Goma pleure, Genève accuse : La RDC brandit l’arme des droits de l’homme à l’ONU

Genève, 24 février 2026 – Du haut de la tribune du Palais des Nations, la voix de la République démocratique du Congo s’est élevée avec force. Elle a traversé les frontières pour atteindre les collines ensanglantées du Nord-Kivu, où la violence persiste. Ce mardi, la RDC n’est pas venue à Genève pour quémander. Elle est venue pour avertir.

Un cri d’alarme de Thérèse Kayikwamba Wagner

Sous les ors du Conseil des droits de l’homme, la ministre d’État, Thérèse Kayikwamba Wagner, chef de la diplomatie congolaise, a pris la parole. Son discours, solennel et grave, ne relevait pas d’un simple exercice diplomatique. Il s’agissait d’un cri d’alerte adressé à une communauté internationale parfois sourde et souvent distraite.

« Fragiliser ces mécanismes de protection, c’est compromettre la paix et l’avenir collectif », a-t-elle martelé. Ses mots ont résonné comme un glas. Derrière cette mise en garde, il y a les violences dans l’Est du pays : villages incendiés, femmes victimes d’atrocités, enfants déracinés par les groupes armés. Pour Kinshasa, le lien est clair : affaiblir le droit international nourrit l’impunité des bourreaux.

La RDC, vigie de la justice internationale

La ministre a décrit un système multilatéral fragilisé, dont l’érosion serait catastrophique. « Sans responsabilité, il ne peut y avoir ni justice ni paix durable », a-t-elle insisté. Elle a opposé la rigidité des principes à la souplesse coupable de la realpolitik. Dans un monde marqué par les conflits, la RDC se pose en vigie. Elle rappelle que les droits humains ne sont pas une variable d’ajustement, mais le socle de la stabilité.

Alerte sur les menaces de demain

L’intervention congolaise ne s’est pas limitée à l’analyse du passé et du présent. Elle a également mis en lumière les menaces futures. Avec clairvoyance, Thérèse Kayikwamba Wagner a alerté les États membres sur les nouveaux visages de la barbarie : intelligence artificielle, cybercriminalité et cyberviolence.

Kinshasa appelle à un sursaut face à ces frontières numériques. Ces nouveaux théâtres d’opérations peuvent violer les droits humains en un clic, à l’abri des cadres juridiques traditionnels. La RDC plaide pour la création de remparts normatifs afin que la révolution technologique ne devienne pas un cauchemar liberticide.

Ce plaidoyer pour la modernisation du Haut-Commissariat aux droits de l’homme n’est pas un vœu pieux. Il prolonge l’engagement de la RDC à coopérer avec les mécanismes onusiens, notamment la commission d’enquête sur les violations dans l’Est. Kinshasa exige de la transparence envers elle-même et envers la communauté internationale.

Un ultimatum lancé à la conscience du monde

Lorsque la ministre a regagné sa place, un silence pesant a envahi la salle. Celui qui suit les grandes déclarations. Ce mardi 24 février, à Genève, la RDC a posé un ultimatum : renforcer l’arsenal de la justice, ou laisser l’impunité gagner du terrain. De Goma à New York, le message est clair et sans équivoque.

Le retour de Mourinho à Madrid, le choc des titans de la Ligue 1 et plus encore : pariez sur les affiches clés de la C1 européenne !

Les 24 et 25 février donneront lieu aux matchs retour de la plus prestigieuse compétition de clubs d’Europe. Le meilleur site de paris sportifs international, 1xBet, propose une pléthore de marchés et les meilleures cotes pour ces rencontres. Pariez de manière responsable via le lien et gagnez gros !

Inter – Bodø/Glimt, 24 février

Le finaliste de la dernière édition de la Ligue des champions quittera la compétition dès les barrages. L’équipe de Cristian Chivu s’est inclinée 1-3 sur une pelouse synthétique inhabituelle à Bodø. Selon le manager des Nerazzurri, le mauvais état du terrain peut être blâmé.

L’Inter se trouve dans une situation délicate. Cependant, la formation a inscrit 11 buts lors de ses trois derniers matchs à domicile et est tout à fait capable de renverser la situation. Déplorable nouvelle : Lautaro Martínez sera absent pour ce match suite à une blessure contractée en Norvège.

L’euphorie est palpable à Bodø/Glimt. Après la rencontre, l’entraîneur Kjetil Knutsen a déclaré que ses pépites avaient livré une prestation moyenne. Si les Norvégiens parviennent à conserver leur avantage au score lors du match retour, une série télévisée pourrait bien être réalisée sur cette histoire.

V1 – 1,302, X – 6,96, V2 – 9,65.

Paris Saint-Germain – AS Monaco, 25 février

Menés 2-0, avec des penalties non transformés et la blessure de leur leader en milieu de première mi-temps, peu de signes suggéraient le retournement de situation après un tel début. Pourtant, pour le Paris Saint-Germain, partenaire officiel de 1xBet, le ciel est la limite. Lors du match aller contre Monaco, les Parisiens avaient égalisé avant même la pause, avant de s’imposer en seconde période.

Monaco a prouvé qu’il pouvait surprendre n’importe quel adversaire, mais pour le match retour, les locaux aborderont la rencontre avec une concentration maximale dès les premières minutes. Les statistiques ne sont pas en faveur des Monégasques : ils n’ont pris le dessus sur les Rouge et Bleu qu’une seule fois sur la pelouse du PSG ces neuf dernières années.

Le groupe de Luis Enrique est la grande favorite de ce match retour et tentera de se rapprocher de la défense de sa couronne.

V1 – 1,29, X – 6,55, V2 – 11,4.

Real Madrid – Benfica, 25 février

José Mourinho fait son retour à Madrid, mais nous ne le verrons pas sur le banc. Le Portugais a écopé d’un carton rouge lors d’un match tendu à Lisbonne, et même cela ne l’a pas aidé à voler la vedette ce soir-là. La gloire est revenue à Vinícius Júnior. Le Brésilien a inscrit un superbe but en seconde période, a célébré sa victoire en performant une danse triomphale près du poteau de corner orné du logo de Benfica, a essuyé des insultes, et finalement, ces incidents ont davantage fait parler d’eux que le jeu lui-même.

Malgré ce succès étriqué, le Real n’a pas semblé supérieur à son adversaire. Les « Aigles » ont régulièrement pris le contrôle du ballon et contraint Thibaut Courtois à des arrêts exceptionnels.

Avant le match aller, José Mourinho avait déclaré souhaiter ce score pour permettre à son équipe de se battre pour la progression ultérieure en compétition à Madrid. Il a obtenu gain de cause, mais on a le sentiment que la plus grande partie de sa magie footballistique s’est concentrée sur le but d’Anatoliy Trubin en phase de groupes.

V1 – 1,494, X – 5,08, V2 – 6,7.

Juventus – Galatasaray, 25 février

Luciano Spalletti a affirmé que ses hommes se rendaient à Istanbul pour gagner, mais le score final de 2-5 compromet sérieusement leurs chances d’atteindre les huitièmes de finale. Barış Yılmaz a tout simplement anéanti le flanc gauche de la défense adverse, d’où provenaient la plupart des occasions dangereuses pour la Juventus.

À Turin, Galatasaray ne bénéficiera pas d’un soutien offensif aussi précieux. Cependant, l’équipe se montre au meilleur de sa forme : lors des cinq premiers matchs de février, les Lions ont fait trembler les filets 20 fois.

Beaucoup pensent que la qualification de la Juventus pour le tour suivant relèvera du miracle. Pourtant, lors de cette édition de la Ligue des champions, Galatasaray a déjà subi une branlée face à l’Eintracht, une équipe pourtant considérée comme faible, sur le score de 1-5. Les Turinois doivent donc avoir confiance en leurs capacités.

V1 – 1,564, X – 4,925, V2 – 5,78.

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L’armée Congolaise frappe fort et Willy Ngoma ne survit pas à l’offensive

Un coup de tonnerre a éclaté dans le ciel déjà chargé du Nord-Kivu. Ce mardi 24 février 2026, à l’aube, le destin de la rébellion AFC/M23 a brutalement basculé. Une frappe de drone, d’une précision redoutable, a visé son bastion.

Willy Ngoma, visage médiatique et porte-parole du mouvement, a été tué sur le coup. Avec lui, plusieurs de ses proches collaborateurs ont péri. En quelques secondes, la voix officielle de la rébellion s’est tue.

Une cible stratégique près de Rubaya

L’attaque s’est produite près de Rubaya, dans le territoire de Masisi. Cette zone minière constitue un poumon économique essentiel pour les rebelles.

Selon des sources internes au mouvement, confirmées à l’agence Reuters, les Forces armées de la RDC (FARDC) ne visaient pas un combattant ordinaire. Au contraire, elles ciblaient le cœur du commandement.

L’opération, préparée avec minutie, a détruit le quartier général rebelle. Le bilan provisoire fait état d’au moins neuf combattants tués, dont plusieurs cadres importants.

Par ailleurs, Sultani Makenga, chef militaire du M23, se trouvait sur les lieux. Son sort reste incertain. Toutefois, si sa mort se confirmait, l’état-major rebelle subirait une décapitation presque totale.

Willy Ngoma, une figure controversée

La disparition de Ngoma dépasse le simple cadre militaire. En effet, il ne se limitait pas à son rôle de porte-parole. Les États-Unis l’avaient sanctionné en 2023 pour son implication présumée dans de graves violations des droits humains.

Meurtres. Violences sexuelles. Intimidations. Derrière l’image du communicant se cachait un acteur central du système rebelle. Ainsi, son élimination représente à la fois une victoire stratégique et symbolique pour Kinshasa.

Une frappe qui s’inscrit dans une escalade

Cependant, cette opération ne surgit pas sans contexte. Elle intervient après la rupture d’une trêve fragile. L’Angola avait proposé une médiation. Un cessez-le-feu semblait possible.

Pourtant, la signature à Washington d’un accord stratégique sur les minerais entre la RDC et les États-Unis a changé la donne. Depuis, les tensions ont grimpé.

Sur son compte X, Bertrand Bisimwa, numéro deux de l’AFC/M23, a dénoncé « l’arrogance » de Kinshasa et accusé le gouvernement de saboter le processus de paix. Ses déclarations traduisent une colère manifeste. Elles révèlent aussi un moment de fragilité.

Un tournant militaire dans l’Est

Pendant ce temps, sur le terrain, les FARDC intensifient leurs opérations. Elles bénéficient de l’appui des miliciens Wazalendo. Selon l’ONU, le groupe rebelle continue de recevoir un soutien du Rwanda, ce que Kigali conteste régulièrement.

Dès lors, la mort de Willy Ngoma marque un tournant. Le message envoyé est clair. L’état-major rebelle n’est plus intouchable.

La guerre, pourtant, ne s’arrête pas. Elle change de rythme. Et désormais, le silence du porte-parole résonne comme un signal fort dans un conflit qui reste loin d’être terminé.

Macron-Tshisekedi, le tête-à-tête de tous les espoirs : cessez-le-feu, humanitaire et deals au menu de l’Élysée

Les dorures de l’Élysée s’apprêtent à accueillir, pour la deuxième fois en un mois, le président Félix Tshisekedi. Ce mercredi 25 février 2026, le chef de l’État congolais s’entretiendra avec son homologue français Emmanuel Macron, dans un contexte où la diplomatie s’active sur tous les fronts pour tenter d’éteindre l’incendie qui ravage l’Est de la RDC .

La rencontre, confirmée par les autorités des deux pays, intervient à un moment charnière. Le 23 janvier déjà, les deux présidents s’étaient parlé à Paris, autour d’un déjeuner de travail qui avait suivi le Forum de Davos . Mais entre-temps, l’urgence s’est accentuée.

Le cessez-le-feu au cœur des discussions

Depuis le 14 février, une nouvelle donne est sur la table. La France a officiellement salué l’accord de Félix Tshisekedi pour mettre en œuvre un cessez-le-feu proposé par l’Angola à l’ensemble des parties belligérantes . Un geste que Paris veut voir se concrétiser sur le terrain.

Le Quai d’Orsay a été clair : il faut que l’accord de Washington du 4 décembre 2025 soit appliqué « dans toutes ses dimensions ». Un appel à toutes les parties, y compris celles qui, sur le terrain, continuent de faire parler les armes .

Goma, fenêtre ouverte sur l’humanitaire

La France ne se contente pas de paroles. Elle suit de près les évolutions sur le terrain, notamment à Goma. Le déplacement de Vivian van de Perre, cheffe par intérim de la MONUSCO, du 12 au 14 février, a été salué par Paris comme une avancée .

L’objectif ? Préparer le terrain pour un suivi efficace du cessez-le-feu, conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité .

Mais il y a plus concret encore. Un premier vol humanitaire a réussi à se poser à Goma. Pour la France, c’est « un pas important » vers la concrétisation des engagements pris lors de la Conférence de Paris du 30 octobre 2025 . À l’époque, la communauté internationale avait promis de rétablir des vols humanitaires de jour vers la capitale du Nord-Kivu. Aujourd’hui, on passe des promesses aux actes.

Ce que Tshisekedi vient chercher à Paris

Au-delà des déclarations de principe, le président congolais a des attentes précises. Il vient s’assurer que la pression française ne faiblisse pas sur ses partenaires régionaux. Il vient aussi plaider pour que l’aide humanitaire annoncée se débloque vraiment, et que les 850 millions d’euros déjà décaissés sur les 1,5 milliard promis en octobre parviennent jusqu’aux populations qui meurent dans l’indifférence .

La France, de son côté, veut continuer à jouer les bons offices. Elle a multiplié les signaux : visite de la ministre déléguée à la Francophonie Éléonore Caroit à Kinshasa début février , soutien affiché à la candidature congolaise au sein de l’OIF , et aujourd’hui ce nouveau tête-à-tête au sommet.

Un contexte qui s’invite à la table

Pendant que les diplomaties s’activent, la réalité, elle, continue de saigner. Ce mardi 24 février, treize ans après la signature de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, le ministre Julien Paluku dressait un bilan critique : la paix promise reste un objectif lointain, et les ingérences persistent .

Dans le même temps, à Masisi, des milliers de familles fuient à nouveau les affrontements entre les wazalendo et le M23, se dirigeant vers Ngungu, Mushaki, ou tentant de rejoindre Goma et le Sud-Kivu . La boucle infernale continue.

L’Élysée, dernier round avant l’action ?

Alors, que peut vraiment obtenir Félix Tshisekedi de cet entretien ? Peut-être une clarification : jusqu’où la France est-elle prête à aller pour faire respecter les accords ? Peut-elle peser sur ses partenaires européens pour durcir le ton face aux soutiens des groupes armés ?

Mercredi, les caméras du monde entier braqueront leurs objectifs sur la sortie du palais présidentiel. Les visages des deux présidents en diront long sur l’état d’une relation qui, aujourd’hui, porte sur ses épaules une partie des espoirs de paix de tout un peuple.

D’ici là, les populations de l’Est, elles, continuent d’attendre. Des accords, des promesses, et surtout, que les armes se taisent enfin.

38 ans, et désormais patron de la SOKIMO : Yannick Mulundu Nzondé, le prodige Congolais qui bouscule les codes

Il y a des parcours qui semblent tout droit sortis d’un roman d’apprentissage. Celui de Yannick Mulundu Nzondé en est un. À 38 ans, ce jeune entrepreneur congolais vient d’être nommé Directeur général de la SOKIMO, la Société Minière de Kilo-Moto, l’une des plus anciennes et prestigieuses entreprises minières de la République démocratique du Congo.

Une nomination qui fait souffler un vent de jeunesse sur un secteur souvent perçu comme conservateur, et qui place un homme de défis à la tête d’une société aux immenses potentialités mais aussi aux lourdes responsabilités.

De l’Afrique du Sud aux cimes de Forbes

Pour comprendre l’homme, il faut remonter le fil d’un destin pas comme les autres. Né en RDC mais ayant grandi en partie en Afrique du Sud, Yannick Mulundu Nzondé a très tôt baigné dans un environnement multiculturel qui a forgé sa vision du monde et des affaires.

Très jeune, il plonge dans l’entrepreneuriat avec une détermination qui ne le quittera plus. Il fonde Mulundu Investments and Holdings, une société de conseil et de développement d’affaires qui travaille rapidement avec des multinationales et des investisseurs de premier plan. Son talent ? Détecter les opportunités là où d’autres voient des obstacles, et jeter des ponts entre l’Afrique et le monde.

Ce parcours hors norme ne tarde pas à être remarqué. Le magazine Forbes, référence planétaire de la réussite économique, le classe parmi les « Top 30 jeunes Africains prometteurs ». Une consécration qui, à l’époque, n’était qu’une étape. Aujourd’hui, elle prend tout son sens.

L’entrepreneur devenu patron de mine

Car désormais, Yannick Mulundu Nzondé ne se contente plus de conseiller les entreprises : il en dirige une. Et pas n’importe laquelle. La SOKIMO, héritière des riches gisements de Kilo-Moto, dans la province de l’Ituri, est un géant aux pieds d’argile. Spécialisée dans l’exploration et l’exploitation de l’or et du diamant, elle recèle un potentiel colossal, mais a traversé ces dernières années des turbulences opérationnelles et financières.

La mission du nouveau Directeur général est claire : redynamiser la machine, moderniser les méthodes, et hisser la SOKIMO au niveau de compétitivité attendu d’un fleuron national.

La philanthropie comme boussole

Mais Yannick Mulundu Nzondé n’est pas qu’un homme d’affaires. C’est aussi un philanthrope engagé. Cofondateur d’ATI Congo Groupe, il investit dans divers secteurs avec une obsession : contribuer au développement économique de l’Afrique, et en particulier de son Congo natal.

Cette fibre sociale, rare dans les cercles du pouvoir économique, pourrait bien faire la différence à la tête de la SOKIMO. Dans une région où l’exploitation minière a parfois rime avec conflits et spoliations, l’arrivée d’un homme sensible aux questions de développement communautaire est un signal fort.

La nouvelle génération débarque

Cette nomination ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de renouvellement des élites économiques en RDC. Une nouvelle génération de dirigeants, formés à l’international, connectés aux réseaux mondiaux, mais profondément attachés à leur pays, est en train de prendre la relève.

Yannick Mulundu Nzondé rejoint ainsi ce cercle restreint de jeunes Congolais qui portent sur leurs épaules l’espoir d’un renouveau. Fally Ipupa, récemment, dans l’un de ses morceaux, a célébré cette émergence. Lui chante, d’autres agissent. Et quand l’art et l’entreprise se rejoignent dans un même élan patriotique, cela dessine les contours d’une nation qui croit en elle-même.

Les défis qui attendent le jeune patron

Reste l’essentiel : les chantiers. À la SOKIMO, Yannick Mulundu Nzondé devra affronter des défis de taille. Moderniser des infrastructures parfois vieillissantes, assainir les finances, lutter contre la fraude et l’exploitation artisanale illégale, et surtout, attirer des partenaires stratégiques pour valoriser le potentiel minier de Kilo-Moto.

L’homme, rompu aux arcanes du conseil international, sait que la théorie doit désormais rencontrer la pratique. Que les rapports de Forbes ne pèsent pas lourds face à la réalité du terrain. Mais il a un atout : sa jeunesse, justement, qui lui permet d’aborder les problèmes avec un regard neuf, libéré des pesanteurs du passé.

Un symbole pour la jeunesse africaine

Au-delà de sa personne, c’est tout un symbole que cette nomination. Celui d’une Afrique qui confie ses leviers économiques à une génération montante, formée, ambitieuse. Celui d’un Congo qui ose miser sur ses fils les plus prometteurs, même quand ils n’ont pas gravi tous les échelons d’une hiérarchie traditionnelle.

Yannick Mulundu Nzondé, à 38 ans, devient le visage d’une jeunesse qui ne veut plus attendre son tour, mais qui prend sa place. Reste à écrire, ensemble, la suite de l’histoire. Celle de la SOKIMO, de ses milliers d’employés, de ses communautés, et d’un pays tout entier qui regarde désormais vers Kilo-Moto avec un espoir renouvelé.

Fecofa : le compte à rebours électoral est lancé, la CAF et la FIFA veillent au grain

Ils l’attendent depuis des mois. Certains depuis des années. Ce Lundi 23 février 2026, la Commission électorale de la Fédération Congolaise de Football Association (Fécofa) a enfin sorti de son chapeau un nouveau chronogramme. Un calendrier qui, cette fois, doit conduire le football congolais vers la sortie du tunnel de la normalisation.

Car le chemin a été long, semé d’embûches et de reports. Pour comprendre l’importance de ce nouvel échéancier, il faut remonter le fil d’une histoire qui a vu la FIFA et la CAF mettre le football congolais sous tutelle.

Retour sur un feuilleton électoral à rebondissements

Novembre 2023. Les premières élections prévues à la Fécofa tournent court. Des plaintes, des contestations, des ligues qui crient à l’injustice. Le processus s’enlise, s’empoisonne. La Confédération Africaine de Football (CAF) observe, inquiète. Sa décision tombe, radicale : tout surseoir. Il faut voir clair dans cette pétaudière électorale.

La FIFA, elle, avait déjà mis les pieds dans le plat dès avril 2023. Un comité de normalisation (Conor) est installé à la tête de la Fécofa pour une durée initiale de sept mois. Sept mois qui se sont transformés en une longue attente, prolongée à plusieurs reprises. La mission de ce comité ? Gérer les affaires courantes, certes, mais surtout veiller au grain jusqu’à l’élection d’un nouveau comité exécutif. Une mission de sage-femme institutionnelle, délicate et ingrate.

Aujourd’hui, c’est une deuxième équipe du Conor, dirigée par Belinda Lutandila, qui tient les rênes. Et c’est elle qui doit conduire le navire jusqu’au port.

Le nouveau chronogramme : un mois de mars sous haute tension

Le calendrier dévoilé par la Commission électorale a la précision d’un compte à rebours. Le voici, dans ses grandes lignes :

  • 9 mars 2026 : Élection à la Ligue Nationale de Football des Jeunes (LINAFJ). La relève du football congolais choisira ses représentants.

  • 10 mars 2026 : Élection à la Ligue Nationale de Football Féminin (LINAFF). Un scrutin particulièrement attendu dans un contexte de développement du football féminin en RDC.

  • 11 mars 2026 : Élection à la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT). Le cœur du football masculin national, celui des clubs qui font vibrer les stades, se prononcera.

  • 11 avril 2026 : Élection des nouveaux membres du Comité exécutif de la FECOFA. L’étape ultime, celle qui doit consacrer la nouvelle équipe dirigeante du football congolais.

Un mois de mars sous haute tension, donc, pour aboutir à un dénouement prévu le 11 avril.

Les enjeux d’une élection sous surveillance

Ces élections ne sont pas un simple exercice démocratique interne. Elles sont scrutées par la FIFA, par la CAF, par tout l’écosystème du football africain. Le moindre faux pas, la moindre contestation pourrait renvoyer la Fécofa à la case départ, avec son cortège de reports et de normalisation prolongée.

Pour les candidats qui se préparent dans l’ombre, l’enjeu est double : conquérir le pouvoir, certes, mais aussi rassurer les instances internationales sur la capacité du football congolais à s’autogouverner sans tutelle.

Le défi de la crédibilité

Au-delà des scrutins eux-mêmes, c’est la crédibilité de tout le processus qui est en jeu. Les plaintes de 2023 ont laissé des traces. Les ligues qui s’étaient estimées lésées attendent de voir si cette fois, la transparence sera au rendez-vous.

Le Comité de normalisation, sous la direction de Belinda Lutandila, a promis de veiller à la régularité des opérations. Mais la promesse ne suffira pas. Il faudra des actes, des résultats, et surtout, une acceptation des résultats par tous.

Et après ?

Si le calendrier tient, le 11 avril 2026 marquera la fin d’une longue parenthèse pour le football congolais. La fin de la normalisation, le retour à une gouvernance élue, et le début d’une nouvelle ère.

Reste à savoir qui émergera de ces élections. Quels visages composeront le nouveau comité exécutif ? Quelle ligne politique sera adoptée pour développer le football en RDC ?

Autant de questions qui trouveront leurs réponses dans les semaines à venir. D’ici là, les acteurs du football congolais retiennent leur souffle. Le compte à rebours a commencé.

Judith Suminwa s’apprête à offrir son nom et sa pierre à un géant médical de 50 millions USD

Kisantu, ce lundi 23 février 2026, s’apprête à vivre un moment historique. Sous le ciel généreux du Kongo Central, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’avance pour enfoncer la première pelle dans la terre promise. Cette pelletée, symbolique mais lourde de sens, marque le lancement des travaux des Cliniques universitaires de l’Université Kongo (UK).

Le nom de l’édifice est déjà choisi et résonne comme un hommage mérité. Ces cliniques porteront celui de la Cheffe du Gouvernement, première femme à accéder à ce poste en RDC et première personnalité originaire du Kongo Central à occuper cette fonction suprême. L’université de sa terre natale a voulu immortaliser cette double consécration dans le béton et l’acier.

6,7 millions de dollars pour poser la première brique

Au-delà du symbole, les chiffres donnent la mesure de l’ambition. Le premier module des cliniques représente un investissement de 6,7 millions de dollars. À cette somme s’ajouteront 2,5 millions pour équiper l’établissement des technologies médicales les plus modernes.

Les engins de chantier devront tourner rapidement et efficacement. Le premier module doit être terminé en un an et six mois, afin de sortir de terre une structure qui ne ressemblera en rien à un simple dispensaire.

Une faculté de médecine qui prend le large

Parallèlement, l’Université Kongo a pris une décision stratégique : sa faculté de médecine, actuellement à Kisantu, sera délocalisée vers Luangu. Sur un terrain de 24 hectares, un nouveau pôle de formation verra le jour.

Le projet ne se limite pas à un bâtiment. L’ambition vise à créer un véritable « pool médical » intégré, comprenant :

  • Les Cliniques universitaires

  • Une faculté de médecine moderne

  • Une faculté de médecine bucco-dentaire

  • Un Institut supérieur technique médical (ISTM)

  • Une École de santé publique

  • Un grand laboratoire de production pharmaceutique

  • Un centre spécialisé dans les maladies tropicales

Cinq ans pour bâtir un rêve à 50 millions

La vision est ambitieuse et précise. La réalisation complète du complexe est prévue sur cinq ans, pour un coût total de 50 millions de dollars. Ce projet doit faire de l’Université Kongo la référence incontournable de la formation médicale en Afrique centrale.

« Notre faculté de médecine a grandement besoin d’une unité de formation et de recherche », explique le recteur, le Professeur Germain Kuna Maba Mambuku. « Ces cliniques joueront un rôle fondamental pour la recherche, mais aussi pour améliorer les services de santé à la communauté. »

3 000 lits pour soigner et former

Le projet reste centré sur l’essentiel : le soin. Les polycliniques prévues offriront 3 000 lits, intégrant tous les services médicaux nécessaires pour répondre aux besoins d’une population souvent démunie, tout en servant de terrain d’apprentissage pour les futurs médecins.

Financement participatif : un pari audacieux

Comment financer un projet de cette envergure ? L’Université Kongo mise sur l’innovation et la transparence. Le recteur détaille le mécanisme :
« Toutes les personnalités qui veulent participer à cette aventure contribueront. Ceux qui investiront deviendront co-propriétaires du projet. »

Concrètement, 40 % du montant total sera collecté via une plateforme de financement participatif, ouverte à tous, tandis que les 60 % restants proviendront d’investisseurs volontaires. Ce modèle repose sur la confiance et l’attachement des Congolais, au pays comme à l’étranger, à un projet qui dépasse le cadre universitaire.

Judith Suminwa, marraine d’un héritage

En posant cette première pierre, la Première ministre ne pose pas seulement un bloc de béton. Elle pose la première pierre d’un héritage. Une femme qui a ouvert la voie et qui, par ce geste, contribue à former une médecine congolaise de qualité, sur place, pour soigner sur place.

Pour l’Université Kongo, ce lundi 23 février 2026 marque un tournant. Pour le Kongo Central, une promesse. Pour la RDC, une étape supplémentaire vers un système de santé digne de ce nom.

Le compte à rebours a commencé. Dans dix-huit mois, le premier module devra sortir de terre. Dans cinq ans, le rêve des 50 millions de dollars devra devenir réalité. D’ici là, les promoteurs comptent sur la mobilisation de tous. À Kisantu, on soigne, on forme, on bâtit. Pour demain.

Uvira-Gatumba : le pont de la vie reconnecté, les petits commerces reprennent leur souffle

Elles étaient là, toutes les deux, à scruter l’horizon de l’autre côté de la rivière. Ce lundi 23 février 2026, au petit matin, un silence inhabituel planait encore sur le poste frontalier de Kavimvira, côté congolais. Très vite cependant, les premiers murmures, puis les premiers pas, ont annoncé la nouvelle tant attendue : la frontière entre Uvira (RDC) et Gatumba (Burundi) venait de rouvrir.

Aucune fanfare. Aucun discours officiel. Aucun ruban tricolore à couper. Seulement une décision discrète, presque technique, mais au retentissement humain immense. Les deux parties se sont entendues pour laisser libre passage aux usagers. Un simple communiqué des services migratoires, suivi d’un entretien entre le chef des services migratoires de Kavimvira et le Commissaire Général des Migrations du Burundi, Maurice Mbonimpa, et la machine de la vie quotidienne pouvait enfin se remettre en marche.

Le bruit des formalités, une musique pour les oreilles

Les consignes sont claires, presque banales dans leur formulation administrative : « Les formalités migratoires d’usage sont obligatoires comme d’ordinaire, visa des documents nécessaires. La frontière sera ouverte tous les jours de 8h00 à 17h00. »

Et surtout, cette phrase que beaucoup attendaient : « Ceux qui sont au Burundi peuvent traverser aujourd’hui en toute quiétude. »

Derrière ces mots aseptisés, un monde bascule à nouveau dans la normalité. Celui des petits commerçants, des mères de famille, des étudiants, des malades qui doivent rejoindre l’hôpital de l’autre côté. Celui aussi des amoureux séparés par une ligne imaginaire devenue infranchissable pendant soixante-quatorze longs jours.

« Je vais enfin retourner comme d’habitude »

Sur le bord de la route, côté congolais, une femme charge ses ballots avec une énergie retrouvée. Elle s’appelle Marie, commerçante à Uvira. Ses yeux brillent comme en décembre on ne les voyait plus briller.

« Je fais le petit commerce à Uvira. Je pars acheter mes marchandises à Luvumera, dans la capitale Bujumbura. Après, je vais retourner aujourd’hui, comme d’habitude », raconte-t-elle, essoufflée par l’émotion plus que par l’effort.
« La frontière est ouverte. Nous remercions nos autorités et celles du Burundi d’avoir écouté notre cri d’alarme. »

Son cri, c’était celui de milliers de petits commerçants dont l’économie repose sur ce va-et-vient quotidien. Des produits frais pourrissaient côté burundais. Les étals restaient vides côté congolais. Des familles ne savaient plus comment joindre les deux bouts.

De l’autre côté de la barrière, l’émotion est identique. Un jeune Burundais, le sourire large comme le lac Tanganyika, confie :

« La réouverture de la frontière est un ouf de soulagement pour la plupart de nous Burundais. Notre vie dépend de nos pays frères et amis. »

Une fermeture née de la guerre

Pour mesurer ce soulagement, il faut revenir deux mois en arrière. Le 10 décembre 2025, le Burundi prenait une décision radicale : fermer sa frontière de Gatumba. La raison était sécuritaire. Les rebelles de l’AFC/M23 venaient de s’emparer d’Uvira, grande ville congolaise située à quelques encablures.

La crainte d’un débordement, d’infiltrations ou d’un chaos franchissant la limite naturelle entre les deux pays était réelle. Depuis ce jour, les populations des deux rives vivaient en apnée. Séparées par une décision politique et militaire, elles n’avaient plus que leurs souvenirs pour traverser.

Une réouverture sous le signe de la confiance

La réouverture, annoncée dès dimanche par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, depuis Uvira, a agi comme un baume sur des plaies déjà profondes.

Rouvrir une frontière est d’abord un acte de confiance. Confiance dans la capacité des autorités congolaises à stabiliser leur territoire. Confiance dans les services de sécurité pour filtrer et protéger. Confiance aussi dans la résilience des populations, qui savent distinguer le commerçant du combattant.

Pour l’instant, la reprise reste encadrée. Les horaires sont stricts. Les formalités sont maintenues. Pourtant, le symbole est puissant : la vie reprend ses droits.

Dans cette région des Grands Lacs souvent marquée par les conflits, les frontières sont parfois des cicatrices. La réouverture du poste d’Uvira-Gatumba rappelle une évidence : les peuples ont besoin de circuler. Pour commercer, se soigner, s’aimer, simplement vivre.

Aujourd’hui, commerçants, familles et enfants qui retrouvent le chemin de l’école disent la même chose : une frontière ouverte est un pont. Un pont que la guerre avait coupé, mais que la volonté de vivre ensemble reconstruit peu à peu.

Reste à espérer que cette décision, discrète dans sa forme, soit durable dans son fond. Que les accords entre responsables migratoires résistent aux soubresauts sécuritaires. Que les « comme d’habitude » de Marie deviennent enfin une réalité quotidienne.

Pour l’heure, à Uvira comme à Gatumba, on savoure. Le souffle de la vie transfrontalière revient. Et avec lui, cette phrase simple, presque intime :

« Aujourd’hui, je rentre chez moi. »

Goma : Hadja Lahbib serre la main du M23, Nangaa libère des prisonniers, l’Europe joue-t-elle la médiation ou la provocation ?

Goma, ce vendredi 20 février 2026. La ville bouillonnante au pied du Nyiragongo n’a pas l’habitude des visages officiels venus d’Europe. Pourtant, ce jour-là, c’est une femme qui incarne l’Union européenne qui foule le sol volcanique du Nord-Kivu. Hadja Lahbib, commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises et à l’égalité, achève sa mission humanitaire dans les Grands Lacs par une étape aussi symbolique que controversée : un tête-à-tête avec les dirigeants de la rébellion de l’AFC/M23, menés par leur coordonnateur politique, Corneille Nangaa.

L’image a de quoi surprendre. Celle qui fut la cheffe de la diplomatie belge, aujourd’hui représentante des 27 États membres de l’UE, serrant la main de celui que Kinshasa qualifie de « criminel de guerre » et de « putschiste ». Une image qui, à elle seule, résume la complexité d’une crise où l’humanitaire et le politique dansent un tango dangereux.

Le mandat : un rapport pour 27 capitals

Hadja Lahbib ne se dérobe pas. Devant la presse, elle rappelle le cadre strict de sa mission. Elle a été mandatée par les ministres des Affaires étrangères des 27 pour établir un rapport sur la situation humanitaire dans la région des Grands Lacs. Une situation qui, dit-elle sans détour, est « catastrophique ».

Son périple l’a menée à Kinshasa, Bujumbura, Kigali, et désormais Goma. Partout, le même message : le respect du droit international humanitaire doit primer. Partout, les mêmes constats : des camps de réfugiés saturés, des femmes et des enfants en première ligne des souffrances, des humanitaires qui travaillent dans des conditions impossibles.

« Je me suis moi-même rendue dans les camps de transit et j’ai recueilli les témoignages des personnes affectées » , confie-t-elle, la voix grave. « En tant que commissaire à l’égalité, je souligne que les premières victimes de cette guerre sont avant tout les femmes et les enfants. »

Nangaa sort le carnet de chèques humanitaire

Face à elle, Corneille Nangaa a compris l’enjeu médiatique. L’ancien président de la CENI, devenu la bête noire de Kinshasa, veut montrer un visage différent. Celui d’un homme qui écoute, qui comprend, qui agit.

À l’issue des échanges, il annonce une série de « mesures de décrispation ». La litanie des libérations tombe comme un cadeau soigneusement emballé pour la presse internationale :

  • 41 jeunes mineurs arrêtés à Goma, relâchés.

  • Une centaine de femmes associées aux Wazalendo et aux FARDC, détenues à Rumangabo, libérées.

  • 230 militaires des FARDC, pris en charge par l’AFC/M23 et soignés au camp Katindo, remis en liberté.

« C’est pour montrer que nous voulons la paix, nous ne sommes pas des va-t-en-guerre » , justifie Nangaa, conscient de l’effet produit. « Ce sont des signes de bonne foi pour permettre que les choses avancent. »

La menace derrière la main tendue

Mais l’homme qui parle de paix n’oublie pas de rappeler qu’il a aussi des muscles. Derrière le masque du négociateur, le stratège pointe le bout du nez.

« Nous croyons à une solution politique et nous tenons à la solution politique » , prévient-il. « Mais si on nous impose une solution autre que politique, nous nous défendrons. »

La menace est à peine voilée. Si Kinshasa ou ses alliés optent pour l’option militaire, le M23 répondra. La main tendue pour les caméras n’est pas une reddition.

La catastrophe humanitaire en chiffres

Pendant que les caméras tournent à Goma, la réalité, elle, continue de saigner. Les chiffres donnent le vertige :

Plus de 21 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire en RDC. La violence dans l’Est continue de chasser les familles de leurs terres, les jetant dans des abris de fortune ou des camps surpeuplés où les épidémies rodent. Près de 28 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire alarmante. Les violences sexuelles liées au conflit restent une arme de guerre systématique.

Et la crise déborde les frontières. Depuis fin 2025, des dizaines de milliers de réfugiés congolais ont fui vers le Burundi voisin, mettant une pression insoutenable sur des ressources déjà faméliques. Le Burundi lui-même compte ses propres déplacés, victimes des inondations et glissements de terrain qui ravagent régulièrement ses collines.

L’Europe, pompier ou complice ?

L’Union européenne, rappelle le communiqué officiel, reste l’un des principaux pourvoyeurs d’aide humanitaire dans la région. En 2025, elle a débloqué 129,5 millions d’euros, majoritairement destinés à la RDC. De l’argent qui sauve des vies, qui nourrit des enfants, qui soigne des blessés.

Mais la visite de Hadja Lahbib à Goma, dans l’antre du M23, pose une question plus large : jusqu’où l’humanitaire peut-il cohabiter avec le politique ? En rencontrant Nangaa, en obtenant des « engagements » de sa part, la commissaire légitime-t-elle, même involontairement, une rébellion que Kinshasa combat ? Ou ouvre-t-elle, au contraire, une fenêtre diplomatique précieuse pour alléger les souffrances des civils ?

La réponse, sans doute, se trouve dans les camps de déplacés. Dans le regard des femmes violées, des enfants malnutris, des vieillards démunis. Eux, ce qu’ils veulent, c’est que les armes se taisent. Peu importe qui parle à qui.

Des engagements sur du sable ?

Hadja Lahbib repart de Goma avec des promesses. Nangaa a libéré des prisonniers. Les caméras ont filmé. Les dépêches ont tourné. Mais dans l’Est congolais, les promesses ont souvent la durée de vie d’un papillon. Les engagements de bonne foi peuvent s’évaporer au premier accrochage militaire, à la première offensive.

La commissaire européenne le sait. Elle espère que sa mission portera ses fruits. Mais le chemin de la paix dans les Grands Lacs est pavé de rapports, de résolutions et de missions humanitaires oubliées.

Reste une certitude : ce vendredi 20 février 2026, à Goma, une ligne rouge a peut-être été franchie. Celle d’une Europe qui accepte de discuter avec ceux que Kinshasa qualifie d’« ennemis de la République ». Pour le meilleur ou pour le pire, l’histoire le dira.

Le grand rendez-vous des gouverneurs se dérobe encore : que se passe-t-il vraiment à Bandundu ?

Le calendrier officiel en a pris un coup. La 13e Conférence des gouverneurs, tant attendue, tant préparée, vient de subir un second report en l’espace de quelques semaines. Initialement fixée du 3 au 7 mars, la voici renvoyée aux calendes de la fin du mois, précisément du 24 au 28 mars. L’information, tombée d’un message officiel du Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, a eu l’effet d’une douche froide dans les 26 provinces concernées.

Aucun motif n’accompagne la décision. Le communiqué est sec, administratif, presque mystérieux. Alors, pourquoi ce nouveau contretemps ?

Bandundu, laboratoire à ciel ouvert des promesses non tenues

Pour comprendre, il faut quitter Kinshasa et ses ors de la république. Il faut prendre la direction de Bandundu, chef-lieu de la province du Kwilu, officiellement désignée pour abriter ces assises. La ville, paresseusement installée au bord de la rivière Kwilu, devait être le théâtre de ce grand raout des exécutifs provinciaux. Mais sur place, le décor contredit l’ambition.

Les raisons du premier report, officieusement attribuées au « parachèvement des infrastructures », n’ont pas été gommées. Pire, elles se sont invitées dans le paysage comme des verrues que le temps n’efface pas.

Commençons par l’aéroport. Point névralgique pour l’accueil des personnalités, il devait faire l’objet d’une réhabilitation express. Le marché a bien été attribué à la société Safrimex. Mais près d’un mois plus tard, c’est le désert. Aucun engin, aucun matériau, aucun ouvrier sur le tarmac. La piste, avec ses fissures et ses herbes folles, attend toujours. Selon des sources proches du gouvernement provincial, les fameux matériaux promis ne sont tout simplement jamais arrivés à Bandundu.

Seule la RVA (Régie des Voies Aériennes) tente de sauver les apparences. Ses locaux arborent une nouvelle couche de peinture fraîche, et les mesures de sécurité ont été renforcées. Mais un pot de peinture ne fait pas un aéroport international.

Les artères de la ville, entre espoir et résignation

Descendons maintenant sur l’avenue Kwango. Une artère stratégique, dont le bétonnage sur 12 kilomètres devait moderniser le visage de la ville. À ce jour, à peine un kilomètre est réalisable. Les caniveaux, eux, poursuivent leur construction au ralenti, comme un chantier qui aurait perdu son âme. Les ouvriers travaillent, mais le temps, lui, court plus vite qu’eux.

À la résidence du chef de l’État, le tableau est plus flatteur. Les travaux affichent 90 % d’exécution. Seuls les aménagements de la cour restent à finaliser. Un coin de paradis en chantier, mais un coin seulement.

Au gouvernement provincial, l’effervescence est palpable, presque dérisoire. Un immense chapiteau a été monté. Il abritera, promet-on, le restaurant des participants. La salle des conférences de l’exécutif a été refaite à neuf, les meubles flambant neufs sont en place. C’est ici que se tiendra la réunion du Conseil des ministres, si tant est qu’elle ait lieu.

Quand la lumière luit, mais que les questions restent entières

Il y a pourtant une note positive dans ce tableau en clair-obscur. Le réseau d’éclairage public a été réhabilité. La lumière, financée par le gouvernement provincial, baigne désormais plusieurs artères principales de Bandundu. La nuit, la ville a presque des allures de capitale. Une fierté locale, une promesse tenue.

Mais cela suffira-t-il ? La question taraude les esprits. Les autorités provinciales, les opérateurs économiques, les simples citoyens : tous se demandent si ce nouveau report sera le dernier. Ou si, dans l’ombre, d’autres obstacles se dressent.

L’ombre d’un troisième report

À Bandundu, personne ne se hasarde à faire de pronostic. Les travaux avancent trop lentement pour garantir une fin de mois glorieuse. Les matériaux n’arrivent pas, la piste de l’aéroport reste muette, le bétonnage piétine.

Alors, la question qui fédère toutes les inquiétudes est sur toutes les lèvres : la Conférence des gouverneurs aura-t-elle vraiment lieu du 24 au 28 mars ? Ou faut-il s’attendre à un énième report, glissant les assises vers des horizons plus lointains ?

Le Vice-premier ministre n’a pas motivé sa décision. Peut-être parce que les motifs, justement, se lisent à ciel ouvert, sur les routes de Bandundu, dans le silence des chantiers à l’arrêt, dans l’attente des populations qui regardent passer les jours sans voir venir les travaux.

La 13e Conférence des gouverneurs est devenue, malgré elle, le symbole des défis de la décentralisation : organiser un événement national dans une province aux moyens limités, c’est d’abord construire ce qui manque. Et construire, à Bandundu, prend décidément plus de temps que prévu.

Rendez-vous donc fin mars. Ou peut-être plus tard.