasa

Ce 16 février 2026 restera donc dans les mémoires. Ironie du sort, cette journée de recueillement a été souillée par la violence. En 1992, les fusils de la DSP avaient réprimé une marche pacifique.

Trente-quatre ans plus tard, ce sont des machettes qui ont attaqué des militants. À quelques centaines de mètres seulement de l’église Saint-Joseph. Cette coïncidence tragique rappelle une triste réalité. Dans la quête de démocratie, la paix reste malheureusement une denrée fragile à Kinshasa.

Francine Muyumba appelle à une « diplomatie de puissance » pour la RDC

KINSHASA – Alors que la RDC multiplie les initiatives diplomatiques à Luanda, Nairobi, Washington et Doha pour contrer l’agression du M23 dans l’Est, certaines voix questionnent leur efficacité réelle. L’ancienne sénatrice Francine Muyumba publie un essai percutant : « Pour une diplomatie congolaise source de prospérité nationale et de rayonnement international ». Elle y critique ce qu’elle appelle la « diplomatie du spectacle » et plaide pour un changement radical de paradigme.

« Rien ne change sur le terrain »

Accompagnant la sortie de son ouvrage, Francine Muyumba pointe un constat sévère : « Malgré les discours officiels et les communiqués de presse de la communauté internationale, rien ne change concrètement sur le terrain ».

Selon elle, la diplomatie ne se limite pas à des photos de sommet ou à des coups de communication. Elle se construit avec puissance et vision stratégique. « La RDC ne doit plus se contenter de postures émotionnelles, mais agir avec force », insiste-t-elle.

Cinq années d’observation au Sénat

Ancienne présidente de la Commission des Relations extérieures du Sénat, élue du Haut-Katanga, Francine Muyumba a observé de l’intérieur « les limites d’un système qui s’essouffle à réagir plutôt qu’à agir ».

Son constat est clair : la RDC a trop souvent confondu agitation et influence réelle. Cette situation, selon elle, freine le rayonnement et la souveraineté du pays.

Un manifeste pour une diplomatie de puissance

Préfacé par le professeur Emmanuel Caulier, l’ouvrage se veut un « outil de rupture ». Francine Muyumba propose une refonte complète de la diplomatie congolaise pour qu’elle :

  • cesse d’être « une charge pour l’État » et devienne « le levier de notre économie » ;

  • devienne « le bouclier de notre intégrité territoriale » ;

  • devienne « le moteur de notre influence réelle ».

Son mot d’ordre : passer « d’une diplomatie de sollicitation à une diplomatie de puissance ». « La RDC ne doit plus subir les agendas extérieurs ; elle doit imposer les siens », insiste-t-elle.

Un contexte de blocages persistants

Cette critique arrive alors que les processus diplomatiques patinent. Malgré l’implication de l’administration Trump et les accords de Washington entre Tshisekedi et Kagame, les tensions persistent.

À Doha, les discussions entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 peinent à produire des résultats concrets. Plusieurs mesures convenues — mécanisme de cessez-le-feu, déclaration de principes, accord-cadre — n’ont toujours pas été mises en œuvre.

Un appel à la responsabilité collective

En offrant son essai « à chaque Congolais de bonne volonté », Francine Muyumba lance un appel : « Ensemble, cessons d’être les spectateurs de notre propre destin ».

Reste la question : ce manifeste trouvera-t-il un écho au sein des institutions et de la communauté internationale, alors que la RDC cherche désespérément une issue à une crise qui mine sa souveraineté ?

34 ans après la marche des martyrs, Lamuka rappelle un « combat inachevé »

KINSHASA – Trente-quatre ans après, la mémoire reste vive et la lutte, selon eux, toujours d’actualité. La coalition d’opposition Lamuka, conduite par Martin Fayulu, a rendu hommage ce lundi 16 février aux martyrs de la démocratie lors d’une messe célébrée à la paroisse Saint Joseph de Matonge, cœur historique de la résistance congolaise.

Cette célébration eucharistique commémorait la marche du 16 février 1992, lorsque des milliers de fidèles, répondant à l’appel de l’Église catholique, avaient exigé la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS) , symbole des aspirations démocratiques du peuple congolais. La réponse du régime du maréchal Mobutu Sese Seko avait été implacable : une répression violente menée par les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts et blessés.

« Un sang qui continue de crier »

Dans son homélie, l’officiant du jour a rappelé que « le sang versé par ces martyrs constitue un appel permanent à la conscience nationale » . Il a exhorté fidèles et dirigeants à faire de cette mémoire « un levier d’engagement pour un Congo plus juste » , soulignant que le combat pour la liberté, la justice et la dignité humaine demeure d’une actualité brûlante.

« Le combat demeure inachevé »

Pour la coalition Lamuka, cette commémoration n’est pas qu’un devoir de mémoire. C’est aussi un constat d’étape sur l’état de la démocratie congolaise.

« Trente-quatre ans plus tard, les idéaux de liberté, de justice et de respect des droits humains portés en 1992 restent d’une brûlante actualité », a estimé la plateforme d’opposition, pour qui le combat pour lequel ces martyrs ont donné leur vie demeure « inachevé » .

Martin Fayulu a profité de cette journée pour lancer un appel à la « cohésion nationale » et à la « défense de l’intégrité nationale » en mémoire des disparus.

Un souvenir ancré dans la mémoire collective

Le 16 février 1992 reste une date charnière dans l’histoire politique de la RDC. Elle symbolise à la fois l’espoir démocratique né de la Conférence nationale souveraine et la brutalité du pouvoir d’alors face aux aspirations populaires.

À Matonge, quartier populaire de Kinshasa souvent épicentre des contestations, la mémoire de cette journée sanglante se transmet de génération en génération. Les murs du centre-ville portent encore, par endroits, des inscriptions ou des fresques rappelant le sacrifice de ces hommes et femmes tombés pour la liberté.

Une commémoration sous tension politique

Cette année, l’hommage intervient dans un climat politique marqué par des tensions récurrentes entre la majorité au pouvoir et l’opposition, et alors que des processus de dialogue (initiatives angolaises, médiation de l’UA) peinent à aboutir.

Pour Lamuka, rappeler le souvenir des martyrs de 1992, c’est aussi interpeller le pouvoir actuel sur ses engagements démocratiques et la nécessité de garantir les libertés publiques. Un message que Martin Fayulu et ses partisans entendent porter haut, trente-quatre ans après les événements tragiques qui ont marqué à jamais la conscience nationale congolaise.