Constant Mutamba secoue la Cour en exigeant la récusation de deux juges

Ce mercredi 6 août, le procès très attendu de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, jugé pour détournement présumé de fonds publics, a été suspendu à Gombe, dans le nord de Kinshasa. La Cour de cassation devait initialement poursuivre l’audience publique, mais un rebondissement majeur a bouleversé le calendrier judiciaire.

À peine l’audience entamée, un coup de théâtre : le prévenu a officiellement demandé la récusation de deux juges de la composition – Justin Kibamba Moket et Thomas Otshudi Wongobi Okito – qu’il soupçonne de partialité.

Dans une lettre adressée au greffier en chef de la Cour, Constant Mutamba a déclaré :

« Je demande à la Cour de cassation d’écarter ces deux magistrats de la composition et de pourvoir à leur remplacement. »

Face à cette requête, les deux juges visés ont choisi de se retirer volontairement du dossier.
Le juge président Justin Kibamba a affirmé :

« Je n’ai aucun intérêt à m’accrocher à ce dossier, je préfère me déporter. »

Son collègue, Thomas Otshudi, a également confirmé son retrait, invoquant un impératif constitutionnel :

« Je décide de me déporter au nom d’une exigence d’impartialité qui fonde la confiance du prévenu pour que la justice demeure un sanctuaire. »

Ce double retrait a conduit à une suspension immédiate de l’audience, la cinquième depuis l’ouverture du procès. La composition de la Cour de cassation doit désormais être reconfigurée avant la reprise des débats.

Rappelons que l’affaire concerne un présumé détournement de fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo, au nord-est de la RDC. Plusieurs témoins clés, dont l’ex-ministre de la Justice Rose Mutombo, étaient présents à l’audience de ce jour.

Ce nouveau développement soulève des interrogations sur la suite du procès Constant Mutamba, qui s’annonce de plus en plus complexe. La justice parviendra-t-elle à trancher sereinement dans un climat aussi tendu ?

Procès Constant Mutamba : Révélations de l’ARMP sur les marchés publics irréguliers

Le procès Constant Mutamba a connu un nouveau développement ce lundi devant la Cour de cassation à Kinshasa. Christian Kalume, expert de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), a été entendu comme témoin. Il a fourni des éclairages sur le marché de gré à gré conclu entre l’État congolais et la société Zion pour la construction d’une prison à Kisangani, marché attribué sous l’autorité de l’ex-ministre de la Justice.

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Procédure irrégulière et absence de garanties légales

Dès sa prise de parole, Christian Kalume a rappelé les règles strictes encadrant la validation d’un marché public par entente directe :

« Pour qu’une autorisation tacite soit valable, il faut que la partie contractante dépose une requête complète. Les dix jours de silence de l’autorité approbatrice ne commencent qu’à partir de l’accusé de réception. Celui-ci suppose que toutes les pièces exigées ont bien été jointes. Si l’autorité répond après ce délai, sa réaction est juridiquement nulle. »

Sur le paiement anticipé dans les marchés publics, Kalume a été catégorique :

« L’avance ne doit jamais dépasser 30 % pour les fournitures et 20 % pour les travaux de construction. Au-delà, la loi impose une garantie bancaire obligatoire pour sécuriser l’État. »

Des comptes séquestres permis, mais encadrés

Interrogé sur le compte séquestre utilisé dans ce dossier, l’expert a précisé que cette pratique reste légale, à condition de respecter certaines exigences :

« Il est permis d’ouvrir un compte séquestre pour faciliter les paiements. Mais ce compte ne doit jamais être au nom d’un individu ou d’une entreprise. Il doit être dédié exclusivement au marché, pour assurer un paiement proportionnel à l’avancement des travaux. »

L’ARMP dénonce une pratique courante mais illégale

Enfin, Christian Kalume a dressé un constat alarmant :

« En RDC, l’État recourt beaucoup plus aux marchés de gré à gré qu’aux appels d’offres, alors que la loi impose ces derniers comme règle générale. »

Ces révélations renforcent les soupçons de détournement qui pèsent sur Constant Mutamba, accusé d’avoir violé les procédures de passation de marché en autorisant un contrat de gré à gré sans base légale suffisante.

Procès Mutamba : la Cour prive la défense de son témoin clé

Ce lundi 4 août 2025 à Kinshasa, le procès de Constant Mutamba a pris une tournure tendue. L’ancien ministre de la Justice est jugé pour le détournement de 19 millions de dollars, destinés à construire une prison à Kisangani. Mais un événement inattendu a marqué l’audience : le refus du magistrat Alder Kisula, patron de la CENAREF, de venir témoigner.

La défense le considère comme un témoin clé. Pourtant, M. Kisula a adressé une lettre à la Cour, lue publiquement, dans laquelle il justifie son absence. Il invoque l’article 120 de la loi sur le blanchiment de capitaux, qui exonère les membres de la CENAREF de toute obligation de témoignage sur des dossiers qu’ils ont suivis.

« La CENAREF ne peut comparaître car dispensée de l’obligation de témoigner », a-t-il écrit à la Cour.

Tensions croissantes : la défense exige une audience à huis clos

Face à cette décision, les avocats de Constant Mutamba ont réagi avec fermeté. Selon eux, Kisula a tenu plusieurs réunions informelles avec leur client. Ils estiment que ces échanges doivent être éclaircis. Pour cette raison, ils ont demandé une audience à huis clos, espérant dévoiler des éléments déterminants.

La Cour a alors demandé en quelle qualité Alder Kisula avait participé à ces rencontres. La réponse de Constant Mutamba a surpris :

« Arrêtez de m’intimider. Je ne suis pas là pour recevoir des menaces. Si vous avez déjà un complot planifié, faites ce que vous voulez », a-t-il répliqué.

Un procès à charge ? La société civile s’inquiète

La Cour a validé l’absence d’Alder Kisula, malgré les objections. Ce choix a renforcé les critiques de la société civile. L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) parle d’une procédure déséquilibrée. Elle reproche à la justice de rejeter systématiquement les demandes de la défense, compromettant l’équité du procès.

En somme, le procès Constant Mutamba entre dans une phase critique. Entre tensions judiciaires, soupçons d’instrumentalisation et pressions politiques, l’issue reste incertaine.

Procès Constant Mutamba : dix témoins convoqués, la tension monte à la Cour de cassation

Ce lundi 4 août 2025, la Cour de cassation de Kinshasa a tenu la quatrième audience du procès Constant Mutamba, ex-ministre de la Justice, poursuivi pour détournement de fonds publics destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani, dans la province de la Tshopo.

Lors de cette audience, le juge président Justin Kibamba a listé dix témoins appelés à comparaître, dont Jules Alingete, ancien Inspecteur général des finances. Figurent également sur la liste :

  • Professeur Kito Limbaya

  • Marie Mukadi

  • Mlle Mutund Urum (gestionnaire de l’immeuble CTC)

  • Georges Koshi

  • Lydia Mashika (directrice des services pénitentiaires)

  • Bolema Gérard (chef de division provincial à Kisangani)

  • Fay Login (expert des ITPR)

  • Christian Kalume (expert de l’Autorité du marché public)

  • Bohoto Guy (secrétaire général à la Justice)

Constatant l’absence de plusieurs témoins, la Cour a reporté l’audience au mercredi 6 août, appelant tous les témoins à comparaître sans nouvelle convocation.

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Cenaref : une correspondance qui fait polémique

L’un des moments marquants de l’audience fut la lecture de la correspondance d’Adler Kisula, secrétaire exécutif de la Cenaref (Cellule nationale des renseignements financiers). Il y rappelle qu’en vertu de l’article 120 de la loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les agents de la Cenaref ne sont pas tenus de témoigner en justice sur des faits connus dans l’exercice de leurs fonctions.

Ce refus a suscité une vive réaction de la défense de Constant Mutamba. Les avocats de l’ancien ministre ont réclamé la comparution personnelle de M. Kisula, affirmant qu’il avait participé à plusieurs réunions avec leur client. Ils ont également sollicité une audience à huis clos pour s’expliquer devant la Cour.

Échanges tendus entre Mutamba et la Cour

La tension est montée d’un cran lorsque la Cour a demandé à Constant Mutamba en quelle qualité M. Kisula participait à ses réunions. L’ancien ministre a vivement répliqué :

« Arrêtez de m’intimider. Je ne suis pas là pour recevoir des menaces. Si vous avez déjà un complot planifié, faites ce que vous voulez. »

Le procès Constant Mutamba entre ainsi dans une phase cruciale. L’audience du 6 août s’annonce décisive pour la suite de cette affaire à fort retentissement politique et judiciaire.

Procès Constant Mutamba : Une quatrième audience sous haute tension

Ce lundi 4 août, l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba s’est présenté à la Cour de cassation, dans la commune de la Gombe à Kinshasa. Il est poursuivi pour détournement des fonds alloués à la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo. Ce procès, désormais à sa quatrième audience, attire l’attention par la dimension politique des témoins convoqués.

Mutamba, également président du parti Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC), rejette les accusations. Il dénonce un acharnement judiciaire à caractère politique, destiné à l’écarter de la scène nationale.

Des témoins de poids des deux côtés

Le ministère public soupçonne l’ancien ministre d’avoir orchestré des malversations autour de marchés publics, notamment à travers la société Zion. Il a proposé comme témoins :

  • Le DG intérimaire de la Direction générale de contrôle des marchés publics (DG CMP)

  • Le secrétaire général du ministère de la Justice

  • La directrice du service pénitentiaire

  • Le gestionnaire de la cellule des marchés publics du ministère de la Justice

  • Le SG du ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITPR)

  • Le DG de l’entreprise Frivao

  • Le gestionnaire de l’immeuble abritant la société Zion

Du côté de la défense, les avocats de Mutamba souhaitent entendre dix témoins, parmi lesquels :

  • Le chef de division provinciale de la Justice à Kisangani

  • La Première ministre Judith Suminwa

  • L’ex-ministre de la Justice Rose Mutombo

  • Le patron de la CENAREF

  • L’Inspecteur général des finances Jules Alingete

  • Le ministre des ITPR

  • Le chef du département de génie civil de l’Université de Kinshasa

  • Le responsable du guichet unique

  • L’actuel inspecteur de l’IGF

  • Le ministre des Sports

Une bataille judiciaire sous fond de tension politique

Depuis l’ouverture du procès Constant Mutamba, l’opposant affirme être victime d’une campagne de harcèlement politique. Il accuse notamment l’Inspection générale des finances d’être instrumentalisée. Ce quatrième round judiciaire pourrait s’avérer crucial, car les témoignages attendus pourraient éclairer les responsabilités dans la gestion des fonds publics.

Avec des figures gouvernementales citées à comparaître, le procès dépasse le simple cadre judiciaire. Il devient un test pour la transparence de l’appareil judiciaire congolais et pour la séparation des pouvoirs en période post-électorale.

Procès Joseph Kabila : les avocats de l’État congolais démentent avoir perçu 10 millions de dollars

Les avocats représentant la République démocratique du Congo dans le procès Joseph Kabila ont catégoriquement démenti, vendredi 1er août, les rumeurs selon lesquelles ils auraient reçu 10 millions de dollars.

« Dire que nous avons reçu 10 millions de dollars est totalement faux », a affirmé Me Jean-Marie Kabengele, lors d’une conférence de presse. Membre du collectif d’avocats de l’État, il a précisé que les honoraires réclamés sont bien réels, mais restent « modestes et patriotiques ».

Des honoraires justifiés par la sensibilité du dossier

Pour Me Kabengele, ces honoraires exceptionnels tiennent compte de la complexité du dossier et de la dangerosité que représente Joseph Kabila. Plusieurs cabinets consultés ont d’ailleurs refusé de défendre l’État, justement à cause des risques encourus.

Les avocats affirment avoir reçu des menaces de mort après la première audience. « Nous nous battons pour que les victimes des actes posés par Joseph Kabila et ses alliés soient enfin indemnisées », a-t-il ajouté.

Un rappel : 4 millions de dollars pour l’arrestation de certains opposants

Me Kabengele a également évoqué un précédent : en mars 2025, l’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba, avait promis 4 millions de dollars pour l’arrestation de Pero Luwara, Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa.

Selon l’avocat, les montants sollicités dans le cadre du procès Joseph Kabila ne sont en rien « exorbitants » comparés à cette offre. Il a interpellé directement Pero Luwara, qui relaye les accusations sur les 10 millions : « Qu’il se souvienne qu’il y avait 4 millions promis rien que pour son arrestation. »

Procès Joseph Kabila : la Haute Cour militaire dévoile les preuves accablantes

Ce jeudi 31 juillet 2025, la Haute Cour militaire de Kinshasa a tenu une audience décisive dans le procès de l’ancien président Joseph Kabila. Le Parquet général militaire le poursuit pour participation à un mouvement insurrectionnel, trahison, crimes contre la paix, homicides par armes à feu et occupation de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.

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Trois parties civiles issues du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri se sont constituées pour soutenir la procédure. Ce procès Joseph Kabila marque un tournant dans l’histoire judiciaire de la République démocratique du Congo.

Les preuves vidéo dévoilées à l’audience

Lors de l’audience, la Haute Cour militaire a diffusé plusieurs vidéos présentées comme éléments de preuve. Ces séquences, déposées par le ministère public, placent Joseph Kabila au cœur du mouvement armé AFC-M23. L’une des vidéos montre son ancien conseiller, Kikaya Bin Karubi, déclarant :

« Les objectifs de la rébellion sont les mêmes que ceux du président Kabila. »

Autre séquence révélée : un discours diffusé sur YouTube en mai, dans lequel Joseph Kabila affirmait :

« Chacun doit jouer sa partition. Je m’engage à faire la guerre. »

Selon le lieutenant général Joseph Mutombo, président de la Haute Cour, ces propos montrent un positionnement clairement hostile envers le régime en place.

Immunité levée et poursuites autorisées

Avant cette audience, la greffière Jeanne Françoise Ngalula a lu la demande du parquet militaire adressée au Sénat. Le document détaille les accusations et mentionne le soutien présumé de Joseph Kabila au mouvement rebelle. Il cite également des confidences rapportées à Corneille Nangaa selon lesquelles « le Rwanda allait tuer Félix Tshisekedi », mais que Kabila préférait une prise de pouvoir forcée.

Le Sénat, régulièrement saisi, a voté la levée de son immunité parlementaire. Il a autorisé l’auditeur général à engager les poursuites contre le sénateur à vie.

Un tournant pour la justice congolaise

Le procès Joseph Kabila ne fait que commencer, mais les éléments versés au dossier pourraient peser lourd. Pour la première fois, un ancien chef de l’État est jugé devant la Haute Cour militaire. Les Congolais suivent de près cette affaire, qui pourrait redéfinir les rapports entre justice, pouvoir et responsabilité.

Procès Kabila : la Haute Cour militaire poursuit les audiences ce jeudi

Le procès de l’ancien président Joseph Kabila se poursuit ce jeudi 31 juillet 2025 devant la Haute Cour militaire à Kinshasa. Ouverte vendredi dernier, cette affaire judiciaire inédite retient l’attention nationale.

Lors de l’audience précédente, la cour s’était déclarée saisie après avoir reçu la constitution de la RDC comme partie civile. Les avocats de l’État ont demandé un renvoi, le temps de consulter les pièces du dossier et préparer leur stratégie. La demande a été acceptée.

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Jugement par défaut demandé

Le ministère public, représenté par le lieutenant général Likulia Bakumi, Auditeur général des FARDC, a sollicité que Joseph Kabila soit jugé par défaut, l’ancien chef de l’État étant absent de la salle d’audience et hors de Kinshasa.

Les accusations portées contre lui sont lourdes :

  • Hautes trahison

  • Participation à un mouvement insurrectionnel

  • Complot

  • Apologie du terrorisme

Ce procès fait suite à une injonction du ministre de la Justice, suivie d’un réquisitoire adressé au Sénat, lequel a levé l’immunité de Joseph Kabila, ouvrant la voie aux poursuites.

Le PPRD crie au complot politique

En réaction, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) a dénoncé une « mise en scène » politique. Son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, accuse le pouvoir en place de vouloir éliminer un acteur politique majeur de l’opposition, au lieu de promouvoir la paix et la cohésion nationale.

Procès Constant Mutamba : l’ex-ministre exige la comparution de hauts responsables

Le procès Constant Mutamba s’intensifie. Ce mercredi 30 juillet 2025, devant la Cour de cassation, les avocats de l’ancien ministre de la Justice ont réclamé la comparution de plusieurs personnalités de premier plan lors de la prochaine audience prévue le 4 août.

Des personnalités clés appelées à témoigner

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Du côté de la défense, figurent notamment :

  • La Première ministre Judith Suminwa

  • L’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo

  • Jules Alingete, ancien inspecteur général des finances

  • Christophe Bitasimwa, son successeur à la tête de l’IGF

  • Le ministre des Infrastructures Alexis Gisaro

  • Le ministre des Sports Didier Budimbu

  • Le secrétaire exécutif de la CENAREF, Adler Kisula

  • Le directeur du guichet unique

  • Le chef de division provinciale de la Justice à Kisangani

  • Le chef du département de génie civil de l’UNIKIN

Ces témoins sont sollicités pour éclairer la Cour sur le marché de construction de la prison de Kisangani, à l’origine de l’affaire.

« L’argent est intact à la Rawbank »

Lors de l’audience du 23 juillet, Constant Mutamba avait affirmé avec insistance n’avoir jamais détourné le moindre dollar. Selon lui, les 19 millions USD en question sont toujours logés sur un compte séquestre à la Rawbank, et n’ont pas été utilisés.

« Le ministre de la Justice que j’étais n’a jamais pris un seul dollar. L’histoire me rétablira », a-t-il déclaré.

Il a aussi affirmé que le marché avait été validé par la Première ministre, ce qui, selon lui, prouve la régularité de la procédure. Il demande désormais que ce point soit acté au procès-verbal.

Une contre-attaque sur d’anciens détournements présumés

Constant Mutamba a profité de sa comparution pour évoquer un autre dossier. Il affirme que 17 millions USD destinés aux victimes de la guerre de six jours ont disparu avant son entrée en fonction au ministère. Ces fonds, versés par l’Ouganda, auraient été « dilapidés » sans justification.

Témoins cités par le ministère public

Le ministère public, pour sa part, entend faire comparaître :

  • Le DG intérimaire de la DG-CMP

  • Le SG du ministère de la Justice

  • La directrice du service pénitentiaire

  • Le secrétaire permanent chargé des marchés publics

  • Le SG du ministère des ITPR

  • Le DG de Frivao

  • Le gestionnaire de l’immeuble abritant la société Zion

Le procès se poursuivra le 4 août avec la confrontation des versions et des témoins, dans une affaire à fort enjeu politique et judiciaire.

Affaire Mutamba : la Cour de cassation rejette la demande de surséance de l’instruction

La Cour de cassation a tranché ce mercredi 30 juillet 2025 : la demande de surséance introduite par les avocats de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, a été rejetée. Cette décision marque une nouvelle étape dans le dossier explosif où l’ancien ministre est poursuivi pour un détournement présumé de 19 millions de dollars destinés à la construction d’un centre pénitentiaire à Kisangani, dans la province de la Tshopo.

Une défense fragilisée par la décision de la Cour

Les avocats de l’ancien ministre avaient invoqué l’article 162 de la Constitution pour obtenir une suspension de la procédure, en attendant que la Cour constitutionnelle statue sur deux requêtes qu’ils ont introduites.

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La première concerne la constitutionnalité des résolutions ayant permis l’ouverture de l’instruction judiciaire et l’autorisation des poursuites par l’Assemblée nationale, alors que Mutamba était encore en fonction. La seconde attaque l’arrêt rendu le 23 juillet par la Cour de cassation, lequel avait écarté les exceptions soulevées par la défense.

Le ministère public dénonce une manœuvre dilatoire

Mais pour le ministère public, ces actions sont « inopérantes » devant la Cour de cassation. Selon lui, la défense cherche uniquement à gagner du temps et à ralentir la procédure dans une affaire déjà sensible.

L’ancien Garde des Sceaux devra désormais répondre devant la justice de ce détournement présumé de fonds publics, dans un climat politique tendu et sous l’œil attentif de l’opinion.

Procès Constant Mutamba : la Cour de cassation poursuit l’instruction sur les 19 millions détournés

Le procès de Constant Mutamba, ex-ministre de la Justice de la RDC, reprend ce mercredi 30 juillet 2025 devant la Cour de cassation à Kinshasa. Au cœur du dossier : un présumé détournement de 19 millions de dollars, initialement destinés à la construction d’un complexe pénitentiaire à Kisangani.

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Un rejet clair des exceptions de la défense

Lors de la dernière audience, la défense de l’ancien ministre avait soulevé plusieurs exceptions et fins de non-recevoir, espérant faire tomber les charges. La Cour les a jugées recevables mais non fondées, ouvrant ainsi la voie à l’instruction proprement dite. À la barre, Mutamba a répondu aux questions des juges tout en niant en bloc les accusations portées contre lui.

Un procès à forts enjeux politiques et judiciaires

Ce dossier est suivi de près, non seulement par la communauté judiciaire, mais aussi par l’opinion publique congolaise. La somme évoquée — 19 millions de dollars — devait financer la construction d’une prison moderne à Kisangani, un projet qui n’a jamais vu le jour. Ce procès pourrait devenir emblématique de la lutte contre l’impunité promise par les autorités durant la transition.

Constant Mutamba, continue de clamer son innocence, se retrouvant au cœur d’un procès à la fois politique et technique. Les prochaines audiences s’annoncent décisives pour déterminer sa responsabilité réelle dans cette affaire aux ramifications multiples.

Procès François Beya : vers un acquittement surprise de l’ex-conseiller de Tshisekedi ?

Le procès de François Beya, ex-conseiller spécial du président Félix Tshisekedi en matière de sécurité, touche à sa fin. Accusé de complot contre le chef de l’État et d’outrage au président, il risque à peine un an de prison. Une réquisition jugée clémente par de nombreux observateurs, au regard des trois années d’enquête, de détention préventive, et de l’aura de l’accusé dans les cercles sécuritaires.

Réquisitoire allégé, stratégie politique ou aveu d’échec ?

Lors d’un réquisitoire inattendu, le procureur militaire a requis 12 mois de prison, dont 6 avec sursis, contre François Beya. Une peine modérée, justifiée par son âge avancé et son état de santé, lui qui vit désormais en France après une évacuation médicale en 2022.

Ses quatre coaccusés, dont trois officiers de l’armée, encourent des peines similaires, sauf un colonel pour qui 18 mois fermes ont été requis. Fait notable : tous les prévenus, initialement détenus, sont aujourd’hui en liberté provisoire.

La défense dénonce un procès politique

Pour les avocats de la défense, ce procès est une inversion des rôles. Leur client aurait été, selon eux, la vraie cible d’un complot, et non son auteur. « Les faits ne sont pas établis », ont plaidé les avocats, demandant l’acquittement pur et simple. Me Jeanot Bukoko, coordonnateur du collectif de défense, a rejeté les circonstances atténuantes, soulignant qu’elles ne s’appliquent qu’en cas de culpabilité reconnue.

Le dernier mot revient désormais aux juges militaires, qui écouteront les dernières plaidoiries ce jeudi 31 juillet, avant de rendre un verdict qui pourrait marquer un tournant politique et judiciaire dans l’entourage sécuritaire du président congolais.

Procès Joseph Kabila : la Haute Cour militaire renvoie l’affaire au 31 juillet après une ouverture sous tension

Le procès Joseph Kabila s’est ouvert ce vendredi 25 juillet 2025 devant la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo. Il s’agit d’un moment inédit dans l’histoire judiciaire du pays : c’est la première fois qu’un ancien président en exercice est formellement poursuivi devant une juridiction militaire.

Un procès historique sous haute surveillance

Dès 10h00, militaires, avocats et journalistes étaient nombreux à affluer au siège de la cour. L’audience a débuté par la lecture des charges, au total neuf chefs d’accusation, parmi lesquels :

  • haute trahison,

  • participation à un mouvement insurrectionnel,

  • crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité,

  • homicide intentionnel,

  • viol,

  • torture,

  • déportation et occupation militaire de Goma.

Le ministère public accuse Joseph Kabila de soutien actif à la rébellion du M23, notamment dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi, avec un appui logistique, financier et diplomatique présumé. Il est également désigné comme coordonnateur indirect de la coalition ACM23, en lien avec les Forces de défense du Rwanda (RDF) et divers groupes armés opérant à l’Est.

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Suspension et renvoi de l’affaire au 31 juillet

Malgré l’absence du principal accusé, le procès Joseph Kabila a formellement commencé, la cour s’étant déclarée saisie. Elle a aussi acté la constitution de partie civile de la République démocratique du Congo. Les avocats de cette dernière ont sollicité un renvoi afin de consulter le dossier et préparer leur défense, demande acceptée par la Haute Cour.

Une suspension d’audience temporaire a été observée pour retrouver une pièce manquante. Le lieutenant-général Joseph Mutombo, président de la Haute Cour militaire, a fixé la prochaine audience au 31 juillet 2025.

Un procès aux enjeux politiques et sécuritaires majeurs

L’ouverture de ce procès Joseph Kabila fait suite à une injonction du ministre de la Justice ayant abouti à un réquisitoire adressé au Sénat. Malgré son statut de sénateur à vie, la chambre haute a voté la levée de son immunité après plusieurs jours de débats houleux à huis clos.

Le rapport d’une commission spéciale d’enquête sénatoriale a été déterminant. Il évoque les liens directs entre l’ancien président et les avancées militaires du M23, notamment à Goma, ainsi que des violations graves des droits humains.

Face à cette procédure, le Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme politique de Joseph Kabila, dénonce une manœuvre politique visant à écarter une figure clé de l’opposition à l’approche d’un nouveau cycle électoral.

Constant Mutamba nie tout détournement et dénonce une procédure irrégulière

L’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a comparu mercredi devant la Cour de cassation à Kinshasa. Il est accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars destinés à construire une prison à Kisangani.

Il a nié fermement les faits.

« Les 19 millions sont bel et bien à la banque. Je n’ai jamais pris un seul dollar. Peut-on détourner de l’argent qu’on n’a jamais eu entre les mains ? »

Il reconnaît un paiement, mais assume ses actes

Mutamba a confirmé avoir signé un ordre de paiement de 8 millions de dollars. Il affirme l’avoir fait après plusieurs échanges avec la CENAREF et l’IGF. L’argent, selon lui, est allé directement sur le compte de l’entrepreneur.

Il précise que sa prédécesseure, Rose Mutombo, lui avait signalé l’existence du compte concerné.

Il a aussi souligné une anomalie : avant sa nomination, 17 millions de dollars s’étaient déjà volatilisés du même compte.

« Et pendant ce temps-là, le ministère public exerçait toujours », a-t-il lancé.

Sa défense dénonce une procédure illégale

Les avocats de Mutamba réclament l’annulation du procès. Ils dénoncent plusieurs manquements :

  • L’Assemblée nationale n’aurait pas respecté le vote à bulletin secret, exigé par son règlement.

  • La majorité absolue requise pour la mise en accusation ne serait pas atteinte.

  • Un greffier, et non un magistrat, aurait délivré la citation à comparaître.

Malgré ces arguments, la Cour de cassation a rejeté toutes les exceptions. Le procès se poursuit.

Un dossier politique sous haute tension

Le procès Constant Mutamba soulève des questions sur la justice et la transparence en RDC. L’ancien ministre maintient son innocence. La défense dénonce une affaire politisée. La suite du procès s’annonce électrique.

Procès Constant Mutamba : La stratégie choc de la défense en pleine audience

L’audience de ce 23 juillet dans le procès Constant Mutamba a été marquée par une série d’exceptions soulevées par la défense. Les avocats de l’ancien ministre de la Justice ont réclamé devant la Cour de cassation l’annulation pure et simple de la procédure, contestant la régularité de l’action engagée contre leur client.

Premier point soulevé : la citation à prévenu. Selon la défense, celle-ci est entachée d’irrégularité, car elle a été initiée par le greffier en chef et non par le ministère public, comme l’exigerait le code de procédure pénale.

Des votes jugés inconstitutionnels par la défense

Autre argument central dans ce procès Constant Mutamba : l’irrégularité du vote à l’Assemblée nationale ayant autorisé les poursuites. Les avocats dénoncent un vote à main levée, alors que l’article 97 du règlement intérieur impose un scrutin à bulletin secret pour toute décision portant sur des personnes.

La défense évoque aussi l’absence de débat contradictoire. Selon elle, l’ancien ministre, malade au moment des faits, n’a pas pu présenter ses arguments avant le vote de l’Assemblée, ce qui constitue une violation du droit à la défense.

La riposte du Procureur général

Face à ces multiples exceptions, le Procureur général a opposé plusieurs contre-arguments. Il a rappelé que la question de la citation avait déjà été tranchée lors de l’audience du 9 juillet. Par ailleurs, il a estimé que les prétendues irrégularités du vote relèvent d’une autre juridiction que la Cour de cassation.

Le représentant du ministère public a également souligné que le prévenu s’était présenté librement devant la Cour, ce qui, selon lui, annule tout préjudice éventuel.

Procès Constant Mutamba : chute d’un ministre ou règlement de comptes politique ?

Ce mercredi 23 juillet, la Cour de cassation ouvre l’instruction au fond dans le procès Constant Mutamba, un dossier explosif de détournement présumé de fonds publics. L’ancien ministre de la Justice est accusé d’avoir détourné plus de 19 millions de dollars américains, censés financer une prison moderne à Kisangani.

Le procès se tient dans la plus haute juridiction du pays, à Kinshasa, sous les regards attentifs de l’opinion publique.

Détournement, surfacturations et entreprises fictives

Le ministère public accuse l’ex-ministre d’avoir mis en place un système de détournement massif. Les pièces du dossier révèlent des surfacturations, des contrats avec des entreprises fictives et l’absence de justificatifs sur les dépenses.

Le 9 juillet, lors de la première audience, la défense avait tenté de faire annuler la procédure pour vice de forme. La Cour a rejeté cet argument, validant l’ouverture du débat de fond ce 23 juillet.

Une défense affaiblie, un procès très scruté

Lors de sa première comparution, Constant Mutamba est arrivé en retard, appuyé sur une canne, évoquant les embouteillages. Il s’est présenté comme « père de famille, avocat de profession, et chef des travaux à l’UPC ».

L’audience de ce jour marque le vrai début du procès Constant Mutamba. Le prévenu devra répondre aux accusations. L’instruction prévoit l’audition des témoins, l’examen des pièces à conviction, ainsi que de possibles confrontations.

Dans un contexte où les appels à la transparence budgétaire se multiplient, ce procès prend une forte dimension politique.

Procès Constant Mutamba : retard, tension et renvoi explosif

Le procès Constant Mutamba, très attendu, a connu un démarrage tendu ce mercredi 9 juillet 2025 à la Cour de cassation de Kinshasa. Poursuivi pour détournement présumé de fonds publics destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani (province de la Tshopo), l’ancien ministre de la Justice devait répondre aux accusations du parquet.

Dès l’ouverture, le greffier a appelé l’affaire inscrite au rôle. Les avocats de Mutamba ont aussitôt demandé un report. Ils ont affirmé ne pas avoir eu assez de temps pour consulter le dossier et assurer la défense de leur client dans de bonnes conditions.

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Un retard remarqué et une défense en difficulté

Constant Mutamba est arrivé à l’audience avec une heure de retard. Il s’est excusé, invoquant les embouteillages.

« J’ai quitté la maison à 8h30. C’est la circulation qui m’a retardé. Je comparais à titre provisoire, mes avocats prendront la parole. »

Le ministère public a refusé le report. Il a rappelé que la Cour exigeait d’abord la comparution du prévenu avant de traiter toute question préalable. Le premier président a confirmé que Mutamba avait été notifié dans les règles.

« La cause est en état. Le prévenu est absent au moment prévu. Ici, aucun procès ne se tient par défaut. »

Un nouveau rendez-vous fixé au 23 juillet

Après l’identification du prévenu, la Cour a décidé de renvoyer le procès Constant Mutamba au mercredi 23 juillet à 10h. Les avocats disposent ainsi de deux semaines pour mieux préparer leur dossier.

Ce procès symbolise un test important pour la justice congolaise. Il pourrait devenir un signal fort dans la lutte contre la corruption et la gestion des finances publiques. L’opinion publique suit de près cette affaire très médiatisée.

Procès Constant Mutamba : Tension maximale à Kinshasa

Ce mercredi 9 juillet 2025, le très attendu procès Constant Mutamba s’ouvre à la Cour de cassation de Kinshasa dans un climat électrique. Dès les premières heures, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a verrouillé les abords du bâtiment judiciaire, interdisant tout attroupement. En cause : des impératifs de sécurité et la capacité limitée de la salle d’audience Marcel Lihau, qui ne peut accueillir que 150 personnes.

Pour garantir la transparence, l’audience est retransmise en direct à la télévision nationale. Une initiative qui vise également à désamorcer les tensions, alors que la NOGEC, parti de Mutamba, avait appelé ses militants à « accompagner leur leader ».

Constant Mutamba face à l’accusation de détournement de fonds publics

Ancien ministre de la Justice et figure emblématique de l’opposition, Constant Mutamba comparaît pour détournement de 19 millions de dollars, initialement destinés à la construction d’un complexe pénitentiaire à Kisangani. Selon le parquet, les fonds ont été engagés sans validation préalable de la Première ministre, dans une manœuvre jugée frauduleuse.

« Le détournement est établi et nous le prouverons aisément », avance une source judiciaire. Bien que l’argent n’ait pas été débloqué par l’entreprise bénéficiaire, le parquet évoque un risque de perte évité grâce à l’intervention rapide de la cellule de renseignement financier. D’autres infractions, comme le blanchiment, auraient également pu être retenues.

Mutamba dénonce une cabale politique

Pour sa défense, Constant Mutamba dénonce un procès politique orchestré pour saboter ses réformes judiciaires et entraver sa lutte contre « l’agression rwandaise ». Il clame son innocence et parle d’un « dossier administratif gonflé artificiellement ».

Connu pour ses critiques virulentes envers les magistrats durant son mandat, Mutamba estime être victime d’un acharnement du procureur général. De son côté, le Conseil supérieur de la magistrature appelle à la sérénité et met en garde contre tout trouble à l’ordre public, rappelant que les incidents en salle pourraient constituer un délit d’audience.

RDC vs Rwanda : La justice Africaine entre en scène

Ce jeudi 25 juin 2025, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) entame officiellement le procès RDC Rwanda à Arusha, en Tanzanie. Ce procès historique oppose la République démocratique du Congo au Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de crimes de guerre, massacres de civils et pillage systématique de ses ressources naturelles, notamment dans l’Est du pays.

La Cour a rejetté toutes les exceptions juridiques soulevées par Kigali. Elle s’est déclarée compétente pour juger l’affaire et a reconnu la recevabilité de la plainte congolaise. Le Rwanda dispose désormais de 90 jours pour présenter sa défense.

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RDC Rwanda : les raisons d’un bras de fer judiciaire

La plainte congolaise vise à faire reconnaître des décennies d’agressions et d’exactions. Le gouvernement congolais accuse l’armée rwandaise et le groupe rebelle M23-AFC d’avoir commis de nombreux crimes sur le sol congolais, allant des violences armées au pillage des ressources minières.

En février, les premières audiences ont vu les avocats rwandais contester la compétence de la Cour. Ils ont aussi critiqué l’usage de sources médiatiques dans le dossier. En réponse, la partie congolaise a apporté des preuves documentées, soulignant que le recours à la CADHP est légitime selon les textes en vigueur.

Un procès à forte portée symbolique

Le procès RDC Rwanda représente un tournant dans la lutte pour la justice en Afrique. Pour Kinshasa, il s’agit de faire valoir les droits des victimes et de briser l’impunité dans une région marquée par l’instabilité.

Paul Nsapu, président de la Commission nationale des droits de l’homme en RDC, a salué cette avancée :

« C’est une occasion unique pour la CADHP de prouver qu’elle est la voix des peuples africains. »

Ce procès pourrait devenir un précédent juridique majeur sur le continent. Il met à l’épreuve la volonté de l’Union africaine de faire respecter les droits humains entre États membres.

Démission Constant Mutamba : Tshisekedi tranche dans le vif

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a officiellement pris acte de la démission de Constant Mutamba, ministre d’État en charge de la Justice, le 19 juin 2025. Dans une lettre adressée à la Première ministre, il a demandé que toutes les mesures soient prises pour assurer la continuité des services au ministère.

Cette décision intervient deux jours après que Mutamba a lui-même présenté sa démission, dans un contexte judiciaire très tendu. Il est en effet accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars issus d’un marché public douteux.

Démission Constant Mutamba : au cœur d’un scandale financier majeur

Le dossier repose sur un contrat de 29 millions de dollars lié au Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao). Le ministère de la Justice, sous sa tutelle, aurait détourné une grande partie de ces fonds.

Le 15 juin, l’Assemblée nationale a levé son immunité parlementaire. Deux jours plus tard, la justice lui a interdit de quitter Kinshasa. Une notification officielle du procureur général a été envoyée à la Direction générale de la migration.

Une stratégie d’anticipation face aux poursuites

Acculé, Constant Mutamba a choisi de se retirer. Il affirme être la cible d’un complot politique, tout en revendiquant un bilan positif à la tête du ministère. Il reste néanmoins poursuivi devant la Cour de cassation, conformément à l’article 145 du Code pénal congolais.

Cette démission de Constant Mutamba plonge de nouveau le gouvernement dans l’embarras, la présidence tente de redorer son image en montrant une fermeté face à la corruption.

Démission de Constant Mutamba sur fond de complot politique

Le mercredi 18 juin 2025, Constant Mutamba a présenté sa démission du poste de ministre de la Justice. Il justifie son départ par l’existence d’un complot politique, selon lui orchestré depuis Kigali avec la complicité de certains acteurs congolais.

Dans une lettre adressée au Président de la République, il affirme que ce complot visait à freiner les réformes judiciaires qu’il portait et à affaiblir la riposte gouvernementale contre l’agression rwandaise.

Une démission pour dénoncer un sabotage organisé

Selon Constant Mutamba, le plan aurait été conçu pour bloquer toute avancée institutionnelle dans le domaine de la justice. Il accuse des compatriotes d’avoir activement participé à cette manœuvre. Il évoque aussi des menaces sérieuses, allant jusqu’à des tentatives d’empoisonnement et des projets d’élimination physique.

« Ce complot ne vise pas ma personne, mais l’élan de réforme et le patriotisme que j’incarnais », écrit-il.

Un départ pour défendre les réformes

L’ancien ministre assure que sa décision découle d’un acte de conscience patriotique. Il se dit trahi alors qu’il poursuivait en justice des membres de l’AFC/M23. Cette démission de Constant Mutamba marque un tournant et pose de sérieuses questions sur les résistances internes aux réformes.

« Tel votre soldat, engagé pour la République, je suis surpris par un coup de poignard dans le dos », déclare-t-il.

Avec cette démission, Constant Mutamba entend dénoncer les pressions qui pèsent sur les réformateurs. Il appelle à une prise de conscience nationale face aux ingérences et aux menaces internes.

Mutamba quitte la Justice, un départ sur fond de réformes fortes

Le 17 juin 2025, Maître Constant Mutamba a présenté sa démission officielle de son poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux, mettant fin à un mandat court mais intensément réformateur. Il quitte ses fonctions dans un contexte judiciaire sous tension, tout en revendiquant fièrement le bilan de son passage à la tête du ministère de la Justice.

Un héritage de réformes

Mutamba laisse derrière lui un programme ambitieux, orienté vers la modernisation de la justice congolaise. Parmi ses principales réalisations :

  • La lutte contre la corruption au sein de l’appareil judiciaire, avec des poursuites inédites contre magistrats et agents corrompus.

  • La bancarisation des frais judiciaires, pour plus de transparence dans les paiements et moins de fraudes.

  • Un plaidoyer assumé pour la réintroduction de la peine de mort en cas de détournement des deniers publics.

  • La création d’un Parquet financier, dédié à la lutte contre les infractions économiques.

  • La réforme de l’organisation judiciaire, du Conseil Supérieur de la Magistrature, du statut des magistrats et du Barreau.

  • Une gestion proactive du surpeuplement carcéral, et

  • L’organisation des états généraux de la justice, étape stratégique dans la refondation du secteur.

Un départ sous tension

Son départ intervient alors qu’il fait l’objet d’une enquête judiciaire pour un présumé détournement de 19 millions USD liés à un projet de construction de prison à Kisangani. Bien qu’il nie toute implication, affirmant « n’avoir volé aucun franc », la Cour de cassation lui a interdit de quitter Kinshasa.

Qui pour lui succéder ?

Des échos se font déjà entendre quant à son successeur. Plusieurs noms circulent dans les coulisses, mais pour l’instant, Maître Samuel Mbemba Kabuya Tanda assure l’intérim. Âgé de 51 ans, ce juriste spécialisé en contentieux international, membre du parti CRD de Christophe Mboso, hérite d’un ministère complexe. Reste à savoir s’il pourra prolonger la dynamique des réformes engagées par son prédécesseur, ou s’il prendra une toute autre direction.

Le ministre de la Justice Constant Mutamba démissionne en pleine tempête judiciaire

La saga Mutamba continue avec la démission fracassante de Constant Mutamba Tungunga, ministre d’État et ministre de la Justice de la RDC, annoncée ce mardi au président Félix Tshisekedi.

Dans un climat politique surchauffé, cette décision intervient alors que le ministre fait face à de lourdes accusations de détournement de fonds et à une levée de son immunité parlementaire.

Selon nos informations, le tête-à-tête entre Mutamba et le chef de l’État aurait duré près d’une heure. Il devrait officialiser sa démission dès ce mercredi, par une lettre adressée aux cabinets de la Présidence et de la Première ministre.

Nommé en mai 2024, Mutamba est au cœur d’un scandale politico-financier majeur. Il est visé par une enquête pour le détournement présumé de 19 millions de dollars issus d’un marché public douteux de 29 millions. Ces fonds proviennent du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (Frivao) — un organisme sous la tutelle directe de son ministère.

Le 15 juin dernier, le couperet est tombé : l’Assemblée nationale a levé son immunité parlementaire, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires. Outre les accusations de détournement, Mutamba est aussi poursuivi pour outrage aux corps constitués, après avoir dénoncé ce qu’il qualifie de « complot politique » visant à l’évincer.

Confronté à une interdiction de quitter Kinshasa et à un risque imminent de mandat d’arrêt, Mutamba a préféré prendre les devants en présentant sa démission dans le respect des délais prévus par la loi.

Ce nouvel épisode de la “Saga Mutamba” plonge une fois de plus le gouvernement congolais dans la tourmente, à quelques mois d’échéances politiques majeures. Alors que la présidence de Félix Tshisekedi tente de préserver sa stabilité, ce scandale met en lumière les fragilités persistantes du système politico-judiciaire en RDC.

La LUCHA applaudit les poursuites contre Mutamba et réclame une vraie purge anticorruption

Dans un communiqué publié le lundi 16 juin, le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) a salué la décision de l’Assemblée nationale d’autoriser les poursuites judiciaires contre Constant Mutamba, ministre d’État en charge de la Justice, accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani.

Le mouvement qualifie cette avancée de pas important vers la redevabilité et félicite la justice ainsi que l’Assemblée nationale pour leur synergie. Il appelle cependant à étendre cette rigueur à tous les autres responsables impliqués dans des scandales financiers, notamment ceux liés à la gestion du FONAREV (Fonds national de réparation des victimes) et du FRIVAO (Fonds spécial d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda), soupçonnés de détournements massifs.

La LUCHA dénonce une corruption systémique, affirmant que ces fonds censés soulager les victimes sont devenus « une insulte à leur mémoire » et « un supplice pour les survivants ». Elle exhorte le Parlement à ouvrir une commission d’enquête sur la gestion de ces fonds depuis leur création.

Le mouvement exige également une enquête sur l’acquisition présumée illégale d’un bien immobilier à Bruxelles par le procureur général Firmin Mvondé Mambu, au nom de l’équité et de l’intégrité de la justice congolaise.

Enfin, la LUCHA enjoint au président Félix Tshisekedi et à la Première ministre Judith Suminwa de prendre leurs responsabilités :

« Qu’ils exigent la démission, ou à défaut, la révocation immédiate du ministre Mutamba, pour garantir une procédure libre de toute interférence politique. »

Cette affaire, liée aux indemnisations versées par l’Ouganda à la RDC pour les exactions commises lors de la guerre de six jours à Kisangani en 2000, met en lumière l’urgence d’un véritable assainissement de la gestion publique.

Le ministre Mutamba, dont la sortie du territoire a été interdite par la justice, peut désormais être poursuivi après la levée de ses immunités parlementaires. Le peuple congolais attend désormais des actes concrets pour que cesse l’impunité des puissants.

Deux poids, deux justices ? Quand Mutamba tombe, Kazadi s’envole

Un parfum d’injustice flotte sur Kinshasa. Tandis que Constant Mutamba, ministre d’État à la Justice, est cloué au sol par une interdiction de sortie du territoire et poursuivi pour le détournement de 19 millions de dollars, Nicolas Kazadi, ex-ministre des Finances, visé par des soupçons portant sur plus de 500 millions de dollars, circule librement, intouchable derrière son immunité. Deux dossiers. Deux ministres. Deux poids, deux mesures.

Mutamba ciblé, Kazadi épargné : à qui profite la justice ?

Le 15 juin 2025, l’Assemblée nationale autorise à une écrasante majorité les poursuites contre Mutamba. L’accusation ? Avoir payé 19 millions de dollars à une société fictive pour construire une prison fantôme à Kisangani. Dans la foulée, la Direction générale de migration lui interdit de quitter Kinshasa. La procédure judiciaire est lancée.

Mais dans ce pays où la corruption est endémique, cette rigueur soudaine de la justice interroge. Car Nicolas Kazadi, soupçonné d’avoir orchestré des surfacturations massives et des opérations financières troubles à hauteur de demi-milliard de dollars, reste curieusement épargné. L’Assemblée nationale a bloqué les poursuites contre lui, au motif que ses propos critiques ne relèveraient pas du pénal. Pourtant, la question n’est pas ce qu’il a dit, mais ce qu’il aurait fait.

Justice ou règlement de comptes ?

Les rues de Kinshasa murmurent. Dans les salons comme dans les taxis, on s’interroge : pourquoi le ministre de la Justice, qui voulait réformer le système judiciaire et s’était attaqué à certaines « intouchables » de la magistrature, devient-il soudain la cible d’un zèle judiciaire inédit ? Pour beaucoup, derrière l’affaire Mutamba, se cache une cabale politique.

Même le ministre rwandais des Affaires étrangères s’est permis un commentaire jubilatoire, saluant sur X la « chute » de Mutamba comme un juste retour de bâton pour ses positions « xénophobes et anti-Rwanda ». Depuis quand le Rwanda célèbre les procès de nos ministres ? Et surtout, pourquoi ?

Une justice sélective qui entame la crédibilité de l’État

Si la RDC veut restaurer l’autorité de la justice, elle doit le faire sans calcul ni favoritisme. Il ne peut y avoir d’un côté un ministre transformé en bouc émissaire, et de l’autre un ancien argentier protégé par ses réseaux, son silence… et ses secrets.

« Ce n’est pas la force de Kazadi qui le protège, mais ce qu’il sait », tranche l’analyste Éric Kamba. « Il connaît le système. Il le tient. Et le système le protège. »

Pendant ce temps, des millions de Congolais vivent dans la misère, sans eau, sans soins, pendant que les élites jonglent avec les milliards.

Une justice au service du peuple… ou des équilibres politiques ?

Le contraste entre les deux cas est saisissant. Mutamba a été lâché par l’Assemblée. Kazadi a été couvert. Pourtant, si l’un a autorisé un paiement douteux, l’autre est soupçonné d’avoir saigné l’État en silence, lampadaire après lampadaire, marché après marché.

Si la loi est vraiment la même pour tous, Kazadi devrait répondre devant les juges. Pas sur les plateaux. Pas dans les réseaux. Mais dans un prétoire.

La RDC face à son miroir

La lutte contre la corruption ne se mesure pas aux discours ni à la tête de l’accusé. Elle se mesure à la cohérence de l’action judiciaire. Et pour l’instant, celle-ci donne le sentiment d’une justice à géométrie variable, instrumentalisée selon les intérêts du moment.

Le peuple observe. Les procureurs ont la balle. Et l’Histoire jugera ceux qui ont préféré protéger les puissants plutôt que servir la vérité.

Constant Mutamba interdit de sortie du territoire pour détournement de fonds

Kinshasa, le 16 juin 2025 – C’est une décision judiciaire retentissante qui vient de tomber : Constant Mutamba, ministre d’État et ancien garde des Sceaux, est désormais interdit de quitter la ville de Kinshasa. Cette mesure fait suite à la résolution n°004 du 15 juin 2025 adoptée par l’Assemblée nationale, qui autorise les poursuites à son encontre pour détournement présumé de fonds publics.

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Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, a transmis une notification formelle à la Direction générale de la migration (DGM), demandant l’interdiction immédiate de sortie du territoire à l’encontre de l’ancien ministre.

Conformément à l’article 83 alinéa 1 de la loi organique n°13/010 du 19 février 2013, cette décision a été prise dans le cadre d’une procédure enclenchée devant la Cour de cassation. Mutamba est poursuivi sur la base de l’article 145 du Code pénal, relatif au détournement des deniers publics.

Le gouvernement semble ainsi durcir le ton contre la corruption, et cette affaire pourrait bien marquer un tournant dans la lutte pour la transparence au sein des hautes sphères de l’État congolais.

Nicolas Kazadi : le mystère d’une impunité à 500 millions de dollars

En République démocratique du Congo, les scandales politico-financiers se suivent, mais ne se ressemblent pas toujours. Celui qui entoure l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi, en revanche, cristallise tous les ingrédients d’une crise institutionnelle profonde : accusations lourdes, silence judiciaire, protection politique et opinion publique outrée.

Au cœur de l’orage, un homme : Nicolas Kazadi, soupçonné d’avoir détourné plus de 500 millions de dollars à travers des opérations douteuses, des surfacturations massives et une gestion opaque des fonds publics. Malgré cela, l’ancien grand argentier continue de circuler librement, bénéficiant d’une immunité parlementaire jalousement préservée par plus de 350 députés.

Pour Éric Kamba, analyste politique, ce n’est ni un hasard, ni une coïncidence :

« Pourquoi Nicolas Kazadi n’est-il pas poursuivi ? Pourquoi un homme soupçonné de détournement à si grande échelle continue-t-il de jouir d’une telle liberté alors que les preuves s’accumulent et que les soupçons se renforcent ? »

L’analyste dénonce un verrouillage systémique orchestré par un appareil d’État qui préfère protéger l’un des siens plutôt que de rendre des comptes au peuple.

« Le scandale est moral autant qu’institutionnel. Ce n’est pas la force de Kazadi qui le protège, mais sa connaissance intime des mécanismes du système. Il a vu, entendu, signé, cautionné. Il détient des secrets. Et pour éviter de tomber, il empêche que la vérité éclate. »

L’affaire des lampadaires – devenus le symbole de la surfacturation grotesque – n’est qu’un exemple parmi d’autres. D’après Kamba, la stratégie de Kazadi repose sur l’achat de silence, le chantage d’appareil et une influence soigneusement cultivée dans les plus hautes sphères de l’État. Pendant ce temps, le peuple trinque.

« Pendant que des centaines de millions disparaissent, des Congolais vivent sans électricité, sans eau, sans soins, sans avenir. Cet argent aurait pu changer des vies. À la place, il alimente un système de prédation cynique. »

Pour Éric Kamba, le statu quo ne peut pas durer. La justice doit reprendre la main, sans céder aux pressions politiques :

« Si Kazadi est innocent, qu’il se présente devant les juges et défende son honneur. Dans un État de droit, nul n’est au-dessus de la loi. Pas même un ancien ministre. »

L’affaire Kazadi soulève aussi une autre problématique : la crédibilité de la lutte contre la corruption, souvent brandie comme étendard politique, mais rarement suivie d’actes concrets contre les figures de pouvoir.

« Les voleurs en cravate sont recyclés au lieu d’être jugés. Ils sont protégés, applaudis, alors que la population attend que des comptes soient rendus. »

À ce jour, aucun procès, aucune audition publique, aucun gel d’avoirs. L’inaction judiciaire alimente la colère populaire, et fragilise davantage les institutions de la République. Mais l’Histoire, elle, n’oubliera pas.

« Le peuple observe. Les procureurs ont la balle. Le monde regarde. Et l’Histoire retiendra ceux qui ont choisi l’omerta au lieu de la justice. »

Constant Mutamba visé par la justice pour détournement de 19 millions $

Un véritable séisme politique secoue Kinshasa.
Le 15 juin, l’Assemblée nationale de la RDC a autorisé des poursuites judiciaires contre Constant Mutamba Tungumba. Ce ministre d’État, chargé de la Justice, est soupçonné d’avoir détourné 19 millions de dollars.

Les députés ont voté à une écrasante majorité : 322 voix pour, 29 contre, 12 abstentions. Cette décision permet au procureur général près la Cour de cassation de poursuivre le ministre. Elle repose sur les articles 153 et 166 de la Constitution.

Une prison fantôme à 19 millions $

L’affaire remonte à avril 2025. À cette date, le ministre Mutamba a autorisé un paiement anticipé de 19 millions $ à Zion Construction. L’argent devait financer la construction d’une prison à Kisangani.

Or, cette société a été créée un an plus tôt. Elle ne possède ni siège réel, ni personnel qualifié. Le versement s’est effectué sur un compte privé non reconnu. Rien n’a respecté les procédures légales. Pire encore, aucune brique n’a été posée sur le terrain, malgré le décaissement.

Le ministre rattrapé par la justice

Suite à cette révélation, le Parlement a levé l’immunité de Constant Mutamba. La justice peut désormais l’interroger et engager des poursuites. Le ministre, lui, crie à la cabale politique. Il nie les faits et a tenté, sans succès, d’écarter le procureur Firmin Mvonde du dossier.

Un signal fort contre la corruption

Ce scandale éclate alors que le gouvernement promet de renforcer la lutte contre la corruption. Vital Kamerhe, secrétaire général de l’Assemblée nationale, y voit un tournant historique. Selon lui, cette décision montre que personne n’est au-dessus de la loi.

Alors que la RDC tente de rassurer ses partenaires internationaux, cette affaire pourrait ternir son image. Le pays veut rompre avec l’impunité. Mais la population, elle, attend surtout des sanctions concrètes. L’avenir politique du ministre Mutamba est désormais suspendu au verdict de la justice.

Kalemie inaugure un palais de justice moderne : Un nouveau chapitre pour l’État de droit au Tanganyika

La ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, vient de franchir une étape majeure dans le renforcement de son système judiciaire avec l’inauguration d’un tout nouveau Palais de Justice.

Ce projet ambitieux est le fruit d’une collaboration tripartite entre le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Royaume de Suède et le Gouvernement de la République Démocratique du Congo. L’infrastructure moderne entend redéfinir l’accès à la justice dans une région souvent confrontée à des défis de gouvernance, d’impunité et de développement.

Un symbole d’espoir pour les citoyens

Pour le Gouverneur du Tanganyika, Christian Kitungwa, ce bâtiment ne représente pas uniquement une avancée architecturale. Il s’agit d’un symbole fort d’une justice réconciliée avec les citoyens, une maison du peuple où l’impartialité, l’efficacité et la proximité sont les piliers fondamentaux. Il a salué cette réalisation comme “un pas décisif vers une justice indépendante et proche des réalités locales”.

Un projet ancré dans la vision présidentielle

L’initiative s’inscrit dans la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait de l’État de droit et de la lutte contre l’impunité des priorités de son mandat. Le Palais de Justice de Kalemie vient ainsi matérialiser l’engagement du gouvernement à offrir une justice accessible, transparente et équitable, en particulier dans les zones reculées.

Une coopération internationale au service de la justice

La réussite de ce projet repose également sur une collaboration exemplaire entre les partenaires internationaux et les autorités congolaises. Le soutien financier et technique du Royaume de Suède, via le PNUD, a été déterminant pour la mise en œuvre de ce chantier structurant.

Cette synergie témoigne d’une volonté commune de bâtir des institutions résilientes et inclusives, capables de restaurer la confiance entre la population et les autorités judiciaires.

Un outil stratégique pour la paix et le développement

Dans une province marquée par des tensions passées et des défis socio-économiques persistants, le Palais de Justice de Kalemie se positionne comme un levier crucial pour la consolidation de la paix, la prévention des conflits et la promotion des droits fondamentaux.

le ministre Constant Mutamba visé par une seconde requête judiciaire en 24h

Le ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, est au cœur d’une double tempête judiciaire. En moins de 24 heures, l’Assemblée nationale a été saisie de deux réquisitoires explosifs émanant du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde.

Après une première demande d’ouverture d’instruction pour un présumé détournement de fonds destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani, une seconde requête a été déposée ce vendredi 30 mai 2025. Cette fois, le ministre est visé pour des propos jugés outrageants tenus publiquement lors d’un meeting le 26 avril dernier, devant le Palais de Justice à Kinshasa.

Dans une déclaration enflammée, Mutamba aurait dénoncé un « complot judiciaire tribal », qualifié certains magistrats de « maffieux kabilistes », et promis : « Ils ont cherché la guerre, ils vont la vivre. Restez debout, la révolution judiciaire commence. » Il aurait aussi lancé : « Avant de m’arrêter, ils devront arrêter le peuple congolais. »

Le réquisitoire accuse le ministre d’avoir porté atteinte à l’autorité judiciaire et politique, notamment en traitant la Première ministre Judith Suminwa de « Karaba la sorcière » et en remettant en cause la probité financière de plusieurs hauts magistrats. Il évoque également des accusations contre les parquets, notamment sur l’acquisition présumée douteuse de biens immobiliers à Bruxelles.

Les faits reprochés relèvent de plusieurs infractions : outrage aux institutions, incitation au trouble public, injures et menaces, prévus par les articles 75, 135, 135 bis, 136 et 159 du Code pénal congolais.

La procédure enclenchée place l’Assemblée nationale face à une affaire politique explosive. La scène judiciaire congolaise s’embrase, alors que Mutamba maintient sa ligne de défense : une « révolution judiciaire » face à ce qu’il qualifie de cabale politique.