Mondial 2026 : Bakambu appelle à moderniser les stades congolais

La joie de la qualification historique des Léopards ne doit pas faire oublier les défis structurels. C’est le message martelé par Cédric Bakambu, l’un des cadres de l’équipe nationale. Dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), l’attaquant du Real Betis appelle ses compatriotes à transformer cette victoire en tremplin pour moderniser les infrastructures sportives du pays. Un cri d’alarme, alors que la RDC ne dispose d’aucun stade aux normes internationales.

Mardi 31 mars 2026 restera gravé dans les mémoires. Ce jour-là, les Léopards ont battu la Jamaïque (1-0) à Guadalajara, décrochant leur billet pour la Coupe du monde après 52 ans d’attente. L’unique but de la rencontre a été inscrit par Axel Tuanzebe.

Dans l’euphorie générale, Cédric Bakambu a tenu à tempérer l’enthousiasme. L’attaquant de 34 ans, qui a connu plusieurs sélections et participé à la renaissance de l’équipe, a adressé un message à ses compatriotes.

« C’est une opportunité pour nous tous de nous rassembler, de nous investir, de moderniser nos infrastructures sportives, d’accompagner notre jeunesse et de faire rayonner le sport en République démocratique du Congo. L’avenir commence aujourd’hui », a-t-il écrit.

Un message qui interpelle

Le message de Cédric Bakambu ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. La situation des infrastructures sportives en RDC est alarmante. Kinshasa, la capitale, ne dispose d’aucun stade répondant aux standards internationaux en matière de sécurité, de confort et de technologies.

Le stade des Martyrs, d’une capacité de 80 000 places assises, est actuellement abandonné à son triste sort. Il n’est pas homologué par la FIFA, car ne répondant pas aux exigences de l’instance internationale. Le stade Tata Raphaël (45 000 places) connaît le même sort.

À l’intérieur du pays, la situation est encore plus préoccupante. Les stades sont souvent délabrés, mal équipés, voire inexistants. Les clubs congolais, privés d’infrastructures dignes de ce nom, peinent à se développer et à former de jeunes talents.

Un retard considérable sur les voisins

La RDC accuse un retard considérable par rapport à plusieurs pays voisins. Le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Maroc, l’Égypte, l’Afrique du Sud : tous ont investi des fonds importants pour se doter d’infrastructures modernes et multifonctionnelles.

Ces pays accueillent régulièrement des compétitions internationales, ce qui leur permet de développer leur économie, de créer des emplois et de soigner leur image à l’étranger. La RDC, elle, reste à la traîne.

Le paradoxe est cruel. Le pays regorge de talents, ses joueurs brillent en Europe, son équipe nationale vient de se qualifier pour le Mondial, mais ses stades tombent en ruine.

Bakambu : « Je n’oublie pas la douleur de l’Est »

Avant d’appeler à la modernisation des infrastructures, Cédric Bakambu a tenu à adresser une pensée aux populations de l’Est du pays, ravagé par la guerre.

« Cependant, je n’oublie pas la douleur et les souffrances que vit l’Est de notre pays, ravagé par les guerres et les conflits depuis trop d’années. Chaque effort que nous fournissons sur le terrain, chaque moment de sacrifice, est aussi pour eux. Nous portons leurs espoirs avec nous, et chaque pas vers la Coupe du monde est un pas vers l’espoir pour tout le peuple congolais », a-t-il écrit.

Un message empreint de gravité, qui rappelle que la joie du sport ne doit pas faire oublier les réalités du pays. Les Léopards jouent aussi pour les déplacés, pour les victimes, pour ceux qui n’ont plus d’espoir.

La nation face à ses responsabilités

La qualification pour le Mondial place la RDC face à ses responsabilités. L’État ne peut plus ignorer l’état de délabrement de ses infrastructures sportives. Des solutions existent, mais elles nécessitent de la volonté politique et des investissements.

À défaut de moyens financiers suffisants, l’État peut créer des partenariats public-privé. Il s’agit de collaborer avec des entreprises privées pour financer et gérer ces installations pendant une durée donnée. C’est l’une des stratégies modernes utilisées par de nombreuses nations.

La construction de stades modernes peut également être intégrée dans des programmes de développement plus larges, financés par des bailleurs de fonds internationaux. La Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement : autant de partenaires potentiels.

Les infrastructures sportives, levier de développement

Les infrastructures sportives modernes ne sont plus de simples lieux d’amusement. Elles sont devenues des leviers de développement économique et social.

  • Développement économique : elles attirent des événements internationaux, génèrent des revenus touristiques, créent des emplois.

  • Santé publique : elles encouragent la pratique sportive, contribuent à la prévention des maladies.

  • Éducation et formation : les centres de formation sportive aident à développer les compétences des jeunes, à les éloigner de la délinquance.

  • Image du pays : des stades modernes et bien entretenus soignent l’image de la RDC à l’international.

  • Aménagement du territoire : la construction d’infrastructures sportives entraîne la construction de routes, d’hôtels, de commerces.

Autant d’arguments que Cédric Bakambu a voulu mettre en avant dans son message.

Un appel à l’unité et à l’action

Au-delà de la modernisation des infrastructures, Cédric Bakambu appelle à l’unité et à l’action. La qualification pour le Mondial est une chance unique de fédérer le pays autour d’un projet commun.

« C’est une opportunité pour nous tous de nous rassembler, de nous investir », écrit-il. Un appel lancé aux autorités, aux sponsors, aux supporters, aux médias, à tous les acteurs de la société congolaise.

Le chemin sera long. Les stades ne se construiront pas en un jour. Mais la dynamique est là. La qualification des Léopards a créé un élan de fierté nationale qu’il serait dommage de laisser retomber.

Le défi de l’après-Mondial

La Coupe du monde, c’est pour bientôt. Les Léopards affronteront le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan dans le groupe K. Mais au-delà de la compétition, c’est l’avenir du football congolais qui se joue.

Si la RDC ne modernise pas ses infrastructures, cette qualification restera une simple anecdote, un feu de paille. Si, au contraire, le pays saisit cette opportunité pour investir, pour construire, pour former, alors cette génération de joueurs aura changé l’histoire.

Cédric Bakambu, lui, a déjà pris sa part. Il appelle désormais ses compatriotes à faire de même. La balle est dans le camp des autorités, des partenaires privés, de la société civile.

Les Léopards ont rugi assez fort pour être entendus jusqu’au bout du monde. Il ne reste plus qu’à transformer ce rugissement en action. L’avenir du sport congolais en dépend. L’avenir de la jeunesse congolaise aussi.

Accord RDC-Rwanda : 27,5% d’exécution fin mars 2026, les avancées restent limitées

L’Accord de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda a atteint un taux d’exécution de 27,5 % à la fin du mois de mars 2026, selon le Baromètre des Accords de Paix en Afrique. Intitulé « Rapport d’évaluation de la mise en œuvre de l’Accord de paix de Washington : mars 2026 », ce document fait état d’une longue période de stagnation observée entre novembre 2025 et mars 2026, avant une légère progression récente.

Des avancées globalement limitées

Le Baromètre souligne que les avancées dans la mise en œuvre de l’accord sont globalement limitées. Le niveau d’exécution est passé de 23,3 % à la fin du mois de février 2026 (taux inchangé depuis novembre 2025) à 27,5 % fin mars 2026, soit une progression de 4,2 points de pourcentage (environ 18 % d’augmentation relative).

Cette évolution s’explique en partie par le début d’exécution des engagements sensibles et prioritaires de l’accord, particulièrement les opérations de neutralisation des FDLR, annoncées par les autorités congolaises à la fin du mois de mars, et considérées comme un élément central du dispositif sécuritaire prévu par l’accord.

« Sur les 30 tâches prévues par l’Accord de Paix de Washington, 21 ont connu un début d’exécution à un degré initial, minimal ou intermédiaire, soit 70 % des tâches. Si l’on considère l’ensemble des 30 tâches, leur score cumulé d’exécution atteint 82,5 points sur 300 (le maximum étant atteint si toutes les tâches étaient entièrement réalisées), soit un taux global d’exécution de 27,5 %. En ne prenant en compte que les tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation s’élève à 39,2 % (soit 82,5 points sur 210) », peut-on lire dans ce document.

L’aspect sécuritaire peine à décoller

Le niveau d’exécution des engagements pour le démantèlement des FDLR demeure limité. Ce programme obtient 5 points sur 10, y compris les activités de préparation, d’identification et de localisation. Un faible score de 2,5 points sur 10 est enregistré pour la neutralisation militaire proprement dite.

Le niveau d’exécution de l’assistance aux populations vulnérables, la protection des civils et le retour des déplacés internes et des réfugiés est également côté à 2,5 points sur 10 — un résultat très faible qui témoigne des difficultés à traduire les engagements politiques en actions concrètes sur le terrain.

Évaluation différenciée entre la RDC et le Rwanda

Selon le rapport, seules 18 tâches sur 26 attribuées à la RDC sont déjà partiellement accomplies, correspondant à un taux global d’exécution de 26 % (67,5 points sur 260). Du point de vue des tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint 37,5 % (67,5 points sur 180).

Pour le Rwanda, 14 tâches sur 22 ont connu une exécution partielle, pour un taux global d’exécution de 23,8 % (52,5 points sur 220). Sur la base des seules tâches partiellement exécutées, le taux de réalisation atteint également 37,5 % (52,5 points sur 140).

Une situation sécuritaire toujours incertaine

Les résolutions prises à travers le processus de Washington, le 27 juin 2025, n’ont pas ouvert la voie au retour de la paix dans l’Est de la RDC. L’incertitude plane : la RDC et le Rwanda s’accusent mutuellement, alors que les hostilités sont toujours d’actualité.

L’accord de Washington prévoyait pourtant des engagements clairs :

  • Désengagement et sécurité : retrait des troupes rwandaises de la RDC et démantèlement des groupes armés, notamment les FDLR et le M23 ;

  • Mécanisme de suivi : création d’un comité conjoint de coordination de la sécurité, impliquant la médiation togolaise et la communauté internationale ;

  • Soutien international : l’Assemblée parlementaire de la Francophonie soutient activement cet accord, favorisant la coopération régionale ;

  • Intégration économique : renforcement de la coopération économique dans la région des Grands Lacs.

Un net ralentissement des discussions de Doha

Alors qu’ils avaient prévu de compléter les accords de Washington, les discussions de Doha, menées par le Qatar entre la RDC et les rebelles de l’AFC-M23, n’avancent pas. Aucune cause profonde n’est touchée concrètement. Plusieurs localités du Nord et du Sud-Kivu sont encore occupées par les rebelles.

L’accord-cadre de Doha repose sur huit protocoles thématiques, dont les plus structurants restent à mettre en œuvre :

  1. Mécanisme de libération des prisonniers (signé le 14 septembre 2025) ;

  2. Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (signé le 14 octobre 2025) ;

  3. Accès humanitaire et protection judiciaire ;

  4. Restauration de l’autorité de l’État, réformes institutionnelles et gouvernance participative ;

  5. Arrangements sécuritaires intérimaires et DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) ;

  6. Identité, citoyenneté, retour et réinstallation des réfugiés et déplacés ;

  7. Relance économique et réhabilitation des services sociaux de base ;

  8. Justice, vérité et réconciliation.

Un enjeu économique majeur pour la RDC et la région

Au-delà des aspects sécuritaires et diplomatiques, la mise en œuvre de ces accords revêt une dimension économique cruciale pour la RDC et l’ensemble de la région des Grands Lacs. L’instabilité chronique dans l’Est du pays :

  • Pèse sur les investissements dans une région pourtant riche en ressources minières et agricoles ;

  • Génère des coûts humanitaires massifs (déplacés internes, réfugiés) ;

  • Freine le développement des corridors logistiques régionaux ;

  • Entretient l’économie parallèle et l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Pour les acteurs économiques, la crédibilité des engagements pris à Washington et à Doha conditionne en partie la capacité de la RDC à stabiliser son environnement des affaires et à attirer des investissements de long terme dans l’Est du pays. À ce stade, les chiffres du Baromètre des Accords de Paix traduisent une réalité : les intentions politiques peinent encore à se transformer en résultats tangibles sur le terrain.

Kinshasa accepte d’accueillir des migrants expulsés des États-Unis

La République démocratique du Congo a dit oui. Le dimanche 5 avril 2026, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un dispositif d’accueil temporaire pour des migrants expulsés des États-Unis.

Ces personnes, non congolaises, séjourneront à Kinshasa avant leur retour vers leur pays d’origine. Toutefois, cet accord soulève déjà des questions. En effet, plusieurs pays africains ont été critiqués pour leur participation à ce programme.

Le ministère de la Communication a confirmé l’information. Selon lui, les États-Unis apporteront un soutien logistique et technique. Ainsi, l’État congolais ne supportera aucun coût direct. Par ailleurs, les autorités ont déjà choisi des sites d’hébergement dans la capitale.

Cependant, plusieurs zones d’ombre persistent. Combien de migrants sont concernés ? Combien de temps resteront-ils ? Et surtout, quelles garanties protègent leurs droits ?

Un dispositif progressif et encore flou

Pour l’instant, le gouvernement ne donne aucun chiffre officiel. Néanmoins, une source évoque un dispositif « limité » et « progressif ». Les autorités privilégient une gestion au cas par cas.

Par conséquent, il reste difficile d’évaluer l’ampleur réelle du programme. À titre de comparaison, le Rwanda a accueilli plusieurs centaines de migrants. De son côté, Kinshasa assure que son engagement restera modeste.

Un accueil temporaire sous conditions

Selon les autorités, les migrants ne resteront pas durablement. Leur séjour pourrait durer entre trois et six mois. Ensuite, ils devraient regagner leur pays d’origine.

Ainsi, la RDC se positionne comme un pays de transit. Toutefois, cette promesse soulève des doutes. Dans d’autres pays, les retours restent parfois difficiles à organiser. Par exemple, certains États refusent de reprendre leurs ressortissants.

De plus, les autorités congolaises n’ont pas précisé de solution alternative en cas de blocage.

Les premières arrivées sont attendues avant fin avril 2026. Le gouvernement promet un processus progressif et maîtrisé. En parallèle, il affirme pouvoir suspendre le dispositif si nécessaire.

Entre solidarité et enjeux diplomatiques

Pour justifier cet accord, les autorités évoquent un devoir de solidarité. Elles parlent aussi de renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité.

Cependant, la question des contreparties reste floue. Un rapport américain mentionne des compensations financières pour certains pays. Le Rwanda ou l’Eswatini auraient reçu des paiements.

Dans le cas de la RDC, le gouvernement affirme que le Trésor public ne sera pas sollicité. Mais il ne détaille pas les autres formes de soutien.

Sur le plan juridique, Kinshasa affirme respecter le droit international. Les autorités citent notamment la Convention de Genève de 1951 et la Convention contre la torture. Pourtant, les modalités concrètes restent imprécises.

La question du non-refoulement inquiète aussi. Ce principe interdit de renvoyer une personne vers un pays dangereux. Le gouvernement assure qu’aucune expulsion risquée n’aura lieu. Malgré cela, certaines ONG restent prudentes.

Enfin, le contexte africain reste contrasté. Le Nigeria refuse ce type d’accord. À l’inverse, le Ghana ou l’Ouganda ont déjà coopéré.

Dans ce paysage, la RDC fait un choix stratégique. Elle affiche sa solidarité internationale. Mais elle insiste aussi sur un point : ce dispositif ne sera ni permanent, ni une externalisation des politiques migratoires américaines.

Nord-Kivu : Lukweti sous tension, la population vit dans l’angoisse après les combats

Un calme fragile règne à nouveau sur Lukweti. Cette localité, située à une dizaine de kilomètres à l’est de Nyabiondo, a retrouvé une accalmie depuis le lundi 6 avril 2026. Pourtant, la situation reste tendue.

Les jours précédents, de violents combats ont opposé les rebelles de l’AFC/M23 aux groupes dits Wazalendo. Pris au piège, les civils ont fui massivement. Aujourd’hui encore, la crise humanitaire inquiète. De plus, une reprise des affrontements reste possible.

Le dimanche 5 avril, les rebelles ont lancé une offensive depuis Nyabiondo. Rapidement, des tirs d’armes lourdes ont retenti en pleine journée. La panique s’est installée.

Face au danger, les habitants ont abandonné leurs maisons. Ils se sont dirigés vers Bulewa, Misheeshe et Manyema, près de Mutongo. Sur place, les témoignages décrivent des scènes chaotiques. Des familles fuient à pied. Des enfants se perdent. Des personnes âgées restent en arrière.

Une accalmie précaire sous tension

Malgré l’attaque, les rebelles n’ont pas pris le contrôle de Lukweti. En effet, les Wazalendo tiennent toujours leurs positions. Ils continuent de résister et repoussent les assauts.

Cependant, la situation reste instable. À tout moment, les combats peuvent reprendre. Les lignes bougent vite dans cette zone.

Pour l’instant, aucun bilan officiel n’existe. Ni pour les civils, ni pour les combattants. L’incertitude domine. Des blessés restent sans soins. D’autres personnes sont portées disparues.

Une urgence humanitaire qui s’aggrave

Dans ce contexte, les humanitaires tirent la sonnette d’alarme. Ils décrivent une situation alarmante. D’abord, les déplacements restent limités par l’insécurité. Ensuite, l’économie locale est à l’arrêt. Les marchés ferment. Les commerces disparaissent.

Les risques sont nombreux.

D’une part, les villages voisins accueillent des déplacés sans moyens suffisants. D’autre part, l’accès à l’eau, aux soins et à la nourriture devient difficile. Enfin, les conditions sanitaires se dégradent, ce qui augmente les risques d’épidémies.

Ainsi, les organisations humanitaires appellent à une aide urgente. Toutefois, l’insécurité complique l’accès à la zone.

Nord-Kivu : une crise qui s’étend

La situation de Lukweti s’inscrit dans une crise plus large au Nord-Kivu. Depuis plusieurs mois, les combats se multiplient. En parallèle, les déplacements augmentent fortement.

Les chiffres donnent le vertige.

Plus de 1,86 million de personnes sont déplacées. En outre, 2,17 millions sont retournées dans des conditions précaires. Enfin, 3,90 millions souffrent d’insécurité alimentaire.

Derrière ces données, il y a des vies brisées. Des familles ont tout perdu. Des enfants souffrent de malnutrition. Des femmes subissent des violences.

Par ailleurs, d’autres zones restent touchées. À Rutshuru, des milliers de personnes ont fui Bukombo. À Masisi, plusieurs localités se vident. À Lubero, des attaques ont forcé la population à partir.

Chaque jour, de nouveaux déplacés apparaissent. Le conflit s’enlise et s’intensifie.

Le calme observé à Lukweti reste donc fragile. Il peut annoncer une trêve… ou précéder une nouvelle flambée de violence.

En attendant, les populations vivent dans la peur. Les humanitaires poursuivent leurs efforts malgré les risques.

Une chose est certaine : l’urgence est là. Et cette fois, les actes sont attendus.

Atlético vs FC Barcelone, Manchester City vs Liverpool : le dessus du panier pour vous cette semaine !

Le week-end prochain promet aux supporters un match bouleversant en FA Cup, ainsi que des confrontations intenses en championnats espagnol et italien. 1xBet, le meilleur site de paris sportifs international, vous propose un aperçu des chocs les plus attendus de la semaine. Pour vivre encore plus d’émotions fortes, suivez le lien et pariez aux meilleures cotes ! Profitez du spectacle, mais n’oubliez pas de jouer de manière responsable !

 

Atlético – FC Barcelone, 4 avril

 

Les « Blaugrana » jouissent avec panache du statut de leader en Liga, avec 4 longueurs d’avance sur le Real. Les Catalans disputeront un déplacement périlleux chez l’équipe de Diego Simeone, un match qui pourrait avoir un impact majeur sur la course au titre.

 

Durant la trêve internationale, le Barça a perdu l’un de ses leaders : Rafinha. Dans le même temps, le jeune talent Lamine Yamal est au mieux de sa forme et prêt à renforcer sa légende.

 

L’arme principale des « Matesassiers » sera sans aucun doute leurs contre-attaques fulgurantes, orchestrées par les ailiers explosifs Ademola Lookman et Giovanni Simeone. N’oubliez pas l’attaquant technique Julian Alvarez, toujours dangereux dans la surface adverse.

 

Cotes : V1 – 3,19, X – 3,83, V2 – 2,26

 

Manchester City – Liverpool, 4 avril

 

Les hommes de Josep Guardiola affronteront les Merseysiders en quart de finale de la FA Cup. La rencontre se déroulera à l’Etihad Stadium, offrant à City un avantage certain grâce au soutien de son public.

 

Les stars onéreuses des « Reds », Florian Wirtz et Hugo Ekitiké, ravissent régulièrement les kops par de belles prestations, mais le joueur monumental de Liverpool cette saison reste le milieu de terrain Dominik Szoboszlai.

 

Manchester City possède l’une des lignes d’attaque les plus redoutables au monde, emmenée par l’irrésistible Erling Haaland. Cette saison, l’attaquant norvégien a déjà enfoncé 30 pions sous le maillot des « Citizens » et est déterminé à améliorer ses statistiques impressionnantes.

 

Cotes : V1 – 1,83, X – 4,19, V2 – 4,34

 

Inter – Roma, 5 avril

 

Lors de leurs trois derniers matchs de Serie A, les « Nerazzurri » n’ont pas savouré le goût de la victoire, ce qui explique la réduction de leur avance sur Milan au classement à 6 longueurs. L’équipe de Cristian Chivu devra désormais disputer un match difficile face à la Roma, qui lutte pour une place en Ligue des champions.

 

L’Inter évoluera dans son système de prédilection, le 3-5-2, avec une emphase sur l’aile gauche où Federico Dimarco sera, comme à son habitude, très actif. Les « Giallorossi » miseront quant à eux sur la solidité de leur défense et l’excellent sens du but de Donyell Malen.

 

Cotes : V1 – 1,68, X – 4,07, V2 – 5,63

 

Naples – AC Milan, 6 avril

 

Le choc au sommet de la 31ᵉ journée de Serie A se déroulera à Naples, où s’affronteront les deuxième et troisième du tableau. Les Napolitains restent sur quatre victoires de rang et ne sont plus qu’à une unité de Milan.

 

Les deux équipes aiment saturer l’axe du terrain, les duels clés se jouant très probablement au milieu. Le leader napolitain Scott McTominay et le meneur de jeu expérimenté Kevin De Bruyne seront opposés à Adrien Rabiot et au légendaire Luka Modrić.

 

Cotes : V1 – 2,68, X – 3,11, V2 – 3,11

 

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Norbert Basengezi Katintima élu deuxième vice-président avec 87 voix

L’Union sacrée a tenu son rang. Ce vendredi 3 avril 2026, Norbert Basengezi Katintima a été élu deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo. Candidat unique de la majorité présidentielle, il a obtenu 87 voix sur 95 suffrages exprimés. Un score sans appel qui consacre le sénateur du Sud-Kivu, ancien dirigeant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), au perchoir de la Chambre haute. Il succède à Modeste Bahati Lukwebo, également originaire du Sud-Kivu, qui avait démissionné après une pétition pour « incompétence ».

L’annonce des résultats a été faite par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, à l’issue du scrutin. Sur les 95 bulletins dépouillés, Norbert Basengezi Katintima a recueilli 87 voix pour, 5 voix contre et 3 bulletins nuls. Une majorité écrasante qui témoigne de la discipline de vote imposée par l’Union sacrée de la Nation (USN).

L’élection, bien que formelle, n’en était pas moins importante. Après la démission surprise de Modeste Bahati Lukwebo, la majorité présidentielle devait rapidement pourvoir le poste laissé vacant, afin d’éviter tout dysfonctionnement dans l’organisation des travaux de la Chambre haute.

Un candidat unique après plusieurs retraits

La course à la vice-présidence n’a pourtant pas été aussi simple qu’il n’y paraît. Plusieurs candidatures avaient été déposées, avant de se retirer les unes après les autres.

La première à jeter l’éponge fut Mariane Bakiele. Dans une lettre datée du 1er avril, elle a officiellement annoncé son retrait, expliquant sa décision par la nécessité de se conformer au choix de l’Union sacrée, sa famille politique, et par respect pour le chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Ensuite, ce fut au tour de Françoise Bemba Ndokwa. La sénatrice du Mouvement de libération du Congo (MLC) a vu sa candidature retirée par sa propre formation politique, qui a choisi de soutenir le candidat de la majorité.

À la veille du scrutin, Norbert Basengezi Katintima se retrouvait donc seul en lice. La commission spéciale chargée d’examiner les candidatures, présidée par le sénateur Gabriel Bolenge, a pris acte de ces retraits et validé l’unique candidature restante.

Un parcours qui a fait consensus

Norbert Basengezi Katintima n’est pas un inconnu. Ancien dirigeant de la CENI, il a piloté plusieurs scrutins majeurs, dont les élections de 2018 et 2023. Son expérience institutionnelle, sa connaissance des rouages de l’État et sa réputation de technocrate ont pesé dans son choix par l’Union sacrée.

Originaire du Sud-Kivu, comme son prédécesseur Modeste Bahati Lukwebo, il assure une continuité géographique, mais aussi politique. L’Union sacrée, en le choisissant, a voulu un profil consensuel, capable de rassembler au-delà des clivages partisans.

Les 87 voix obtenues, y compris certains soutiens de l’opposition, montrent que ce pari a été réussi. Norbert Basengezi incarne désormais la stabilité et l’expérience, des qualités recherchées pour le poste de deuxième vice-président.

Une élection dans la continuité de la démission de Bahati

Cette élection intervient dans le sillage de la démission de Modeste Bahati Lukwebo, survenue le 18 mars 2026. L’ancien deuxième vice-président avait préféré jeter l’éponge plutôt que d’affronter une procédure de destitution engagée contre lui.

Une pétition visant sa déchéance pour « incompétence » avait été déposée le 16 mars. Elle avait recueilli 83 signatures sur 109 sénateurs, un score accablant. Face à cette défiance massive, Bahati avait choisi de se retirer.

« Je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues », avait-il déclaré à l’époque, avant de remettre sa lettre de démission au président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde.

Le Sénat avait pris acte de cette démission le samedi 21 mars, lors d’une séance plénière. La commission spéciale chargée d’examiner la pétition avait alors clos ses travaux, estimant que la démission rendait caduque la procédure.

Un nouveau départ pour le Sénat

Avec l’élection de Norbert Basengezi Katintima, le Sénat tourne une page. L’ère Bahati, marquée par des tensions et des controverses, est désormais close. Place à un nouveau tandem à la tête de la Chambre haute, avec Jean-Michel Sama Lukonde (président) et Norbert Basengezi (deuxième vice-président).

Reste maintenant à savoir si le nouveau bureau saura restaurer la sérénité et l’efficacité dans les travaux parlementaires. Les défis sont nombreux : examen des lois, contrôle de l’action du gouvernement, représentation des provinces.

Le deuxième vice-président aura un rôle clé à jouer. En l’absence du président, il peut être amené à le suppléer. Il participe à l’organisation des travaux, à la gestion des débats, à la représentation de l’institution.

Norbert Basengezi, avec son expérience, semble taillé pour ces missions. Les prochains mois diront si l’Union sacrée a fait le bon choix.

L’opposition en retrait

L’opposition, elle, est restée discrète lors de cette élection. Aucun candidat adverse n’a été présenté. Les 5 voix contre enregistrées pourraient provenir de sénateurs indépendants ou d’une opposition ayant voulu marquer son désaccord, mais sans aller jusqu’à présenter une alternative.

Un signe que, sur ce dossier, l’opposition a choisi de ne pas faire de la résistance systématique un principe. L’élection de Norbert Basengezi, vu comme un profil technique, n’a pas suscité d’opposition farouche.

Reste à voir si cette « trêve » se prolongera sur d’autres dossiers, ou si elle était uniquement circonstancielle.

Un signal de stabilité

Au-delà du nom du nouvel élu, c’est un signal politique qui a été envoyé. L’Union sacrée, malgré ses divisions internes, est capable de s’entendre sur un candidat unique. La discipline de vote a été respectée. Et le Sénat, souvent perçu comme une chambre d’enregistrement, a montré qu’il pouvait fonctionner avec efficacité.

Norbert Basengezi Katintima entame son mandat. Il a promis de travailler pour l’intérêt général, de respecter les institutions et d’être à l’écoute des sénateurs, quelle que soit leur appartenance politique.

Les mots sont importants. Mais seuls les actes compteront. Le nouveau deuxième vice-président du Sénat sait qu’il sera jugé sur ses résultats. Les sénateurs, eux, lui accorderont peut-être un crédit de confiance. Après les turbulences de l’ère Bahati, le Sénat a besoin de stabilité. Norbert Basengezi est là pour la lui offrir. Reste à savoir s’il saura saisir sa chance.

Procès Balanganayi : 10 ans de prison requis contre le médecin accusé de violences sur une patiente

La sentence pourrait être lourde. Ce vendredi 3 avril 2026, devant le tribunal de grande instance de Kinkole, à l’Est de Kinshasa, le parquet a requis dix ans de servitude pénale principale contre le docteur David Balanganayi. Le médecin est poursuivi pour coups et blessures, torture et enregistrement non autorisé de l’intimité de sa patiente, Dorcas Moya, pendant son accouchement à l’hôpital général de référence de Kinkole. Une affaire qui a choqué l’opinion publique et mobilisé les associations féminines. Le verdict est désormais très attendu.

L’audience de ce vendredi était décisive. Après l’audition des témoins et les plaidoiries des parties civiles, le ministère public a dévoilé ses réquisitions. Elles sont sans appel.

« Vous condamnerez le prévenu David Balanganayi à 10 ans de servitude pénale principale et une amende de 100.000 dollars américains payable en francs congolais pour l’infraction de torture », a requis le magistrat du parquet.

Mais ce n’est pas tout. Le parquet a également demandé :

  • 5 ans de prison pour l’infraction d’enregistrement de l’intimité de la victime, assortis d’une amende de 25 millions de francs congolais.

  • 5 ans de servitude pénale principale pour coups et blessures aggravés.

  • La condamnation aux frais d’instance et, à défaut de paiement dans les délais, la contrainte par corps.

Le réquisitoire du parquet est clair : le docteur Balanganayi doit être puni sévèrement pour ses actes. Le cumul des peines pourrait atteindre des sommets, même si le tribunal devra décider si elles s’exécutent de manière concurrente ou consécutive.

Un million de dollars réclamés par la partie civile

Du côté de la victime, les avocats de Dorcas Moya n’ont pas été en reste. Ils ont réclamé une somme faramineuse à titre de dommages et intérêts.

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« Il vous plaira de déclarer cette action recevable et pleinement fondée. Il s’agit d’un médecin de l’État congolais dont les fautes ont été commises dans l’exercice de ses fonctions. En conséquence, nous sollicitons la condamnation au paiement d’une somme d’un million de dollars, payable en francs congolais pour dommages et intérêts sur base de l’article 258 du code civil livre 3 », a plaidé l’avocat de la partie civile.

Un million de dollars. Une somme qui peut sembler astronomique, mais qui reflète l’ampleur du préjudice subi par Dorcas Moya. La jeune femme a été victime de violences physiques, de torture, et d’un enregistrement de son intimité sans son consentement, diffusé ensuite sur les réseaux sociaux.

L’état de la victime : un témoignage clé

L’audience de vendredi a également entendu un témoin crucial : le docteur Éloge Ilunga, médecin à l’hôpital Diamant, où Dorcas Moya a été transférée après son calvaire à Kinkole.

Son témoignage va à l’encontre de la thèse de l’urgence défendue par le docteur Balanganayi. Selon ce dernier, il aurait agi sous l’emprise de l’état de nécessité, la vie de la patiente étant en danger.

« Nous avons reçu le vendredi passé Mme Dorcas Moya avec un état observé et des signes vitaux stables, c’est-à-dire que le statut intégral de la patiente par rapport à son physique ou son état était stable. Sa vie n’était pas en danger. Elle n’était donc pas dans un état d’urgence. Elle était admise en chambre », a déclaré le docteur Ilunga.

Un témoignage qui fragilise considérablement la défense du médecin accusé. Si la vie de Dorcas Moya n’était pas en danger au moment de son transfert, la justification de l’état de nécessité devient difficile à soutenir.

La défense joue son va-tout

Face à ces réquisitions sévères et à ce témoignage accablant, la défense du docteur Balanganayi devra trouver les mots pour sauver son client. Plaidera-t-elle la clémence ? Contestera-t-elle l’évaluation des préjudices ? Mettra-t-elle en cause l’organisation de l’hôpital de Kinkole ?

Les avocats du médecin ont déjà indiqué que leur client avait agi pour sauver une vie, et que les coups administrés l’avaient été dans un contexte d’urgence absolue. Mais le témoignage du docteur Ilunga contredit directement cette version.

Le tribunal devra départager les deux récits. Et sa décision aura des conséquences au-delà de ce seul procès.

Une affaire exemplaire

L’affaire Balanganayi est devenue un symbole. Symbole de la lutte contre les violences obstétricales, souvent invisibles, souvent impunies. Symbole du combat des femmes pour que leur parole soit entendue, leur corps respecté, leur dignité protégée.

La Première Dame Denise Nyakeru, qui a pris en charge la victime, a salué la mobilisation. Les associations féminines, présentes en nombre lors des audiences, appellent à une condamnation exemplaire.

Si le tribunal suit les réquisitions du parquet, ce sera un signal fort envoyé à l’ensemble du corps médical : la violence sur les patientes, même sous couvert d’urgence médicale, ne sera plus tolérée.

Le verdict très attendu

Le tribunal a mis son jugement en délibéré. Il devrait être rendu dans les prochains jours, peut-être dès la semaine prochaine.

Dorcas Moya, qui a comparu lors de l’audience, attend avec impatience la décision des juges. Son avocat a réclamé justice, et réparation.

Le docteur Balanganayi, détenu depuis le début de l’affaire, risque la prison ferme, une amende lourde, et la destruction de sa carrière médicale.

Au-delà des peines, c’est la mémoire de la victime, et la dignité de toutes les femmes qui accouchent, qui est en jeu. Le tribunal de Kinkole, tribunal de proximité, va rendre une décision qui aura une résonance nationale.

Une chose est sûre : l’affaire Balanganayi ne s’arrêtera pas au verdict. Elle a ouvert une brèche dans le mur du silence qui entoure trop souvent les violences obstétricales. Et cette brèche, plus rien ne pourra la refermer.

Doha : Tshisekedi solidaire du Qatar, les deux pays conjuguent leurs efforts pour la paix en RDC

Le président Félix Tshisekedi était à Doha, ce jeudi 2 avril 2026. Il s’est entretenu avec l’Émir de l’État du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, sur les évolutions régionales et internationales. Au cœur des échanges : la situation au Moyen-Orient, l’agression iranienne contre le Qatar, mais aussi la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une double solidarité s’est exprimée : celle de Kinshasa envers Doha face aux menaces extérieures, et celle de Doha envers Kinshasa dans ses efforts de médiation avec la rébellion de l’AFC/M23. Deux dossiers, un même besoin de paix et de respect du droit international.

L’entretien entre Félix Tshisekedi et l’Émir du Qatar s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre les deux pays, dont les relations se sont intensifiées ces dernières années. Mais cette rencontre revêt une importance particulière, tant les deux nations font face à des menaces qu’elles jugent existentielles.

Pour la RDC, l’agression vient du Rwanda voisin, accusé de soutenir la rébellion de l’AFC/M23. Pour le Qatar, la menace vient de l’Iran, qui a récemment multiplié les actions hostiles contre l’émirat et d’autres pays de la région.

La RDC solidaire du Qatar face à l’agression iranienne

Félix Tshisekedi n’a pas mâché ses mots. Il a exprimé la pleine solidarité de la RDC avec le peuple qatari, face à ce qu’il a qualifié d’« agression iranienne ». Une position qui peut surprendre, Kinshasa étant habituellement discrète sur les dossiers du Moyen-Orient. Mais elle s’explique par la situation même de la RDC.

« Le Président congolais a réaffirmé l’attachement de la République démocratique du Congo au respect du droit international et des principes de la Charte des Nations unies, en l’occurrence le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Qatar », indique le compte rendu officiel de la rencontre.

En d’autres termes, Kinshasa applique au Qatar le principe qu’elle réclame pour elle-même : le respect des frontières et de la souveraineté, sans ingérence extérieure. Une manière de rappeler que la RDC, elle aussi, est victime d’une agression de la part de son voisin rwandais.

L’Est de la RDC, préoccupation partagée

Tour à tour, les deux chefs d’État ont partagé leur préoccupation face à la situation « dégradante » dans l’Est de la RDC. Des milliers de morts, des déplacements massifs, des viols, des attaques attribuées aux rebelles de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être sous l’impulsion du régime de Paul Kagame.

Félix Tshisekedi a réitéré la pleine adhésion de son pays aux efforts de médiation entrepris par le Qatar, destinés à instaurer une paix régionale durable. Doha, en effet, s’est imposé comme un acteur clé dans la résolution du conflit congolais, aux côtés des États-Unis et de l’Angola.

Le processus de Doha, entre espoirs et lenteurs

Le Qatar se montre de plus en plus attaché au retour de la paix en RDC. Le « processus de Doha » est présenté comme une option censée obtenir des avancées significatives dans les discussions entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23.

Ces pourparlers accompagnent en parallèle l’accord de paix signé à Washington DC entre la RDC et le Rwanda sous l’administration Trump. Deux processus, deux médiations, qui parfois se chevauchent, parfois se complètent.

Mais sur le terrain, les résultats peinent à se faire sentir. Les revendications continuelles des unes et des autres bloquent toute avancée concrète. Les populations de l’Est continuent de payer le prix fort d’une guerre qui n’en finit pas.

L’accord-cadre de Doha, une feuille de route ambitieuse

Pour mémoire, le gouvernement de la RDC et les rebelles ont signé, le 2 février 2026 à Doha, le mandat issu de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs. Cet exercice a eu lieu à la suite d’une réunion du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu entre les deux parties.

L’accord-cadre entre Kinshasa et les rebelles repose sur huit protocoles thématiques :

  1. Mécanisme de libération des prisonniers (signé le 14 septembre 2025)

  2. Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (signé le 14 octobre 2025)

  3. Accès humanitaire et protection judiciaire

  4. Restauration de l’autorité de l’État, réformes institutionnelles et gouvernance participative

  5. Arrangements sécuritaires intérimaires et DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion)

  6. Identité, citoyenneté, retour et réinstallation des réfugiés et déplacés

  7. Relance économique et réhabilitation des services sociaux de base

  8. Justice, vérité et réconciliation

Huit chantiers colossaux, qui montrent l’ampleur de la tâche. Signer des accords est une chose. Les appliquer en est une autre.

Un double message de fermeté

En se rendant à Doha, Félix Tshisekedi adresse un double message. À la communauté internationale d’abord : la RDC est un partenaire fiable, qui respecte le droit international et soutient ses alliés. Au Rwanda et à l’AFC/M23 ensuite : la RDC ne lâchera rien, mais elle est prête à négocier dans le cadre des processus engagés.

Le président congolais mise sur la multiplication des médiations pour faire plier Kigali. Doha, Washington, Luanda : autant de capitales où Kinshasa tisse sa toile diplomatique, dans l’espoir d’obtenir ce que les armes ne peuvent pas toujours garantir : la paix.

La route est encore longue

L’entretien de Doha a au moins eu le mérite de clarifier les positions. La RDC est solidaire du Qatar, et le Qatar soutient les efforts de paix en RDC. Une convergence d’intérêts qui pourrait, à terme, déboucher sur des avancées concrètes.

Mais sur le terrain, rien n’a changé. Les combats continuent, les déplacés s’entassent, les violences persistent. Les accords de Doha et de Washington ne seront que des bouts de papier tant que les belligérants n’auront pas vraiment décidé de la paix.

Félix Tshisekedi repart de Doha avec des promesses, peut-être des engagements. Mais le peuple congolais, lui, attend des actes. La paix dans l’Est ne se décrète pas dans les salons feutrés des capitales étrangères. Elle se construit sur le terrain, avec les communautés, par le désarmement des groupes armés et le retour de l’autorité de l’État.

En attendant, les deux Chefs d’État se sont quittés en se promettant de rester en contact. Les prochaines semaines diront si cette rencontre à Doha aura été une étape décisive ou une simple formalité. L’histoire retiendra. Les populations, elles, jugeront.

Kagame ouvre la porte à Kabila : « Tous ceux qui veulent un Congo stable sont les bienvenus »

L’interview que redoutait Kinshasa est enfin tombée. Publiée ce vendredi 3 avril 2026 par Jeune Afrique, l’entretien exclusif accordé par Paul Kagame (réalisé le 26 mars) est une déclaration en règle. Le président rwandais y assume sans fard sa position : l’AFC/M23 est un mouvement congolais, lié à Joseph Kabila, et le problème doit trouver une solution politique interne à la RDC. Il ouvre en outre la porte à l’ancien président congolais, condamné à mort par contumace, tout en réaffirmant son droit à prendre des « mesures défensives » face aux FDLR. Une interview qui risque d’envenimer un peu plus un climat déjà explosif.

La phrase choc, celle qui va faire trembler les chancelleries et les états-majors, est lâchée en milieu d’entretien. Interrogé sur la présence de Joseph Kabila à Goma, Paul Kagame ne se dérobe pas.

« Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus. Kabila a fait ses choix. Vous connaissez ses problèmes. Le gouvernement congolais le poursuit, il a été condamné à mort, une partie de ses biens a été saisie et il veut affronter cette situation dans son propre pays. Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage. Cela n’aurait pas de sens. »

Une déclaration qui légitime implicitement la présence de l’ancien président congolais dans les zones contrôlées par l’AFC/M23. Pour Kinshasa, où Kabila a été condamné pour haute trahison, c’est une provocation de plus.

« L’AFC/M23, c’est Kabila et les Congolais »

Tout au long de l’interview, Paul Kagame s’emploie à disculper le Rwanda. Sa thèse est simple, répétitive, martelée : « Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23, auquel est associé l’ancien président Joseph Kabila. Le problème posé par ce mouvement est un problème politique congolais, qui doit trouver une solution politique congolaise. »

En liant explicitement la rébellion à l’ancien chef de l’État congolais, Kagame reprend à son compte une thèse que Félix Tshisekedi n’a cessé de défendre. Le président congolais a toujours affirmé que derrière l’AFC/M23 se cachait la main de son prédécesseur. Kagame utilise aujourd’hui cet argument… pour mieux exonérer Kigali.

Le Rwanda n’est plus qu’un spectateur bienveillant, selon lui. Les troupes rwandaises ne sont pas là pour conquérir ou piller, mais pour se « défendre » face à une menace existentielle : les FDLR, ces forces génocidaires qui menaceraient encore la sécurité du Rwanda.

Les « mesures défensives » : une notion élastique

Interrogé sur la nature de ces fameuses « mesures défensives » que Kigali refuse de lever, Paul Kagame développe une définition à géométrie variable.

« Qu’entend-on par mesures défensives ? En rapport avec les problèmes qui se trouvent dans l’est du Congo. Cela signifie plusieurs choses. Cela signifie que vous pouvez utiliser du matériel. Vous pouvez déployer des troupes au sol. Cela signifie défendre le territoire. Donc, je ne vois pas où est la contradiction. Il s’agit en fait de défendre notre frontière. Si je défends ma frontière, et qu’il faut pour cela traiter la menace identifiée à 5 km, 10 km ou 20 km, et qu’une autre semaine ils se sont retirés, ou dans une autre semaine il y a besoin de matériel pour traiter le problème qui vous menace. Donc, ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de contradiction. »

Une définition qui, dans les faits, autorise le Rwanda à pénétrer profondément en territoire congolais, à condition de justifier que la menace se trouve à cette distance. Une interprétation que Kinshasa et une partie de la communauté internationale jugent abusive, mais que Kagame assume pleinement.

La sécurité rwandaise passe par une zone tampon

Dans cette logique, le président rwandais dresse un constat qui en dit long sur sa stratégie : la sécurité des frontières rwandaises s’est considérablement améliorée depuis que le M23 a pris le contrôle de villes clés dans l’est de la RDC.

« Il importe peu de savoir qui contrôle l’est, voire la totalité, de la RDC, pourvu que ce contrôle garantisse la sécurité du Rwanda », assène-t-il. Une phrase qui résume à elle seule l’approche de Kigali : peu importe l’identité du voisin, pourvu qu’il ne constitue pas une menace.

Le statu quo actuel, avec l’AFC/M23 aux commandes dans plusieurs zones du Nord-Kivu, offre au Rwanda une zone tampon contre les FDLR. Kagame s’en satisfait, en attendant une solution plus globale.

Critiques de la pression américaine

Sur le plan diplomatique, Paul Kagame n’épargne pas les États-Unis. Il critique ce qu’il perçoit comme des pressions sélectives exercées sur les parties impliquées dans le conflit.

De telles approches partielles, selon lui, risquent de compromettre les accords de paix mêmes que ces acteurs ont soutenus. Une attaque en règle contre la médiation américaine, qui avait pourtant abouti à des accords à Washington.

Kigali semble vouloir dicter ses propres conditions, sans se laisser enfermer dans des cadres imposés de l’extérieur.

Le dossier minier : entre concurrence et souveraineté

Autre sujet sensible abordé dans l’interview : l’expansion du secteur minier rwandais. Accusé par certains de piller les ressources congolaises, Kagame répond avec une franchise déconcertante.

Il affirme que le Rwanda possède à la fois ses propres ressources minérales et la capacité de traiter des minerais provenant d’ailleurs. Il s’interroge sur l’attention disproportionnée portée à ce secteur, suggérant que des pays comme la Belgique et d’autres nations européennes, historiquement dominantes dans le traitement des minerais de la RDC, pourraient percevoir l’expansion du Rwanda comme une nouvelle forme de concurrence.

Un tacle en règle à l’adresse des anciennes puissances coloniales, accusées de vouloir garder le monopole du négoce des richesses congolaises.

L’engagement au Mozambique : une clarification financière

Enfin, Kagame clarifie la situation du déploiement militaire rwandais au Mozambique. Il souligne que cette mission n’est pas tributaire d’un financement de l’Union européenne. Si l’UE contribue à hauteur d’environ 20 millions d’euros, le Rwanda dépense quatre à cinq fois ce montant.

Il présente le financement européen comme un soutien aux acteurs ayant des intérêts économiques dans les régions sécurisées, plutôt que comme une aide directe au Rwanda. Une manière de rappeler que Kigali n’est pas à vendre, et que ses interventions sont dictées par des considérations stratégiques, pas financières.

Une interview qui change la donne

Cette interview exclusive de Paul Kagame intervient à un moment critique. Les négociations de paix sont au point mort, l’AFC/M23 contrôle toujours Goma et de vastes zones du Nord-Kivu, et les accords de Washington peinent à être appliqués.

En ouvrant la porte à Joseph Kabila, en liant l’AFC/M23 à l’ancien président congolais, et en réaffirmant son droit à des « mesures défensives » élastiques, Kagame durcit sa position. Il ne cède rien, ne concède rien, et attend.

Kinshasa, de son côté, voit dans cette interview une provocation de plus. Mais elle y trouve aussi une confirmation : la thèse de Félix Tshisekedi (« L’AFC, c’est Kabila ») est désormais reprise par Kagame lui-même. Reste à savoir si la communauté internationale y verra une main tendue ou un nouvel obstacle sur le chemin de la paix.

Une chose est sûre : l’interview de Paul Kagame restera comme un document clé dans la compréhension de ce conflit aux multiples facettes. Elle dévoile, sans filtre, la pensée du dirigeant rwandais, sa stratégie et ses lignes rouges. Et elle promet des semaines encore tendues dans les couloirs de la diplomatie régionale et internationale.

Procès Balanganayi : le verdict attendu ce vendredi après un report lié à la fête nationale

L’affaire qui secoue Kinshasa depuis plusieurs semaines touche à sa fin. Le verdict du procès du docteur David Balanganayi, accusé de violences sur une patiente dans une salle d’accouchement de l’hôpital général de référence de Kinkole, sera rendu ce vendredi 3 avril 2026. Initialement prévue mercredi 1er avril, la troisième audience a dû être reportée. La raison : le gouvernement congolais avait décrété cette journée chômée et payée sur l’ensemble du territoire pour célébrer la qualification historique des Léopards à la Coupe du monde 2026. Une fête nationale qui a suspendu le cours de la justice, mais seulement pour quelques jours.

L’information du report a été communiquée par Faustin Bukasa, avocat principal de la défense, via un média de la place. Selon lui, l’annonce gouvernementale n’a laissé d’autre choix au tribunal que de décaler l’audience. Une décision logistique, sans incidence sur le fond du dossier.

Le procès, qui a débuté il y a plusieurs jours, a déjà connu deux audiences riches en rebondissements. La première a permis d’identifier le prévenu et d’entendre les chefs d’accusation. La deuxième a vu défiler des témoins clés : le médecin directeur de l’hôpital, des médecins témoins, ainsi que la grand-mère de la victime. Des experts ont également été entendus, livrant des analyses parfois contradictoires sur la déontologie médicale et l’état de nécessité.

La victime sera présente avant le verdict

Ce vendredi, l’audience s’annonce décisive. Pour la première fois, Dorcas Mulema, la patiente victime des violences, comparaîtra à la barre. Son témoignage, attendu avec une grande impatience, pourrait faire basculer le délibéré.

Depuis le début de l’affaire, la jeune femme est prise en charge par la fondation de la Première Dame, Denise Nyakeru, qui a condamné les faits et appelé la justice à établir les responsabilités. Son état de santé, physique et psychologique, a été jugé suffisamment stable pour lui permettre de témoigner.

Le ministère public, qui a requis des peines sévères, verra ses arguments confortés ou infirmés par la parole de la victime. La défense, elle, maintiendra la thèse de l’état de nécessité, déjà plaidée lors des précédentes audiences.

Une affaire qui divise l’opinion publique

Le procès Balanganayi a suscité une intense émotion dans la capitale et au-delà. La vidéo devenue virale, montrant le médecin administrant des coups à une patiente allongée sur une table d’accouchement, a choqué l’opinion. Les réactions se sont multipliées, y compris au plus haut niveau de l’État.

Les organisations féminines et de défense des droits humains sont montées au créneau. Pour elles, les actes du docteur Balanganayi constituent une violence obstétricale inadmissible, une forme de torture que rien ne saurait justifier. Elles réclament des sanctions sévères, voire exemplaires, pour dissuader d’autres professionnels de santé d’adopter de tels comportements.

Mais une partie des professionnels de la santé a également pris la parole. Leur position est plus nuancée. Ils reconnaissent que les coups portés sont condamnables, mais ils insistent sur le contexte : une urgence vitale, une patiente refusant obstinément des soins nécessaires, une équipe médicale dépassée. Pour eux, le docteur Balanganayi a peut-être dérapé, mais il a agi avec l’intention de sauver une vie. Certains appellent à un « recadrage » plutôt qu’à une sanction lourde.

Un procès aux enjeux multiples

Au-delà du cas individuel, ce procès soulève des questions de fond. Jusqu’où peut aller un médecin pour sauver un patient ? La contrainte physique est-elle jamais justifiable ? Comment concilier urgence médicale et consentement éclairé ?

La réponse du tribunal sera scrutée. Elle déterminera non seulement le sort du docteur Balanganayi, mais aussi, dans une certaine mesure, les pratiques médicales en RDC. Une condamnation sévère enverrait un signal fort : les violences obstétricales ne seront plus tolérées. Une relaxe ou une peine légère pourrait être interprétée comme un blanc-seing donné à des méthodes brutales.

L’affaire a également une dimension politique. La Première Dame, Denise Nyakeru, s’est personnellement impliquée, en prenant en charge la victime et en appelant à la justice. Une position qui n’est pas sans rappeler son engagement de longue date pour les droits des femmes et contre les violences sexuelles.

Le poids du symbole

Le fait que le verdict soit rendu le vendredi 3 avril, deux jours après la fête nationale du football, n’est probablement qu’une coïncidence. Mais elle n’est pas anodine. Le pays a célébré l’exploit des Léopards, symbole d’unité et de fierté nationale. Aujourd’hui, la justice s’apprête à trancher un dossier qui divise la nation.

Les deux affaires n’ont rien à voir, bien sûr. Mais elles montrent, chacune à leur manière, les contradictions de la société congolaise : capable d’une joie collective immense, mais aussi traversée par des violences intimes, parfois invisibles.

Les attentes avant le délibéré

Ce vendredi, l’audience commencera par l’audition de Dorcas Mulema. Ses mots pèseront lourd. Ensuite, les avocats plaideront, avant que le juge ne se retire pour délibérer. Le verdict pourrait tomber dans la foulée, ou être mis en délibéré pour une date ultérieure.

Les organisations féminines seront présentes, nombreuses, pour soutenir la victime et appeler à une condamnation. La défense, elle, comptera sur les éléments techniques et le contexte d’urgence pour obtenir l’indulgence du tribunal.

Quelle que soit la décision, elle ne mettra pas fin au débat. Mais elle posera un jalon. Dans un pays où les violences faites aux femmes sont encore trop souvent impunies, ce procès a valeur d’exemple. La justice congolaise, cette fois, est attendue au tournant.