Félix Tshisekedi lance une conférence historique pour révolutionner les infrastructures

Un tournant décisif s’opère. Ce mercredi 8 avril 2026, au Centre Culturel et Artistique des pays d’Afrique Centrale (CCAPAC) à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a ouvert la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP). Pendant trois jours, plus de 500 acteurs publics, privés et partenaires techniques réfléchissent à un objectif clair : moderniser les infrastructures de la République démocratique du Congo à l’horizon 2034. Un défi immense, surtout dans un pays où seulement 2 % des routes sont revêtues.

D’emblée, le contexte impose l’urgence. En effet, la 13e Conférence des gouverneurs a récemment mis en lumière plusieurs faiblesses : enclavement des provinces, dégradation du réseau routier, insuffisance des voies ferrées, sous-équipement portuaire et déficit énergétique. Par conséquent, ces lacunes freinent l’intégration du marché national et ralentissent la production. Le constat est clair : le modèle actuel atteint ses limites.

Une vision tournée vers la modernisation

Les assises s’articulent autour d’un thème ambitieux : « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif ». À travers ce choix, le gouvernement affiche une orientation nette.

D’abord, il veut rompre avec la gestion d’urgence. Ensuite, il cherche à instaurer une véritable culture de planification. Ainsi, il devient essentiel d’anticiper, de normer et d’entretenir les ouvrages sur le long terme. En parallèle, les autorités intègrent désormais les enjeux climatiques, technologiques et économiques.

Dans cette logique, la RDC entend s’aligner sur les dynamiques africaines. Notamment, les corridors logistiques et les chaînes de valeur régionales occupent une place centrale. Dès lors, le pays peut tirer profit de sa position stratégique pour renforcer son intégration régionale.

Félix Tshisekedi fixe le cap

Lors de son discours, Félix Tshisekedi a posé les bases de cette ambition. Selon lui, les infrastructures dépassent largement leur fonction matérielle. Elles constituent, en réalité, « l’ossature même de l’État ».

Il a insisté : elles structurent le territoire, facilitent les échanges et soutiennent l’économie. De plus, elles renforcent la cohésion nationale et attirent les investissements. Autrement dit, elles conditionnent le développement global du pays.

Dans la foulée, le président a lancé un appel clair. Il refuse un simple forum de discussions. Au contraire, il exige des décisions concrètes. Il a donc exhorté les participants à privilégier l’action, l’innovation et la durabilité.

Des projets structurants en ligne de mire

Pour traduire cette vision en actes, le gouvernement mise sur plusieurs projets clés.

D’une part, il prévoit de moderniser le réseau ferroviaire en adoptant l’écartement standard. Cette évolution permettra d’augmenter la capacité et la vitesse des trains. D’autre part, le port en eau profonde de Banana doit devenir une plateforme stratégique pour les échanges régionaux.

Par ailleurs, les autorités veulent connecter les différents modes de transport. L’objectif reste simple : créer un système intégré, fluide et efficace. Grâce à cela, la RDC pourra mieux capter les opportunités offertes par la ZLECAf.

Des défis encore majeurs

Malgré ces ambitions, les obstacles restent nombreux. Le ministre des Infrastructures, John Banza, a rappelé quelques chiffres alarmants. Aujourd’hui, à peine 2 % des routes sont revêtues. De plus, une grande partie du réseau ferroviaire reste inutilisable.

En outre, les infrastructures portuaires manquent d’équipements modernes. À cela s’ajoute une couverture énergétique et numérique insuffisante. Face à ces défis, le gouvernement vise un objectif précis : connecter les 26 provinces pour stimuler l’économie et réduire le coût de la vie.

Une mobilisation nationale et internationale

Pour y parvenir, la conférence réunit plus de 500 participants. Parmi eux figurent des experts, des acteurs privés et des partenaires comme la Banque mondiale ou la BAD.

Ensemble, ils travaillent sur des solutions concrètes. Les échanges portent notamment sur le financement, l’innovation, la maintenance et la résilience climatique. À l’issue des travaux, une feuille de route claire devrait voir le jour.

Un pari sur l’avenir

Reste une question essentielle : cette conférence débouchera-t-elle sur des résultats concrets ? Par le passé, plusieurs annonces n’ont pas abouti. Toutefois, le contexte actuel change la donne.

D’un côté, la concurrence régionale s’intensifie. De l’autre, la ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives. Ainsi, la pression pour agir devient plus forte.

Cap sur 2034

À long terme, l’objectif est clair : transformer profondément le pays d’ici 2034. Il s’agit de désenclaver les territoires, de stimuler la croissance et de créer des emplois.

Le chemin reste long, certes. Cependant, une dynamique est enclenchée. Désormais, la réussite dépendra de la capacité à passer des promesses aux réalisations.

En somme, la RDC joue gros. Mais si les engagements se concrétisent, cette conférence pourrait marquer le début d’un véritable tournant.

Raïssa Malu forme les directeurs provinciaux pour réformer la gouvernance scolaire

L’éducation congolaise se cherche un second souffle. Ce mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a inauguré un atelier de renforcement des capacités en gestion administrative destiné aux directeurs provinciaux de l’Éducation nationale (PROVED). Pendant trois jours, du 7 au 9 avril, ces responsables issus des 60 provinces éducationnelles du pays vont plancher sur les moyens d’améliorer la gouvernance du secteur. Clarification des responsabilités, coordination renforcée, gestion des urgences : l’ambition est à la hauteur des défis.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans une salle comble du ministère, en présence des cadres de l’administration centrale et des représentants des partenaires techniques et financiers. Raïssa Malu, visiblement déterminée, a tenu un discours sans concession.

« L’éducation occupe une place stratégique dans le développement de notre nation, inscrite dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Pour concrétiser cette ambition, nous devons impérativement consolider notre gouvernance administrative, conformément à l’axe 3 de notre Plan stratégique », a-t-elle martelé.

Un Plan quinquennal pour l’excellence

L’atelier s’inscrit dans le cadre du Plan quinquennal 2024-2029, une feuille de route ambitieuse adoptée par le gouvernement. Son objectif affiché : « faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence ».

Pour atteindre un tel objectif, la formation des cadres est indispensable. Les PROVED, véritables rouages de la machine éducative, sont en première ligne. Ce sont eux qui doivent décliner les politiques nationales au niveau local, gérer les personnels, allouer les ressources, évaluer les résultats.

L’atelier vise à les outiller sur les mécanismes de gestion et de pilotage du système éducatif. Une meilleure coordination des politiques éducatives sur l’ensemble du territoire est attendue.

Vision politique et exécution administrative

Raïssa Malu a insisté sur la synergie nécessaire entre vision politique et exécution administrative. Une belle stratégie au sommet ne sert à rien si elle n’est pas comprise, appropriée, mise en œuvre par les échelons provinciaux.

« L’ambition est de faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence », a répété la Ministre d’État. Une formule forte, qui engage. Mais pour qu’elle devienne réalité, il faut des directeurs provinciaux compétents, motivés, intègres.

Rupture et Nouvelle Citoyenneté

Dans son adresse aux directeurs provinciaux, Raïssa Malu a également appelé à une transformation profonde des mentalités. Le temps de l’inertie, des routines, des compromissions est révolu.

« Cela exige de votre part une rupture totale avec l’inertie et une adhésion rigoureuse aux valeurs de la Nouvelle Citoyenneté, véhiculées notamment par le Serment du Citoyen », a-t-elle déclaré.

La « Nouvelle Citoyenneté » est un concept cher au pouvoir actuel. Il s’agit de promouvoir le civisme, la responsabilité, l’intégrité, le sens de l’intérêt général. Appliqué à l’éducation, cela signifie que les directeurs provinciaux doivent donner l’exemple, lutter contre la corruption, respecter les règles, servir la nation.

Les attentes du gouvernement

L’atelier doit répondre à des attentes précises du gouvernement. Raïssa Malu les a listées :

  • Clarification des responsabilités : définir le rôle de chaque acteur dans la chaîne de décision. Trop souvent, les compétences s’emmêlent, les chevauchements se multiplient, les blocages s’installent.

  • Coordination renforcée : assurer une liaison efficace entre l’administration centrale et les entités provinciales. L’information doit circuler, les décisions doivent être appliquées, les résultats doivent être remontés.

  • Gestion des urgences : optimiser le suivi de la paie des enseignants et la gestion des carrières. Ces sujets, sensibles, sont souvent source de tensions sociales.

Les priorités de Raïssa Malu

Depuis son arrivée au ministère de l’Éducation Nationale, Raïssa Malu marque son empreinte par des réformes et des initiatives. Ses priorités sont claires.

1. Gratuité de l’enseignement primaire : la Ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à maintenir cette mesure, inscrite dans la Constitution. La gratuité est un acquis social majeur, mais sa mise en œuvre effective reste imparfaite.

2. Modernisation des infrastructures : construction de nouvelles salles de classe, rénovation des établissements existants. Les besoins sont immenses, les moyens limités.

3. Intégration des technologies : l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est encouragée pour améliorer l’apprentissage. Dans un monde numérique, l’école congolaise ne peut pas rester à la traîne.

4. Formation des enseignants : des programmes de formation continue sont mis en place pour renforcer les compétences des maîtres. Un enseignant bien formé, c’est une classe qui progresse.

5. Accès à l’éducation : l’accès à l’éducation pour tous, notamment dans les zones rurales, reste un défi. Les disparités entre provinces sont criantes.

6. Plan quinquennal 2024-2029 : une feuille de route ambitieuse pour faire du système éducatif congolais un modèle d’excellence en Afrique.

7. Dialogue avec les partenaires : la Ministre a engagé un dialogue avec les syndicats et les partenaires pour améliorer les conditions de travail des enseignants. La paix sociale est une condition de la réforme.

Un défi de taille

Les défis sont immenses. Le système éducatif congolais souffre de maux chroniques : manque de moyens, formation insuffisante des enseignants, inégalités d’accès, faibles résultats scolaires.

Le Plan quinquennal 2024-2029 est une tentative de réponse ambitieuse. Mais pour qu’il réussisse, il faut que les directeurs provinciaux, formés lors de cet atelier, soient à la hauteur.

L’enjeu est de taille. L’éducation est le levier le plus puissant pour le développement. Un pays qui éduque mal sa jeunesse se condamne à la pauvreté, à l’instabilité, à la dépendance.

La RDC, avec ses immenses ressources naturelles et humaines, a les moyens de réussir. Encore faut-il une volonté politique, une administration compétente, une société civile vigilante.

L’avenir commence aujourd’hui

Pendant trois jours, les 60 directeurs provinciaux vont échanger, se former, se projeter. À la sortie, ils seront, espère Raïssa Malu, mieux armés pour affronter leurs responsabilités.

La Ministre d’État les a placés face à leur devoir envers la nation. « L’efficacité du système éducatif repose sur l’intégrité », a-t-elle rappelé. « Travaillez avec lucidité et sens de l’intérêt général. »

Des mots forts, qui engagent. Les PROVED sont désormais attendus au tournant. Les réformes annoncées doivent se concrétiser. La gratuité doit être effective. Les infrastructures doivent sortir de terre. Les enseignants doivent être formés. Les élèves doivent apprendre.

Le chemin est long. Mais un premier pas a été franchi. Celui de la formation des cadres. Celui de la prise de conscience collective. Celui de l’espoir, peut-être.

Raïssa Malu, en lançant cet atelier, a montré sa détermination. Reste à savoir si les directeurs provinciaux, et plus largement tout le système éducatif, seront à la hauteur. L’avenir de la jeunesse congolaise en dépend. Et avec lui, l’avenir du pays tout entier.

L’ONU documente des violations des droits humains, les journalistes ciblés par le M23

La liberté d’informer reste un droit fondamental. Pourtant, dans l’Est de la République démocratique du Congo, ce droit devient dangereux. Au cours du dernier mois, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a recensé sept violations graves dans le Sud-Kivu. Parmi elles, six impliquent des groupes armés Wazalendo, tandis qu’une revient à l’AFC/M23. Surtout, le rapport met en lumière une tendance inquiétante : les rebelles ciblent directement les journalistes.

Certes, le nombre de violations diminue par rapport au mois précédent. Cependant, cette baisse ne reflète pas une amélioration réelle. Au contraire, la situation reste critique. Et surtout, la pression sur les journalistes s’intensifie.

Des journalistes directement pris pour cible

D’après le rapport consulté, un cas illustre cette dérive. Le 28 janvier, à Kamanyola, des combattants du M23 ont enlevé un journaliste en pleine journée. À ce moment-là, il donnait cours dans une salle de classe. Les assaillants ont fait irruption, l’ont emmené de force, puis ont disparu.

Son tort ? Il avait publié un article sur l’assassinat d’un officier des FARDC. Ainsi, un travail journalistique classique s’est transformé en motif d’enlèvement.

Par conséquent, la liberté de la presse recule dangereusement. En ciblant les journalistes, les groupes armés cherchent à étouffer toute information indépendante. De plus, ils empêchent la documentation des exactions.

Une région sous pression permanente

Par ailleurs, ces faits confirment les conclusions de Reporters Sans Frontières. Dans son rapport publié le 26 mars, l’organisation décrit une région sous tension. Les journalistes subissent intimidations, agressions et arrestations.

En effet, six pays des Grands Lacs sont concernés : la RDC, le Burundi, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie. Dans cette zone, près de 500 journalistes ont été arrêtés. Parmi eux, Stanis Bujakera incarne cette réalité.

En parallèle, la précarité fragilise davantage la profession. Beaucoup de journalistes travaillent sans protection. Certains choisissent l’exil. D’autres préfèrent se taire. Ainsi, l’autocensure progresse.

Dans l’Est de la RDC, le contexte sécuritaire aggrave encore les risques. Les combats se poursuivent. Les civils fuient. Et pendant ce temps, les journalistes tentent de documenter l’horreur.

Une urgence : protéger la liberté d’informer

Face à cette situation, les alertes se multiplient. Le BCNUDH et RSF appellent à agir rapidement. D’abord, ils exigent la fin des violences contre les journalistes. Ensuite, ils demandent des enquêtes sérieuses. Enfin, ils insistent sur la lutte contre l’impunité.

En effet, trop souvent, les responsables échappent à toute sanction. Cette impunité encourage de nouvelles violations. Par conséquent, la protection des journalistes devient une priorité absolue.

Dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, la stratégie reste claire. Réduire les journalistes au silence permet de contrôler le récit. Ainsi, les crimes restent invisibles.

Pendant ce temps, les processus de paix stagnent. Les discussions engagées à Doha n’avancent pas. Les cessez-le-feu sont régulièrement violés. Et, une fois encore, les civils paient le prix fort.

Parmi eux, les journalistes occupent une place particulière. Ils informent, malgré les menaces. Ils témoignent, malgré les risques. Et surtout, ils refusent de se taire.

Derrière chaque enlèvement, il y a une vie brisée. Le journaliste de Kamanyola n’est pas un simple cas. C’est un homme, un professionnel, un enseignant. Aujourd’hui encore, son sort reste inconnu.

Alors, une question demeure : combien d’autres devront disparaître avant une réaction forte ?

Plus que jamais, la mobilisation s’impose. Protéger les journalistes, c’est défendre la vérité. C’est aussi préserver la démocratie. Car sans information libre, aucune société ne peut tenir.

Et malgré tout, dans l’Est de la RDC, ils continuent. Jour après jour. Parce que c’est leur métier. Mais surtout, parce que c’est leur combat.

CAN 2027 : l’Afrique de l’Est se prépare

Le compte à rebours est lancé. Ce mardi 7 avril 2026, le comité d’organisation local de l’Ouganda, l’un des trois pays hôtes de la Coupe d’Afrique des nations 2027, a dévoilé le calendrier de la compétition. Une première information majeure : le tournoi ne commencera pas en janvier, comme ses devanciers, mais en été. Du 19 juin au 18 juillet 2027, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie vibreront au rythme du football continental. Une première historique pour l’Afrique de l’Est, qui n’avait plus accueilli la CAN depuis 1976, en Éthiopie.

L’annonce était très attendue. Depuis que la Confédération africaine de football (CAF) a attribué l’organisation de la CAN 2027 à la candidature conjointe du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie, les regards se tournaient vers l’Est du continent. Comment ces trois pays, habitués à jouer les seconds rôles sur la scène footballistique africaine, allaient-ils relever le défi ?

Le comité d’organisation local ougandais a voulu rassurer. Dans un communiqué détaillé, il a présenté les grandes lignes de la planification.

« L’organisation conjointe d’un évènement sportif continental de l’envergure de la Coupe d’Afrique des nations exige une planification rigoureuse et multisectorielle. Les hypothèses générales suivantes ont guidé notre processus de planification et de budgétisation : le tournoi se déroulera pendant un mois, du 19 juin au 18 juillet 2027 », précise le document.

Pourquoi l’été ?

Le choix de l’été est une petite révolution. Depuis des décennies, la CAN se déroulait en janvier-février, en plein cœur de la saison des championnats européens. Ce calendrier, source de conflits récurrents entre clubs et sélections, était régulièrement critiqué.

En déplaçant la compétition en juin-juillet, la CAF espère :

  • Réduire les tensions avec les clubs européens : en été, les championnats sont terminés, les joueurs sont disponibles.

  • Améliorer les conditions de jeu : en Afrique de l’Est, la météo est plus clémente en été qu’en janvier (saison des pluies dans certaines régions).

  • Offrir une meilleure visibilité médiatique : l’été est une période creuse dans le calendrier sportif mondial, propice à capter l’attention.

Un pari audacieux, mais qui pourrait s’avérer payant.

Une candidature commune historique

La CAN 2027 marque un tournant dans l’histoire de la compétition. Pour la première fois, trois nations vont coorganiser le tournoi. La candidature commune, portée par la région CECAFA (Conseil des associations de football d’Afrique de l’Est et centrale), a été retenue par la CAF, qui souhaite renforcer le développement du football en Afrique de l’Est.

Les trois pays hôtes n’ont jamais remporté la CAN. Le Kenya a participé à six éditions (sa meilleure performance : un premier tour en 2004). L’Ouganda a participé à sept éditions (finaliste en 1978). La Tanzanie n’a participé qu’à trois éditions (dont la dernière en 2023, premier tour).

Accueillir la compétition est donc pour eux une revanche sur l’histoire, une occasion de montrer leur progression, et un formidable levier de développement.

Le retour de l’Afrique de l’Est

Cette édition symbolise aussi un retour attendu. L’Afrique de l’Est n’avait plus accueilli la CAN depuis 1976, lorsque l’Éthiopie avait organisé la compétition. Près d’un demi-siècle plus tard, le ballon rond revient sur ses terres.

Les infrastructures sportives de la région sont en pleine modernisation. Stades, hôtels, routes, aéroports : d’importants investissements sont en cours pour accueillir les équipes, les officiels, les supporters et les médias.

La CAF mise sur une région en pleine croissance, tant sur le plan économique que footballistique. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont des populations jeunes, dynamiques, passionnées de football. Le potentiel est immense.

Une édition anniversaire

La CAN 2027 ne sera pas une édition comme les autres. Elle correspondra aux 70 ans de la compétition, créée en 1957. Un symbole fort pour un tournoi qui n’a cessé de grandir.

L’édition 2027 sera également la première à se jouer avec 28 équipes (au lieu de 24). Un format élargi, censé permettre à davantage de nations de participer à la fête, mais qui pose aussi des défis logistiques et sportifs.

La visibilité internationale de la CAN est toujours plus importante. Les droits télévisuels se vendent à prix d’or. Les sponsors se bousculent. Le football africain gagne en influence.

Les défis à relever

Malgré l’enthousiasme, les défis sont immenses. Organiser une compétition continentale à trois, c’est compliqué.

  • Coordination : il faut harmoniser les calendriers, les budgets, les normes de sécurité, les protocoles sanitaires.

  • Infrastructures : les stades doivent être aux normes de la CAF. Les hôtels, les transports, les centres d’entraînement aussi.

  • Sécurité : la région est parfois instable (terrorisme au Kenya, insurrections en RDC voisine, tensions politiques en Ouganda).

  • Financement : le budget est colossal. Les trois pays devront trouver des financements publics et privés.

Le comité d’organisation local ougandais, en dévoilant le calendrier, a montré sa détermination. Mais le chemin est encore long.

Un espoir pour toute une région

Au-delà des difficultés, la CAN 2027 est un espoir pour toute une région. Celle de l’Afrique de l’Est, souvent négligée par les instances footballistiques, qui voit enfin sa passion reconnue.

Les enfants qui rêvent de devenir footballeurs, les supporters qui remplissent les stades, les bénévoles qui se dévouent : tous attendent ce moment avec impatience.

Le 19 juin 2027, dans un stade rénové de Nairobi, Kampala ou Dar es Salaam, le coup d’envoi sera donné. Pour un mois de fête, de passion, de drames et de joies. Pour une célébration du football africain, dans sa diversité, sa richesse, sa ferveur.

La CAN 2027 sera celle de l’Afrique de l’Est. Celle qui marquera un tournant. Celle qui, peut-être, révélera une nouvelle puissance footballistique.

Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont relevé le défi. Il leur reste à le gagner. Et avec eux, toute l’Afrique de l’Est vibrera. En attendant, le compte à rebours est lancé. 14 mois, jour pour jour, avant le coup d’envoi. Les préparatifs s’accélèrent. Les cœurs battent plus fort. L’histoire s’écrit.

Kinshasa : le marché Zando renaît, 11 000 étals à attribuer

Un vent nouveau souffle sur le marché Central de Kinshasa. Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, l’emblématique « Zando » s’apprête à rouvrir ses portes. Le gouvernement de la ville a lancé ce mardi 7 avril 2026, au Jardin botanique de Kinshasa, les opérations de souscription pour l’attribution des 11 000 étals, kiosques, magasins et chambres froides. Un tournant décisif pour stimuler l’économie de la capitale, sécuriser la gestion des espaces commerciaux, et offrir aux Kinois un hub moderne répondant à leurs attentes.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités urbaines, sous le regard attentif des commerçants et des médias. L’enthousiasme était palpable. Après des mois de travaux, « Zando » renaît de ses cendres, plus beau, plus fonctionnel, plus sécurisé.

Pour le gouverneur Daniel Bumba, présent à l’événement, ce lancement marque une étape historique. « Nous tournons une page douloureuse de l’histoire du commerce informel à Kinshasa. Désormais, les commerçants pourront exercer leur activité dans des conditions dignes et sécurisées », a-t-il déclaré.

Conditions d’éligibilité : qui peut postuler ?

Pour éviter les dérives et garantir une attribution transparente, la ville de Kinshasa a fixé des conditions d’éligibilité claires.

Le candidat doit :

  • Être de nationalité congolaise ou représenter une société de droit congolais (les étrangers doivent disposer d’une carte de résident valide).

  • Avoir au moins 18 ans.

  • Avoir obligatoirement la qualité de commerçant, c’est-à-dire être détenteur d’une patente valide, d’un RCCM (Registre du commerce et du crédit mobilier), ou d’une fiche de recensement des activités économiques et artisanales pour l’exercice 2026.

  • Disposer de la preuve de paiement de l’impôt foncier (IF) ou de l’impôt sur le revenu locatif (IRL) pour obtenir le quitus fiscal.

Ces conditions visent à formaliser le secteur informel, à encourager les commerçants à se mettre en règle, et à garantir que seuls les professionnels sérieux obtiennent un étal.

Lieu et calendrier des inscriptions

Les inscriptions sont ouvertes du 7 au 20 avril 2026 sur le site du Jardin botanique de Kinshasa, de 8h30 à 16h30.

Les commerçants intéressés doivent se rendre sur place, munis des documents requis, pour remplir leur dossier de candidature. Les autorités ont promis un traitement rapide et transparent.

Au total, 11 000 étals sont disponibles. Un nombre important, mais qui risque d’être insuffisant face à la demande. Les autorités appellent donc les commerçants à se faire connaître rapidement.

Des infrastructures modernes pour les Kinois

Longtemps fermé pour des travaux de réhabilitation, le marché de « Zando » est aujourd’hui un hub commercial répondant aux attentes des citoyens de la place.

Les visiteurs découvriront :

  • De jolis bâtiments modernisés, aux façades colorées et aux allées propres.

  • Des chambres froides pour une meilleure conservation des produits périssables (viande, poisson, produits laitiers).

  • Des étals sécurisés, avec des systèmes de verrouillage et de surveillance.

  • Des magasins spacieux, permettant aux commerçants d’exposer leurs marchandises dans de bonnes conditions.

  • Des kiosques pour la vente de produits spécifiques (pain, journaux, téléphonie).

L’objectif est de faire de Zando un marché modèle, capable de concurrencer les grandes surfaces et de redonner ses lettres de noblesse au commerce de proximité.

Les avantages de la réouverture de Zando

La réouverture du marché Zando apporte de nombreux avantages à la ville de Kinshasa.

1. Modernisation des infrastructures commerciales : le nouveau marché offre des installations modernes et sécurisées pour les commerçants et les clients, avec des étals et des magasins adaptés aux besoins actuels.

2. Création de milliers d’emplois : commerçants, vendeurs, livreurs, agents de sécurité, personnels d’entretien… Zando va générer une multitude d’emplois directs et indirects.

3. Amélioration de la sécurité alimentaire : les chambres froides et les installations de stockage modernes permettront de conserver les produits périssables et de réduire les pertes, garantissant ainsi une meilleure disponibilité des denrées.

4. Formalisation du secteur informel : en obligeant les commerçants à se mettre en règle (patente, RCCM, quitus fiscal), la ville de Kinshasa pourra collecter des impôts et des taxes, et mieux contrôler l’activité économique.

5. Amélioration de la qualité de vie : un espace de commerce moderne et sécurisé, propre et bien organisé, c’est un cadre agréable pour les acheteurs, et une fierté pour les habitants de Kinshasa.

Les défis à relever

Malgré ces avancées, des défis restent à relever. Les autorités de Kinshasa sont appelées à garantir le bon fonctionnement de cet espace, notamment avec une gestion plus transparente, structurée et cohérente.

Il faudra notamment :

  • Éviter les conflits d’attribution : la tentation sera grande pour certains de vouloir accaparer plusieurs étals, ou d’utiliser des prête-noms. La ville devra être vigilante.

  • Maintenir la propreté et la sécurité : un marché moderne peut vite se dégrader si l’entretien n’est pas assuré. Des équipes dédiées devront être mobilisées.

  • Lutter contre la concurrence déloyale : le marché informel, plus flexible, pourrait tenter de reprendre ses droits autour de Zando. La police et les services municipaux devront être présents.

  • Impliquer les commerçants dans la gestion : pour que Zando devienne vraiment leur marché, les commerçants doivent être associés aux décisions, via des comités de gestion participative.

Un symbole de renaissance

Au-delà des chiffres et des infrastructures, Zando est un symbole. Celui d’une Kinshasa qui se modernise, qui se transforme, qui ose investir dans son avenir.

Le marché Central, autrefois vétuste et insalubre, est devenu un lieu moderne, attractif, porteur d’espoir. Pour les milliers de commerçants qui y travailleront, c’est une nouvelle vie qui commence. Pour les millions de Kinois qui y feront leurs courses, c’est une promesse de qualité, de sécurité, de fiabilité.

Les prochains jours diront si l’attribution des étals se déroule sans heurts. Les prochains mois diront si Zando tient ses promesses. Mais une chose est sûre : Kinshasa a relevé un défi majeur. Et elle peut en être fière.

La réouverture de Zando, c’est la preuve que la capitale congolaise, malgré ses difficultés, est capable de projets ambitieux. C’est la preuve que le commerce, le travail, l’entrepreneuriat, peuvent être des moteurs de développement. C’est la preuve que l’avenir, malgré tout, se construit.

Les 11 000 étals sont prêts. Les commerçants sont impatients. Les Kinois sont curieux. Que le nouveau Zando ouvre ses portes, et que la fête commence.

James Swan, nouveau patron de la MONUSCO : « Il n’y a pas de solution exclusivement militaire »

Un nouveau visage, une même mission, mais peut-être une approche renouvelée. Ce mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, James Swan, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, a accordé sa première interview à la presse congolaise. Le diplomate américain, qui connaît bien la RDC pour y avoir été ambassadeur des États-Unis, a appelé les Congolais à la solidarité. Alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est demeure « profondément préoccupante », il a martelé un message : la protection des civils est et restera la priorité absolue.

James Swan n’a pas mâché ses mots. Arrivé à Kinshasa avec humilité et détermination, il a immédiatement placé son mandat sous le signe de la solidarité avec le peuple congolais.

« J’arrive avec un message de solidarité à l’endroit du peuple congolais, alors que la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC demeure profondément préoccupante et que les civils continuent de payer le plus lourd tribut », a-t-il déclaré.

Une déclaration qui n’a rien d’anodin. Dans un contexte où les violences se multiplient au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où des milliers de civils fuient leurs maisons, où les groupes armés se disputent le contrôle des territoires, l’ONU se doit d’être présente, mais aussi d’être efficace.

Protection des civils, désescalade, paix durable

Le nouveau chef de la MONUSCO a affirmé placer sa priorité sur la mise en œuvre du mandat de la mission onusienne. Ce mandat, défini par la résolution 2808 du Conseil de sécurité (adoptée en décembre 2025), repose sur trois piliers :

  • La protection des civils : face aux violences des groupes armés, face aux exactions, face aux crimes contre l’humanité, la MONUSCO doit agir pour sauver des vies.

  • L’appui à la désescalade : il s’agit de créer les conditions d’un arrêt des combats, d’un retour au calme, d’une cessation des hostilités.

  • La création de conditions propices à une paix durable : au-delà de l’urgence, c’est tout l’édifice de la paix qu’il faut reconstruire, avec les autorités, les communautés, la société civile.

James Swan a insisté : il n’existe pas de solution exclusivement militaire à la crise persistante dans l’Est. « Les progrès nécessiteront le dialogue, l’engagement régional et la mise en œuvre des engagements déjà pris », a-t-il martelé.

Un message à double détente : adressé aux groupes armés, qui croient pouvoir imposer leur loi par la force, mais aussi au gouvernement congolais, qui a parfois tendance à privilégier l’option sécuritaire au détriment du dialogue.

Un diplomate chevronné, une connaissance intime de la RDC

James Swan n’est pas un débutant. Avec plus de 32 ans de carrière au sein du gouvernement américain, une expertise approfondie des contextes politiques et sécuritaires africains, il est un diplomate chevronné.

Mais surtout, James Swan connaît bien la RDC. Il y a occupé plusieurs fonctions diplomatiques de haut niveau :

  • Ambassadeur des États-Unis en RDC de 2013 à 2016,

  • Chef de mission adjoint entre 2001 et 2004,

  • Chargé de mission dès 1996.

Ces affectations lui ont permis d’acquérir une solide connaissance du paysage politique congolais et de ses défis. Il connaît les acteurs, les enjeux, les sensibilités. Un atout précieux pour mener à bien sa mission.

Un parcours onusien marqué par la Somalie

Avant sa nomination à Kinshasa, James Swan était Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie depuis mars 2025. Il avait auparavant dirigé la Mission des Nations unies en Somalie (UNSOM) entre 2019 et 2022.

Son passage à Mogadiscio, dans un contexte d’insurrection djihadiste (Shebab) et de tensions politiques chroniques, constitue l’une des expériences les plus marquantes de son parcours onusien.

La Somalie, pays ravagé par la guerre civile, l’instabilité, la famine, est un terreau d’apprentissage intense pour tout diplomate. James Swan en est sorti aguerri, mais aussi, sans doute, un peu désabusé sur les capacités de la communauté internationale à résoudre les crises africaines.

Une carrière bilatérale riche

Dans sa carrière bilatérale, James Swan a également servi comme ambassadeur à Djibouti (2008-2011), secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines (2006-2008), et directeur de l’analyse africaine au Département d’État américain (2005-2006).

Il a été déployé dans divers pays : Cameroun, Somalie, Nicaragua, Haïti. Autant de contextes variés, de crises différentes, d’approches diplomatiques à adapter.

Cette richesse d’expérience est aujourd’hui mise au service de la RDC. Un pays que James Swan connaît, qu’il aime peut-être, et pour lequel il souhaite sincèrement contribuer à la paix.

Un mandat renouvelé mais recentré

La résolution 2808, adoptée en décembre 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies, a renouvelé le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026.

Mais elle en a aussi redéfini les priorités, en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. La mission onusienne, présente en RDC depuis plus de vingt ans, doit s’adapter. Elle doit se concentrer sur l’essentiel : la protection des civils, l’appui aux processus de paix, la stabilisation des zones les plus touchées par les conflits.

James Swan aura la lourde tâche de mettre en œuvre ce mandat, avec des moyens limités, dans un contexte régional explosif, et avec une coordination parfois complexe avec les autorités congolaises.

Un appel à la solidarité des Congolais

Au-delà de ses fonctions, James Swan a lancé un appel aux Congolais eux-mêmes. La solidarité, a-t-il dit, est la clé.

Solidarité entre communautés, pour éviter que les conflits ne prennent une dimension ethnique ou régionale. Solidarité entre la population et les forces de sécurité, pour que la confiance se reconstruise. Solidarité entre la société civile et les institutions, pour que la démocratie s’enracine.

L’ONU ne fera pas la paix à la place des Congolais. Elle peut les aider, les soutenir, les protéger. Mais c’est à eux, d’abord, de choisir la paix.

Un engagement renouvelé

James Swan a conclu sa prise de parole en affirmant arriver à Kinshasa avec humilité et détermination. Humilité face à l’ampleur des défis. Détermination à soutenir les Congolais et à faire avancer les efforts nécessaires en faveur de la désescalade et d’une paix durable.

Les prochains mois diront si cette nouvelle direction de la MONUSCO apportera des résultats tangibles. La population de l’Est, elle, attend. Elle attend que les armes se taisent. Que les déplacés puissent rentrer chez eux. Que les enfants retournent à l’école. Que la vie, simplement, reprenne ses droits.

James Swan, diplomate chevronné, connaît bien la RDC. Il sait que la paix ne se décrète pas. Elle se construit, jour après jour, effort après effort, compromis après compromis.

Son appel à la solidarité est un premier pas. Il en faudra beaucoup d’autres. Et la communauté internationale, les Nations unies, la MONUSCO, seront là pour les accompagner.

Reste à savoir si, cette fois, la dynamique sera la bonne. Si les Congolais saisiront cette main tendue. Si la paix, enfin, pourra germer sur cette terre meurtrie. James Swan, en tout cas, y croit. Et il est prêt à se battre pour y parvenir.

Aimé Boji et El Malick Ndiaye scellent une coopération parlementaire renforcée

La diplomatie parlementaire africaine est en mouvement. Ce mardi 7 avril 2026 à Lomé, le président de l’Assemblée nationale de la RDC, Aimé Boji Sangara, a rencontré son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye. En prélude à la 17e Conférence des présidents d’Assemblée et de section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, les deux responsables ont convenu d’un renforcement de leur coopération. Création d’un groupe d’amitié parlementaire, échanges d’expériences sur le contrôle budgétaire, soutien mutuel aux candidatures internationales : les chantiers sont nombreux.

La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère cordiale, mais résolument tournée vers l’action. Les deux hommes, conscients des défis communs auxquels leurs pays respectifs sont confrontés, ont décidé d’élever leur partenariat à un niveau supérieur.

Pour la RDC, il s’agit de briser l’isolement diplomatique dans lequel les tensions avec le Rwanda ont pu l’enfermer. Pour le Sénégal, c’est l’occasion de renforcer son ancrage sur le continent et de s’appuyer sur un partenaire influent au sein de la Francophonie.

La solidarité sénégalaise face à la crise dans l’Est

Au cours des échanges, la partie sénégalaise a exprimé sans ambiguïté sa solidarité face à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. El Malick Ndiaye a réaffirmé l’attachement de son pays à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, un message crucial alors que Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23.

Le Sénégal connaît bien les affres des conflits armés. Pendant des décennies, la Casamance a été le théâtre d’une rébellion meurtrière. Cette expérience douloureuse explique, en partie, la compassion et la solidarité affichées par Dakar envers Kinshasa.

Mais au-delà du soutien moral, le Sénégal a également salué une autre victoire congolaise : celle des Léopards, qualifiés pour la Coupe du monde 2026. Un clin d’œil sportif qui n’a pas manqué de réchauffer l’atmosphère des discussions.

Un groupe d’amitié parlementaire RDC-Sénégal

Pour concrétiser cette dynamique, plusieurs pistes de coopération ont été évoquées. La plus emblématique est la création d’un groupe d’amitié parlementaire RDC-Sénégal. Ce type de structure permet d’institutionnaliser les échanges entre les deux assemblées, d’organiser des visites, des séminaires, des formations communes.

Les discussions ont également porté sur le contrôle parlementaire et budgétaire. Un sujet sensible dans les deux pays, où la gestion des finances publiques est régulièrement critiquée. L’échange d’expériences et de bonnes pratiques pourrait aider à renforcer la transparence et l’efficacité du contrôle législatif.

Enfin, les deux responsables ont évoqué la nécessité d’harmoniser les positions africaines sur les grandes questions internationales. Face à un monde de plus en plus multipolaire, les pays africains ont intérêt à parler d’une seule voix. Les parlements ont un rôle clé à jouer dans cette coordination.

Soutien mutuel aux candidatures internationales

La rencontre de Lomé a également été l’occasion d’un marchandage diplomatique assumé. Le Sénégal a sollicité le soutien de Kinshasa à sa candidature au poste de secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP). Une organisation qui fédère les parlements du monde entier, et dont la direction est très convoitée.

En retour, Aimé Boji Sangara a sollicité l’appui de Dakar à la candidature de la RDC au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Kinshasa a proposé la sénatrice Juliana Lumumba, fille de Patrice Lumumba, pour succéder à la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

Les deux responsables ont convenu d’un soutien mutuel. Un échange de bons procédés classique en diplomatie, mais qui montre la volonté des deux pays de peser ensemble sur la scène internationale.

Une coopération fondée sur l’histoire et les défis communs

Aimé Boji Sangara, en réponse aux avances sénégalaises, a salué l’ouverture de son homologue. Il a mis en avant les liens historiques entre les deux pays, rappelant les défis sécuritaires auxquels ils ont été confrontés : la rébellion en Casamance pour le Sénégal, les conflits persistants dans l’Est congolais pour la RDC.

Deux pays, deux guerres, deux souffrances. Mais aussi deux résiliences, deux volontés de paix, deux démocraties qui se construisent malgré les obstacles.

Le président de l’Assemblée nationale congolaise a également exprimé son souhait de voir cette coopération s’étendre à d’autres domaines : l’économie, l’éducation, la santé, l’environnement. Les parlements, par leur pouvoir de légiférer et de contrôler, peuvent être des moteurs de développement.

Une prochaine étape à Dakar

Les deux responsables ne veulent pas en rester aux bonnes intentions. Ils ont convenu de poursuivre leurs échanges dans les prochains jours à Dakar, avec pour objectif de concrétiser ce rapprochement.

Un protocole d’accord devrait être signé, destiné à structurer les échanges d’expériences et à définir un cadre de coopération durable. La création du groupe d’amitié parlementaire sera également officialisée.

La délégation congolaise, qui comprenait également les députés Théo Kasi Ngwabije et Rubens Muhima Mikindo, est repartie satisfaite de cette première prise de contact. Les bases sont solides. Reste maintenant à les transformer en actions concrètes.

La diplomatie parlementaire, un levier stratégique

La rencontre de Lomé illustre l’importance croissante de la diplomatie parlementaire. Longtemps considérée comme le parent pauvre des relations internationales, elle est désormais reconnue comme un levier stratégique.

Les parlementaires, par leur ancrage local, leur légitimité électorale, leur capacité à nouer des liens directs avec leurs homologues, peuvent compléter l’action des diplomates de métier. Ils peuvent aborder des sujets sensibles, préparer le terrain, apaiser les tensions.

La RDC et le Sénégal l’ont bien compris. En rapprochant leurs assemblées, ils envoient un signal fort : celui d’une Afrique qui s’unit, qui coopère, qui construit son avenir ensemble.

Une Afrique plus unie et plus influente

El Malick Ndiaye l’a dit : il plaide pour une Afrique plus unie et plus influente sur la scène internationale. Aimé Boji Sangara l’a répété : la coopération interparlementaire est un levier stratégique pour le développement du continent.

Les mots sont forts. Reste à voir s’ils seront suivis d’actes. La rencontre de Dakar, dans les prochains jours, sera un test. La signature du protocole d’accord, un premier bilan.

Mais au-delà des textes, c’est une volonté politique qui s’exprime. Celle de deux pays qui choisissent de s’unir plutôt que de se diviser, de coopérer plutôt que de se concurrencer.

La RDC et le Sénégal ont des histoires différentes, des cultures distinctes, des défis spécifiques. Mais ils partagent une langue, la francophonie. Ils partagent des valeurs, la démocratie, l’État de droit. Ils partagent une ambition, celle d’un avenir meilleur pour leurs peuples.

À Lomé, Aimé Boji et El Malick Ndiaye ont posé une pierre. D’autres suivront. Et peut-être, un jour, cette coopération parlementaire deviendra un modèle pour d’autres pays africains. L’Afrique en a bien besoin.

Real, PSG et Barcelone : qui franchira le premier pas vers le Final Four ?

La Ligue des champions entre dans une nouvelle dimension. Dès les 7 et 8 avril, les supporters attendent avec impatience les premiers matchs des quarts de finale, où s’affronteront des clubs habitués à jouer uniquement pour la victoire. Le meilleur site de paris sportifs international présente les affiches principales de la semaine et les cotes des matchs phares. Les grandes confrontations suscitent des émotions fortes, tandis qu’une approche responsable permet de garder le contrôle du jeu.

 

Real Madrid – Bayern Munich

 

Cotes des résultats les plus populaires :

 

V1 – 3,07, X – 4,23, V2 – 2,20 ;

 

Qui va se qualifier ? Real – 2,91, Bayern – 1,41.

 

Quand le Real et le Bayern se rencontrent, l’enjeu de la partie se passe de commentaires. Il s’agit d’un choc entre deux clubs pour lesquels la Ligue des champions est depuis longtemps le terrain de prédilection des grandes victoires. Les experts donnent l’avantage au Bayern, mais le Real Madrid a déjà prouvé qu’il pouvait surprendre sous une pression maximale. Au tour précédent, le Real a battu Manchester City à deux reprises, rappelant une fois de plus qu’il est dangereux de le sous-estimer. Cependant, le Bayern, leader de la Bundesliga, est confiant et aborde les quarts de finale avec une concentration maximale sur l’Europe.

 

Paris Saint-Germain – Liverpool

 

Cotes des résultats les plus populaires :

 

V1 – 1,77, X – 4,36, V2 – 4,46 ;

 

Qui va se qualifier ? Paris Saint-Germain – 1,57, Liverpool – 2,40.

 

Jusqu’à récemment, Liverpool était considéré comme l’un des grands favoris du tournoi, mais une série de contre-performances en Premier League a considérablement accru la pression sur le club anglais. Le PSG approche ce match avec plus de confiance et semble prêt à réaliser un gros coup. Les Parisiens ont réalisé une belle performance lors de la phase précédente et souhaitent désormais faire sortir un autre rival anglais. Cependant, Liverpool reste une équipe capable de renverser la situation à tout moment.

 

FC Barcelone – Atlético

 

Cotes des résultats les plus populaires :

 

V1 – 1,55, X – 5,28, V2 – 5,48 ;

 

Qui va se qualifier ? FC Barcelone – 1,37, Atlético – 3,10.

 

Le FC Barcelone et l’Atlético se croisent pour la première fois cette saison, et chaque nouvelle rencontre ne fait qu’accroître la tension. Ces deux équipes se connaissent très bien, mais prédire l’issue du match reste une fois de plus difficile. Les Catalans ont renversé le Real Madrid à deux reprises en championnat, mais l’Atlético a réagi en s’imposant avec brio en coupe et a prouvé qu’il pouvait créer la surprise même dans les matchs les plus difficiles. Quelques jours avant cette rencontre, les deux équipes se sont affrontées à nouveau, et le Barça l’a emporté de justesse. Les huitièmes de finale de la Ligue des champions se dérouleront les 8 et 14 avril. Les Blaugrana parviendront-ils à tenir leur rang ou leur adversaire déjouera-t-il les pronostics ?

 

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Mandala City : l’ex-Kuluna construisent une cité moderne pour l’État congolais

Douze mois ont suffi. En un an, le Service national de la République démocratique du Congo a transformé une zone quasi inhabitée de Kaniama Kasese en une cité moderne. Baptisée « Mandala City », en hommage au chef coutumier qui a cédé le terrain, cette infrastructure de haut standing impressionne. Surtout, d’anciens Kuluna ont construit l’ensemble. Ainsi, le projet incarne à la fois une réussite architecturale et sociale.

En effet, le projet s’est déroulé de mars 2025 à mars 2026. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik l’a ensuite présenté officiellement. Visiblement satisfait, il a salué le travail accompli par ces jeunes. Désormais, il les appelle les « bâtisseurs de la nation ».

« Cette cité peut accueillir le Conseil des ministres et d’autres activités de haut niveau », a-t-il affirmé. De plus, il a insisté sur un point clé : ces ex-Kuluna ont réalisé l’ouvrage de bout en bout.

Une cité moderne pensée pour l’État

D’abord, Mandala City se distingue par sa conception. Elle comprend 24 appartements modernes. Chaque unité dispose de trois chambres, d’un salon et d’une salle à manger. Au total, la cité offre 72 chambres.

Ensuite, les concepteurs ont intégré une grande salle de conférence. Celle-ci peut accueillir des réunions stratégiques, notamment le Conseil des ministres. Par ailleurs, ils ont aménagé un bureau dédié au président de la République. Un restaurant moderne complète l’ensemble.

En outre, le projet ne s’arrête pas là. Les équipes construisent encore des infrastructures de loisirs. Parmi elles : un terrain de basketball, un terrain de volleyball, une piscine et un court de tennis. Ainsi, Mandala City devient un espace complet, à la fois professionnel et résidentiel.

Une réinsertion sociale spectaculaire

Cependant, l’essentiel se joue ailleurs. Derrière les bâtiments, il y a des parcours de vie transformés. En effet, les ouvriers ne viennent pas du circuit classique. Le Service national a recruté et formé d’anciens Kuluna.

Autrefois associés à la violence urbaine, ces jeunes ont changé de trajectoire. D’abord, ils ont appris les métiers du bâtiment. Ensuite, ils ont travaillé sur le chantier pendant douze mois. Progressivement, ils ont acquis des compétences et une discipline.

Aujourd’hui, le résultat est visible. La cité se dresse fièrement. Mais surtout, chaque mur raconte une transformation. Ces jeunes ont remplacé la violence par le travail. Ils ont retrouvé une dignité.

Un modèle porté par le Service national

Par conséquent, cette réalisation confirme le rôle croissant du Service national. À l’origine, cette structure encadrait la jeunesse. Désormais, elle participe activement au développement du pays.

Sous la direction du lieutenant-général Kasongo Kabwik, les projets se multiplient. Le Service national construit des routes, des écoles et des centres de santé. En parallèle, il poursuit sa mission sociale.

Ainsi, il forme les jeunes en difficulté. Il leur offre un métier. Et surtout, il leur donne une seconde chance. Le modèle de Kaniama Kasese montre que cette approche fonctionne.

Un symbole pour l’avenir de la RDC

Par ailleurs, le nom « Mandala City » porte un message fort. Il rend hommage au chef coutumier Mandala, qui a cédé le terrain. Ce geste a permis la réalisation du projet.

Dans un contexte où les conflits fonciers restent fréquents, cette collaboration marque un précédent. Elle prouve qu’il est possible de concilier tradition et modernité.

Enfin, Mandala City ouvre des perspectives. Le Service national envisage déjà d’autres projets similaires. L’objectif reste clair : moderniser les infrastructures tout en réinsérant les jeunes.

Ainsi, cette cité devient une vitrine pour la RDC. Elle montre un pays capable de construire, d’innover et de transformer sa jeunesse. Plus qu’un simple projet immobilier, Mandala City incarne une vision.

Et surtout, elle rappelle une chose essentielle : derrière chaque chantier, il peut y avoir une seconde chance.

42 opposants politiques toujours détenus arbitrairement, selon un rapport de l’ONU

La machine à broyer les opposants ne ralentit pas. Dans un rapport publié lundi 6 avril 2026, le Bureau Conjoint des Nations unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) révèle que quarante-deux membres de partis politiques restent détenus depuis janvier. Les services de renseignement et la justice militaire les ont arrêtés. Aujourd’hui, la plupart se trouvent à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. D’autres seraient enfermés dans des « cachots clandestins » attribués au Conseil national de Cyberdéfense (CNC), souvent accusé d’abus.

Ainsi, le rapport dresse un tableau sombre de la situation des droits humains en RDC. Pourtant, le pays célèbre sa qualification historique pour la Coupe du monde. Mais, en parallèle, la répression politique continue.

Par ailleurs, les personnes arrêtées appartiennent surtout à deux partis : Ensemble pour la République de Moïse Katumbi et le PPRD de Joseph Kabila. Le pouvoir les considère comme des menaces. Dès lors, ils deviennent des cibles privilégiées.

Des arrestations ciblées et répétitives

D’abord, le rapport détaille des méthodes d’arrestation presque identiques. Des hommes armés interviennent, parfois en uniforme, parfois en civil. Ils arrivent souvent la nuit. Ensuite, ils emportent leurs cibles sans mandat et sans explication. Enfin, les familles restent sans nouvelles.

En janvier, les agents ont arrêté Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et Dunia Kilanga selon ce même mode opératoire. Depuis, aucune procédure claire n’a avancé. Pourtant, plusieurs organisations ont exigé leur comparution devant un juge. Malgré cela, les autorités les maintiennent au secret.

Ndolo et les zones d’ombre du CNC

Aujourd’hui, la majorité des détenus se trouve à la prison militaire de Ndolo. Ce lieu traîne une réputation inquiétante. En effet, plusieurs témoignages dénoncent des conditions de détention très dures.

Cependant, certains opposants ne s’y trouvent même pas. Selon le rapport, des agents les retiennent dans des sites non officiels liés au CNC. Cette structure, censée lutter contre la cybercriminalité, agit désormais dans une zone grise. Ses agents restent souvent non identifiés. De plus, ses lieux de détention échappent à tout contrôle.

Déjà, en mars, Human Rights Watch avait tiré la sonnette d’alarme. L’ONG évoquait des disparitions inquiétantes. Elle accusait aussi les autorités d’utiliser le CNC pour neutraliser des opposants, souvent sous prétexte de liens avec l’AFC/M23.

Pressions internationales et silence des autorités

Face à ces accusations, le gouvernement congolais rejette toute dérive. Il affirme respecter les procédures judiciaires. Pourtant, les faits racontent une autre réalité. Les arrestations se multiplient. Les familles restent sans réponses. Et les avocats peinent à accéder aux détenus.

De leur côté, les partenaires internationaux haussent le ton. Les Nations unies, l’Union européenne et les États-Unis appellent au respect de l’État de droit. Mais, jusqu’ici, ces appels restent sans effet.

Dans ce contexte, la prison de Ndolo devient un symbole. Elle incarne cette répression dénoncée par plusieurs ONG. Surpopulation, manque de soins, conditions difficiles : les récits d’anciens détenus inquiètent.

Ainsi, l’ONU demande une libération immédiate des détenus politiques. À défaut, elle exige leur présentation rapide devant un juge indépendant. Elle rappelle aussi que la RDC a signé plusieurs traités internationaux. Or, ces engagements obligent l’État à garantir les droits fondamentaux.

Enfin, ces révélations tombent dans un climat politique tendu. Le débat sur la révision constitutionnelle divise déjà le pays. Dans ce contexte, ces arrestations soulèvent une question claire : le pouvoir cherche-t-il à contenir toute contestation ?

Pendant ce temps, les familles attendent. Elles espèrent des nouvelles. Elles réclament justice. Et surtout, elles refusent que leurs proches disparaissent dans le silence.