Ebola : l’OMS en état d’alerte maximale face au virus Bundibugyo

L’Organisation mondiale de la santé a joué cartes sur table, ce mardi 19 mai à Genève. Pas de protocole rodé, pas de vaccin sous le coude. Juste un constat glaçant : le variant Bundibugyo du virus Ebola progresse en silence dans l’est de la République démocratique du Congo, et personne ne possède d’arme certifiée contre lui. Devant l’Assemblée mondiale de la Santé, le directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a lâché une phrase lourde de sens : « Je suis profondément inquiet de l’ampleur et de la rapidité. »

Derrière ce mot – inquiétude – se cache une réalité que les diplomates osent rarement nommer : l’impuissance stratégique. Car cette souche Bundibugyo, moins connue que celle du Zaïre, tue jusqu’à 40 % de ses victimes. Et surtout, aucun candidat vaccin n’est même prêt pour des essais cliniques. La docteure Celine Gounder, mémoire vivante de l’épidémie 2014-2016, résume l’effroi des soignants : « Nous n’avons rien. Alors il faut revenir aux fondamentaux : enterrements dignes, traçage, protection des familles. »

L’Afrique déclare l’urgence, l’OMS cherche des solutions

Lundi soir, l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a sorti l’artillerie lourde : « urgence de santé publique continentale. » Une déclaration qui libère des fonds et accélère la coordination. Mais sur le terrain, le retard est alarmant. Jean Kaseya, directeur de l’Africa CDC, avoue un échec précoce : « Nous ne connaissons toujours pas le cas index. Cette flambée a commencé en avril. Le 5 mai, quand on nous a alertés, 50 personnes étaient déjà mortes. »

Pendant ce temps, l’OMS réunit ses meilleurs experts pour passer au crible les rares options médicales. Un espoir minuscule subsiste : le vaccin Ervebo, conçu contre la souche Zaïre, a montré une certaine protection chez l’animal contre Bundibugyo. Pas assez pour une autorisation mondiale. Assez pour que les chercheurs s’y accrochent comme à une bouée.

Un mal qui frappe les villes et les soignants

Ce qui rend cette épidémie unique, c’est sa géographie. Kampala, Goma : des villes densément peuplées, des axes routiers surpeuplés. Et pire encore, les personnels de santé tombent. Au moins quatre décès suspects parmi ceux qui soignent. Un signal d’alarme absolu : quand les garde-fous s’effondrent, le virus traverse les murs des hôpitaux.

Pendant qu’un patient américain – évacué en Allemagne – bénéficie d’une cellule ultrasecurisée, les familles congolaises enterrent leurs morts sans savoir que la sueur, le sang ou les vomissures du défunt peuvent encore tuer. L’OMS le rappelle : pas de fermeture des frontières pour l’instant. Mais la fenêtre de tir se referme. Et dans les couloirs de Genève, on murmure un nom : Bundibugyo. Le variant qui pourrait devenir le prochain cauchemar mondial si la course au vaccin ne s’emballe pas tout de suite.

CDC : suspension d’entrée aux États-Unis pour les voyageurs en provenance de la RDC, Ouganda et Soudan du Sud

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé, lundi 18 mai 2026, la suspension temporaire, pour une durée de 30 jours, de l’entrée sur le territoire américain de tout voyageur non citoyen américain ayant quitté la République Démocratique du Congo, l’Ouganda ou le Soudan du Sud. Cette mesure vise à limiter les risques de propagation du virus Ebola sur le sol américain.

Selon le communiqué publié par l’agence, l’ordonnance vise toute personne ayant quitté l’un de ces trois pays ou y ayant séjourné au cours des 21 derniers jours, indépendamment de sa nationalité d’origine. Le critère retenu repose sur le parcours de voyage et non sur le passeport détenu.

Qui est exempté de la mesure liée à l’Ebola RDC ?

La restriction ne concerne pas les citoyens américains, les ressortissants américains, les résidents permanents légaux, les membres des forces armées américaines, le personnel gouvernemental en poste à l’étranger ainsi que leurs conjoints et enfants.

Par ailleurs, le Département de la Sécurité intérieure peut accorder des autorisations individuelles dans certains cas particuliers.

Cette décision intervient après la déclaration par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) d’une urgence de santé publique de portée internationale liée à l’épidémie d’Ebola en Ituri.

Le déclencheur immédiat reste la confirmation d’un cas positif chez un médecin américain travaillant dans un hôpital de Bunia. Les autorités ont ensuite évacué le patient vers l’Allemagne pour une prise en charge.

Le CDC souligne également que la longue période d’incubation du virus, qui peut atteindre 21 jours, permet à une personne exposée de voyager sans symptômes. Ainsi, certains voyageurs peuvent échapper aux contrôles basés uniquement sur la fièvre.

Mesures complémentaires annoncées par Washington

En parallèle de la restriction d’entrée, Washington a suspendu temporairement les services de visa dans ses ambassades à Kinshasa, Kampala et Juba.

De plus, les autorités américaines ont demandé aux aéroports de renforcer le dépistage et le suivi des voyageurs en provenance des zones touchées. Les services sanitaires bénéficieront aussi d’un appui accru pour les capacités de laboratoire et le traçage des contacts sur le territoire national.

L’épidémie d’Ebola RDC gagne du terrain en Ituri

L’épidémie actuelle provient de la souche Bundibugyo du virus Ebola. À ce jour, aucun vaccin n’est disponible.

Les premiers foyers sont apparus dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC. Ensuite, des cas ont aussi été confirmés en Ouganda voisin.

Le virus se transmet par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées. Lors d’un récent point de presse, le ministre congolais de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a présenté plus de 350 cas suspects d’Ebola, 91 décès qualifiés de « probables » et 59 malades actuellement pris en charge dans des structures sanitaires déjà saturées.

Les autorités sanitaires congolaises précisent également que le taux de positivité des premiers échantillons reste élevé. Cette situation suggère une sous-détection probable sur le terrain.

Une décision contraire aux recommandations de l’OMS

L’OMS appelle les États à éviter la fermeture des frontières. L’organisation estime que ces mesures ralentissent la riposte et stigmatisent les pays touchés.

La suspension décidée par le CDC s’inscrit donc en décalage avec cette ligne. De son côté, l’agence américaine insiste sur le caractère temporaire et ciblé de cette décision.

Riposte sanitaire sur le terrain

Le gouvernement congolais, avec l’appui de l’OMS, de Médecins Sans Frontières et des équipes de la Croix-Rouge, a déployé des unités d’isolement, renforcé la surveillance communautaire et lancé une campagne de sensibilisation dans les zones minières et frontalières.

Les équipes sanitaires concentrent leurs efforts sur l’isolement rapide des cas, la désinfection et la formation du personnel soignant. Toutefois, les difficultés d’accès sécuritaire compliquent toujours les opérations.

Coupe du Monde 2026 : les supporters congolais dans l’incertitude

Cette mesure intervient à trois semaines du premier match des Léopards à la Coupe du Monde 2026.

La RDC affrontera le Portugal le 17 juin à Houston. Cependant, l’exemption destinée aux délégations sportives reste encore en discussion au DHS.

Pour l’instant, rien ne garantit que des milliers de supporters congolais pourront obtenir un laissez-passer à temps. Le risque devient donc réel de voir l’équipe évoluer loin de son public, dans un stade américain privé d’une forte présence bleu-jaune-rouge.

Sébastien Desabre : La Coupe du monde, ce n’est pas le moment des tests

Il n’a pas levé la voix. Il n’a pas cherché l’effet. Pourtant, ce lundi 18 mai 2026, chaque mot de Sébastien Desabre sonnait comme une ligne de conduite claire pour toute une nation : la RDC n’arrive pas au Mondial pour improviser, mais pour exister durablement.

Derrière les 26 noms retenus pour la Coupe du Monde 2026, se cache en réalité bien plus qu’une sélection. C’est un projet. Une construction patiente. Une idée du football.

Une sélection pensée comme l’aboutissement d’un cycle

Depuis 2022, Desabre n’a cessé de répéter la même logique : bâtir plutôt que bricoler. Dans son esprit, la Coupe du Monde n’est pas un point de départ, mais l’aboutissement d’un travail structuré.

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« On a utilisé 55 joueurs depuis que je suis en poste », rappelle-t-il. Une statistique qui dit tout : essais, ajustements, évaluations… jusqu’à stabiliser un noyau dur.

Dans ce contexte, les choix pour le Mondial ne sont pas perçus comme des paris, mais comme des conclusions. Chaque joueur sélectionné est le produit d’un long processus d’observation, de cohérence et de continuité.

Et surtout, une règle domine : ne pas rompre l’équilibre au moment décisif.

La fin des expérimentations, le règne de la stabilité

À quelques semaines du tournoi, le discours du sélectionneur se durcit sur un point précis : la stabilité tactique.

La Coupe du Monde 2026 ne sera pas un laboratoire. Encore moins une scène de test.

« Ce n’est pas le moment de faire des tests », insiste Desabre. Une phrase simple, mais lourde de sens dans le football de très haut niveau.

Dans son approche, les automatismes priment sur les surprises. Les habitudes de jeu deviennent des armes. Et la discipline collective est érigée en principe fondamental.

L’objectif est clair : transformer la progression des dernières années en efficacité sur la scène mondiale.

Une RDC qui change de statut sur la scène internationale

Au-delà du terrain, un autre phénomène accompagne cette montée en puissance : la perception extérieure de la sélection congolaise.

La RDC n’est plus seulement une équipe en reconstruction. Elle devient une destination sportive crédible. Un projet qui attire. Une équipe que des joueurs acceptent d’attendre, de rejoindre, parfois même de “mériter” dans le temps.

Pour le staff, c’est un signal fort : la crédibilité sportive est en train de s’installer.

Et cette évolution change tout. Elle rend la concurrence interne plus forte, les choix plus difficiles, mais aussi le groupe plus compétitif.

Le vrai défi : transformer la progression en performance mondiale

Dans le vestiaire comme dans le staff, l’objectif est désormais assumé : franchir un cap.

Pas seulement participer. Mais exister dans un groupe relevé, survivre à la phase de poules, et installer la RDC dans une nouvelle dimension du football mondial.

Desabre le sait : le Mondial ne récompense ni les promesses ni les intentions. Il ne retient que les équipes prêtes.

Et aujourd’hui, les Léopards entrent dans cette Coupe du Monde avec une idée simple mais exigeante : prouver que leur progression n’est pas une illusion… mais une transformation réelle.

Étienne Davignon: le diplomate belge emporte avec lui l’ombre du dossier Lumumba

Pendant plus d’un demi-siècle, son nom résonnait dans les palais européens, les conseils d’administration et les coulisses du pouvoir belge. À Bruxelles, il incarnait l’élite diplomatique. À l’international, il parlait d’énergie, d’économie et d’Europe avec les plus grands dirigeants du monde. Pourtant, au crépuscule de sa vie, une autre histoire est revenue frapper à sa porte : celle de Patrice Lumumba.

L’ancien diplomate belge Étienne Davignon est mort à l’âge de 93 ans. Une disparition qui referme une longue trajectoire politique, mais qui laisse aussi derrière elle une question jamais totalement effacée : quel fut réellement son rôle dans les événements qui ont conduit à l’assassinat du héros de l’indépendance congolaise en 1961 ?

Un homme des cercles du pouvoir européen

Né en 1932 à Budapest, dans une famille de diplomates belges, Étienne Davignon grandit entre la Suisse, Berlin et les salons feutrés de la haute bourgeoisie européenne. Très tôt, il apprend les codes du pouvoir.

Dans le sillage de Paul-Henri Spaak, considéré comme l’un des pères de l’Union européenne, il devient diplomate puis gravit rapidement les échelons. Après le choc pétrolier de 1973, il prend la tête de l’Agence internationale de l’énergie avant de rejoindre la Commission européenne en 1977.

À Bruxelles, son influence devient immense. Vice-président de la Commission européenne entre 1981 et 1985, il pilote des dossiers stratégiques liés à l’industrie et à l’énergie, à une époque où la sidérurgie européenne s’effondre sous le poids des restructurations.

Mais Davignon ne s’arrête pas à la politique. Son nom s’impose aussi dans le monde des affaires. Société générale de Belgique, Fortis, Brussels Airlines : partout, il apparaît comme l’un des hommes les plus puissants du royaume belge.

Ce proche de la famille royale cultivait une réputation d’homme direct. En 2018, alors qu’on l’accusait d’avoir laissé passer plusieurs fleurons belges sous contrôle étranger, il répliquait sèchement : « Ceux qui disent que j’ai vendu les bijoux de la couronne sont des couillons ».

L’ombre de Patrice Lumumba

Puis, des décennies plus tard, le passé congolais de la Belgique ressurgit.

En mars dernier, la justice belge avait décidé de renvoyer Étienne Davignon devant les tribunaux pour des soupçons de « participation à des crimes de guerre » dans le dossier de l’assassinat de Patrice Lumumba.

À l’époque des faits, Davignon n’était encore qu’un jeune diplomate stagiaire aux Affaires étrangères belges. Mais les enquêteurs soupçonnaient son implication dans les décisions ayant conduit au transfert de Lumumba vers le Katanga sécessionniste.

Le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba y sera exécuté par des séparatistes soutenus par des mercenaires belges. Son corps, dissous dans l’acide, ne sera jamais retrouvé.

Dans une enquête parlementaire belge menée entre 2000 et 2001, un télex envoyé par Davignon à ses supérieurs en septembre 1960 avait particulièrement retenu l’attention. Une phrase surtout :
« Problème primordial paraît donc écarter Lumumba. »

À l’époque, le leader congolais inquiète Bruxelles. Son discours nationaliste, sa volonté d’émancipation totale et ses prises de position face aux intérêts occidentaux le transforment en menace politique aux yeux de plusieurs responsables belges.

Davignon a toujours contesté avoir joué un rôle actif dans cette mécanique qui mènera à la mort du Premier ministre congolais.

Une disparition qui ne ferme pas les blessures

La mort d’Étienne Davignon intervient alors qu’aucun procès pénal historique n’a encore véritablement permis d’établir toutes les responsabilités autour de l’assassinat de Patrice Lumumba.

Pour de nombreux Congolais, cette affaire reste l’une des blessures les plus profondes de la relation entre la Belgique et la RDC. Une plaie ouverte depuis l’indépendance du Congo en juin 1960.

Ainsi s’éteint un homme qui aura traversé presque un siècle d’histoire européenne. Un diplomate respecté pour certains. Une figure controversée pour d’autres. Mais jusqu’à son dernier souffle, le nom d’Étienne Davignon sera resté lié à celui de Patrice Lumumba, symbole éternel de l’indépendance congolaise.

Sébastien Desabre dévoile ses 26 Léopards : 52 ans d’attente, une Dream Team pour l’histoire

Il y a des dates qui ne s’effacent pas. Le 18 mai 2026 restera gravée dans les mémoires congolaises comme le jour où l’attente a pris un visage, un maillot, un nom. Ce lundi-là, dans une salle sobre de Kinshasa, Sébastien Desabre, le sélectionneur français aux tempes grisonnantes et au regard d’orfèvre, s’avance vers le micro. Il tient une feuille. Une simple feuille. Mais derrière elle, il y a 52 ans d’absence, des générations entières qui n’avaient jamais vu leur pays en Coupe du monde. Et soudain, la foudre : il lit. Un à un, les 26 élés entrent dans la légende.

Le chemin de croix et la rédemption

Pour comprendre ce lundi, il faut remonter à cette nuit folle du barrage retour face à la Jamaïque. Ce match, joué les tripes à l’air, gagné à l’arraché, dans un stade en fusion. La RDC n’avait plus foulé un Mondial depuis 1974. C’était avant Internet, avant le smartphone, avant que les joueurs actuels ne soient nés. Desabre, lui, n’était qu’un enfant en France. Mais il a reconstruit cette équipe pierre par pierre, muscle par muscle, espoir par espoir. Ce lundi, il délivre son œuvre.

Le tableau des 26 guerriers

Voici donc les noms qui vont défiler sous les projecteurs du Mexique, des États-Unis et du Canada, dès le 11 juin.

Actu 30.cd
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Gardiens :
Lionel Mpasi (Le Havre), Timothy Fayulu (FC Noah), Matthieu Epolo (Standard de Liège)

Défenseurs :
Chancel Mbemba (Lille), Aaron Wan-Bissaka (West Ham), Axel Tuanzebe (Burnley), Arthur Masuaku (Lens), Joris Kayembe (Genk), Steve Kapuadi (Widzew Łódź), Rocky Bushiri (Hibernian), Dylan Batubinsika (Larissa), Gédéon Kalulu (Aris Limassol)

Milieux :
Noah Sadiki (Sunderland), Samuel Moutoussamy (Atromitos), Edo Kayembe (Watford), Ngal’ayel Mukau (Lille), Charles Pickel (Espanyol)

Attaquants :
Nathanael Mbuku (Augsbourg), Brian Sipanga (Castellón), Gaël Kakuta (Larissa), Meschack Elia (Alanyaspor), Théo Bongonda (Spartak Moscou), Fiston Mayele (Pyramids), Cédric Bakambu (Betis Séville), Simon Banza (Al Jazira Club), Yoane Wissa (Newcastle)

Vingt-six noms. Vingt-six destins soudain liés à celui de tout un peuple.

 Le groupe K : Portugal, Colombie, Ouzbékistan

Le tirage au sort a été impitoyable, comme le destin sait l’être. Les Léopards héritent du groupe K. Première escale : le Portugal, le 17 juin. Puis la Colombie, le 24. Enfin l’Ouzbékistan, le 28. Trois matchs, trois épreuves. Avant cela, pour aiguiser leurs griffes, Desabre a prévu deux tests amicaux de luxe : le Danemark et le Chili. Du lourd, du très lourd. Mais ces Léopards-là n’ont plus peur de rien. Ils ont déjà traversé 52 années de nuit. Ils méritent la lumière.

 Et maintenant, l’histoire

Le 11 juin 2026, le coup d’envoi retentira sur le sol américain. Dans les tribunes, des milliers de Congolais brandiront le maillot vert-rouge-jaune. Sur le terrain, hommes marcheront vers leur destin. Sébastien Desabre a livré sa liste. Le reste appartient au rêve.

RDC : Denis Mukwege lance « Touche pas à ma Constitution » face aux risques de révision

Le Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege, a publié une déclaration le 17 mai 2026 pour dénoncer à la fois l’impasse sécuritaire dans l’Est et ce qu’il qualifie de « mépris des principes démocratiques » par la majorité présidentielle. Il appelle à un sursaut citoyen pour empêcher toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels en République Démocratique du Congo.

Dans un contexte marqué par l’instabilité institutionnelle et la guerre dans l’Est, le médecin de Bukavu invoque les articles 219 et 220 de la Constitution pour rappeler l’interdiction de toute révision pendant l’état de guerre et la limitation à deux mandats.

Une guerre dans l’Est occultée par le débat constitutionnel

Denis Mukwege dénonce le décalage entre l’urgence sécuritaire et le débat politique à Kinshasa. Il rappelle que l’accord de Washington signé le 27 juin 2025 et le processus de Doha du 19 juillet 2025 n’ont pas mis fin à l’occupation du Nord et du Sud-Kivu par les forces rwandaises et leurs supplétifs.

Pour lui, l’Union sacrée utilise ces négociations comme un écran de fumée tout en continuant à occuper les postes de l’État. Il met en garde : organiser un référendum ou des élections sans la participation de plus de 12 millions de Congolais du Kivu reviendrait à exclure une partie du pays et à fragiliser toute légitimité démocratique. La priorité, selon lui, reste la fin de la guerre et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

« Touche pas à ma Constitution » : un appel au sursaut citoyen

Sous le slogan « Touche pas à ma Constitution », Denis Mukwege exhorte les Congolais à se réapproprier le texte fondamental. Il cite le préambule de la Constitution qui désigne « l’impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme » comme causes de la ruine du pays.

Pour lui, le débat sur le contrat social intervient au mauvais moment, alors que les priorités devraient être la sécurisation de l’Est et la reconstruction de l’autorité publique.

Les articles 219 et 220 invoqués comme verrous constitutionnels

Le Prix Nobel s’appuie sur deux dispositions précises de la Constitution de la RDC. L’article 219 interdit toute révision pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège. L’article 220 déclare que « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

Ces articles sont considérés comme des verrous intangibles depuis la révision constitutionnelle de 2011. Toute tentative de modification nécessiterait une procédure référendaire complexe, incompatible selon Mukwege avec la situation sécuritaire actuelle dans plusieurs provinces de l’Est.

Mise en garde contre une dérive autoritaire

Denis Mukwege met en garde contre une dérive autoritaire et un risque de déstabilisation accrue si le pouvoir s’engage dans ce débat. Il appelle les Congolaises et les Congolais à rejeter toute tentative de division et à rester unis pour répondre aux défis existentiels du pays.

Il réaffirme sa volonté de voir la RDC devenir un État de droit « puissant et prospère, fondé sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle ».

« Le Congo n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes et de femmes », martèle-t-il, pour souligner que la crise congolaise vient de la gouvernance et non de la Constitution.

La priorité, souligne-t-il, n’est pas de changer les règles du jeu, mais de les faire respecter.

Un positionnement constant depuis 2015

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de l’engagement de Denis Mukwege sur la gouvernance en RDC. Depuis 2015, le Prix Nobel de la Paix 2018 s’est régulièrement exprimé contre les tentatives de modification de la Constitution visant à prolonger les mandats présidentiels.

La déclaration intervient alors que la question d’une révision constitutionnelle revient régulièrement dans le débat public à Kinshasa, à moins de trois ans de la fin du second mandat présidentiel prévue le 20 janvier 2029.

La majorité entre révision technique et 3e mandat

Au sein de l’Union sacrée, la volonté de réviser la Constitution est officiellement assumée, mais les motivations divergent. Plusieurs cadres de la majorité présidentielle présentent la démarche comme une nécessité technique pour adapter la loi fondamentale aux réalités du pays. Cependant, ils n’évoquent pas directement la question des mandats présidentiels. D’autres élus et alliés du pouvoir sont plus explicites et plaident ouvertement pour le maintien de Félix Tshisekedi au-delà de 2029.

Le Président congolais lui-même s’était exprimé sur le sujet lors de sa conférence de presse du 6 mai 2026. Il avait appelé à ne pas « prêter attention » aux déclarations des partisans d’un 3e mandat, tout en affirmant sa volonté de respecter la Constitution. Il avait cependant ajouté que « si le peuple l’exprime clairement », il pourrait aller au-delà des deux mandats prévus par l’article 220. Une sortie qui a relancé le débat sur l’interprétation de la volonté populaire face aux verrous constitutionnels.

L’opposition dénonce une manœuvre pour contourner l’alternance

Du côté de l’opposition, le rejet est quasi unanime. Martin Fayulu, lors de son point de presse du 12 mai 2026 à Kinshasa, a qualifié le débat sur la révision de « diversion dangereuse » organisée pour masquer l’échec sécuritaire et social du pouvoir. Il a rappelé que la Constitution ne peut être modifiée pendant l’état de siège et de guerre, conformément à l’article 219. Il a également accusé la majorité de préparer une confiscation du pouvoir.

D’autres leaders de l’opposition et de la société civile dénoncent aussi une « Constitution imposée par la majorité » qui ignorerait les priorités réelles des Congolais. Ils exigent que le Gouvernement concentre ses efforts sur la sécurisation de l’Est et l’organisation des élections dans les délais constitutionnels.

Une population divisée, mais majoritairement opposée à la révision

Sur le terrain, l’opinion reste partagée mais penche vers le rejet. Selon plusieurs observateurs, une majorité de Congolais se déclare opposée à toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels avant 2029.

L’argument principal avancé est le respect de l’alternance démocratique et la priorité donnée à l’organisation des élections générales prévues en décembre 2028.

Dans l’Est du pays, la question suscite aussi de la méfiance. Pour de nombreux habitants du Nord et du Sud-Kivu, discuter d’une révision constitutionnelle alors que plus de 12 millions de personnes restent privées de vote à cause de l’insécurité revient à exclure une partie du pays du débat national.

Le mot d’ordre « Touche pas à ma Constitution » gagne du terrain dans les mobilisations citoyennes.

Ebola en Ituri : 350 suspects, 91 morts, la course contre la montre est lancée

Dimanche 17 mai 2026, à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, l’heure n’est plus à la simple alerte mais à la mobilisation totale. Devant la presse locale, le ministre de la Santé publique de la RDC, Samuel Roger Kamba, a livré des chiffres qui glacent : plus de 350 cas suspects d’Ebola, 91 décès qualifiés de « probables », et 59 malades actuellement pris en charge dans des structures sanitaires déjà saturées.

« Nous sommes venus compléter le déploiement de la riposte, avec des ressources matérielles et humaines du centre d’opérations d’urgence de santé publique », a déclaré le ministre, visiblement conscient de l’urgence. Les épicentres de l’épidémie ? Bunia et Mongwalu, où la pression monte heure après heure.

Des tentes contre l’épidémie : la riposte s’organise

Sur le terrain, rien n’est encore prêt, mais tout s’accélère. Aucun centre d’isolement n’était opérationnel jusqu’ici à Bunia, ni à Rwampara, ni à Mongbwalu. Une situation que le ministre a reconnue sans détour. Pourtant, dès ce dimanche matin, les premières tentes ont été acheminées.

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« Les sites sont déjà choisis à Rwampara, à Mongwalu et ici à Bunia. Nous avons amené toutes les tentes pour monter les centres de traitement », a-t-il expliqué. L’objectif : élargir les capacités d’accueil face à une maladie qui ne recule pas.

Trois nouveaux centres sont en construction. Objectif affiché : désengorger des hôpitaux locaux « déjà sous tension », selon les propres mots du ministre.

5 tonnes de matériel médical et un message aux populations

Radio Okapi
© Radio Okapi
Dans le même temps, un vol humanitaire s’est posé à l’aéroport de Murongo, apportant plus de cinq tonnes de matériel médical : équipements de protection, kits d’urgence, tentes et lits d’hospitalisation. Une opération coordonnée par l’OMS.

« Nous appelons la population à collaborer avec les équipes sanitaires, à signaler rapidement les cas suspects et à respecter les mesures de prévention », a insisté la Dre Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC.

Le ministre Kamba, lui, a tenté de briser les rumeurs et la peur souvent associées à Ebola : « Ce n’est pas une maladie mystique. Plus vite on prend le malade en charge, plus vite on le soigne et on arrête la propagation. » Pour l’instant, écoles et universités restent ouvertes, mais une cartographie des risques est en cours.

L’Ituri, déjà meurtrie par l’insécurité et les déplacements de populations, affronte aujourd’hui un nouveau défi. La riposte est lancée. Reste à savoir si elle sera assez rapide.

Kinshasa : les plaques d’immatriculation « AKN » interdites à partir du 20 mai 2026

Le Gouvernement provincial de Kinshasa met fin à la période de tolérance accordée aux véhicules de l’administration publique utilisant encore les anciennes plaques d’immatriculation. Dans un communiqué daté du 15 mai 2026, le ministre provincial en charge du Plan, du Budget, de la Fonction publique, de l’Emploi, du Tourisme, des Transports et de la Mobilité urbaine, Jésus-Noël Sheke Wa Domene, annonce l’entrée en vigueur de cette mesure dès le 20 mai 2026.

Le Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a instruit les autorités provinciales d’appliquer cette décision. Ainsi, le gouvernement veut vérifier la conformité des plaques d’immatriculation des véhicules relevant de l’administration publique provinciale.

Les autorités interdisent désormais la circulation des plaques portant la mention « AKN », jugées obsolètes. Elles exigent également le retrait immédiat de ces plaques auprès des propriétaires concernés.

Saisie et mise en fourrière des véhicules non conformes

Les services compétents intercepteront tout véhicule automoteur circulant avec une plaque « AKN » après la date butoir. Ensuite, ils saisiront ces véhicules avant leur mise en fourrière, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Par ailleurs, l’autorité provinciale rappelle que seuls les véhicules disposant des nouvelles plaques sécurisées peuvent circuler.

Procédure pour obtenir les nouvelles plaques

Les structures concernées doivent se rapprocher du ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat. Cette démarche permet d’identifier les véhicules, de les enregistrer puis de délivrer les nouvelles plaques d’immatriculation sécurisées.

En outre, les services compétents de la Ville de Kinshasa mèneront l’opération de contrôle avec l’appui de la Police de circulation routière et des services de sécurité.

Cette mesure s’inscrit dans la politique « Kinshasa Ezo Bonga » portée par le Gouverneur Daniel Bumba Lubaki. Le gouvernement provincial entend ainsi renforcer l’ordre urbain et améliorer la traçabilité des biens publics.

Le 12 décembre 2025, le ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat de la Ville de Kinshasa, alors dirigé par le ministre Alain Tshilungu, avait déjà annoncé la mise en circulation de nouvelles plaques d’immatriculation officielles.

Selon le document officiel, ces plaques hautement sécurisées sont exclusivement destinées aux véhicules de l’administration publique provinciale. Cette première étape visait notamment à normaliser et sécuriser le parc automobile de l’administration provinciale tout en renforçant les mécanismes d’identification des véhicules officiels.

Restaurer l’ordre administratif

Cette décision intervient dans un contexte marqué par la volonté de l’exécutif provincial de restaurer l’ordre administratif et de lutter contre l’usage frauduleux des véhicules de l’État.

Depuis plusieurs années, la prolifération des plaques « AKN » non actualisées complique la traçabilité des véhicules publics. De plus, cette situation crée des zones d’ombre dans la gestion du parc automobile et favorise plusieurs dérives.

Depuis l’arrivée de Daniel Bumba à la tête de Kinshasa en juin 2024, le programme « Kinshasa Ezo Bonga » accélère la mise en œuvre des réformes destinées à moderniser l’administration et à renforcer la transparence.

Enfin, la fin du moratoire marque le passage de la phase de sensibilisation à l’application stricte de la mesure. Les autorités prévoient donc un contrôle systématique dès la date annoncée.

Guillaume MAVUDILA

Kinshasa sort du chaos : 17 000 tonnes de déchets par jour bientôt transformées en or vert

Chaque matin, Kinshasa se réveille. Les marchés s’animent, les motos klaxonnent, les habitants vaquent à leurs occupations. Mais sous cette effervescence, un monstre silencieux grandit : les déchets. 17 000 tonnes par jour. Des montagnes d’ordures qui envahissent les rues, obstruent les caniveaux, empoisonnent les rivières et menacent la santé de millions de Kinois.

Jusqu’ici, les solutions étaient partielles, temporaires, souvent désespérées. Mais le vent est en train de tourner.

Ce jeudi 14 mai 2026, dans une cérémonie sobre mais chargée de symboles, le Ministre d’État Guylain Nyembo a franchi une étape décisive. Devant lui, sur la table : le rapport final des études de faisabilité du Projet de Gestion Intégrée des Déchets de la Ville-Province de Kinshasa. Un document de plusieurs centaines de pages qui pourrait bien changer le visage de la capitale.

« L’ambition de ce projet est d’ériger un centre de tri et de valorisation énergétique des déchets, conçu non seulement comme une infrastructure opérationnelle, mais également comme le pionnier d’un modèle reproductible à l’échelle métropolitaine et nationale. »

Ces mots du Ministre d’État ne sont pas une simple déclaration. Ils sont un engagement écrit, une promesse d’action concrète.

Un projet né de la méthode et du partenariat

Derrière ce rapport, il y a du travail. Un travail minutieux mené par le groupement MAG–OGEC–CTI–W2W, mandaté par le Gouvernement à travers le Ministère du Plan & CAD. Pendant des mois, leurs experts ont ausculté Kinshasa : flux de déchets, sites potentiels, technologies adaptées, modèles économiques viables.

Le résultat ? Une feuille de route claire pour sortir de l’ornière.

Le projet ne se limite pas à « nettoyer ». Il vise à transformer les déchets en ressources : tri, recyclage, et surtout valorisation énergétique. Imaginez : une partie des montagnes d’ordures de Kinshasa pourrait un jour produire de l’électricité ou du biogaz pour les habitants. Un cercle vertueux où le problème devient la solution.

L’objectif est aussi politique : faire de cette infrastructure le premier d’une série de projets similaires à travers le pays. Kinshasa laboratoire, Kinshasa pionnière.

 Une transmission solennelle, un avenir entre les mains du Gouverneur

La cérémonie a atteint son point culminant lorsque le rapport final a été officiellement remis par le groupement au Ministre d’État. Puis, dans un geste lourd de sens, Guylain Nyembo l’a transmis au Gouverneur de la Ville-Province, Daniel Bumba Lubaki.

Ce n’est pas une simple formalité administrative. C’est un passation de témoin : les études sont faites, la théorie est prête. Place maintenant à l’action sur le terrain.

Le Gouverneur Bumba, visiblement engagé, a salué « une avancée majeure dans la concrétisation des politiques d’assainissement et de modernisation de la capitale ». Il a réaffirmé la détermination des autorités provinciales à accompagner les prochaines étapes : financement, lancement des travaux, mobilisation des communautés.

La chute : Kinshasa, bientôt vitrine écologique de l’Afrique ?

Reste une question suspendue dans l’air chaud de Kinshasa : ce projet, magnifique sur le papier, deviendra-t-il une réalité ? Les Kinois ont vu trop de promesses enterrées sous d’autres déchets. Mais cette fois, quelque chose semble différent.

Les études sont là. Les acteurs sont alignés. L’État central et la Province parlent d’une même voix. Et l’urgence, elle, ne se dément pas : 17 000 tonnes par jour, c’est un compte à rebours écologique.

Alors, oui, Kinshasa peut continuer à suffoquer. Ou elle peut saisir cette chance unique de transformer son cauchemar d’ordures en moteur de développement durable.

Le rapport est remis. L’horloge tourne. Maintenant, place aux actes. Le peuple kinois, lui, attend de respirer.

« Made in DRC » : quand les produits agricoles congolais jouent leur survie sur l’échiquier mondial

Ce vendredi 15 mai 2026, l’Université de l’Assomption au Congo (UAC) à Butembo, au cœur du Nord-Kivu, a vibré au rythme d’une question essentielle : les produits agricoles congolais peuvent-ils vraiment conquérir le marché mondial ?

Devant un auditoire captivé de professeurs, chercheurs et étudiants, un invité de marque s’est exprimé en visioconférence. Le thème ? « La compétitivité des produits agricoles de la RDC sur le marché mondial : paradoxes, défis et stratégies ». Et le message fut sans ambages : l’enjeu n’est plus seulement de nourrir le pays, mais de sauver son économie.

« Nous ne pouvons plus compter uniquement sur la hausse des cours des métaux, a-t-il martelé. Pour un exportateur aujourd’hui, le prix ne suffit plus. Il faut franchir une porte redoutable : celle des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS). »

Autrement dit, la richesse naturelle ne suffit pas. Il faut désormais une conformité internationale. Et c’est là que le bât blesse.

 Deux freins majeurs : l’invisible et l’insécurité

L’orateur n’a pas éludé les difficultés. Il a d’abord rappelé les handicaps structurels bien connus :

  • Le déficit énergétique : comment transformer et conserver sans électricité fiable ?

  • Les faiblesses logistiques : des routes impraticables qui asphyxient les filières agricoles.

Mais il a surtout pointé un frein conjoncturel majeur, trop souvent tu : l’insécurité. Au Nord-Kivu comme ailleurs, les agriculteurs cultivent la terre… et la peur. Difficile, dans ces conditions, de garantir des chaînes d’approvisionnement stables et certifiées.

Pourtant, l’assistance n’est pas repartie désespérée. Car trois leviers stratégiques ont été posés sur la table.

 Trois leviers pour faire du « Made in DRC » une marque qui compte

1. La diplomatie de la conformité

Faire reconnaître les normes congolaises à l’international. Pas seulement pour ouvrir des marchés, mais pour que les produits locaux soient traités sur un pied d’égalité avec ceux des grandes puissances agricoles.

2. La fiscalité intelligente

Alléger la pression fiscale sur la production, et non sur la simple commercialisation. L’idée est simple : taxer moins pour produire plus, mieux, et plus proprement.

3. L’arrimage sectoriel

Cesser de penser l’agriculture seule. Lier sécurité, commerce, industrie et transport dans une même vision. Parce qu’un produit agricole compétitif, c’est aussi un produit qui arrive à bon port, à temps, et sans contamination.

« Le “Made in DRC” doit devenir synonyme de qualité sanitaire autant que de richesse naturelle », a conclu l’invité sous une salve d’applaudissements virtuels.

La chute : une invitation à passer à l’acte

Pas de grandes promesses creuses. Pas de discours incantatoire. L’intervenant a terminé par une proposition concrète : approfondir ces réflexions à travers ses productions scientifiques, mises à disposition des participants et de la communauté universitaire.

En clair, les idées sont là. Les stratégies aussi. Reste à les mettre en œuvre.

Remerciements aux autorités académiques de l’UAC pour avoir permis ces échanges essentiels. Et si la prochaine révolution agricole de la RDC commençait par un déclic… né à Butembo ?

Prêt à plonger plus loin ? Les travaux de recherche sont disponibles. La balle est dans le camp de ceux qui veulent faire du Congo, non plus seulement un réservoir de minerais, mais une terre d’excellence agricole reconnue sur toutes les tables du monde.