Éducation nationale : 650 millions déjà décaissés, la RDC accélère la transformation de l’école

Ce mercredi 18 février 2026, dans une salle de réunion du ministère de l’Éducation nationale, l’ambiance était à la fois studieuse et déterminée. Autour de la table, la ministre d’État Raïssa Malu, entourée de ses homologues du Budget et du vice-ministre des Finances, a présidé la deuxième réunion du Comité de pilotage des projets structurants. Au menu : accélérer la transformation du système éducatif congolais. Et les chiffres présentés donnent le tournis.

Une réunion au sommet pour des décisions cruciales

Il était un peu plus de 10 heures lorsque la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a ouvert la séance. Face à elle, Aimé Boji, ministre d’État en charge du Budget, et Gracia Yamba Kazadi, vice-ministre des Finances. Un triangle de pilotage stratégique pour un secteur qui concentre tous les espoirs du pays.

L’ordre du jour était clair : examiner et approuver les Plans de Travail Budgétaires Annuels (PTBA) pour l’année 2026. Trois projets majeurs étaient dans la ligne de mire. Le PERSE, d’abord. Le PAAF, ensuite. Le PEQIP, enfin. Trois acronymes qui cachent des réformes profondes, des investissements massifs, des ambitions démesurées pour l’école congolaise.

PERSE : 650 millions déjà décaissés pour la gratuité

Le Programme d’Éducation, de Renforcement et de Sauvegarde du Système Éducatif (PERSE) est sans doute le plus emblématique. Pourquoi ? Parce qu’il porte la gratuité de l’enseignement, cette réforme promise par le chef de l’État et qui a changé le quotidien de millions de familles.

Les chiffres présentés par la ministre sont éloquents : 650 millions de dollars américains ont déjà été décaissés. Cette manne financière ne tombe pas dans un trou noir. Elle soutient concrètement six réformes majeures qui touchent à la fois l’accès à l’école, la qualité de l’enseignement et la formation des enseignants.

Pour 2026, l’objectif est clair : accélérer encore. Lever les obstacles administratifs qui freinent parfois l’exécution. Maximiser l’impact de chaque dollar investi. Parce que derrière les chiffres, il y a des enfants. Des salles de classe. Des familles qui respirent mieux depuis qu’elles n’ont plus à payer pour que leurs fils et leurs filles apprennent à lire et à compter.

PAAF : 260 écoles, 4 millions de manuels, 195 000 bourses

Le Programme d’Apprentissage et d’Amélioration de la Formation (PAAF) n’est pas en reste. Là encore, les réalisations impressionnent.

Premier chiffre : 260 écoles sont désormais bénéficiaires du programme. Deux cent soixante établissements où les conditions d’apprentissage s’améliorent, où les enseignants sont mieux formés, où les élèves trouvent un cadre plus propice à leur épanouissement.

Deuxième chiffre, peut-être le plus parlant : plus de 4 millions de manuels scolaires ont été distribués. Quatre millions. Derrière ce nombre, il y a des milliers de gestes : un enfant qui ouvre pour la première fois un livre de maths, une fillette qui découvre la lecture, un enseignant qui peut enfin s’appuyer sur des supports de qualité.

Troisième chiffre, et non des moindres : l’extension des bourses scolaires. Aujourd’hui, près de 195 000 filles bénéficient de ce dispositif. Une avancée majeure pour l’éducation des jeunes Congolaises, pour leur autonomisation, pour l’égalité des chances. Parce qu’envoyer une fille à l’école, c’est investir dans toute une communauté.

PEQIP : la qualité au cœur des préoccupations

Le Programme d’Éducation de Qualité et d’Innovation Pédagogique (PEQIP) complète ce triptyque. Lui, il ne parle pas seulement de chiffres, mais de contenu. De méthodes. De formation.

Son objectif est simple en apparence, complexe dans sa mise en œuvre : renforcer la qualité de l’enseignement et la formation des enseignants. Parce qu’à quoi bon avoir des écoles si les maîtres ne sont pas préparés ? À quoi bon des manuels si les méthodes pédagogiques restent archaïques ?

Le PEQIP travaille sur le fond. Sur ce qui fait la différence entre une école qui forme et une école qui trie. Sur ce qui permettra aux enfants congolais d’acquérir non seulement des connaissances, mais aussi des compétences. De quoi affronter le monde de demain, de quoi construire leur pays.

2026 : l’année de l’accélération

La réunion de ce 18 février n’avait pas pour seul objet de faire un bilan. Elle devait surtout préparer l’avenir. L’année 2026, justement, est présentée comme un tournant.

L’objectif affiché par la ministre d’État est triple. D’abord, accélérer l’exécution des projets. Les rythmes administratifs, les lenteurs budgétaires, les procédures complexes : tout cela doit être fluidifié. Ensuite, lever les obstacles. Ceux qui freinent, qui retardent, qui découragent. Enfin, maximiser l’impact des investissements. Chaque franc congolais, chaque dollar décaissé doit produire un effet visible sur le terrain.

Raïssa Malu l’a rappelé avec force : il ne s’agit pas seulement de dépenser de l’argent. Il s’agit de transformer le système éducatif. De le rendre plus performant. Plus équitable. Plus moderne.

Une synergie interministérielle exemplaire

Autre enseignement de cette réunion : la collaboration entre les différents départements ministériels fonctionne. Aimé Boji, à la tête du Budget, et Gracia Yamba Kazadi, aux Finances, n’étaient pas là pour faire de la figuration.

Leur présence montre que le gouvernement aborde la question éducative de manière globale. Pas question de décider des dépenses sans s’assurer qu’elles sont budgétisées. Pas question de lancer des réformes sans vérifier que les financements suivent.

Cette synergie, les participants l’ont soulignée, est une condition essentielle de la réussite. Dans un pays où les besoins sont immenses et les ressources limitées, chaque dollar doit être optimisé. Chaque projet doit être coordonné avec les autres.

Des défis qui restent immenses

Pour autant, personne ne crie victoire trop tôt. Les défis qui attendent le système éducatif congolais restent immenses. Des millions d’enfants sont encore hors de l’école. La qualité de l’enseignement, malgré les progrès, reste inégale. Les infrastructures, dans de nombreuses régions, sont délabrées.

Les 650 millions du PERSE, les 260 écoles du PAAF, les 4 millions de manuels distribués : tout cela est considérable. Mais comparé à l’ampleur des besoins, c’est encore insuffisant.

La ministre d’État en est consciente. Ses partenaires aussi. C’est pourquoi cette réunion de pilotage n’est pas un aboutissement, mais une étape. Une étape essentielle, certes, mais une étape seulement.

Le cap est fixé

Au sortir de cette réunion, les participants se sont quittés avec un sentiment partagé. De la satisfaction, pour le travail accompli. De l’ambition, pour celui qui reste à faire.

Les PTBA 2026 sont approuvés. Les objectifs sont fixés. Les équipes sont mobilisées. Reste à exécuter, à suivre, à évaluer. Reste à transformer ces plans en réalité concrète dans les salles de classe.

Pour Raïssa Malu, pour Aimé Boji, pour Gracia Yamba Kazadi et pour tous ceux qui œuvrent à l’éducation nationale, le message est clair : il faut accélérer. Parce que chaque jour qui passe, des enfants attendent. Chaque jour qui passe, des enseignants se démènent avec des moyens limités. Chaque jour qui passe, l’avenir du pays se joue sur les bancs de l’école.

Le 18 février 2026 restera comme le jour où le cap a été fixé. Reste maintenant à tenir le gouvernail, coûte que coûte.

L’UE débloque 81,2 millions d’euros pour les Grands Lacs

C’est un constat sans appel, posé noir sur blanc dans un communiqué officiel. Pour l’Union européenne, la crise humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo a franchi un cap. Elle atteint aujourd’hui « son paroxysme ». Face à cette spirale de violences et de déplacements, Bruxelles a décidé de sortir l’artillerie lourde : 81,2 millions d’euros viennent d’être débloqués pour la région des Grands Lacs.

68 millions d’euros pour panser les plaies de l’Est

Dans le détail, la part du lion revient à la RDC. Sur l’enveloppe globale, 68 millions d’euros seront directement injectés dans l’aide humanitaire sur le territoire congolais. Une somme conséquente, à la hauteur des besoins.

Car sur le terrain, le tableau est effroyable. Les provinces orientales, livrées depuis des années à l’activisme des groupes armés, comptent leurs morts et leurs déplacés par millions. Ces familles, chassées de leurs villages par les combats, s’entassent dans des camps précaires ou chez des communautés d’accueil elles-mêmes démunies.

L’argent frais promis par l’UE servira à panser les plaies les plus vives. D’abord, nourrir ceux qui ont tout perdu : une aide alimentaire d’urgence sera déployée. Ensuite, soigner : des services de santé et une prise en charge nutritionnelle cibleront particulièrement les enfants et les femmes vulnérables.

Mais l’urgence, c’est aussi l’eau. Le communiqué insiste sur la nécessité de rétablir l’accès à l’eau potable, aux installations sanitaires et aux abris de base. Sans cela, pas de dignité possible pour les déplacés.

Protéger les plus faibles, un combat quotidien

Au-delà du physique, il y a le psychique. Les violences basées sur le genre, fléau silencieux des zones de conflit, feront l’objet d’une attention particulière. L’UE prévoit de renforcer les services de protection, y compris la prise en charge des survivants. La protection de l’enfance figure également parmi les priorités.

Dans l’est du Congo, les groupes armés ne font pas de quartier. Les femmes et les filles paient un lourd tribut. Les enfants sont enrôlés, violentés, brisés. Chaque euro de cette enveloppe devra aider à reconstruire des vies, à offrir un refuge, à tendre une main secourable.

Une enveloppe régionale pour un mal sans frontières

La crise congolaise ne s’arrête pas aux frontières du pays. Elle déborde, littéralement. Des milliers de Congolais ont fui vers les pays voisins, cherchant désespérément un havre de paix.

C’est pourquoi l’UE a prévu 13,2 millions d’euros pour des actions régionales. Cette somme soutiendra directement les réfugiés congolais dans les pays d’accueil. Le Burundi, où la situation humanitaire reste « préoccupante », figure en première ligne. Le Rwanda et la Tanzanie, qui accueillent également des réfugiés, bénéficieront aussi de cette manne.

L’objectif est double. D’abord, réagir rapidement aux nouvelles vagues de déplacés, car les conflits peuvent déplacer des milliers de personnes en quelques heures. Ensuite, renforcer les mécanismes de préparation et de réponse aux urgences. Il s’agit aussi de soulager les communautés hôtes, dont les ressources de base sont mises sous pression par cet afflux soudain.

La région des Grands Lacs, foyer humanitaire complexe

Ce nouveau décaissement ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans une prise de conscience, à Bruxelles, de l’extrême complexité de la région des Grands Lacs. Le communiqué le reconnaît sans fard : il s’agit de l’un des foyers humanitaires les plus complexes du continent africain.

Pourquoi une telle complexité ? Parce que tout se mêle et s’aggrave mutuellement. Les conflits armés, d’abord, qui ne faiblissent pas. Les épidémies récurrentes, qui prolifèrent dans les camps surpeuplés. Les catastrophes naturelles, qui frappent sans prévenir. Et l’insécurité alimentaire chronique, qui mine des générations entières.

Cette combinaison toxique alimente une crise prolongée, une crise qui n’en finit pas de finir. Une crise qui use les corps et les esprits, et face à laquelle l’aide internationale est plus que jamais vitale.

Un engagement réaffirmé, une attente immense

Par cette mobilisation financière, l’Union européenne envoie un signal. Elle réaffirme son engagement aux côtés des populations affectées. Elle promet de travailler main dans la main avec ses partenaires humanitaires pour acheminer une assistance rapide, impartiale et adaptée.

Reste que l’attente est immense. 68 millions d’euros, c’est une somme. Mais face à des millions de déplacés, face à l’ampleur des destructions, c’est aussi une goutte d’eau dans un océan de besoins. Chaque euro devra être utilisé avec la plus grande efficacité.

Les prochains mois diront si cette aide parvient réellement à ceux qui en ont besoin. Si les enfants retrouvent le chemin des repas chauds. Si les femmes violentées trouvent une oreille et des soins. Si les déplacés, enfin, peuvent entrevoir un lendemain moins sombre.

Dans l’est de la RDC, le paroxysme de la crise est peut-être atteint. L’espoir, lui, ne demande qu’à renaître.

Rutshuru : après un mois de silence, les réseaux téléphoniques enfin rétablis

La nuit du 16 au 17 février 2026 restera gravée dans les mémoires à Rutshuru. Après trente-cinq longs jours de silence absolu, les téléphones ont enfin vibré. Les réseaux Airtel et Orange sont de retour. Pour une population sous occupation et privée de tout, c’est bien plus qu’une connexion : c’est un lien retrouvé avec le monde.

Un calvaire de trente-cinq jours prend fin

Imaginez un instant. Plus d’appels pour prendre des nouvelles de sa famille. Plus d’Internet pour s’informer. Plus de mobile money pour payer ou recevoir de l’argent. Et des banques fermées, comme des coquilles vides. Voilà ce qu’a vécu la population de Rutshuru depuis la mi-janvier.

Ce territoire du Nord-Kivu, placé sous occupation de l’AFC-M23, était devenu une bulle déconnectée du reste du pays. Une mise à l’écart brutale, imposée par la coupure de tous les réseaux de communication. Les jours passaient, lents et lourds, sans aucune nouvelle de l’extérieur.

Puis, dans la nuit du 16 au 17 février, les écrans de téléphone se sont réveillés. Les barres de réseau sont réapparues, timidement d’abord, puis nettement. Airtel et Orange, les deux principaux opérateurs, venaient de rétablir leurs services.

Un notable du territoire tire un signal d’alarme

Parmi ceux qui n’ont cessé de se battre pour ce rétablissement, Aimé Mbusa Mukanda, notable du territoire et défenseur des droits de l’homme, a suivi chaque étape. Il a vu les alertes se multiplier, les plaidoyers se heurter au silence administratif.

« Grâce à nos alertes et plaidoyers, la connexion internet vient d’être rétablie dans les zones où elle était coupée depuis plus d’un mois », a-t-il déclaré, un brin de fierté dans la voix. Mais ce combat, prévient-il, est loin d’être terminé.

Il salue certes cette « mesure salutaire », mais il appelle déjà à la suite. Son message au gouvernement est clair : il faut réfléchir à la fin de la guerre. Et en attendant, des urgences immédiates s’imposent. « La réouverture des banques et aéroports si nécessaire », martèle-t-il.

Une décision venue d’en haut

Ce rétablissement n’a rien d’un hasard. Il fait suite à des instructions précises venues des plus hautes sphères de l’État. La Première Ministre avait personnellement saisi les ministres des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication.

L’ordre était clair : prendre en charge cette question de toute urgence. Pourquoi cette pression soudaine ? Parce que des informations alarmantes circulaient. Une présumée implantation du réseau MTN du Rwanda à Rutshuru avait été signalée. Un risque d’ingérence étrangère dans les télécommunications, insupportable pour la souveraineté nationale.

Des services essentiels toujours en berne

Le retour des réseaux est donc une première victoire. Mais dans les rues de Rutshuru, la vie n’a pas repris son cours normal. Les banques restent obstinément fermées. Comment faire des affaires ? Comment payer ses employés ? Comment recevoir de l’argent d’un parent éloigné ?

Les questions s’accumulent, mais les réponses tardent. La population, elle, a appris à se contenter de peu. Pour l’instant, le simple fait de pouvoir passer un appel, d’envoyer un message, de consulter l’heure sur un téléphone qui capte à nouveau, suffit à dessiner des sourires.

Le chemin vers la normale sera long

Ce rétablissement des communications n’efface pas la réalité de l’occupation. L’AFC-M23 est toujours là. Les combats peuvent reprendre à tout moment. La peur, elle, n’a pas disparu avec le retour du réseau.

Mais pour les habitants de Rutshuru, c’est un peu de lumière dans l’obscurité. C’est la preuve que l’État, même de loin, même lentement, peut encore agir. C’est surtout la promesse que le silence imposé par les armes peut être brisé par la volonté politique.

Aimé Mbusa Mukanda et d’autres continueront de pousser. Pour les banques, pour les aéroports, pour la paix. Parce qu’à Rutshuru, on sait désormais une chose : quand on parle assez fort, on finit par être entendu.

Patrimoine des anciens combattants : le ministre Ntambwe Mposhi en mission à Lubumbashi

L’aéroport de Loano a vu descendre, ce lundi 16 février 2026, une figure ministerielle. Eliezer Ntambwe Mposhi, ministre délégué à la Défense nationale chargé des Anciens combattants, entame une tournée décisive dans le Haut-Katanga. Sa mission, loin des protocoles habituels, touche au cœur de la mémoire nationale : la protection des biens de ceux qui ont porté l’uniforme.

À peine descendu de l’avion, le ministre a pris la direction du cabinet du gouverneur. Martin Kazembe l’attendait pour un échange protocolaire, mais aussi stratégique. Car derrière les poignées de main, c’est tout un plan qui se dessine.

« La mission qui nous emmène au Katanga, c’est en exécution de la décision du conseil des ministres », a clairement expliqué Eliezer Ntambwe Mposhi à sa sortie d’audience. Le conseil lui a confié une autorité précise : celle d’identifier, de récupérer, de valoriser et de sécuriser les biens des anciens combattants.

Quatre verbes forts pour une mission qui s’annonce vaste. Identifier, d’abord, pour savoir ce qui existe encore. Récupérer, ensuite, pour sortir ces biens de l’oubli ou des mains indélicates. Valoriser, pour qu’ils retrouvent une utilité. Sécuriser, enfin, pour que l’histoire ne se disperse pas.

Après le Kwango, le Katanga

Ce déplacement à Lubumbashi n’est pas un acte isolé. Il fait suite à un premier séjour dans la province du Kwango. Le ministre semble donc mener une tournée méthodique, frappant aux portes des provinces une à une.

Dans le Haut-Katanga, son programme ne se limite pas aux salons officiels. Une tournée sur le terrain l’attend. Il visitera les infrastructures qui appartiennent ou ont appartenu aux anciens combattants. Des bâtiments parfois chargés d’histoire, d’autres fois laissés à l’abandon.

Mais le ministre ne s’arrêtera pas aux frontières du Haut-Katanga. Son agenda prévoit déjà une étape dans la province voisine du Lualaba. Même objectif, même urgence : mettre la main sur ce patrimoine dispersé.

Un patrimoine en danger

Derrière cette mission ministérielle, c’est tout un pan de l’histoire congolaise qui cherche à être préservé. Les anciens combattants, ceux qui ont servi sous les drapeaux, parfois depuis des décennies, ont accumulé des biens. Des terres, des bâtiments, des droits.

Mais le temps passe. Les anciens combattants vieillissent. Leurs héritiers ignorent parfois l’existence de ces biens. Parfois, des occupants illégaux s’installent. Parfois, l’administration elle-même perd la trace de ces propriétés.

Le ministre Ntambwe Mposhi arrive donc avec une double casquette. Celle du technicien qui doit inventorier. Celle du gardien qui doit protéger. Un travail de fourmi qui nécessite la collaboration des autorités locales, comme le gouverneur Kazembe.

La mémoire comme boussole

Pourquoi tant d’énergie déployée ? Parce que ces biens ne sont pas de simples actifs. Ils racontent une histoire. Celle d’hommes et de femmes qui ont servi la République démocratique du Congo, parfois au péril de leur vie.

Les laisser se déliter, c’est un peu oublier ce qu’ils ont donné. Les récupérer et les valoriser, c’est au contraire dire que la nation n’oublie pas. Une forme de reconnaissance concrète, qui ne se contente pas de discours lors des cérémonies officielles.

Le ministre le sait bien. En se déplaçant lui-même, en allant sur le terrain, il envoie un signal. L’État se préoccupe de ce patrimoine. L’État veut remettre de l’ordre.

Un long chemin devant lui

Reste que la tâche est immense. Les biens des anciens combattants sont dispersés sur l’ensemble du territoire. Certains ont été mal acquis. D’autres sont litigieux. La mission d’identification, première étape, risque de prendre des mois, voire des années.

Mais le premier pas est toujours le plus important. Ce lundi 16 février 2026, à Lubumbashi, ce pas a été franchi. Le ministre a serré des mains, écouté des doléances, tracé des perspectives.

Dans les prochains jours, il arpentera les infrastructures, foulera la terre du Lualaba, rencontrera sans doute d’anciens combattants ou leurs familles. Pour que la mémoire, enfin, retrouve ses droits.

Tramway de Kinshasa, le gouvernement officialise l’accord de principe et fixe une échéance pour 2027

Le projet de tramway de Kinshasa quitte la phase des intentions. Désormais, il entre dans le concret. En séjour de travail à Rotterdam, aux Pays-Bas, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a franchi une étape décisive ce samedi 14 février 2026.

Il a rencontré la délégation du Consortium Tramways de Kinshasa, conduite par Jean-Pierre Van Erps. Ensemble, ils ont tenu une réunion dite « stratégique et opérationnelle ». Surtout, ils ont officialisé la remise de l’Accord de Principe signé le 8 octobre 2025. Le ministère y a apposé son cachet sec.

Ce document va au-delà d’une formalité. En effet, il confirme le soutien du gouvernement. De plus, il lance la phase opérationnelle. Par ailleurs, il engage les autorités à accélérer le montage en Partenariat Public-Privé. Ainsi, le projet gagne en crédibilité.

Une échéance claire pour la première ligne

Le ministère fixe désormais un cap. La première ligne souterraine expresse doit entrer en service au plus tard le 27 novembre 2027.

D’ici là, les équipes doivent avancer sur plusieurs points. D’abord, elles finalisent un planning réaliste et sécurisé. Ensuite, elles alignent les études techniques avec le montage financier. Enfin, elles signent le contrat PPP, pièce maîtresse du projet.

L’agenda reste ambitieux. Toutefois, le gouvernement veut tenir ce délai. Car ce tramway doit transformer la mobilité urbaine. Il doit aussi moderniser la capitale.

Le ministère le rappelle : le projet reste prioritaire pour moderniser Kinshasa.

Un chantier technique hors norme

Derrière l’annonce politique, la dimension technique impressionne. Déjà, plus de 60 ingénieurs ont travaillé à Kinshasa. Ils se sont appuyés sur les plans historiques de la ville. Ainsi, ils visent une intégration cohérente au tissu urbain.

Un chiffre illustre l’ampleur du défi. Entre le centre-ville et Aéroport international de N’djili, les constructeurs prévoient 173 ponts. Autrement dit, les travaux seront majeurs.

À terme, le projet prévoit sept lignes modernes. Il inclut aussi des voies hybrides préfabriquées sous licence exclusive. En parallèle, il intègre des solutions énergétiques durables. Enfin, il accompagne la modernisation des axes et des réseaux.

Un tramway pensé contre les inondations

Le projet adopte une approche globale. Ici, le tramway ne sert pas seulement à transporter. Au contraire, il restructure la ville.

Dès la conception, les équipes intègrent la lutte contre les inondations. Or ce problème touche régulièrement Kinshasa. Le projet prévoit donc des systèmes de drainage. Il ajoute aussi la récupération et le traitement des eaux pluviales. De surcroît, il envisage la redistribution d’eau traitée.

Ainsi, le tramway devient aussi un outil de résilience climatique.

Un pilotage technique structuré

L’État a confié la coordination nationale à Agence congolaise des grands travaux. L’agence suit l’exécution et aligne les composantes.

Le gouvernement affiche un objectif clair. D’une part, il veut désengorger la ville. D’autre part, il cherche à améliorer la mobilité. En même temps, il modernise les infrastructures. À terme, il vise une meilleure qualité de vie.

Une ambition à l’échelle de la mégapole

Kinshasa dépasse les 15 millions d’habitants. Sa croissance rapide a saturé les transports. Par conséquent, les solutions classiques ne suffisent plus.

Si le tramway respecte le calendrier, il changera la donne. Non seulement il facilitera les déplacements, mais il portera aussi une vision de ville durable.

Il reste toutefois des défis. Il faut sécuriser les financements. Il faut aussi respecter les délais. Néanmoins, avec l’Accord de Principe remis à Rotterdam, une étape clé est franchie. Désormais, le projet avance vers l’action.

Le siège de l’ADDCONGO attaqué après la messe des martyrs, plusieurs blessés

En ce jour anniversaire, Matonge devait vibrer au rythme du souvenir. La paroisse Saint-Joseph venait d’accueillir une messe solennelle. L’objectif ? Rendre hommage aux chrétiens tués par la DSP de Mobutu, le 16 février 1992. Ces martyrs réclamaient alors la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Trente-quatre ans plus tard, de nombreuses personnalités avaient répondu présentes. Martin Fayulu, Devos Kitoko, Lexxus Legal et d’autres membres de Lamuka ont prié ensemble. La sortie de l’église s’annonçait paisible. Pourtant, l’atmosphère a brutalement basculé aux alentours de 13 heures.

L’attaque : du cortège au siège du parti

Un guet-apens sur le boulevard

À peine le cortège de Martin Fayulu s’est-il élancé que la violence a éclaté. Selon le porte-parole de Lamuka, des éléments de la Force du progrès ont tendu une embuscade. Ils se sont rués sur le convoi, semant la panique.

Heureusement, les militants de Lamuka ont réagi rapidement. Ils ont formé un rempart humain autour de leur leader. Cette résistance a permis à Martin Fayulu de quitter la zone et de poursuivre sa route.

Le siège de l’ADDCONGO assiégé

Mais les assaillants ne comptaient pas en rester là. Leur cible suivante était toute désignée. Ils ont remonté le Boulevard Triomphal pour s’attaquer au symbole : le siège de l’ADDCONGO.

« Après le passage du président Fayulu, ils ont directement attaqué le siège », témoigne Prince Epenge, président du parti. Son récit est glaçant. Des hommes armés de machettes ont rapidement encerclé le bâtiment. L’angoisse a duré de longues minutes.

« Ils nous ont assiégés pendant une heure. Une heure entière », insiste-t-il. À l’intérieur, la peur régnait. À l’extérieur, les machettes brillaient sous le soleil de Kinshasa.

Un bilan humain et l’intervention tardive des forces de l’ordre

Cette attaque n’a pas fait que des dégâts matériels. Le bilan humain est bel et bien réel. Quatre militants ont été grièvement blessés durant l’assaut.

« Ils ont blessé 4 militants, dont 2 se trouvent présentement à l’hôpital », a déclaré Prince Epenge, visiblement ébranlé. Le sort de ces deux blessés graves inquiète désormais toute la famille politique de Lamuka.

Face à cette violence, la police a finalement déployé ses éléments. Son intervention a mis fin au siège d’une heure. En dispersant les assaillants, elle a probablement évité un drame encore plus sanglant.

L’ombre de l’histoire plane sur Kinshasa

Ce 16 février 2026 restera donc dans les mémoires. Ironie du sort, cette journée de recueillement a été souillée par la violence. En 1992, les fusils de la DSP avaient réprimé une marche pacifique.

Trente-quatre ans plus tard, ce sont des machettes qui ont attaqué des militants. À quelques centaines de mètres seulement de l’église Saint-Joseph. Cette coïncidence tragique rappelle une triste réalité. Dans la quête de démocratie, la paix reste malheureusement une denrée fragile à Kinshasa.

34 ans après la marche des martyrs, Lamuka rappelle un « combat inachevé »

KINSHASA – Trente-quatre ans après, la mémoire reste vive et la lutte, selon eux, toujours d’actualité. La coalition d’opposition Lamuka, conduite par Martin Fayulu, a rendu hommage ce lundi 16 février aux martyrs de la démocratie lors d’une messe célébrée à la paroisse Saint Joseph de Matonge, cœur historique de la résistance congolaise.

Cette célébration eucharistique commémorait la marche du 16 février 1992, lorsque des milliers de fidèles, répondant à l’appel de l’Église catholique, avaient exigé la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS) , symbole des aspirations démocratiques du peuple congolais. La réponse du régime du maréchal Mobutu Sese Seko avait été implacable : une répression violente menée par les forces de l’ordre, faisant plusieurs morts et blessés.

« Un sang qui continue de crier »

Dans son homélie, l’officiant du jour a rappelé que « le sang versé par ces martyrs constitue un appel permanent à la conscience nationale » . Il a exhorté fidèles et dirigeants à faire de cette mémoire « un levier d’engagement pour un Congo plus juste » , soulignant que le combat pour la liberté, la justice et la dignité humaine demeure d’une actualité brûlante.

« Le combat demeure inachevé »

Pour la coalition Lamuka, cette commémoration n’est pas qu’un devoir de mémoire. C’est aussi un constat d’étape sur l’état de la démocratie congolaise.

« Trente-quatre ans plus tard, les idéaux de liberté, de justice et de respect des droits humains portés en 1992 restent d’une brûlante actualité », a estimé la plateforme d’opposition, pour qui le combat pour lequel ces martyrs ont donné leur vie demeure « inachevé » .

Martin Fayulu a profité de cette journée pour lancer un appel à la « cohésion nationale » et à la « défense de l’intégrité nationale » en mémoire des disparus.

Un souvenir ancré dans la mémoire collective

Le 16 février 1992 reste une date charnière dans l’histoire politique de la RDC. Elle symbolise à la fois l’espoir démocratique né de la Conférence nationale souveraine et la brutalité du pouvoir d’alors face aux aspirations populaires.

À Matonge, quartier populaire de Kinshasa souvent épicentre des contestations, la mémoire de cette journée sanglante se transmet de génération en génération. Les murs du centre-ville portent encore, par endroits, des inscriptions ou des fresques rappelant le sacrifice de ces hommes et femmes tombés pour la liberté.

Une commémoration sous tension politique

Cette année, l’hommage intervient dans un climat politique marqué par des tensions récurrentes entre la majorité au pouvoir et l’opposition, et alors que des processus de dialogue (initiatives angolaises, médiation de l’UA) peinent à aboutir.

Pour Lamuka, rappeler le souvenir des martyrs de 1992, c’est aussi interpeller le pouvoir actuel sur ses engagements démocratiques et la nécessité de garantir les libertés publiques. Un message que Martin Fayulu et ses partisans entendent porter haut, trente-quatre ans après les événements tragiques qui ont marqué à jamais la conscience nationale congolaise.

Choléra à la prison de Makala : le ministre de la Justice suspend les admissions

KINSHASA – L’épidémie de choléra qui s’est déclarée à la prison centrale de Makala a déjà causé la mort de cinq détenus. Face à l’urgence sanitaire, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a pris des mesures radicales pour endiguer la propagation de la maladie au sein de l’établissement surpeuplé.

Une circulaire ministérielle, datée du samedi 14 février et dont une copie est parvenue à Radio Okapi ce dimanche, ordonne l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission à la prison de Makala, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre.

Un arsenal de mesures sanitaires

Au-delà de la suspension des entrées, le ministre a prescrit un ensemble de dispositions visant à contenir l’épidémie et à protéger la population carcérale :

  • Suspension ou limitation stricte des visites, sous réserve du respect rigoureux des règles d’hygiène et des prescriptions sanitaires

  • Renforcement immédiat des dispositifs sanitaires avec mise à disposition de médicaments essentiels

  • Approvisionnement en produits de prévention et de désinfection

  • Déploiement d’équipements et de matériels médicaux appropriés

La circulaire enjoint les responsables pénitentiaires, les autorités sanitaires et l’ensemble des services concernés à assurer l’exécution stricte de ces mesures et à en garantir le suivi rigoureux.

Une prison exsangue, déjà dénoncée

Cette crise sanitaire survient dans un contexte de surpopulation carcérale chronique dénoncé depuis des mois par les organisations de défense des droits humains. En novembre dernier, la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) avait tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation des conditions de détention à Makala et à la prison de Ndolo.

Son coordonnateur, Emmanuel Cole, avait révélé des chiffres accablants : 11 404 détenus recensés dans ces deux établissements, alors que la seule capacité d’accueil de Makala est de 1 500 personnes. Il avait également signalé des cas de malnutrition, des lenteurs judiciaires maintenant des prévenus en détention provisoire prolongée, et d’autres problèmes graves.

Des recommandations restées lettre morte ?

L’activiste avait formulé plusieurs recommandations à l’État, notamment l’accélération du traitement des dossiers des détenus et la construction de nouveaux bâtiments dans les enceintes carcérales. Des appels qui résonnent avec d’autant plus d’acuité aujourd’hui, alors que l’épidémie de choléra expose l’extrême vulnérabilité d’une population carcérale livrée à elle-même dans des conditions indignes.

Un test pour la volonté de réforme

Cette nouvelle tragédie sanitaire place le ministre Guillaume Ngefa face à un défi majeur, à quelques jours seulement de sa rencontre avec le chargé d’affaires américain pour renforcer la coopération judiciaire. La gestion de cette crise sera un test grandeur nature de la volonté affichée par le gouvernement de réformer le secteur de la justice et d’améliorer les conditions de détention.

Les mesures d’urgence prises sont nécessaires. Reste à savoir si elles s’accompagneront d’une réflexion structurelle sur l’état des prisons congolaises, véritables bombes sanitaires et sociales à retardement.

RDC et Angola scellent un pacte de sécurité face aux menaces régionales

Pendant des années, entre la République Démocratique du Congo et l’Angola, on s’observait. On se parlait, parfois. Mais on ne construisait pas ensemble. Pourtant, il y a eu l’Est qui brûle, les armes qui circulent, les menaces qui ignorent les lignes tracées sur les cartes. Alors, les deux capitales ont compris que la sécurité de l’une ne pouvait plus être indifférente à l’insécurité de l’autre.

Ce jeudi 12 février 2026, dans un palais de Luanda, cette prise de conscience est devenue un acte.

Une signature qui change la donne

Autour d’une table, deux hommes. Le Congolais Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur. L’Angolais Manuel Gomes, son homologue. Devant eux, un document préparé pendant deux jours par les experts des deux pays. Un texte technique, administratif, mais dont chaque mot pèse son poids de poudre et d’espoir.

Ils ont signé.

D’un trait de plume, la Commission Permanente Mixte Défense et Sécurité est née. Derrière ce nom un peu long se cache une promesse simple : celle de ne plus jamais laisser la frontière commune devenir un territoire sans loi.

La frontière au cœur des préoccupations

Car la frontière, justement, a été au cœur des discussions. Ainsi, les deux délégations ont passé au crible ce ruban de terre qui sépare et relie leurs nations. Elles ont parlé de ce qui s’y passe la nuit, de ces trafics qui ignorent les postes de contrôle, de ces menaces qui glissent d’un pays à l’autre comme l’eau entre les doigts.

Le constat ? Il faut plus que des patrouilles. Il faut des informations qui circulent, des commandements qui se parlent, des officiers qui se connaissent. Concrètement, la commission mixte devra organiser tout cela : des échanges permanents de renseignements, des rencontres régulières entre militaires et policiers des deux bords.

L’ombre persistante de l’Est congolais

Mais il y avait aussi, dans la salle, une autre présence. Invisible, mais obsédante. Celle de l’Est congolais, cette plaie qui ne cicatrise pas. Dans ce contexte, les ministres ont pris une position claire, presque solennelle : ils ont condamné, sans ambiguïté, le recours à la force pour accéder au pouvoir.

Une phrase qui, aujourd’hui, résonne comme un avertissement. Comme un rappel que les armes ne doivent jamais dicter la loi, ni à Kinshasa, ni à Luanda, ni nulle part ailleurs.

Une volonté politique au sommet

Au moment de se séparer, les regards se sont tournés vers les deux présidents. Félix Tshisekedi et João Lourenço. Sans eux, rien n’aurait été possible. Leur volonté politique commune a transformé une intention en accord, une coopération en partenariat stratégique.

Désormais, la commission mixte existe. Reste à la faire vivre. Reste à transformer les signatures en patrouilles, les déclarations en arrestations, les bonnes intentions en nuits plus calmes le long de la frontière.

Enfin, ce jeudi 12 février, à Luanda, deux pays ont posé une pierre. Ensemble, ils devront maintenant construire le mur qui protégera leurs peuples.

Tshisekedi lance l’offensive pour une administration au mérite

KINSHASA – Le président Félix Tshisekedi a lancé mardi une réforme profonde de la fonction publique. Devant les promotions de l’École Nationale d’Administration (ENA), il a fixé une feuille de route claire. Son objectif : bâtir une administration moderne et efficace. Ainsi, il veut rompre avec les pratiques du passé.

Tshisekedi mise sur le mérite

Dans son discours, le chef de l’État a redéfini la richesse nationale. Selon lui, la RDC doit d’abord compter sur son capital humain. « La plus grande richesse, c’est le génie humain », a-t-il affirmé. Ensuite, il a promis de promouvoir le mérite.

Par ailleurs, il a dénoncé le clientélisme. Il a aussi critiqué la lenteur et l’inefficacité administratives. Pour lui, ces dérives affaiblissent l’État. Donc, la réforme devient urgente pour restaurer la confiance des citoyens.

Trois actions concrètes pour réformer l’État

Le président ne s’est pas limité aux paroles. Il a donné des instructions précises au gouvernement. Il exige un plan rapide et concret.

D’abord, il veut déployer l’ENA dans toutes les provinces. Ainsi, les services publics se rapprocheront des citoyens.
Ensuite, il demande la construction d’un campus moderne pour l’ENA. Selon lui, l’excellence mérite un cadre adapté.
Enfin, il souhaite ouvrir la formation continue aux agents publics. Cette mesure doit renforcer leurs compétences.

L’objectif reste clair : professionnaliser l’administration sur tout le territoire.

Un symbole fort et un message de fermeté

La cérémonie a aussi marqué l’entrée de la 10ᵉ promotion « Général Mamadou Ndala ». Ce choix rend hommage à l’officier disparu. Les nouveaux énarques doivent incarner intégrité et discipline. De plus, ils devront lutter contre la corruption.

Le ministre Jean-Pierre Lihau a présenté un bilan positif. En dix ans, l’ENA a formé 842 administrateurs civils. De plus, 900 postes ont accueilli la 9ᵉ promotion. Ces chiffres montrent une progression vers la méritocratie.

Par ailleurs, le ministre a envoyé un signal fort. Il a suspendu l’Inspecteur général du Travail après des propos jugés graves. Une enquête est en cours. Donc, le gouvernement veut imposer une nouvelle éthique.

En conclusion, Félix Tshisekedi place l’ENA au cœur de la refondation de l’État. Il mise sur des cadres compétents et méritants. Toutefois, le vrai défi reste l’application des réformes. La réussite dépendra de leur exécution sur le terrain.

Violentes manifestations après des déguerpissements à Pakadjuma

KINSHASA – La capitale congolaise a vécu une journée de violentes tensions ce mardi 10 février. La colère des habitants du bidonville de Pakadjuma, délogés la veille par les bulldozers de l’hôtel de ville, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, conduisant au blocage de l’axe stratégique des Poids Lourds et à l’incendie d’un poste de police.

Une artère vitale paralysée

Le mouvement de protestation a débuté par l’érection de barricades et de pneus enflammés sur la route des Poids Lourds à Kingabwa, dans la commune de Limete. Cet axe majeur, crucial pour l’approvisionnement de Kinshasa, a été complètement paralysé, perturbant gravement l’activité économique.

L’intervention de la Police nationale congolaise (PNC) a été nécessaire pour disperser les manifestants et dégager la chaussée. Selon des témoins sur place, les forces de l’ordre ont eu recours à des tirs de gaz lacrymogène et à des tirs par balle. Un jeune homme aurait été blessé par balle, bien qu’aucun bilan officiel n’ait été communiqué.

Un poste de police réduit en cendres

La violence a atteint son paroxysme lorsque des individus non identifiés ont attaqué et incendié le sous-commissariat de police du quartier BAT, toujours dans la commune de Limete. Plusieurs motos et une société de production d’eau potable ont également été vandalisées ou pillées.

« Le sous-commissariat a été attaqué puis incendié. Plusieurs motos ont été brûlées et une société a été pillée », a confirmé un témoin, Philémon Kawele. La bourgmestre de Limete, Nathalie Aziza, a reconnu plusieurs actes de violence contre des biens publics et privés.

La cause de la colère : un déguerpissement brutal

La colère des habitants trouve sa source dans une opération de démolition menée lundi 9 février par les autorités urbaines. Leur objectif : dégager l’emprise de la voie ferrée de l’Office national des transports (ONATRA) en vue de sa réhabilitation.

Des centaines de familles, installées dans ce bidonville de la périphérie de la Gombe, parfois à même les rails, se sont ainsi retrouvées du jour au lendemain sans abri, leurs habitations de fortune réduites en gravats par des bulldozers.

Circulation rétablie, mais crise humanitaire persistante

Si la circulation a été rétablie sur la route des Poids Lourds et qu’un calme précaire règne désormais, la crise humanitaire, elle, est lancinante. Les organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme sur le sort des familles déguerpies, livrées à elles-mêmes sans solution de relogement ou d’accompagnement.

Cette explosion de violence met en lumière les tensions sociales chroniques à Kinshasa, où l’urbanisation incontrôlée, les opérations d’aménagement sans dialogue et l’extrême précarité créent un mélange explosif. Les autorités, qui assurent suivre la situation « de près », sont désormais face à un double défi : achever leurs projets d’infrastructure et répondre à l’urgence sociale qu’ils ont contribué à créer.

Lualaba : un nouvel éboulement meurtrier dans une mine artisanale

KOLWEZI, Lualaba – La malédiction des mines artisanales a une nouvelle fois frappé la province congolaise du Lualaba. Dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 février 2026, un violent éboulement s’est produit dans la carrière de Tilwezembe, sur le site minier de Tulizembe. Le bilan, encore provisoire, est lourd : au moins 12 mineurs artisanaux ont péri, selon l’ONG de défense des droits humains JUSTICIA ASBL, alertée en premier lieu.

Les corps des victimes ont été acheminés à la morgue de l’hôpital général de référence Mapanja de Lualaba, tandis que les blessés sont pris en charge dans différents centres hospitaliers de Kolwezi. Les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver d’éventuelles autres victimes encore prises sous les décombres.

Des responsabilités partagées et des alertes ignorées

Les circonstances de la tragédie soulèvent de graves questions. Selon la coopérative minière COMIBAKAT, les creuseurs et leur comité auraient « enfreint la mesure » leur interdisant de se trouver sur le site après 16 heures, en s’introduisant de nuit dans la carrière, alors que la région était sous de fortes pluies ayant fragilisé les sols.

D’autres sources évoquent des travaux de séchage menés par l’entreprise minière chinoise Thomas Mining, partenaire financier de COMIBAKAT, qui n’étaient pas terminés au moment de l’intrusion des creuseurs.

Mais pour JUSTICIA ASBL, la responsabilité est plus large. L’ONG fustige la multiplicité des services techniques de l’État, comme le SAEMAPE (Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale), qu’elle accuse d’être transformés en « simples collecteurs de taxes » au lieu de prévenir les risques. Elle dénonce l’absence d’alertes sur les dangers d’une exploitation « sans respect des normes environnementales ».

L’ONG exige justice et fermeture du site

Face à ce « drame évitable », JUSTICIA ASBL lance un appel pressant :

  1. À l’ouverture d’une enquête judiciaire sérieuse pour établir les responsabilités et sanctionner exemplairement les coupables.

  2. À une indemnisation conséquente des victimes et de leurs familles.

  3. Au ministère des Mines d’ordonner la fermeture temporaire du site pour faciliter les recherches et les investigations.

L’éternel problème de la formalisation du secteur artisanal

Cette nouvelle tragédie met en lumière, une fois de plus, la problématique chronique de la formalisation de l’exploitation minière artisanale en RDC. Elle interroge sur l’attribution et la viabilisation des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA), censées encadrer et sécuriser cette activité qui fait vivre des milliers de familles.

« Les richesses du sous-sol du Lualaba ne peuvent continuer à causer la perte des fils de cette province au lieu de les enrichir », déplore un observateur local. Le drame de Tilwezembe est un cri d’alarme de plus : sans une régulation stricte, une surveillance effective et des conditions de travail sûres, le secteur artisanal restera synonyme de mort et d’impunité, au cœur même du géant minier congolais.

Nord-Kivu : un militaire FARDC viole et décapite une femme devant ses enfants

L’horreur absolue a frappé Tembe, une bourgade paisible près de Bamulumba. Ce jeudi 5 février, un militaire des FARDC a plongé une famille dans le deuil et la terreur. Selon les autorités locales, le soldat a séquestré une femme. Il l’a violée, puis l’a décapitée à la machette. Le crime s’est déroulé dans une cabane, sous les yeux de ses propres enfants.

Samuel Kakule Kagheni, président de la société civile locale, livre des détails glaçants. Après son forfait, le militaire a enfermé le corps sans vie dans la cabane. Il a ainsi abandonné les enfants traumatisés. « C’est un acte inhumain. Il a bouleversé toute notre communauté », a déclaré Kagheni. Il exige ensuite une justice militaire ferme et exemplaire.

Les autorités promettent une justice rapide

L’administrateur du territoire de Lubero a confirmé les faits. Le colonel Kiwewa Mitela Alain a assuré que les forces de l’ordre avaient immédiatement appréhendé le présumé coupable. « Le militaire est déjà aux arrêts. Nous le détenons à l’auditorat militaire de Mangurejipa », a-t-il précisé. Les autorités attendent maintenant la fixation de son procès. Elles insistent sur leur volonté de ne pas laisser ce crime impuni.

Cette promesse de justice est cruciale. En effet, la population ressent un sentiment croissant d’insécurité. Elle perd confiance en ceux qui doivent la protéger.

Une série noire qui interroge la discipline militaire

Malheureusement, ce drame ne constitue pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une série inquiétante de crimes commis par des militaires dans la région depuis 2025. Cette série érode chaque jour un peu plus le lien entre l’armée et la nation.

Par exemple, le 8 septembre 2025, un militaire a abattu sa propre épouse à Kanyatsi. Puis, le 10 septembre, un autre soldat a tué un civil à bout portant dans le village de Lima.

Ces actes répétés posent de graves questions. Ils interrogent la discipline et la moralisation des troupes. De plus, ils mettent en lumière les faiblesses des mécanismes de contrôle au sein de l’armée. Pourtant, celle-ci combat plusieurs groupes armés dans l’Est du pays.

Un contexte sécuritaire déjà explosif

Ce crime odieux survient dans un contexte déjà très tendu. Le territoire de Lubero, comme une grande partie du Nord-Kivu, subit la violence de multiples groupes armés. Les civils sont pris en étau entre ces factions et les forces gouvernementales.

La communauté internationale se focalise souvent sur les tensions géopolitiques. Cependant, cette affaire rappelle une réalité tout aussi brutale. Elle met en lumière les violations des droits humains que commettent parfois les forces régulières contre les populations qu’elles doivent défendre.

Ce drame souligne donc l’urgence d’une réforme en profondeur de l’appareil de sécurité. Une justice transitionnelle efficace est également nécessaire. Le but est de mettre fin à l’impunité et de redonner espoir à des millions de Congolais.

Désormais, tous les regards se tournent vers l’auditorat militaire de Mangurejipa. La population meurtrie scrutera la rapidité et la transparence du procès à venir. Elle n’attend plus de simples promesses. Elle exige des actes de justice qui restaureront sa dignité et sa confiance.

Kinshasa : Les promesses du gouverneur Bumba coulent avec la capitale

Le cauchemar devient une routine saisonnière infernale. Ce mercredi 4 février 2026, une pluie torrentielle de plus de trois heures a encore frappé Kinshasa. Elle a transformé la ville en vaste étendue d’eau. La mégapole s’est retrouvée paralysée. Des scènes de désolation ont suivi.

Des images montrent des voitures emportées par le courant. Plusieurs artères ressemblent à des lacs artificiels. De nombreux piétons avancent avec difficulté dans des eaux stagnantes et polluées.

Les quartiers chics subissent aussi les inondations. Devant le Palais du Peuple, l’eau recouvre le boulevard Triomphal. Ensuite, le même spectacle apparaît près du Lycée français et de l’Hôtel de Ville. L’eau a même envahi le bureau du gouverneur Daniel Bumba. Cette situation illustre une administration dépassée par la crise. De la Lukunga à la Tshangu, toutes les communes subissent les dégâts.

Le gouverneur Bumba sous pression

Daniel Bumba dirige la capitale depuis plus d’un an. Pourtant, les critiques se multiplient. Une partie de la population ne croit plus à ses promesses.

Un habitant de Ngaliema dénonce des discours trop politiques. Selon lui, ils ne rassurent plus les administrés. Il estime aussi que le gouverneur peine à gérer l’urgence permanente de la ville.

De plus, un militant des droits humains se montre sévère. Il craint un bilan pire que celui de Gentiny Ngobila. Pour beaucoup d’habitants, ce dernier symbolise déjà un échec.

Depuis plus de dix ans, les gouverneurs se succèdent. Cependant, les problèmes restent. L’assainissement et le drainage stagnent. Les habitants affrontent donc toujours les mêmes inondations.

Le génie militaire mobilisé pour l’urgence

Face à la situation, le ministre des Infrastructures John Banza réagit. Il mobilise le génie militaire. Les équipes interviennent sur les axes critiques. Elles ciblent notamment le boulevard Triomphal et l’avenue Kasa-Vubu à Bandalungwa.

Selon son cabinet, les travaux poursuivent plusieurs objectifs :

  • stabiliser les sols à risque

  • canaliser et évacuer les eaux de pluie

  • empêcher le retour rapide des inondations

  • réhabiliter la voirie touchée

Ces actions répondent à l’urgence. Toutefois, elles restent ponctuelles. La vraie question demeure. Quand Kinshasa adoptera-t-elle un plan global d’assainissement ?

Sans solution structurelle et financée, la ville revivra ces drames. À chaque saison des pluies, les habitants subiront encore les inondations. Et, peu à peu, la confiance envers les dirigeants continuera de s’éroder.

Le pont Kinshasa-Brazzaville : signature de l’accord le 12 février 2026

Le projet de pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville avance concrètement. Ce mercredi 4 février, le ministre des Infrastructures John Banza Lunda a annoncé une date clé. Les ministres des Finances des deux pays signeront l’accord le 12 février 2026.

Cette annonce fait suite à une réunion de travail avec la Banque africaine de développement (BAD). Le directeur régional pour l’Afrique centrale, Dr Léandre Bassole, a conduit la délégation. Ainsi, les partenaires confirment leur volonté d’accélérer le projet.

Un ouvrage stratégique pour les deux capitales

Le futur pont mesurera 1,575 km. Il reliera directement Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales les plus proches au monde.

Actuellement, des experts des deux pays travaillent à l’ACGT. Ils harmonisent les régimes tarifaires, fiscaux et douaniers. De cette manière, ils sécurisent la viabilité économique du pont.

Plusieurs chantiers régionaux sur la table

La réunion a aussi permis d’examiner d’autres projets. D’abord, les équipes étudient le pont sur l’Oubangi entre la RDC et la Centrafrique. Ensuite, elles veulent accélérer le développement urbain de Mbuji-Mayi.

Par ailleurs, la situation de la route Bukavu-Goma (RN2) reste préoccupante. L’insécurité bloque les travaux. Le gouvernement et la BAD analysent donc l’indemnisation des entreprises touchées par des vols de matériel.

La BAD confirme son appui

Le ministre Banza a rassuré les partenaires sur l’engagement du chef de l’État à stabiliser l’Est du pays. De son côté, la BAD maintient son soutien. Elle insiste toutefois sur la qualité des études préparatoires.

Le Dr Bassole l’a rappelé clairement : de bonnes études représentent déjà 30 % du projet.

La signature du 12 février peut changer la donne. Elle rapprochera la concrétisation d’un projet attendu depuis des décennies. À terme, ce pont pourrait fluidifier la mobilité. Surtout, il pourrait stimuler fortement les économies des deux Congo.

Guillaume Ngefa suspend le président du Fonds d’indemnisation des victimes de l’Ouganda

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a fait un coup de tonnerre dans le secteur sensible de la réparation des victimes. Ce mercredi 4 février, il a suspendu Kalombola Lisendja Bernard de ses fonctions de président du Conseil d’administration du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).

Cette décision radicale, motivée par de sérieux soupçons de mé gestion, vise à « garantir une gestion rigoureuse, transparente et conforme à la destination des ressources allouées à l’indemnisation des victimes », selon le communiqué officiel. Le ministre a pris soin de désigner un intérimaire, Kitenge Senga Dismas, pour éviter tout vide de pouvoir.

Une enquête judiciaire ouverte

La suspension n’est qu’un premier acte. Guillaume Ngefa a également saisi le procureur général près la Cour d’appel de la Tshopo pour ouvrir une enquête judiciaire sur les allégations portées contre l’ancien PCA. Cette procédure marque l’entrée du dossier dans une phase plus décisive et potentiellement pénale.

Un message fort sur la gestion des fonds publics

Par ce geste, le garde des Sceaux envoie un message clair de reddition des comptes. Il rappelle que la gestion de fonds publics, surtout ceux destinés à des victimes en attente de réparation après des décennies de conflit, ne tolère « ni opacité ni complaisance ».

Cette suspension place désormais toute la gouvernance du FRIVAO sous surveillance. L’opinion publique, souvent sceptique quant à l’efficacité des mécanismes d’indemnisation, observe de près cette démonstration d’autorité, qui tente de restaurer la crédibilité d’une institution cruciale pour la justice transitionnelle en RDC.

Le gouvernement lance « Loba », l’assistant virtuel qui révolutionne la défense des consommateurs

La protection des droits des consommateurs en République démocratique du Congo entre de plain-pied dans l’ère digitale.
Ce jeudi 29 janvier 2026, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté officiellement « Loba », une plateforme numérique innovante pensée comme un assistant virtuel au service des citoyens.

Concrètement, l’outil, dont le lancement officiel est prévu fin février 2026, ambitionne de transformer la relation entre consommateurs, entreprises et régulateurs.
Il rendra ainsi le dépôt de plainte plus simple, plus transparent et surtout plus efficace.

Une plateforme unique pour des secteurs clés

Dans les faits, « Loba » fonctionne comme un chatbot, capable de permettre aux Congolais de signaler des abus, de déposer des plaintes et de suivre, étape par étape, le traitement de leurs dossiers.
La plateforme couvrira un large pan de l’économie, en ciblant prioritairement les secteurs les plus sensibles :

  • Services financiers : banques et assurances ;

  • Télécommunications ;

  • Transport aérien ;

  • Santé et produits pharmaceutiques ;

  • Produits alimentaires ;

  • Électricité.

Pour Daniel Mukoko Samba, « Loba » dépasse largement le rôle d’une simple boîte à plaintes digitale.
Selon lui, cet outil vise avant tout à rapprocher les citoyens des régulateurs et à améliorer la transparence entre consommateurs et opérateurs économiques.
Il contribuera également à réduire les lourdeurs administratives, souvent dénoncées par les usagers.

Un outil stratégique pour une régulation plus intelligente

Au-delà du traitement des plaintes individuelles, « Loba » revêt une dimension stratégique.
En centralisant les données, la plateforme permettra notamment aux autorités de :

  • identifier rapidement les abus récurrents ;

  • analyser les tendances du marché ;

  • cibler avec précision les actions correctives ;

  • ajuster, en amont, les politiques de régulation.

« Loba démocratise l’accès à la défense des droits des consommateurs », a insisté le ministre.
Il a notamment évoqué la lutte contre la vente de produits non conformes et les abus de position dominante.
Dans ce cadre, les dossiers liés aux pratiques anticoncurrentielles seront automatiquement transmis à la Commission de la Concurrence (COMCO).

Une coordination renforcée entre les régulateurs

Pour garantir l’efficacité du dispositif, les autorités misent sur une coordination étroite entre les régulateurs sectoriels.
Un projet de protocole d’accord sera donc soumis à plusieurs institutions clés, dont :

  • la Banque Centrale du Congo (BCC) ;

  • l’Autorité de Régulation de l’Électricité (ARE) ;

  • l’ARTPC pour les télécommunications ;

  • l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC) ;

  • l’ARC-CSU pour les soins de santé ;

  • l’ACOREP pour les pharmacies.

Ainsi, le lancement de « Loba » fin février 2026 marquera un tournant important dans la modernisation de l’État congolais.
Il placera, de manière concrète, la défense du consommateur au cœur d’une stratégie de transparence et de bonne gouvernance économique.

Décès de Roland Lumumba, fils de Patrice Lumumba et gardien de sa mémoire

La famille Lumumba est à nouveau en deuil. Roland-Gilbert Okito Lumumba, fils cadet du héros de l’indépendance Patrice Emery Lumumba, s’est éteint ce mercredi à Kinshasa à l’âge de 67 ans, des suites d’une maladie, ont confirmé des sources familiales.

Né en 1958, cet architecte de formation avait choisi un engagement plus discret que tumultueux, mais n’en avait pas moins marqué la vie politique en siégeant comme député national pendant une décennie. Pourtant, son rôle le plus marquant restera celui de gardien de la mémoire et de pourfendeur de l’impunité.

Un combat pour la vérité, « non par vengeance, mais par soif de savoir »

Roland Lumumba s’était investi corps et âme dans les procédures judiciaires visant à élucider l’assassinat de son père en 1961. Il s’était rendu à de multiples reprises en Belgique, suivant assidûment les audiences, affirmant que sa quête relevait d’une « soif de savoir » et non d’une volonté de vengeance.

Son action a été décisive dans le processus aboutissant au rapatriement de la relique de Patrice Lumumba – une dent – conservée en Belgique comme macabre trophée, et officiellement restituée à la RDC en juin 2022. Un geste symbolique fort pour la famille et la nation.

« Je préfère que l’on dise que c’est Lumumba »

Homme humble, il refusait pourtant de se cacher derrière l’ombre immense de son père. Dans ses interventions publiques, il inversait la perspective : « Au lieu de dire que c’est le papa de Roland, je préfère que l’on dise que c’est Lumumba », insistait-il, rappelant que Patrice Lumumba était avant tout le « père de l’indépendance », une figure fondatrice pour tout un continent.

Sa disparition intervient alors que les procédures judiciaires sur l’assassinat se poursuivent encore en Belgique, laissant inachevé le combat pour la vérité qu’il aura mené une grande partie de sa vie. Les messages de condoléances affluent déjà, saluant la mémoire de cet homme discret qui aura porté, avec dignité et ténacité, le poids d’un nom et le flambeau d’une histoire qui dépasse la seule famille Lumumba.

Nord-Kivu : répression meurtrière d’une marche de femmes à Lubero

Une manifestation pacifique de femmes a tourné au drame, mardi 27 janvier, dans la localité de Manguredjipa, au Nord-Kivu. Ce rassemblement devait alerter sur l’insécurité et les attaques répétées des rebelles ADF. Cependant, les forces de l’ordre l’ont violemment réprimé, causant la mort de deux personnes, dont une femme et son bébé de six mois, et plusieurs blessés par balles.

Selon Samuel Kagheni, président de la société civile locale, les services de sécurité ont dispersé les manifestantes à coups de tirs réels. Cette répression brutale a déclenché une colère incontrôlable parmi la population. En représailles, des manifestants ont incendié plusieurs motos et la résidence privée du chef de secteur de Bapere. Ainsi, la cité a plongé dans un chaos total pendant plusieurs heures.

Un deuil national et un appel à la grève générale

Profondément indignée, la société civile dénonce une « répression disproportionnée » et exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante avant même l’inhumation des victimes. En signe de deuil et de protestation, elle appelle tous les opérateurs économiques de Manguredjipa à observer une grève générale à partir de ce mercredi 28 janvier, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

« Il y a eu une manifestation des femmes à la suite des tueries perpétrées par les ADF. Malheureusement, un incident grave s’est produit, que nous, société civile, fustigeons et condamnons », a déclaré Samuel Kagheni.

Un silence inquiétant des autorités

Au moment où les faits sont rapportés, la situation sur place reste extrêmement tendue. Les autorités provinciales du Nord-Kivu ne se sont toujours pas exprimées sur cet incident. Ce silence, face à la tragédie, illustre une fois de plus la volatilité et la souffrance endémique des populations civiles, prises en étau entre les groupes armés et les forces de l’ordre souvent accusées de brutalité.

Ce drame soulève des questions cruciales sur le droit à la manifestation et la protection des civils. En effet, dans une région où la peur et la violence rythment le quotidien, la sécurité des populations demeure une urgence humanitaire.

De plus, les observateurs locaux et internationaux appellent à une médiation rapide pour éviter une escalade de la violence et pour protéger les droits fondamentaux des habitants de Manguredjipa.

Journée de mémoire pour l’Est : Suminwa dénonce la guerre du Rwanda et exige justice

Kinshasa – Sous les voûtes de l’Académie des Beaux-Arts, ce mardi 27 janvier, le poids du deuil et la détermination face à la guerre se sont mêlés. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé la Journée de mémoire de Bunagana à Uvira, un événement solennel dédié aux victimes de l’agression à l’Est et placé sous le thème « Résistance, Résilience et Unité du peuple congolais ».

Face à une assistance composée de membres du gouvernement, de diplomates et d’acteurs de la société civile, la cheffe du gouvernement a tracé une ligne claire. « Cette guerre vise le sol et le sous-sol de la République, mais elle vise surtout les vies humaines, les foyers, l’avenir même de notre Nation », a-t-elle déclaré, pointant directement du doigt le Rwanda et ses supplétifs. Elle a réaffirmé la « détermination à rester debout » pour défendre la souveraineté nationale, un engagement impulsé, selon elle, par le président Tshisekedi.

Justice, condition sine qua non de la paix

Plus tôt dans la journée, des panels thématiques ont décortiqué les multiples facettes de la crise : drame humanitaire, enjeux économiques, quête de justice et restauration de l’intégrité territoriale. Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a insisté sur un pilier fondamental : l’exigence de justice. « Il ne peut y avoir de paix durable fondée sur le silence, l’oubli ou la négation des souffrances », a-t-il martelé, appelant à la reconnaissance des préjudices et à l’établissement des responsabilités.

Plusieurs ministres, dont Daniel Mukoko Samba (Économie) et Guillaume Ngefa (Justice), ont pris part aux débats, illustrant la volonté affichée du gouvernement d’apporter une réponse globale à une guerre aux « ramifications multiples ».

Devoir de mémoire et exposition des souffrances

La journée s’est articulée autour d’une exposition photographique retraçant les atrocités subies par les populations, de discussions techniques et d’un moment de recueillement. En mêlant hommage et analyse, les autorités ont voulu transformer la mémoire douloureuse en un levier pour « poser les bases d’une paix fondée sur la vérité, la justice et la dignité humaine ».

Dans un contexte où les processus de paix diplomatiques piétinent, cette cérémonie à Kinshasa visait à rappeler que, derrière les négociations, il y a un peuple qui résiste, qui pleure ses morts, et un État qui promet de les défendre – ou du moins, de ne pas les oublier.

Crise des transports à Kinshasa après de nouvelles taxes automobiles paralysantes

Kinshasa – Ce lundi 26 janvier, les Kinois ont connu un réveil brutal. La ville de plus de 15 millions d’habitants est quasi paralysée. Ses artères, habituellement saturées, apparaissent étrangement fluides. Mais cette apparente tranquillité cache une réalité inquiétante : les transports en commun ont déserté massivement les rues. La cause : une nouvelle série de mesures fiscales qui étouffe conducteurs et usagers.

Pour circuler, les automobilistes doivent désormais payer 564 dollars au total : vignette (70$), permis de conduire (120$), contrôle technique (80$) et assurance plafonnée à 294$. Un montant exorbitant dans une économie où la majorité des habitants gagne moins d’un dollar par jour.

Les taxis et bus déclenchent une grève de fait

Face à ce mur financier, les conducteurs de taxis, bus et minibus ont choisi de ne pas rouler. Beaucoup ont laissé leurs véhicules au garage, incapables ou réticents à assumer ces coûts. Le résultat a été immédiat : une pénurie sévère de transport. Des milliers de travailleurs, enseignants et élèves ont dû marcher des dizaines de kilomètres sous un soleil de plomb.

Pour ceux qui ont osé prendre la route, les prix ont flambé. Un trajet, coûtant 1000 francs congolais le matin, pouvait atteindre près de 5000 francs le soir, presque le double du revenu journalier moyen. Une situation intenable pour une population déjà fragilisée.

Une mesure anti-embouteillage qui asphyxie les habitants

Les autorités présentent ces contrôles renforcés comme nécessaires pour désengorger la capitale et assurer un parc automobile en règle. Mais dans les faits, l’effet est inverse. En ciblant les véhicules de transport public – essentiels pour des millions de Congolais – la mesure a provoqué une crise sociale avant même de réduire les embouteillages.

Cette première journée de mise en application brutale soulève des questions sur l’équité et la viabilité de la réforme. Comment imposer une telle facture à des conducteurs aux revenus précaires, sans offrir d’alternative aux habitants ? Pour l’instant, Kinshasa respire mieux. Mais cette « respiration » se paie au prix d’une paralysie qui frappe les plus vulnérables. La colère, silencieuse aujourd’hui, pourrait bien s’exprimer si la crise des transports perdure.

Inauguration d’une nouvelle voie ferrée à Fungurume

Lualaba – Le train du développement a pris un nouveau virage, littéralement, dans la province du Lualaba. Ce mardi 20 janvier, le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a inauguré en grande pompe la nouvelle voie ferrée reliant les gares de Fungurume à Kitwebela, au cœur de la concession de la société minière Tenke Fungurume Mining (TFM).

Ce tronçon de 3,740 kilomètres, bien que relativement court, représente un maillon stratégique et un investissement colossal. Construite par la société Gazebo pour le compte de TFM, cette infrastructure a nécessité un investissement de 37 millions de dollars américains et le déplacement de plus de 2,7 millions de mètres cubes de terre et de roche. Selon Constant Omari, président du comité de pilotage, la voie a été réalisée « selon les normes internationales », constituant un « projet à forte valeur démonstrative » pour la région.

L’inauguration, marquée par la coupe traditionnelle du ruban par Jean-Pierre Bemba, a également été l’occasion pour TFM de rappeler sa contribution économique. La compagnie a indiqué avoir versé 955 millions de dollars au premier trimestre de l’année et un total de 7 milliards de dollars depuis 2026 au Trésor public, soulignant son « engagement à contribuer à l’émergence de la RDC ».

Un partenariat public-privé sur les rails

Le modèle de propriété clarifie les rôles de chacun : l’État congolais reste le propriétaire de l’infrastructure, tandis que la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC) en est le concessionnaire. Gazebo a officiellement remis les travaux terminés à la SNCC, qui en assurera la gestion et l’exploitation.

Cette nouvelle voie vise avant tout à accroître les capacités logistiques et opérationnelles du projet minier de TFM, en fluidifiant le transport du minerai. Elle illustre la dynamique des investissements privés dans les infrastructures critiques, dans un secteur minier où le transport ferroviaire reste un enjeu majeur de compétitivité.

Pour le gouvernement, représenté par Jean-Pierre Bemba, cette inauguration symbolise plus qu’un simple tronçon : c’est une preuve concrète de la modernisation des infrastructures de transport et du partenariat entre l’État et les investisseurs miniers pour désenclaver les régions productrices et dynamiser l’économie nationale.

La statue vivante : comment un supporter a ressuscité Lumumba

 Dans la foule vibrante d’un stade marocain, un homme est immobile. Depuis les premiers matches de la CAN 2025, il ne bouge plus. Le bras droit tendu vers le ciel, la paume ouverte, le regard perçant un horizon que lui seul voit. Michel Kuka Mboladinga, supporter congolais, n’est plus un simple fan. Il est devenu, match après match, le symbole inattendu et puissant de tout un tournoi, en incarnant la statue de Patrice Lumumba, le héros martyr de l’indépendance congolaise.

Sa performance silencieuse, inspirée du mausolée de Lumumba à Kinshasa, a d’abord hypnotisé les tribunes. Puis, elle a traversé les écrans pour conquérir le monde. Jusqu’à ce qu’un geste de dérision, après l’élimination des Léopards face à l’Algérie, ne transforme ce symbole en étendard. L’attaquant algérien Mohamed Amoura l’a imité avant de s’effondrer sur la pelouse, semblant lui dire de « se reposer ». La polémique a enflammé les réseaux sociaux, obligeant le joueur et toute sa sélection à présenter des excuses.

Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. C’est là qu’elle a véritablement commencé.

De la polémique à l’hommage universel

France 24
© France 24

En guise de réponse, le football a offert une réparation plus belle que toute polémique. En quart de finale, le Nigérian Akor Adams a marqué contre… l’Algérie. Sa célébration ? Une immobilisation parfaite, le bras levé, fixant le ciel. Le message était clair : le geste n’était plus une moquerie, mais un hommage. Le lendemain, en Coupe de France, l’ailier marocain Sofiane Diop a reproduit la même pose après un but. Dans les tribunes de la CAN, des supporters marocains l’ont imité à leur tour.

La « statue vivante » avait transcendé les rivalités sportives. Elle n’appartenait plus au seul Congo, mais à tous ceux qui y voyaient une forme de résistance, de mémoire et de fierté.

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/amoura-presente-ses-excuses-apres-un-geste-polemique-envers-un-celebre-supporter-congolais/

Du stade à la toile : l’icône devient manifeste

France 24
© France 24
Le phénomène a débordé des terrains pour investir le champ de l’art. Le peintre marocain Mohamed Lachhab, suivi par près de 600 000 personnes, a réalisé une toile vibrante de Patrice Lumumba. En quelques semaines, la silhouette figée de Michel Kuka a ravivé la mémoire d’un discours historique – celui du 30 juin 1960, où Lumumba tonnait contre le racisme des colons – et d’un destin tragique : renversé après 75 jours de pouvoir, assassiné en 1961, son corps dissous dans l’acide.

Une dent, conservée en Belgique comme macabre trophée, est tout ce qui reste de lui. En se faisant statue, Michel Kuka Mboladinga a rendu un corps à ce héros sans sépulture. Il a rappelé que certaines mémoires refusent de se dissoudre.

Aujourd’hui, son geste n’est plus une simple célébration sportive. C’est un manifeste silencieux. Il dit que l’histoire coloniale ne s’efface pas, que les héros panafricains vivent dans les consciences, et que, parfois, il suffit d’un homme immobile dans une foule en délire pour remuer un continent tout entier.

La CAN 2025 aura eu ses buts, ses larmes, son champion. Mais son héritage le plus durable sera peut-être cette image : un homme, le bras tendu, qui a fait de sa passion un acte de mémoire et de son corps un monument pour Patrice Lumumba.

Patrick Muyaya explique les accords de paix de Doha et Washington à la jeunesse congolaise

Dans la salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles, l’air était tendu. Presque électrique. Face à une jeunesse congolaise en quête de réponses, le ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a choisi ses mots avec gravité. Il est venu expliquer l’inexplicable : trente ans de guerre à l’Est, et une paix qui semble toujours se dérober.

« Cette guerre d’agression ne vise pas le Président de la République. Elle vise l’ensemble du peuple congolais. »

La phrase a figé la salle. Prononcée au cœur du deuxième panel du dialogue intergénérationnel, elle a imposé le silence. Pour Muyaya, le temps de la pédagogie a sonné. En cinq minutes, il a tenté d’éclairer les processus complexes de Doha et de Washington, deux tables de négociation où se joue peut-être l’avenir du Kivu.

Diplomatie, lignes rouges et pédagogie politique

D’abord, le ministre a rappelé le choix stratégique du président Félix Tshisekedi : la diplomatie. Il a cité l’adhésion à la Communauté de l’Afrique de l’Est, les discussions sous l’égide du Qatar et les pourparlers facilités par les États-Unis.

Ensuite, il a tenu à lever toute ambiguïté. « Nous n’avons aucun problème avec le peuple rwandais. Notre différend concerne le régime rwandais, incarné par le président Kagame », a-t-il insisté. Ainsi, il a tracé une ligne nette entre les peuples et leurs dirigeants.

Puis, Muyaya est revenu sur les racines du conflit. Il a replongé l’assistance dans l’histoire tragique ouverte par le génocide rwandais de 1994. « Trente ans plus tard, nous n’en sommes pas sortis », a-t-il reconnu. Selon lui, la crise reste systémique. Elle s’alimente, dit-il, d’un voisin qui utilise la guerre comme modèle économique.

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/crise-en-rdc-le-retour-calcule-de-langola-dans-le-jeu-diplomatique/

Cependant, le ministre a voulu rassurer. Les accords en discussion respectent les lignes rouges de la RDC. « Aucun centimètre carré de notre territoire ne sera cédé. » Il a détaillé les avancées du processus de Doha : une déclaration de principes, huit problématiques identifiées, des progrès sur le cessez-le-feu et sur les échanges de prisonniers. « Ces textes sont publics. Aucun accord n’est secret », a-t-il martelé.

Un appel direct à la jeunesse congolaise

Mais au-delà de la géopolitique, le cœur du message s’adressait à la jeunesse. Patrick Muyaya a lancé un appel clair : ne pas rester spectatrice.

« On ne fait jamais carrière dans la jeunesse. Les responsabilités s’assument dans le temps, à travers des institutions organisées. »

Par cette phrase, il a plaidé pour la patience institutionnelle. Toutefois, il a aussi insisté sur l’engagement citoyen. Selon lui, les ressources englouties par la guerre manquent cruellement aux hôpitaux et aux écoles. Or, seule la paix permettra de les réorienter vers le développement. Mais cette paix exige une mobilisation collective, durable et consciente.

« Les soldats qui tombent au front sont vos frères, vos cousins », a-t-il rappelé.

Face à lui, le Vice-Premier ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et le président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi, écoutaient attentivement. Pendant plus de trois heures, les membres du gouvernement Suminwa II ont échangé, argumenté et répondu. Une disponibilité saluée, même si elle n’a pas dissipé toutes les inquiétudes.

Lorsque Patrick Muyaya a quitté l’estrade, une question est restée suspendue dans l’air chaud de Kinshasa : les mots suffiront-ils à transformer l’espoir en paix réelle sur les collines du Kivu ? La réponse, elle, se joue bien au-delà des murs du Centre Wallonie-Bruxelles.

Ndolo, 1996 : quand un Antonov s’écrasait sur le marché de Kinshasa

Il était à peine midi, le lundi 8 janvier 1996, quand un grondement anormal a déchiré le ciel de Kinshasa. Soudain, un Antonov An-32B de la compagnie privée Scibe-Zaïre Air Lift, lourdement chargé, a raté son décollage à l’aérodrome de Ndolo. Le nez ne s’est jamais levé. Au contraire, l’appareil a poursuivi sa course folle. Puis, il a traversé la rue séparant la piste du marché populaire de Simbazikita — aujourd’hui Tipe K Bomoko — avant de s’écraser en pleine zone commerciale.

Le chaos au cœur du marché

« Ça a vraiment fait boum ! » se souvient Didier Lumbu Sangwa, âgé de 15 ans à l’époque. Ce jour-là, toute sa famille se trouvait sur les lieux. En quelques secondes, l’avion-cargo a labouré le marché sur près de cent mètres. Ainsi, il a emporté des centaines de vies.

Le chaos était total. D’abord, des corps sans vie jonchaient le sol. Ensuite, des blessés hurlaient. Enfin, les étals se sont réduits en poussière. Ismaël, alors âgé de 12 ans et aujourd’hui chargé de la sécurité du marché, témoigne : « J’ai vu les mamans, les papas qu’on voyait tout le temps… ils étaient morts. »

Un bilan lourd et une enquête accablante

Le bilan a vite glacé le pays. Officiellement, les autorités ont recensé 237 morts. Pourtant, les témoins et les ONG évoquent au moins 250 victimes, sans compter les disparus. Très vite, l’hôpital Mama Yemo, le plus grand de la capitale, a lancé un appel urgent aux dons de sang. Cependant, faute de matériel et de médicaments, il a dû refuser des blessés.

Pendant ce temps, la foule en colère a tenté de s’en prendre à l’équipage. Quatre membres russes, légèrement blessés, ont échappé de justesse à un lynchage. À la radio, le ministre des Transports de l’époque, Bernardin Munguldeaka, a révélé un élément clé : l’Antonov transportait une surcharge de 600 kilos. Par la suite, l’enquête a mis en cause la vétusté des appareils. Elle a aussi dénoncé les pratiques opaques de certaines compagnies privées. À l’époque, dans un Zaïre enclavé, l’avion restait souvent le seul moyen de transport fiable. Trop souvent, les normes de sécurité passaient au second plan.

Trente ans après, la vie continue sans l’oubli

Trente ans plus tard, la vie a repris ses droits. Aujourd’hui, le marché Tipe K Bomoko vibre à nouveau. Les étals débordent de fruits et de légumes. La musique résonne, les clients négocient. Pourtant, la mémoire demeure intacte. « Chaque 8 janvier, les pasteurs et les prêtres venaient prier pour les victimes », rappelle Didier, devenu président du marché.

Kalala, 28 ans, vend des tomates exactement à l’endroit où sa grand-mère a perdu la vie. Il n’était pas né à l’époque. Pourtant, le récit familial a transmis le traumatisme. Comme beaucoup d’autres familles, la sienne n’a jamais reçu d’indemnisation.

Une piste toujours là, comme un rappel

Depuis, par précaution, les avions qui décollent de Ndolo évitent le marché. Désormais, ils prennent la direction du fleuve Congo. Toutefois, la piste reste là, toute proche. Elle rappelle sans cesse ce jour de janvier 1996 où, brutalement, le ciel est tombé sur Kinshasa.

Les jeunes de Goma préparent une marche contre l’occupation

Goma, RDC — La colère se structure et prend date. Des jeunes issus de mouvements citoyens et de groupes de pression ont officiellement annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique le vendredi 2 janvier 2026 à Goma. Leur objectif est clair : exiger le retrait immédiat des troupes rwandaises et des rebelles de l’AFC-M23 des zones qu’ils occupent dans l’Est de la RDC.

Dans une lettre officielle adressée au maire de Goma, les organisateurs, regroupés sous la bannière du collectif Génération Z RDC, inscrivent leur action dans le cadre de la Constitution. Ils dénoncent avec force « la violation de l’intégrité territoriale de la RDC par l’armée rwandaise » et les « graves atteintes aux droits humains et à la dignité des populations civiles ».

Une marche pour la justice et la souveraineté

Au-delà de la dénonciation, la marche porte une exigence de justice. Les jeunes manifestants réclament que les auteurs présumés de crimes contre l’humanité soient traduits devant les juridictions internationales, notamment la Cour pénale internationale (CPI). Ils entendent ainsi rompre le cycle de l’impunité qui entoure les violences dans la région.

L’itinéraire prévu est symbolique : il partira du rond-point Kihisi pour traverser les artères de Birere et Signers, avant de rejoindre le Boulevard du 30 Juin (BDGL). Le point final sera le quartier général de la MONUSCO à Goma, un choix qui interpelle directement la mission de l’ONU sur son rôle de protection des civils.

Les organisateurs ont sollicité l’encadrement des forces de sécurité congolaises pour garantir le caractère strictement pacifique de l’événement.

Une date au fort symbolisme historique

Le choix du 2 janvier n’est pas anodin. Cette date marque l’anniversaire de l’assassinat du colonel Mamadou Ndala Moustapha, héros militaire qui avait joué un rôle décisif dans la défaite du M23 en 2013. Son meurtre, survenu alors qu’il préparait des opérations contre les ADF, reste une plaie ouverte dans la mémoire collective du Nord-Kivu. En marchant ce jour-là, la jeunesse de Goma entend honorer sa mémoire et rappeler que la lutte pour la souveraineté du territoire est un combat inachevé.

Cette mobilisation intervient dans un contexte de tension extrême, où la rébellion a récemment autorisé des rassemblements pro-M23 dans les zones qu’elle contrôle. La marche du 2 janvier se veut la réponse citoyenne et pacifique d’une population excédée par l’occupation et déterminée à faire entendre sa voix pour la paix et la justice.

Denis Mukwege : le « réparateur des femmes » entre à l’Académie

Sous la majestueuse Coupole de l’Institut de France, à Paris, une page d’histoire s’est écrite ce lundi 1er décembre. Le Dr Denis Mukwege, gynécologue congolais et prix Nobel de la paix 2018, a été officiellement installé comme membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques. Une distinction intellectuelle parmi les plus prestigieuses en France, qui consacre l’œuvre mondiale du « réparateur des femmes ».

Une cérémonie sous le signe du protocole et de l’émotion

La séance d’installation a respecté le rituel séculaire des académies de l’Institut de France. Jean-Robert Pitte, président de l’Académie des sciences morales et politiques, a ouvert la cérémonie par une allocution introductive. Puis Louis Vogel, académicien et sénateur, a prononcé le discours d’accueil retraçant le parcours exceptionnel du médecin congolais.

Dans son intervention, Denis Mukwege a choisi de rendre hommage à une figure majeure de la diplomatie internationale en donnant lecture de la notice dédiée à Javier Pérez de Cuéllar, ancien secrétaire général des Nations unies. Un geste symbolique qui relie son combat pour la paix aux grandes traditions du multilatéralisme.

Une des distinctions intellectuelles les plus élevées de France

Fondée en 1795, l’Académie des sciences morales et politiques est l’une des cinq académies de l’Institut de France. Elle rassemble des penseurs, juristes, diplomates, chercheurs et dirigeants dont les travaux influencent la réflexion nationale et internationale. L’élection comme membre associé étranger est un honneur réservé à un nombre très restreint de personnalités dont l’œuvre transcende les frontières de leur pays.

En accueillant le médecin congolais, l’Académie reconnaît non seulement un spécialiste mondialement salué pour son travail auprès des femmes victimes de violences sexuelles en zones de conflit, mais également une voix morale incontournable dans les débats sur la paix, les droits humains et la justice internationale.

Le combat de Panzi honoré sous la Coupole

Sur ses canaux officiels, le fondateur de la Fondation Panzi a exprimé son émotion : « Profondément honoré par cette installation en tant que membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques. » Cette distinction vient couronner près de trois décennies d’engagement au service des victimes de violences sexuelles utilisées comme arme de guerre, particulièrement dans l’est de la République démocratique du Congo.

Lors de son discours, Mukwege, dont la voix porte désormais bien au-delà des murs de l’hôpital de Panzi à Bukavu, a plaidé avec une conviction intacte pour « une justice internationale plus ferme face aux crimes contre l’humanité perpétrés dans l’Indifférence et le silence ». Ses mots résonnaient avec une force particulière sous cette coupole habituée aux débats sur l’éthique et la morale publique.

Une tribune élargie pour ses combats

Cette admission consacre plus qu’une carrière médicale exceptionnelle. Elle offre au Dr Mukwege une tribune institutionnelle d’une portée unique pour porter ses combats : la lutte contre l’impunité des crimes sexuels en temps de guerre, la promotion d’une justice réparatrice, et la défense inlassable de la dignité humaine face à la barbarie.

À travers cette reconnaissance, la France salue officiellement le parcours d’un militant infatigable dont l’action a déjà été honorée par le prix Nobel, mais dont l’influence intellectuelle et morale méritait cette consécration académique. Sous la Coupole, parmi les « Immortels », la voix du chirurgien de Bukavu trouvera désormais un écho institutionnel pour continuer à dénoncer les atrocités et à plaider pour la paix dans son pays et au-delà.

Cette intronisation marque un tournant : Denis Mukwege n’est plus seulement le médecin héroïque de l’est du Congo, ni uniquement le prix Nobel de la paix. Il est désormais reconnu comme un penseur de stature internationale, dont la réflexion sur la justice, la réparation et la dignité humaine trouve sa place dans l’une des institutions intellectuelles les plus prestigieuses au monde.

Lutte contre les Mobondo : le gouvernement congolais lance l’opération de désarmement

Ce mardi 2 décembre 2025, dans le quartier Mbankana de la commune de Maluku, le gouvernement congolais a franchi une étape décisive dans la pacification de l’ouest du pays. Le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, SHABANI LUKOO BIHANGO Jacquemain, a lancé l’opération pilote de désarmement et de démobilisation des ex-combattants Mobondo.
La cérémonie s’est tenue sur les hauteurs du plateau des Batékés, en territoire Teke. Elle marque le début concret du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement communautaire et Stabilisation (P-DDRCS). Selon les autorités, cette initiative traduit la volonté du président Félix Antoine Tshisekedi de ramener une paix durable dans une région meurtrie par un long conflit intercommunautaire.

Une milice née d’un conflit entre Teke et Yaka

La milice Mobondo s’est formée à la suite d’un affrontement profond entre les communautés Teke et Yaka. Ce conflit, enraciné dans des tensions foncières, politiques et identitaires, a ensanglanté le Grand Bandundu et l’ouest de Kinshasa. Il a provoqué des centaines de morts et des déplacements massifs. Il a aussi aggravé la situation humanitaire.
Dans ces zones reculées, l’État était souvent absent. Son autorité a été contestée par la montée des groupes armés.

Les premières armes rendues, symbole d’un nouvel espoir

Lors de la cérémonie, plusieurs ex-combattants ont remis volontairement leurs armes au Vice-Premier ministre. Ce geste marque leur désengagement d’un mouvement qui a endeuillé de nombreuses familles. Ces armes, jadis sources de mort, seront transformées dans le cadre du programme pour devenir des « instruments de paix ».

Un processus structuré qui dépasse la simple collecte

Le Vice-Premier ministre SHABANI a insisté sur la portée réelle de l’initiative. Selon lui, l’opération n’est que le début d’un processus structuré. L’objectif est clair : transformer les armes en outils de paix, convertir les ex-combattants en acteurs du développement et stabiliser les zones touchées.
Le P-DDRCS ne se limite donc pas au désarmement. Il prévoit aussi la réinsertion socio-économique des anciens miliciens. De plus, il inclut un volet consacré au relèvement communautaire pour réparer le tissu social brisé et encourager une coexistence pacifique.

Un signal fort du retour de l’État

Au-delà des premières armes collectées, l’opération pilote de Maluku envoie un message politique fort. Elle montre que l’État est présent, mobilisé et déterminé à rétablir son autorité. Elle rappelle aussi sa volonté d’accompagner les populations vers un avenir plus stable.
Ce premier pas reste crucial pour le retour de la paix dans l’ouest du pays et pour la réconciliation entre Teke et Yaka. Le succès de cette phase pilote conditionnera son extension à d’autres zones. Il dépendra de la présence continue de l’État, de la sécurité des ex-combattants et du respect des engagements de réinsertion.
Pour les habitants du plateau des Batékés, le 2 décembre 2025 pourrait ainsi marquer la fin progressive d’un long cauchemar.

Kalemie : la SNEL annonce le noir total dès le 5 décembre

La ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika dans l’est de la République démocratique du Congo, s’apprête à affronter une période difficile. La Société nationale d’électricité (SNEL) a annoncé, ce lundi 1er décembre, une coupure totale d’électricité programmée à compter du vendredi 5 décembre 2025. Motif officiel : des travaux de maintenance indispensables sur le groupe principal n°2 de la centrale hydroélectrique de Bendera, principale source d’alimentation électrique de la région.

Une maintenance programmée mais au calendrier incertain

Dans son communiqué, la SNEL justifie cette intervention technique par la nécessité d’effectuer une maintenance périodique après environ 2 000 heures de fonctionnement continu de l’équipement. Une opération présentée comme essentielle à la pérennité des installations.

Pourtant, l’annonce suscite une vive inquiétude : aucune durée précise n’est communiquée pour ces travaux. La SNEL laisse ainsi planer un flou total sur la date du retour de l’électricité, plongeant les habitants et les entreprises dans l’incertitude.

Sagali Kaite, Chef de Division Production et Transport à Bendera, a tenté d’apaiser les craintes : « Les équipes techniques sont mobilisées afin de réaliser les opérations dans les meilleurs délais. » Il a appelé la population à la patience et à prendre « les précautions nécessaires » en prévision de cette période sans courant.

Des conséquences redoutées sur des secteurs essentiels

Cette coupure programmée, bien que techniquement justifiée, n’en reste pas moins préoccupante pour une ville déjà éprouvée par des défaillances électriques récurrentes. Kalemie, plaque tournante économique sur les rives du lac Tanganyika, risque de voir plusieurs secteurs clés gravement affectés :

  • Le secteur de la santé : hôpitaux et centres de santé, dont certains dépendent de l’électricité pour le fonctionnement des appareils médicaux et la conservation des médicaments.

  • La chaîne du froid : mise en péril, avec des risques pour la conservation des denrées alimentaires et des produits pharmaceutiques.

  • L’économie locale : entreprises, commerces et services publics pourraient subir des perturbations majeures, dans une région où l’activité est déjà fragile.

Un test de gestion de crise pour les autorités

Cette annonce place la SNEL et les autorités locales face à un défi de communication et de gestion anticipée. La société publique, régulièrement critiquée pour la vétusté de son réseau, devra faire preuve d’une transparence absolue sur l’avancement des travaux et d’une efficacité exemplaire pour minimiser la durée de la coupure.

Pour les autorités provinciales, l’enjeu sera d’organiser la résilience et de mettre en place des mesures de soutien pour les secteurs les plus critiques, notamment en fournissant des groupes électrogènes d’urgence aux structures de santé.

En attendant le vendredi 5 décembre, Kalemie se prépare. Entre la nécessité technique d’entretenir des infrastructures vieillissantes et le droit fondamental des citoyens à un service essentiel, la manière dont cette coupure sera gérée sera un indicateur crucial de la capacité des institutions à protéger la population en période de crise.

Désengorgement des prisons en RDC : 114 libérations

Un vent d’espoir a soufflé ce lundi 1er décembre sur la Prison Centrale de Makala à Kinshasa. Sous l’œil vigilant du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngéfa Atondoko Andali, 114 détenus, dont 61 du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), ont retrouvé la liberté conditionnelle. Parmi eux, deux femmes et un cas emblématique : Selema Thomas, 72 ans, qui affirme avoir été incarcéré arbitrairement pour lui voler sa terre.

À 8h45 précises, le ministre est arrivé pour superviser personnellement cette opération de grande ampleur. Ce geste lance sa politique de désengorgement carcéral et envoie un message clair : la page des pratiques arbitraires est tournée.

« Ce qui s’est passé avant ne peut plus se répéter »

Face à l’administration pénitentiaire, le ton était ferme mais serein. Le ministre a exhorté le directeur de la prison à la rigueur et à la prudence, rappelant le « contexte géopolitique sensible ». Il a déclaré : « Ce qui s’est passé avant ne peut plus se répéter. » Ainsi, il a dénoncé les libérations laxistes d’antan et annoncé une nouvelle ère.

Le directeur de Makala, André Kanza, a conduit la procédure avec minutie. Après l’appel nominal, le ministre a remis lui-même à chaque détenu sa fiche de libération, véritable sésame vers la liberté.

Des critères stricts, pas de cadeaux

Ces libérations suivent des critères précis. Elles reposent sur l’analyse des cartes de peine, l’évaluation du comportement exemplaire et le respect des conditions légales d’éligibilité. Selon le directeur Kanza, elles ne sont « pas le fruit du hasard ». Cette méthode redonne de la crédibilité à l’institution et à la liberté conditionnelle, souvent décriée par le passé.

Le symbole Selema Thomas : la lutte contre la spoliation des faibles

Parmi les visages émaciés sortis de prison, celui de Selema Thomas, 72 ans, a marqué les esprits. Le septuagénaire affirme avoir été victime d’une incarcération arbitraire orchestrée par « un homme haut placé » pour le spolier de sa parcelle. Sa libération représente pour lui une première étape. Dès sa sortie, il a lancé un appel au ministre : « Que mon dossier soit réexaminé pour que je récupère mon bien. » Ce cas devient le symbole de la nouvelle bataille du ministre : lutter contre l’impunité des puissants et réparer les injustices passées.

Les bases d’une nouvelle politique carcérale

Au-delà du geste humanitaire, cette opération pose les jalons d’une nouvelle politique pénitentiaire. Le gouvernement souhaite humaniser les conditions de détention, respecter les droits humains et déjudiciariser certains dossiers. L’objectif consiste à concilier sécurité juridique et compassion.

Pour les milliers de détenus encore entassés à Makala, cette opération constitue un signal fort. La liberté conditionnelle redevient un droit encadré et non une faveur. Pour la société civile et les familles des détenus, elle représente l’espoir d’une réforme durable de la justice et des prisons. Le chemin sera long, mais la première pierre est désormais posée.