La RDC lance une cartographie aéroportée de tout son sous-sol avec Xcalibur

Kinshasa – Le gouvernement congolais franchit une étape majeure dans la maîtrise de sa richesse géologique.
Ce jeudi 29 janvier, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a signé un contrat stratégique avec la société espagnole Xcalibur Multiphysics Group SL.
L’objectif est clair : réaliser une cartographie géophysique aéroportée et géologique à l’échelle de l’ensemble du territoire national.

Ce projet ambitieux vise à doter la RDC d’une couverture moderne, fiable et à haute résolution de son sous-sol.
Il s’agit d’une première dans l’histoire du pays.
Concrètement, les travaux combineront des levés aériens avancés.
Ils intégreront des données magnétiques, radiométriques et de télédétection.
À cela s’ajouteront des interprétations géologiques et géochimiques de pointe.

Un outil de souveraineté et d’aide à la décision

Pour le ministre Louis Watum Kabamba, cet investissement est crucial.
Il renforce la souveraineté économique de la RDC.
« La RDC consolide ses capacités de connaissance du sous-sol et d’identification de ses ressources », a-t-il déclaré.
Dans le même temps, le pays améliore son attractivité pour des investissements miniers responsables.

Ainsi, ce projet devient un outil stratégique d’aide à la décision.
Il permettra de découvrir de nouveaux gisements.
Il facilitera aussi la certification des ressources.
Surtout, il renforcera la position de l’État dans les négociations avec les investisseurs.

Par ailleurs, la coordination scientifique et technique sera assurée par le Service géologique national du Congo.
Cette supervision garantit que les données géoscientifiques soient centralisées.
Elles seront également sécurisées.
Enfin, elles seront exploitées exclusivement au bénéfice de l’État congolais.

Un projet au cœur de la vision gouvernementale

Cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision du président Félix Tshisekedi et du gouvernement Suminwa.
L’exécutif veut faire du secteur minier un levier de croissance économique durable.
En outre, le projet répond aux exigences de la transition énergétique mondiale.

Grâce à cette cartographie, la RDC pourra identifier avec précision les minéraux critiques et stratégiques.
Il s’agit notamment du cobalt, du lithium et du cuivre.
Des ressources dont le pays regorge.

Ainsi, en cartographiant enfin son sous-sol de manière systématique, la RDC change de cap.
Elle passe de l’ère de l’approximation à celle de la connaissance précise.
Le pays se donne désormais les moyens de mieux gérer, négocier et valoriser l’immense potentiel qui repose sous ses pieds.

Tshisekedi à Davos : « La RDC n’est plus un simple fournisseur de minerais bruts »

Davos, Suisse – La République démocratique du Congo ne veut plus être un simple réservoir. C’est le message qu’a martelé le président Félix Tshisekedi lors d’un événement spécial en marge du Forum économique mondial de Davos, consacré au « Partenariat stratégique sur les minerais et les investissements ». Face à un aréopage de décideurs économiques mondiaux, le chef de l’État a acté un basculement stratégique : la RDC ne se contentera plus d’exporter des minerais bruts, mais entend désormais jouer un rôle central dans la construction des chaînes de valeur mondiales.

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« Il s’agit de nous assurer que notre sous-sol bénéficie à nos populations », a déclaré Tshisekedi, définissant une nouvelle feuille de route. Le but est clair : transformer la richesse géologique en levier de développement industriel, de diversification économique et de prospérité pour les communautés locales.

Trois piliers pour un « pays-solution »

Les discussions ont abouti à trois engagements concrets que la RDC met en avant pour attirer les investisseurs :

  1. Attirer les investissements dans un environnement sécurisé, une condition essentielle dans un pays minier au passé tumultueux.

  2. Renforcer la gouvernance et la traçabilité des minerais, répondant aux exigences internationales et luttant contre la fraude.

  3. Promouvoir la transformation locale, la priorité absolue pour capter une partie de la valeur ajoutée et créer des emplois sur place.

Cette position est résumée par une nouvelle étiquette que la RDC revendique : celle de « pays-solutions ». Non seulement pour l’Afrique, mais pour la transition énergétique mondiale, grâce à son cobalt, son cuivre et son lithium.

Un nouveau modèle de partenariat

Le ton est à la collaboration, mais sur des bases renouvelées. Tshisekedi a insisté sur la nécessité de partenariats mutuellement bénéfiques et respectueux de la souveraineté nationale. Il s’agit de construire une chaîne de valeur « plus juste, plus durable », où la RDC n’est plus à la périphérie, mais au cœur de la table des négociations.

À Davos, loin des clichés sur la « malédiction des ressources », la RDC a donc présenté son nouveau visage : celui d’un partenaire stratégique, exigeant et structuré, qui négocie l’accès à ses richesses contre des garanties de développement et une place dans l’industrie mondiale de demain. Le pari est audacieux, mais le message est désormais on ne peut plus clair.

La RDC a transmis à Washington une liste secrète de mines stratégiques

Kinshasa / Washington – La bataille discrète pour les minerais critiques vient de franchir une nouvelle étape. Comme révélé précédemment, Kinshasa a bien transmis à l’administration américaine une liste restreinte de projets miniers susceptibles d’accueillir des investissements stratégiques. Les contours de cette liste commencent à se dessiner, dévoilant des actifs allant du manganèse de Kisenge aux gisements d’or et de coltan des Kivu – une région en proie à la guerre.

Selon plusieurs sources, le document comprendrait des licences de manganèse et d’or à Kisenge, dans le sud du pays, des partenariats antérieurs avec des opérateurs tanzaniens n’ayant pas abouti. Figure également le projet cuivre-cobalt de Mutoshi, près de Kolwezi, actuellement exploité par Chemaf mais que la société publique Gécamines souhaiterait reprendre pour le proposer à des partenaires américains.

La liste s’étend vers l’est avec quatre permis aurifères de la Sokimo et des licences de lithium de la Cominière au Tanganyika. Plus sensible encore, elle inclurait des actifs de la Sakima, société opérant dans les Kivu et le Maniema, détenant de l’or, du coltan et de la wolframite. Une zone d’ombre demeure : certains de ces gisements, comme ceux de Rubaya au Nord-Kivu, sont toujours sous le contrôle du groupe armé M23, posant une question cruciale de sécurité et de souveraineté.

Face à cette ouverture, la société civile, via la plateforme Casmia-G, a lancé une alerte ce mercredi. Elle exhorte l’État à « ne pas céder les mines aux grandes puissances pour se contenter de résidus », plaidant pour des accords garantissant une réelle valeur ajoutée pour le pays.

Cette liste, désormais entre les mains de Washington, marque le début de négociations cruciales. Elle place la RDC au cœur d’un jeu géopolitique où chaque gisement listé devient une pièce sur l’échiquier de la transition énergétique et de la rivalité sino-américaine. Le défi pour Kinshasa sera de négocier sans brader, dans une région où les richesses du sous-sol nourrissent autant les convoitises que les conflits.

La RDC ouvre ses mines aux États-Unis face à la domination chinoise

Riyad / Kinshasa – Dans les salons feutrés du Future Minerals Forum à Riyad, une annonce discrète a provoqué une onde de choc stratégique. La République démocratique du Congo a décidé de transmettre aux États-Unis une liste ciblée de projets miniers. Kinshasa ouvre ainsi la porte aux investisseurs américains.

Derrière ce geste technique se cache un virage géopolitique majeur. La RDC tente de se repositionner sur l’échiquier mondial des minerais critiques. Elle avance avec prudence, en équilibre entre Washington et Pékin.

Porte-voix de cette nouvelle diplomatie des ressources, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a levé le voile en marge du forum. Le document, attendu à Washington « dans les prochains jours », doit servir de base à des discussions économiques approfondies. Toutefois, le ministre coupe court aux spéculations. « Il ne s’agit ni de concessions préférentielles ni de cessions d’actifs stratégiques », assure-t-il. Il évoque plutôt une coopération fondée sur des intérêts mutuels.

Le cœur de la bataille : cuivre, cobalt et lithium

L’enjeu dépasse largement un simple accord commercial. La RDC est le premier producteur mondial de cobalt, indispensable aux batteries électriques. Elle occupe aussi le deuxième rang mondial pour le cuivre. Son sous-sol recèle également du lithium et du tantale, devenus aussi stratégiques que le pétrole au XXᵉ siècle.

Pendant des années, cette richesse a surtout profité à un acteur dominant : la Chine. Les entreprises chinoises contrôlent une large part de la production. Elles s’appuient sur des accords conclus il y a près de vingt ans, souvent en échange d’infrastructures. Aujourd’hui, Kinshasa veut rééquilibrer ce rapport de force. « Un rééquilibrage est nécessaire pour renforcer la concurrence », glisse le ministre. L’objectif reste clair : maximiser les retombées pour l’État congolais.

Une ouverture stratégique vers Washington

Pour la RDC, l’ouverture vers les États-Unis répond à plusieurs objectifs. Sur le plan économique, elle permet de diversifier les partenaires. Elle offre aussi la possibilité de négocier de meilleures conditions.

Sur le plan géopolitique, Kinshasa cherche un levier supplémentaire. L’intérêt américain peut peser dans les dossiers sécuritaires régionaux, notamment face au Rwanda. Enfin, cette démarche porte une dimension symbolique. Elle traduit la volonté d’affirmer une nouvelle souveraineté dans la gestion des ressources naturelles.

Riyad, tremplin d’une nouvelle diplomatie minière

À Riyad, Louis Watum Kabamba a aussi dévoilé une autre ambition. Il mise sur un partenariat renforcé avec l’Arabie saoudite. Le ministre évoque un futur « corridor d’investissement » vers les mines congolaises.

Par ailleurs, il insiste sur un changement de cap stratégique. La RDC ne veut plus exporter uniquement des matières brutes. Elle ambitionne de devenir un hub industriel régional, tourné vers le raffinage et la fabrication de batteries.

Des négociations encore incertaines

Rien n’est encore joué. La liste transmise à Washington constitue avant tout une invitation à négocier. Les discussions s’annoncent longues et complexes. Elles devront intégrer les questions sécuritaires, fiscales et environnementales.

Une certitude s’impose pourtant. La bataille mondiale pour les minerais critiques a trouvé un nouvel épicentre. Il se situe à Kinshasa, où se croisent ambitions de développement, appétits industriels et rivalités entre grandes puissances. Longtemps champ de bataille, le Congo veut désormais devenir maître du jeu.

Maniema : mines et énergie au cœur du développement

La ville de Kindu, chef-lieu du Maniema, s’est transformée depuis ce lundi 3 novembre 2025 en capitale du développement économique et énergétique de la province.
La deuxième édition de la conférence sur les mines, l’énergie et les infrastructures réunit scientifiques, économistes et décideurs politiques pour passer en revue les richesses naturelles du Maniema et séduire les investisseurs prêts à accélérer son essor.

La province, réputée pour son sous-sol abondant en diamant, coltan, cassitérite, étain et or, recèle également un potentiel énergétique considérable grâce à ses cours d’eau et à son ensoleillement favorable pour l’hydroélectricité et le solaire. Ces atouts en font un pilier central de la stratégie de diversification économique de la RDC.

Des défis structurels à surmonter

Malgré ses richesses, le Maniema reste freiné par plusieurs obstacles :

  • Un déficit chronique en énergie électrique, limitant le développement des infrastructures ;

  • L’enclavement géographique aggravé par des routes délabrées ;

  • L’accès limité aux services sociaux de base ;

  • La prédominance de l’exploitation minière artisanale, faute d’investissements industriels ;

  • Une faible mobilisation des recettes issues des activités fluviales, en raison du manque de contrôle des dragues sur les grandes rivières.

La première édition, tenue en octobre 2024, avait déjà mis en lumière des priorités claires : réhabiliter les voies de communication, renforcer la gouvernance locale des mines, favoriser la coopération interprovinciale et valoriser les opportunités économiques dans les sept territoires de la province.

Une conférence pour des solutions concrètes

Cette deuxième édition s’inscrit dans la continuité des engagements de 2024. Les organisateurs soulignent que l’événement servira de cadre d’échange et de réflexion pour proposer des solutions durables, transformant les ressources naturelles du Maniema en véritables leviers de développement inclusif.
Entre débats, ateliers et propositions d’investissements, Kindu aspire à devenir le symbole d’une province capable de conjuguer richesses minières et prospérité pour sa population.

Tshisekedi durcit le ton sur le cobalt avec un système de quotas sous haute surveillance

KINSHASA – Le président congolais Félix Tshisekedi a averti les exportateurs de cobalt : toute tentative de contourner le nouveau système de quotas, qui entrera en vigueur le 16 octobre, sera sévèrement sanctionnée. Selon le compte-rendu de la réunion du cabinet vendredi, les contrevenants risquent une « exclusion permanente » du régime congolais du cobalt.

Un dispositif strict pour reprendre le contrôle

Le système, piloté par l’ARECOMS, l’organisme national de régulation des minéraux, remplace l’interdiction d’exporter en vigueur depuis février. Les mineurs recevront un quota global de 18 125 tonnes de cobalt jusqu’à fin 2025, avec un plafond annuel de 96 600 tonnes pour 2026 et 2027.

Seule l’ARECOMS pourra « émettre et révoquer les quotas d’exportation ». Cette centralisation vise à sécuriser le système et à empêcher toute fraude. Ainsi, le gouvernement entend reprendre le contrôle sur ce marché stratégique.

Des résultats encourageants mais des réactions divisées

L’embargo instauré en février et prolongé en juin a déjà produit des effets. Selon Tshisekedi, les prix du cobalt ont bondi de 92 % depuis mars, après avoir atteint leur plus bas niveau en neuf ans. Le président qualifie le nouveau système de « levier pour influencer le marché » et mettre fin aux « stratégies prédatrices ».

Cependant, les géants miniers réagissent différemment : Glencore, deuxième producteur mondial, soutient le système, tandis que CMOC, leader chinois, s’y oppose fermement. Ces tensions reflètent les enjeux économiques et stratégiques liés à la mise en œuvre du quota.

Contexte sécuritaire et diplomatique tendu

Cette mesure intervient dans un contexte fragile. Les combats opposant l’armée congolaise et la rébellion du M23 paralysent l’Est, une région clé pour l’exploitation minière. Par ailleurs, les efforts de paix soutenus par les États-Unis ont été contrariés vendredi : Kinshasa et Kigali n’ont pas signé le Cadre d’intégration économique régionale, crucial pour attirer les investisseurs étrangers.

Alors que la RDC cherche à affirmer sa souveraineté sur ses ressources stratégiques, l’application du système de quotas représente un test majeur pour sa gouvernance minière et son influence sur les marchés mondiaux.

Rwanda et UE : soutien ou complicité dans le pillage minier ?

L’Union européenne se retrouve au cœur d’une tempête diplomatique et politique après l’annonce d’un financement de 51 millions d’euros en faveur du secteur minier rwandais. Une décision qui choque, alors que Kigali est régulièrement pointé du doigt par l’ONU et plusieurs ONG pour son rôle dans le pillage des ressources naturelles de la République démocratique du Congo (RDC) et dans les violences contre les civils à l’Est du pays.

Au Parlement européen, la controverse ne s’est pas fait attendre. Le député Thierry Mariani a dénoncé avec force ce qu’il qualifie « d’incohérence européenne à son comble » :

« L’UE s’apprête à donner 51 millions d’euros au Rwanda pour son secteur minier, alors qu’il pille les ressources et massacre des civils en RDC. Le Parlement condamne, mais la Commission finance le recel d’un vol. »

Cette sortie reflète un fossé grandissant entre le discours officiel de l’UE sur les droits humains et certaines pratiques de financement.

Les minerais stratégiques, cœur des tensions

La RDC, géant mondial du cobalt, du coltan, de l’or, du cuivre et du lithium, détient des ressources essentielles pour la transition énergétique et les technologies de demain. Mais une partie de ces minerais transite illégalement par le Rwanda.

Selon plusieurs rapports onusiens, Kigali soutient des groupes armés opérant à l’Est du Congo, contrôlant des zones minières stratégiques. Les minerais extraits illégalement sont ensuite exportés via le Rwanda, brouillant leur traçabilité avant d’alimenter les marchés internationaux.

Entre économie et éthique, l’Europe tiraillée

La décision de Bruxelles révèle un dilemme : comment financer un pays accusé d’alimenter des conflits et de profiter de minerais pillés tout en prétendant défendre la paix et les droits humains ?

Pour Kinshasa, qui mène une diplomatie active contre le commerce illégal des minerais, ce financement constitue un affront. Il pourrait raviver les tensions avec Kigali et exacerber les débats sur la responsabilité de l’Europe face aux ressources africaines et aux violations des droits humains.

L’affaire met en lumière la difficulté, pour l’UE, de concilier ses intérêts géostratégiques et économiques avec le respect de ses valeurs fondamentales, dans un contexte où les minerais stratégiques dictent désormais les équilibres diplomatiques du continent.

RDC-USA : l’accord minier qui pourrait changer la donne de la transition énergétique

Dans les coulisses feutrées de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, une signature pourrait bien redessiner la carte mondiale des minerais critiques. Ce 25 septembre, la République démocratique du Congo et les États-Unis ont scellé un partenariat stratégique inédit : la société congolaise Buenassa et la firme américaine Hartree Partners ont paraphé un protocole d’accord pour la construction en RDC d’une raffinerie de cuivre et de cobalt, deux métaux indispensables à la transition énergétique.

L’annonce, faite par le ministre du Commerce extérieur Julien Paluku sur son compte X, marque une étape cruciale dans la stratégie du gouvernement congolais : transformer sur place ses ressources minières, plutôt que de les exporter brutes. Le projet mobilisera des investissements financiers, logistiques et commerciaux massifs pour consolider la place de Buenassa sur les marchés internationaux.

Hartree Partners, un partenaire de poids

Spécialisée dans le négoce des matières premières, Hartree Partners n’est pas un acteur ordinaire. La firme accompagne déjà le projet depuis trois ans, via le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Son directeur général, Stephen Hendel, et son homologue congolais, Eddy Kioni, ont officialisé cet engagement lors d’une cérémonie discrète mais hautement symbolique.

Pour les deux parties, l’objectif est clair : il s’agit de créer de la valeur localement, en développant une chaîne de transformation complète sur le sol congolais. Une manière de contrer le « paradoxe congolais » : un pays riche en minerais stratégiques, mais pauvre en infrastructures de transformation.

La RDC, future plaque tournante des minerais verts ?

Avec ce projet, la RDC affirme sa volonté de ne plus être un simple fournisseur de matières premières, mais bien un acteur intégré des chaînes d’approvisionnement mondiales. Le cuivre et le cobalt sont en effet essentiels à la fabrication des batteries de véhicules électriques et des technologies vertes – un marché en explosion.

Si l’accord se concrétise, la future raffinerie pourrait faire de la RDC un pôle incontournable de la transition énergétique, tout en créant des emplois et en captant une plus grande part de la valeur ajoutée.

Reste maintenant à passer de la signature à la réalisation. Mais une chose est sûre : à New York, la RDC a envoyé un signal fort. Elle n’est plus seulement le grenier minier du monde ; elle veut en devenir l’atelier.

Washington sanctionne des acteurs du commerce illégal de minerais

Les États-Unis passent à l’offensive contre le commerce illégal de minerais critiques en RDC. Mardi, le département du Trésor américain a annoncé des sanctions visant plusieurs entités accusées de contribuer à la violence des groupes armés dans l’Est du pays.

Le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) cible notamment :

  • La Coalition des Patriotes Résistants Congolais – Force de Frappe (PARECO-FF), active dans la zone minière de Rubaya (Nord-Kivu)
  • La Coopérative des Artisanaux Miniers du Congo (CDMC)
  • Deux sociétés basées à Hong Kong : East Rise Corporation Limited et Star Dragon Corporation Limited

Selon Washington, le M23, déjà sanctionné par les États-Unis et l’ONU et soutenu par le Rwanda, a étendu son contrôle territorial, alimentant l’instabilité et les violations des droits humains.

Apparue en 2022, PARECO-FF est accusée d’avoir organisé des exploitations minières illégales, imposé des taxes arbitraires et recouru au travail forcé. La CDMC aurait vendu des minerais extraits dans des zones contrôlées par ce groupe aux sociétés East Rise et Star Dragon, participant ainsi à un réseau de « minerais de conflit » transitant souvent par le Rwanda vers la Chine.

Les sanctions impliquent le gel des avoirs des entités désignées aux États-Unis et l’interdiction pour toute personne américaine de réaliser des transactions avec elles. Le Trésor précise que ces mesures visent à induire un changement de comportement et à contribuer aux efforts pour stabiliser l’Est de la RDC et sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en minéraux critiques.

Diamant naturel : la RDC au cœur d’un nouvel accord Africain

Du 17 au 19 juin 2025, la capitale angolaise Luanda a accueilli une table ronde internationale sur le diamant naturel. Cette rencontre majeure a rassemblé les ministres des Mines de plusieurs pays africains, des représentants d’institutions internationales et les principaux acteurs de l’industrie diamantaire mondiale.

La République démocratique du Congo a été représentée par son ministre des Mines, Kizito Pakabomba Kapinga Mulume. Dès l’ouverture des travaux, ce dernier a prononcé un discours fort. Il a insisté sur le rôle du diamant naturel comme moteur de développement durable, de stabilité régionale et de valorisation locale des ressources.

Ainsi, il a proposé de redéfinir les traditionnels “4C” du diamant (carat, couleur, clarté, coupe). À sa place, il a suggéré un nouveau socle : Confiance, Coopération, Crédibilité et Créativité. Pour lui, ces valeurs doivent guider la transformation éthique du secteur.

Les échanges ont débouché sur la signature de l’Accord de Luanda. Ce protocole engage chaque pays signataire à reverser 1 % des revenus générés par la vente de diamants bruts à un fonds international. Ce fonds, géré par le Natural Diamond Council, servira à financer une campagne mondiale de communication. Son objectif : promouvoir les diamants naturels africains dans un contexte dominé par la montée du diamant synthétique.

De plus, cette campagne vise à sensibiliser les consommateurs aux enjeux humains et environnementaux liés à l’exploitation des ressources. Elle valorisera les efforts africains en matière de traçabilité, de transparence et d’équité.

La RDC, en soutenant pleinement cet accord, affiche son ambition. Elle veut jouer un rôle clé dans une relance responsable et inclusive du diamant naturel. Cette démarche collective marque un tournant pour une industrie souvent critiquée mais aujourd’hui prête à se réinventer.

Kolwezi : Judith Suminwa en immersion chez KCC pour un secteur minier plus inclusif et responsable

Kolwezi, 12 juin 2025 — En marge de la Conférence des Gouverneurs, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’est rendue sur le site de Kamoto Copper Company (KCC). Cette filiale du géant Glencore exploite le cuivre et le cobalt dans le Lualaba. Ces deux minerais sont au cœur du développement économique de la RDC.

Durant sa visite, Judith Suminwa a échangé avec la direction de l’entreprise, les syndicats, ainsi qu’un groupe de femmes conductrices de poids lourds. Ces femmes brisent les barrières dans un secteur encore très masculin. Pour la cheffe du Gouvernement, leur présence est un symbole fort d’inclusion.

Par ailleurs, elle a appelé à une exploitation minière plus responsable. Elle a insisté sur le respect de la loi sur la sous-traitance, la protection de l’environnement et l’intégration des communautés locales. Selon elle, chaque projet minier doit profiter aux Congolais.

En outre, elle a évoqué la question des infiltrations artisanales dans les zones industrielles. Des mesures concrètes sont en cours pour sécuriser les sites, tout en tenant compte des réalités sociales de l’exploitation artisanale.

Judith Suminwa a également mis en avant le rôle du secteur privé comme levier de croissance. L’État, avec la Gécamines, reste actionnaire et attend des retombées réelles pour la population.

En conclusion, cette visite renforce le dialogue entre l’État et les entreprises minières. Elle marque une volonté claire du Gouvernement d’améliorer le climat des affaires, tout en faisant du secteur minier un vecteur d’emplois, d’équité et de développement.

Minerais contre Sécurité : La RDC lance un partenariat stratégique inédit avec les États-Unis

Le président Félix Tshisekedi vient de franchir une nouvelle étape diplomatique majeure. Il met en place une coordination spéciale d’experts pour négocier un accord stratégique avec l’administration américaine : minerais contre soutien militaire.

Objectif ? Renforcer les capacités sécuritaires de la RDC, notamment face aux conflits armés à l’Est du pays, tout en structurant les relations avec les États-Unis dans le cadre d’un accord de paix impliquant également le Rwanda.

La cellule est composée de trois figures clés issues du cabinet présidentiel :

  • Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères

  • Kizito Pakabomba Kapinga Mulume, ministre des Mines

  • Guy-Robert Lukama Nkunzi, président du Conseil d’administration de la Gécamines

Ce trio est appuyé par Me Pascal Agboyibor, expert juridique de renom du cabinet ASAFO & CO, spécialisé dans les projets miniers, énergétiques et d’infrastructures en Afrique.

Une machine diplomatique en marche vers un accord inédit

Un secrétariat technique, composé de 22 experts, viendra épauler la coordination. Parmi eux : la Cominière SA et le Cadastre minier. Leur mission : produire des rapports réguliers sur l’avancée des négociations et les retombées concrètes.

La présidence veut aller vite. Elle s’appuie sur les services du cabinet de lobbying américain Von Batten-Montague-York, chargé de faciliter les contacts directs avec l’administration américaine, y compris celle de Donald Trump.

Mais ce partenariat n’ira pas sans garanties. Transparence, cadre légal respecté, et surtout, retombées équitables pour le peuple congolais : telles sont les conditions clés du succès.

Kinshasa entend faire de ce pacte un levier diplomatique et économique majeur pour la RDC.

Kinshasa accueille un forum stratégique sur les minerais : la RDC veut séduire les investisseurs mondiaux

La République démocratique du Congo se prépare à organiser, avant la fin de 2025, un forum économique majeur sur les minerais stratégiques à Kinshasa. L’annonce, faite par le ministère du Commerce extérieur, confirme la volonté du gouvernement de positionner la RDC comme un acteur clé du commerce mondial dans le secteur minier.

Ce forum, organisé avec l’appui du Centre du Commerce International, vise à mobiliser des bailleurs de fonds internationaux pour développer des chaînes de valeur locales. Il proposera également des formations ciblées destinées aux agents du ministère et aux opérateurs économiques congolais, afin de renforcer leur expertise en commerce international.

L’initiative fait suite à la récente mission du ministre Julien Paluku à Genève, où il a multiplié les rencontres stratégiques. Il s’est notamment entretenu avec Pamela Coke-Hamilton, directrice exécutive du Centre du Commerce International, et Luz Ma de la Mora de la CNUCED. Ces discussions ont permis de poser les bases de partenariats durables et d’envisager une meilleure intégration de la RDC dans les circuits économiques globaux.

Autre annonce clé : le gouvernement congolais prévoit de désigner un attaché commercial dans un avenir proche. Cette mesure est perçue comme un levier décisif pour dynamiser les relations commerciales et attirer de nouveaux investisseurs.

Par ailleurs, des commissions mixtes réunissant experts congolais et représentants d’organisations internationales seront créées pour stimuler le commerce et l’investissement en RDC.

En somme, ce forum économique sur les minerais stratégiques à Kinshasa s’annonce comme un tournant pour l’avenir économique de la RDC. Il pourrait booster son attractivité, renforcer ses capacités commerciales et ouvrir une nouvelle ère pour l’industrie minière congolaise, en pleine mutation.

L’étain congolais rebondit sur les marchés

La République Démocratique du Congo enregistre une hausse de 3,51 % du prix de la tonne d’étain. Selon un communiqué du ministère du Commerce extérieur publié ce lundi, la tonne s’échangeait à 32 216,25 USD au 19 mai 2025, contre 31 125 USD la semaine précédente. Ce minerai stratégique, essentiel pour les exportations congolaises, connaît donc un regain après une période de repli.

Un contexte global moins favorable
Malgré cette progression, le ministère appelle à la prudence. Il précise que la semaine du 19 au 24 mai s’inscrit dans une tendance générale baissière. Le niveau actuel n’est donc qu’un rebond modéré. Pour rappel, entre le 21 et le 26 avril, la tonne d’étain atteignait encore 35 743,75 USD, un pic bien supérieur au tarif actuel.

Des variations contrastées sur les autres minerais
En parallèle, d’autres minerais exportés par la RDC évoluent différemment : le cuivre, le zinc et l’argent sont en hausse, tandis que le cobalt et l’or reculent. Le tantale, lui, reste stable à 227 USD le kilo. Le ministère souligne que ces fluctuations s’expliquent par les lois de l’offre et de la demande, mais aussi par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Cobalt : La RDC s’imposante sur la scène mondiale lors du congrès de Singapour

Le Ministre des Mines de la République Démocratique du Congo, Kizito Pakabomba Kapinga Mulume, a marqué les esprits lors du Congrès annuel du Cobalt organisé par le Cobalt Institute à Singapour. Représentant le plus grand producteur mondial de cobalt, le ministre a réaffirmé la position stratégique de la RDC dans l’industrie mondiale des batteries et des technologies vertes.

Une Responsabilité Stratégique
Rappelant que plus de 70 % du cobalt mondial provient du sous-sol congolais, le ministre a souligné le rôle crucial de la RDC dans la transition énergétique mondiale. Il a insisté sur la nécessité pour le pays de tirer pleinement profit de ses ressources, notamment en renforçant la transformation locale, la traçabilité et l’investissement durable pour créer de la valeur ajoutée au profit du peuple congolais.

Une Politique Minère Axée sur la Diversification
Kizito Pakabomba a présenté les cinq axes stratégiques de la politique minière congolaise, visant à diversifier :

  1. Les partenariats internationaux,

  2. Les ressources minérales exploitées,

  3. Les zones géographiques d’extraction,

  4. Les produits transformés localement,

  5. L’économie nationale pour réduire la dépendance aux matières premières brutes.

Des Initiatives pour une Souveraineté Économique
Le ministre a également évoqué des mesures concrètes, telles que la suspension temporaire des exportations de cobalt brut, le renforcement de la traçabilité via l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), et l’adhésion à des plateformes internationales comme le Minerals Security Partnership. Ces initiatives visent à garantir que la RDC demeure un acteur souverain et incontournable des chaînes de valeur mondiales.

Avec cette intervention à Singapour, la RDC affirme clairement sa volonté de transformer son potentiel minier en véritable levier de développement économique, tout en répondant aux exigences de transparence et de durabilité internationales.

Kizito Pakabomba renforce le partenariat avec Manono Lithium

4 décembre 2024 | En visite officielle à Manono, province du Tanganyika, le Ministre des Mines, Kizito Pakabomba, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner Manono Lithium dans une exploitation responsable du lithium, respectant les besoins des communautés locales et les normes environnementales.

Lors de cette mission, le Ministre a également inauguré le pont Lukushi, réhabilité par Manono Lithium, une infrastructure stratégique qui facilite les échanges économiques et améliore l’accès aux services essentiels pour la population.

Ce déplacement marque une étape décisive dans le partenariat entre la RDC et les investisseurs internationaux, faisant de Manono un futur moteur de croissance économique pour la région et le pays.

RCA : deux morts dans une explosion de deux mines terrestres

Deux personnes viennent de se faire exploser par des mines terrestres dans les localités de Lim-Pendé, au nord-ouest de la RCA. Les deux victimes étaient toutes sur leur moto au moment de l’explosion.

 

Selon des sources locales, la première explosion a eu lieu sur l’axe Ndim à Ngaoundaye. La victime est un conducteur de taxi-moto. Il transportait un fût de l’essence lorsque sa moto était sautée sur une mine sur ce trajet. La moto calcinée avec le fût de l’essence. Quant au conducteur, il est mort plus tard à l’hôpital de Dim.

La deuxième explosion a eu lieu dans la localité de BHOLARA. La victime était également sur sa moto qui a été totalement calcinée par l’effet de l’explosion.

Quant au conducteur, il est mort sur le champ. Son corps éparpillé en morceaux.

Il faut noter au passage que deux policiers, à savoir Moutadji Arnold Didier et son collègue Mazity Désire Nathanael  ont été   tous deux tués  le vendredi28 mai 2021 dans une explosion d’une mine terrestre au passage de leur véhicule dans la localité de Bondiba, sur l’axe Dongbaïkè Abba en allant également vers Nguia Bouar, située dans la préfecture de la Nana-Mambéré, au Nord-ouest de la République centrafricaine.r

Trois mercenaires russes de la société Wagner, qui combattent au côté de l’armée nationale contre les rebelles de la coalition des patriotes pour le changement (CPC),  ont également été tués dans cette même explosion.

Rappelons que c’est dans le même secteur de la Nana-Mambéré que s’est produite l’explosion de la mine qui a détruit le véhicule de la mission catholique de Niem le 5 mai dernier, faisant un mort. Mais deux semaines plus tard, le 16 mai, trois personnes sur une moto ont sauté   également sur une mine terrestre  à moins de 15 kilomètres de Yéléwa près de Service Kolo. Vu l’impact du choc, les trois passagers de la moto sont morts sur le champ.

La Minusca, de son côté, se disait très préoccuper par la multiplication de l’utilisation des engins explosifs dans le pays. Elle met en garde les auteurs contre une possible poursuite judiciaire pour crime contre l’humanité.