M23 Doha : le Qatar confirme la reprise des négociations malgré les combats

Alors qu’un black-out total entoure les pourparlers, la diplomatie qatarienne a confirmé mardi 26 août la poursuite des négociations entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23 à Doha. Deux points sont à l’ordre du jour : la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et l’échange de prisonniers.

« Nous avons reçu ici, à Doha, les deux parties, la RDC et le M23 », a déclaré Majed al-Ansari, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères. « Les discussions portent sur un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et sur l’échange de prisonniers », a-t-il ajouté, sans entrer dans les détails.

Des délégations réduites à Doha

Arrivés le 20 août, les représentants de Kinshasa et du M23 Doha n’ont pour l’instant dépêché que des équipes réduites. Les délégués du groupe armé n’ont reçu mandat que pour discuter de ces deux points, en attendant l’arrivée d’un chef négociateur et de son équipe. Malgré la déclaration de principes signée le 19 juillet, qui prévoit la libération des détenus de chaque camp, le processus reste encore bloqué.

Le CICR entre en action

À Kinshasa, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a confirmé que le CICR a commencé à identifier les prisonniers des deux camps. « Dans la déclaration de Doha, les mesures de confiance incluent cette procédure de libération. Le CICR, spécialisé dans ce domaine, a déjà pris contact officiellement avec les différentes parties », a-t-il expliqué.

Selon lui, le gouvernement congolais collabore activement pour fournir les données nécessaires à la médiation et au CICR. Cette étape est jugée cruciale pour parvenir à une déclaration de paix conforme aux engagements pris.

Les combats continuent sur le terrain

Malgré ces avancées diplomatiques, la réalité reste sombre à l’Est du pays. Le week-end dernier, de violents combats ont repris au Sud-Kivu, soulignant le fossé entre les discussions de Doha et la situation sur le terrain.

les États-Unis alertent l’ONU sur les atrocités dans l’Est

20 août 2025 | Washington / RDC – Les États-Unis ont réclamé mercredi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour examiner les atrocités commises contre les civils dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Washington hausse le ton

« La violence visant les civils dans l’Est de la RDC est inacceptable », a déclaré le Bureau des affaires africaines du département d’État. Washington exhorte toutes les parties à respecter le cessez-le-feu signé à Doha entre Kinshasa et le M23. Les États-Unis promettent aussi de soutenir des mesures de reddition de comptes contre ceux qui sapent la paix.

Des ONG tirent la sonnette d’alarme

Le même jour, Amnesty International a dénoncé des exactions commises tant par le M23 que par les milices pro-gouvernementales wazalendo dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu : exécutions sommaires, viols collectifs, enlèvements de patients et attaques d’hôpitaux.

Human Rights Watch a, de son côté, accusé le M23 d’avoir massacré plus de 140 civils en juillet près du parc des Virunga, dans le territoire de Rutshuru.

Nouvelle avancée des rebelles

Sur le terrain, la situation reste explosive. Selon Actualité.cd, le M23 a installé une nouvelle position entre Kibati et Kaliki (Walikale), après des affrontements avec les wazalendo. Des mouvements de population ont été signalés dans les villages de Kangati et Ngenge.

Un accord de paix déjà fragilisé

Ces violences interviennent moins de deux mois après la signature, à Washington, d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, censé mettre fin à des décennies de violences dans l’Est du pays.

Maxime Prévot à Kinshasa : une tournée sous tension pour la paix en RDC

En tournée politique et humanitaire en Afrique centrale et orientale, le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot alerte sur la situation dramatique à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).

Après son passage à Brazzaville, où il a exhorté les pays africains et l’Union africaine à renforcer leur implication dans les efforts de paix, M. Prévot est arrivé le mardi 19 août à Kinshasa. Le Président Félix Antoine Tshisekedi l’a reçu à la Cité de l’Union africaine pour un entretien de près de deux heures.

Des critiques partagées avec Vital Kamerhe

Lors d’un point de presse, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a souligné l’impact limité des accords de Washington et de Doha. Selon lui, ces démarches diplomatiques n’ont pas encore produit de résultats concrets.

En réponse, Maxime Prévot a reconnu un « décalage évident entre les intentions couchées sur papier et la réalité ». Il a ajouté que « le mois écoulé depuis la signature des accords est probablement l’un des plus meurtriers ».

Une situation humanitaire alarmante

Le chef de la diplomatie belge a dénoncé la persistance des violences, des viols et des tueries dans l’Est de la RDC. Il a averti que le M23 « s’installe, organise sa propre administration, remplace les chefs coutumiers et agit comme si le territoire était devenu leur État ». Une situation qu’il a jugée « inacceptable ».

Maxime Prévot a insisté sur l’urgence humanitaire. Les hôpitaux du Nord et du Sud-Kivu débordent, tandis que Médecins sans frontières alerte sur la recrudescence des violences et le risque d’épidémies.

Mobiliser l’Europe et renforcer le dialogue national

La Belgique veut remettre la crise congolaise à l’agenda européen. « Nous avons toujours défendu le droit international, l’intégrité des territoires et la souveraineté des États. Ces principes ne sont pas respectés aujourd’hui à l’Est du Congo », a déclaré M. Prévot.

Il a aussi encouragé le lancement d’un dialogue national en RDC. Selon lui, la paix doit passer par des signaux internes forts, en plus de la mobilisation internationale.

Une diplomatie belge active dans la région

Il s’agit de la deuxième visite de Maxime Prévot en RDC en quatre mois. Après Brazzaville et Kinshasa, il doit se rendre à Lubumbashi puis au Kenya, où il évoquera la crise humanitaire en Éthiopie.

Le ministre belge est accompagné de l’ambassadrice du Royaume de Belgique en RDC, de l’envoyé spécial pour les Grands Lacs, Marc Pecsteen, et de son conseiller Afrique, Thomas Stevens.

Les FARDC et les Wazalendo reprennent Katana, tensions persistantes au Sud-Kivu

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les résistants Wazalendo, ont repris le contrôle de plusieurs localités stratégiques du Sud-Kivu occupées par les rebelles du M23. Katana et ses environs sont désormais sous contrôle congolais, tandis qu’une partie de Mulamba, dans le territoire de Walungu, est tenue par les Wazalendo.

Selon des sources locales, les combattants du M23, soutenus par l’armée rwandaise (RDF), ont battu en retraite après de violents affrontements. Cependant, la situation reste instable : les insurgés renforcent leurs positions en hommes et en armes lourdes après leur repli de Kabare, Katana et Bukavu.

Uvira reste sous contrôle congolais

Contrairement aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux, la ville d’Uvira et la plaine de la Ruzizi restent sous le contrôle conjoint des FARDC et des Wazalendo. Une source locale critique l’inefficacité des accords de paix signés à Doha et à Washington :

« À quoi servent ces accords si, sur le terrain, les combats continuent ? Le Rwanda et ses supplétifs du M23 ne sont pas sincères. L’État doit doter notre armée des moyens nécessaires pour stopper cette aventure. »

Menace persistante sur le Sud-Kivu

Les affrontements se poursuivent sur plusieurs fronts. Selon des informations concordantes, le M23 viserait à prendre Uvira pour étendre sa zone d’influence. Les FARDC, elles, réaffirment leur détermination à repousser toute menace, quelle qu’en soit l’origine.

RDC–Brésil : Un nouvel élan pour la coopération militaire

Un partenariat stratégique renforcé. En visite officielle au Brésil dans le cadre de la tournée gouvernementale en Amérique latine, le vice-Premier ministre de la Défense nationale et anciens combattants, Me Guy Kabombo Muadiamvita, poursuit sa mission de consolidation des coopérations militaires pour la montée en puissance des FARDC, conformément à la vision du Commandant suprême, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ce mardi 12 août 2025, à Brasília, Me Guy Kabombo a été reçu par son homologue brésilien, S.E. José Múcio Monteiro, au ministère de la Défense de la République fédérative du Brésil. Les échanges ont porté sur les opportunités de collaboration bilatérale dans le domaine de la défense.

Les discussions ont permis de passer en revue les anciens projets de coopération et de les concrétiser par la signature d’un mémorandum d’entente. Ce document couvre :

  • Le renforcement des capacités opérationnelles des FARDC

  • L’acquisition d’équipements militaires

  • Les échanges d’expertise et d’expériences dans l’industrie militaire

  • L’entraînement des unités spéciales aux techniques de combat en milieu tropical et jungle

Sous l’impulsion de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette étape marque une avancée majeure dans les relations stratégiques RDC–Brésil, ouvrant la voie à une coopération militaire plus structurée et durable.

Accord RDC-Rwanda : Pourquoi la neutralisation des FDLR tarde-t-elle à se concrétiser ?

Depuis la signature de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda le 27 juin 2025 à Washington, la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) peine à démarrer. Ce groupe rebelle hutu, originaire d’anciens génocidaires rwandais, devait être neutralisé dans un délai initial de trois mois, assorti du retrait des mesures « défensives » du Rwanda.

Or, près de 50 jours plus tard, la mise en œuvre est au point mort. Si le texte prévoyait une première phase de sensibilisation, planification et coordination dans les quinze jours suivant la signature, aucune action concrète n’a été visible sur le terrain. Les échéances se décalent et le statu quo persiste.

Un mécanisme conjoint de coordination difficile à lancer

Le Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM), clé pour identifier et localiser les FDLR, devait être opérationnel au plus tard le 27 juillet. Pourtant, il a tardé à se mettre en place et sa première réunion n’a eu lieu que récemment… en Éthiopie, loin de la RDC et du Rwanda. Ce choix de lieu symbolise les difficultés diplomatiques sous-jacentes.

Kinshasa et Kigali ont finalement adopté des termes de référence, mais le véritable travail de mise en œuvre ne commencera qu’à la prochaine réunion prévue en septembre. C’est à cette occasion que les rôles et responsabilités des différents acteurs seront précisés.

Une situation toujours tendue sur le terrain

Les tensions restent vives entre les deux pays. Le Rwanda dénonce l’absence de coupure effective entre Kinshasa et les FDLR. De son côté, la RDC accuse Kigali de continuer à soutenir le mouvement rebelle AFC/M23, ce qui alimente la méfiance.

Un diplomate régional rappelle toutefois que la clé du succès ne réside pas dans le respect strict des délais, mais dans la volonté réelle des parties à coopérer.

La neutralisation des FDLR demeure un enjeu majeur pour la paix dans la région des Grands Lacs. Mais pour l’instant, les avancées concrètes se font attendre, laissant planer de lourds doutes sur la capacité des acteurs à dépasser leurs différends.

Kigali rejette les accusations de massacres du rapport de l’ONU sur le M23

Le gouvernement rwandais a fermement rejeté, ce lundi 11 août 2025, le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme accusant les rebelles de l’AFC/M23, avec l’appui présumé des Forces de défense du Rwanda (RDF), d’avoir massacré au moins 319 civils en juillet dernier dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Kigali parle de « fausses accusations » et s’interroge sur la crédibilité du Haut-Commissaire Volker Türk et la méthodologie utilisée. Pour le ministère rwandais des Affaires étrangères, ces allégations sont non seulement infondées, mais elles risquent aussi de compromettre les efforts diplomatiques en cours pour mettre fin au conflit en République démocratique du Congo.

Le Rwanda dénonce un risque pour le processus de paix

« Dans un contexte où la MONUSCO a longtemps échoué à protéger les civils touchés par l’insécurité, les accusations sensationnalistes du Haut-Commissariat aux droits de l’homme risquent de saper les processus en cours visant à résoudre pacifiquement le conflit en RDC », a déclaré Kigali.

La RDC et le Rwanda ont pourtant signé un accord de paix à Washington sous médiation américaine, tandis qu’un second processus est toujours en cours à Doha, au Qatar, avec pour objectif un accord global de paix incluant le M23.

L’ONU pointe des exécutions massives en juillet

Le rapport de l’ONU affirme que, du 9 au 21 juillet, des civils – principalement des agriculteurs – ont été tués lors d’opérations menées par l’AFC/M23 avec l’appui de la RDF. Au moins 48 femmes figureraient parmi les victimes. L’ONU évoque notamment des attaques dans le groupement de Binza, dans le Rutshuru, sur l’axe Kiseguru-Nyamilima, autour du parc des Virunga, contre des combattants hutus rwandais des FDLR.

L’AFC/M23 a, de son côté, rejeté en bloc ces conclusions, les qualifiant de « sans fondement ».

M23 conteste le rapport de l’ONU : “Des accusations sans fondement et politiquement motivées”

À peine quelques jours après la signature d’un cessez-le-feu fragile à Washington, le mouvement rebelle AFC/M23 rejette avec virulence les accusations de massacres formulées par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH).

Dans un communiqué publié ce vendredi 8 août, le M23 dénonce un rapport qu’il juge « non fondé », « contradictoire » et « politiquement motivé », qualifiant les affirmations de l’ONU de « graves atteintes à sa crédibilité ». Le rapport, daté du 6 août, impute au M23 la mort de 169 à 319 civils entre le 9 et le 21 juillet 2025, dans plusieurs localités du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Des témoignages jugés « compromis »

Selon l’ONU, les crimes présumés incluraient exécutions sommaires, disparitions forcées, et destructions massives de villages. Des accusations fermement rejetées par le M23, qui remet en cause la méthodologie employée par les enquêteurs : celle-ci s’appuierait, selon lui, sur des témoignages non corroborés émanant de sources compromises, notamment les milices Wazalendo et les FDLR, régulièrement accusées elles-mêmes de crimes graves.

Le M23 souligne que certaines zones mentionnées dans le rapport se situent dans le parc national des Virunga, où toute activité civile est interdite, ce qui, selon lui, invaliderait plusieurs éléments du dossier.

Une contre-accusation dirigée vers Kinshasa

Dans une démarche offensive, l’AFC/M23 accuse à son tour le gouvernement congolais de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, citant notamment les massacres de populations Banyamulenge et Hera, ainsi que des bombardements de zones civiles.

Le mouvement exige le retrait immédiat du rapport, des excuses publiques de l’ONU, et la mise en place d’une enquête indépendante. Il se dit toujours engagé à protéger les populations civiles et dénonce une instrumentalisation politique des mécanismes internationaux de justice.

Vers une remise en question du cessez-le-feu signé à Washington ?

La publication de ce rapport intervient dans un contexte diplomatique délicat, quelques jours seulement après la signature d’un accord de cessez-le-feu à Washington, sous la médiation des États-Unis, du Qatar, et de l’Union africaine. Cet accord, présenté comme une avancée majeure, semble déjà fragilisé.

La méfiance réciproque entre Kinshasa et le M23, aggravée par ces accusations, compromet sérieusement la mise en œuvre du processus de paix. Si les tensions persistent, la promesse de désescalade dans l’Est du Congo pourrait rapidement tourner court.

Sommet EAC-SADC à Nairobi : une réponse régionale coordonnée à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC

Réunis ce vendredi 1er août 2025 à Nairobi, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ont adopté des mesures majeures pour faire face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Ce sommet conjoint, coprésidé par William Ruto (président du Kenya, EAC) et Emmerson Mnangagwa (président du Zimbabwe, SADC), vise à harmoniser les efforts diplomatiques régionaux avec les initiatives internationales récentes.

Parmi les décisions phares :

  • La fusion immédiate des structures de médiation et de facilitation de l’EAC, de la SADC et de l’Union africaine, désormais centralisées sous l’autorité de l’UA à Addis-Abeba.

  • La création d’un secrétariat technique conjoint, piloté par l’Union africaine, pour assurer la coordination effective de cette nouvelle architecture régionale.

  • La finalisation des termes de référence des facilitateurs et du médiateur de l’UA, qui devront être validés par un sommet EAC-SADC.

Ces résolutions s’inscrivent dans la continuité de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda, et de la déclaration de principes de Doha entre Kinshasa et les représentants de l’AFC/M23, soutenue par les États-Unis et le Qatar.

Accords internationaux signés, mais la situation reste fragile sur le terrain

Malgré l’élan diplomatique de Washington et Doha, la réalité sur le terrain demeure préoccupante. Dix jours après la signature de la déclaration de Doha, aucune mesure de confiance concrète n’a été mise en œuvre. La reprise des pourparlers prévue avant le 8 août semble compromise, et la signature d’un accord de paix global attendue le 17 août 2025 est incertaine.

Cette stagnation inquiète les médiateurs, alors que les violences continuent dans plusieurs zones du Nord-Kivu. La crise sécuritaire dans l’Est de la RDC reste donc un défi de taille, menaçant les efforts diplomatiques menés depuis juin.

Fusion des mécanismes et pression sur les parties : quel avenir pour le processus de paix ?

Le sommet de Nairobi marque une étape importante dans la volonté des organisations régionales africaines de prendre le relais et agir de manière unifiée. Mais la réussite du processus dépendra de la capacité des parties prenantes à respecter leurs engagements, à commencer par les mesures de désescalade prévues.

Alors que les regards se tournent vers la réunion de suivi prévue aux États-Unis début août, la RDC et ses partenaires doivent passer des intentions à l’action. Car sans avancée concrète, les échéances prévues dans le calendrier de Doha risquent d’être dépassées — et avec elles, l’opportunité d’un retour durable à la paix dans les Grands Lacs.

Scandale diplomatique : un agent Congolais arrêté en Bulgarie pour trafic de drogue

Le ministère des Affaires étrangères de la RDC a réagi avec indignation ce jeudi 31 juillet 2025, après l’arrestation d’un diplomate congolais en Bulgarie, pris en flagrant délit de trafic de stupéfiants.

Dans un communiqué officiel, les autorités congolaises ont qualifié les faits de « particulièrement graves » et « inacceptables ». Selon les informations disponibles, Jean de Dieu Mutebwa Mulumba, l’agent en question, a été interpellé le 18 juillet à la frontière bulgaro-turque, à bord d’un véhicule diplomatique lors d’un déplacement non autorisé par l’ambassade dont il dépendait.

Un cas isolé mais choquant

Kinshasa insiste : cet incident est totalement contraire à l’éthique et aux valeurs de la diplomatie congolaise. Le gouvernement affirme qu’il s’agit d’un cas isolé et a immédiatement pris une série de mesures disciplinaires fortes :

  • Rappel définitif du diplomate concerné ;

  • Levée de ses immunités diplomatiques ;

  • Notification officielle aux autorités bulgares de la position congolaise ;

  • Envoi d’une mission conjointe (Affaires étrangères et Justice) à Sofia pour suivre le dossier de près.

Tolérance zéro pour les abus

Le ministère tient à rassurer l’opinion publique : une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur cette affaire. Des sanctions exemplaires seront prises, dans le respect des lois en vigueur. Kinshasa réaffirme par ailleurs sa politique de tolérance zéro face à tout abus ou manquement au devoir par ses représentants à l’étranger.

Kinshasa ouvre un colloque international sur le GENOCOST et relance l’appel à un Tribunal pénal pour la RDC

Sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, un colloque international s’est ouvert ce lundi 29 juillet 2025 à Kinshasa, consacré à la reconnaissance des génocides commis sur le sol congolais. Cette rencontre majeure s’inscrit dans le cadre de la troisième commémoration du GENOCOST, célébrée chaque 2 août.

Vers un Tribunal pénal international pour la RDC ?

Réunissant juristes, chercheurs, représentants d’institutions nationales et internationales, le colloque vise à faire avancer la vérité historique et juridique autour des crimes à caractère génocidaire perpétrés en RDC depuis les années 1990. L’un des points clés de cette mobilisation est l’intensification du plaidoyer diplomatique, avec un objectif clair : la création d’un Tribunal pénal international pour la RDC, à l’image de ceux pour le Rwanda ou l’ex-Yougoslavie.

Une stratégie nationale pour la mémoire et la justice

Au-delà des ambitions judiciaires, le gouvernement a annoncé l’élaboration d’une stratégie nationale de mémoire, afin d’honorer les millions de victimes, tout en impliquant la diaspora congolaise dans ce processus mémoriel. L’approche adoptée est transversale : historique, scientifique, politique, mais surtout profondément humaine.

Un engagement fort du président Tshisekedi

Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réaffirmé que :

“Le GENOCOST ne se limite pas à la réparation. Il constitue un appel à la vérité, à la justice et à la non-répétition.”

Un message fort, alors que la RDC intensifie son plaidoyer au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et devant l’Assemblée générale des Nations unies, pour que les crimes de masse dont elle a été victime soient reconnus comme génocidaires.

Accord de Doha en danger : aucun engagement respecté au 29 juillet

Dix jours après la signature de l’accord de principes entre le gouvernement congolais et le M23, le constat est amer. Ce mardi 29 juillet 2025, aucune mesure concrète n’a été mise en œuvre, alors que les deux parties s’étaient engagées à appliquer les premières dispositions immédiatement, et au plus tard ce jour.

Signé à Doha, au Qatar, cet accord prévoyait notamment un cessez-le-feu permanent, la libération des détenus, ainsi que la poursuite des négociations vers un accord de paix global.

Sur le terrain, les hostilités se poursuivent

Malgré l’engagement formel, des combats sporadiques se poursuivent au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Le cessez-le-feu, censé entrer en vigueur dès la signature, reste lettre morte.

Du côté des mesures de confiance, la situation est tout aussi bloquée. Le gouvernement, par la voix du Vice-premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani, avait promis la libération mutuelle des détenus avant le 29 juillet. Or, ce mardi, aucune libération n’a eu lieu.

Le processus de Doha en péril

Face à ce blocage, la rébellion de l’AFC/M23 menace de boycotter la prochaine session de négociations prévue le 8 août à Doha. Selon ses responsables, le gouvernement congolais retient encore plus de 700 prisonniers, condition jugée inacceptable pour poursuivre le dialogue.

Pour rappel, les deux parties s’étaient engagées, dans le texte signé à Doha, à négocier un accord de paix global et à le signer au plus tard le 17 août 2025, dans un esprit de coopération et de compromis. Mais ce retard d’exécution fait désormais craindre un possible échec du processus de Doha.

Antenne A sous pression : un réalisateur enlevé par des militaires

La station de télévision Antenne A, l’une des plus anciennes du paysage médiatique congolais, a été prise d’assaut ce lundi par une quarantaine de militaires dans la commune de Gombe, au centre-ville de Kinshasa.

Selon un responsable de la chaîne, les forces armées ont fait irruption dans les locaux situés avenue du Livre, avant d’arrêter le réalisateur Léonard Muhemeri, sans fournir la moindre explication.

« Près de 40 militaires ont débarqué à Antenne A et ont amené le réalisateur Léonard Muhemeri sans aucune explication. Jusque-là, ils interdisent l’accès et empêchent le personnel qui était au bureau de sortir. Ils cherchent un responsable », a confié ce cadre à nos sources.

L’accès toujours bloqué, l’inquiétude grandit

Le personnel présent sur place se retrouve confiné dans les bureaux, l’accès extérieur étant verrouillé par les militaires. L’objectif de cette opération n’a pas encore été précisé, et le lieu de détention du réalisateur reste inconnu.

L’incident soulève des inquiétudes quant à la liberté de la presse en RDC, alors qu’aucune autorité militaire ou gouvernementale n’a encore réagi publiquement.

Accord de paix RDC-Rwanda : Tshisekedi et Kagame bientôt à Washington

Le président américain Donald Trump a confirmé ce lundi 28 juillet 2025 la tenue prochaine d’un sommet entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame à Washington, destiné à consolider l’accord de paix RDC-Rwanda. Cet accord, signé le 27 juin sous la médiation des États-Unis et du Qatar, vise à mettre fin aux violences dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Une médiation américaine pour stabiliser la région

L’accord initial a été paraphé à Washington par Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC et Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le président Donald Trump ont supervisé la cérémonie. Trump a salué « un triomphe pour la paix dans les Grands Lacs », insistant sur les enjeux économiques et géostratégiques de cette avancée.

Les engagements incluent :

  • un cessez-le-feu immédiat ;

  • le retrait des troupes rwandaises de la RDC sous 90 jours ;

  • la neutralisation des FDLR ;

  • un mécanisme conjoint de surveillance ;

  • et un plan de relance économique transfrontalier soutenu par les États-Unis.

Le M23 et la Déclaration de Doha

En parallèle, la RDC et le M23 ont signé à Doha une Déclaration des principes. Le mouvement armé s’engage à :

  • respecter le cessez-le-feu,

  • libérer les zones occupées,

  • faciliter l’aide humanitaire,

  • et déposer les armes sous supervision internationale.

Un accord final RDC–M23 est attendu à Doha d’ici le 18 août.

Un sommet pour une validation politique

La visite annoncée des deux chefs d’État à Washington donnera un poids politique à ces engagements. Un plan d’action commun devrait être signé, définissant :

  • la sécurisation des frontières,

  • le retour des déplacés,

  • et la relance de la coopération bilatérale.

Un optimisme prudent

Malgré l’élan diplomatique, les doutes persistent. De précédents accords (Nairobi, Addis-Abeba) ont échoué. La réussite dépendra :

  • de la volonté politique réelle des deux pays,

  • du retrait effectif du Rwanda,

  • du désarmement du M23,

  • et du suivi international rigoureux.

Vers un tournant historique ?

Si les engagements sont respectés, l’accord de paix RDC-Rwanda pourrait ouvrir une nouvelle ère pour la région. Pour des millions de civils de l’Est congolais, cette rencontre pourrait incarner un véritable espoir de paix durable.

Massacre de Komanda : le pape Léon XIV, le gouvernement et l’ONU s’indignent face à l’horreur en Ituri

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025, des islamistes ADF affiliés à l’État islamique ont attaqué la paroisse Bienheureuse-Anuarite à Komanda, en Ituri. Ils ont tué au moins 43 civils, dont des fidèles catholiques rassemblés pour une veillée. Les assaillants ont aussi blessé plusieurs personnes et enlevé des villageois, emmenés de force dans la forêt. Ils ont mis le feu à des habitations et des boutiques, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante.

Le pape et la Première ministre expriment leur douleur

Informé du massacre de Komanda, le pape Léon XIV s’est dit « consterné » et « profondément affligé ». Dans un message signé par le cardinal Pietro Parolin, le Vatican appelle à soutenir les populations de cette région meurtrie et à renforcer le développement humain intégral.

De son côté, la Première ministre congolaise a dénoncé un acte « lâche et odieux ». Elle a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et exhorté la population à faire bloc derrière les forces armées. Le gouvernement promet de soigner les blessés et de renforcer les opérations contre les ADF.

L’efficacité de l’opération Shujaa remise en question

Le massacre de Komanda relance les doutes sur l’opération militaire Shujaa, lancée en 2021 par les armées congolaise et ougandaise pour neutraliser les ADF. Selon un récent rapport de l’ONU, l’opération a éliminé certains chefs rebelles, mais n’a pas stoppé les violences.

Les ADF profitent du retrait progressif des FARDC, concentrées ailleurs, pour renforcer leur présence dans le nord-ouest du Lubero et l’est de Beni. Le journaliste congolais Nicaise Kibel Bel Oka, spécialiste du terrorisme, confirme que les rebelles restent actifs et dangereux, surtout dans les zones forestières difficiles d’accès.

Le M23 suspend sa participation aux pourparlers tant que ses prisonniers ne sont pas libérés

À la veille du prochain cycle des négociations M23 Doha, une vive tension diplomatique est montée d’un cran ce vendredi 25 juillet 2025. Depuis Goma, Benjamin Mbonimpa, chef de la délégation du M23-AFC, a annoncé que son mouvement ne participera pas au « Doha 6 » tant que les 700 prisonniers du M23 ne seront pas libérés, en conformité avec la déclaration de principes déjà signée entre les deux parties.

« Avant de retourner à Doha, tous nos prisonniers doivent être libérés. La libération est une condition non négociable », a martelé Mbonimpa, dénonçant un manque de volonté de Kinshasa.

Menaces d’expansion vers Kinshasa et dénonciation de Kinshasa à Doha

Dans une déclaration particulièrement virulente, Benjamin Mbonimpa a accusé le gouvernement congolais d’avoir « imploré le M23 » lors des négociations précédentes, allant jusqu’à proposer « une petite forêt ou le territoire de Lubero » en échange de certains prisonniers.

« On ne peut pas troquer la vie humaine. La vie est sacrée », a-t-il déclaré, accusant Kinshasa de chantage humanitaire.

Il a aussi affirmé que l’AFC/M23 entend étendre « la sécurité et l’ordre » jusqu’à Kinshasa, si les engagements ne sont pas tenus. Le mouvement rebelle considère avoir un rôle central à jouer dans la « restauration de l’autorité de l’État » sur l’ensemble du territoire national.

M23 Doha : vers un boycott assumé du dialogue ?

À quelques jours de la reprise prévue des pourparlers à Doha, la suspension annoncée par le M23 place le processus de paix en situation critique. Mbonimpa promet désormais la publication régulière d’un « bulletin de violations du cessez-le-feu », accusant le gouvernement d’attaques répétées.

Concernant un éventuel retrait des zones contrôlées par le M23-AFC, la réponse est catégorique :

« Aucune force ne nous délogera. Nous sommes chez nous. »

Kabila, Doha et le spectre du fédéralisme

Interrogé sur la présence de Joseph Kabila à Goma, le chef du M23 a nié tout lien formel entre l’ancien président et son mouvement, tout en saluant « un homme qui mérite le respect de toute la République ». Il a dénoncé un procès d’intention visant à exclure les kabilistes du dialogue national.

Enfin, Benjamin Mbonimpa a plaidé pour une réforme profonde de l’État congolais :

« Le fédéralisme est la meilleure forme d’État pour faire décoller ce pays. »

Entre le procès de Joseph Kabila reporté et les menaces du M23 Doha, les signes d’une rupture imminente du processus de paix s’accumulent. La balle est désormais dans le camp de Kinshasa : céder à l’ultimatum ou risquer une escalade militaire.

M23 RDC : l’ONU empêchée d’enquêter dans les zones sous contrôle rebelle

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) a dénoncé le mercredi 23 juillet 2025 le refus d’accès opposé à sa mission d’enquête par le groupe armé M23 RDC. L’équipe, en déplacement officiel au Rwanda, devait se rendre à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, pour inspecter les zones sous contrôle du M23.

« Ce refus entrave sérieusement notre travail d’établissement des faits », a indiqué le HCDH sur le réseau X. Le Haut-Commissaire Volker Türk appelle toutes les parties à coopérer pleinement avec cette mission, lancée en février par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, pour enquêter sur les exactions dans l’Est de la RDC.

Un accès refusé à la frontière Gisenyi-Goma

La porte-parole du HCDH à Genève, Liz Throssell, a précisé que l’équipe avait informé à l’avance le M23 de sa venue. Pourtant, au poste-frontière de Gisenyi-Goma, les agents de l’immigration nommés par le M23-AFC (Alliance Fleuve Congo) ont bloqué l’entrée du personnel onusien.

Cette entrave intervient alors que la mission doit publier son rapport final en septembre, sur la base des informations collectées depuis le début de l’année. Ce rapport devrait précéder la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, le plus haut niveau d’investigation autorisé par le Conseil.

Entre promesse de cessez-le-feu et obstacles diplomatiques

Le M23 RDC, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, avait lancé une offensive éclair en janvier-février 2025, s’emparant de plusieurs zones stratégiques, dont une partie de Goma. Le 19 juillet dernier, une déclaration de principes pour un cessez-le-feu permanent a été signée à Doha entre Kinshasa et le M23.

Mais sur le terrain, les tensions persistent. Outre l’accès refusé, la mission onusienne souffre d’un manque de financement. Le HCDH a dû rediriger 1,1 million de dollars de fonds pour maintenir ses activités, faute de contributions volontaires suffisantes des États membres. Une situation qui pourrait retarder la création de la future commission jusqu’en 2026.

Addis-Abeba sous tension : RDC, Rwanda et HCR face au casse-tête des réfugiés

Une réunion tripartite sous haute tension s’est ouverte ce jeudi à Addis-Abeba entre la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Menée par le vice-premier ministre congolais Jacquemain Shabani, cette rencontre vise à apaiser les tensions liées à la gestion des réfugiés RDC-Rwanda, dans un contexte régional marqué par les violences persistantes à l’Est de la RDC.

Les discussions portent notamment sur la situation délicate des réfugiés congolais installés au Rwanda et celle des réfugiés rwandais vivant en RDC. Ces déplacements massifs résultent des combats impliquant le groupe armé M23, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir. Des accusations que le Rwanda continue de rejeter, tout en appelant à une coopération plus « pragmatique » sur le terrain humanitaire.

Risques de refoulement et pression sur le HCR

La réunion intervient alors que des inquiétudes croissantes émergent sur de possibles violations du droit international, notamment en matière de refoulement forcé. Début juin, la ministre congolaise des Droits humains, Maître Chantal Chambu, avait dénoncé publiquement la déportation de civils congolais vers le Rwanda. À Genève, elle a exhorté le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés à retirer tout soutien du HCR à ces transferts controversés.

Le rôle de l’agence onusienne dans cette crise est donc au cœur des échanges. Objectif : obtenir des garanties sur la protection des civils, le respect des droits humains et la mise en place de mécanismes bilatéraux durables entre Kinshasa et Kigali.

Une diplomatie humanitaire sous pression

Malgré la gravité de la situation, les trois parties affichent une volonté prudente d’aboutir à des engagements concrets. Dans les coulisses, la communauté internationale observe de près cette tentative de rétablir un dialogue autour de la question des réfugiés RDC-Rwanda, considérée comme un maillon essentiel pour stabiliser la région des Grands Lacs.

Tandis que la crise humanitaire s’aggrave à l’Est, Addis-Abeba pourrait bien devenir le théâtre d’un premier pas vers une désescalade, encore fragile.

M23 Doha : trois jours après l’accord, les rebelles s’emparent de Luke et Katobotobo

À peine la signature de la déclaration des principes à Doha, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont relancé les hostilités dans l’est de la RDC. Ce mercredi 23 juillet, ils se sont emparés de Luke et Katobotobo, deux localités stratégiques situées dans le groupement Nyamaboko 1er, territoire de Masisi au Nord-Kivu.

Des combats violents ont opposé les rebelles aux Wazalendo, milices d’autodéfense locales, semant la panique dans les villages environnants. Les détonations ont été entendues dès l’aube, marquant une nouvelle violation des engagements pris à Doha.

Le processus M23 Doha déjà fragilisé

La déclaration des principes signée à Doha prévoyait une désescalade immédiate entre les groupes armés. Or, selon plusieurs sources locales, cette reprise des combats constitue une rupture flagrante de l’accord.

« C’est une véritable trahison de l’esprit de paix. Comment peut-on appeler à la retenue d’un côté, et avancer militairement de l’autre ? » déplore un leader communautaire de Nyamaboko.

Alors que le processus M23 Doha se voulait porteur d’espoir, ces nouveaux affrontements remettent en question la sincérité des signataires et l’efficacité des mécanismes de suivi. Pendant ce temps, la population civile reste piégée entre promesses de paix et réalités de guerre.

Joseph Kabila en embuscade : quel jeu politique après Doha et Washington ?

Pendant que Kinshasa négocie à Washington un accord bilatéral avec Kigali — sous médiation américaine — et que Doha accueille la signature d’une déclaration de principes entre la RDC et l’AFC/M23, Joseph Kabila, lui, trace une autre voie.

L’ancien président congolais, toujours basé à Goma, rejette fermement le volet minier de l’accord de Washington. Bien qu’il ait perdu son immunité parlementaire, il refuse de quitter la scène. Au contraire, il prépare son repositionnement politique.

Kabila consulte à l’est et cible le dialogue national

Ces dernières semaines, Joseph Kabila a enchaîné les rencontres à Goma et Bukavu. Un rapport a été rédigé à l’issue de ces consultations, mais sa publication reste en suspens. La conférence de presse prévue a été reportée, laissant planer le mystère.

Cependant, selon un proche joint par nos confrère de RFI, ce document pourrait être présenté lors du dialogue national en gestation, porté par l’Église catholique et l’Église protestante. Et Kabila a bien l’intention d’y participer.

Ses proches assurent qu’il ne vise pas un retour au pouvoir, mais souhaite peser sur l’agenda politique, en particulier sur les questions de gouvernance et de sécurité dans l’Est.

Washington, gouvernance inclusive et lobbying discret

Le climat diplomatique actuel pourrait lui être favorable. Les États-Unis ont récemment rappelé l’urgence d’une « gouvernance inclusive » en RDC. La porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce, a insisté sur le droit des déplacés à retrouver un avenir stable.

Une position proche de celle défendue par Kikaya Bin Karubi, conseiller de Kabila, qui s’est récemment rendu à Washington pour un lobbying discret. Officiellement, Kabila reste attentif aux évolutions, sans soutenir ouvertement aucun camp.

Joseph Kabila RDC : en retrait ou en attente ?

En coulisses, Joseph Kabila observe, consulte et agit. Ni les poursuites engagées contre lui ni les négociations internationales en cours ne semblent l’éloigner de ses ambitions. Il entend jouer sa propre partition, loin des projecteurs mais non sans influence.

M23 : Un rapport de l’ONU révèle les connexions de Kabila, Katumbi et Numbi

Le rapport M23 ONU, récemment rendu public, jette encore une lumière troublante sur les connexions politiques entourant la rébellion dans l’est de la RDC. Selon les experts des Nations unies, Joseph Kabila, Moïse Katumbi et John Numbi – bien qu’ils ne se soient pas officiellement ralliés au mouvement armé AFC/M23 – ont entretenu des contacts réguliers avec Corneille Nangaa, ainsi qu’avec les autorités de Kigali et de Kampala.

Le document souligne également de vives tensions internes au sein du M23, exacerbées par des nominations contestées et l’annonce du possible retour de Joseph Kabila dans l’Est du pays. Cette situation aurait ravivé les fractures historiques entre les factions alignées respectivement sur le Rwanda et l’Ouganda.

Laurent Nkunda bientôt de retour ?

Pour rétablir une forme de cohésion, le gouvernement rwandais envisagerait de nommer Laurent Nkunda, figure militaire controversée et sous sanctions internationales, à un poste-clé au sein du mouvement rebelle.

Par ailleurs, la promesse du M23 d’unifier groupes armés et figures politiques progresse. Plusieurs milices, dont d’anciens Wazalendo, séduits par les avancées du M23 sur le terrain, ont changé de camp pour rejoindre la rébellion.

Processus de paix RDC-M23 : Tensions autour de la restauration de l’autorité de l’État après Doha

Le processus de paix RDC-M23 entre dans une phase décisive. Samedi, à Doha, le gouvernement congolais et le groupe armé AFC/M23 ont signé une déclaration de principes, censée préparer la voie vers un accord de paix global. Mais si le texte évoque une « restauration de l’autorité de l’État », les deux camps en donnent des lectures très différentes.

Sur le terrain, la réalité est complexe. Le M23 contrôle toujours plusieurs localités et y a installé une administration parallèle : gouverneurs, services, et même un début de système bancaire. Le mouvement armé l’a clairement affirmé : pas question de se retirer de ces territoires.

Un retrait renvoyé à plus tard

Contrairement aux précédentes négociations où Kinshasa exigeait un retrait immédiat de Goma et Bukavu, la déclaration de Doha évite le mot « retrait ». Elle se limite à mentionner un cessez-le-feu permanent et l’interdiction de tout changement de position militaire.

La question du retour effectif de l’autorité de l’État est reportée à l’accord de paix global, dont la signature est prévue au plus tard le 17 août, après des discussions devant s’ouvrir dès le 8 août.

Pour le professeur Martin Ziakwau de l’Université catholique du Congo, le défi est immense : « Il ne suffit pas de mettre fin au conflit militaire. Il faut créer les conditions d’une paix durable », insiste-t-il. Selon lui, l’accord définitif devra inclure toutes les parties prenantes, y compris les communautés locales et les groupes armés actifs.

Kigali et Washington saluent l’avancée diplomatique

Présent comme observateur, le Rwanda salue cette avancée. Dans un communiqué, son ministère des Affaires étrangères parle d’un « pas significatif vers la résolution pacifique du conflit à l’est de la RDC ». Kigali souligne également le rôle du Qatar et le soutien des États-Unis dans ce processus.

Sur le réseau X, le ministre rwandais Olivier Nduhungirehe rappelle que la question du M23 doit être réglée par un dialogue inclusif, qui s’attaque aux causes profondes du conflit. Pour lui, la restauration de l’autorité de l’État doit être la conséquence naturelle de cette démarche, pas un préalable.

Vers un accord ou un blocage ?

Malgré les symboles et les engagements, le processus de paix RDC-M23 reste fragile. L’enjeu n’est plus la signature de déclarations, mais leur mise en œuvre concrète. Un accord global sans consensus régional ou inclusivité réelle pourrait être contesté sur le terrain, avertit le professeur Ziakwau.

La RDC cherche donc à obtenir l’appui des autres acteurs du processus de Nairobi, faute de quoi, des renversements d’alliances pourraient bloquer le processus.

Résolution 2773 : Lamuka exhorte à une application intégrale pour garantir la paix en RDC

Dans un communiqué publié ce 20 juillet 2025, la coalition de l’opposition Lamuka a exprimé sa satisfaction face aux avancées notables du processus de paix en République démocratique du Congo, après la signature à Doha, le 19 juillet, d’un accord de principe entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Toutefois, Lamuka appelle à intégrer pleinement la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU dans l’accord final. Selon la coalition, cette résolution constitue un socle indispensable pour atteindre une paix durable dans l’Est de la RDC.

Adoptée dans un contexte de forte instabilité régionale, la Résolution 2773 exige en ses points clés :

  • Le retrait immédiat et sans condition du M23 des villes de Goma, Bukavu et de toutes les zones occupées ;

  • Le retrait simultané des forces rwandaises du territoire congolais.

Pour Lamuka, la mise en œuvre rigoureuse de ces dispositions est cruciale pour restaurer la souveraineté nationale, encourager un dialogue sincère et prévenir l’échec du processus de réconciliation.

« L’absence de mesures fermes sur ces points essentiels risque de fragiliser les efforts en cours. La Résolution 2773 impose des lignes rouges claires pour parvenir à une paix réelle et durable », avertit la coalition dans son communiqué.

Lamuka réitère sa volonté de collaborer avec les parties nationales et internationales engagées dans le processus, tout en insistant sur la nécessité d’un cadre inclusif, cohérent et contraignant.

« Seule une volonté politique inébranlable, adossée à un engagement international fort, pourra faire de ce tournant diplomatique un jalon historique vers la paix en RDC », conclut le texte.

Déclaration de Doha : Kinshasa affirme sa souveraineté face au M23

Les principaux journaux congolais reviennent ce lundi sur la Déclaration de Doha, signée le 19 juillet 2025 entre le gouvernement de la RDC et les rebelles de l’AFC/M23, avec le soutien du Qatar et des États-Unis. Ce texte, présenté comme un jalon majeur dans la résolution du conflit à l’Est, divise la presse entre optimisme mesuré et prudence stratégique.

Le quotidien Le Phare salue une victoire politique du président Tshisekedi. Sous le titre « Tshisekedi gagne le pari du retour de la paix durable », le journal voit dans cette signature l’aboutissement d’un long parcours diplomatique, entamé depuis Nairobi jusqu’à Washington, en passant par Luanda, Addis-Abeba et Pretoria. Pour Le Phare, ceux qui doutaient de l’engagement du Chef de l’État doivent désormais réviser leur jugement.

Kinshasa impose ses conditions, le M23 sommé de se retirer

Infos 27 insiste sur le fait que la Déclaration de Doha ne signifie pas reddition, mais affirmation d’une ligne de conduite claire. Le gouvernement congolais, par la voix de Patrick Muyaya, porte-parole officiel, précise que la RDC ne recule pas : elle exige le retrait du M23, la restauration de l’autorité de l’État et la protection des civils.

« Nos exigences sont dictées par la Constitution, le droit international et les résolutions de l’ONU », rappelle Muyaya. Pour Kinshasa, il ne s’agit pas de négocier la souveraineté mais de baliser les conditions d’un accord final, dont la Déclaration de principes n’est que la boussole.

Dans Le Quotidien, le porte-parole du gouvernement insiste : « L’ordre constitutionnel doit être respecté. Nous devons avoir le contrôle total des territoires sous influence du M23. Le retrait doit être vérifiable. »

Une double dynamique de paix entre Doha et Washington

EcoNews met en lumière la dimension internationale du processus. Le journal rappelle que l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, signé le 27 juin à Washington, constitue le premier pilier. La Déclaration de Doha, selon cet hebdomadaire, en est le prolongement direct.

Cette double dynamique diplomatique, portée par les États-Unis et le Qatar, laisse entrevoir une issue possible au conflit, malgré des tensions persistantes dans les zones occupées par le M23. La Prospérité, pour sa part, estime que le chemin de la paix se précise, même si les obstacles restent nombreux.

Entre critiques, espoir et mobilisation populaire

Comme le note La Référence Plus, les réactions à cette Déclaration sont multiples. Certains l’interprètent comme un tournant, d’autres dénoncent une capitulation. Mais pour la population de l’Est, longtemps victime des violences, l’enjeu est clair : obtenir enfin une paix durable, quelles que soient les lectures politiques du texte.

M23 Doha : Les négociations s’intensifient entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis sous médiation qatarie

Les pourparlers de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, dans le cadre du processus M23 Doha, ont franchi un nouveau cap ce jeudi 17 juillet 2025. L’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos, a rencontré à Doha le ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Dr Mohammed bin Abdulaziz Al Khulaifi, pour évaluer les efforts conjoints vers une paix durable dans l’est de la RDC.

Au menu des discussions : la situation sécuritaire explosive dans les Kivus, les avancées du processus diplomatique lancé après l’accord de cessez-le-feu signé à Washington en juin, et la coordination entre Doha et Washington pour faire aboutir un accord de paix global avec le M23 avant fin juillet.

RDC et Rwanda sous pression, le Qatar renforce son rôle de médiateur

Parallèlement, le ministre qatari de l’Intérieur, Cheikh Abdulaziz bin Faisal Al Thani, a reçu séparément Vincent Biruta (Rwanda) et Jacquemain Shabani Lukoo (RDC). Ces rencontres visent à renforcer la coopération bilatérale et les mécanismes de coordination sécuritaire, alors que les combats se poursuivent à Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, malgré la diplomatie en cours.

Sur place, les FARDC affrontent toujours les rebelles de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être appuyés par le Rwanda. Le M23, de son côté, dénonce le déploiement massif des troupes congolaises et burundaises et parle de “crimes contre l’humanité”.

Vers une déclaration de principes à Doha malgré les combats

Les discussions directes entre la délégation congolaise conduite par Sumbu Sita Mambu et celle du M23, représentée par Benjamin Bonimpa, visent une déclaration de principes qui servirait de base à un accord de paix durable. Ce dialogue reste soutenu par le Qatar et l’Union africaine, avec le soutien actif des États-Unis.

Selon Washington, une prochaine rencontre à la Maison Blanche entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame devrait venir sceller les termes finaux de cet accord.

Mais l’issue reste incertaine tant que les armes parlent à l’Est. La question demeure : le processus M23 Doha peut-il vraiment imposer la paix face à la réalité du terrain ?

Paix contre les minerais ? L’Église critique le rôle de Trump dans la médiation RDC-Rwanda

À Washington, les États-Unis accélèrent les efforts diplomatiques pour organiser une rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame avant la fin du mois. Ce sommet, soutenu par Donald Trump, devrait déboucher sur un accord de paix final, assorti de plusieurs textes à portée économique. Mais une voix dissonante s’élève : l’Église catholique, qui redoute une transaction cachée — la paix contre les minerais.

L’Église catholique salue le dialogue… mais dénonce la logique

Pour la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), ce processus de paix est une étape importante car il inclut toutes les parties. « Il faut parler avec tout le monde », a reconnu Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, après la signature de l’accord provisoire à Washington.

Mais l’institution religieuse reste critique sur le fond. Le cardinal Fridolin Ambongo, lors d’une intervention au Vatican en prélude à la COP30, a exprimé ses inquiétudes :

« Congolais et Rwandais, vous êtes en guerre à cause des minerais, et moi, le grand Trump, j’arrive, je vous réconcilie, et vous me donnez les minerais », a-t-il déclaré, dénonçant un chantage géopolitique sous-jacent.
Il a ajouté : « Cette logique a échoué en Ukraine. Chez nous aussi, les gens ont peur, mais il est temps d’arrêter les fausses solutions. »

Les autorités congolaises défendent la médiation américaine

Du côté du gouvernement congolais, cette vision n’est pas partagée. Kinshasa soutient pleinement la médiation menée par les États-Unis, affirmant que la priorité est d’arriver à un accord global mettant fin au conflit dans l’Est du pays, où sévit encore le M23.

Le mot d’ordre : traduire les avancées diplomatiques en paix durable sur le terrain.

Vers un dialogue national élargi ?

En parallèle, les Églises catholique et protestante ont lancé une initiative baptisée « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs ». Objectif : élargir le dialogue à toutes les composantes de la société, pour garantir une stabilité réelle et inclusive.

Négociations M23 Doha : Qui sont les hommes-clés de la délégation rebelle ?

À Doha, capitale du Qatar, la cinquième phase des négociations M23 Doha s’est ouvert dans un climat tendu. Alors que les affrontements se poursuivent dans les territoires de Rutshuru et Masisi, la délégation de l’Alliance Fleuve Congo/M23 attire l’attention par son profil stratégique et sa diversité.

Le choix de ces représentants n’est pas anodin : ils incarnent à la fois la mémoire des précédents pourparlers et la recomposition politique de l’Est congolais. Voici les visages clés de cette délégation rebelle.

René Abandi, le stratège de l’ombre

Ancien diplomate du CNDP de Laurent Nkunda, René Abandi revient sur le devant de la scène comme négociateur principal. Déjà présent lors des accords avortés de Kampala (2012-2013), il personnifie la continuité entre les anciennes rébellions et le M23 actuel. Amnistié après la chute de Goma, il a gardé des connexions régionales solides. Il est aujourd’hui l’un des cerveaux des négociations M23 Doha.

Benjamin Mbonimpa, mémoire vivante des rébellions

À la tête de la délégation, Benjamin Mbonimpa cumule les casquettes de vétéran et d’idéologue. Ancien ministre du RCD/Goma, puis cadre du CNDP et du M23, il est aujourd’hui secrétaire permanent de l’AFC. Rompu aux négociations régionales (Luanda, Nairobi, Doha), il impose son autorité comme chef opérationnel du groupe.

Jean-Pierre Alumba Lukamba, entre diaspora et diplomatie

Plus discret mais tout aussi influent, Jean-Pierre « Jeanpy » Alumba Lukamba est un ancien conseiller de Corneille Nangaa à la CENI. Porte-voix de la diaspora congolaise, il joue un rôle pivot dans la tentative de légitimation de l’AFC. Il incarne le lien entre la société civile, les milieux internationaux et la stratégie politique du mouvement.

Yannick Tshisola, transfuge du système Kabila

Le parcours de Yannick Tshisola illustre la porosité entre pouvoir central et rébellion. Ex-dirigeant de la jeunesse du PPRD et ancien collaborateur de Richard Muyej, il a rejoint l’opposition armée via l’AFC, dont il est aujourd’hui le stratège politique. Sa présence à Doha traduit un repositionnement tactique d’une frange de l’ancienne majorité présidentielle.

Un tournant décisif dans les négociations M23 Doha ?

Ces profils confirment la montée en puissance de la branche politique du M23 dans les discussions. Si ces négociations débouchent sur un accord durable, elles pourraient redéfinir l’équilibre des forces dans l’Est de la RDC.

Mais les combats sur le terrain et les revendications controversées, comme la gestion du Kivu pendant huit ans exigée par les rebelles, restent un frein majeur à toute avancée concrète. La balle est désormais dans le camp des diplomates… et du temps.

Négociations RDC M23 à Doha : le M23 exige la gestion du Kivu pendant 8 ans

Doha, 10 juillet 2025 – Les négociations RDC M23 ont franchi un nouveau cap sensible ce jeudi à Doha. Alors que les pourparlers se poursuivent entre le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23, des sources proches de la délégation congolaise révèlent l’existence de revendications non divulguées publiquement.

Parmi les exigences confidentielles avancées par l’AFC/M23 figure une proposition jugée explosive : obtenir la gestion du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pendant une période de huit ans. Cette demande aurait été fermement rejetée par la délégation congolaise, selon une source anonyme présente à Doha.

« L’AFC/M23, parmi ses revendications, veut avoir la gestion du Nord et Sud Kivu pendant 8 ans. La délégation congolaise a rejeté catégoriquement cette revendication », a indiqué cette source sous couvert d’anonymat.

Ces négociations s’inscrivent dans un contexte marqué par la complexité historique du conflit à l’est de la RDC, où les enjeux sécuritaires, identitaires et géopolitiques se superposent.

Pour rappel, en mai dernier, le Qatar – qui joue un rôle central de médiateur – avait présenté un projet d’accord de paix aux deux parties. Ce texte visait à encadrer les discussions autour d’un cessez-le-feu, du désarmement et d’un calendrier politique inclusif.

Actuellement, les villes stratégiques de Goma et Bukavu restent sous contrôle de l’AFC/M23, alimentant la tension sur le terrain alors même que la diplomatie tente de reprendre la main.

Les prochaines heures pourraient s’avérer décisives dans ce bras de fer diplomatique entre Kinshasa et le mouvement rebelle, au cœur des négociations RDC M23.

RDC–Ouganda : la frontière de Bunagana rouvre sous contrôle du M23

Bunagana, 10 juillet 2025 — Après trois ans de fermeture, le poste-frontière de Bunagana entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda rouvre officiellement, malgré le contrôle exercé par les rebelles du M23 sur cette zone stratégique.

La réouverture de la frontière RDC-Ouganda a été rendue possible grâce à la médiation du général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougandais. Ce retour à la normale marque un tournant économique pour Kampala, qui souhaite récupérer le manque à gagner commercial accumulé depuis 2022.

« Le Rwanda a maintenu ses postes frontaliers ouverts depuis la prise de Goma et Bukavu par le M23. Il était temps pour nous de faire de même », confie un diplomate ougandais.

Le commerce reprend dans une zone sous tension

Depuis juin 2022, la frontière de Bunagana fonctionnait de manière clandestine, sous la surveillance informelle des rebelles. Aujourd’hui, cette ouverture devient officielle, validant de facto le contrôle territorial du M23 dans le sud du Nord-Kivu, une région considérée comme un marché vital pour l’économie ougandaise.

Kampala espère ainsi écouler ses marchandises dans la région sous influence rebelle, alors que le M23 pourrait profiter de cette reprise pour renforcer sa trésorerie.

Cette décision intervient dans un contexte diplomatique tendu, alors que les accords de paix de Washington entre Kinshasa et Kigali ne prévoient pas encore l’intégration directe du M23, objet d’une médiation parallèle menée par le Qatar.

Une normalisation controversée

La réouverture de Bunagana risque de fragiliser davantage le processus de paix, certains analystes y voyant une reconnaissance tacite du pouvoir de fait du M23 sur ce corridor commercial. Kinshasa, pour sa part, n’a pas encore officiellement réagi à cette décision de Kampala.

Drame à Goma : deux adolescents périssent par noyade dans le lac Kivu

Un drame bouleversant s’est produit ce mardi 8 juillet 2025 à Goma, sur les rives du lac Kivu. Deux adolescents du quartier Katindo ont trouvé la mort par noyade alors qu’ils se baignaient dans l’après-midi.

Le chef du quartier, qui a lancé l’alerte en soirée, a confirmé l’accident. Les corps sans vie des jeunes ont été retrouvés au petit matin, grâce à l’intervention de plongeurs. L’émotion était palpable sur les lieux du drame, où familles et voisins se sont rassemblés dans un silence chargé de tristesse.

Noyade lac Kivu : les victimes seront inhumées ce mercredi

Les familles des deux victimes, bouleversées, ont annoncé que les inhumations auront lieu dans l’après-midi du mercredi 8 juillet. L’ambiance est lourde au sein du quartier Katindo, frappé de plein fouet par cette tragédie.

Appel à la vigilance en période de vacances

À la suite de cette noyade dans le lac Kivu, le chef du quartier a appelé les parents à une vigilance accrue. Il a exhorté chacun à surveiller les enfants, surtout en période de vacances, où les risques de baignades non encadrées sont plus élevés.

« Ce drame aurait pu être évité. J’invite les parents à ne pas relâcher la surveillance après les heures de cours », a-t-il insisté.