Ebola : plus de 5 200 cas en 100 jours, l’OMS lance un appel urgent face à l’épidémie la plus rapide de l’histoire du pays

Kinshasa. Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola, la République démocratique du Congo fait face à une crise sanitaire d’une ampleur inédite. Avec plus de 5 200 cas recensés, cette flambée due à la souche Bundibugyo est désormais la plus rapide jamais enregistrée dans l’histoire du pays, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Si la riposte s’est considérablement renforcée depuis le mois de mai, la transmission du virus continue de dépasser les capacités de contrôle dans plusieurs zones. Pour l’agence onusienne, les prochains mois seront décisifs pour éviter une aggravation de la situation.

Une propagation record qui place l’Ituri au cœur de la crise

Les chiffres traduisent l’ampleur de l’urgence.

Au cours des trois premiers mois, près de 90 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés chaque jour en moyenne, un rythme supérieur à celui observé lors de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 ou encore lors de la flambée de 2018-2020 en RDC.

L’épidémie s’étend désormais dans six provinces, avec une concentration particulièrement forte en Ituri, qui représente à elle seule environ 85 % des cas et 79 % des décès.

Pour le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette situation exige une accélération immédiate des interventions sur le terrain.

« Nous pouvons maîtriser cette épidémie d’Ebola, mais seulement grâce à une intensification des actions dans les communautés touchées, sous la conduite des autorités nationales, provinciales et locales, soutenue par les ressources nécessaires », a-t-il déclaré.

L’organisation assure poursuivre son appui au gouvernement congolais ainsi qu’aux pays voisins afin de limiter les risques de propagation régionale.

Une mortalité toujours élevée malgré les progrès de la riposte

L’un des principaux motifs d’inquiétude reste le nombre élevé de décès enregistrés en dehors des structures de soins.

Selon l’OMS, environ 60 % des décès hebdomadaires recensés au cours des six dernières semaines sont survenus dans les communautés, avant même l’arrivée des patients dans les Centres de traitement Ebola (CTE).

Cette réalité révèle plusieurs difficultés persistantes :

  • des retards dans la détection des malades ;

  • une orientation tardive vers les centres de soins ;

  • un accès encore insuffisant aux traitements spécialisés.

Même au sein des centres de traitement, les admissions interviennent souvent à un stade avancé de la maladie, réduisant les chances de survie des patients.

Pour le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Janabi, l’épidémie est arrivée à un tournant.

« Les décisions que nous prenons aujourd’hui détermineront la rapidité avec laquelle nous pourrons maîtriser cette épidémie et sauver des vies. »

Des capacités renforcées, mais une course contre la montre

Malgré ces difficultés, la RDC a considérablement renforcé son dispositif sanitaire depuis le début de la crise.

En seulement cent jours :

  • le réseau de dépistage est passé de 1 à 19 laboratoires, capables d’analyser plus de 3 000 échantillons par jour ;

  • la capacité d’hospitalisation est passée de moins de 10 lits à plus de 1 300 ;

  • plus de 900 établissements de santé ont bénéficié d’un appui en matière de prévention et de contrôle des infections.

Les efforts communautaires ont également progressé.

Les campagnes de sensibilisation ont atteint plus de 2,5 millions de personnes, tandis que le suivi des contacts est passé de 9 % lors de la première semaine de l’épidémie à 84 % au 18 août.

Parallèlement, les recherches scientifiques avancent avec des essais cliniques portant sur des traitements potentiels, l’évaluation de vaccins candidats et le déploiement du premier test moléculaire d’urgence spécifiquement adapté au virus Bundibugyo.

Les défis sécuritaires freinent encore la lutte contre Ebola

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles continuent de compliquer la riposte.

Les autorités sanitaires doivent composer avec :

  • l’insécurité dans certaines zones affectées ;

  • les déplacements massifs de populations ;

  • les attaques contre des établissements de santé ;

  • les difficultés d’accès à plusieurs foyers de transmission ;

  • certaines réticences communautaires face aux équipes de riposte.

Pour répondre à ces défis, l’OMS appelle à renforcer davantage la surveillance épidémiologique, la coordination entre les provinces et la coopération transfrontalière afin de détecter rapidement les éventuels cas importés.

Une mobilisation internationale qui s’intensifie

Depuis le début de l’épidémie, l’OMS a déployé plus de 260 experts en RDC, acheminé plus de 330 tonnes de fournitures médicales et logistiques et consacré 5,6 millions de dollars aux opérations d’urgence.

Les pays voisins poursuivent également leurs préparatifs en harmonisant leurs systèmes de surveillance, en renforçant les contrôles aux frontières et en coordonnant leurs plans de réponse.

Pour l’organisation onusienne, les cent premiers jours ont permis de poser les bases d’une riposte plus robuste. Mais le véritable défi commence maintenant : accélérer la détection des cas, protéger davantage les communautés les plus exposées et interrompre durablement les chaînes de transmission avant que cette épidémie historique ne prenne une ampleur encore plus difficile à maîtriser.

Le gouvernement lance un fichier national des athlètes avec le géant japonais TOPPAN

Kinshasa, 22 août 2026. Une nouvelle étape s’ouvre pour le sport congolais. Le ministère des Sports et Loisirs et le groupe japonais TOPPAN ont officiellement signé le contrat définitif qui ouvre la voie à la création du tout premier fichier national des athlètes congolais, un projet destiné à transformer la gestion des talents sportifs à travers l’ensemble du pays.

Paraphé au cabinet du ministre Didier Budimbu, en présence d’Anthony Candela, représentant de TOPPAN, cet accord concrétise le protocole d’entente conclu entre les deux parties le 8 novembre 2024. Au-delà d’une simple signature, il marque le passage à la phase opérationnelle d’une initiative présentée comme un levier de modernisation du secteur sportif en République démocratique du Congo.

Une identité sportive nationale pour tous les athlètes congolais

Le projet ambitionne de constituer une base de données nationale regroupant les athlètes congolais de toutes les disciplines, qu’ils évoluent dans les grandes villes, les provinces ou les zones les plus éloignées du pays.

L’objectif est de centraliser des informations fiables sur les sportifs afin de mieux assurer leur suivi et d’offrir aux autorités une vision plus précise du paysage sportif national.

Selon TOPPAN, cette démarche concerne l’ensemble des athlètes congolais, sans distinction de discipline, de niveau de compétition ou de lieu de résidence.

Un outil stratégique pour mieux accompagner les talents

Au-delà du recensement des sportifs, cette base de données est appelée à devenir un véritable instrument d’aide à la décision pour les pouvoirs publics.

Elle devra permettre au ministère des Sports de mieux planifier ses politiques d’accompagnement, d’encadrement et de développement des talents, tout en facilitant la gestion des programmes sportifs à l’échelle nationale.

Pour les autorités, disposer d’un registre fiable des athlètes représente également un moyen de renforcer le suivi des carrières, d’améliorer la préparation des compétitions et d’orienter plus efficacement les investissements consacrés au sport.

Une coopération RDC-Japon qui entre dans sa phase concrète

La concrétisation de ce partenariat s’inscrit dans le cadre d’une coopération plus large entre la République démocratique du Congo et le Japon.

Le processus ayant conduit à la signature du contrat a bénéficié de l’appui de l’ambassadeur du Japon en RDC, Hidetoshi Ogawa, dont l’accompagnement a contribué à faire aboutir ce projet.

Avec la signature de ce contrat définitif, les deux partenaires ouvrent désormais la voie au déploiement effectif du dispositif sur le terrain.

Pour le gouvernement congolais, cette initiative dépasse la simple création d’un fichier administratif. Elle constitue une première étape vers une gouvernance plus moderne du sport, où l’identification des athlètes devient un outil stratégique pour détecter les talents, mieux les accompagner et bâtir une politique sportive fondée sur des données fiables à l’échelle nationale.

Processus de Doha : Minembwe devient le premier test du cessez-le-feu entre Kinshasa et l’AFC/M23

Minembwe, Sud-Kivu. Après des mois de négociations diplomatiques entre Kinshasa et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), le processus de paix de Doha entre dans une phase décisive. Ce lundi 24 août, la localité de Minembwe accueille la première mission de vérification du cessez-le-feu du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), un dispositif conçu pour transformer les engagements politiques en actions concrètes sur le terrain.

Cette opération constitue le premier véritable test de crédibilité du mécanisme instauré sous l’égide de l’État du Qatar, alors que les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de violations de la trêve.

Un premier test après les discussions de Montreux

Le déploiement intervient quelques jours seulement après la retraite d’évaluation organisée du 17 au 21 août à Montreux, en Suisse, où les délégations du gouvernement congolais et de l’AFC/M23 ont fait le point sur l’application de l’accord-cadre signé à Doha.

À l’issue de cette rencontre, les deux camps ont adopté une feuille de route destinée à accélérer les négociations sur les protocoles encore en suspens, avec l’objectif affiché d’aboutir à un accord de paix définitif.

Parmi les avancées annoncées figurent la mise en place du secrétariat du MCVE+ et l’organisation de cette première mission de terrain.

« Les parties se sont félicitées des progrès continus accomplis dans la mise en œuvre du MCVE+, notamment la création de son Secrétariat et la mission de reconnaissance menée le 20 août avec l’appui logistique de la MONUSCO », souligne le communiqué final publié après les discussions.

Les deux délégations se sont également accordées sur l’importance d’adopter une méthode commune pour signaler et documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu.

Pourquoi Minembwe est au cœur de cette première mission

Le choix de Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, n’a rien d’anodin.

Cette région demeure l’une des zones les plus sensibles de l’Est de la RDC, où les tensions communautaires, les affrontements armés et les accusations réciproques de violations des engagements restent fréquents.

Quelques jours avant cette mission, des accusations relatives à l’expulsion d’un officier congolais des zones contrôlées par l’AFC/M23 avaient ravivé les tensions.

Dans ce contexte, le déploiement du MCVE+ devra démontrer sa capacité à établir les faits de manière concertée et à réduire les versions contradictoires des événements rapportés par les deux parties.

Au-delà de la vérification elle-même, les partenaires internationaux suivront attentivement cette opération afin d’évaluer si le mécanisme peut réellement contribuer à instaurer un climat de confiance autour du cessez-le-feu.

Un mécanisme soutenu par le Qatar, l’Union africaine et les États-Unis

Le MCVE+ ne constitue pas une initiative improvisée.

Son principe figure déjà dans l’accord de cessez-le-feu conclu à Doha en octobre 2025, tandis que ses termes de référence, sa composition et son mode de fonctionnement ont été officiellement adoptés le 2 février 2026, toujours sous la médiation du Qatar.

Le mécanisme réunit des représentants des deux parties, tandis que l’Union africaine, le Qatar et les États-Unis y participent en qualité d’observateurs.

Sa mission consiste à :

  • surveiller l’application du cessez-le-feu ;

  • enquêter sur les violations signalées ;

  • produire des rapports conjoints afin de limiter les contestations sur les incidents enregistrés.

Sa formalisation avait été renforcée lors des discussions de Montreux, en avril dernier, avant le déploiement progressif des équipes sur le terrain, notamment avec l’arrivée récente d’officiers congolais à Goma.

La MONUSCO en appui d’une étape décisive

Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prolonge le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026, la mission onusienne apporte un soutien logistique et technique au mécanisme de vérification.

C’est d’ailleurs avec cet appui qu’une mission de reconnaissance avait été menée le 20 août afin de préparer l’opération prévue à Minembwe.

Cette première vérification s’inscrit également dans le prolongement des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington, réaffirmés lors de la sixième réunion du Comité conjoint de suivi tenue à Londres. À cette occasion, la RDC et le Rwanda s’étaient engagés à contribuer au désamorçage des tensions autour de Minembwe et à soutenir les mécanismes destinés à consolider le cessez-le-feu.

Un tournant attendu pour la paix dans l’Est de la RDC

Si cette mission constitue une avancée opérationnelle importante, elle intervient dans un contexte où les accusations de nouvelles attaques contre les civils et de violations du cessez-le-feu continuent d’alimenter la méfiance entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Pour les partenaires impliqués dans le processus de Doha, l’enjeu dépasse largement la seule opération de Minembwe. Le succès — ou l’échec — de cette première mission de vérification pourrait déterminer la crédibilité du MCVE+ et influencer la suite des négociations en vue d’un accord de paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Kinshasa : La RN1 fermée 12 mois à Mitendi pour la construction d’un échangeur

Le Gouverneur de la Ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a annoncé la fermeture temporaire de la circulation sur la Route Nationale n°1 (RN1) au niveau du croisement de Mitendi, dès samedi 23 août 2026. La mesure prendra une durée prévisionnelle de douze mois.

Pour l’autorité provinciale, sa décision vise à permettre la construction de l’échangeur de Mitendi, un ouvrage destiné à relier la RN1 à la Rocade Sud-Ouest.

Selon le communiqué, la fermeture concerne le tronçon de la RN1 situé à Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula. Elle est jugée indispensable pour que l’entreprise « China Railway Engineering Corporation » (CREC-8), réalise les travaux dans des conditions optimales de sécurité.

« Pour éviter la paralysie totale, l’ensemble du trafic sera dévié vers une voie spécialement aménagée à proximité du chantier », souligne le document.

En effet, le Gouverneur insiste sur « le respect strict de la signalisation, des limitations de vitesse et des instructions des agents de la Police de Circulation Routière déployés sur place ».

Un projet « structurant » pour la fluidité du trafic kinois

Au-delà de la contrainte, Daniel Bumba présente cet ouvrage comme un projet structurant pour Kinshasa. D’après l’Hôtel de Ville, l’échangeur devra améliorer durablement la fluidité sur la RN1, renforcer la sécurité des usagers et accompagner le développement des infrastructures routières de la capitale.

Par ailleurs, le Gouverneur appelle les automobilistes, conducteurs de transport en commun, poids lourds et piétons à faire preuve de prudence, de patience et de civisme durant toute la période des travaux.

Avec cette fermeture, les kinois doivent s’attendre à des perturbations importantes sur ce tronçon pendant un an. La réussite du chantier dépendra donc de la collaboration de tous. Mais la décision prise tient à améliorer les conditions des infrastructures de la capitale qui compte environ 17 millions d’habitants.

Ebola en RDC : Delly Sesanga préconise 4 priorités pour renforcer la riposte

Le président national du parti « Envol », Delly Sesanga, a préconisé, vendredi 21 août 2026, 4 priorités pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo. Il a proposé notamment de rétablir la confiance des communautés, réorienter les moyens vers le terrain, rendre le leadership opérationnel aux techniciens et anticiper les risques de persistance et de résurgence.

Pour Delly Sesanga, l’aggravation de la situation sanitaire impose d’agir avec méthode. Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie touche actuellement 56 zones de santé dans les provinces de l’Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo, Haut-Uélé et Bas-Uélé.

Cette extension géographique, à en croire cet opposant congolais, constitue un signal d’alerte majeur. Il a déploré en même temps que la surveillance épidémiologique n’ait pas été optimale depuis le début.

« Le Gouvernement a failli dans sa mission première de prévention et de détection précoce », a-t-il fustigé, avant de rappeler que cette défaillance a facilité la propagation du virus.

Et de renchérir : « La gravité de l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo impose désormais de regarder les faits en face et d’exiger des résultats du Gouvernement, face à une urgence sanitaire qui menace de devenir une crise nationale ».

Dépolitiser la riposte et miser sur les techniciens

Dans la foulée, Delly Sesanga a aussi pointé les contraintes du contexte, marquées par la forte mobilité des populations, l’exploitation minière artisanale, les déplacements internes, la guerre ainsi que la présence de groupes armés. Pour lui, ces éléments compliquent le suivi des contacts et l’accès aux malades, mais ne doivent pas servir d’alibi.

En effet, il a demandé au Gouvernement de dépolitiser la gestion de la riposte et de rétablir la primauté de l’expertise technique.

« Une épidémie d’Ebola ne se gère ni par la communication politique ni par la multiplication des descentes ministérielles. Elle exige une chaîne de commandement technique claire, une surveillance efficace, la détection et l’isolement précoces des cas, leur prise en charge rapide, le suivi rigoureux des contacts et l’adhésion des communautés », a-t-il dénoncé.

Quatre axes pour une riposte efficace sur le terrain

Dans sa note, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’action communautaire, de réorienter les ressources vers le terrain et de garantir la transparence dans leur utilisation.

Outre cela, il a souligné la nécessité de renforcer la communication de proximité et les relais communautaires afin de restaurer la confiance. Il appelle aussi à orienter en priorité les moyens vers la surveillance, le suivi des contacts et les équipes médicales de première ligne.

Sur le plan institutionnel, Delly Sesanga a proposé de placer l’Institut National de Santé Publique (INSP) et l’Institut National de Recherche Biomédicale
(INRB), au cœur de la riposte, avec l’appui des partenaires techniques. Enfin, il a recommandé d’assurer un suivi médical et biologique approprié des survivants pour éviter toute résurgence.

« Le temps n’est plus à la communication. Il est à l’action, à la transparence et aux résultats. Ebola ne se combat pas par les effets d’annonce. Il se combat sur le terrain, avec des techniciens compétents, des moyens effectivement disponibles et une chaîne de commandement efficace », a conclu Delly Sesanga.

10 ans du CHESD : Tshisekedi appelle les diplômés à bâtir une doctrine de défense globale et souveraine

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a chargé le Collège des Hautes Études de Stratégie et de Défense (CHESD) de forger une pensée stratégique propre au système sécuritaire de la République Démocratique du Congo. C’était à l’occasion de la double cérémonie de clôture de l’année 2025-2026 et d’ouverture de la session 2026-2027, tenue jeudi 20 août 2026, au Palais du Peuple, marquant le 10e anniversaire de l’institution.

Devant son homologue du Burundi, Évariste Ndayishimiye, Félix Tshisekedi a dévoilé les contours d’une « doctrine de défense globale » articulée autour de 5 axes prioritaires.

C’est notamment « l’affirmation d’une pensée stratégique souveraine, le développement des capacités de veille et d’anticipation, la souveraineté numérique et informationnelle, la promotion de réponses africaines aux crises régionales et le respect de l’éthique républicaine ».

Le message est politique et militaire à la fois. Le Chef de l’État veut que la RDC ne subisse plus les menaces mais les anticipe, avec ses propres concepts et non des schémas importés.

10 ans et 1 692 cadres formés : le CHESD devient une référence

Ont également pris part à la cérémonie les ministres de la Défense de la République du Congo et de la République Centrafrique, venus représenter leurs présidents ainsi que plusieurs autres auditeurs.

En 10 ans, le CHESD a formé 1 692 cadres civils et militaires, en partenariat avec l’École Supérieure d’Administration Militaire (ESAM).

Le CHESD s’est ainsi imposé comme le vivier de l’élite stratégique du pays. Sa dimension régionale avec des invités de marque montre que Kinshasa veut en faire aussi un pôle d’influence en Afrique centrale.

Le Président l’a qualifié en effet d’« école du discernement, de l’anticipation et de la responsabilité ».

Souveraineté et paix

Pour la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le Chef de l’État a réaffirmé sa position. Il a exclu « toute paix de résignation ou de fait accompli » face à l’agression rwandaise et à l’exploitation illégale des ressources congolaises.

« Nous voulons une paix juste, vérifiable et durable. Il n’existe aucune contradiction entre la recherche de la paix et le renforcement de nos capacités de défense », a-t-il martelé.

Et d’ajouter : « La paix donne à la défense sa finalité ; la défense donne à la paix sa garantie ».

Ce discours intervient alors que la RDC siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour 2026-2027. Kinshasa lie sa sécurité intérieure à son rôle international et revendique le droit de se doter des moyens de sa souveraineté.

Aux nouveaux diplômés : « le savoir est une responsabilité »

S’adressant aux lauréats civils et militaires, Félix Tshisekedi a insisté sur le devoir qui les attend. Le savoir reçu, a-t-il souligné, n’est pas un privilège, mais plutôt une responsabilité au service de la nation.

Par ailleurs, il les a appelés à « regarder au-delà de l’urgence, à placer l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers et à décider avec lucidité et courage ».

À travers cet appel, le CHESD doit davantage produire des décideurs capables de traduire cette doctrine en actes. L’enjeu pour les prochaines années sera de transformer cette vision stratégique en capacités opérationnelles concrètes pour l’armée et l’administration.

Ebola:l’OMS déploie 70 000 vaccins « hors-label » pour tenter d’endiguer la pire épidémie de l’histoire

L’arme arrive-t-elle trop tard ? Alors que l’épidémie d’Ebola due à la souche Bundibugyo s’emballe en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé ce jeudi 20 août un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre Ervebo – le vaccin qui avait permis d’éteindre les feux de l’épidémie de 2018-2020 en RDC – sont acheminées d’urgence.

Mais il y a un hic de taille : l’Ervebo n’est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement. Le Bundibugyo, un cousin génétique du virus Zaïre, résiste encore aux certitudes scientifiques. L’opération est donc un pari à la fois humanitaire et scientifique, mené à une vitesse inédite.

20 000 doses pour un essai clinique d’envergure

Les 70 000 flacons ne seront pas utilisés de la même manière. Sur ce lot colossal, 20 000 doses seront dédiées à un essai clinique de phase 3, une première mondiale. L’objectif : tester en conditions réelles si l’Ervebo, conçu contre le Zaïre, offre une protection croisée efficace contre le Bundibugyo.

« Les données en laboratoire et sur l’animal suggèrent une possible protection, mais nous n’avons aucune certitude chez l’humain », a confié une source proche du dossier à l’OMS. Ce test grandeur nature, mené en pleine épidémie, est une course contre la montre pour obtenir des preuves scientifiques tout en sauvant des vies.

50 000 doses pour les « anges gardiens » de la riposte

Les 50 000 doses restantes sont, elles, réservées à ceux qui sont en première ligne de ce front sanitaire : les travailleurs de santé et les personnels d’intervention. Ces héros du quotidien, qui bravent le virus dans des structures souvent démunies, seront vaccinés en priorité, conformément aux recommandations des groupes d’experts de l’OMS.

Une décision cruciale alors que l’épidémie continue de s’étendre comme une traînée de poudre. Selon les derniers chiffres arrêtés au 12 août, 4 665 cas confirmés et 2 184 décès ont déjà été enregistrés. Le virus a désormais gagné du terrain, touchant 54 zones de santé réparties dans six provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo et Bas-Uélé. La barre des 2 500 morts est désormais franchie, selon les dernières remontées de l’OMS.

La RDC, laboratoire grandeur nature contre un tueur invisible

Cette flambée est de loin la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Face à la vitesse de propagation, les autorités congolaises, débordées, peinent à endiguer le mal dans des régions où l’État est fragile et les infrastructures de santé exsangues.

Mais la recherche ne s’arrête pas. L’OMS a confirmé que deux autres vaccins spécifiques au Bundibugyo sont en phase d’essais cliniques :

  • L’un développé par le géant américain Moderna, utilisant la technologie révolutionnaire de l’ARNm.

  • L’autre par l’université d’Oxford, au Royaume-Uni.

Par ailleurs, un troisième candidat, nommé « rVSV Bundibugyo », est qualifié par l’OMS de « plus prometteur » et sera développé par Hilleman Laboratories.

En attendant des traitements ciblés, la RDC mise sur l’Ervebo pour freiner l’hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu’incertain sur le plan scientifique, est un signal fort : face à l’urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau.

RDC : Le Gouvernement poursuit la réforme du petit commerce et du commerce de détail (Mise au point)

Le Gouvernement a rassuré, jeudi 20 août 2026, de la poursuite de la réforme du petit commerce et du commerce de détail en République Démocratique du Congo. Dans une mise au point, le ministère de l’Économie nationale a souligné que le processus se déroule selon un calendrier progressif, méthodique et coordonné.

Le ministère de tutelle tient à organiser le secteur et garantir le respect de la loi à l’approche de la fin de la période de mise en conformité accordée aux opérateurs étrangers. Il souligne en outre sa volonté de couper court aux spéculations, tout en réitérant la nécessité de garder la main sur ladite réforme.

En effet, la première phase consiste à identifier et géolocaliser tous les opérateurs concernés. Ce recensement permet à l’État de disposer d’une cartographie fiable des commerçants étrangers exerçant dans les secteurs visés par la loi.

Selon la même source, l’opération d’identification est achevée à Kinshasa à ce jour. Elle sera déployée progressivement dans toutes les provinces du pays.

« Sans fichier et sans adresses précises, aucune réglementation ne peut être appliquée », souligne le texte. Cette base de données est donc le socle de toute la réforme. Kinshasa sert de ville pilote avant l’extension nationale.

La deuxième phase vise à assurer l’application effective des dispositions légales et réglementaires en vigueur, sur la base des données collectées.

Tous les services compétents de l’État seront par ailleurs mobilisés. La Police Nationale Congolaise (PNC), déjà présente lors du recensement pour sécuriser les équipes, accompagnera aussi cette nouvelle étape dans le cadre de ses missions.

Un objectif : sécuriser durablement le secteur

Pour le ministère, il n’y a aucune ambiguïté. La réforme vise à instaurer durablement le respect des règles qui encadrent le petit commerce et le commerce de détail en RDC. Le tout dans le strict respect de la loi, et alors que la date de fin de la période de tolérance pour les opérateurs étrangers approche.

Au-delà de la polémique, l’enjeu est de protéger les petits commerçants congolais, de formaliser l’économie et d’augmenter les recettes de l’État. La réussite dépendra de la pédagogie et de la fermeté dans l’application.

Ebola en RDC : Le Gouvernement renforce la riposte avec vaccins et mesures scolaires

En République Démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola a totalisé 5 208 cas confirmés au 18 août 2026. Selon le bulletin de l’Institut National de Santé Publique (INSP), la riposte est active dans 6 provinces, notamment Bas-Uélé, Haut-Uélé, Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tshopo, avec désormais 56 zones de santé affectées.

Sur le plan médical, 730 patients sont en isolement ou hospitalisés, 1 115 personnes ont été déclarées guéries et 2 476 décès ont été enregistrés. Le taux de létalité est de 47,5 % et le suivi des contacts atteint 84 %.

L’extension géographique montre que le virus circule toujours. Avec près d’un malade sur deux qui décède, l’urgence est de détecter plus tôt et de traiter plus vite.

Vaccination de masse : 2000 doses disponibles, 500 000 demandées

Pour freiner la propagation, l’INSP intensifie la surveillance épidémiologique, la prévention communautaire et la prise en charge rapide des cas. L’axe central reste la vaccination. Le vaccin ERVEBO est déjà mobilisé sur le terrain.

À ce jour, 2 000 doses sont disponibles dans la Tshopo et une demande de 500 000 doses supplémentaires a été formulée pour élargir la couverture.

Nouveaux traitements et surveillance : la prise en charge évolue

L’introduction du remdésivir a été annoncée dans les centres de traitement. En parallèle, l’examen des anticorps monoclonaux et d’autres antiviraux est en cours afin d’améliorer les chances de guérison et de réduire la mortalité.

Après des années de ripostes centrées sur l’isolement, la RDC intègre désormais des options thérapeutiques. Couplées au vaccin, elles pourraient faire la différence pour les patients déjà infectés et alléger la pression sur les équipes.

La rentrée scolaire 2026-2027 s’adapte au risque sanitaire

Pour la rentrée scolaire 2026-2027, l’INSP prévoit un dispositif adapté dans 18 zones de santé à haut risque. Pendant quatre semaines, un enseignement à distance léger sera déployé, basé sur des fiches pédagogiques imprimées, les radios locales et le suivi des enseignants. Aucun internet ni équipement numérique ne sera exigé aux familles.

Cette mesure est jugée pragmatique pour protéger les enfants tout en évitant une année blanche. Elle montre que la lutte contre Ebola est désormais multisectorielle, touchant la santé, l’éducation et la communication. Ces secteurs sont appelés à avancer ensemble pour couper les chaînes de transmission.

Ebola:la RDC innove avec un enseignement à distance « low-tech » pour protéger 18 zones sanitaires

Alors que l’épidémie de fièvre hémorragique continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement a pris une décision historique pour protéger ses enfants. Exit la fermeture pure et simple des écoles : ce sera une rentrée différenciée pour 18 zones de santé classées à « haut risque ». Dès le 1er septembre 2026, l’enseignement à distance entrera en vigueur. Mais pas question de miser sur Internet. Le dispositif reposera sur des cahiers imprimés et les ondes radio.

C’est l’annonce choc faite ce mardi 18 août par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu. À ses côtés se trouvaient ses collègues de la Santé, Roger Kamba, et de la Communication, Patrick Muyaya. L’objectif est double : assurer la continuité des apprentissages tout en limitant les risques de propagation du virus Bundibugyo, particulièrement virulent chez les jeunes.

Des « savoirs essentiels » distribués toutes les quatre semaines

Concrètement, le gouvernement ne mise pas sur des outils technologiques hors de portée. L’enseignement à distance sera « low-tech » et accessible à tous. « Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou internet », a tenu à clarifier la ministre. « C’est un enseignement à distance léger. »

Ainsi, dans les zones concernées, les équipes pédagogiques prépareront des contenus condensés en « savoirs essentiels ». Elles les mettront ensuite à la disposition des élèves toutes les quatre semaines.

Les enseignants distribueront des feuilles et des cahiers d’exercices imprimés. En parallèle, les radios locales et communautaires diffuseront des émissions éducatives. Les enfants pourront ainsi poursuivre leurs apprentissages depuis leur domicile.

Une stratégie pour éviter le passage au « rouge »

Ce dispositif concerne 13 % des sous-divisions éducatives touchées par l’épidémie. Il résulte d’une collaboration étroite entre les ministères de l’Éducation et de la Santé.

L’enjeu reste crucial : éviter qu’une zone classée « orange » ne bascule en zone « rouge ». Un tel passage pourrait paralyser totalement la vie scolaire.

Par ailleurs, le gouvernement lance une vaste campagne de sensibilisation. Elle cible les enseignants, les chefs d’établissement et les communautés. « Une personne malade ne doit pas se rendre à l’école », a martelé Raïssa Malu.

Dans ces zones à risque, les autorités limiteront également les rassemblements importants. Elles coordonneront ces mesures avec les services sanitaires afin de réduire les risques de transmission.

Un pari pour l’avenir face à une épidémie qui s’enracine

Cette mesure intervient dans un contexte sanitaire alarmant. Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu constituent les épicentres d’une épidémie qui a déjà fait des milliers de cas confirmés et des centaines de morts.

De plus, la situation nutritionnelle complique encore la réponse sanitaire. Dans certaines zones, plus de la moitié des enfants souffrent de malnutrition chronique. Leur vulnérabilité face au virus augmente donc, tout comme leur besoin de maintenir un lien avec l’école.

En refusant de fermer les établissements, comme cela avait pu être envisagé, le gouvernement fait le pari de l’adaptation. Grâce à ce système hybride, fondé sur la radio et le papier, la RDC veut maintenir les élèves sur le chemin de l’école tout en freinant la transmission du virus.

Ainsi, dans des territoires déjà durement éprouvés par les conflits et les déplacements, les autorités cherchent un équilibre entre protection sanitaire et continuité éducative. La rentrée du 1er septembre constituera donc un véritable test pour ce dispositif inédit.