Classement FIFA : les Léopards grimpent d’une place malgré un bilan mitigé

La trêve internationale de septembre a redistribué les cartes. Ce jeudi 18 septembre, la Fédération internationale de football association (FIFA) a publié son classement mondial mensuel. Et malgré un bilan en demi-teinte lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, la République démocratique du Congo a légèrement progressé : les Léopards grimpent d’une place, passant du 61ᵉ au 60ᵉ rang mondial, et conservent leur 11ᵉ position sur le continent africain.

Une évolution modeste, qui s’explique par un calcul complexe mais surtout par le contraste des résultats enregistrés en septembre. Face au Soudan du Sud, les coéquipiers de Chancel Mbemba ont remporté une victoire attendue – un succès qui rapporte des points précieux. Mais c’est la défaite concédée face au Sénégal, voisin et rival sportif de taille, qui a freiné l’élan des Léopards et les a privés d’une ascension plus significative.

Une progression en pointillés

Au total, la RDC a même perdu 4,70 points dans le calcul FIFA, preuve que la concurrence est acharnée au sommet du football africain et mondial. Cette légère progression malgré la perte de points s’explique par les contre-performances d’autres sélections situées autour d’elle au classement.

Le prochain classement, prévu pour le 23 octobre 2025, offrira une nouvelle occasion aux Léopards de consolider leur position – à condition de enchaîner les bons résultats lors des prochaines joutes qualificatives pour le Mondial 2026.

Un classement qui cache des défis persistants

Derrière ce petit bond symbolique se cache une réalité plus contrastée : celle d’une sélection qui peine encore à s’imposer comme une puissance footballistique incontournable sur le continent. Onzième africaine, la RDC reste à la traîne derrière des nations comme le Maroc, le Sénégal, le Nigeria ou la Côte d’Ivoire, qui trustent les premières places.

Pour retrouver l’élite, les Léopards devront non seulement gagner, mais gagner contre les grands. Le match contre le Sénégal était à ce titre une occasion manquée. La route vers la Coupe du Monde 2026 est encore longue, et chaque match comptera double.

Restez connectés : la prochaine mise à jour du classement, le 23 octobre, nous dira si les Léopards ont su rugir plus fort.

Partenariat FC Barcelone – RDC : des doutes déjà sur un contrat à 44 millions d’euros

Annoncé en grande pompe et présenté comme une opportunité historique, le partenariat FC Barcelone RDC, évalué à 44 millions d’euros, devait propulser l’image de la République Démocratique du Congo sur la scène internationale. L’aura mondiale du Barça, club parmi les plus mythiques du football, devait servir de vitrine au pays. Mais à peine signé, l’accord suscite déjà des interrogations.

Lors du récent déplacement du FC Barcelone à Newcastle, pour un match de Ligue des Champions, les observateurs ont noté l’absence du slogan « RDC au cœur d’Afrique » sur les maillots d’entraînement catalans. Un détail qui alimente une question cruciale : le contrat ne concernerait-il que la Liga ? Si tel est le cas, l’impact médiatique s’en trouverait fortement réduit, car la Liga, bien qu’importante, ne rivalise pas avec la visibilité planétaire de la Ligue des Champions, suivie par des centaines de millions de téléspectateurs.

Cette omission soulève deux enjeux majeurs. La transparence, d’abord : les termes du contrat doivent être éclaircis pour dissiper toute ambiguïté. La crédibilité, ensuite : sans exposition européenne, l’opération pourrait paraître comme un investissement à rendement limité, suscitant déception et scepticisme dans l’opinion publique.

Dans un univers sportif où chaque seconde d’image vaut son poids en or, le moindre flou devient une controverse. Faute d’explications rapides, ce partenariat, conçu comme un tremplin pour la RDC, risque de se transformer en un sujet de frustration et de doute.

Tshisekedi à Pretoria : une visite éclair pour une alliance stratégique

 À peine le temps de poser le pied sur le tarmac de l’aéroport militaire de Waterkloof, ce jeudi matin, que le président Félix Tshisekedi s’est engouffré dans le cortège officiel en direction des Union Buildings. Invité par son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, le chef de l’État congolais effectue une visite éclair à Pretoria, condensé de diplomatie et de realpolitik, destinée à resserrer les liens entre Kinshasa et Pretoria.

Accueilli avec les honneurs militaires par la vice-ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Thandi Moreka, Tshisekedi s’est immédiatement rendu au siège du gouvernement pour un tête-à-tête suivi d’un déjeuner de travail avec Ramaphosa. Une rencontre directe, sans fioriture, qui témoigne de l’urgence et de l’importance des sujets à aborder.

Une délégation ciblée pour des enjeux précis

Le choix des accompagnants du président congolais est, à lui seul, un message. À ses côtés : le vice-Premier ministre en charge de la Défense, Guy Kabongo ; la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner ; et le ministre des Finances, Doudou Fwamba. Un triumvirate stratégique qui couvre les trois piliers de la coopération bilatérale : la sécurité, la diplomatie et l’économie.

Des domaines où les deux pays entretiennent une relation à la fois ancienne et cruciale. L’Afrique du Sud reste l’un des premiers investisseurs en RDC, notamment dans les mines, les télécommunications et la banque. Mais au-delà des chiffres, c’est le partenariat sécuritaire et géopolitique qui semble primer aujourd’hui.

Stabilité régionale et sécurisation de l’Est : les dossiers chauds

Alors que l’Est de la RDC sombre chaque jour un peu plus dans la violence, et que la rébellion du M23 défie ouvertement Kinshasa, le soutien de Pretoria – puissance militaire et diplomatique majeure du continent – est plus que jamais essentiel. Les deux chefs d’État devraient aborder la situation sécuritaire, les moyens de renforcer la coopération militaire et le soutien sud-africain aux processus de paix en cours.

Sur le plan économique, les discussions porteront sans doute sur les investissements, la facilitation des échanges et les grands projets d’infrastructures communs. La RDC, poumon économique potentiel de l’Afrique centrale, a besoin de partenaires solides et stables ; l’Afrique du Sud, elle, cherche à consolider son leadership continental.

Une visite brève, mais lourde d’enjeux

Quelques heures seulement. C’est le temps que durera cette visite, mais sa brièveté n’enlève rien à sa portée symbolique et politique. Elle s’inscrit dans la continuité des efforts de Tshisekedi pour internationaliser la crise sécuritaire qui frappe son pays et mobiliser le soutien des capitales influentes.

À quelques semaines de l’ouverture de la session parlementaire et dans un contexte de tension extrême à l’Est, ce déplacement éclair est aussi un signal fort envoyé à l’intérieur : celui d’un président actif, qui place la diplomatie et la sécurité au cœur de son action.

Le retour de Tshisekedi à Kinshasa sera sans doute suivi d’annonces concrètes. Reste à savoir si Pretoria accordera à Kinshasa le soutien espéré – et si cette visite, aussi brève soit-elle, portera ses fruits sur le terrain.

Le M23 exhibe sa nouvelle armée, Kinshasa crie à la « mascarade » et saisit les médiateurs

 La scène avait des allures de provocation calculée. À Rumangabo, dans le Nord-Kivu, la rébellion du M23 a exhibé, ce mercredi, la fin de formation militaire de plus de 7 000 hommes. Des images de parade, diffusées largement, montrant des rangs serrés et une logistique apparente. La réaction de Kinshasa n’a pas tardé : le gouvernement va porter l’affaire devant les médiations américaine et qatarie, estimant « inacceptable » qu’un groupe engagé dans des pourparlers de paix se livre à de telles démonstrations de force.

« Il ne faut pas vous fier à toute cette campagne que vous voyez », a tonné Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, lors d’un point presse hebdomadaire. « Nous savons tous que c’est la brigade avancée de l’armée rwandaise. Dans ce que j’ai vu, il y a sûrement des enfants, des prisonniers et tout ce qui ne devrait normalement pas figurer sur ce montage grossier. »

Des recrues forcées et des prisonniers utilisés comme figurants ?

L’accusation est grave. Selon des sources proches du dossier, une grande partie des hommes présentés comme de « nouveaux recrues » seraient en réalité des militaires et policiers capturés à Goma et Bukavu, puis contraints à endosser l’uniforme rebelle. Or, ces mêmes personnels sont officiellement listés comme prisonniers devant être échangés dans le cadre du mécanisme de confiance du processus de Doha.

« Un Congolais qui aime sa patrie ne peut s’allier avec ceux qui n’ont pour seul dessein que de tuer, intimider », a insisté Muyaya, dépeignant une situation d’« horreur » dans les zones sous occupation rebelle.

Doha : des discussions qui patinent dans le sang

Alors que les délégués des deux parties poursuivent tant bien que mal leurs discussions à Doha sous l’égide du Qatar, la réalité sur le terrain est tout autre. Les violations du cessez-le-feu se multiplient, chaque camp rejetant la faute sur l’autre. La mise en œuvre des mesures de confiance, dont l’échange des prisonniers, est au point mort.

Pire : cette exhibition militaire à Rumangabo semble torpiller délibérément l’esprit des déclarations de principes signées à Doha et à Washington. « Tous les actes qui violent cet esprit sont rapportés », a prévenu le porte-parole, laissant entendre que Kinshasa pourrait revoir son engagement dans des pourparlers qu’il juge désormais piégés.

La guerre de la communication, avant-coureur d’une reprise des combats ?

Cette parade n’est pas qu’une démonstration de force ; c’est aussi un coup médiatique. Le M23, en montrant sa capacité à former massivement et rapidement, envoie un message clair à Kinshasa et à la communauté internationale : nous sommes prêts à durer, et à combattre.

La réponse de Kinshasa, par la voix de Muyaya, est tout aussi claire : nous ne sommes pas dupes, et nous utiliserons tous les canaux diplomatiques pour dénoncer la supercherie.

Reste que sur le front, les tensions sont palpables. Les accrochages se intensifient, la rhétorique se durcit, et la confiance, déjà ténue, s’effrite davantage. L’exhibition de Rumangabo pourrait bien être le prélude non pas d’une paix retrouvée, mais d’une nouvelle escalade meurtrière dans l’Est congolais. Le processus de Doha vit ses heures les plus critiques.

Kalemie, nouvel eldorado économique ? Suminwa lance les grands chantiers du Tanganyika

Ils étaient des promesses de campagne, les voici devenus réalités tangibles. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka, en séjour ce mercredi 17 septembre dans la province du Tanganyika, a officiellement lancé une série de chantiers structurants destinés à désenclaver Kalemie et à en faire un pôle économique majeur de la République démocratique du Congo. Une visite éclair, mais lourde de symboles et d’engagements concrets.

Au cœur de son programme : la réhabilitation du boulevard Lumumba. Cet axe vital de 12,5 kilomètres, qui connecte les routes nationales RN5 et RN33, va être entièrement rénové. Un projet attendu de longue date par les habitants et les transporteurs, qui voient en lui l’artère nourricière de toute l’activité provinciale.

Moderniser le port, ouvrir la région

Mais le clou de sa visite aura été l’inspection du port international de Kalemie. Judith Suminwa n’a pas seulement arpenté les docks ; elle a aussi annoncé le lancement imminent de sa modernisation. La première phase des travaux est estimée à plus de 70 millions de dollars américains. Objectif affiché : transformer cette plateforme portuaire vieillissante en un hub logistique moderne, capable d’accueillir un trafic accru et de dynamiser les échanges avec les pays voisins.

« L’ambition est de relancer le commerce régional, de renforcer la connectivité avec la Zambie, le Burundi et la Tanzanie, et surtout, d’améliorer concrètement les conditions de vie des populations », a déclaré la cheffe du gouvernement, devant un parterre d’autorités locales et d’investisseurs.

Le pont Lukuga, prochain sur la liste ?

La Première ministre a également inspecté le pont Lukuga, autre infrastructure critique dont l’état nécessite une attention urgente. Si aucun plan de financement n’a été dévoilé sur place, son passage attentif sur le site laisse présager une prochaine annonce.

Avec ces lancements, le gouvernement Suminwa confirme sa volonté de faire du Tanganyika une zone pilote de son programme de développement intégré. La province, riche en potentialités mais longtemps négligée, pourrait bien devenir le laboratoire d’une nouvelle politique économique – centrée sur les infrastructures, la connectivité et le partenariat public-privé.

Reste maintenant à passer des discours aux actes. Les calendriers de réalisation, les sources de financement et les mécanismes de suivi devront être précisés rapidement pour convaincre une population souvent sceptique face aux annonces tonitruantes. Mais pour la première fois depuis longtemps, Kalemie se prend à rêver d’avenir.

Crise à l’Assemblée nationale : une commission spéciale créée pour examiner les pétitions contre Kamerhe

L’heure n’est plus aux rumeurs de couloir. La procédure parlementaire contre Vital Kamerhe et son bureau vient de franchir une étape cruciale. Ce mercredi, l’Assemblée nationale a installé une commission spéciale temporaire pour examiner les pétitions visant cinq membres éminents du bureau, dont son président. Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de la chambre, a dirigé la plénière en présence de Christophe Mboso, resté hors de la tourmente.

Cinq figures du bureau dans la ligne de mire

La commission réunit 22 membres : un par groupe parlementaire, plus un non-inscrit. Son mandat est clair : auditionner les parties, analyser les accusations, confronter les versions et remettre un rapport dans les 72 heures. Ce délai express traduit l’urgence politique.

Les pétitions, signées par plus de 250 députés, visent directement Vital Kamerhe, Djoli Eseng’ekeli, Dominique Munongo, Polipoli Chimène et Grâce Neema. Ces piliers de la majorité parlementaire voient désormais leur avenir menacé. Avec une telle majorité mobilisée, la stabilité de l’institution chancelle.

Tshilumbayi a présidé la séance pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêt, Mboso n’étant pas concerné par les requêtes. Mais dans un hémicycle polarisé, chaque geste et chaque silence nourrissent les spéculations.

72 heures pour sceller le sort du bureau

La mission confiée à la commission dépasse la simple vérification de la régularité des pétitions. Elle engage la légitimité politique du bureau et la confiance que les députés accordent encore à leur président.

Le compte à rebours est lancé : trois jours pour auditionner, conclure et présenter un rapport à la plénière. Trois jours pour décider si le bureau de Kamerhe survivra à cette tempête. Dans les couloirs du People’s Palace, certains murmurent que ce délai traduit autant la volonté d’agir vite que l’impatience d’en finir.

L’avenir de l’Assemblée nationale se joue désormais dans cette commission. Ses conclusions, attendues avec fébrilité, pourraient sceller le sort de Vital Kamerhe et bouleverser l’équilibre politique du pays.

Wazalendo :Quand la loyauté à un prix – Les milices posent leurs conditions à Kinshasa

Dans l’Est congolais en feu, les milices Wazalendo, ces combattants populaires surgis de la colère civile, viennent de présenter la note à Kinshasa. Leur mémo, adressé directement au président Félix Tshisekedi, est un pavé dans la mare des stratégies de sécurité nationale. S’ils jurent encore fidélité à la République, c’est désormais à une condition : que le pouvoir achète leur allégeance en monnaie sonnante et trébuchante – pouvoir politique, postes institutionnels, et mainmise sur la gestion territoriale.

La scène se passe à Uvira, ville-carrefour au bord du lac Tanganyika, où les tensions ont récemment explosé autour de la présence contestée du général Olivier Gasita. L’épisode n’était qu’un prélude. Aujourd’hui, les Wazalendo formalisent leurs exigences. Et le catalogue est éloquent.

Du fusil au bureau : les revendications d’un État dans l’État

Leur liste va bien au-delà des simples considérations tactiques. Ils demandent l’interdiction pure et simple des mouvements de population en provenance des zones tenues par le M23 – une mesure radicale qui signerait l’entérinement de la partition de fait de la région.

Ils exigent que les autorités déployées à Uvira y résident réellement, et non confortablement installées à Bujumbura, la capitale voisine du Burundi. Un camouflet cinglant pour une administration souvent perçue comme lointaine et déconnectée.

Surtout, ils revendiquent le droit de déployer leurs propres hommes aux entrées stratégiques du Sud-Kivu, s’auto-proclamant garde-frontières d’un État défaillant. Mais la véritable bascule se niche plus loin : les Wazalendo ne veulent plus seulement se battre ; ils veulent siéger.

Ils exigent un siège à la table des négociations de paix, notamment à Doha, et réclament l’intégration de leurs cadres politiques « dans les gouvernements national et provincial, les institutions, services étatiques et para-étatiques ». En filigrane, c’est la demande de création d’une quota, d’une rente politique permanente. Pour s’assurer que leurs doléances remontent directement au sommet, ils poussent même pour la nomination d’un « conseiller spécial » dédié à leur cause au niveau de la présidence.

Kinshasa dans l’expectative, la RAD dans les limbes

Pour l’heure, le pouvoir observe, silencieux. Aucune réponse officielle n’a été formulée. Dans l’entourage du président, on botte en touche auprès de RFI, renvoyant la balle vers la Réserve Armée de la Défense (RAD). Cette structure paramilitaire, créée en 2023 précisément pour encadrer et canaliser ces forces populaires, est présentée comme le seul canal légitime. Problème : à Uvira et ailleurs, la RAD n’existe que sur le papier. Elle n’est pas déployée.

Résultat : des milliers de combattants, galvanisés par un sentiment de patriotisme et d’abandon, restent sous le commandement de chefs auto-proclamés. Leur allégeance aux FARDC est ténue, souvent conflictuelle. Ils ne se considèrent pas comme des soldats, mais comme les gardiens ultimes d’une nation qu’ils estiment trahie.

La question qui tue : qui contrôle les contrôleurs ?

La montée en puissance des Wazalendo pose une question vertigineuse : qui contrôle vraiment ces hommes en armes ? Leur présence ne se limite plus aux lignes de front. Des rapports récents d’ONG et de l’ONU les documentent désormais dans les villes, les cités et les villages du Maniema, du Nord et du Sud-Kivu, agissant comme une autorité parallèle.

À Uvira, leur influence est palpable, leur pouvoir d’intimidation, réel. Leur récent affrontement avec le général Gasita n’était qu’un avertissement.

Kinshasa se trouve ainsi piégé. Il a encouragé l’émergence de ces milices pour contrer l’avancée du M23, mais il voit aujourd’hui se dresser une hydre à plusieurs têtes, exigeante, imprévisible et structurellement hostile à toute autorité qui n’émanerait pas d’elle-même.

En leur cédant, le pouvoir officialiserait la milicisation de l’État. En les réprimant, il risquerait de retourner contre lui des forces qu’il a lui-même armées et légitimées.

Le mémo des Wazalendo n’est donc pas une simple liste de demandes. C’est un ultimatum. La balle est désormais dans le camp de Félix Tshisekedi. Sa réponse, ou son silence, dessinera le visage futur de l’Est congolais : un État de droit, ou un marché de dupes où la violence négocie son prix au plus offrant.

Kamitatu dévoile les dessous de la fronde contre Kamerhe

Dans l’arène politique congolaise, où chaque coup résonne comme un ébranlement, la tribune d’Olivier Kamitatu a fait l’effet d’une déflagration. Ce mardi, l’ancien président de l’Assemblée nationale, fine lame de l’opposition et proche de Moïse Katumbi, a déposé des mots comme des charges explosives. Selon lui, la pétition visant à destituer Vital Kamerhe de son perchoir n’est qu’un leurre, le premier acte d’une manœuvre autrement plus vaste : ouvrir la voie à une révision de la Constitution en 2026.

Le véritable objectif ? Dégager l’obstacle que représente Kamerhe, figure influente et « dauphin naturel », pour « déverrouiller l’article 220 » de la Loi fondamentale – cet verrou sacré qui limite le nombre de mandats présidentiels. Un ambition que le président Félix Tshisekedi avait lui-même affichée fin 2024, avant que la tourmente sécuritaire dans l’Est ne impose un silence temporaire.

André Mbata dans le rôle de l’architecte

Du haut de sa tribune sur X, Kamitatu pointe un homme : le professeur André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée. C’est lui qui, dans l’ombre, orchestrerait ce « déverrouillage ». Le plan serait déjà ficelé : instaurer un septennat, supprimer le poste de Premier ministre, lui substituer un vice-président de la République. « Le ticket est déjà écrit », assène Kamitatu : « Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba ».

Une reconfiguration totale du pouvoir qui sonnerait le glas de l’équilibre actuel. Pour y parvenir, il faut une chambre parlementaire docile. D’où la nécessité de évincer Kamerhe, jugé trop indépendant, et de le remplacer par un personnage plus malléable. Kamitatu avance un nom : Christophe Mboso, 85 ans, doyen de l’Assemblée, qui serait chargé de « tenir la barre parlementaire et de garantir la docilité des délibérations ».

Les députés pétitionnaires, « pions » d’un jeu plus grand

Quant aux députés qui signent la motion de destitution contre le bureau de l’Assemblée ? Kamitatu n’y va pas par le dos de la cuillère. Il les décrit comme des « pions. Aveuglés ou corrompus », issus d’une « mascarade électorale la plus grossière de notre histoire récente ». Ils offriraient au pouvoir une « majorité fabriquée, non représentative », prête à voter les réformes les plus sensibles sans sourciller.

La narration de Kamitatu se fait alors plus sombre, presque tragique. Il convoque le spectre de 2015, quand une partie de la classe politique avait résisté à la dérive autoritaire. Aujourd’hui, prévient-il, modifier la Constitution dans un contexte de guerre à l’Est, d’ethnicisme et de corruption généralisée, « c’est accélérer la chute, fracturer le social, effondrer l’État ».

Une manœuvre à haut risque géopolitique

Ce n’est pas une simple réforme technique, insiste-t-il. C’est « un acte politique aux conséquences géopolitiques »« Graver dans le marbre une prolongation de pouvoir »« fermer les marges démocratiques »« bâtir un laboratoire de l’auto-suffisance présidentielle ». Les institutions deviendraient accessoires ; le chef de l’État, seul juge.

La machine à réviser semblait pourtant lancée fin 2024. Tshisekedi avait alors annoncé sans ambages son intention, évoquant même une commission scientifique pour début 2025. Le pouvoir justifiait cette urgence par le caractère étranger de la Constitution actuelle – « écrite par les étrangers ». Puis les rebelles du M23 ont pris Goma et Bukavu. Et le projet, trop sensible, est passé en mode veille.

Mais selon Kamitatu, il n’a jamais été abandonné. Juste repensé, recalibré, en attendant des jours meilleurs. L’éviction de Kamerhe en serait le premier signal, faible mais distinct, adressé à ceux qui savent écouter.

La suite appartient aux acteurs de cette tragédie à plusieurs actes. Mais une chose est sûre : le récit vient de basculer. Et Kamitatu, en souffleur inquiet, vient de jeter une lumière crue sur les coulisses de la République.

Kabombo Muadiamvita consolide l’axe militaire Ankara-Kinshasa

Kinshasa, le 16 septembre – Le bureau du vice-Premier ministre congolais de la Défense ressemblait à un véritable état-major diplomatique ce mardi. Me Guy Kabombo Muadiamvita a enchaîné les rencontres stratégiques avec l’ambassadeur turc en RDC et des délégations d’industries de défense, confirmant le rapprochement militaire entre Kinshasa et Ankara.

Une coopération qui passe à la vitesse supérieure

En présence du chef d’état-major général des FARDC, Jules Banza Muilambwe, l’ambassadeur turc Murât Ülkü a exprimé la satisfaction de son gouvernement quant à la mise en œuvre concrète des accords militaires bilatéraux. Preuve de cette dynamique : l’arrivée imminente d’un attaché de défense turc en RDC, dont l’accréditation devrait être finalisée dans les prochains jours.

« La présence de l’ambassadeur turc marquera l’excellence de la coopération militaire et industrielle entre les deux pays frères », a déclaré Me Kabombo, soulignant le « soutien diplomatique constant » d’Ankara. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de renforcer ces liens bilatéraux « dans l’intérêt des deux États ».

Le modèle turc comme inspiration congolaise

Sans pause, le vice-Premier ministre a enchaîné avec une réunion avec la délégation de l’industrie de défense turque et la société Afridex. Lors de ces échanges, Me Kabombo a révélé l’ambition du président Tshisekedi de développer « une industrie congolaise de défense autonome, inspirée du modèle turc ».

Cette annonce s’inscrit dans la continuité de la visite officielle du ministre congolais en Turquie en juillet dernier, où il avait participé au 17e salon international de l’industrie de défense (IDEF 2025) et rencontré son homologue turc, Yaşar Güler.

Vers une nouvelle architecture de sécurité

Ce rapprochement avec la Turquie représente un pivot stratégique pour la RDC. Le pays cherche à diversifier ses partenariats de défense tout en développant ses capacités industrielles militaires nationales. Le modèle turc, qui a réussi à bâtir une industrie de défense compétitive, fait figure de référence.

Alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires multiples, ce partenariat avec Ankara pourrait marquer un tournant dans la modernisation des FARDC. Reste à voir comment cette coopération se traduira concrètement sur le terrain, dans un contexte régional toujours volatile.

UBA à l’ONU : le livre blanc qui veut réinventer l’avenir de l’Afrique

New York, septembre 2025 – Dans les couloirs feutrés du siège des Nations Unies, une institution bancaire africaine s’apprête à faire entendre sa voix. United Bank for Africa (UBA) Plc réunit dirigeants mondiaux et investisseurs lors de la 80e Assemblée Générale des Nations Unies pour présenter une vision audacieuse : faire du continent le moteur de la prospérité mondiale de demain.

Une feuille de route pour l’Afrique de demain

Le moment clé de cet événement sera le lancement d’un livre blanc novateur intitulé : « Miser sur l’avenir de l’Afrique : Mobiliser le capital et les partenariats pour une croissance durable ». Ce document, une première pour une institution financière africaine à l’UNGA, propose des stratégies concrètes pour libérer le potentiel économique du continent.

Le document met en avant cinq piliers essentiels :

  • Le développement du commerce intra-africain

  • Le financement des infrastructures critiques

  • L’innovation numérique et la fintech

  • Le financement climatique et la transition énergétique

  • La croissance inclusive et la création d’emplois

UBA, ambassadeur du privé africain

Sous l’impulsion de son président Tony Elumelu, UBA s’est imposé comme un acteur majeur des discussions sur l’investissement en Afrique. « Ces conversations déboucheront sur des décisions réalisables et concrètes », assure le businessman nigérian, dont la fondation promeut l’entrepreneuriat depuis des années.

Le directeur général du groupe, Oliver Alawuba, insiste sur l’urgence de l’action : « Davantage d’entreprises doivent démontrer leur engagement envers le développement du continent through des actions concrètes ». Un plaidoyer qui résonne particulièrement alors que l’Afrique cherche sa place dans la nouvelle architecture économique mondiale.

Au-delà du symbole, des engagements concrets

Présente dans 20 pays africains et employant 25 000 personnes, UBA incarne cette Afrique qui se prend en main. La banque entend profiter de sa plateforme new-yorkaise pour transformer le discours sur l’Afrique – passant d’un continent bénéficiaire d’aide à un partenaire incontournable.

Les activités prévues lors de l’UNGA incluent une table ronde du Business Council for International Understanding et la réception annuelle de UBA. Autant d’occasions de networking stratégique entre décideurs africains et investisseurs internationaux.

Alors que les projecteurs se braquent sur New York, UBA porte une ambition simple mais révolutionnaire : que l’Afrique cesse d’être perçue comme un problème à résoudre, mais comme la solution aux défis économiques de demain. Reste à voir si la communauté internationale sera à l’écoute de ce nouveau narratif.