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Procès du général Christian Tshiwewe : la défense réclame sa libération et conteste la perquisition de sa résidence

La bataille judiciaire s'est poursuivie devant la Haute Cour militaire. Lors de l'audience du mardi 8 septembre, la défense du…

La bataille judiciaire s’est poursuivie devant la Haute Cour militaire. Lors de l’audience du mardi 8 septembre, la défense du général d’armée Christian Tshiwewe Songesa, ancien chef d’état-major général des FARDC, a multiplié les contestations contre la procédure menée à son encontre, demandant à la fois l’annulation de plusieurs actes d’enquête et sa remise en liberté.

Face aux juges, Me Parfait Kanyanga, conseil de l’ancien patron de l’armée congolaise, a centré sa plaidoirie sur les irrégularités qu’il estime avoir entaché la perquisition de la résidence de son client, située dans la commune de Gombe, à Kinshasa.

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La défense remet en cause la perquisition

Selon l’avocat, les éléments versés au dossier ne permettent pas d’établir régulièrement la saisie des armes et munitions de guerre attribuées au général Tshiwewe.

Il affirme que les procès-verbaux de saisie, dûment signés par le prévenu, sont absents du dossier. Il soutient également que les objets concernés n’auraient ni été placés sous scellés ni consignés auprès de l’Office de l’Auditeur général, comme l’exigerait la procédure.

Pour la défense, ces irrégularités doivent conduire la Haute Cour militaire à écarter l’infraction de détention illégale d’armes et de munitions de guerre retenue contre l’ancien chef d’état-major général.

« Vous allez déclarer que la procédure est nulle. Vous allez également dire que la perquisition est annulée », a plaidé Me Parfait Kanyanga.

Une détention jugée contraire au Code judiciaire militaire

L’avocat s’est également attaqué aux conditions de détention de son client.

Selon lui, le général Tshiwewe est resté plusieurs mois à la disposition des enquêteurs, alors que la garde à vue est strictement encadrée par le Code judiciaire militaire.

« Cette détention repose sur l’irrégularité », a soutenu la défense, estimant que les délais légaux n’ont pas été respectés.

Me Kanyanga considère que cette situation justifie une mainlevée de la détention, qu’il juge incompatible avec les garanties prévues par la loi.

Une demande de liberté provisoire sous résidence surveillée

À titre subsidiaire, la défense sollicite une mesure de liberté contrôlée, voire une résidence surveillée.

L’avocat invoque le statut particulier de son client, présenté comme un ancien haut responsable militaire détenteur de secrets liés à la défense nationale.

« C’est une haute personnalité dont la fuite n’est pas à craindre », a-t-il affirmé devant la Cour.

Pour appuyer sa demande, il a évoqué le précédent de l’ancien chef d’état-major Célestin Mbala, dont la comparution avait bénéficié, selon lui, de dispositions particulières en raison de ses fonctions antérieures.

Des accusations jugées imprécises

Au-delà de la contestation de la perquisition, la défense estime que plusieurs préventions retenues dans la décision de renvoi demeurent trop vagues.

Selon Me Kanyanga, certaines qualifications ne permettent pas de déterminer avec précision les faits reprochés au général Tshiwewe, ce qui porterait atteinte aux droits de la défense.

L’avocat a également soulevé des réserves sur le choix de poursuivre plusieurs prévenus sous un même numéro de dossier, estimant que chaque accusé devrait être confronté à une qualification pénale individualisée.

Une affaire impliquant plusieurs hauts gradés des FARDC

À l’issue de cette audience, la Haute Cour militaire a renvoyé l’affaire au 15 septembre 2026, afin de permettre aux avocats des autres prévenus de présenter leurs répliques.

Ce procès implique plusieurs officiers généraux et supérieurs des FARDC, ainsi que certains civils, parmi lesquels John Numbi, Maurice Nyembo Kufi, Chinyabuuma Kamukinde, Ngoy wa Kabila John, Sangwa Muhemedi John, Mukombozi Zahinda Guy et Sangwa Lumbu Pathy.

Trois prévenus — John Numbi, Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC, et le colonel Tshinabo Kenge Christophe — sont considérés comme étant en fuite. À leur égard, l’Auditeur général des FARDC a requis que le défaut soit retenu, conformément aux articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire.

Les accusés sont poursuivis pour des chefs particulièrement lourds, notamment complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi que l’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Ce procès s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible pour la RDC, marqué par la poursuite de la guerre dans l’est du pays face à la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises.

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