Lumumba Vea : l’invitation du Maroc pour la finale bloquée par Kinshasa

La polémique sur l’arbitrage de la finale de la CAN 2025 continue d’agiter le Maroc. Cependant, une autre affaire circule en sourdine. Elle concerne Michel « Lumumba Vea » Kuka Mboladinga, supporter congolais devenu une icône du tournoi.

Selon plusieurs sources concordantes, le Maroc aurait officiellement invité le célèbre supporter. L’objectif était clair : l’accueillir lors des dernières étapes de la compétition. L’invitation visait notamment la finale du 18 janvier 2026 entre le Sénégal et le Maroc.

D’après ces sources, l’organisme Quick-Witted Management (QWM) a adressé une invitation formelle. Il a agi en coordination avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). Le dispositif prévoyait une prise en charge complète. Il incluait les billets d’avion, l’hébergement et les déplacements locaux.

Par ailleurs, l’offre concernait aussi trois accompagnants. Parmi eux figuraient le manager du supporter et un agent de sécurité.

Un voyage bloqué à deux reprises côté congolais

Le programme se déroulait en deux phases. D’abord, une présence prévue dès le 12 janvier pour les derniers matchs. Ensuite, une participation à la finale.

Cependant, le voyage n’a jamais eu lieu. Selon les mêmes sources, la partie congolaise aurait bloqué le départ à deux reprises.

Le 12 janvier, une première tentative a échoué. Les autorités auraient évoqué une rencontre programmée avec le chef de l’État congolais. Puis, le 15 janvier, une seconde tentative a également échoué. Cette fois, aucune raison officielle n’a été communiquée.

À ce stade, ni Kinshasa ni Rabat n’ont confirmé ces informations. Toutefois, les sources indiquent que la lettre d’invitation, signée par un responsable de QWM, mettait en avant un message symbolique. Elle évoquait la volonté de célébrer l’esprit sportif et la passion du football africain incarnés par « Lumumba Vea ».

Ainsi, l’absence du supporter n’est pas passée inaperçue. Sa statue vivante de Patrice Lumumba avait marqué la CAN 2025. Dès lors, une question persiste. S’agit-il d’un simple contretemps logistique ? Ou d’un choix politique destiné à éviter une récupération médiatique par le pays hôte ?

En l’absence de version officielle, le doute demeure.

Inauguration d’une nouvelle voie ferrée à Fungurume

Lualaba – Le train du développement a pris un nouveau virage, littéralement, dans la province du Lualaba. Ce mardi 20 janvier, le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a inauguré en grande pompe la nouvelle voie ferrée reliant les gares de Fungurume à Kitwebela, au cœur de la concession de la société minière Tenke Fungurume Mining (TFM).

Ce tronçon de 3,740 kilomètres, bien que relativement court, représente un maillon stratégique et un investissement colossal. Construite par la société Gazebo pour le compte de TFM, cette infrastructure a nécessité un investissement de 37 millions de dollars américains et le déplacement de plus de 2,7 millions de mètres cubes de terre et de roche. Selon Constant Omari, président du comité de pilotage, la voie a été réalisée « selon les normes internationales », constituant un « projet à forte valeur démonstrative » pour la région.

L’inauguration, marquée par la coupe traditionnelle du ruban par Jean-Pierre Bemba, a également été l’occasion pour TFM de rappeler sa contribution économique. La compagnie a indiqué avoir versé 955 millions de dollars au premier trimestre de l’année et un total de 7 milliards de dollars depuis 2026 au Trésor public, soulignant son « engagement à contribuer à l’émergence de la RDC ».

Un partenariat public-privé sur les rails

Le modèle de propriété clarifie les rôles de chacun : l’État congolais reste le propriétaire de l’infrastructure, tandis que la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC) en est le concessionnaire. Gazebo a officiellement remis les travaux terminés à la SNCC, qui en assurera la gestion et l’exploitation.

Cette nouvelle voie vise avant tout à accroître les capacités logistiques et opérationnelles du projet minier de TFM, en fluidifiant le transport du minerai. Elle illustre la dynamique des investissements privés dans les infrastructures critiques, dans un secteur minier où le transport ferroviaire reste un enjeu majeur de compétitivité.

Pour le gouvernement, représenté par Jean-Pierre Bemba, cette inauguration symbolise plus qu’un simple tronçon : c’est une preuve concrète de la modernisation des infrastructures de transport et du partenariat entre l’État et les investisseurs miniers pour désenclaver les régions productrices et dynamiser l’économie nationale.

Forum de Davos 2026 : ouverture sur le thème du « dialogue » face aux tensions mondiales

Davos, Suisse – La 56e édition du Forum Économique Mondial (WEF) s’est ouverte ce mardi 20 janvier dans la station suisse, sous une bannière aussi nécessaire qu’ambitieuse : « Un esprit de dialogue ». Un thème qui sonne comme un antidote face au contexte global marqué par une « Trumpisation » des relations internationales et des tensions commerciales croissantes.

En présence du président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi, et de nombreux autres chefs d’État, les premiers discours ont planté un décor de fracture. Le président suisse Guy Parmelin et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont adopté un ton ferme, mettant en garde contre la montée du populisme, de l’autoritarisme et de l’unilatéralisme. « C’est aux peuples souverains de décider de leur avenir », a martelé von der Leyen, annonçant que l’Europe préparait sa propre stratégie de sécurité face à un monde imprévisible.

Face à cette « polycrise », le forum a dévoilé cinq priorités stratégiques pour les jours de discussions à venir :

  1. Restaurer le Dialogue entre puissances pour éviter une guerre commerciale.

  2. Sécuriser l’IA contre la désinformation, notamment électorale.

  3. Repenser la croissance pour plus d’inclusion, spécialement en Afrique et Amérique latine.

  4. Maintenir l’urgence climatique face au retour des énergies fossiles.

  5. Faciliter le commerce via la technologie (TradeTech) pour des chaînes d’approvisionnement plus résilientes.

La RDC en quête de partenariats concrets

En marge de ce lancement, la délégation congolaise est passée à l’offensive. Le président Tshisekedi a multiplié les rencontres stratégiques pour mobiliser des financements en faveur de projets structurants dans l’agro-industrie, les infrastructures, l’énergie et la transformation locale des minerais.

Plus tôt dans la journée, les vice-premiers ministres Daniel Mukoko Samba (Économie) et Shabani Lukoo (Intérieur), aux côtés du ministre des Mines Louis Watum, ont tenu une conférence de presse avec la presse internationale. Ils ont réaffirmé la vocation de la RDC à être un acteur de paix dans les Grands Lacs et à bâtir des partenariats de long terme axés sur la création de valeur locale.

Les échanges ont porté sur la transformation du secteur minier, l’encadrement de l’artisanat minier et le lien crucial entre énergie, infrastructures et industrialisation. Un message clair : Davos n’est pas pour la RDC une simple tribune, mais une plateforme pour concrétiser une vision économique qui veut transformer la richesse du sous-sol en développement partagé.

Alors que le monde des élites économiques et politiques tente de retrouver un langage commun à Davos, la RDC, elle, y négocie activement sa place dans l’économie mondiale de demain.

Soupçons de corruption aux Finances : la Justice précise son enquête

Face à la tempête médiatique, l’entourage du ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a décidé de s’exprimer. Objectif affiché : apporter des clarifications. En cause, une injonction adressée au Parquet dans un dossier de soupçons de corruption au ministère des Finances.

Selon une source proche du Garde des Sceaux, cette initiative ne repose pas sur des rumeurs. Au contraire, elle s’appuierait sur des faits réels. Des faits récents. Surtout, des éléments nouveaux, distincts de ceux évoqués publiquement depuis plus de trois mois.

Par ailleurs, la source se veut catégorique. Il s’agit de la seule injonction donnée par le ministre dans ce dossier précis. Elle rejette toute lecture conflictuelle. Guillaume Ngefa n’entretiendrait aucun différend personnel avec le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde. Les deux hommes conserveraient même de bonnes relations institutionnelles.

Ainsi, la démarche ne viserait ni une personne précise, ni une institution. Elle ciblerait plutôt un système jugé problématique.

Soupçons de corruption et fermeté du ministre Ngefa

Sur le fond, la source évoque des pratiques préoccupantes. Elle parle notamment du système de « pourcentage » appliqué sur certains paiements. Selon elle, ce mécanisme serait devenu courant au sein du ministère des Finances, mais aussi dans d’autres administrations.

En effet, de nombreux usagers en auraient fait l’expérience. Certains auraient dû consentir à ces prélèvements pour voir leurs dossiers avancer. L’objectif de l’injonction serait donc clair : démanteler un mécanisme illicite bien ancré.

Sur le plan juridique, l’entourage du ministre rappelle un point essentiel. Un classement sans suite n’est jamais définitif. Dès lors que de nouveaux éléments apparaissent, la loi autorise la réouverture d’une enquête. C’est précisément sur cette base que Guillaume Ngefa aurait agi.

Cependant, cette fermeté dérangerait. Pour ses proches, ce n’est pas l’acte en lui-même qui suscite les critiques. C’est plutôt la détermination du ministre à s’attaquer à la corruption, à la fraude minière et aux réseaux mafieux.

Ils citent, à ce titre, le dossier sensible des pensions alimentaires des détenus. À son arrivée, une anomalie de 30 % aurait été constatée dans les décaissements. Après concertation avec les Finances, les versements ont été ramenés à 70 %. Cette décision a immédiatement soulevé des interrogations sur l’utilisation des fonds restants.

De plus, la gestion de la restauration des prisonniers a changé de mains. Auparavant confiée à une conseillère, elle est désormais pilotée par l’administration de la Justice. Objectif affiché : renforcer la traçabilité.

Enfin, la source insiste sur un point politique. Guillaume Ngefa aurait échangé avec son homologue des Finances avant toute action. Il voulait éviter toute perception d’un acte unilatéral. Le message se veut limpide : il ne s’agit pas d’une guerre entre ministères, mais d’une offensive ciblée contre des pratiques corruptives jugées bien réelles.

Un député marocain réclame l’arrestation de l’arbitre congolais de la finale de la CAN

La finale de la CAN 2025 est terminée. Le Sénégal a soulevé le trophée. Pourtant, la controverse prend de l’ampleur. Au Maroc, la défaite face aux Lions de la Teranga laisse place à une colère inattendue.

En effet, un député marocain a publiquement exigé l’arrestation de l’arbitre central congolais, Jean-Jacques Ndala Ngambo. Sa déclaration a rapidement enflammé les réseaux sociaux. L’élu accuse l’officiel d’avoir brisé le rêve marocain. Il demande même qu’il soit jugé au Maroc.

Selon lui, l’arbitre aurait agi par collusion ou commis de graves manquements. Ces propos vont bien au-delà d’une critique sportive. Ils transforment une décision arbitrale en accusation judiciaire. Cette sortie choque de nombreux observateurs.

Jean-Jacques Ndala au cœur d’une tempête politique et sportive

Pourtant, la CAF avait confié la finale à un trio arbitral congolais. Elle a placé Jean-Jacques Ndala au sifflet. Cette désignation traduisait une confiance totale de l’instance africaine. Pour la RDC, elle représentait une fierté nationale.

D’autant plus que les Léopards avaient quitté le tournoi dès les huitièmes de finale. Malgré cette élimination, l’arbitrage congolais s’est imposé sur la scène continentale. Ce trio avait déjà dirigé le match d’ouverture. La finale constituait leur troisième apparition.

Cependant, la mission restait délicate. Le tournoi avait déjà connu plusieurs polémiques arbitrales. Ndala et son équipe devaient rassurer. Ils devaient aussi préserver l’image de la compétition. La pression montait encore davantage car Jean-Jacques Ndala vise une place à la prochaine Coupe du monde.

Dans ce contexte, la réaction du député marocain change la nature du débat. Elle politise une défaite sportive. Elle illustre surtout la violence des passions autour du football africain. Elle rappelle enfin la fragilité de la frontière entre critique légitime et accusation dangereuse.

Pour l’arbitrage congolais, cette finale marquait une occasion rare. Elle permettait de restaurer une crédibilité longtemps contestée. Les experts analyseront la prestation sur le terrain. Toutefois, les attaques venues d’un élu étranger déplacent désormais l’affaire hors du sport, vers un terrain bien plus risqué que celui d’un stade.

Le gouvernement annonce un plan pour restaurer l’autorité de l’État à Uvira

Le gouvernement congolais a annoncé, ce lundi, le lancement d’un plan d’urgence pour restaurer l’autorité de l’État à Uvira, dans le Sud-Kivu. Cette annonce fait suite au retrait des forces rwandaises et du groupe M23 de cette ville stratégique, un départ que Kinshasa qualifie de manœuvre calculée et non d’un geste de paix.

Selon le communiqué officiel, ce retrait a été précédé de pillages systématiques, d’un « désordre prémédité » et de « pratiques de stigmatisation communautaire » ayant profondément déstabilisé la cohésion sociale locale. Pour les autorités congolaises, loin d’être une avancée, cette situation nécessite une intervention immédiate et multidimensionnelle pour panser les plaies laissées par l’occupation.

Un plan en trois axes : sécurité, justice, humanitaire

Le plan gouvernemental combine des mesures de sécurité, de justice et d’aide humanitaire. Les Forces armées de la RDC (FARDC) et la Police nationale (PNC) sont en train de réinvestir la ville « de manière progressive et ordonnée » avec pour mandat de rétablir l’ordre, protéger les civils et sécuriser les biens.

Parallèlement, le gouvernement dénonce une autre conséquence tragique de l’occupation : la déportation de civils, notamment des membres de la communauté banyamulenge. Kinshasa accuse les forces rwandaises et le M23 d’avoir contraint des populations à fuir, dans le but, selon lui, de les « instrumentaliser » comme prétexte pour justifier leur présence sur le sol congolais.

Un retrait « inacceptable » sans évacuation totale

Le ton du gouvernement est sans équivoque : la situation à Uvira ne signifie ni la fin de l’agression, ni une amélioration de la sécurité. Kinshasa réaffirme que la seule issue acceptable est le « retrait total, effectif et sans condition » de toutes les forces rwandaises et de leurs supplétifs de l’ensemble du territoire national. Cette exigence se base sur la résolution 2773 de l’ONU et les accords de Washington et de Doha.

L’exécutif appelle également la population au calme et à la responsabilité, tout en mettant en garde contre la désinformation et les discours de stigmatisation qui pourraient attiser les tensions communautaires.

Ce plan pour Uvira marque une phase critique : celle de la réparation après la bataille. Il teste la capacité de l’État à revenir, non seulement avec des soldats, mais aussi avec des services, de la justice et une vision pour restaurer la confiance dans une ville qui a payé un lourd tribut à la guerre.

L’opposant congolais Seth Kikuni a quitté le pays pour un « lieu sûr »

Seth Kikuni n’est plus sur le territoire congolais. Ce lundi 19 janvier, le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a confirmé son départ. L’opposant, ancien candidat à la présidentielle de 2023, se trouve désormais en lieu sûr.

Selon cette plateforme politique, il a quitté le pays grâce à une opération discrète et coordonnée. Ses proches parlent d’une action courageuse. Ils affirment surtout que ce départ répond à des menaces récentes.

En effet, l’opposition évoque une lettre datée du 15 décembre 2025. Elle émane de l’Auditeur général près la Haute Cour militaire. Le document aurait été adressé au Procureur général. Selon le Cadre de concertation, cette démarche préparait une nouvelle procédure jugée arbitraire et politique contre Seth Kikuni.

Par ailleurs, le communiqué remercie les personnes et organisations impliquées. Elles auraient facilité cette opération délicate. Le texte décrit un contexte marqué par de fortes pressions et des atteintes aux libertés fondamentales. Enfin, l’opposant prévoit de s’exprimer bientôt. Il souhaite expliquer les circonstances exactes de son départ.

Un parcours judiciaire lourd et une opposition toujours active

Ce départ s’inscrit dans une longue série d’épreuves. Seth Kikuni a multiplié les démêlés judiciaires ces dernières années. En mars 2025, il est sorti de la prison de Makala. Il y avait passé six mois.

Quelques mois plus tôt, en septembre 2024, la justice l’avait condamné à un an de prison. Les charges portaient sur l’incitation à la désobéissance civile et la propagation de faux bruits. Depuis, la pression ne s’est jamais relâchée.

En octobre 2025, son retour de Nairobi a marqué un nouveau tournant. À l’aéroport de Ndjili, des agents se présentant comme membres de l’ANR l’ont interpellé. La Direction générale de migration a confisqué son passeport. Elle ne le lui a jamais restitué.

Depuis l’étranger, Seth Kikuni reste actif. Dès ce lundi, il a critiqué la participation de Félix Tshisekedi au Forum économique mondial de Davos. Selon lui, ce déplacement ne correspond pas aux priorités internes du pays.

Ainsi, son départ relance le débat politique. Il accentue aussi les tensions. De nombreux observateurs s’interrogent désormais sur l’espace laissé à l’opposition et sur l’état des libertés fondamentales en République démocratique du Congo.

Davos 2026 : Tshisekedi présente la RDC comme un « pays-solutions »

Davos, Suisse – Dans les Alpes suisses, entre débats sur l’intelligence artificielle et finance verte, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo fait entendre une autre voix. Le président de la République démocratique du Congo est présent à la 56ᵉ réunion du Forum économique mondial. Son objectif est clair : changer l’image de la RDC.

Désormais, Kinshasa refuse d’être vue comme un simple pays en crise. Au contraire, la RDC se présente comme un “pays-solutions”, essentiel pour l’avenir de la planète. Ainsi, le chef de l’État veut repositionner son pays au cœur des réponses aux défis mondiaux.

Arrivé le lundi 19 janvier, Félix Tshisekedi entame un intense marathon diplomatique. Le thème du forum, « Un esprit de dialogue », cadre parfaitement avec sa démarche. En effet, il souhaite convaincre que les solutions énergétiques, climatiques et industrielles passent aussi par le Congo.

Trois piliers pour repositionner la RDC sur la scène mondiale

D’abord, le président met en avant le pilier minier et énergétique. La RDC reste le premier producteur mondial de cobalt. Elle figure aussi parmi les géants du cuivre. Ces minerais sont indispensables à la transition énergétique. Toutefois, Félix Tshisekedi insiste sur un point clé : le pays ne veut plus seulement exporter des matières brutes. Il promeut aussi l’énergie propre. Le projet du barrage Inga illustre cette ambition. Il pourrait alimenter une grande partie de l’Afrique en électricité renouvelable.

Ensuite, vient le pilier environnemental. Avec le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, la RDC joue un rôle central dans la lutte contre le changement climatique. Le président cite le Couloir vert Kivu-Kinshasa. Ce projet de reforestation vise à protéger la biodiversité. Il montre aussi que le pays agit concrètement.

Enfin, Félix Tshisekedi défend le pilier diplomatique et humain. Membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la RDC plaide pour le multilatéralisme. En parallèle, le chef de l’État valorise la jeunesse congolaise. Selon lui, cette jeunesse dynamique représente le véritable moteur du développement futur.


Cette présence à Davos ne relève pas du symbole. Au contraire, elle traduit une stratégie assumée. La RDC cherche à attirer des investissements durables. Elle veut développer la transformation locale, les infrastructures et les énergies renouvelables. Ainsi, le pays espère capter davantage de valeur ajoutée.

Face aux décideurs mondiaux, Félix Tshisekedi lance donc un message direct : le monde a besoin du Congo pour réussir la transition énergétique et écologique. Reste maintenant à savoir si les investisseurs répondront à cet appel. Davos a offert la tribune. L’heure est désormais aux actes.

Paix en RDC : l’UA dévoile son équipe de médiation

Lomé – Après deux jours de discussions serrées dans la capitale togolaise, l’Union africaine a dévoilé sa feuille de route la plus structurée à ce jour pour tenter de ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une « architecture de médiation » ambitieuse, présentée lundi 19 janvier, qui ressemble à un gouvernement de l’ombre dédié à la seule résolution du conflit le plus meurtrier du continent.

À sa tête, le président togolais Faure Gnassingbé, officiellement désigné médiateur de l’UA. Mais l’innovation réside dans la distribution des rôles, confiés à un directoire d’anciens présidents, chacun expert d’un domaine crucial. Une division du travail qui vise à éviter le saupoudrage et les doublons, fléaux des processus de paix précédents.

Le directoire des sages : une tâche pour chaque ancien président

L’organigramme, révélé par le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, est précis :

  • Olusegun Obasanjo (Nigeria) : le poids lourd militaire. L’ancien chef d’État et général hérite du dossier le plus sensible : les questions militaires et de sécurité. C’est à lui de désamorcer la bombe des opérations sur le terrain.

  • Uhuru Kenyatta (Kenya) : le négociateur. Il est chargé du dialogue direct avec les groupes armés locaux, dont le M23, une mission périlleuse au cœur de la crise.

  • Sahle-Work Zewde (Éthiopie) : la voix humanitaire. L’ancienne présidente devra gérer l’urgence humanitaire et le sort des millions de déplacés.

  • Mokgweetsi Masisi (Botswana) : l’architecte économique. Il supervisera la coopération économique régionale, clef d’une paix durable au-delà du cessez-le-feu.

  • Catherine Samba-Panza (RCA) : la pilier sociétal. Elle prend en charge la société civile, la réconciliation nationale et l’inclusion des femmes.

Une machine à coordonner les bonnes volontés

Derrière ce directoire politique, une lourde machinerie technique est mise en place. Un Secrétariat conjoint indépendant rassemblera le Togo, la Commission de l’UA, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Son rôle : assurer la coordination sur le terrain et éviter que chaque organisation ne tire dans une direction différente.

Enfin, l’Union africaine se réserve la coordination avec les partenaires internationaux incontournables mais parfois encombrants : les Nations unies, le Qatar, l’Union européenne, les États-Unis et les membres permanents du Conseil de sécurité.

Ce dispositif, né de la réunion des 16 et 17 janvier à Lomé, est une réponse directe au chaos des médiations parallèles (Doha, Washington, Luanda) et à l’échec des initiatives régionales précédentes. Il vise à imposer une cohérence continentale face à un conflit qui a trop souvent servi les intérêts de puissances extérieures.

Reste à savoir si cette belle architecture, dessinée sur le papier à Lomé, résistera aux réalités brutales des collines du Kivu et aux calculs géopolitiques des capitales régionales. Pour l’instant, l’UA vient de jouer sa carte la plus organisée. La partie décisive commence maintenant.

Patrice Motsepe fixe des conditions strictes à la RDC

Le rêve a un prix, et il est exorbitant. Alors que la RDC envisage d’accueillir une future Coupe d’Afrique des Nations, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a posé des conditions strictes. Devant les médias, il a tracé une ligne claire : pour décrocher la CAN, le pays devra présenter des infrastructures de classe mondiale.

« Les chefs d’État m’appellent, mais la décision revient à la CAF, pas à moi », a-t-il rappelé samedi dernier au Maroc. Aucun passe-droit politique ne sera accordé. La CAF évaluera uniquement la capacité réelle du pays à organiser l’événement.

Le défi des chantiers pharaoniques

Patrice Motsepe a identifié le principal obstacle : « La qualité des infrastructures doit répondre aux standards mondiaux. » Concrètement, la RDC devra lancer des chantiers titanesques.

Il ne s’agira pas seulement de construire six ou huit stades avec des pelouses impeccables. Il faudra aussi moderniser l’ensemble de l’écosystème : hôtels, routes, aéroports, et réseaux de télécommunications. Le ministre des Sports, Didier Budimbu, l’a reconnu : « On ne construit pas des stades en 24 heures. »

Pour Motsepe, cet investissement n’est pas une punition mais une opportunité. Organiser la CAN pourrait moderniser en profondeur les infrastructures sportives et de transport du pays, laissant un héritage durable.

Le football comme pont diplomatique

Dans un autre registre, Patrice Motsepe a lancé un message de paix. Il a appelé à une collaboration entre les fédérations de football de la RDC et du Rwanda, malgré les tensions actuelles entre les deux pays.

« Ce serait formidable de voir les présidents de leurs fédérations travailler ensemble », a-t-il déclaré. Il a salué l’exemple des supporters algériens et marocains, unis par le sport. Pour Motsepe, le football peut devenir un pont pour apaiser les rancunes.

Dans un contexte diplomatique fragile, sa proposition offre un moyen concret de renouer le dialogue. Sur le plan sportif, la RDC doit construire et moderniser. Sur le plan diplomatique, le football devient un langage universel pour favoriser la paix. Deux défis immenses, qui nécessiteront bien plus que de simples appels téléphoniques.