Santé




Ebola:la RDC innove avec un enseignement à distance « low-tech » pour protéger 18 zones sanitaires

Alors que l’épidémie de fièvre hémorragique continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement a…

Alors que l’épidémie de fièvre hémorragique continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement a pris une décision historique pour protéger ses enfants. Exit la fermeture pure et simple des écoles : ce sera une rentrée différenciée pour 18 zones de santé classées à « haut risque ». Dès le 1er septembre 2026, l’enseignement à distance entrera en vigueur. Mais pas question de miser sur Internet. Le dispositif reposera sur des cahiers imprimés et les ondes radio.

C’est l’annonce choc faite ce mardi 18 août par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu. À ses côtés se trouvaient ses collègues de la Santé, Roger Kamba, et de la Communication, Patrick Muyaya. L’objectif est double : assurer la continuité des apprentissages tout en limitant les risques de propagation du virus Bundibugyo, particulièrement virulent chez les jeunes.

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Des « savoirs essentiels » distribués toutes les quatre semaines

Concrètement, le gouvernement ne mise pas sur des outils technologiques hors de portée. L’enseignement à distance sera « low-tech » et accessible à tous. « Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou internet », a tenu à clarifier la ministre. « C’est un enseignement à distance léger. »

Ainsi, dans les zones concernées, les équipes pédagogiques prépareront des contenus condensés en « savoirs essentiels ». Elles les mettront ensuite à la disposition des élèves toutes les quatre semaines.

Les enseignants distribueront des feuilles et des cahiers d’exercices imprimés. En parallèle, les radios locales et communautaires diffuseront des émissions éducatives. Les enfants pourront ainsi poursuivre leurs apprentissages depuis leur domicile.

Une stratégie pour éviter le passage au « rouge »

Ce dispositif concerne 13 % des sous-divisions éducatives touchées par l’épidémie. Il résulte d’une collaboration étroite entre les ministères de l’Éducation et de la Santé.

L’enjeu reste crucial : éviter qu’une zone classée « orange » ne bascule en zone « rouge ». Un tel passage pourrait paralyser totalement la vie scolaire.

Par ailleurs, le gouvernement lance une vaste campagne de sensibilisation. Elle cible les enseignants, les chefs d’établissement et les communautés. « Une personne malade ne doit pas se rendre à l’école », a martelé Raïssa Malu.

Dans ces zones à risque, les autorités limiteront également les rassemblements importants. Elles coordonneront ces mesures avec les services sanitaires afin de réduire les risques de transmission.

Un pari pour l’avenir face à une épidémie qui s’enracine

Cette mesure intervient dans un contexte sanitaire alarmant. Les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu constituent les épicentres d’une épidémie qui a déjà fait des milliers de cas confirmés et des centaines de morts.

De plus, la situation nutritionnelle complique encore la réponse sanitaire. Dans certaines zones, plus de la moitié des enfants souffrent de malnutrition chronique. Leur vulnérabilité face au virus augmente donc, tout comme leur besoin de maintenir un lien avec l’école.

En refusant de fermer les établissements, comme cela avait pu être envisagé, le gouvernement fait le pari de l’adaptation. Grâce à ce système hybride, fondé sur la radio et le papier, la RDC veut maintenir les élèves sur le chemin de l’école tout en freinant la transmission du virus.

Ainsi, dans des territoires déjà durement éprouvés par les conflits et les déplacements, les autorités cherchent un équilibre entre protection sanitaire et continuité éducative. La rentrée du 1er septembre constituera donc un véritable test pour ce dispositif inédit.

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