Loi « Mutiki » : le Parlement Congolais veut bannir les ex-rebelles des institutions régaliennes

Et si la porte des institutions sécuritaires se refermait définitivement pour ceux qui ont pris les armes contre l’État ? Ce lundi 22 septembre, le député national Trésor Mutiki Lutala a déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale une proposition de loi aussi radicale que symbolique : interdire l’intégration d’anciens membres de groupes armés insurrectionnels ou terroristes dans les institutions régaliennes de la RDC. Armée, police, services de renseignement – tous les corps qui incarnent la souveraineté de l’État sont concernés.

« Cette loi est une réponse à l’urgence de protéger le cœur de l’État contre ceux qui ont semé la violence », a déclaré le parlementaire, justifiant une initiative qui entend tourner la page des intégrations massives et souvent précipitées ayant marqué les dernières décennies.

Une continuité avec la loi électorale de 2006

Le texte, déjà surnommé « loi Mutiki », s’inscrit dans la droite ligne de la loi électorale de 2006, qui rend inéligibles les auteurs de crimes internationaux. Mais il va plus loin : il vise spécifiquement les institutions régaliennes, considérées comme le dernier rempart de la République.

Pour Mutiki Lutala, les intégrations sans filtrage judiciaire ont « compromis l’éthique républicaine, fragilisé la cohésion nationale et légitimé la violence comme moyen d’accéder au pouvoir ». Des mots forts, qui visent directement une pratique ayant souvent miné la crédibilité des forces de sécurité et alimenté l’instabilité chronique dans l’Est du pays.

Des sanctions et des garde-fous clairs

La proposition de loi détaille avec précision les entités concernées, instaure des sanctions contre les soutiens aux groupes armés et définit les poursuites judiciaires applicables aux ex-insurgés. Elle ne ferme pas pour autant toute porte à la réinsertion : des « mécanismes encadrés de réinsertion sociale » sont prévus, mais hors des secteurs régaliens.

« Cette loi n’exclut pas la réconciliation, mais elle pose des garde-fous clairs », explique son auteur. L’objectif est de briser les cycles de violence et d’impunité tout en renforçant un système sécuritaire fragilisé.

Un signal politique fort

Au-delà de son contenu juridique, la proposition « Mutiki » envoie un message politique sans ambiguïté : la violence ne doit plus payer. Elle ne doit plus être une voie d’accès au pouvoir, ni une monnaie d’échange dans les négociations de paix.

« Nous voulons des forces de sécurité exemplaires, loyales à la Nation et dignes de la confiance des citoyens », martèle le député. Un vœu pieux dans un pays où de nombreux chefs militaires ou policiers sont d’anciens rebelles recyclés.

Reste à savoir si cette proposition sera votée – et surtout appliquée. Mais son dépôt seul marque une prise de conscience : pour reconstruire un État fort, il faut d’abord purger ses fondations. La balle est maintenant dans le camp des députés.

Kamerhe face à ses juges : le bureau de l’Assemblée nationale au bord de l’implosion

Dans l’hémicycle surchauffé du People’s Palace, c’est une séance qui pourrait bien sceller des destins. Ce lundi 22 septembre, les députés nationaux examinent en séance plénière le rapport de la commission spéciale chargée d’analyser les pétitions réclamant la destitution de cinq membres du bureau de l’Assemblée nationale. Au centre de la cible : son président, Vital Kamerhe, dont la carrière politique se joue en ce moment même, sous le regard de ses pairs.

Convoquée par le premier vice-président, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, cette plénière est l’aboutissement de trois jours de procédure accélérée, presque fébrile. Pendant 72 heures, la commission présidée par Peter Kazadi – député influent de l’UDPS – a écouté, questionné, pesé chaque mot. Elle a entendu les accusateurs, puis les accusés. Vendredi, Kamerhe s’est présenté pour sa défense, revenant samedi pour compléter ses arguments, comme un boxeur qui enchaîne les rounds dans un combat dont il ne maîtrise plus les règles.

Des accusations qui frappent fort

Les griefs sont lourds, très lourds. Les pétitionnaires – plus de 250 députés – accusent le bureau de mauvaise gestion financière, de non-respect du règlement intérieur et, plus grave encore, de suspension abusive des soins médicaux destinés aux élus et à leurs familles. Une charge qui touche à l’intime, à la dignité même de la fonction parlementaire.

Face à eux, les cinq mis en cause – Kamerhe, le rapporteur Jacques Djoli, la rapporteure adjointe Dominique Munongo, la questeure Chimène Polipoli et la questeure adjointe Grâce Neema – ont défendu leur bilan, dénonçant une procédure bâclée, motivée par des calculs politiques plus que par la recherche de la vérité.

Une procédure minée par la controverse

Car dans les couloirs, on chuchote que ce rapport est déjà écrit. Que la majorité présidentielle, lassée de l’indépendance tatillonne de Kamerhe, a décidé de lui régler son compte. Certains députés, pourtant, estiment que la défense a été convaincante, que les arguments des pétitionnaires sont fragiles, et que la procédure est entachée d’irrégularités.

La commission de 22 membres, majoritairement issue des groupes parlementaires, a donc œuvré dans un climat de défiance mutuelle. Son rapport, aujourd’hui sur le bureau de l’hémicycle, est une bombe à retardement. Chaque ligne, chaque conclusion sera disséquée, contestée, instrumentalisée.

Le verdict des urnes… parlementaires

La séance de ce lundi s’annonce donc comme un moment de vérité. Les députés devront trancher : suivre les recommandations – probablement sévères – de la commission, ou au contraire, rejeter le rapport et donner raison à Kamerhe et son équipe.

Quelle que soit l’issue, une chose est sûre : l’Assemblée nationale ne sortira pas indemne de cette épreuve. Soit elle congédie son président, au risque de se déchirer ; soit elle le blanchit, au risque de perdre toute crédibilité aux yeux de l’opinion.

À quelques mètres de là, dans son bureau, Vital Kamerhe attend. Le maître des lieux est devenu l’accusé. Et c’est désormais à ses juges – ses collègues députés – de décider de son sort. La démocratie congolaise, ce lundi, tient en haleime.

Coupure à l’aéroport de N’djili : Kin-Kiey alerte sur un matériel obsolète

 L’aéroport international de N’djili a de nouveau plongé dans le noir ce lundi 22 septembre, à 5h50 du matin, suite à une coupure d’électricité qui a une nouvelle fois révélé la extrême vulnérabilité des infrastructures aéroportuaires de la RDC. Une panne qui a empêché les équipements de reprendre automatiquement le service, plongeant la plateforme dans l’improvisation et l’insécurité opérationnelle.

Tryphon Kin-Kiey Mulumba, président du Conseil d’Administration de la RVA, a immédiatement réagi sur le réseau social X. Dans un message sans détour, il a pointé du doigt l’obsolescence du matériel – datant de 2014 – et annoncé une décision radicale : la RVA veut désormais abandonner la fourniture de la SNEL pendant la nuit et fonctionner en mode inverse, c’est-à-dire en s’appuyant prioritairement sur ses propres groupes électrogènes.

« Le matériel en obsolescence doit être remplacé »

La solution, cependant, se heurte à un obstacle de taille : l’état de dégradation avancée des équipements de backup. « La RVA-SA veut abandonner la SNEL de nuit, fonctionner en mode inverse par les groupes électrogènes, mais le matériel en obsolescence doit être remplacé », a reconnu le PCA, soulignant l’urgence d’investir dans des infrastructures modernes et fiables.

Cette coupure intervient dans un contexte already tendu. Vendredi dernier, la ministre du Portefeuille avait suspendu pour trois mois Léonard Ngoma Mbaki, le directeur général de la RVA, suite à une précédente panne survenue le jour du retour du président de la République – un incident jugé d’une gravité exceptionnelle.

Une sécurité aéroportuaire en question

Les coupures répétées à N’djili ne sont pas qu’une simple gêne opérationnelle. Elles posent des questions cruciales de sécurité aérienne, affectent la ponctualité des vols, découragent les compagnies internationales et nuisent gravement à l’image du pays.

Le projet de se détacher partiellement de la SNEL témoigne d’une perte de confiance définitive dans la capacité du fournisseur national à garantir une alimentation stable. Mais il suppose aussi que la RVA soit en mesure d’assurer elle-même une continuité de service sans faille – ce qui, au vu de l’état de ses groupes électrogènes, est loin d’être acquis.

Une urgence nationale

Derrière les problèmes techniques se cache un enjeu de souveraineté et de développement économique. Un aéroport capital comme N’djili ne peut fonctionner au gré des défaillances du réseau électrique national. La modernisation de ses infrastructures n’est plus une option, mais une condition sine qua non pour rester connecté au monde.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de la direction de la RVA. Ils devront débloquer les financements, moderniser les équipements et garantir que les voyageurs qui foulent le sol congolais ne soient plus accueillis par le silence des radars et l’obscurité des terminaux.

Nzibira tombe aux mains du M23 : un tournant stratégique au Sud-Kivu

La guerre pour le contrôle de l’Est de la RDC a connu un nouveau tournant critique ce dimanche 21 septembre. Les rebelles du M23 se sont emparés de la cité stratégique de Nzibira, dans le territoire de Walungu (Sud-Kivu), à l’issue de plusieurs heures de combats intenses contre les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés, les combattants Wazalendo.

Dès le matin, les assaillants ont lancé une offensive multi-frontale, appuyée par des bombardements soutenus et l’usage de véhicules blindés, selon des sources locales et militaires. Les affrontements se sont rapidement étendus aux villages voisins de Cisaza, Cibanda, Muyange, Karhuliza et Kalongo, provoquant un déplacement massif de civils fuyant les violences.

Une perte stratégique et symbolique

La chute de Nzibira constitue un revers significatif pour l’armée congolaise. Cette cité n’est pas qu’un point géographique ; elle est un carrefour économique et militaire crucial, situé au cœur d’une zone riche en cassitérite et en or. Sa perte compromet les efforts de sécurisation de la région et offre au M23 un nouveau bastion d’où étendre son influence.

Les Wazalendo, qui participaient à la défense du secteur, ont justifié leur retrait par la nécessité de « préserver les vies des populations civiles ». Une argumentation qui peine à masquer la réalité tactique : la supériorité militaire momentanée des rebelles.

Le Nord-Kivu aussi sous pression

Dans le même temps, les FARDC ont tenté de reprendre l’initiative dans la province voisine du Nord-Kivu, en pilonnant plusieurs positions rebelles dans les territoires de Masisi et Walikale. Une offensive destinée à soulager la pression sur le Sud-Kivu et à déstabiliser les arrières du M23.

Samedi déjà, les responsables militaires de la 3e zone de défense avaient dénoncé une série d’attaques « ciblées et coordonnées » de la coalition RDF/AFC/M23 contre plusieurs localités des deux Kivu. Preuve que la rébellion mène une campagne concertée sur multiple fronts.

Une population prise en étau

Derrière les rapports militaires, c’est le drame humanitaire qui s’aggrave. Les habitants de Nzibira et des villages alentour ont fui en masse, sans aucun garantie de sécurité ni d’accès à l’aide humanitaire. Les organisations sur place redoutent une nouvelle crise des déplacés dans une région déjà saturée par des années de conflit.

La communauté internationale, souvent silencieuse, observe une nouvelle fois la situation se dégrader sans parvenir à imposer une solution politique ou militaire crédible.

La prise de Nzibira par le M23 n’est pas qu’une victoire tactique ; c’est un signal fort envoyé à Kinshasa et à la communauté internationale : la rébellion reste capable de prendre l’initiative, et la guerre est loin d’être terminée.

Procès Kabila : la Haute cour militaire se réserve pour délibérer sur les crimes de guerre et la nationalité de l’ex-président

L’heure du verdict approche, mais pas encore celle de la sentence. Vendredi, la Haute cour militaire de la RDC a mis en délibéré l’affaire historique opposant le parquet général et les parties civiles – les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri – à l’ancien président Joseph Kabila. Jugé pour participation à un mouvement insurrectionnel, crime de guerre et crime contre l’humanité, l’ex-chef de l’État devra attendre que la cour rende sa décision « dans le délai légal », a annoncé le premier président Joseph Mutombo.

Les derniers débats, avant que la cour ne se retire, ont été tendus et ont ravivé une question ultrasensible : celle de la nationalité congolaise de l’accusé. Me Jean Marie Kabengela, avocat des parties civiles, a assuré que la dénégation de nationalité invoquée contre Kabila « n’est pas une invention des avocats de la République », mais s’appuie sur des déclarations publiques de personnalités politiques et intellectuelles congolaises.

La nationalité, un enjeu central et symbolique

L’avocat a cité nommément plusieurs figures qui ont, selon lui, ouvertement douté de la nationalité congolaise de Kabila : le professeur Ngoy Mukena, Moïse Katumbi, Willy Mishiki, Vital Kamerhe, Honoré Ngwanda, Jean-Pierre Bemba – ce dernier lors d’une déclaration sur Top Congo FM en juin 2025 –, ainsi que l’écrivain Va Lengi Ngemi. Autant de nêmes qui pèsent lourd dans le débat public congolais.

« Il n’y a pas à douter que Kabila est Rwandais et qu’il est venu en RDC en tant qu’espion », a soutenu Me Kabengela, reprenant une thèse largement répandue dans certains milieux politiques et sur les réseaux sociaux, mais toujours vivement contestée par les soutiens de l’ancien président.

Un procès aux ramifications politiques profondes

Au-delà de la question de la nationalité, le procès de Joseph Kabila représente un moment sans précédent dans l’histoire judiciaire de la RDC. Jamais un ancien chef de l’État n’avait été traduit devant une cour pour des charges aussi graves : participation à un mouvement insurrectionnel, crime de guerre et crime contre l’humanité – des accusations liées à l’instabilité persistante dans l’Est du pays.

La décision de la Haute cour militaire, lorsqu’elle sera rendue, aura donc une portée bien au-delà du seul dossier juridique. Elle pourrait réécrire les règles de la responsabilité politique et judiciaire des dirigeants en RDC, et marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité.

Délibéré sous haute tension

La cour s’est dit « suffisamment éclairée » pour rendre sa décision. Mais dans un climat politique already surchauffé, chaque mot du verdict sera disséqué, analysé, et instrumentalisé.

Joseph Kabila, qui a toujours nié les accusations et dénoncé une justice aux ordres, attend désormais son sort. Ses partisans crient déjà à la persécution politique ; ses accusateurs, eux, espèrent que ce procès fera enfin lumière sur les années de violence et d’instabilité qui ont marqué la fin de son règne.

Une chose est sûre : quel que soit le verdict, il ne laissera personne indifférent. Et il écrira une nouvelle page – judiciaire, politique et historique – de la jeune démocratie congolaise.

Kim-Box : une logette électrique intelligente 100% congolaise pour révolutionner l’accès à l’énergie

La société Kim Engineering a lancé la Kim-Box, une logette électrique intelligente conçue et fabriquée en République Démocratique du Congo. Cette innovation, présentée en présence du ministre Aimé Sakombi Molendo au nom de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, pourrait transformer la gestion de l’électricité en RDC.

Une technologie pour gérer et sécuriser l’énergie

La Kim-Box ne se limite pas à un simple boîtier. Elle permet aux ménages et aux entreprises de contrôler leur consommation à distance grâce à une application mobile. De plus, elle protège les utilisateurs contre les déséquilibres de phases et les accidents domestiques. Ainsi, elle répond à deux défis majeurs : la sécurité et la maîtrise de l’énergie.

Le génie congolais mis en lumière

Bien plus qu’un produit, la Kim-Box illustre le potentiel de l’ingénierie locale. Sa création par de jeunes Congolais – dont plusieurs femmes issues des filières scientifiques (STEM) – prouve que le pays peut apporter des solutions adaptées à ses besoins.

Le gouvernement l’inscrit directement dans le 4ᵉ pilier du Plan d’Action du Gouvernement (PAG), qui promeut l’entrepreneuriat des jeunes. « Cette invention s’aligne avec notre vision de bâtir des villes toujours allumées », a déclaré le ministre Sakombi, appelant à soutenir sa production et sa distribution.

Une réponse concrète aux coupures

Dans un pays où l’électricité fiable reste rare, la Kim-Box offre une solution locale et pratique. Elle réduit les risques de pannes, optimise la distribution et pourrait même faire baisser la facture énergétique.

Quelques semaines après sa présentation à la Primature, le prototype est devenu réalité. Cela prouve que l’innovation congolaise peut passer rapidement du concept au produit, dès lors qu’elle bénéficie d’un appui politique fort.

Désormais, le défi reste l’industrialisation et le déploiement à grande échelle. Si elle réussit, la Kim-Box deviendra un symbole de résilience et d’ingéniosité pour une RDC qui s’éclaire par elle-même.

SOCIR : le gouvernement s’engage à réhabiliter les remorqueurs et sécuriser l’approvisionnement en pétrole

La Société Congolaise des Industries de Raffinage (SOCIR) retrouve une lueur d’espoir. Ce vendredi 19 septembre, le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a visité le site stratégique de Muanda, dans le Kongo Central, et annoncé une série de mesures fortes pour relancer l’entreprise publique, dont l’État détient 50 % du capital. Au programme : la réhabilitation des remorqueurs Kinimi et Castor, actuellement hors service, et la location d’un tanker pour assurer la continuité de l’approvisionnement en produits pétroliers dans la zone Ouest du pays.

« Je suis venu voir et comprendre. Lire des rapports est utile, mais rien ne remplace l’observation sur le terrain », a déclaré le ministre, insistant sur le rôle « crucial » de la SOCIR, qui dispose de 185 millions de litres de capacité de stockage – un atout majeur pour éviter toute rupture d’approvisionnement.

Modernisation et augmentation des capacités

Outre la remise en état des remorqueurs, le plan de relance prévoit le doublement des capacités de stockage, le développement de la filière GPL, l’acquisition d’une barge dédiée et le renforcement du transport terrestre. Autant de projets qui visent à moderniser en profondeur les infrastructures vieillissantes de la société.

Franck Beaussard, Administrateur Directeur Général de la SOCIR, a salué ces annonces, estimant qu’elles permettront de « mieux gérer l’augmentation des volumes » dans la chaîne d’approvisionnement. Il a également mis en avant la résolution des pertes et manques à gagner (PMAG) prévue pour le 1er janvier 2025, une mesure attendue qui contribuera à « assainir les comptes et restaurer la confiance entre l’État et les opérateurs pétroliers ».

Des effets déjà visibles

Les mesures gouvernementales portent déjà leurs fruits. Selon les chiffres communiqués sur place, la demande en produits pétroliers dans la zone Ouest est passée de 50 555 m³ à plus de 85 000 m³ – une hausse significative qui témoigne d’une dynamique de reprise.

Lors de sa visite, le ministre a inspecté la jetée pétrolière, le laboratoire d’analyses, les ateliers mécaniques et le parc de réservoirs. Autant d’installes vitales qui nécessitent des investissements urgents pour fonctionner à plein régime.

Une entreprise au cœur de la souveraineté économique

La relance de la SOCIR dépasse largement le simple cadre technique. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation énergétique et de souveraineté économique de la RDC. En garantissant l’approvisionnement en produits raffinés, le gouvernement entend réduire sa dépendance aux importations et stabiliser le marché intérieur.

Reste maintenant à traduire ces engagements en actes concrets. La réhabilitation des remorqueurs, la location du tanker et le doublement des capacités de stockage nécessiteront des financements importants et une coordination sans faille entre l’État et la direction de la SOCIR.

Mais le message est clair : le gouvernement ne laissera pas tomber cette entreprise stratégique. La preuve : le ministre en personne est venu le dire sur place, devant les réservoirs et les pipelines de Muanda.

Peter Kazadi préside la commission d’enquête sur les pétitions contre Kamerhe

L’Assemblée nationale a franchi une étape décisive dans la crise qui secoue son bureau. Mercredi, en pleine tourmente politique, les députés ont créé une commission spéciale temporaire. Elle doit examiner les pétitions visant cinq membres de l’institution, dont le président Vital Kamerhe. Le député Peter Kazadi, élu de Mont-Amba et cadre influent de l’UDPS, en prend la tête.

Pour équilibrer la composition, les élus ont confié la vice-présidence à Christian Mwando Nsimba (opposition, Ensemble pour la République) et le poste de rapporteur à Yannick Mambu Mbasa (UDPS). Cette répartition veut montrer une ouverture au-delà des clivages partisans, même si beaucoup y voient surtout un calcul politique.

72 heures pour décider du sort du bureau

La commission compte 22 membres. Elle dispose seulement de trois jours pour auditionner les pétitionnaires et les responsables visés. Vendredi, les accusateurs ouvriront le bal, suivis de Vital Kamerhe et de son rapporteur Jacques Djoli. Les trois autres membres concernés se présenteront samedi.

À la fin des auditions, Peter Kazadi et son équipe remettront leur rapport au bureau provisoire dirigé par Isaac Tshilumbayi. La plénière devra ensuite trancher dans un délai de trois jours maximum, comme le prévoit le règlement intérieur.

L’enjeu dépasse la simple procédure. Les pétitions signées par plus de 250 députés pourraient déboucher sur une motion de censure. Kamerhe et ses proches risquent donc la destitution pure et simple.

Une bataille politique sous haute tension

La désignation de Peter Kazadi n’a rien d’anodin. Proche du président Tshisekedi, il incarne la ligne loyaliste de l’UDPS. Ses tensions passées avec Vital Kamerhe nourrissent déjà les soupçons d’un règlement de comptes déguisé.

Vendredi, Kamerhe fera face à ses accusateurs. Son audition pèsera lourd sur son avenir, mais aussi sur l’équilibre des forces au sein de la majorité. Dans les couloirs du People’s Palace, beaucoup murmurent que la décision finale se joue en coulisses, bien avant le rapport officiel.

Une chose reste certaine : l’issue de cette crise redessinera les rapports de force à Kinshasa. Elle pourrait aussi fragiliser durablement la stabilité de la majorité présidentielle.

Nord-Kivu : les FARDC pilonnent les positions du M23 à Bibwe, les rebelles se renforcent

Le grondement des avions de guerre a réveillé le groupement de Bashali Mokoto aux aurores. Depuis ce vendredi 19 septembre, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) mènent une offensive d’envergure contre les positions de la rébellion du M23 autour de Bibwe, dans le territoire de Masisi. Des bombardements aériens ciblés ont été lancés pour disloquer les lignes adverses, alors que les renseignements congolais signalent un renforcement massif des rebelles dans la zone depuis jeudi.

Selon des sources militaires et locales, les combattants de l’AFC/M23 convergent depuis Kitshanga et Kalembe vers les localités de Minjenje, Bibwe, Malemo et Mpety. L’objectif de ce regroupement reste flou, mais il intervient au lendemain de la reprise par les FARDC des villages de Katobi et Luola, dans le groupement voisin de Kisimba (territoire de Walikale). Une perte stratégique qui semble avoir poussé les rebelles à consolider leurs positions dans le secteur de Bibwe.

Psychose et incertitude chez les civils

Les détonations de bombes et d’artillerie lourde ont plongé les habitants des villages environnants dans la panique. Beaucoup, habitués aux soubresauts violents de ce conflit qui n’en finit pas, redoutent une nouvelle escalade des combats – et avec elle, son cortège de déplacés et de destructions.

« On entend les avions et les explosions depuis le matin. Personne n’ose bouger. On vit dans la peur permanente », confie un habitant de Bashali contacté par téléphone.

Une offensive pour contrer un renforcement rebelle

Les récentes avancées des FARDC à Katobi et Luola avaient marqué un succès tactique certain. Mais le M23 semble déjà réagir en ramenant des troupes et en préparant une contre-offensive ou une défense en profondeur. La zone de Bibwe, carrefour d’accès vers plusieurs localités clés, constitue un enjeu militaire de taille.

En engageant l’aviation, les FARDC visent visiblement à frapper fort et vite, pour désorganiser les mouvements ennemis et empêcher la constitution d’un front stabilisé. Preuve que les opérations se professionnalisent, mais aussi que la guérilla pour le contrôle des territoires continue de plus belle.

La guerre de l’information, autre champ de bataille

Dans ce conflit où chaque camp communique autant par les armes que par la propagande, les versions peinent à coïncider. Les FARDC affirment mener une opération préemptive contre des « regroupements terroristes » ; le M23, de son côté, se présente souvent en posture défensive.

Une chose est sûre : la région reste un brasier sous cendres chaudes. Et chaque mouvement tactique, chaque bombe lâchée, chaque village repris ou perdu, influence l’équilibre précaire – et le destin de milliers de civils pris au piège.

La communauté internationale, elle, observe, s’alarme, mais peine à imposer une paix durable. En attendant, sur le terrain, c’est la loi des armes qui continue de parler.

Tshisekedi – Ramaphosa : deux heures de huis clos sur la sécurité régionale à Pretoria

– Dans le cadre feutré du palais présidentiel Mahlamba Ndlopfu, les deux hommes se sont parlé sans témoin. Pendant plus de deux heures, jeudi, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, ont confronté leurs visions et aligné leurs stratégies. Au menu de ce déjeuner de travail strictement confidentiel : la sécurité régionale, et surtout, la crise persistante qui ravage l’Est de la RDC.

Aucune déclaration publique n’a filtré à l’issue de l’entretien. Mais selon les entourages présidentiels, la coopération sécuritaire a dominé les discussions. Face à la recrudescence des violences et à l’expansion de groupes armés dans la région des Grands Lacs, Kinshasa et Pretoria ont convenu d’intensifier leurs efforts communs pour stabiliser la zone.

L’Est de la RDC, priorité absolue

La situation dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri était au cœur des préoccupations. Les deux chefs d’État ont évoqué les moyens de renforcer l’appui militaire, logistique et diplomatique de l’Afrique du Sud aux forces armées congolaises, dans un contexte où la communauté internationale peine à endiguer la crise.

Au-delà de l’urgence sécuritaire, les discussions ont aussi porté sur les enjeux économiques et politiques liés à cette instabilité. Les richesses minières de l’Est congolais attisent les convoitises et alimentent les conflits – une réalité que Pretoria et Kinshasa entendent désormais aborder de front.

Une alliance stratégique qui se consolide

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts de rapprochement entre les deux géants africains. Elle confirme la volonté de Tshisekedi et de Ramaphosa de transformer leur partenariat en une alliance solide et opérationnelle, capable de peser sur les équilibres régionaux.

Diplomatie, économie, sécurité : les domaines de coopération se multiplient, signe que la RDC et l’Afrique du Sud misent sur une approche intégrée pour faire face aux défis communs.

Et après ?

Si les détails opérationnels restent secrets, une chose est sûre : ce huis clos à Pretoria marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’Afrique du Sud aux côtés de la RDC. Reste à savoir comment cette volonté affichée se traduira sur le terrain – et si elle suffira à infléchir la dynamique de violence qui mine la région depuis des décennies.

La balle est maintenant dans le camp des experts et des militaires. Ils devront donner corps à cette alliance présidentielle. Dans l’Est congolais, on attend plus que des mots.