Ce que les Centrafricains attendent de leurs députés

Quatre-vingt-dix (90) députés sur 140 sont entrés en fonction le 3 mai. Ils devraient avant tout se préoccuper du retour de la sécurité et notamment du rôle de la Russie.

 

Les députés de la septième législature ont amorcé leur mandat de cinq ans dans un contexte marqué par l’insécurité et les rivalités politiques. Mais ceux-ci débutent dans un contexte difficile et à un moment où les Centrafricains aspirent à un retour de la paix.

C’est le cas d’Elysée Nguimalé qui compte sur l’Assemblée nationale pour clarifier la coopération du pays avec la Russie et aussi affronter les questions sécuritaires.

« Cette septième législature a un grand défi à relever dans le domaine sécuritaire et donc nous pensons que l’Assemblée nationale doit mener à bien sa mission et voir de quelle manière on doit désormais engager la coopération entre la République Centrafricaine et d’autres pays, affirme-t-il avant d’ajouter, « La question d’actualité dans notre pays, c’est la présence russe sur notre territoire. L’Assemblée nationale doit tirer au clair la coopération entre la RCA et la Fédération de Russie. Parce que les peuples ne savent pas exactement les liens avec les éléments russes qui sont là. Est-ce que ce sont des militaires, des mercenaires… ? Il y a encore un flou », regrette Elysée Nguimalé.

Problèmes sociaux

Il n’y a pas que les préoccupations sécuritaires. Les problèmes sociaux tels que la santé, l’éducation et la protection des femmes et des enfants sont aussi prioritaires.

« Qu’ils veillent à ce que certaines lois discriminatoires à l’égard des jeunes filles soient révisées. Prenons par exemple le cas du code de la famille. Notre souhait pour cette septième législature est que soient discutées et votées des lois qui vont dans le sens de la femme et la promotion des jeunes filles », estime Fornel Poutou.

Alors que la loi sur le fond de développement des sports peine à être adoptée, Bienvenu souhaite pour sa part, que la Centrafrique puisse être connue dans le monde pour d’autres raisons que la guerre.

« Aujourd’hui, on ne peut pas faire de sport sans argent et pour avoir de l’argent, il faut un mécanisme de mobilisation et de gestion de ces fonds. Donc, on attend beaucoup de cette législature pour que les députés puissent s’intéresser à ça. Pour qu’on puisse connaitre la RCA aussi autrement à travers les sports et pas seulement à travers les armes ou la guerre », dit-il.

Pour satisfaire ces attentes et redonner espoir à la population, les élus doivent transcender les clivages et jouer leur rôle de contrôle des actions du gouvernement. Ce qui est un défi au regard de la configuration politique de cette Assemblée.

RCA : le gouvernement rejette les accusations ciblant les instructeurs russes

Le média français RFI a publié lundi un document accablant les instructeurs russes opérant en République centrafricaine.

 

Le gouvernement centrafricain a remis en cause les récentes révélations faites par le média français RFI attribuant aux instructeurs russes opérant en Centrafrique des « exactions et de graves violations des droits humains ».

Le porte-parole du gouvernement centrafricain, Ange Maxime Kazagui, a exprimé, dans un tweet, son étonnement quant à la méthode utilisée par les journalistes français dans leur enquête et a remis en cause le bien-fondé de ces accusations portées contre les instructeurs russes et les forces centrafricaines.

« Nous pensons qu’il s’agit d’actions organisées contre notre pays avec un objectif très clair, c’est tout simplement de faire en sorte d’arrêter la progression de nos Forces armées et de nos alliés dans la libération de notre pays. On ne peut pas essayer de nous amener à pas forcés vers l’accusation de nos forces et de nos alliés sans qu’une vraie enquête n’ait été faite », a souligné Kazagui.

Lundi, le gouvernement centrafricain a annoncé dans un communiqué qu’il avait reçu de la force onusienne en RCA une liste intitulée « tableau des violations commises par les acteurs étatiques/forces bilatérales décembre 2020 à avril 2021 ».

Dans cette liste la Minusca « met gravement en cause les forces nationales et bilatérales à travers des allégations d’exécution arbitraire/extrajudiciaire, tortures, violences sexuelles, traitements cruels, inhumains et dégradants, arrestations et détentions arbitraires, menace à l’intégrité physique, menace de mort », a souligné le gouvernement centrafricain.

Les autorités centrafricaines ont, en outre, affirmé qu’elles n’ont, à aucun moment, été informées sur d’éventuelles enquêtes menées en RCA, et sur l’initiateur, les méthodes et encore moins le calendrier.

« De plus, le gouvernement n’a jamais été sollicité pour donner son avis sur un éventuel rapport, lui permettant ainsi de se faire une idée de la crédibilité des enquêteurs, de leur démarche, de leur objectivité et bien entendu de la vérité des faits allégués », précise le communiqué.

Dans un communiqué similaire lundi, l’ambassadeur de la Russie en Centrafrique, Vladimir Titorenko, a réagi à l’enquête publiée par les journalistes français de RFI en dénonçant de « fausses nouvelles ».

« Nous constatons avec regret qu’en publiant cet article un média renommé s’aligne avec des fabricants de fausses nouvelles qui servent les intérêts des malfaiteurs qui complotent pour renverser le gouvernement légitime », a souligné Titorenko.

Le diplomate russe a, en outre, souligné dans son communiqué que toute la publication de la RFI concernant les instructeurs russes est fondée sur le « bouche à oreille ».

« Aucun des nombreux documents confidentiels n’a été rendu public. La publication n’est pas accompagnée d’audiovisuel. Il est impossible d’identifier les personnes interviewées qui sont mentionnées dans la publication.», a dénoncé le diplomate russe dans le communiqué.

Lundi 3 mai, RFI a publié un article intitulé « tableau des violations commises par les acteurs étatiques et forces bilatérales décembre 2020 à avril » qui accable les instructeurs russes qui appuient l’armée centrafricaine dans la reconquête des régions du pays contrôlées par les rebelles.

Dans un communiqué publié le 31 mars dernier, le groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires avait accusé la Mission des Nations unies pour la stabilité de la Centrafrique (Minusca) de collusion avec les paramilitaires du groupe de sécurité privé russe Wagner, et d’avoir été témoin d’exactions commises par ces derniers.

RCA-législative : la victoire du candidat Florent Kema vient d’être invalidée

Le candidat du KNK, proclamé élu le mois dernier par la cour constitutionnelle, et destitué une semaine plus tard par la cour constitutionnelle.

 

Un candidat pourtant proclamé élu par la cour constitutionnelle est invalidé quelques semaines plus tard par la même juridiction pour des motifs fallacieux. Autrement dit, un député à l’Assemblée nationale peut être destitué par une simple décision de la cour constitutionnelle ?? C’est ce qui est arrivé à Monsieur Florent Kema, candidat du KNK, proclamé élu le mois dernier par la cour constitutionnelle, et destitué une semaine plus tard par la même cour. Ainsi, la question ici est de savoir si la cour constitutionnelle peut-elle statuer sur les requêtes en dehors  du délai légal ?

Selon la loi électorale en République centrafricaine, la cour constitutionnelle dispose d’un mois pour rendre son arrêt définitif sur les contentieux électoraux après la proclamation des résultats provisoire par l’autorité nationale des élections.

Pour les législatives  du 14 mars 2021, l’autorité nationale des élections avait proclamé les résultats globaux provisoire  le 21 mars 2021, et la cour constitutionnelle avait rendu public également son arrêt définitif le 19 avril 2021 lors de son audience publique. Dans son arrêt, au moins 69 candidats ont été proclamés élus, contre 22 au premier tour. Mais la chose la plus étonnante, une semaine plus tard, la cour constitutionnelle continue de statuer en toute illégalité sur les recours des candidats. Ainsi, la victoire proclamée du candidat Florent KEMA a été déclarée nulle et non avenue par la cour constitutionnelle la semaine dernière en raison de sa proximité presu avec les groupes armés.

Pour des nombreux centrafricains, cette décision de la cour constitutionnelle est totalement illégale.

Une justice de deux poids deux mesures

Pour des nombreux centrafricains, si la victoire de Monsieur Florent KEMA, candidat dans la circonscription de Nana-Bakassa 2  est invalidée pour de raison de sa proximité avec les groupes armés, celle de Monsieur Évariste Ngamana dans Carnot devrait aussi être invalidée car celui-ci est un compagnon de machette pour ne pas dire compagnon d’armes deFlorent KEMA et futt un influent chef milicien Anti-Balaka  de Carnot. Et c’est lui qui avait ordonné à ses hommes de mettre à feu, les urnes lors du double scrutin du 27 décembre dernier.

Et ce n’est pas tout ! Même la candidature de Monsieur Fleury Junior PABANDJI, un ex-commandant de la milice Anti-balaka doit aussi être invalidée.

Suite à cette décision de la cour constitutionnelle, les candidats arrivés deuxième et troisième sont autorisés à aller une nouvelle fois aux élections le 23 mai prochain avec les 49 autres circonscriptions électorales.

RCA : les mercenaires russes accusés d’exactions

À Bangui, la présence des mercenaires russes et les exactions dont ils sont accusés sont des sujets dont on parle à voix basse, en privé, et dans l’anonymat.

 

« C’est l’éléphant au milieu de la pièce », estime une source diplomatique. « On ne voit que lui, mais on fait comme s’il n’était pas là ». Officiellement d’ailleurs, ils ne sont pas là. Le narratif russe sur le sujet est extrêmement rodé. L’ambassadeur de Russie à Bangui reconnaît l’envoi de 535 hommes qu’il présente comme des « instructeurs » qui « ne prennent pas part aux combats », sauf « s’ils sont pris pour cible ».

De nombreuses sources sécuritaires nationales et internationales contredisent pourtant cette version. Elles évoquent 800 à 2 000 mercenaires déployés dans le pays, aux côtés des forces armées centrafricaines, souvent « en première ligne » lors des affrontements et également présents aux postes de contrôles et lieux stratégiques.

Pour une partie de l’opinion, lassée de subir l’occupation et les violences des groupes armés, les Russes sont des sauveurs. Ils ont joué un rôle déterminant dans la contre-offensive qui a permis de reprendre la majorité des grandes villes du pays. Leur action est également soutenue par une campagne de communication active des autorités. Rares sont les voix discordantes qui osent publiquement questionner leurs méthodes, dans le climat de peur qui s’est installé dans certaines régions du pays.

Le 31 mars dernier, pour la première fois, un groupe d’experts indépendants vient pourtant briser cette omerta. Dans un communiqué, le Groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires rattaché au Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies de Genève, dénonce le recours accru à des sociétés de sécurité privées par les autorités de Bangui. Et alerte sur une longue liste d’exactions qui leur sont « imputables » : « exécutions sommaires massives, détentions arbitraires, torture pendant les interrogatoires, disparitions forcées, déplacements forcés de population civile, ciblage indiscriminé d’installations civiles, violations du droit à la santé et attaques croissantes contre les acteurs humanitaires. »

Trois entités russes sont citées dans ce communiqué : le « Groupe Wagner », considéré comme le bras armé privé de Moscou, dont certains combattants sont depuis peu sous le coup d’une plainte pour un possible crime de guerre en Syrie ; « Sewa Security Services», société de droit centrafricain fondée à Bangui en 2017 et considérée comme la filiale de Wagner dans le pays ; et enfin « Lobaye Invest SARLU », une société minière fondée en Centrafrique en 2017, dont l’un des responsables a été placé sous sanctions par les États-Unis. Le Groupe de travail dit avoir recueilli les preuves de leur « implication dans une série d’attaques violentes » survenues en Centrafrique depuis décembre dernier.

Plusieurs rapports internes des Nations unies que RFI a consultés viennent étayer ces accusations. L’un d’eux recense au moins une centaine de victimes de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises soit par les Faca et leurs alliés russes soit par les éléments russes seuls, entre le 1er janvier 2021 et mi-avril. Parmi ces violations : 26 exécutions extrajudiciaires, 5 viols ainsi que 27 cas d’arrestations arbitraires et de privation de liberté. « De nombreux civils ont été tués ou blessés (…) bien qu’ils soient très loin de cibles militaires légitimes », précisent les auteurs de ce rapport.

Parmi les préfectures les plus affectées : celle de la Ouaka, au nord-est de Bangui. Pendant deux mois, Bambari, chef-lieu de cette préfecture, située à 370 kilomètres de la capitale, a vécu sous le joug des rebelles de la Coalition des Patriotes pour le changement (CPC) menée par l’ex-président Bozizé. Ils y ont empêché la tenue de l’élection présidentielle le 27 décembre et imposé aux populations un climat de violences : menaces, taxations, arrestations. Le 15 février 2021, les Faca et leurs alliés russes entrent à Bambari pour reprendre la localité.

RCA : la police arrête un général d’autodéfense du KM5

Il s’appelle Saddam Hissen, l’un des influents chefs miliciens d’autodéfense du quartier Ramandji, dans le troisième arrondissement de Bangui.

 

Auteur de fusillade au quartier PK5 entre les miliciens d’autodéfense et les éléments de la garde présidentielle le 2 mars dernier, il a été interpellé dans la nuit du samedi à dimanche 2 mai au PK5 par les éléments de l’OCRB appuyés par les mercenaires russes de la garde présidentielle.

Souvenez-vous, le mardi 2 mars dernier, la tentative de son arrestation avait entraîné un violent affrontement entre ses éléments d’autodéfense et les gardes présidentiels, entraînant la mort de quatre personnes dont 3 éléments de la garde présidentielle.

D’après les faits, monsieur Saddam Hissen, recruté par le pouvoir avec tous ses éléments pour des sales boulots, avait pu se retirer discrètement et abandonner ses missions nocturnes pour se retrancher chez lui à la maison. Mais les gardes présidentiels, furieux d’apprendre que ce chef milicien refuse désormais de participer aux missions qu’on leur a confiées, débarquaient chez lui dans le but de l’arrêter.  Mais ce dernier, connaissant bien le jeu de la milice du pouvoir, se préparait en conséquence. Aidés par les jeunes de son quartier lourdement armés, ils ont pu repousser les éléments de la garde présidentielle qui étaient venus pour l’arrêter, faisant 4 morts dont 3 éléments de la garde présidentielle, et six blessés au passage.

Finalement, dans la nuit du samedi à lundi 3 mai, une colonne des éléments des forces de l’ordre, composés des gardes présidentiels, des policiers de l’OCRB, des gendarmes,  appuyés par des mercenaires russes sont arrivés chez lui. Après quelques minutes d’échange des tirs, l’autoproclamé général Saddam Hissen a pu être arrêté avec l’un de ses éléments.

Désormais dans le filet de la justice, le redoutable Saddam devrait être déféré devant le procureur général dans les prochains jours.

RCA : les députés de la 7ème législative ont pris fonction

Les 90 députés sur les 140 ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale le lundi 3 mai 2021.

 

Les députés de la 7e législature en République centrafricaine ont pris leurs fonctions ce lundi pour un mandat de cinq ans, après des élections générales sous tension, le 27 décembre 2020.

Sur les 140 députés qui constituent l’effectif de l’Assemblée nationale centrafricaine, seuls 90 ont prêté serment lundi. Les 50 autres députés seront connus après les élections partielles prévues le 23 mai courant.

Parmi les 90 élus qui ont fait leur entrée ce lundi à l’Assemblée nationale, le Mouvement cœurs-unis (majorité présidentielle) occupe la première place avec 25 sièges.

Le Mouvement de libération du peuple centrafricain de Martin Ziguélé et le Kwa Na Kwa de François Bozizé ont respectivement sept et six sièges.

Le Kwa Na Kwa avait au départ sept sièges mais la Cour constitutionnelle a signé une décision le 2 mai invalidant la victoire du candidat Florent Kema du parti de Francois Bozizé.

L’Union pour le renouveau centrafricain de Anicet Georges Dologuélé occupe pour l’instant 5 sièges. Idem pour le Mouni de Thierry Kamach.

Le Rassemblement démocratique centrafricain, dirigé par Désiré Bilal Zanga-Kolingba, décédé il y a quelques jours, a de son côté six sièges.

Les dames occupent, par ailleurs, 10 sièges.

Par exemple, Virginie Baïkoua, ministre de l’Action humanitaire a été élue députée de Bimbo 4 et Emelie Beatrice Epaye a été réélue pour la troisième fois consécutive à Markounda.

Plusieurs membres de l’actuel gouvernement de Touadera sont aussi élus tel que le premier ministre Firman Ngebada élu à Boali dans l’Ombella-Mpoko.

Il doit désormais choisir d’être député ou de continuer en tant que Premier ministre, puisque la Constitution interdit le cumul de mandats.

Le vendredi 30 avril, les députés de la sixième législature ont fait leurs adieux à la nation au siège du Parlement à Bangui après cinq années passées à l’Assemblée où ils avaient prêté serment le 3 mai 2016.

En cinq ans d’exercice, ces élus ont adopté 94 lois, promulguées par le président de la République. Ils ont interpellé le gouvernement plus d’une vingtaine de fois et mené des lobbyings diplomatiques en faveur de la République centrafricaine.

Pour le président sortant du parlement, cette législature est celle qui détient le record en termes de rendement.

« Avec 94 lois adoptées et promulguées, la 6ème législature, comparée aux précédentes, détient le record en terme de rendement. Quelques-unes des importantes lois méritent d’être évoquées. Sur le plan institutionnel, les lois organiques de toutes les institutions de la République ont été adoptées et promulguées dans le délai constitutionnel, à l’exception du Sénat », a fait savoir à la presse, vendredi, Moussa Laurent Ngon Baba, président de l’Assemblée nationale.

Pour rappel, des élections législatives ont eu lieu le 27 décembre dernier (au même titre que la présidentielle), mais les résultats de certaines circonscriptions ont dû être annulés à cause d’insécurité ou à cause d’irrégularités, d’où la tenue d’élections partielles le 23 mai courant.