Nord-Kivu : après deux semaines de blocage, la circulation reprend sur l’axe Nyabiondo–Pinga

Après deux semaines de paralysie, la circulation reprend sur l’axe Nyabiondo–Mutongo–Pinga, reliant les territoires de Masisi et de Walikale, au Nord-Kivu. Le trafic a été rétabli tôt ce mercredi 4 novembre 2026, permettant aux personnes et aux commerçants bloqués de reprendre leurs déplacements.

Cette réouverture intervient après la fermeture de la route par les rebelles du Front pour la refondation de la nation (FRN). La circulation était interrompue depuis le 21 octobre, à la suite des affrontements entre ces combattants et les Wazalendo dans la cité de Nyabiondo, en territoire de Masisi.

Les commerçants de Pinga retrouvent leur localité

La fermeture de cet axe avait fortement perturbé les déplacements des habitants et l’approvisionnement de plusieurs localités de la région. Des commerçants, notamment ceux de Pinga, s’étaient retrouvés bloqués à Nyabiondo avec leurs marchandises.

Selon Lavie Changwi, secrétaire administratif du groupement Kisimba, dans le territoire de Walikale, ces commerçants ont finalement pu regagner leur milieu ce mercredi, accompagnés de leurs produits.

Durant les deux semaines de fermeture, les difficultés d’approvisionnement avaient affecté les marchés de Pinga et des environs. Cette situation avait également provoqué une hausse des prix de plusieurs produits de première nécessité, compliquant davantage le quotidien des habitants.

La route vers Walikale reste fermée

Malgré cette reprise du trafic, la situation demeure préoccupante sur un autre corridor. La liaison routière Nyabiondo–Kashebere–Walikale reste fermée.

Les usagers de cet axe continuent ainsi de faire face à des difficultés de déplacement et d’approvisionnement. La réouverture de la route vers Pinga constitue donc un soulagement pour les populations concernées, mais ne met pas fin aux perturbations qui affectent encore les échanges dans le territoire de Walikale.

CIRGL : Guy Kabombo et Mubita Luwabelwa font le point sur les mécanismes de sécurité dans les Grands Lacs

Le renforcement de la coopération sécuritaire dans la région des Grands Lacs était au centre des échanges à Kinshasa. Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a reçu, mardi 3 novembre 2026, une délégation de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Conduite par le secrétaire exécutif de l’organisation, l’ambassadeur Mubita Luwabelwa, cette délégation est venue examiner le suivi des recommandations issues des dernières réunions statutaires des ministres de la Défense. Ces travaux se sont tenus du 14 au 16 octobre à Lusaka, en Zambie.

Les discussions avaient notamment porté sur le projet de procédures opérationnelles standardisées encadrant le désarmement et la réintégration des membres des groupes armés étrangers. Parmi les mouvements concernés figurent les FDLR, les ADF et RED-Tabara, qui continuent de représenter des défis sécuritaires pour plusieurs pays de la région.

Guy Kabombo veut renforcer le pilier Défense de la CIRGL

En sa qualité de président du Comité des ministres de la Défense de la CIRGL, Guy Kabombo a réaffirmé sa volonté de rendre le pilier Défense plus opérationnel durant la présidence congolaise de l’organisation.

Le responsable a notamment insisté sur la nécessité d’évaluer l’application des recommandations adoptées lors des précédentes réunions et de mieux préparer les prochaines rencontres.

« Nous devons notamment examiner le niveau de mise en œuvre des recommandations ainsi que les dispositions concrètes pour améliorer la préparation et le suivi de nos prochaines séances dans le secteur de la Défense », a déclaré le ministre.

Cette démarche vise à améliorer la coordination entre les États membres face aux menaces armées qui affectent la stabilité de la région des Grands Lacs.

Le MCVE et le MCVE+ au cœur des échanges

Le renforcement du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE et MCVE+) a également occupé une place importante dans les discussions.

Pour Guy Kabombo, ces dispositifs constituent des instruments essentiels de vérification, de confiance et de prévention des escalades dans la région.

« Je demeure convaincu que ces mécanismes constituent des instruments essentiels de vérification, de confiance et de prévention des escalades dans notre région », a-t-il affirmé.

Les deux parties ont convenu de poursuivre les échanges au cours d’une séance technique réunissant les experts du Secrétariat de la CIRGL et ceux du ministère de la Défense. Cette rencontre doit permettre d’approfondir les différents dossiers et de passer en revue les recommandations formulées lors des réunions de Lusaka.

De son côté, Mubita Luwabelwa a salué le leadership de Guy Kabombo à la tête du Comité des ministres de la Défense. Il a également exprimé sa reconnaissance au président Félix Tshisekedi pour les orientations proposées autour de cinq axes : la réforme institutionnelle, la paix et la sécurité dans la sous-région, la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, la coopération judiciaire et la stabilité régionale.

Une rencontre dans un contexte de tensions régionales

Cette démarche intervient alors que les relations entre plusieurs États des Grands Lacs restent marquées par des tensions et des accusations réciproques de soutien à des groupes armés. La RDC, le Rwanda et le Burundi figurent notamment parmi les pays concernés par ces différends.

Elle intervient également après l’annonce par Kinshasa de la signature d’un protocole d’accord relatif au désarmement, à la démobilisation et au cantonnement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dans le cadre des engagements liés aux accords de Washington. Kigali conteste cette démarche, qu’il considère comme une tentative de contourner les engagements prévus par ces accords.

Au-delà des discussions sécuritaires, la visite de Mubita Luwabelwa a été marquée par un geste de solidarité. Le secrétaire exécutif de la CIRGL a signé le livre de condoléances et rendu hommage aux deux officiers généraux, hauts responsables de la justice militaire, décédés dans l’accident aérien survenu le 25 septembre à Kenge.

Ituri : De retour de Kinshasa, le gouverneur militaire Kasongo Mulumba promet des mesures concrètes pour la paix

L’avion immatriculé 9S-AKL de la compagnie Mont Gabaon s’est posé ce mardi 3 novembre 2026 dans la soirée à l’aéroport de Murongo, à Bunia. À son bord, le gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, a regagné sa juridiction après un séjour de travail officiel à Kinshasa consacré à la situation sécuritaire et humanitaire de sa province.

Devant la presse locale dès son arrivée, le chef de l’exécutif provincial a indiqué avoir présenté un état des lieux sans complaisance des urgences ituriennes au sommet de l’État.

« À leur bonne attention, j’ai présenté l’état des lieux de la province de l’Ituri, les défis auxquels nous faisons face et, surtout, les priorités actuelles pour le retour de la paix. J’ai retenu de toutes ces autorités une écoute attentive ainsi qu’une volonté de continuer à accompagner notre chère province », a-t-il déclaré.

Une urgence sécuritaire et humanitaire toujours vive à Djugu et Mambasa

Ce retour à Bunia intervient alors que l’Ituri reste confrontée à une situation sécuritaire volatile. Les violences armées qui touchent les territoires de Djugu et de Mambasa continuent d’endeuiller les civils et de paralyser l’économie locale.

Sur le plan humanitaire, les chiffres officiels d’octobre 2026 révèlent que plus de 24 600 personnes ont été contraintes d’abandonner leurs foyers dans le seul territoire de Djugu au cours du mois de septembre, accentuant la pression sur les sites de déplacés.

Face à ce drame social, l’exécutif provincial tente d’articuler opérations militaires et dialogues communautaires :

  • Sensibilisation au désarmement : Lors de sa descente à Mongbwalu le 23 octobre, le général-major Kasongo Mulumba avait vivement appelé les miliciens à déposer les armes pour favoriser le retour des déplacés.

  • Synergie avec le P-DDRCS : Le 29 octobre, des échanges stratégiques ont eu lieu avec Jean de Dieu Désiré Ntanga Ntita, coordonnateur national du Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation.

Du plaidoyer politique aux attentes du terrain

Nommé en juin 2026 par le président Félix Tshisekedi avec une feuille de route axée sur la pacification durable, la restauration de l’autorité de l’État et le retour des déplacés, le gouverneur militaire affirme repartir sur le terrain avec un « sentiment de responsabilité renouvelé ».

Pour la population iturienne, qui fait face à la précarité et aux exactions des groupes armés, l’enjeu majeur réside désormais dans la traduction concrète des arbitrages politiques obtenus à Kinshasa en actions de sécurisation visibles sur le terrain.

Goma : James Swan prépare des échanges avec le FRN lors de sa nouvelle visite dans l’Est de la RDC

Le chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), James Swan, est de retour à Goma. Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU est arrivé ce lundi 2 novembre 2026 dans le chef-lieu du Nord-Kivu, pour une nouvelle série de consultations dans l’est de la République démocratique du Congo.

Il a atterri à l’aéroport international de Goma à bord d’un hélicoptère. Selon la MONUSCO, cette visite s’inscrit dans le cadre des consultations régulières menées par la Mission dans cette partie du pays.

La MONUSCO prévoit des échanges avec le FRN

Au cours de son séjour, James Swan prévoit d’engager des contacts avec les représentants du Front pour la refondation de la nation (FRN). Ces échanges s’inscrivent dans la continuité des discussions que la MONUSCO entretenait précédemment avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le mouvement M23.

Cette démarche intervient dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance des tensions dans l’est de la RDC. Elle vise notamment à maintenir les canaux de communication avec les acteurs concernés par la situation sur le terrain.

Protection des civils et suivi du cessez-le-feu au programme

La MONUSCO indique que ces consultations s’inscrivent dans le cadre de son mandat. Celui-ci porte notamment sur la protection des civils, l’accès aux zones concernées et l’appui aux mécanismes de suivi et de vérification du cessez-le-feu.

La Mission évoque particulièrement le MCVE+/EJVM+, chargé de contribuer au suivi et à la vérification des engagements liés au cessez-le-feu.

Cette nouvelle visite intervient seulement un mois après le précédent déplacement de James Swan à Goma. Elle témoigne de la poursuite des consultations de la MONUSCO avec les différents acteurs impliqués dans la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

Nord-Kivu : 58 éléments FRN/RDF se rendent aux FARDC, 20 autres capturés en octobre

Le bilan de la 34ᵉ Région militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour le mois d’octobre fait état d’un sérieux revers pour l’alliance ennemie dans l’est du pays. Selon un communiqué officiel publié ce lundi, 58 éléments de l’armée rwandaise (RDF) et de leurs supplétifs du Front pour la refondation de la nation (FRN) ont déposé les armes et se sont rendus aux FARDC ainsi qu’aux positions tenues par les groupes de vigilance citoyens Wazalendo.

Au cours de la même période, 20 autres combattants ont été capturés les armes à la main lors d’affrontements directs dans les territoires de Lubero, Masisi et Walikale (Nord-Kivu), ainsi qu’à Kalehe (Sud-Kivu).

Recrutement forcé, tortures et chair à canon : Les témoignages des rendus

Les dépositions enregistrées par les services de renseignement militaire congolais brossent un tableau sombre des méthodes de recrutement et de gestion des troupes au sein des zones sous contrôle rwandais.

D’après le communiqué de la 34ᵉ Région militaire, la majorité de ces combattants ont révélé avoir été recrutés de force dans les agglomérations urbaines, notamment à Goma et Bukavu. Formés à la hâte et dépourvus de véritable expérience du combat, ils auraient été envoyés en première ligne sur le champ de bataille, utilisés comme de la « chair à canon ».

« Comme tous ceux qui les ont précédés, ces rendus ont témoigné des exactions, des tortures et d’autres crimes horribles auxquels ils étaient soumis dans les zones occupées », précise l’armée congolaise, indiquant que plusieurs d’entre eux ont dû jeter leurs uniformes pour réussir à s’échapper.

L’appel des FARDC à déposer les armes

Face à ces déserteurs de plus en plus nombreux, l’État-Major de la 34ᵉ Région militaire a lancé un appel direct aux combattants qui hésitent encore à quitter les rangs de la rébellion, leur garantissant un accueil conforme aux normes et au droit humanitaire s’ils choisissent de se rendre.

Cette série de redditions et de captures intervient dans un contexte de fortes pressions militaires et diplomatiques à l’Est de la RDC, fragilisant un peu plus le dispositif opérationnel des forces occupantes dans la région.

Est de la RDC : Félix Tshisekedi sollicite l’appui de Moscou pour l’application des résolutions de l’ONU

Présent à Moscou dans le cadre du troisième sommet Russie-Afrique, le président congolais Félix Tshisekedi est revenu à la charge devant Vladimir Poutine et un parterre de dirigeants africains sur la tragédie sécuritaire qui frappe l’est de la République démocratique du Congo. S’exprimant à la tribune de ce forum international, le chef de l’État a sollicité l’appui direct de la Fédération de Russie — membre permanent du Conseil de sécurité — pour exiger la mise en œuvre stricte des résolutions 2773 et 2808 de l’ONU.

Ces résolutions, votées par la Russie, prévoient notamment la cessation immédiate des hostilités, le retrait de la rébellion du M23, l’arrêt du soutien militaire rwandais à ce groupe armé et le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. En contrepartie, Félix Tshisekedi a réaffirmé que la RDC assumait ses propres obligations, notamment la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), appelant à une rigueur similaire pour l’ensemble des parties signataires.

Une diplomatie de souveraineté : « Diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp »

Dans une allocution à la fois ferme et mesurée, le président congolais a profité de cette tribune pour clarifier la posture stratégique de Kinshasa sur la scène internationale, réfutant toute idée d’alignement ou de vassalisation diplomatique.

« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il affirmé.

Dénonçant le pillage et l’exploitation illicite des ressources naturelles qui alimentent le financement des groupes armés dans les Grands Lacs, le chef de l’État a rappelé que la RDC privilégie la voie diplomatique à travers les processus de Washington et de Doha, couplés à la médiation de l’Union africaine. Pour Kinshasa, l’enjeu central reste le rétablissement complet de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national et le retour digne des millions de déplacés et réfugiés.

Nucléaire civil, énergie et transformation locale des minerais

Au-delà du volet sécuritaire, le président congolais a tracé une feuille de route pragmatique pour la coopération économique entre la RDC et la Russie. Évitant les promesses d’affichage, il a proposé de concentrer le partenariat sur un nombre restreint de projets prioritaires assortis de financements identifiés, d’un calendrier précis et de transferts de technologies.

Parmi les secteurs clés mis en avant figurent :

  • Énergie et Infrastructures : Développement de l’hydroélectricité et partenariat dans le secteur du nucléaire civil.

  • Industrialisation : Transformation locale des ressources minières stratégiques pour générer de la valeur ajoutée et créer des emplois pour la jeunesse congolaise.

  • Souveraineté alimentaire : Approvisionnement et production locale d’engrais pour moderniser l’agriculture national.

Un premier bilan de ces engagements ciblés sera présenté lors de la prochaine conférence ministérielle du forum de partenariat Russie-Afrique.

Une voix africaine indépendante au Conseil de sécurité de l’ONU

Profitant du statut de membre non permanent de la RDC au Conseil de sécurité de l’ONU pour le mandat 2026-2027, Félix Tshisekedi a réitéré la volonté de son gouvernement d’y agir en toute indépendance. Il a appelé au dialogue et à la diplomatie pour résoudre les conflits internationaux majeurs, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient, soulignant leur impact dévastateur sur l’envolée des prix mondiaux des engrais et des denrées alimentaires.

Le président de la RDC a enfin renouvelé son plaidoyer en faveur d’une réforme en profondeur du Conseil de sécurité de l’ONU pour corriger l’historique sous-représentation du continent africain, résumant l’exigence des peuples africains en trois piliers clairs :

« Davantage de sécurité, une capacité accrue à produire, une voix africaine mieux entendue : c’est à l’aune de ces trois résultats que nos peuples jugeront notre rencontre. »

RDC-Rwanda : Washington frappe le ministère rwandais de la Défense et une banque accusés de soutenir le M23

Les États-Unis viennent de franchir un seuil critique dans la gestion diplomatique et sécuritaire de la crise à l’Est de la République démocratique du Congo. Ce mercredi 28 octobre, le département du Trésor américain a officialisé des sanctions ciblées contre deux piliers de l’appareil d’État rwandais : le ministère de la Défense et l’institution financière Zigama Credit and Savings Society.

Accusées de soutenir activement le groupe armé M23 et sa vitrine politique, l’Alliance du fleuve Congo (AFC), ces deux entités voient l’ensemble de leurs avoirs et intérêts sur le territoire américain gelés.

Équipements de pointe, missiles et troupes sur le sol congolais

Pour justifier ces mesures punitives d’une sévérité inédite, le Trésor américain pointe du doigt le rôle direct du ministère rwandais de la Défense dans la supervision de milliers de soldats déployés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Selon Washington, l’armée rwandaise opère aux côtés des rebelles du M23 en leur fournissant une assistance logistique, des formations et des équipements militaires sophistiqués.

Le communiqué américain dénonce notamment la présence sur le terrain de systèmes de missiles sol-air et de matériel de brouillage avancés, représentant une menace directe pour l’aviation civile dans la région.

« Le Rwanda doit cesser de soutenir le M23 et retirer ses troupes de l’est de la RDC », a fermement martelé le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, rappelant les engagements souscrits par Kigali lors des récents accords de paix.

Trafic d’or et achats d’armes : La banque Zigama au cœur du réseau

L’autre volet des sanctions cible la Zigama Credit and Savings Society, une banque historiquement liée aux forces de sécurité rwandaises. L’administration américaine l’accuse d’avoir servi de levier financier pour contourner les restrictions et alimenter l’effort de guerre :

  • Achat d’armements : Facilisation de transferts de fonds vers la Chine et d’autres pays pour l’acquisition d’armes et de munitions.

  • Financement du M23/AFC : Exécution de transactions représentant des dizaines de millions de dollars au profit de la rébellion.

  • Pillage des ressources : Traçabilité de réseaux d’acheminement vers Kigali d’or extrait illégalement des zones minières sous contrôle du M23.

Des exactions documentées et une pression maximale sur Kigali

Ces sanctions interviennent alors que le M23 continue d’exercer son emprise sur des pans entiers du territoire congolais, incluant les villes stratégiques de Goma et Bukavu. Le rapport du Trésor américain dresse un bilan accablant des méthodes du groupe armé : exécutions extrajudiciaires, actes de torture, détentions arbitraires et recours au travail forcé des populations civiles dans les sites miniers.

En bloquant les avoirs du ministère de la Défense et de la banque Zigama et en menaçant de poursuites toute entité internationale qui poursuivrait ses transactions avec eux, Washington espère asphyxier le soutien logistique aux rebelles et contraindre Kigali à un retrait effectif de ses troupes.

Paix dans les Grands Lacs : À huis clos en Allemagne, la RDC et le Rwanda face au tournant d’un accord décisif

Sous la fraîcheur bavaroise de Garmisch, loin du fracas des armes de l’Est de la République démocratique du Congo, une réunion décisive vient de se jouer dans le plus grand secret. Du 20 au 22 octobre, sous l’égide des États-Unis, des planificateurs militaires, des haut-responsables du renseignement et des diplomates congolais et rwandais se sont retrouvés face à face. L’objectif ? Finaliser un plan militaire concret capable de matérialiser les promesses encore fragiles des accords de Washington.

Alors que les accusations mutuelles continuent d’alimenter une défiance tenace, cette session du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM) marque une étape technique capitale : transformer des engagements politiques sur le papier en ordres opérationnels sur le terrain.

La feuille de route de Garmisch : Neutralisation des FDLR et retrait rwandais

Annoncée officiellement par le Bureau des affaires africaines du département d’État américain, cette rencontre d’une portée stratégique majeure a réuni, aux côtés des deux parties, des représentants de l’Union africaine, du Qatar ainsi que des partenaires interministériels américains, appuyés par le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) et l’Africa Center for Strategic Studies (ACSS).

Au cœur des négociations se trouve le projet d’ordre d’opérations destiné à mettre en œuvre les deux piliers indissociables de l’Accord de paix signé à Washington :

  1. Côté Congolais : La neutralisation ciblée des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), perçues par Kigali comme une menace existentielle.

  2. Côté Rwandais : Le désengagement des forces rwandaises du territoire congolais et la levée des mesures défensives déployées par Kigali.

Une fois validé et approuvé par les hautes autorités des deux pays, cet ordre définira avec précision les modalités pratiques des opérations sur le terrain, instaurant un cadre précis pour le retrait des troupes et la pacification de la zone.

Interprétations divergentes et diplomatie de couloir

Si Washington salue un « engagement constructif » de Kinshasa et Kigali vers une paix durable, la réalité politique reste d’une extrême complexité. En parallèle des discussions militaires, la RDC a récemment annoncé un protocole axé sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement (DDC) des FDLR, voyant là une opportunité d’éliminer le prétexte brandi par Kigali pour justifier sa présence militaire.

Toutefois, la réaction rwandaise ne s’est pas faite attendre : Kigali conteste cette approche DDC et exige une « neutralisation » stricte, sans détour, telle que formulée dans le texte initial. Ces lectures divergentes des engagements pris illustrent la vulnérabilité du processus.

L’épreuve du terrain : Le drame humain persiste

Pendant que les diplomates et les militaires affinent leurs cartes en Allemagne, la réalité sur le terrain demeure alarmante. Plus d’un an après la poignée de main initiale à Washington entre les diplomaties congolaise et rwandaise sous la médiation américaine, les hostilités font toujours rage dans l’Est de la RDC.

Les affrontements opposent l’armée congolaise aux rebelles de l’AFC/M23 — mouvement soutenu par Kigali et désormais structuré sous la bannière du Front pour la refondation de la nation, sous la direction de Joseph Kabila. Les violations répétées du cessez-le-feu rappellent que l’écart entre les déclarations internationales et la réalité des populations civiles reste abyssal.

La finalisation de l’ordre d’opérations de Garmisch représente un pas de géant, mais la véritable épreuve de vérité résidera dans son exécution effective sur le sol congolais. Pour les millions de civils piégés par ce conflit vieux de trois décennies, chaque jour de retard a un prix tragique.

CIRGL : à Lusaka, Guy Kabombo appelle à traduire les engagements de paix en résultats concrets dans les Grands Lacs

Les États de la région des Grands Lacs doivent dépasser les déclarations d’intention pour obtenir des avancées concrètes en matière de paix et de sécurité. C’est le message porté par le vice-Premier ministre congolais chargé de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, à l’ouverture de la 20ᵉ réunion des ministres de la Défense de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenue ce vendredi 16 octobre 2026 à Lusaka, en Zambie.

Présidant ces assises en sa qualité de président en exercice du Comité des ministres de la Défense, le responsable congolais a placé les échanges sous le signe de la responsabilité collective, du respect des engagements et de la recherche d’une paix durable dans la sous-région.

L’Est de la RDC au cœur des préoccupations sécuritaires

Face à la persistance des tensions, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Guy Kabombo a insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en actions concrètes sur le terrain.

Il a notamment appelé au respect du cessez-le-feu, à la cessation de tout soutien aux groupes armés ainsi qu’au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque État membre.

Le vice-Premier ministre a également rendu hommage aux militaires tombés dans les opérations de stabilisation de la région. Au nom du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, il a par ailleurs remercié le président zambien Hakainde Hichilema, son gouvernement et le peuple zambien pour l’accueil réservé aux délégations.

Renforcer les mécanismes de vérification sur le terrain

Pour le responsable congolais, la mise en œuvre des engagements de paix doit s’accompagner de mécanismes de contrôle opérationnels. Il a ainsi plaidé pour le renforcement des dispositifs régionaux de vérification, notamment le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE) et le MCVE-PLUS.

Il a souligné l’importance de garantir à ces mécanismes un accès effectif aux zones concernées, une réelle liberté de mouvement ainsi que des ressources humaines, logistiques et techniques adaptées à leurs missions.

Guy Kabombo a également appelé à une meilleure coordination entre les États membres et à un suivi rigoureux des recommandations issues des réunions régionales. Il a notamment préconisé une feuille de route claire, des responsabilités définies et des échéances précises afin de faciliter l’évaluation des progrès accomplis.

Washington, Doha et la résolution 2773 au centre des engagements

Réaffirmant l’attachement de la RDC aux voies diplomatiques, le ministre de la Défense a exhorté les États membres à œuvrer à la mise en œuvre effective des engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha, ainsi que des dispositions pertinentes de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale contre plusieurs menaces transfrontalières : le terrorisme, les groupes armés, les trafics illicites, les déplacements forcés de populations et la circulation incontrôlée des armes.

Ces enjeux dépassent les frontières nationales et nécessitent, selon l’approche défendue lors de cette réunion, une coordination accrue entre les États concernés.

Faire de la coopération régionale un levier de stabilité

La 20ᵉ réunion des ministres de la Défense de la CIRGL se veut un cadre de dialogue entre les responsables sécuritaires des États membres, dans un contexte marqué par la persistance des conflits et des tensions dans la région.

L’objectif affiché est de renforcer les mécanismes régionaux, d’améliorer le suivi des engagements et de favoriser des réponses concertées aux crises sécuritaires.

Pour la RDC, l’enjeu est particulièrement important : obtenir des avancées concrètes en faveur de la paix dans l’Est et faire respecter les engagements régionaux relatifs à la souveraineté des États. La portée de cette réunion dépendra désormais de la traduction de ses orientations en mesures effectives sur le terrain.

Kinshasa : la présidence interdit à son cabinet tout contact avec l’ambassade de Belgique

Une note de quelques lignes, un ordre sans ambiguïté, et aucune explication. À la présidence de la République démocratique du Congo, les membres du cabinet de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ne doivent plus avoir aucun contact, direct ou indirect, avec l’ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa. La consigne figure dans une note circulaire signée le 15 octobre 2026 par le directeur de cabinet du chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, et reste en vigueur « jusqu’à nouvel ordre ».

Le texte est net:« À dater de ce jour, il est demandé à l’ensemble des Membres du Cabinet du Président de la République, dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions, de s’abstenir, jusqu’à nouvel ordre, de tout contact direct ou indirect avec l’Ambassade du Royaume de Belgique en République Démocratique du Congo, ainsi qu’avec son personnel diplomatique et administratif. »

Un seul canal : les Affaires étrangères

Dans les faits, la mesure s’étend à l’ensemble du personnel diplomatique et administratif de la représentation belge. En cas de nécessité dûment justifiée, toute démarche ou communication devra être autorisée au préalable et passer exclusivement par le ministère des Affaires étrangères, conformément aux usages diplomatiques.

La directive vise plusieurs catégories de responsables : directeurs de cabinet adjoints, conseillers spéciaux, coordonnateurs des services spécialisés, conseillers principaux, responsables des services personnels et de l’Office privé du chef de l’État. Aucun d’eux ne peut donc prendre l’initiative d’un contact en dehors de ce circuit.

Pour garantir l’application de la note, son signataire prévient que « tout manquement à la présente note circulaire exposera son auteur aux sanctions administratives et disciplinaires appropriées ».

Les motivations restent inconnues

Le document ne précise ni les circonstances ni les conditions d’une éventuelle levée de la restriction, et aucune explication officielle n’a été communiquée. Une source interne affirme que la mesure n’a aucun lien avec les perquisitions qui auraient visé des membres de la famille Tshisekedi en Belgique. Cette explication ne figure pas dans la note et n’est pas confirmée officiellement : elle est à prendre avec prudence.

Il faut aussi préciser ce que la note ne dit pas. Les contacts ne sont pas présentés comme définitivement rompus, mais soumis à autorisation et à un canal unique. Rien n’annonce, à ce stade, une rupture des relations diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles. Reste à savoir si la présidence ou les autorités belges apporteront des précisions.

Crise dans l’Est de la RDC : le panel de l’Union africaine échange avec Kinshasa pour relancer la dynamique de paix

La diplomatie africaine poursuit ses consultations pour tenter de sortir l’Est de la République démocratique du Congo de la crise sécuritaire. Arrivé à Kinshasa après des étapes à Goma et à Kigali, le panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) a échangé, ce vendredi 9 octobre 2026, avec les autorités congolaises sur les initiatives en cours et les perspectives d’un retour durable à la paix.

Première étape de cette séquence diplomatique dans la capitale congolaise : un échange de bienvenue avec Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise. Au nom du gouvernement, la cheffe de la diplomatie congolaise a souhaité la bienvenue aux facilitateurs et leur a adressé ses vœux de réussite pour cette mission.

Elle a également réaffirmé l’engagement de la RDC en faveur d’une paix juste et durable, présentée comme une condition essentielle à la sécurité et à la stabilité de la région des Grands Lacs.

Une délégation de haut niveau en mission dans les Grands Lacs

Le panel réunit plusieurs personnalités ayant exercé les plus hautes fonctions de l’État sur le continent. Il comprend Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie et vice-présidente du panel, Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, et Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine.

Yackoley Kokou Johnson, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères du Togo, y représente le médiateur de l’Union africaine.

La délégation est arrivée à Kinshasa après avoir effectué des consultations à Goma, dans l’est de la RDC, puis à Kigali, au Rwanda. Cette tournée vise à recueillir les positions des différents acteurs et à soutenir les efforts diplomatiques engagés pour trouver une issue pacifique à la crise.

Kinshasa expose ses engagements pour le retour de la paix

Après l’échange avec la ministre des Affaires étrangères, une séance de travail a réuni les facilitateurs et une délégation gouvernementale conduite par Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières.

Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, le professeur Désiré Cashmir Eberande Kolongele, conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, ainsi que Sumbu Sita Mambu, haut représentant du président de la République, ont également pris part aux échanges.

Les discussions ont porté sur les efforts de médiation en cours et sur les moyens de consolider les initiatives diplomatiques destinées à restaurer la paix, la sécurité et la stabilité dans l’est du pays et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Le panel doit également échanger avec le président Félix-Antoine Tshisekedi sur les engagements de la RDC dans le processus de paix. Selon la cellule de communication de la Présidence, cette rencontre doit permettre au chef de l’État de présenter les avancées enregistrées ainsi que les actes de bonne foi posés par le gouvernement pour contribuer au rétablissement de la paix.

Le cessez-le-feu et le dialogue au cœur des consultations

Avant son arrivée dans la capitale congolaise, le panel avait multiplié les échanges avec différents acteurs concernés par la crise, notamment des représentants de la MONUSCO, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), du Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM), ainsi que des responsables de l’AFC/M23.

Dans un communiqué, l’Union africaine a appelé les parties impliquées dans le conflit à respecter le cessez-le-feu. Les consultations ont notamment porté sur l’évolution du processus de paix, la situation sécuritaire et humanitaire ainsi que les mesures susceptibles de rétablir la confiance entre les protagonistes.

Le panel défend le dialogue politique comme une voie essentielle vers une paix durable. Il encourage également la poursuite des engagements pris dans le cadre du processus de Doha, la coopération avec les mécanismes de vérification et la retenue face à toute action susceptible de compromettre les négociations.

Ces appels interviennent alors que les hostilités dans l’est de la RDC continuent de peser sur la sécurité des populations et sur les perspectives de stabilisation régionale.

Une feuille de route pour accélérer les efforts diplomatiques

La mission du panel s’inscrit dans le cadre d’une feuille de route de six mois, couvrant la période de juillet à décembre 2026. Ce document, adopté à l’issue d’une réunion tenue les 25 et 26 juillet à Gaborone, au Botswana, prévoit un plan d’action opérationnel pour soutenir le processus de paix conduit par l’Union africaine.

Les priorités identifiées concernent notamment la coordination politique et stratégique, les questions militaires et sécuritaires, l’accès humanitaire, le dialogue avec les groupes armés, la coopération économique régionale et la gestion des ressources naturelles. La réconciliation ainsi que la participation de la société civile, des femmes et des jeunes figurent également parmi les axes retenus.

Cette feuille de route doit permettre au panel et au Secrétariat conjoint indépendant d’accompagner la mise en œuvre des engagements existants, de renforcer la coordination avec les processus de Washington et de Doha et d’assurer un meilleur suivi des initiatives engagées.

Des consultations aux résultats attendus

L’arrivée du panel à Kinshasa marque une nouvelle étape de sa tournée régionale. Après Goma et Kigali, les facilitateurs poursuivent leurs échanges avec les autorités congolaises afin d’évaluer les progrès accomplis et les actions restant à mener.

Reste désormais à transformer les consultations diplomatiques en avancées concrètes sur le terrain. Le respect du cessez-le-feu, la mise en œuvre des engagements pris par les parties et la coordination entre les différentes initiatives de médiation demeurent des enjeux majeurs pour espérer une désescalade durable dans l’est de la RDC.

Au-delà des rencontres officielles, c’est donc la capacité des acteurs concernés à traduire leurs engagements en actes qui pèsera sur la suite du processus de paix dans la région des Grands Lacs.

Est de la RDC : l’Union africaine hausse le ton et exige le respect du cessez-le-feu

Après Goma, Kigali et bientôt Kinshasa, le Panel des facilitateurs de l’Union africaine resserre son message. Au terme de plusieurs jours de consultations consacrées à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, les facilitateurs appellent désormais les parties à respecter strictement le cessez-le-feu et à poursuivre les discussions engagées dans le cadre du processus de Doha.

Dans un communiqué publié ce mercredi 7 octobre, le Panel exhorte les parties au conflit à poursuivre les négociations de bonne foi, à coopérer pleinement avec les mécanismes chargés de vérifier l’application des engagements et à éviter toute action susceptible de fragiliser davantage le processus de paix.

Le message intervient après une mission qui a conduit la délégation de Goma à Kigali, avant une prochaine étape annoncée à Kinshasa.

À Goma, les facilitateurs face aux réalités du terrain

La mission avait commencé à Goma.

Pendant deux jours, la délégation composée de l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde, de l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta et de l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi a multiplié les rencontres avec les acteurs engagés dans le suivi de la crise.

Lire aussi:https://www.journaldekinshasa.com/crise-dans-lest-de-la-rdc-apres-goma-le-panel-de-lunion-africaine-poursuit-sa-mission-a-kigali/

Les facilitateurs ont notamment échangé avec la MONUSCO, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Mécanisme conjoint élargi de vérification Plus (EJVM).

La délégation a également rencontré des responsables de l’AFC/M23, dans le cadre de consultations portant sur le processus de paix, la situation sécuritaire et humanitaire ainsi que les moyens de renforcer la confiance entre les parties.

Mais la mission ne s’est pas limitée aux salles de réunion.

Dans le territoire de Nyiragongo, les facilitateurs ont effectué une visite de terrain sur d’anciens sites ayant accueilli des personnes déplacées par la guerre. Une descente destinée à mieux mesurer la réalité humanitaire et les mouvements de populations provoqués par le conflit.

Le cessez-le-feu au cœur du message

Après ces consultations, le Panel met désormais l’accent sur un impératif : préserver le cessez-le-feu.

Les facilitateurs appellent les parties à respecter strictement les engagements pris et à coopérer avec les mécanismes chargés d’en vérifier l’application.

Ils demandent également à tous les acteurs concernés de faire preuve de retenue et de s’abstenir de toute initiative susceptible de compromettre les efforts diplomatiques en cours.

Pour l’Union africaine, le dialogue politique demeure au cœur de la recherche d’une paix durable dans l’Est congolais.

Le Panel encourage ainsi la poursuite des discussions dans le cadre du processus de Doha, avec l’objectif de maintenir un canal de dialogue malgré les tensions persistantes.

Les civils au centre des préoccupations

Derrière les négociations, les facilitateurs rappellent que les premières conséquences du conflit sont vécues par les populations.

Le Panel insiste particulièrement sur la protection des femmes et des filles, la prévention des violences sexuelles et basées sur le genre ainsi que la nécessité de poursuivre les auteurs d’exactions.

Sur le front humanitaire, l’appel est tout aussi précis : garantir un accès sûr et sans entrave aux populations affectées.

Les services essentiels et les infrastructures éducatives doivent également être protégés, selon les recommandations formulées par les facilitateurs.

Une exigence qui traduit une volonté de faire en sorte que les discussions diplomatiques ne restent pas uniquement confinées aux déclarations officielles, mais puissent produire des effets concrets pour les communautés touchées par la guerre.

Kigali, puis Kinshasa

Après Goma, le Panel a poursuivi sa mission à Kigali, où la délégation a notamment rencontré le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.

Cette étape rwandaise intervient après les échanges menés avec l’AFC/M23 et les acteurs humanitaires et sécuritaires présents à Goma.

La prochaine destination annoncée est Kinshasa.

Les résultats de ces consultations doivent être transmis au médiateur de l’Union africaine ainsi qu’au gouvernement congolais.

Le Panel entend ainsi poursuivre son travail de facilitation avec trois priorités qui se dégagent de sa mission : renforcer la protection des civils, restaurer davantage de confiance entre les parties et faire progresser le processus de paix.

Washington, Doha… et l’effort de médiation africaine

Cette nouvelle démarche intervient alors que plusieurs initiatives diplomatiques tentent simultanément de mettre fin aux combats dans l’Est de la RDC.

Les processus de Washington et de Doha constituent notamment deux cadres importants de ces efforts.

Dans ce contexte, l’Union africaine cherche à maintenir une coordination entre les différentes démarches et à faire entendre sa propre voix dans la recherche d’une issue politique à la crise.

Après plusieurs jours de consultations, le message du Panel est désormais posé : le cessez-le-feu doit être respecté, le dialogue doit continuer et les engagements pris doivent se traduire sur le terrain.

Car pour les populations de l’Est congolais, l’enjeu ne se mesure pas au nombre de rencontres diplomatiques. Il se mesure à une réalité beaucoup plus immédiate : le retour de la sécurité, l’accès à l’aide et la possibilité de vivre sans la menace permanente du conflit.

Crise dans l’Est de la RDC : après Goma, le Panel de l’Union africaine poursuit sa mission à Kigali

De Goma à Kigali, la diplomatie poursuit son chemin. Après deux jours de consultations dans l’est de la République démocratique du Congo, le Panel des facilitateurs de l’Union africaine a franchi une nouvelle étape de sa mission en se rendant au Rwanda.

Conduite par l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, la délégation comprend également l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi et l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde. À Kigali, les facilitateurs ont poursuivi leurs échanges avec les acteurs directement concernés par la crise sécuritaire qui secoue l’est de la RDC.

La première rencontre a eu lieu avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe.

De Goma à Kigali, une même question : comment sortir de la crise ?

Quelques heures plus tôt, la délégation se trouvait encore à Goma, au Nord-Kivu.

Sur place, les facilitateurs avaient rencontré la direction politique de l’AFC/M23, conduite par Corneille Nangaa, afin d’échanger autour du processus de paix en RDC.

Le contenu précis de ces discussions n’a pas été rendu public. Mais leur tenue constitue une étape des consultations engagées par le Panel auprès des différentes parties impliquées dans la crise.

Après les échanges politiques, la mission s’est également intéressée à la réalité du terrain.

Les facilitateurs ont rencontré des représentants de la MONUSCO, avant de se rendre dans le territoire de Nyiragongo. La délégation y a notamment visité d’anciens sites ayant accueilli des personnes déplacées.

Une manière, pour les membres du Panel, de confronter les discussions diplomatiques à la réalité vécue par les populations touchées par les déplacements et l’instabilité dans la région.

À Kigali, le dialogue change de décor

Le passage de Goma à Kigali donne une nouvelle dimension à la mission.

Après avoir rencontré des représentants de l’AFC/M23 et observé certains aspects de la situation humanitaire sur le terrain, les facilitateurs poursuivent leurs consultations auprès des autorités rwandaises.

La rencontre avec Olivier Nduhungirehe intervient ainsi dans une séquence diplomatique où plusieurs initiatives cherchent parallèlement à ouvrir une voie vers la cessation des hostilités et une résolution politique de la crise.

Pour le Panel, l’objectif est de multiplier les échanges avec les différentes parties afin de mieux cerner leurs positions et les conditions susceptibles de permettre une avancée du processus de paix.

Une diplomatie menée sur plusieurs fronts

Cette mission de l’Union africaine ne se déroule pas dans un vide diplomatique.

Elle intervient alors que plusieurs démarches sont déjà engagées pour tenter de mettre un terme aux combats dans l’Est congolais, notamment les processus de Washington et de Doha.

Dans ce paysage diplomatique dense, le Panel des facilitateurs tente de jouer son rôle en maintenant le contact avec les différentes parties.

De Goma à Kigali, la démarche reste donc la même : écouter, consulter et rapprocher les positions.

Mais derrière les rencontres officielles et les discussions à huis clos, la question demeure particulièrement sensible : ces consultations pourront-elles contribuer à faire émerger une nouvelle dynamique en faveur de la paix dans l’Est de la RDC ?

Pour l’heure, les facilitateurs poursuivent leur tournée. Après les réalités du terrain à Goma et Nyiragongo, c’est désormais à Kigali que se poursuit leur quête de points de convergence.

ONU : Kinshasa veut suspendre les Casques bleus rwandais jusqu’au retrait des forces de Kigali de la RDC

À New York, la RDC a choisi de déplacer le débat. Mardi 29 septembre 2026, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay n’a pas seulement dénoncé la persistance du conflit dans l’Est congolais. Il a posé une question de cohérence au cœur même du système de maintien de la paix : un pays dont Kinshasa accuse les forces d’être engagées sur le territoire congolais peut-il, dans le même temps, continuer à envoyer des contingents sous le drapeau bleu de l’ONU ?

La réponse de la RDC est désormais clairement formulée. Kinshasa demande la suspension de toute nouvelle participation, tout nouveau déploiement et toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies, jusqu’à ce que le retrait des forces rwandaises du territoire congolais soit vérifié.

Derrière cette demande, le Gouvernement congolais invoque une exigence de cohérence, de crédibilité et d’éthique pour les opérations de paix. Pour Kinshasa, les engagements internationaux ne peuvent pas être appliqués à géométrie variable.

Zénon Mukongo : « Ces exigences sécuritaires sont vitales et non négociables »

Dans la salle du Conseil de sécurité, Zénon Mukongo Ngay a replacé cette demande dans le cadre de la résolution 2773, adoptée à l’unanimité en février 2025. Celle-ci appelle notamment le M23 à cesser les hostilités et à se retirer des zones qu’il contrôle, tandis qu’elle demande aux Forces de défense rwandaises de mettre fin à leur soutien au mouvement et de se retirer du territoire congolais.

Or, selon Kinshasa, ces engagements restent largement inexécutés.

« Force est de constater que ces obligations demeurent largement inexécutées par Kigali », a déclaré l’ambassadeur congolais devant le Conseil de sécurité.

Quelques heures plus tard, le diplomate congolais a également dénoncé ce qu’il considère comme une gestion administrative, territoriale et démographique préoccupante des zones contrôlées par le M23/AFC. Kinshasa affirme notamment disposer d’informations faisant état de déplacements et de transferts de populations dans des localités vidées de leurs habitants. Ces allégations ont été présentées par la RDC comme un sujet nécessitant l’attention des mécanismes compétents de l’ONU.

Le ton s’est voulu particulièrement ferme : « Ces exigences sécuritaires sont vitales et non négociables. Aucun obstacle ne peut nous en détourner », a encore déclaré Zénon Mukongo Ngay.

Mais au-delà de la formule diplomatique, une question demeure : que vaut une résolution du Conseil de sécurité si les parties concernées peuvent continuer à agir sans que son application soit effectivement vérifiée ?

FDLR : Kinshasa veut montrer qu’elle agit aussi sur son propre front

La RDC ne s’est toutefois pas présentée devant le Conseil de sécurité uniquement comme une partie réclamant des mesures contre Kigali.

Zénon Mukongo Ngay a également rappelé les engagements pris par Kinshasa concernant les FDLR. Le diplomate a notamment évoqué le processus de désarmement volontaire et le protocole conclu le 30 mai 2026 autour du désarmement, de la démobilisation et du cantonnement des combattants concernés.

Selon Kinshasa, trois autres groupes — le CNRD, le FPP et le RUD — ont rejoint le 29 août la démarche de dépôt volontaire des armes. La RDC prépare par ailleurs une opération de neutralisation des FDLR dans la zone NAI-1 et demande au Conseil de sécurité ainsi qu’à la MONUSCO d’en accompagner et d’en vérifier la mise en œuvre.

La logique défendue par Kinshasa est donc la suivante : si la RDC est appelée à neutraliser les groupes armés présents sur son territoire, elle réclame en retour que le retrait des forces étrangères soit lui aussi vérifiable.

C’est là que se joue une partie du bras de fer diplomatique.

Car si le désarmement des FDLR est présenté par Kigali comme une question de sécurité nationale, Kinshasa affirme de son côté que cette question ne peut servir à justifier indéfiniment la présence de forces rwandaises sur le sol congolais.

Pinga, nouveau point de tension

Le débat diplomatique a pris une dimension militaire avec l’affaire de Pinga.

Selon la délégation congolaise, une frappe de drone de type TB2 a visé le 28 septembre une position congolaise dans cette localité du territoire de Walikale. Kinshasa attribue cette attaque aux Forces de défense rwandaises et avance un bilan de cinq morts et huit blessés graves. La RDC demande toutefois que les faits soient vérifiés par les mécanismes compétents, notamment le mécanisme conjoint de vérification élargie avec l’appui de la MONUSCO.

Cette demande de vérification est importante. Elle place l’incident dans le même cadre que celui réclamé par Kinshasa pour le retrait des forces rwandaises : des faits établis, des mécanismes de contrôle et des responsabilités clairement documentées.

Et c’est peut-être là que se trouve le véritable enjeu de cette nouvelle passe d’armes devant le Conseil de sécurité.

Le Rwanda maintient, lui aussi, ses propres exigences

Face aux accusations congolaises, Kigali défend une lecture différente de la crise.

Le représentant permanent du Rwanda à l’ONU, Martin K. Ngoga, a réaffirmé le 29 septembre l’engagement de son pays en faveur des processus diplomatiques en cours et insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre effective des accords conclus entre Kinshasa et Kigali.

Le désaccord ne porte donc pas seulement sur les faits militaires. Il porte aussi sur l’ordre dans lequel les engagements doivent être exécutés, les mécanismes chargés de les vérifier et les garanties exigées par chacune des parties.

D’un côté, Kinshasa demande que le retrait des forces rwandaises soit vérifié avant toute nouvelle participation de contingents rwandais aux missions de paix de l’ONU. De l’autre, Kigali continue de mettre en avant ses préoccupations sécuritaires et la nécessité de mécanismes de vérification dans le processus de paix.

Une question désormais posée au Conseil de sécurité

La demande congolaise dépasse donc le seul cadre de la relation RDC-Rwanda. Elle touche directement à la crédibilité du système international de maintien de la paix.

Jusqu’où le Conseil de sécurité peut-il aller pour faire appliquer ses propres résolutions ? Et surtout, peut-il demander à un État de contribuer à des opérations de paix tout en examinant, dans le même temps, des accusations mettant en cause ses forces dans un conflit voisin ?

Pour Kinshasa, la réponse passe désormais par une mesure précise : geler toute nouvelle participation, tout déploiement ou toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix de l’ONU jusqu’à la vérification du retrait des forces rwandaises de la RDC.

Le débat est donc posé. Reste à savoir si le Conseil de sécurité choisira de transformer cette demande en décision concrète — ou si la question rejoindra la longue liste des désaccords qui entourent depuis des années la crise dans l’Est de la RDC.

Pinga ciblée par des drones : l’AFC/M23 frappe pour la première fois Walikale

Pour la première fois depuis le début des combats dans cette zone, la cité stratégique de Pinga, dans le territoire de Walikale (Nord-Kivu), a été visée lundi 28 septembre 2026 par une attaque attribuée aux rebelles de l’AFC/M23. Selon des sources locales et militaires, des drones ont ciblé des positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), provoquant un mouvement de panique et la suspension temporaire des activités dans la cité.

L’attaque est survenue aux alentours de 9 heures, lorsque l’aérodrome de Pinga, où étaient positionnés des éléments des FARDC, a été pris pour cible. Aucun bilan officiel n’était disponible dans l’immédiat.

Une deuxième reconnaissance provoque la panique à Pinga

Selon plusieurs sources concordantes, un drone est revenu peu après pour une nouvelle reconnaissance. Les militaires congolais ont alors ouvert le feu afin de tenter de le repousser.

Les détonations ont semé la panique au centre de Pinga. Des établissements scolaires ont libéré leurs élèves en urgence, tandis que de nombreux habitants ont quitté leurs lieux de travail pour regagner leur domicile par mesure de précaution.

Quelques heures plus tard, le calme est progressivement revenu, permettant une reprise partielle des activités socio-économiques.

Des frappes également signalées à Masisi

Au même moment, d’autres frappes attribuées à l’AFC/M23 ont visé deux positions occupées par des combattants wazalendo dans le territoire voisin de Masisi.

Vers 7 heures, les villages de Kaleta et Bitoyi, situés dans les groupements d’Ufamandu, auraient été ciblés par des drones, selon des sources civiles et militaires. Là encore, aucun bilan humain ou matériel n’avait pu être confirmé.

Ces attaques interviennent après plusieurs jours de combats autour de Miko, près de Remeka, où les FARDC et leurs alliés wazalendo affrontent les rebelles de l’AFC/M23. Des sources locales indiquent que plusieurs positions ont changé de contrôle ces derniers jours, notamment après la reprise de Remeka par les rebelles le 25 septembre.

Une situation sécuritaire de plus en plus tendue

L’attaque contre Pinga intervient seulement 24 heures après la reprise par les FARDC, appuyées par les wazalendo, de plusieurs positions autour de Mindjendje, notamment Tchad, Kahongoboka, Kukibingu, Bubolwa et Luola.

Parallèlement, la circulation reste interrompue depuis le 24 septembre sur l’axe Nyabiondo-Kashebere-Mungazi, reliant les territoires de Masisi et de Walikale, en raison de la reprise des affrontements.

Des civils toujours pris au piège des combats

La détérioration de la situation continue d’affecter les populations civiles. À Burungu, dans la chefferie des Bashali, au moins huit civils auraient été tués et six autres blessés samedi soir, selon des sources locales. Ce bilan n’a toutefois pas pu être confirmé de manière indépendante.

Des tirs d’armes lourdes et légères ont également été signalés aux abords de Nyabiondo, illustrant l’intensification des hostilités dans plusieurs localités du Nord-Kivu.

Avec cette première attaque contre Pinga, les affrontements franchissent un nouveau cap dans le territoire de Walikale, tandis que les changements de contrôle de certaines localités et les frappes par drones accentuent l’insécurité et compliquent davantage les déplacements des populations.

ONU-UA : à New York, la RDC s’invite au cœur des discussions sur la paix en Afrique

À New York, la crise dans l’est de la République démocratique du Congo s’est invitée au cœur des discussions entre l’Union africaine et les Nations unies. En marge de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, ont coprésidé une réunion de haut niveau consacrée au renforcement de la coopération entre les deux organisations.

La rencontre, tenue ce 21 septembre à New York, intervient à la veille de l’ouverture du débat général de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale. Cette séquence internationale doit réunir les dirigeants et hauts responsables du monde entier autour des principaux dossiers de coopération multilatérale.

La situation dans l’Est de la RDC examinée à New York

Parmi les crises abordées lors de la réunion ONU-UA figurait la situation en République démocratique du Congo. Selon le compte rendu de l’Union africaine, les échanges ont porté sur l’évolution de la crise congolaise et sur le soutien à la médiation conduite par le Togo.

La RDC a ainsi été examinée aux côtés d’autres foyers de crise du continent, notamment au Sahel, en Libye, au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie. Les deux institutions ont également insisté sur la nécessité de renforcer la diplomatie préventive et les mécanismes africains de médiation.

L’UA et l’ONU ont par ailleurs réaffirmé leur volonté de disposer des moyens nécessaires pour favoriser des solutions africaines aux crises du continent. Cette approche place la médiation et les mécanismes régionaux au centre de leur coopération en matière de paix et de sécurité.

Une feuille de route africaine pour accompagner le processus de paix

Cette séquence diplomatique intervient alors que l’Union africaine poursuit ses efforts pour accompagner le processus de paix dans l’Est de la RDC.

En juillet 2026, le panel de facilitateurs de l’UA avait adopté une feuille de route de six mois, couvrant la période de juillet à décembre. Le dispositif prévoit notamment un travail sur la coordination politique, l’analyse de la situation sécuritaire, l’accès humanitaire, le dialogue avec les groupes armés, la coopération économique régionale et la question des ressources naturelles.

Le plan prévoit également une implication accrue de la société civile, des femmes et des jeunes. Il doit permettre au panel de facilitateurs et au Secrétariat conjoint indépendant de mieux accompagner le processus de médiation et de coordonner les différentes initiatives diplomatiques engagées dans la région.

Cette démarche vise notamment à assurer une meilleure articulation avec les processus de Washington et de Doha, ainsi qu’avec les initiatives régionales et internationales consacrées à la crise congolaise.

L’ONU et l’UA veulent renforcer leur front commun

Au-delà du dossier congolais, la rencontre de New York a porté sur plusieurs enjeux stratégiques pour le continent africain. L’UA et l’ONU ont notamment discuté de la réforme de l’architecture financière internationale, de la viabilité de la dette et d’une meilleure valorisation des ressources minérales critiques africaines.

Les deux organisations ont également souligné l’importance de renforcer leur coopération institutionnelle. Elles doivent notamment poursuivre leurs travaux sur une feuille de route commune au-delà de 2026.

Pour l’Union africaine, cette coopération doit aussi permettre à l’Afrique de peser davantage dans les décisions internationales. À l’ouverture de sa participation à l’UNGA81, Mahmoud Ali Youssouf avait notamment placé parmi ses priorités une représentation africaine plus forte dans les instances internationales et une plus grande capacité du continent à prendre en charge ses propres enjeux de paix, de sécurité et de développement.

À New York, la question congolaise s’inscrit donc dans une équation diplomatique plus large : renforcer les mécanismes africains de médiation tout en consolidant le soutien international aux efforts visant à ramener la paix dans l’Est de la RDC.

Procès Philémon Yav : le ministère public requiert la perpétuité pour l’ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense

L’étau judiciaire se resserre dans l’un des procès militaires les plus suivis de ces dernières années en République démocratique du Congo. Ce 3 septembre 2026, le ministère public a requis la servitude pénale à perpétuité contre le lieutenant-général Philémon Yav Irung, jugé devant la Haute Cour militaire pour des faits présumés de trahison, de participation à un mouvement insurrectionnel et d’autres infractions liées à la sécurité de l’État.

Si le parquet militaire a demandé la peine la plus lourde prévue par la loi, il a également sollicité que la juridiction tienne compte de circonstances atténuantes en faveur du général Yav et de son coprévenu, le major Shauri.

Le parquet maintient les accusations de trahison

Dans son réquisitoire, l’auditeur général des FARDC a demandé à la Haute Cour militaire de déclarer établies les infractions retenues contre les deux prévenus.

Selon l’accusation, Philémon Yav, ancien commandant de la troisième zone de défense, aurait entretenu des contacts présumés avec des responsables liés à l’AFC/M23 et participé à des actes visant à déstabiliser les institutions de la République.

Le dossier évoque également des échanges supposés avec l’entourage du général rwandais James Kabarebe, ainsi que des accusations de fourniture présumée d’armes et de munitions à des insurgés du M23, notamment à un groupe identifié dans la procédure sous le nom de « Twira Neho ».

Ces éléments constituent les principaux fondements des réquisitions présentées par le ministère public.

La défense rejette l’ensemble des charges

Face à ces accusations, la défense continue de contester fermement les faits reprochés à son client.

Les avocats du lieutenant-général Philémon Yav estiment qu’aucun élément matériel ne permet d’établir les infractions retenues par le parquet.

Lors des audiences précédentes, l’officier général avait rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui.

Confronté en août dernier aux déclarations de plusieurs témoins, il s’était déclaré « surpris et déshonoré » par leurs dépositions.

La défense a également contesté les expertises demandées sur les téléphones professionnels du prévenu, remettant en question certains éléments de l’instruction.

Le verdict désormais attendu

Arrêté en septembre 2022 alors qu’il dirigeait la troisième zone de défense des FARDC, Philémon Yav comparaît dans une procédure impliquant plusieurs officiers supérieurs de l’armée congolaise.

Après les réquisitions du ministère public, la défense doit encore présenter ses dernières observations avant que la Haute Cour militaire ne clôture définitivement les débats.

L’affaire ayant été prise en délibéré, les prévenus attendent désormais la décision des juges.

La réquisition de la perpétuité formulée par le parquet ne préjuge toutefois pas de la peine qui sera finalement prononcée par la Haute Cour militaire, seule compétente pour trancher définitivement ce dossier.

Incident entre les marines de la RDC et du Congo : Guy Kabombo ouvre une enquête et pose un geste d’apaisement

Un incident survenu dans les eaux de l’îlot congolais de Makoloko, entre Makotimpoko et Yumbi, a provoqué une réaction rapide des autorités de la République démocratique du Congo. Face à cet épisode impliquant des éléments de la Marine des FARDC et de la marine de la République du Congo, le vice-Premier ministre chargé de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête tout en multipliant les gestes destinés à préserver les relations entre Kinshasa et Brazzaville.

Cette double démarche intervient après des échanges diplomatiques engagés entre les deux États afin d’éviter toute escalade autour de cet incident.

Une enquête pour établir les responsabilités

Le ministre de la Défense veut faire toute la lumière sur les faits.

L’enquête devra déterminer les circonstances exactes de l’incident et identifier les éventuelles responsabilités des personnes impliquées.

Tout en qualifiant cet épisode de « regrettable », Guy Kabombo a rappelé que la République démocratique du Congo et la République du Congo entretiennent des relations de bon voisinage ainsi qu’une coopération militaire que les autorités souhaitent préserver.

Un geste d’apaisement vers Brazzaville

Au-delà des décisions administratives, le vice-Premier ministre a posé un geste symbolique destiné à apaiser les tensions.

Il a personnellement accompagné deux militaires brazzavillois jusqu’au Beach Ngobila, d’où ils ont embarqué pour regagner la République du Congo.

À ses côtés se trouvaient le chef d’état-major général des FARDC, le lieutenant-général Jules Banza Muilambwe, ainsi que le commandant de la Première zone de défense, le général-major Chico Tshitambwe.

Préserver la coopération entre les deux marines

Les autorités congolaises attendent désormais les conclusions de l’enquête, qui devront permettre de clarifier le déroulement des faits survenus à Makoloko.

Au-delà de l’établissement des responsabilités, Kinshasa souhaite tirer les enseignements de cet épisode afin de renforcer les mécanismes de coordination entre les deux forces navales et de prévenir la répétition d’incidents similaires dans cette zone frontalière où les deux pays entretiennent une coopération sécuritaire régulière.

« Pas de dialogue avec les armes » : Tshisekedi fixe une ligne rouge à l’AFC/M23

Le président Félix Tshisekedi a fixé une ligne rouge. Dans son adresse à la Nation consacrée au « dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », le chef de l’État a exclu toute participation des groupes qui combattent encore la République, tout en laissant entrevoir une possibilité de réintégration pour les combattants prêts à rompre avec la violence.

Cette position clarifie la doctrine de Kinshasa à l’approche des futures concertations nationales : pas de place à la table du dialogue pour ceux qui portent encore les armes contre l’État, mais une ouverture individuelle pour ceux qui choisissent de quitter la rébellion.

Une ligne rouge contre les groupes armés

Au cœur de son intervention, Félix Tshisekedi a rappelé que le dialogue national ne saurait accueillir comme composantes politiques les acteurs engagés dans une lutte armée contre les institutions de la République.

« Ne pourront donc pas participer à ce dialogue en qualité de composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel », a déclaré le président.

Le chef de l’État a justifié cette exclusion en invoquant ce qu’il considère comme « la réprobation de la Nation » face aux groupes qui poursuivent la guerre contre la République, ses institutions et ses citoyens.

Dans cette logique, il a une nouvelle fois renvoyé la coalition AFC/M23 au processus de Doha, réaffirmant que ce cadre demeure celui consacré aux discussions avec cette rébellion, malgré les appels de certains acteurs de l’opposition à son intégration dans le dialogue national.

Une porte entrouverte pour ceux qui déposent les armes

Si le ton est ferme à l’égard des groupes armés, le président a toutefois introduit une nuance importante.

Il a annoncé qu’une voie de réintégration resterait ouverte aux combattants qui renonceraient, à titre individuel, à leur engagement armé.

Cette possibilité est toutefois assortie de conditions précises : un renoncement sincère et vérifiable à la violence ainsi qu’une condamnation sans équivoque de l’agression dont la RDC affirme être victime.

« Notre responsabilité sera de tenir ensemble deux exigences indissociables : ouvrir le chemin de la paix à celles et ceux qui renoncent sincèrement à la violence et garantir la justice à celles et ceux qui en ont été les victimes », a affirmé Félix Tshisekedi.

Le chef de l’État a également réaffirmé son refus d’effacer les crimes et les violences sexuelles commis dans l’Est du pays au nom d’un compromis politique.

L’AFC/M23 maintient son rejet du dialogue national

Cette position présidentielle intervient alors que la coalition AFC/M23, qui contrôle plusieurs territoires dans l’Est de la RDC, a déjà rejeté l’idée de participer au dialogue national annoncé par Kinshasa.

Au lendemain de cette annonce, Corneille Nangaa avait estimé que la crise congolaise ne pouvait être résolue par de nouveaux compromis politiques.

Selon lui, la solution résiderait plutôt dans une « refondation de l’État » que dans ce qu’il qualifie de « compromis hypocrites ».

Deux processus désormais distincts

Avec cette prise de position, Félix Tshisekedi trace désormais une frontière nette entre deux cadres de discussion.

D’un côté, le dialogue national, réservé aux acteurs qui respectent l’ordre constitutionnel. De l’autre, le processus de Doha, maintenu comme canal distinct pour traiter des questions liées à l’AFC/M23.

Ce double dispositif traduit la volonté affichée par Kinshasa de poursuivre les efforts en faveur de la paix sans remettre en cause le principe de responsabilité pour les crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Processus de Doha : Minembwe devient le premier test du cessez-le-feu entre Kinshasa et l’AFC/M23

Minembwe, Sud-Kivu. Après des mois de négociations diplomatiques entre Kinshasa et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), le processus de paix de Doha entre dans une phase décisive. Ce lundi 24 août, la localité de Minembwe accueille la première mission de vérification du cessez-le-feu du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), un dispositif conçu pour transformer les engagements politiques en actions concrètes sur le terrain.

Cette opération constitue le premier véritable test de crédibilité du mécanisme instauré sous l’égide de l’État du Qatar, alors que les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de violations de la trêve.

Un premier test après les discussions de Montreux

Le déploiement intervient quelques jours seulement après la retraite d’évaluation organisée du 17 au 21 août à Montreux, en Suisse, où les délégations du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 ont fait le point sur l’application de l’accord-cadre signé à Doha.

À l’issue de cette rencontre, les deux camps ont adopté une feuille de route destinée à accélérer les négociations sur les protocoles encore en suspens, avec l’objectif affiché d’aboutir à un accord de paix définitif.

Parmi les avancées annoncées figurent la mise en place du secrétariat du MCVE+ et l’organisation de cette première mission de terrain.

« Les parties se sont félicitées des progrès continus accomplis dans la mise en œuvre du MCVE+, notamment la création de son Secrétariat et la mission de reconnaissance menée le 20 août avec l’appui logistique de la MONUSCO », souligne le communiqué final publié après les discussions.

Les deux délégations se sont également accordées sur l’importance d’adopter une méthode commune pour signaler et documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu.

Pourquoi Minembwe est au cœur de cette première mission

Le choix de Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, n’a rien d’anodin.

Cette région demeure l’une des zones les plus sensibles de l’Est de la RDC, où les tensions communautaires, les affrontements armés et les accusations réciproques de violations des engagements restent fréquents.

Quelques jours avant cette mission, des accusations relatives à l’expulsion d’un officier congolais des zones contrôlées par l’AFC/M23 avaient ravivé les tensions.

Dans ce contexte, le déploiement du MCVE+ devra démontrer sa capacité à établir les faits de manière concertée et à réduire les versions contradictoires des événements rapportés par les deux parties.

Au-delà de la vérification elle-même, les partenaires internationaux suivront attentivement cette opération afin d’évaluer si le mécanisme peut réellement contribuer à instaurer un climat de confiance autour du cessez-le-feu.

Un mécanisme soutenu par le Qatar, l’Union africaine et les États-Unis

Le MCVE+ ne constitue pas une initiative improvisée.

Son principe figure déjà dans l’accord de cessez-le-feu conclu à Doha en octobre 2025, tandis que ses termes de référence, sa composition et son mode de fonctionnement ont été officiellement adoptés le 2 février 2026, toujours sous la médiation du Qatar.

Le mécanisme réunit des représentants des deux parties, tandis que l’Union africaine, le Qatar et les États-Unis y participent en qualité d’observateurs.

Sa mission consiste à :

  • surveiller l’application du cessez-le-feu ;

  • enquêter sur les violations signalées ;

  • produire des rapports conjoints afin de limiter les contestations sur les incidents enregistrés.

Sa formalisation avait été renforcée lors des discussions de Montreux, en avril dernier, avant le déploiement progressif des équipes sur le terrain, notamment avec l’arrivée récente d’officiers congolais à Goma.

La MONUSCO en appui d’une étape décisive

Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prolonge le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026, la mission onusienne apporte un soutien logistique et technique au mécanisme de vérification.

C’est d’ailleurs avec cet appui qu’une mission de reconnaissance avait été menée le 20 août afin de préparer l’opération prévue à Minembwe.

Cette première vérification s’inscrit également dans le prolongement des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington, réaffirmés lors de la sixième réunion du Comité conjoint de suivi tenue à Londres. À cette occasion, la RDC et le Rwanda s’étaient engagés à contribuer au désamorçage des tensions autour de Minembwe et à soutenir les mécanismes destinés à consolider le cessez-le-feu.

Un tournant attendu pour la paix dans l’Est de la RDC

Si cette mission constitue une avancée opérationnelle importante, elle intervient dans un contexte où les accusations de nouvelles attaques contre les civils et de violations du cessez-le-feu continuent d’alimenter la méfiance entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Pour les partenaires impliqués dans le processus de Doha, l’enjeu dépasse largement la seule opération de Minembwe. Le succès — ou l’échec — de cette première mission de vérification pourrait déterminer la crédibilité du MCVE+ et influencer la suite des négociations en vue d’un accord de paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Les FDLR désarment-ils enfin ? Kinshasa annonce une avancée majeure, mais la paix reste suspendue à plusieurs inconnues

Kinshasa, 28 juillet 2026. Dans une salle du studio Mama Angebi de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), une question concentre toutes les attentions.

Elle empoisonne depuis des années les relations entre Kinshasa et Kigali : celle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Ce mardi, le gouvernement congolais a annoncé une évolution qu’il présente comme une étape importante vers la paix. Après plusieurs mois de démarches, les FDLR auraient signé un protocole sur leur démilitarisation, leur démobilisation et leur cantonnement.

Cette annonce intervient alors que la République démocratique du Congo traverse toujours une grave crise sécuritaire. De plus, les processus de paix engagés ces derniers mois peinent encore à produire des résultats concrets sur le terrain.

Face aux journalistes, les ministres de l’Intégration régionale et de la Communication et Médias, Floribert Anzuluni et Patrick Muyaya, ont replacé cette nouvelle étape dans son contexte.

Pour Kinshasa, la question des FDLR ne peut désormais plus justifier la présence militaire rwandaise en RDC.

Mais derrière cette annonce, une interrogation demeure : cette fois, le processus de paix est-il réellement en train de changer de dimension ?

Kinshasa annonce un protocole de démilitarisation des FDLR

C’est Floribert Anzuluni qui a dévoilé cette évolution lors du briefing de presse.

Le ministre de l’Intégration régionale a annoncé que les FDLR avaient signé, après un long processus, un protocole de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement.

Pour le gouvernement congolais, cette étape s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements sécuritaires pris entre la RDC et le Rwanda. Les États-Unis ont facilité l’accord de paix entre les deux pays.

Au cœur de ce dispositif figure le CONOPS. Ce mécanisme opérationnel doit traduire les engagements des deux parties en actions concrètes.

Selon Floribert Anzuluni, le Rwanda s’est engagé à retirer ses forces du territoire congolais. De son côté, Kinshasa devait neutraliser la menace que Kigali attribue aux FDLR.

« Par neutralisation, nous entendons réduire ce que le Rwanda qualifie de menace », a expliqué le ministre.

Kinshasa affirme désormais avoir franchi une étape importante dans cette direction.

Le gouvernement congolais rappelle avoir d’abord privilégié la sensibilisation et la reddition volontaire des combattants. Avec l’appui de la MONUSCO, les autorités ont mené des actions pour encourager les membres des FDLR à déposer les armes.

Elles souhaitaient aussi les intégrer dans un processus de démobilisation.

Cependant, Kinshasa juge les premiers résultats insuffisants. Le gouvernement affirme donc avoir renforcé sa présence militaire dans le Nord-Kivu.

Deux bataillons auraient notamment rejoint Walikale.

Selon Floribert Anzuluni, cette pression militaire aurait accéléré les discussions avec les responsables politiques et militaires des FDLR.

Ces échanges auraient finalement conduit à la signature du protocole annoncé.

Les FDLR au cœur du bras de fer entre Kinshasa et Kigali

Si le gouvernement congolais salue cette évolution, il maintient toutefois sa ligne de défense face aux accusations de Kigali.

Depuis le début du conflit dans l’Est de la RDC, le Rwanda présente la présence des FDLR comme une menace majeure pour sa sécurité nationale.

Kinshasa rejette cette lecture. Les autorités congolaises considèrent cet argument comme un prétexte pour justifier l’intervention militaire rwandaise sur le territoire congolais.

Floribert Anzuluni l’a encore répété devant la presse.

Selon lui, la RDC considère depuis longtemps la question des FDLR comme une « manipulation ». Cette stratégie viserait, selon Kinshasa, à masquer les véritables objectifs de l’agression dont le pays serait victime.

Le ministre évoque notamment le contrôle et l’exploitation des ressources naturelles de la RDC.

Par ailleurs, Floribert Anzuluni a rappelé les différentes positions adoptées par Kigali au fil des années sur la présence de ses forces en RDC.

Il estime que plusieurs rapports internationaux ont progressivement rendu cette présence difficile à nier.

Pour Kinshasa, la signature du protocole par les FDLR pose donc désormais une question centrale au Rwanda.

Si la menace des FDLR diminue réellement, quel motif Kigali avancera-t-il désormais pour justifier le maintien de ses forces sur le territoire congolais ?

C’est précisément sur ce terrain que le gouvernement congolais veut désormais placer le débat.

Kinshasa répond aux autres arguments avancés par Kigali

De son côté, Patrick Muyaya a également rejeté les arguments régulièrement avancés par Kigali.

Le ministre de la Communication et Médias a évoqué trois questions. Il a cité le discours de haine et la stigmatisation des Banyamulenge. Il a ensuite mentionné la question des réfugiés. Enfin, il a rappelé la menace attribuée aux FDLR.

Selon lui, Kinshasa estime avoir déjà enregistré des avancées sur ces différents dossiers.

Par conséquent, le gouvernement congolais considère que ces arguments ne peuvent plus justifier la poursuite du conflit.

Cette position renforce donc le bras de fer diplomatique entre les deux capitales.

D’un côté, Kinshasa affirme avoir répondu aux préoccupations sécuritaires avancées par Kigali. De l’autre, les autorités congolaises attendent désormais des actes concrets sur le retrait des forces rwandaises.

Washington, Doha et le dialogue national : une paix encore fragile

L’annonce intervient pourtant dans un contexte où la paix reste fragile.

Les accords de Washington entre Kinshasa et Kigali n’ont pas encore permis de faire taire les armes. De même, le processus de Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 peine encore à produire une accalmie durable.

Sur le terrain, les tensions persistent. En outre, les différentes parties continuent de s’accuser mutuellement de violations des engagements pris.

Dans ce contexte, la signature du protocole de démilitarisation des FDLR constitue une avancée annoncée par Kinshasa.

Cependant, son impact réel dépendra désormais de sa mise en œuvre.

La question du retrait des forces rwandaises reste notamment au cœur des attentes congolaises.

Mais un autre dossier sensible s’ajoute à cette équation : celui du dialogue national voulu par Félix Tshisekedi.

Le dialogue national s’invite dans cette nouvelle séquence politique

La Coalition Article 64 (C64) avait fixé au 15 août une échéance aux autorités.

Elle demandait la concrétisation de l’engagement présidentiel en faveur d’un dialogue inclusif.

Patrick Muyaya a toutefois rappelé la position du chef de l’État. Félix Tshisekedi n’entend pas se laisser dicter son calendrier par un ultimatum.

Pour le porte-parole du gouvernement, le dialogue aura bien lieu. Toutefois, le président de la République en fixera le calendrier en fonction des impératifs du moment.

Cette nouvelle séquence politique intervient alors que le pays cherche un consensus national.

L’objectif consiste notamment à faire face à la guerre dans l’Est et aux nombreuses crises qui traversent la société congolaise.

Le gouvernement veut ainsi faire du dialogue un instrument de rassemblement. Il souhaite mobiliser les forces politiques et sociales autour d’un objectif présenté comme prioritaire : faire front contre l’agression rwandaise.

L’Est de la RDC attend toujours des résultats concrets

Pendant ce temps, les discussions se poursuivent dans les salons diplomatiques et les salles de conférence.

Sur le terrain, toutefois, les populations de l’Est continuent de vivre au rythme de l’insécurité et des déplacements.

L’annonce de la démilitarisation des FDLR ouvre donc une nouvelle fenêtre d’espoir.

Reste maintenant à savoir si cette étape produira des effets concrets.

Il faudra aussi vérifier si les engagements pris à Washington peuvent enfin déboucher sur une accalmie durable.

Pour les millions de Congolais qui attendent depuis des années le retour de la paix, la véritable question dépasse désormais les accords et les protocoles.

Elle ne consiste plus seulement à savoir qui a signé quel accord.

Elle est beaucoup plus simple, et infiniment plus urgente : quand les armes finiront-elles enfin par se taire dans l’Est de la RDC ?

Le chef milicien Mobondo « Odon » arrêté avec sept de ses lieutenants à Kwamouth

La nuit du samedi 25 juillet 2026 n’aura pas été comme les autres à Kwamouth. Dans le silence de la nuit, une opération spéciale menée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a permis de mettre la main sur une figure présentée comme importante de la milice Mobondo.

Le chef milicien connu sous le sobriquet d’« Odon », ainsi que sept de ses lieutenants, ont été arrêtés dans le territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe.

L’annonce de cette opération a été rendue publique lundi 27 juillet par le porte-parole des opérations Ngemba, le capitaine Antony Mualushayi.

Pour l’armée congolaise, cette arrestation constitue une nouvelle étape dans la traque des groupes armés encore actifs dans cette partie du pays.

« Odon » et ses sept lieutenants désormais entre les mains de l’armée

L’opération a permis aux FARDC d’interpeller huit personnes au total. Parmi elles, « Odon », présenté par l’armée comme un ancien combattant de la rébellion Mobondo, ainsi que sept de ses lieutenants.

Les personnes arrêtées sont actuellement détenues par les forces armées pour les besoins de l’enquête. Elles devraient ensuite être transférées à Kinshasa, où elles devront répondre des faits qui leur sont reprochés.

Selon les informations communiquées par l’armée, « Odon » aurait été un disciple du chef milicien connu sous le nom de « Cobra ». Après son passage au sein de la rébellion Mobondo, il aurait décidé de créer son propre mouvement dans l’axe Luani, dans le territoire de Kwamouth.

C’est dans cette zone que les autorités militaires l’accusent d’avoir instauré un climat de terreur, marqué par plusieurs exactions contre les populations locales, notamment les agriculteurs.

Une traque qui se poursuit dans le Maï-Ndombe

Pour les FARDC, l’arrestation d’« Odon » intervient dans un contexte où l’armée entend intensifier ses opérations contre les groupes armés encore présents dans le Maï-Ndombe.

Le chef milicien aurait également refusé de répondre à l’appel à la démobilisation lancé par le ministre délégué à la Défense, Eliezer Ntambwe.

Alors que certains combattants sont invités à déposer les armes et à rejoindre le processus de démobilisation, « Odon » aurait choisi de poursuivre ses activités armées jusqu’à son arrestation.

L’opération menée à Kwamouth apparaît ainsi comme un signal envoyé aux derniers éléments Mobondo encore actifs dans la région.

Les FARDC promettent de poursuivre la chasse aux derniers Mobondo

Après cette arrestation, l’armée congolaise entend maintenir la pression.

Les FARDC affirment poursuivre leurs opérations afin de démanteler les groupes armés qui continuent d’opérer dans cette partie du Maï-Ndombe et de mettre fin aux violences qui affectent les populations locales.

À Kwamouth, où les tensions communautaires et les violences armées ont profondément marqué la vie des habitants, l’objectif affiché par l’armée est désormais de restaurer durablement la sécurité.

L’arrestation d’« Odon » et de ses sept lieutenants pourrait donc représenter un coup important porté à la structure qu’ils dirigeaient. Mais pour les autorités militaires, la mission est loin d’être terminée.

La traque se poursuit. Et dans le viseur des FARDC, ce sont désormais les derniers éléments Mobondo encore actifs dans le territoire de Kwamouth qui sont recherchés.

Défense : Guy Kabombo alerte sur l’état des FARDC et réclame plus de moyens

C’est un constat qui a glacé l’assemblée. Ce lundi 20 juillet 2026, au Palais du Peuple, le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a brisé l’omerta. Devant les commissions Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale et du Sénat réunies, il a dépeint une armée congolaise à bout de souffle, incapable de faire face durablement aux menaces qui pèsent sur le pays. Un diagnostic sévère, présenté comme un préalable indispensable avant l’examen de la loi de programmation militaire 2027-2030.

L’atmosphère était solennelle dans la salle de réunion du Palais du Peuple. Les élus de la nation, conscients de l’enjeu, avaient répondu présents pour entendre la vérité sur l’état de l’instrument de défense congolais. Ils n’ont pas été déçus.

« Fragilisée, elle ne peut répondre durablement »

Dès son entrée en matière, Guy Kabombo a salué l’esprit d’ouverture des parlementaires, avant de plonger dans le vif du sujet. Son diagnostic est sans appel : « Une armée fragilisée du point de vue de la formation, de l’équipement et des infrastructures ne peut répondre durablement face à la persistance des défis sécuritaires. »

Le constat est rude, mais le ministre ne s’arrête pas là. Il justifie l’urgence de doter la RDC d’une loi de programmation militaire ambitieuse, capable de transformer les FARDC pour les adapter aux enjeux actuels et futurs. La persistance des conflits dans l’Est, les menaces transfrontalières et l’impératif de souveraineté nationale exigent une réponse à la hauteur.

Des officiers sans fard : matériel vétuste, infrastructures délabrées

Sous la conduite du Vice-Premier ministre, plusieurs officiers généraux et supérieurs, responsables des écoles militaires et de structures clés des FARDC, ont pris la parole. Chiffres à l’appui, ils ont exposé les difficultés quotidiennes de leurs services :

  • Manque de matériel pédagogique dans les écoles de formation ;

  • Vétusté des infrastructures d’entraînement, parfois inutilisables ;

  • Insuffisance des moyens de mobilité et de communication, handicapant la réactivité des troupes.

Autant d’obstacles qui freinent la montée en puissance des FARDC, pourtant érigée en vision par le Chef de l’État et Commandant suprême, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Un appel unanime au Parlement : « Financer l’armée, c’est financer la paix »

À l’issue de ces interventions, le plaidoyer a été unanime. L’ensemble des officiers généraux de commandement ont lancé un appel solennel aux parlementaires : en leur qualité d’autorités budgétaires, ils doivent consentir un effort financier conséquent.

L’objectif est clair : renforcer les capacités opérationnelles des FARDC pour garantir, dans la durée, la souveraineté et la sécurité du territoire national. « Sans moyens, pas de professionnalisation. Sans professionnalisation, pas de défense efficace », a résumé l’un des intervenants.

Un débat décisif pour l’avenir de la défense congolaise

Ce face-à-face inédit entre le haut commandement militaire et les représentants du peuple a posé les jalons d’un débat qui s’annonce historique. La loi de programmation militaire 2027-2030, présentée par le gouvernement comme un outil majeur de modernisation, doit être prochainement soumise au vote des deux chambres.

Pour le Vice-Premier ministre, l’enjeu dépasse le simple cadre budgétaire. Il s’agit de la crédibilité de l’État congolais, de sa capacité à protéger ses citoyens et à faire respecter son intégrité territoriale. « C’est un investissement dans la paix », a martelé Guy Kabombo en conclusion.

Les parlementaires, désormais informés de l’urgence de la situation, devront trancher. Leur décision déterminera si les FARDC pourront, enfin, sortir de l’ornière pour devenir l’armée professionnelle et moderne dont la RDC a besoin. Le pays retient son souffle.

Kinshasa : Coup de filet à Ngaliema – Plus de 50 « Kuluna » arrêtés dans une opération de bouclage

Cette opération a redonné espoir aux habitants de Ngomba-Kinkusa, dans la commune de Ngaliema. Mercredi, la police du regroupement municipal de Lukunga a lancé un vaste bouclage dans le secteur de Masisi. Les agents ont interpellé plus de cinquante présumés bandits urbains. Cette intervention répond à plusieurs semaines d’insécurité. Toutefois, elle met aussi en lumière les difficultés auxquelles la police fait face.

Dans les ruelles de Ngaliema, le calme était devenu rare. Depuis plusieurs semaines, les habitants subissaient les agissements des célèbres « Kuluna ». Ces jeunes délinquants multipliaient les actes de vandalisme et les braquages. Mercredi, la police est finalement passée à l’action.

« Ils semaient la terreur » : le ras-le-bol des riverains

L’officier de police judiciaire Eugène Libaku a présenté les raisons de cette opération. « Nous avons été confrontés à plusieurs actes de vandalisme et d’insécurité ces derniers temps dans notre secteur de Dikuta, où les jeunes délinquants semaient la terreur », a-t-il déclaré.

Face à la multiplication des plaintes, la hiérarchie a décidé d’intervenir. Elle a alors ordonné ce vaste bouclage. Les policiers ont ensuite interpellé plus de cinquante jeunes hommes. Ils les soupçonnent d’avoir participé à des actes criminels ou les ont arrêtés à la suite de signalements.

Par conséquent, les forces de l’ordre les ont conduits au poste de police. Les riverains ont ainsi retrouvé un peu de tranquillité.

« Nous travaillons comme des robots » : le cri du cœur des policiers

Cependant, cette opération ne résout pas les difficultés auxquelles les policiers sont confrontés. Eugène Libaku a d’ailleurs exprimé son inquiétude. « Nous travaillons jour et nuit, presque comme des robots. C’est cette insuffisance du personnel qui permet à ces jeunes de poursuivre leurs actes de vandalisme. »

Ce constat soulève une question importante. Cette opération suffira-t-elle à freiner durablement le phénomène Kuluna à Ngaliema ?

Les policiers restent prudents. Ils réclament davantage d’effectifs. En outre, ils demandent des équipements adaptés afin d’assurer leurs missions dans de meilleures conditions.

Un appel aux autorités pour pérenniser la lutte

L’officier de police a lancé un appel direct aux autorités compétentes. « Renforcez nos effectifs et dotez-nous des équipements nécessaires afin d’améliorer notre travail et lutter contre l’insécurité à Ngaliema. »

L’arrestation de plus de cinquante présumés bandits constitue un signal fort. Toutefois, elle ne suffira pas à elle seule à faire disparaître l’insécurité qui touche plusieurs quartiers de Kinshasa.

Sans renforts humains ni moyens matériels supplémentaires, la police risque de revoir apparaître les mêmes réseaux. D’autres groupes pourraient également prendre le relais.

À Ngaliema, les habitants accueillent donc cette opération avec satisfaction. Néanmoins, ils restent prudents. Ils savent que la lutte contre les Kuluna demandera du temps. Enfin, ils espèrent aussi des politiques publiques, des emplois et une justice capable d’accompagner durablement les efforts des forces de l’ordre.

Procès des généraux : la Haute Cour militaire entre dans une phase décisive, la défense contre-attaque

Après une première audience consacrée à l’identification des prévenus, la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo ouvre, ce jeudi 9 juillet 2026, un nouveau chapitre d’un procès qui retient l’attention du pays.

Face aux juges comparaissent plusieurs figures de l’ancienne hiérarchie militaire congolaise, parmi lesquelles les généraux d’armée Christian Tshiwewe Songesa, ancien chef d’état-major général des FARDC et ancien conseiller militaire du président Félix Tshisekedi, ainsi que John Numbi Banza Ntambo, ancien inspecteur général des FARDC, actuellement en fuite. Ils sont poursuivis aux côtés de plusieurs officiers supérieurs et de Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC.

Au cœur de cette audience, les magistrats militaires examineront les mémoires uniques déposés par les avocats de la défense, une étape procédurale qui pourrait influencer la suite des débats avant même l’examen du fond du dossier.

Complot, trahison et terrorisme : des accusations d’une extrême gravité

L’acte d’accusation dressé par l’auditeur général des FARDC est particulièrement lourd.

Les prévenus doivent répondre de chefs d’accusation parmi les plus graves du droit pénal militaire : complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre ainsi qu’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.

Ces poursuites interviennent dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, alors que la RDC fait toujours face à la guerre dans l’Est du pays, où les autorités accusent le Rwanda de soutenir la rébellion de l’AFC/M23. Les dossiers impliquant des officiers généraux sont désormais suivis avec une attention particulière, les autorités affichant leur volonté de sanctionner tout acte susceptible de porter atteinte à la sécurité de l’État.

La défense dénonce les arrestations et prépare sa riposte

Pour les avocats des prévenus, cette audience marque le véritable début de la bataille judiciaire.

À travers leurs mémoires uniques, ils entendent contester la régularité des procédures engagées contre leurs clients. Les conseils devraient notamment dénoncer les circonstances des arrestations et les conditions de détention de plusieurs accusés. Des demandes de liberté provisoire ou de comparution en homme libre pourraient également être soumises à la Haute Cour.

« Lorsqu’un prévenu dépose un mémoire unique, il devient demandeur par incident. C’est désormais à l’accusation de répondre aux moyens que nous soulevons », avait expliqué Me Papy Niango Iziamay Munshemvula à l’issue de la précédente audience.

Même détermination du côté de Me Parfait Kanyanga, avocat du général Christian Tshiwewe, qui assure que la défense est prête à faire valoir l’ensemble de ses arguments avant que le procès n’aborde le fond de l’affaire.

Des absents toujours recherchés par la justice militaire

Si plusieurs prévenus étaient présents lors de l’ouverture des débats, trois d’entre eux demeurent introuvables.

Il s’agit du général d’armée John Numbi, de l’ancien directeur général du CEEC Pascal Nyembo Muyumba et du colonel Tshinabo Kenge Christophe. Considérés comme étant en fuite, ils font l’objet d’une procédure par défaut, conformément aux dispositions des articles 326 et 327 du Code judiciaire militaire, à la demande de l’auditeur général des FARDC, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi.

Présidée par le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, premier président de la Haute Cour militaire, cette affaire s’annonce comme l’un des procès les plus sensibles de ces dernières années. Au-delà du sort judiciaire des accusés, les décisions qui seront rendues pourraient constituer un signal fort sur la volonté des institutions congolaises de faire répondre les hauts responsables militaires devant la justice lorsque des accusations portant sur la sûreté de l’État sont soulevées.

Goma : plus de 50 jeunes interpellés par la police de l’AFC/M23, la société civile redoute des disparitions forcées

Une nouvelle opération sécuritaire menée à Goma suscite une vive inquiétude. Plus d’une cinquantaine de jeunes ont été interpellés mardi 7 juillet dans plusieurs quartiers de la commune de Karisimbi par des éléments de la police relevant de l’administration de l’AFC/M23. Depuis, leurs proches sont sans nouvelles et les organisations locales de jeunesse redoutent des disparitions forcées, voire un éventuel enrôlement.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les arrestations se sont déroulées aux abords de l’ancien camp militaire de Katindo, notamment sur les avenues Salongo 3 et Katoyi 1, à la frontière des quartiers Kasika et Mabanga Nord.

Une opération menée sans communication officielle

D’après des habitants, les personnes interpellées étaient principalement de jeunes garçons, mais également des jeunes filles et des enfants. Certains riverains affirment que plusieurs d’entre eux avaient été dénoncés ces dernières semaines pour des faits présumés de vols ou de consommation de chanvre.

Après leur arrestation, les jeunes auraient été rassemblés sur le terrain de l’ancien camp militaire de Katindo avant d’être embarqués dans plusieurs camions en direction d’un lieu inconnu.

À ce stade, aucune autorité de l’administration de l’AFC/M23 n’a communiqué officiellement sur les motifs précis de ces interpellations, ni sur le lieu où les personnes arrêtées seraient détenues.

Face à cette absence d’informations, plusieurs habitants demandent qu’un tri soit rapidement effectué afin que les personnes arrêtées sans éléments à charge puissent être remises en liberté.

Le Conseil communal de la jeunesse redoute des enlèvements

Le Conseil communal de la jeunesse de Karisimbi est monté au créneau mercredi 8 juillet pour dénoncer ce qu’il qualifie d’enlèvement de plus de cinquante jeunes.

Son président, Claude Rugo, affirme que les victimes ont été embarquées de force dans plusieurs véhicules qui appartiendraient aux éléments de l’AFC/M23.

Selon lui, les familles ignorent totalement où se trouvent leurs proches et dans quelles conditions ils sont retenus.

La structure de jeunesse dit craindre un éventuel enrôlement forcé de certains jeunes au sein du mouvement armé et appelle l’opinion nationale ainsi que la communauté internationale à se mobiliser afin d’obtenir leur libération.

Elle réclame également l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les assassinats et les différents cas d’insécurité signalés dans cette partie de la province du Nord-Kivu.

Un climat sécuritaire toujours plus tendu à Goma

Cette nouvelle vague d’interpellations intervient quelques jours seulement après une précédente opération menée dans la ville de Goma.

À cette occasion, plusieurs jeunes avaient été arrêtés pour non-respect des mesures édictées par les autorités locales de l’AFC/M23 et poursuivis pour « trouble à l’ordre public ». Ces arrestations étaient intervenues alors que de nombreux habitants célébraient le parcours des Léopards de la RDC à la Coupe du monde 2026.

Les jeunes concernés avaient finalement été libérés après avoir passé deux nuits en détention.

La nouvelle opération menée à Katindo ravive aujourd’hui les inquiétudes des habitants, dans une ville où les questions de sécurité et de protection des civils demeurent au cœur des préoccupations.

Ituri : Le général Gaby Kasongo fait de la réconciliation des communautés son cheval de bataille

C’est une déclaration qui résonne comme un programme. Ce vendredi à Bunia, le nouveau gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba, a choisi la tribune d’un briefing de presse pour poser les jalons de son mandat. Et le message est sans équivoque : la réconciliation des communautés sera la boussole de son action à la tête d’une province meurtrie par des années de violences et de tensions identitaires.

« J’ai reçu le mandat de réconcilier toutes les communautés ituriennes afin de promouvoir la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans la province de l’Ituri », a martelé le nouveau chef de l’exécutif provincial, quelques jours seulement après avoir pris ses fonctions sous le régime de l’état de siège.

Cette prise de parole, sobre mais percutante, dessine les contours d’une vision où la force des armes ne saurait suffire à pacifier durablement une terre marquée par les stigmates de conflits intercommunautaires récurrents.

Cohésion sociale et vivre-ensemble : une priorité affichée

À travers cette feuille de route, le général-major Gaby Kasongo entend placer la restauration du lien social au sommet de ses priorités. Une orientation qui, pour de nombreux observateurs, s’inscrit dans la continuité des efforts de stabilisation menés ces dernières années, tout en imprimant une marque nouvelle : l’accent mis sur le dialogue entre communautés comme levier essentiel pour briser les cycles de violences.

La province de l’Ituri, avec ses territoires de Djugu, Irumu et Mambasa, demeure en effet confrontée à l’activisme persistant de groupes armés. Les tensions identitaires, loin de s’être apaisées, continuent d’alimenter un climat d’insécurité chronique dans plusieurs localités. Un contexte qui exige une approche multidimensionnelle, combinant fermeté sécuritaire et main tendue vers les populations.

Un double défi : sécuriser et réconcilier

Le général-major Gaby Kasongo en est convaincu : le retour définitif de la paix ne passera pas uniquement par les opérations de sécurisation, aussi nécessaires soient-elles. « La restauration de la confiance entre les communautés et la promotion du vivre-ensemble » sont, selon lui, tout aussi cruciales pour tourner la page des conflits.

Cette vision résonne comme un écho aux attentes exprimées par de nombreux acteurs politiques, religieux et de la société civile. Tous plaident pour une approche globale alliant actions sécuritaires, dialogue communautaire et développement. Une ambition louable, mais qui se heurte à la réalité d’un terrain où les blessures restent vives et les intérêts parfois divergents.

Le nouveau gouverneur militaire hérite ainsi d’un défi de taille : mener de front la lutte contre les groupes armés et l’œuvre de réconciliation. Une équation complexe, mais indispensable à la construction d’une paix durable en Ituri. Les prochains mois diront si la méthode Kasongo portera ses fruits sur une terre qui aspire plus que jamais à retrouver sa sérénité.

Ouganda dicte sa loi à Kinshasa : un général congolais limogé sur injonction de Muhoozi

Kampala a exigé sa tête. Kinshasa a obtempéré. En Ituri, le général Luboya Nkashama laisse place à Kasongo Mulumba. Une nomination qui en dit long sur les rapports de force secrets qui régissent la traque des ADF

C’est un coup de théâtre militaire qui en dit long sur les coulisses de la guerre dans l’Est. Ce vendredi 5 juin 2026, sans tambour ni trompette, Kinshasa a annoncé le remplacement du gouverneur militaire de l’Ituri. Le Général-Major Luboya Nkashama quitte ses fonctions. Officiellement, aucune raison n’est avancée. Officieusement, son départ était réclamé depuis des mois par un homme qui ne porte pas d’uniforme congolais : le Général Muhoozi Kainerugaba, chef des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) et fils du président Yoweri Museveni.

Son successeur ? Le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, un stratège du renseignement et des opérations, jusqu’ici en appui à la 31e région militaire. Un profil technique, discret, mais rompu aux arcanes de la guerre secrète.

Derrière ce changement de nom, une question brûlante : la RDC cède-t-elle à la pression ougandaise, ou pose-t-elle un acte de realpolitik assumé ?

Un limogeage qui sent la poudre : Luboya avait fermé la porte aux Ougandais

Pour comprendre ce qui vient de se jouer, il faut remonter quelques mois en arrière, dans les maquis infranchissables de l’Ituri. Les troupes ougandaises et congolaises y mènent des opérations conjointes contre les ADF (Forces démocratiques alliées), cette nébuleuse rebelle responsable de milliers de morts civils.

Mais sur le terrain, tout ne se passait pas comme prévu. Selon des rapports concordants, le Général Luboya Nkashama aurait interdit aux soldats ougandais l’accès à certains points stratégiques de sa province. Motif officieux : protéger la souveraineté nationale. Motif réel : une méfiance viscérale entre armées qui se soupçonnent mutuellement de vouloir étendre leur influence.

Sauf que Kampala n’a pas apprécié.

Le Général Muhoozi Kainerugaba, homme fort de l’UPDF et figure aussi controversée que charismatique, est monté au créneau. Il a menacé ouvertement de retirer les troupes ougandaises de la région de Lubero si le gouverneur de l’Ituri n’était pas remplacé. Un ultimatum à peine voilé, adressé directement à Kinshasa.

« Nous ne combattons pas pour que nos soldats soient traités comme des intrus », aurait-il soufflé dans un cercle proche.

Kinshasa a visiblement compris le message.

Kasongo Mulumba : un homme de l’ombre pour une mission de feu

Le nouveau patron de l’Ituri n’est pas un inconnu pour les initiés. Le Général-Major Kasongo Mulumba Batoka Gaby avait déjà été désigné en juillet 2025 comme responsable des opérations et du renseignement au sein de la 31e région militaire, travaillant en étroite collaboration avec le Général-Major Nyembo Abdallah.

Son profil est celui d’un technocrate de la guerre, plus à l’aise dans l’analyse du renseignement que dans les déclarations fracassantes. Un atout dans une province où les groupes armés – ADF en tête, mais aussi milices communautaires – brouillent sans cesse les pistes.

Sa nomination est un signal. Kinshasa mise sur la coordination, la discrétion et l’efficacité opérationnelle, là où Luboya incarnait peut-être une ligne plus souverainiste. L’objectif : apaiser Kampala, relancer les patrouilles conjointes, et surtout, pacifier une Ituri qui ne demande qu’à exploser.

Une province martyre, un équilibre régional fragile

L’Ituri n’est pas une province comme les autres. C’est un laboratoire de la violence congolaise, déchirée depuis des années entre conflits ethniques, rébellions importées et ingérences étrangères. Les ADF y sévissent aux côtés d’autres milices locales, et les populations civiles paient le prix fort – déplacements massifs, massacres, enlèvements.

Dans ce chaos, les opérations conjointes avec l’Ouganda sont à la fois une nécessité militaire et une pomme de discorde diplomatique. Kinshasa a besoin des troupes de Muhoozi pour traquer les ADF, mais redoute que Kampala ne profite de sa présence pour étendre son emprise économique et stratégique sur la région.

Le limogeage de Luboya rééquilibre provisoirement la balance. Mais à quel prix ?

Muhoozi, l’homme qui fait trembler Kinshasa

Impossible de clore ce récit sans s’arrêter un instant sur celui qui a provoqué cette crise. Le Général Muhoozi Kainerugaba n’est pas un officier ordinaire. Fils du président ougandais Yoweri Museveni, commandant de l’UPDF, il est aussi un influenceur impétueux, capable de tweeter des menaces le matin et des déclarations d’amitié le soir.

Son poids sur la scène régionale est tel que Kinshasa ne peut se permettre de l’ignorer. En exigeant le départ de Luboya, il a envoyé un message clair : l’Ouganda ne se contentera pas d’être un simple auxiliaire des FARDC. Il entend peser sur les décisions, y compris celles qui touchent à la hiérarchie militaire congolaise.

Cette ingérence, aussi brutale soit-elle, est le prix à payer pour une coopération militaire sans laquelle la traque des ADF serait quasiment impossible.

Une nouvelle ère pour l’Ituri ?

Reste à savoir si le Général Kasongo Mulumba parviendra là où son prédécesseur a échoué : concilier l’inconciliable. Protéger la souveraineté congolaise sans froisser Kampala. Traquer les ADF sans nourrir les rancœurs locales. Pacifier l’Ituri sans tomber dans les pièges des milices.

Sa feuille de route est vertigineuse. Et le temps, lui, presse. Les populations civiles, prises en étau entre les balles des rebelles et les tractations diplomatiques, attendent un seul signe : la paix.

Ce changement de commandement est peut-être le début d’une nouvelle stratégie. Ou peut-être simplement une reddition de plus face aux diktats régionaux. L’avenir de l’Ituri se jouera sur le terrain, loin des décrets de nomination.

Mais une chose est sûre : à Kampala, on a déjà gagné une bataille. Reste à savoir si Kinshasa saura en gagner la guerre.

Kinshasa au cœur d’un sommet humanitaire : RDC, Burundi et HCR unis pour les réfugiés des Grands Lacs

Il y a des sommets qui sentent la poudre et la diplomatie froide. Celui qui s’ouvre ce 2 juin 2026 à Kinshasa a une autre odeur : celle du vécu, des frontières traversées dans l’urgence, des enfants nés en exil et des mères qui attendent, parfois depuis des années, de savoir si « rentrer » rime encore avec « maison ».

Pendant trois jours — du 2 au 4 juin — la capitale congolaise accueille la deuxième réunion de la Commission tripartite réunissant la République démocratique du Congo, le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Objectif : regarder en face la réalité des réfugiés des deux pays, et oser, enfin, des solutions durables.

Car les chiffres ne pleurent pas, mais ils racontent des vies suspendues. Des milliers de Congolais au Burundi. Des milliers de Burundais en RDC. Les mêmes routes, les mêmes peurs, la même question sans réponse : quand pourrons-nous recommencer quelque part, chez nous ou ailleurs ?

 Protéger, assister, rapatrier : les trois défis d’une même urgence

Dans les salles de réunion kinoises, les délégations gouvernementales — côté congolais comme burundais — serrent la même main que celle du HCR. Les discussions sont techniques, mais leurs échos sont humains. Au menu : les conditions de vie des réfugiés congolais installés au Burundi, et celles des réfugiés burundais vivant sur le sol congolais.

Les experts planchent sur des mécanismes précis :

  • Le rapatriement volontaire, mais en conditions sûres et dignes — un mot qui pèse souvent plus lourd qu’un traité.

  • L’intégration locale, quand le retour n’est pas possible ou souhaité.

  • Le renforcement de l’assistance aux communautés d’accueil, ces villages et quartiers qui, sans bruit, portent le poids de l’exil des autres.

Pour les participants, l’enjeu dépasse la simple aide humanitaire. Il s’agit de « garantir le respect des engagements internationaux » en matière de protection des réfugiés. Une phrase de droit, mais un combat de terrain.

 Une volonté commune dans une région marquée par les cicatrices

Pourquoi Kinshasa ? Parce que cette deuxième réunion dans la capitale congolaise n’est pas un hasard. Elle est un signal. Celui d’une volonté commune — entre la RDC, le Burundi et le HCR — de ne plus laisser la région des Grands Lacs subir les crises migratoires sans réponse coordonnée.

Les premières conclusions sont attendues avec impatience par les acteurs humanitaires sur le terrain. Car derrière les communiqués finaux, il y a des familles entières qui attendent de savoir si elles pourront un jour poser leurs valises quelque part sans avoir peur du lendemain.

À l’issue des trois jours de travaux, les engagements pris devraient orienter les futures actions en faveur de milliers de réfugiés. Pas une promesse de plus. Une feuille de route. Enfin.

RDC – FARDC : Luvungi libérée, l’armée congolaise entre en héros sous les acclamations

Un souffle de liberté a traversé la plaine de la Ruzizi, ce mardi 12 mai 2026. Après des mois d’occupation sous la coupe des rebelles du M23 et des troupes rwandaises, l’agglomération de Luvungi, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, a enfin vu arriver ses libérateurs : les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Et l’accueil fut à la hauteur de l’attente.

Une entrée triomphale sous les vivats

En début d’après-midi, les premiers soldats congolais ont pénétré dans la localité. Selon le porte-parole des opérations Sukola 2 Sud-Sud-Kivu, le sous-lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, des centaines d’habitants sont sortis de leurs maisons pour acclamer les militaires.

« C’était une ambiance de liesse populaire, des chants de joie et des cris de soutien aux FARDC », a-t-il décrit, visiblement marqué par l’émotion des retrouvailles entre une population éprouvée et son armée.

Car ici, on n’oublie pas. Pendant des mois, Luvungi a vécu sous la pression des troupes rwandaises et de leurs alliés locaux : M23, Twirwaneho, Red Tabara-FNL. Un calvaire quotidien que les habitants espèrent désormais voir s’éloigner définitivement.

La paix de retour, mais des menaces persistent

Si Luvungi est libérée, l’armée congolaise reste prudente. À Katogota, localité voisine, des éléments du M23 sont encore présents. Plus inquiétant encore, des combattants ont été aperçus à Kamanyola, cité frontalière stratégique du Sud-Kivu.

Les forces rwandaises (RDF), quant à elles, ne semblent pas avoir totalement lâché prise. Selon le sous-lieutenant Reagan Mbuyi Kalonji, elles ont même installé des armes lourdes sur les collines de Bugarama, côté rwandais. Une posture qui leur permet de garder un contrôle militaire sur Kamanyola et ses environs.

Autrement dit : la guerre n’est pas finie, mais le rapport de force a changé.

Un recul stratégique ou une avancée diplomatique ?

Depuis samedi, les FARDC réinvestissent progressivement les positions abandonnées par l’AFC/M23. Après Sange, Nyakabere, Mutarule et Luberizi, c’est donc au tour de Luvungi de retrouver la souveraineté congolaise.

Pour l’armée, cette dynamique est le fruit d’une double pression : militaire sur le terrain, diplomatique dans les coulisses. Le gouvernement congolais aurait mené des efforts soutenus pour obtenir ce retrait.

Mais du côté du M23, on ne parle ni de défaite, ni de recul. Le mouvement rebelle préfère évoquer un « repositionnement tactique » et un « signe de bonne foi » dans le cadre du processus de paix. Une lecture des événements qui laisse planer un doute sur la suite.

Et maintenant, pour la population ?

À Luvungi, la priorité est ailleurs. Après des mois d’occupation, les habitants rêvent d’un retour progressif de la sécurité et d’une reprise des activités socio-économiques. Les chants d’hier après-midi en témoignent : l’espoir renaît, fragile mais vivace.

Reste à savoir si cette embellie tiendra ses promesses. Car tant que Kamanyola restera sous influence rwandaise, et que les armes lourdes pointeront depuis les collines de Bugarama, la plaine de la Ruzizi retiendra son souffle.