Serge Konde savoure sa revanche : « J’avais un projet avec Desabre, on visait le Mondial 2026 »

Depuis les travées du stade de Guadalajara où il a vibré au rythme de la qualification historique des Léopards, Serge Konde n’a pas retenu ses larmes. L’ancien ministre des Sports, artisan discret mais déterminé de l’arrivée de Sébastien Desabre à la tête de la sélection nationale, savoure sa revanche. Alors que le scepticisme régnait après l’ère Hector Cúper, lui avait pris le risque de miser sur un technicien français alors peu connu du grand public. Ce mercredi 1er avril 2026, la victoire des Léopards face à la Jamaïque (1-0) a validé son pari. Et son projet.

Il y a quelques années, alors que le football congolais traversait une période de doute, Serge Konde a pris une décision qui allait changer le cours de l’histoire. Nommé ministre des Sports, il avait en tête un plan précis, un nom précis : Sébastien Desabre.

Un choix qui n’avait pas fait l’unanimité. Beaucoup préféraient un technicien plus ronflant, plus médiatique, plus « confirmé ». Mais Konde, avec le soutien du président Félix Tshisekedi, a tenu bon. Il avait fréquenté Desabre, observé son travail, analysé sa méthode. Il avait perçu chez lui un potentiel que d’autres ne voyaient pas.

« Notre grand objectif commun : la Coupe du monde 2026 »

Interrogé au Mexique dans l’effervescence de la qualification, Serge Konde n’a pas caché sa fierté. Il a rappelé que l’ambition affichée dès le départ était claire.

« J’avais un projet réel avec Sébastien Desabre, que je fréquentais depuis longtemps. Notre grand objectif commun était de participer à la Coupe du monde 2026 », a-t-il déclaré, mercredi 1er avril, quelques heures après le sacre.

Un objectif qui, à l’époque, pouvait sembler ambitieux, voire démesuré. La RDC sortait d’une série de qualifications ratées, le football national manquait de repères. Pourtant, Konde et Desabre y ont cru. Et ils ont construit, pas à pas, patiemment, la machine qui a finalement dompté le Cameroun, le Nigeria, puis la Jamaïque.

Une CAN comme rampe de lancement

Avant le Mondial, il y a eu la CAN. Une compétition qui a servi de laboratoire et de rampe de lancement. Les Léopards y ont montré de belles choses, confirmé leur progression, installé une dynamique positive.

Pour Serge Konde, cette Coupe d’Afrique a été la preuve que le « projet Desabre » était sur la bonne voie. Le jeu proposé, la cohésion du groupe, la gestion des moments difficiles : tout cela portait déjà la patte du sélectionneur français.

La qualification pour la Coupe du monde vient désormais couronner ce travail de fond. Elle valide non seulement le choix de Desabre, mais aussi la stratégie de reconstruction du football congolais initiée sous le mandat de Konde.

Un succès collectif, une fierté personnelle

Dans sa déclaration, l’ancien ministre a tenu à souligner le caractère collectif de ce succès. « Ce succès appartient à toute la nation », a-t-il rappelé. Une manière élégante de ne pas s’approprier seul la victoire.

Mais il est clair que, personnellement, cette qualification est une revanche. Sur ceux qui doutaient de son projet, sur ceux qui critiquaient le choix de Desabre, sur ceux qui pensaient que le football congolais ne pouvait plus rivaliser avec les meilleurs.

Serge Konde a été un précurseur. Il a vu en Desabre ce que d’autres ne voyaient pas. Il a pris des risques, assumé ses choix, porté son projet avec conviction. Aujourd’hui, les résultats parlent pour lui.

Un appel à la continuité

Dans son intervention, l’ancien ministre a également tenu à saluer le travail de son successeur, Didier Budimbu. « Il a respecté la notion de continuité de l’État », a-t-il souligné.

Un message important. Dans un pays où les changements de gouvernement s’accompagnent souvent de ruptures brutales, la stabilité à la tête du ministère des Sports a permis de ne pas interrompre le travail entamé. Konde appelle donc à poursuivre sur cette lancée.

« L’objectif est maintenant de préparer sereinement la phase finale du tournoi pour honorer le drapeau congolais sur la scène mondiale », a-t-il martelé.

L’avenir : le Mondial et après

La qualification est acquise, mais le travail ne fait que commencer. La Coupe du monde, avec son lot de pression médiatique, d’exigences physiques et tactiques, sera un autre défi.

Sébastien Desabre, en qui Serge Konde a eu raison de croire, sera aux commandes. L’ancien ministre, lui, regardera depuis les tribunes ou depuis Kinshasa. Mais il continuera à suivre avec passion l’aventure des Léopards.

Sa revanche est désormais consommée. Il a eu raison. Contre les sceptiques, contre les mauvaises langues, contre le destin. Le football congolais lui doit une fière chandelle. Et lui, désormais, peut savourer.

En toute humilité, mais avec une légitime fierté. Car si les Léopards sont au Mondial, c’est aussi un peu grâce à lui. Et ça, plus personne ne pourra le lui enlever.

Nord-Kivu : la société civile locale appelle à une assistance humanitaire urgente à Mpety

La situation sécuritaire reste alarmante à Banakindi, précisément à Mpety, une localité située dans le groupement Kisimba, en territoire de Walikale au Nord-Kivu. Cette contrée de la République Démocratique du Congo reste marquée par de fortes violences qui continuent d’affecter la population.

C’est le constat amer fait après une mission de la délégation du noyau de la société civile locale en date du 30 mars dernier, laquelle a tablé sur des faits douloureux vis-à-vis des autochtones déjà en situation de vie précaire. Il s’agit principalement du manque d’accès aux soins médicaux après la démolition du centre de santé et la réduction en cendres d’une grande partie du village.

Toutefois, ladite structure indique que le pont de Minjenje reste praticable tant pour les piétons que pour les véhicules. C’est une « lueur d’espoir », note la société civile, évoquant pour la circonstance la nécessité pour les services habilités d’intervenir le plus tôt possible pour une prise en charge humanitaire adéquate, l’assistance alimentaire, l’accès aux soins de santé, l’approvisionnement en eau potable et le soutien psychosocial à l’égard des populations touchées par la guerre au Nord-Kivu.

Retour progressif des populations

La mission souligne le retour progressif des populations déplacées depuis vendredi dernier. Elle explique cette situation par le retrait des rebelles de l’AFC/M23 dans cette entité qui était autrefois le principal bastion des activités de guerre. Mais l’accompagnement adapté s’avère important pour le retour progressif des habitants à Walikale, cela pour éviter tout incident durant le processus.

Bannir les discours de la haine

La délégation du noyau de la société civile locale de Banakindi appelle les populations à bannir tout discours de haine en cette période. Celle-ci considère cet appel comme une alternative pour assurer la cohésion sociale entre les citoyens. En outre, elle encourage la promotion de l’acceptation mutuelle pour reconstruire le tissu social.

La guerre imposée au Congo par les forces obscures de l’AFC/M23 et le Rwanda ne cesse de produire des résultats néfastes à Mpety et dans multiples autres coins du Nord-Kivu. Celle-ci marque son empreinte par des pertes en vies humaines, déplacements massifs des populations, violations des femmes et jeunes filles et bien d’autres crimes.

Non respect des accords internationaux par le Rwanda

Les différents rapports des organisations internationales à l’exemple des Nations-Unies ont déjà tablé sur la responsabilité du Rwanda à travers ses supplétifs de l’AFC-M23. Mais la cessation des hostilités peine à se faire remarquer, ce malgré l’accord de paix signé entre le Gouvernement de la RDC et du Rwanda, à Washington DC, sous la médiation du Président américain Donald Trump.

L’accord prévoyait :

– Désengagement et Sécurité : retrait des troupes rwandaises de la RDC et démantèlement des groupes armés, notamment le FDLR et le M23,
– Mécanisme de Suivi : création d’un comité conjoint de coordination de la sécurité, impliquant la médiation togolaise et la communauté internationale,
– Soutien International : l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) soutient activement cet accord, favorisant la coopération régionale,
– Intégration Économique : le renforcement de la coopération économique dans la région des Grands Lacs.

Bakiele Meso Marianne se retire de la course à la vice-présidence, l’Union sacrée fait bloc

L’Union sacrée de la Nation a tranché. La sénatrice Bakiele Meso Marianne a annoncé son retrait de la course au poste de deuxième vice-président du Sénat. Elle cède ainsi sa place à un candidat commun désigné par la majorité. Dans une lettre datée du 1er avril 2026, adressée au président de la Chambre haute, elle confirme sa décision. Désormais, le sénateur Norbert Basengezi Katintima devient l’unique candidat de l’Union sacrée pour l’élection prévue ce vendredi 3 avril 2026.

L’affaire était très suivie. En effet, après la démission de Modeste Bahati Lukwebo, la succession s’annonçait ouverte. Plusieurs noms circulaient, dont celui de Bakiele Meso Marianne. Cependant, la majorité a rapidement choisi de resserrer les rangs. Elle a donc désigné un candidat unique afin d’éviter toute division.

Une candidature unique pour préserver l’unité

Dans sa lettre, la sénatrice explique clairement son choix. Elle affirme vouloir respecter la décision de l’Union sacrée. Elle salue également le soutien reçu durant sa démarche. Ainsi, elle affiche sa loyauté envers la plateforme présidentielle.

Ce retrait permet d’éviter une compétition interne risquée. En effet, une rivalité aurait pu fragiliser la majorité. Or, l’Union sacrée mise sur la discipline et la cohésion. Sur ce dossier sensible, elle ne pouvait pas se permettre des divisions.

Par conséquent, ce choix envoie un message fort. Il montre que la majorité privilégie l’unité avant tout. Il confirme aussi la volonté de consolider son poids au Sénat.

Norbert Basengezi Katintima, un choix stratégique

Le candidat désigné n’est pas un novice. Norbert Basengezi Katintima dispose d’une solide expérience politique. De plus, il est perçu comme un profil consensuel. Il peut ainsi rassembler différentes sensibilités au sein de la majorité.

Son parcours et ses réseaux ont joué en sa faveur. En effet, dans un Sénat aux équilibres fragiles, la majorité a besoin d’un homme fiable. Elle cherche aussi un responsable capable de dialoguer et de négocier.

Dans ces conditions, l’élection du 3 avril semble déjà jouée. Avec un candidat unique et une majorité solide, Basengezi part largement favori. Toutefois, l’opposition pourrait encore se positionner, même si ses chances restent limitées.

Un test politique pour la majorité

Le futur deuxième vice-président du Sénat devra relever plusieurs défis. Il participera à l’organisation des travaux parlementaires. Il pourra aussi remplacer le président en cas d’absence. Ces responsabilités exigent rigueur et autorité.

Par ailleurs, il devra gérer les relations avec l’Assemblée nationale et l’exécutif. Cet équilibre reste délicat dans le contexte politique actuel. Chaque décision peut avoir un impact important.

De son côté, l’opposition hésite encore. Va-t-elle présenter un candidat ou boycotter le scrutin ? Sa stratégie sera scrutée de près. Elle donnera une indication sur la suite de la législature.

Au-delà de l’élection, le message est clair. L’Union sacrée veut afficher sa stabilité. Elle montre qu’elle peut surmonter ses divergences internes. À quelques mois d’échéances importantes, ce signal compte.

En définitive, le retrait de Bakiele Meso Marianne a facilité ce consensus. Il a permis d’éviter une crise interne. Désormais, tous les regards se tournent vers le scrutin de ce vendredi.

La politique congolaise réserve souvent des surprises. Cependant, sur ce dossier, la majorité a choisi la discipline. Norbert Basengezi Katintima incarne déjà cette stratégie. Reste à savoir si le vote confirmera cette dynamique.

Révision constitutionnelle ou troisième mandat ?

La trêve imposée par la guerre dans l’Est aura été de courte durée. Alors que l’attention se portait sur les pourparlers de paix et la qualification des Léopards, le débat sur la révision de la Constitution revient à Kinshasa. Cette fois, il s’impose avec force. Derrière les déclarations du camp présidentiel, une question persiste : faut-il corriger un texte imparfait ou préparer un troisième mandat pour Félix Tshisekedi ?

Le silence n’a pas duré. En effet, depuis plusieurs semaines, les prises de position se multiplient. Les lignes se durcissent et les intentions apparaissent clairement. Ce qui relevait de la rumeur devient une revendication assumée par l’Union sacrée. En face, l’opposition rejette toute révision. Dans ce climat tendu, une voix académique tente d’élever le débat : celle de Dieudonné Nkishi Kazadi, auteur de Les 117 péchés de la Constitution du 18 février 2006.

Une révision assumée face à une opposition mobilisée

Le signal est clair. Le 7 mars, Augustin Kabuya a levé toute ambiguïté devant les militants de l’UDPS : « Soyez calmes, nous allons toucher à cette Constitution. » Ensuite, il invoque l’histoire pour justifier cette position. Selon lui, plusieurs dirigeants ont déjà modifié les textes fondamentaux.

Dans la même dynamique, certains membres de la majorité vont plus loin. Ainsi, le ministre des Sports Didier Budimbu évoque ouvertement un troisième mandat. Cette déclaration alimente les soupçons. Beaucoup y voient une révision à visée politique.

Face à cela, l’opposition réagit rapidement. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga dénoncent une dérive autoritaire. Ils appellent à la mobilisation. Pour eux, la Constitution de 2006 reste un pilier de la démocratie. Par conséquent, la limitation des mandats ne doit pas être remise en cause sans consensus.

Par ailleurs, plusieurs organisations citoyennes annoncent des marches. Le climat politique pourrait donc se tendre davantage dans les prochains jours.

L’analyse de Nkishi, entre critique et clarification

Dans ce contexte, Dieudonné Nkishi Kazadi apporte une contribution différente. Son ouvrage propose une analyse rigoureuse de la Constitution. Il identifie 117 failles qu’il qualifie de « péchés ».

L’auteur ne se limite pas au constat. Au contraire, il met en lumière les ambiguïtés juridiques et les fragilités du système. Selon lui, ces insuffisances freinent le bon fonctionnement de l’État.

De plus, Nkishi adopte une approche critique. Il croise le droit, la sociologie et la science politique. Il s’appuie aussi sur des penseurs comme Michel Foucault, Pierre Bourdieu ou Achille Mbembe. Ainsi, il propose une lecture approfondie du pouvoir et de ses mécanismes.

En effet, son travail dépasse les clivages politiques. Il apporte des arguments concrets et structure le débat. Pour lui, une réforme peut se justifier. Cependant, elle doit reposer sur une analyse solide, et non sur des intérêts immédiats.

Une réforme nécessaire ou un enjeu politique ?

Nkishi rappelle une idée essentielle : une Constitution évolue. Elle doit s’adapter aux réalités du pays. Toutefois, cette évolution doit rester encadrée et servir l’intérêt général.

Dès lors, une question demeure. Pourquoi réviser aujourd’hui ? Est-ce pour améliorer le texte ou pour modifier la limitation des mandats ? Le doute persiste.

Le retour de ce débat annonce des tensions politiques. L’opposition se mobilise, la majorité avance ses arguments et la société civile s’organise. Dans ce contexte, l’ouvrage de Nkishi devient une référence importante.

Il recentre la discussion sur le fond. Il rappelle que toute réforme doit répondre aux besoins du pays. Le débat ne fait que commencer. Mais désormais, il repose aussi sur une base intellectuelle solide.

Reste à savoir si les acteurs politiques sauront s’en saisir. Ou si, une fois encore, les slogans prendront le dessus.

Le1er avril déclaré jour férié pour célébrer la qualification historique des Léopards

La joie n’aura pas attendu. Au lendemain de l’exploit retentissant des Léopards au Mexique, la République démocratique du Congo s’offre une journée de liesse nationale. Le gouvernement a décrété ce mercredi 1er avril 2026 chômé et payé sur l’ensemble du territoire. Une décision exceptionnelle pour permettre à tout un peuple de célébrer, dans l’unité et la ferveur, le retour de sa sélection nationale en Coupe du monde, 52 ans après sa dernière participation.

L’information a été relayée par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, sur son compte X. Il a partagé le communiqué officiel du ministère de l’Emploi et du Travail, qui acte cette mesure d’exception.

« Suite à la qualification historique des Léopards de la République démocratique du Congo pour la Coupe du Monde 2026, le Ministère de l’Emploi et Travail informe l’opinion publique que la journée du mercredi 1er avril 2026 est déclarée chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national », précise le document.

Une instruction de la Première ministre

Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Selon Patrick Muyaya, elle fait suite à une instruction directe de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Celle-ci a chargé le ministre du Travail de prendre les dispositions nécessaires pour que le peuple congolais puisse célébrer cette victoire « dans l’unité, la ferveur et la fierté nationale ».

Un geste fort, qui traduit l’importance accordée par les plus hautes autorités du pays à cet exploit sportif. Le président Félix Tshisekedi, dont le ministre des Sports Didier Budimbu avait salué l’action la veille, a pleinement soutenu cette initiative.

Un symbole d’unité nationale

La qualification des Léopards a un goût particulier. Elle intervient après des années de désillusions, notamment en 2018 et 2022, où la RDC était passée tout près du sésame. Elle survient aussi dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et politiques.

Offrir une journée de célébration à l’ensemble du pays, c’est permettre à chaque Congolais, où qu’il se trouve, de partager un moment de joie collective. Dans les rues de Kinshasa, Lubumbashi, Goma et Bukavu, des foules se sont spontanément rassemblées dès l’annonce du résultat. Cette journée fériée officialise et prolonge la liesse populaire.

Une victoire née dans la nuit

Le match décisif, entamé le 31 mars à Guadalajara, s’est prolongé jusqu’aux premières heures du 1er avril, heure congolaise. Un décalage horaire qui donne une dimension presque symbolique à cette date. C’est en effet le 1er avril que le but d’Axel Tuanzebe a définitivement scellé le sort de la rencontre, après 90 minutes intenses et des prolongations haletantes.

Ainsi, le jour férié coïncide avec le moment exact de la qualification. Une coïncidence qui renforce encore le caractère exceptionnel de cette date dans le calendrier national.

52 ans après, la fierté retrouvée

Il aura fallu attendre 52 ans. Depuis la triste campagne de 1974, où le Zaïre (ancien nom du pays) avait perdu ses trois matchs sans marquer le moindre but, la RDC n’avait plus jamais foulé les pelouses d’une Coupe du monde. Des générations de joueurs ont tenté, sans succès, de briser cette malédiction.

Cette génération, celle de Sébastien Desabre, l’a fait. Avec un parcours exceptionnel : élimination du Cameroun, du Nigeria, puis de la Jamaïque. Une campagne de qualification bâtie sur le mental, la solidarité et un collectif soudé.

Une célébration qui dépasse le cadre sportif

En déclarant cette journée chômée et payée, le gouvernement envoie un message clair : cette victoire appartient à tous les Congolais. Elle est un motif de fierté nationale, un moment de réconciliation autour d’un même drapeau.

Dans un pays souvent divisé, souvent meurtri, la liesse populaire qui s’annonce ce mercredi dépasse largement le cadre du football. C’est une parenthèse de joie, un instant d’unité, une respiration collective.

Les rues de Kinshasa ont commencé à se remplir dès les premières heures de la journée. Des bus bondés, des drapeaux flottant par les fenêtres, des groupes de jeunes scandant les noms des héros de Guadalajara. L’ambiance est à la fête, et elle durera jusqu’au bout de la nuit.

Le début d’une nouvelle ère

Cette qualification n’est pas une fin. C’est le début d’une nouvelle ère pour le football congolais. La Coupe du monde, l’été prochain, sera l’occasion de montrer que cette génération n’est pas un feu de paille. Le groupe K, avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan, offre un défi de taille. Mais après avoir dompté le Cameroun, le Nigeria et la Jamaïque, les Léopards ne craignent plus rien.

En attendant, ce 1er avril 2026 restera gravé dans la mémoire collective comme le jour où la RDC a célébré, en grande pompe, son retour sur la scène mondiale. Le jour où un peuple, uni, a dit merci à ses Léopards. Le jour où l’histoire, enfin, a changé de camp.

RDC – Jamaïque :Les Léopards rugissent enfin vers le Mondial

C’est fait. Après plus d’un demi-siècle d’attente, la République démocratique du Congo retrouve la Coupe du monde. Ce mardi 31 mars 2026, à Guadalajara, au Mexique, les Léopards ont arraché leur qualification face à la Jamaïque au terme d’un match d’une intensité folle (1-0 après prolongation). Axel Tuanzebe, héros de la soirée, a libéré tout un peuple à la 100e minute. Une victoire historique qui envoie la RDC dans le groupe K, aux côtés du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. L’émotion est immense. Pour le ministre des Sports, Didier Budimbu, le mérite de cette qualification revient au président Félix Tshisekedi : « C’est lui qui l’a fait. Aucun des présidents passés n’a pu le faire, seul lui y est parvenu. »

La scène se passe au stade Jalisco de Guadalajara. Sous une chaleur écrasante, les 23 Léopards entament la finale des barrages intercontinentaux face aux Reggae Boys. Un seul match. 90 minutes. La Coupe du monde au bout. Pour la RDC, c’est une revanche sur l’histoire. Après les échecs de 2018 et 2022, après tant de désillusions, cette génération a une occasion unique de marquer les esprits.

Mais rien ne sera simple. Les Jamaïcains, disciplinés et solides défensivement, ont décidé de jouer leur chance à fond. Les premières minutes sont tendues. La RDC domine, mais bute sur un mur orange.

Un but refusé, un deuxième, et la tension monte

Le scénario cauchemardesque guette les Congolais. À la 30e minute, une première réalisation est annulée pour hors-jeu. Les Léopards ne se découragent pas. Ils poussent, multiplient les occasions. En seconde période, nouvelle désillusion : un deuxième but est refusé. Le sort s’acharne. Le temps réglementaire s’écoule sans qu’aucune des deux équipes n’ait trouvé la faille.

Sur le banc congolais, Sébastien Desabre vit ses pires minutes. Son équipe est maîtresse du jeu, mais la maladresse et la réussite adverse l’empêchent de concrétiser. Il faut aller chercher cette qualification dans la douleur. En prolongation.

À la 100e minute, le cri de libération

La 100e minute. C’est un corner que tire Brian Cipenga. Le ballon flotte dans la surface. Et soudain, c’est l’explosion. Axel Tuanzebe surgit, place sa tête, et envoie le ballon au fond des filets. 1-0. Guadalajara tremble. Les milliers de supporters congolais présents dans les tribunes exultent.

Les dix dernières minutes seront un calvaire. Les Jamaïcains jettent leurs dernières forces dans la bataille. Mais la défense congolaise tient. Au coup de sifflet final, c’est l’effondrement de joie. Les joueurs se jettent dans les bras les uns des autres. Sur la pelouse, des hommes pleurent. De joie. De soulagement. D’orgueil.

52 ans d’attente, un peuple en liesse

À Kinshasa, c’est l’explosion. Des milliers de supporters sont descendus dans les rues, drapeaux en main, pour célébrer cette qualification historique. La dernière participation de la RDC au Mondial remonte à 1974, sous l’appellation Zaïre. C’était il y a 52 ans. Une éternité.

Cette génération, celle des Yoane Wissa, des Fiston Mayele, des Axel Tuanzebe, a réussi là où tant d’autres ont échoué. Après avoir sorti le Cameroun puis le Nigeria lors des barrages africains, après avoir dominé les Bermudes en amical, ils ont achevé le travail face à la Jamaïque. Avec courage. Avec abnégation. Avec la grinta que les Congolais aiment.

Le ministre Budimbu salue « l’œuvre de Tshisekedi »

Dans la liesse générale, Didier Budimbu, ministre des Sports et Loisirs, a tenu à attribuer le mérite de cette qualification au président de la République. « C’est Félix Tshisekedi qui l’a fait. On ramène quelque chose d’historique : cela fait 52 ans. Aucun des présidents passés n’a pu le faire, seul lui y est parvenu. Tout droit vers le 3 », a déclaré le ministre, dans une déclaration qui ne manquera pas de faire réagir.

Une manière pour l’exécutif de capitaliser politiquement sur cette réussite sportive, à quelques mois d’échéances électorales importantes. Mais au-delà des calculs politiques, c’est toute une nation qui savoure sa revanche sur l’histoire.

Un groupe K relevé pour le Mondial 2026

Les Léopards connaissent désormais leurs adversaires pour la phase finale. Ils évolueront dans le groupe K, en compagnie du Portugal, de la Colombie et de l’Ouzbékistan. Un tirage difficile, mais les Congolais savent qu’ils ont déjà réalisé l’exploit de se qualifier. Désormais, ils veulent exister sur la scène mondiale.

Le Portugal de Cristiano Ronaldo, la Colombie des Diables Rouges, l’Ouzbékistan, outsider méconnu : autant d’adversaires qui ne font pas peur à cette génération qui a appris à dompter ses peurs.

La RDC, 10e nation africaine au Mondial

Cette qualification porte à 10 le nombre de nations africaines présentes à la Coupe du monde 2026. Un record. C’est aussi une fierté pour tout un continent. Les Léopards, en défendant leurs couleurs, ont aussi défendu celles de l’Afrique. Et ils l’ont fait avec panache.

Dans les jours à venir, les célébrations se poursuivront. À Kinshasa, à Goma, à Lubumbashi, dans chaque ville du pays, les Congolais vont savourer. Ils ont attendu 52 ans. Ils ne sont pas pressés que cette nuit prenne fin.

Car désormais, les Léopards ont un nouveau rendez-vous avec l’histoire. Celui d’une Coupe du monde à écrire, à leur manière. Après 52 ans d’attente, la RDC est de retour. Et elle compte bien ne plus repartir.