Tshisekedi – Ramaphosa : deux heures de huis clos sur la sécurité régionale à Pretoria

– Dans le cadre feutré du palais présidentiel Mahlamba Ndlopfu, les deux hommes se sont parlé sans témoin. Pendant plus de deux heures, jeudi, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, ont confronté leurs visions et aligné leurs stratégies. Au menu de ce déjeuner de travail strictement confidentiel : la sécurité régionale, et surtout, la crise persistante qui ravage l’Est de la RDC.

Aucune déclaration publique n’a filtré à l’issue de l’entretien. Mais selon les entourages présidentiels, la coopération sécuritaire a dominé les discussions. Face à la recrudescence des violences et à l’expansion de groupes armés dans la région des Grands Lacs, Kinshasa et Pretoria ont convenu d’intensifier leurs efforts communs pour stabiliser la zone.

L’Est de la RDC, priorité absolue

La situation dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri était au cœur des préoccupations. Les deux chefs d’État ont évoqué les moyens de renforcer l’appui militaire, logistique et diplomatique de l’Afrique du Sud aux forces armées congolaises, dans un contexte où la communauté internationale peine à endiguer la crise.

Au-delà de l’urgence sécuritaire, les discussions ont aussi porté sur les enjeux économiques et politiques liés à cette instabilité. Les richesses minières de l’Est congolais attisent les convoitises et alimentent les conflits – une réalité que Pretoria et Kinshasa entendent désormais aborder de front.

Une alliance stratégique qui se consolide

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts de rapprochement entre les deux géants africains. Elle confirme la volonté de Tshisekedi et de Ramaphosa de transformer leur partenariat en une alliance solide et opérationnelle, capable de peser sur les équilibres régionaux.

Diplomatie, économie, sécurité : les domaines de coopération se multiplient, signe que la RDC et l’Afrique du Sud misent sur une approche intégrée pour faire face aux défis communs.

Et après ?

Si les détails opérationnels restent secrets, une chose est sûre : ce huis clos à Pretoria marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’Afrique du Sud aux côtés de la RDC. Reste à savoir comment cette volonté affichée se traduira sur le terrain – et si elle suffira à infléchir la dynamique de violence qui mine la région depuis des décennies.

La balle est maintenant dans le camp des experts et des militaires. Ils devront donner corps à cette alliance présidentielle. Dans l’Est congolais, on attend plus que des mots.

Tshisekedi à Pretoria : une visite éclair pour une alliance stratégique

 À peine le temps de poser le pied sur le tarmac de l’aéroport militaire de Waterkloof, ce jeudi matin, que le président Félix Tshisekedi s’est engouffré dans le cortège officiel en direction des Union Buildings. Invité par son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, le chef de l’État congolais effectue une visite éclair à Pretoria, condensé de diplomatie et de realpolitik, destinée à resserrer les liens entre Kinshasa et Pretoria.

Accueilli avec les honneurs militaires par la vice-ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Thandi Moreka, Tshisekedi s’est immédiatement rendu au siège du gouvernement pour un tête-à-tête suivi d’un déjeuner de travail avec Ramaphosa. Une rencontre directe, sans fioriture, qui témoigne de l’urgence et de l’importance des sujets à aborder.

Une délégation ciblée pour des enjeux précis

Le choix des accompagnants du président congolais est, à lui seul, un message. À ses côtés : le vice-Premier ministre en charge de la Défense, Guy Kabongo ; la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner ; et le ministre des Finances, Doudou Fwamba. Un triumvirate stratégique qui couvre les trois piliers de la coopération bilatérale : la sécurité, la diplomatie et l’économie.

Des domaines où les deux pays entretiennent une relation à la fois ancienne et cruciale. L’Afrique du Sud reste l’un des premiers investisseurs en RDC, notamment dans les mines, les télécommunications et la banque. Mais au-delà des chiffres, c’est le partenariat sécuritaire et géopolitique qui semble primer aujourd’hui.

Stabilité régionale et sécurisation de l’Est : les dossiers chauds

Alors que l’Est de la RDC sombre chaque jour un peu plus dans la violence, et que la rébellion du M23 défie ouvertement Kinshasa, le soutien de Pretoria – puissance militaire et diplomatique majeure du continent – est plus que jamais essentiel. Les deux chefs d’État devraient aborder la situation sécuritaire, les moyens de renforcer la coopération militaire et le soutien sud-africain aux processus de paix en cours.

Sur le plan économique, les discussions porteront sans doute sur les investissements, la facilitation des échanges et les grands projets d’infrastructures communs. La RDC, poumon économique potentiel de l’Afrique centrale, a besoin de partenaires solides et stables ; l’Afrique du Sud, elle, cherche à consolider son leadership continental.

Une visite brève, mais lourde d’enjeux

Quelques heures seulement. C’est le temps que durera cette visite, mais sa brièveté n’enlève rien à sa portée symbolique et politique. Elle s’inscrit dans la continuité des efforts de Tshisekedi pour internationaliser la crise sécuritaire qui frappe son pays et mobiliser le soutien des capitales influentes.

À quelques semaines de l’ouverture de la session parlementaire et dans un contexte de tension extrême à l’Est, ce déplacement éclair est aussi un signal fort envoyé à l’intérieur : celui d’un président actif, qui place la diplomatie et la sécurité au cœur de son action.

Le retour de Tshisekedi à Kinshasa sera sans doute suivi d’annonces concrètes. Reste à savoir si Pretoria accordera à Kinshasa le soutien espéré – et si cette visite, aussi brève soit-elle, portera ses fruits sur le terrain.

Crise à l’Assemblée nationale : une commission spéciale créée pour examiner les pétitions contre Kamerhe

L’heure n’est plus aux rumeurs de couloir. La procédure parlementaire contre Vital Kamerhe et son bureau vient de franchir une étape cruciale. Ce mercredi, l’Assemblée nationale a installé une commission spéciale temporaire pour examiner les pétitions visant cinq membres éminents du bureau, dont son président. Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de la chambre, a dirigé la plénière en présence de Christophe Mboso, resté hors de la tourmente.

Cinq figures du bureau dans la ligne de mire

La commission réunit 22 membres : un par groupe parlementaire, plus un non-inscrit. Son mandat est clair : auditionner les parties, analyser les accusations, confronter les versions et remettre un rapport dans les 72 heures. Ce délai express traduit l’urgence politique.

Les pétitions, signées par plus de 250 députés, visent directement Vital Kamerhe, Djoli Eseng’ekeli, Dominique Munongo, Polipoli Chimène et Grâce Neema. Ces piliers de la majorité parlementaire voient désormais leur avenir menacé. Avec une telle majorité mobilisée, la stabilité de l’institution chancelle.

Tshilumbayi a présidé la séance pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêt, Mboso n’étant pas concerné par les requêtes. Mais dans un hémicycle polarisé, chaque geste et chaque silence nourrissent les spéculations.

72 heures pour sceller le sort du bureau

La mission confiée à la commission dépasse la simple vérification de la régularité des pétitions. Elle engage la légitimité politique du bureau et la confiance que les députés accordent encore à leur président.

Le compte à rebours est lancé : trois jours pour auditionner, conclure et présenter un rapport à la plénière. Trois jours pour décider si le bureau de Kamerhe survivra à cette tempête. Dans les couloirs du People’s Palace, certains murmurent que ce délai traduit autant la volonté d’agir vite que l’impatience d’en finir.

L’avenir de l’Assemblée nationale se joue désormais dans cette commission. Ses conclusions, attendues avec fébrilité, pourraient sceller le sort de Vital Kamerhe et bouleverser l’équilibre politique du pays.

Kamitatu dévoile les dessous de la fronde contre Kamerhe

Dans l’arène politique congolaise, où chaque coup résonne comme un ébranlement, la tribune d’Olivier Kamitatu a fait l’effet d’une déflagration. Ce mardi, l’ancien président de l’Assemblée nationale, fine lame de l’opposition et proche de Moïse Katumbi, a déposé des mots comme des charges explosives. Selon lui, la pétition visant à destituer Vital Kamerhe de son perchoir n’est qu’un leurre, le premier acte d’une manœuvre autrement plus vaste : ouvrir la voie à une révision de la Constitution en 2026.

Le véritable objectif ? Dégager l’obstacle que représente Kamerhe, figure influente et « dauphin naturel », pour « déverrouiller l’article 220 » de la Loi fondamentale – cet verrou sacré qui limite le nombre de mandats présidentiels. Un ambition que le président Félix Tshisekedi avait lui-même affichée fin 2024, avant que la tourmente sécuritaire dans l’Est ne impose un silence temporaire.

André Mbata dans le rôle de l’architecte

Du haut de sa tribune sur X, Kamitatu pointe un homme : le professeur André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée. C’est lui qui, dans l’ombre, orchestrerait ce « déverrouillage ». Le plan serait déjà ficelé : instaurer un septennat, supprimer le poste de Premier ministre, lui substituer un vice-président de la République. « Le ticket est déjà écrit », assène Kamitatu : « Tshisekedi et Jean-Pierre Bemba ».

Une reconfiguration totale du pouvoir qui sonnerait le glas de l’équilibre actuel. Pour y parvenir, il faut une chambre parlementaire docile. D’où la nécessité de évincer Kamerhe, jugé trop indépendant, et de le remplacer par un personnage plus malléable. Kamitatu avance un nom : Christophe Mboso, 85 ans, doyen de l’Assemblée, qui serait chargé de « tenir la barre parlementaire et de garantir la docilité des délibérations ».

Les députés pétitionnaires, « pions » d’un jeu plus grand

Quant aux députés qui signent la motion de destitution contre le bureau de l’Assemblée ? Kamitatu n’y va pas par le dos de la cuillère. Il les décrit comme des « pions. Aveuglés ou corrompus », issus d’une « mascarade électorale la plus grossière de notre histoire récente ». Ils offriraient au pouvoir une « majorité fabriquée, non représentative », prête à voter les réformes les plus sensibles sans sourciller.

La narration de Kamitatu se fait alors plus sombre, presque tragique. Il convoque le spectre de 2015, quand une partie de la classe politique avait résisté à la dérive autoritaire. Aujourd’hui, prévient-il, modifier la Constitution dans un contexte de guerre à l’Est, d’ethnicisme et de corruption généralisée, « c’est accélérer la chute, fracturer le social, effondrer l’État ».

Une manœuvre à haut risque géopolitique

Ce n’est pas une simple réforme technique, insiste-t-il. C’est « un acte politique aux conséquences géopolitiques »« Graver dans le marbre une prolongation de pouvoir »« fermer les marges démocratiques »« bâtir un laboratoire de l’auto-suffisance présidentielle ». Les institutions deviendraient accessoires ; le chef de l’État, seul juge.

La machine à réviser semblait pourtant lancée fin 2024. Tshisekedi avait alors annoncé sans ambages son intention, évoquant même une commission scientifique pour début 2025. Le pouvoir justifiait cette urgence par le caractère étranger de la Constitution actuelle – « écrite par les étrangers ». Puis les rebelles du M23 ont pris Goma et Bukavu. Et le projet, trop sensible, est passé en mode veille.

Mais selon Kamitatu, il n’a jamais été abandonné. Juste repensé, recalibré, en attendant des jours meilleurs. L’éviction de Kamerhe en serait le premier signal, faible mais distinct, adressé à ceux qui savent écouter.

La suite appartient aux acteurs de cette tragédie à plusieurs actes. Mais une chose est sûre : le récit vient de basculer. Et Kamitatu, en souffleur inquiet, vient de jeter une lumière crue sur les coulisses de la République.

Crispin Mbindule : Le frondeur aux multiples visages

Kinshasa, le 15 septembre – Son nom circule dans tous les couloirs du Palais du Peuple. Crispin Mbindule, député de Butembo, est devenu en quelques semaines le visage de la fronde contre Vital Kamerhe. Pourtant, cet homme au parcours sinueux fut jadis l’un des plus fidèles lieutenants du président de l’Assemblée nationale. Retour sur un destin politique aussi surprenant qu’imprévisible.

L’ancien fidèle devenu ennemi intime

L’histoire entre les deux hommes relève du paradoxe. Élu pour la première fois en 2011 sous la bannière de l’UNC de Kamerhe, Mbindule semblait incarner la loyauté absolue. Réélu en 2018 sous la même étiquette, il accomplissait un premier revirement spectaculaire lors de la présidentielle de la même année : tout en restant à l’UNC, il campagnait activement pour Martin Fayulu, le principal adversaire de Félix Tshisekedi – pourtant soutenu par Kamerhe himself.

Le climax de cette trahison : son appel à la population de Butembo à « jeter des pierres » sur Tshisekedi si ce dernier venait dans la ville. Une déclaration qui aurait dû sceller son destin politique. Pourtant, en 2023, le voilà qui rejoint l’UDPS, le parti présidentiel, et se représente avec succès sous cette nouvelle couleur.

Le triste héritage de la négation d’Ebola

L’homme qui today se présente en champion de la moralisation de la vie politique porte pourtant un lourd passé. En 2019-2020, alors que l’épidémie d’Ebola ravageait Beni et Butembo, Mbindule choisissait la théorie du complot. « Ebola n’existe pas », affirmait-il, qualifiant la crise sanitaire de « coup monté » des autorités.

Les conséquences furent tragiques : refus du vaccin, attaques contre les équipes médicales, propagation accélérée du virus. Des centaines de vies perdues, en partie à cause de ses déclarations irresponsables. Un passé qui continue de hanter l’image publique du député.

Le stratège de la fronde parlementaire

Aujourd’hui, Mbindule semble avoir trouvé une nouvelle cause : la chute de Vital Kamerhe. Selon plusieurs sources, il aurait déjà convaincu plus de 250 députés de signer sa pétition. Une performance qui révèle son talent de manœuvrier parlementaire, sinon ses convictions politiques.

Ses motivations restent obscures. Règlement de comptes personnel ? Ambition démesurée ? Ou simple opportunisme dans le jeu complexe des alliances kinoises ? Quoi qu’il en soit, Mbindule incarne ces figures politiques congolaises capables des plus surprenantes métamorphoses.

Alors que la crise à l’Assemblée nationale s’intensifie, Crispin Mbindule se retrouve propulsé sur le devant de la scène. Derrière le frondeur apparent se cache un stratège redoutable, dont le passé contrasté interroge sur les véritables motivations de ce nouveau combat. Son histoire rappelle que dans les arènes politiques congolaises, les loyalités sont souvent aussi changeantes que les alliances.

« Sans l’armée congolaise, le Rwanda n’existerait pas » : le coup de gueule d’un ministre

Uvira, le 15 septembre – La déclaration a fait l’effet d’une grenade dégoupillée dans le paysage diplomatique déjà tendu de la région. Eliezer Ntambwe, ministre délégué aux Anciens combattants, a affirmé ce lundi que plusieurs pays devaient leur existence même à l’armée congolaise. Un révisionnisme historique qui pourrait bien enflammer les relations entre Kinshasa et ses voisins.

Une leçon d’histoire géopolitique en forme de provocation

Devant la dépouille du colonel Michel Mbavu Dogo, figure de la résistance congolaise, le ministre a livré une version pour le moins personnelle de l’histoire continentale. « Grâce à l’armée congolaise, le Rwanda existe, l’Ouganda existe, la Tanzanie existe et l’Éthiopie existe. Même la Belgique a été sauvée par cette force publique ».

Ces propos, prononcés lors d’une cérémonie d’hommage à Uvira, dans l’est troublé de la RDC, semblent vouloir réécire les livres d’histoire. Le ministre convoque le passé pour mieux légitimer les revendications présentes de son pays.

La quête d’une reconnaissance internationale

Derrière la provocation apparente se cache une demande plus fondamentale : celle de la reconnaissance. « Nous attendons que ces nations nous remercient pour le sacrifice de nos soldats », a insisté Ntambwe. Cette sortie intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir les rebelles du M23.

Le ministre répond ainsi aux perceptions qu’il juge dévalorisantes de l’armée congolaise. « Mettez les Congolais dans de bonnes conditions, ils vous montreront de quoi ils sont capables », lance-t-il, défiant ceux qui doutent des capacités des FARDC.

Entre révisionnisme historique et realpolitik

Si les affirmations du ministre peuvent sembler excessives, elles s’inscrivent dans une tradition congolaise de réclamation d’une dette historique. La RDC, riche en ressources mais minée par les conflits, cherche par tous les moyens à affirmer sa souveraineté et son importance géostratégique.

Cette déclaration pourrait cependant compliquer davantage les relations déjà tendues avec les pays voisins. Le Rwanda, particulièrement visé, n’a pas encore réagi officiellement à ces propos.

Alors que l’est de la RDC reste en proie à la violence, les mots du ministre Ntambwe jettent de l’huile sur le feu des tensions régionales. Entre quête de reconnaissance et realpolitik agressive, Kinshasa semble choisir la confrontation verbale comme instrument de sa diplomatie. Reste à savoir si cette stratégie servira les intérêts congolais ou alimentera les cycles de méfiance qui minent la région depuis des décennies.

Tempête sous le perchoir : le pari de l’apaisement de Vital Kamerhe

Kinshasa, le 15 septembre – L’atmosphère était électrique dans l’hémicycle du Palais du Peuple. Alors que s’ouvrait la session parlementaire de septembre, tous les regards se braquaient sur lui. Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale congolaise, faisait face à la tempête. Visé par une pétition réclamant son départ, l’homme a choisi l’arme de la conciliation.

Le spectre de 2007 et la défense d’un patriote

D’entrée, le ton est donné. Kamerhe puise dans son histoire personnelle pour étayer sa défense. Évoquant son départ forcé de la présidence en 2007, en pleine crise des opérations militaires conjointes avec le Rwanda, il se présente en patriote inflexible. « Ma loyauté envers la nation n’a jamais faibli », affirme-t-il, voix chargée d’émotion.

Le message est subtil : l’homme qui avait préféré démissionner plutôt que trahir ses convictions serait aujourd’hui la cible d’attaques tout aussi injustes. Un parallèle historique qui n’est pas sans rappeler les fractures toujours vives de la politique congolaise.

La stratégie de l’apaisement : pardon et promesses

La surprise vient ensuite. Dans un mouvement rare dans l’arène politique congolaise, Kamerhe tend la main à ses détracteurs. « S’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés […] j’implore leur pardon ». Le « pacificateur », comme il se nomme lui-même, joue sa carte maîtresse : celle de la réconciliation.

Mais au-delà des mots, des actes. Annonce concrète : la création d’une académie de formation en partenariat avec l’ENA, répondant directement aux doléances des jeunes députés. Une manière habile de désamorcer une partie de la critique tout en modernisant l’institution.

La contre-offensive des pétitionnaires

Pendant ce temps, les initiateurs de la pétition ne désarment pas. Leur stratégie : obtenir le soutien de l’UDPS, pilier de la majorité présidentielle. La rencontre avec Augustin Kabuya, secrétaire général du parti présidentiel, marque une escalade dans le conflit. La balle est désormais dans le camp de Félix Tshisekedi.

Le président de la République se trouve face à un dilemme delicate : soutenir son allié Kamerhe au risque de diviser sa majorité, ou accompagner un mouvement de renouvellement qui pourrait fragiliser un pilier de son régime.

Alors que la session parlementaire s’annonce mouvementée, le sort de Vital Kamerhe dépasse la simple question personnelle. Il engage l’équilibre entier de la majorité présidentielle et pourrait redéfinir les rapports de force au sein des institutions congolaises. Le « pacificateur » parviendra-t-il à éteindre l’incendie qu’il affirme vouloir apaiser ? 

Félix Tshisekedi déploie de nouveaux ambassadeurs à l’étranger

Ce lundi 8 septembre 2025, la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) a annoncé une décision présidentielle majeure. Félix Tshisekedi a signé de nouvelles ordonnances nommant trois ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de la RDC.

Ces nominations paraissent routinières, mais elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à consolider les alliances internationales.

Les profils choisis sont désormais connus :

  • Botswana : Mutombo Kambila Patrick représentera les intérêts de Kinshasa.

  • Chypre : Micheline Matadi NeMuleba Mukaji prendra ses fonctions sur l’île méditerranéenne stratégique.

  • Portugal : Tshiala Tshisuku Fanny assurera la représentation auprès de ce partenaire historique et économique majeur.

Ces ordonnances entrent en vigueur immédiatement après leur publication. Elles témoignent d’une volonté de placer des personnalités compétentes à des postes-clés pour renforcer la coopération bilatérale.

Une diplomatie proactive dans un contexte régional tendu

Derrière ces annonces se cache une réalité complexe. L’Est de la RDC reste instable, et le pays cherche activement la reconnaissance internationale des crimes commis sur son territoire, comme l’a souligné la conférence Genocost à Genève. Chaque nomination constitue un maillon d’une stratégie diplomatique plus vaste.

Renforcer la présence à Portugal et à Chypre n’est pas anodin. Le Portugal reste un partenaire historique avec des liens économiques privilégiés dans la région lusophone, tandis que Chypre joue un rôle clé en Europe et dans le secteur financier. Ces postes permettent à la RDC de consolider ses appuis, d’élargir ses réseaux et de sécuriser des partenariats dans la sécurité, l’économie et le commerce.

Sous la mandature de Félix Tshisekedi, la diplomatie congolaise semble vouloir passer à la vitesse supérieure. L’envoi de ces nouveaux ambassadeurs en est le premier signal. Leurs actions sur le terrain et les résultats qu’ils obtiendront seront scrutés de près par les partenaires comme par les détracteurs.

Genève : hommage aux victimes des génocides congolais

Dans l’enceinte feutrée et chargée d’histoire du Palais des Nations Unies à Genève, la salle XVII Emirates Room a accueilli, ce lundi, une conférence d’une gravité exceptionnelle. Sous le nom de « Genocost », cette initiative se consacre à un plaidoyer poignant : faire mémoire, et surtout obtenir la reconnaissance internationale des souffrances infligées aux populations congolaises, victimes de génocides et de crimes contre l’humanité sur trois décennies.

Une délégation officielle de haut niveau venue de Kinshasa, comprenant les ministres de la Justice, des Droits humains, de la Communication et Médias, ainsi que la vice-ministre des Affaires étrangères, a porté la voix de la RDC. Leur présence silencieuse et déterminée a donné le ton avant même les premiers mots.

Le plaidoyer enregistré du président Tshisekedi : un appel à la justice réparatrice

La conférence s’est ouverte par la projection du message enregistré du président Félix Tshisekedi. Son discours, axé sur l’impérieuse nécessité d’une « justice réparatrice et d’une paix durable », a fixé le cap. Il a insisté sur la prise en compte de la cartographie des faits à caractère génocidaire, l’établissement de leur existence au regard du droit international et la mise en place d’une architecture de justice transitionnelle « adaptée aux réalités congolaises ». Pour lui, il s’agit ni plus ni moins de garantir aux victimes la trilogie indispensable : vérité, poursuite et réparation.

L’ONU et l’UA engagent leur voix : le Rapport Mapping au centre des débats

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, Bintou Keïta, a suivi en plaidant sans détour pour la prise en compte du fameux Rapport Mapping – ce document accablant de l’ONU qui dresse l’inventaire des violations massives des droits de l’homme entre 1993 et 2003. Elle a réaffirmé « l’engagement des Nations unies à accompagner la RDC dans sa quête de vérité et de justice », appelant à un processus de justice transitionnelle « crédible, inclusive et conforme aux standards internationaux ».

Un appel relayé et amplifié par Adama Dieng, premier envoyé spécial de l’Union africaine pour la prévention du crime de génocide. Il a rappelé les conclusions sans équivoque du Rapport Mapping, qui met en lumière des crimes susceptibles d’être qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité : massacres, viols systématiques et autres formes de violences. « Le constat a conduit à des appels à la justice, à la fin de l’impunité », a-t-il déclaré, soulignant l’urgence de réformes face à la « répétition des violations graves ».

Un contexte onusien marqué par l’alerte sévère de Volker Türk

Cette conférence s’inscrit dans l’ombre portée de la 60e session du Conseil des droits de l’homme. En ouverture, le Haut-Commissaire Volker Türk a dressé un constat sévère, plaçant la RDC au cœur de ses préoccupations. S’appuyant sur les preuves « accablantes » du rapport de la mission d’établissement des faits, il a dénoncé les violations graves qui se poursuivent « par toutes les parties au conflit » dans l’Est du pays, fustigeant particulièrement le rôle du M23 et des Forces de défense rwandaises (RDF).

Son message résonne comme un écho aux discussions de la conférence Genocost : la communauté internationale ne peut plus fermer les yeux. L’impératif est clair : « enquêter rapidement et de manière indépendante » pour garantir vérité, justice et réparations.

Alors que les débats se poursuivront à Genève, un message fort est envoyé : le temps de l’impunité pour les crimes commis en RDC doit prendre fin. La conférence Genocost n’est pas qu’un symposium ; elle est devenu le catalyseur d’une exigence historique de justice pour les millions de victimes congolaises.

Qatar-Afrique : Sheikh Almansour entame une tournée historique à Kinshasa

Kinshasa accueille ce mardi 2 août 2025 un visiteur de marque : Sheikh Almansour Bin Jabor Bin Jassim Al Thani, membre influent de la famille royale du Qatar, entamant une tournée africaine de sept pays. Cette mission vise à officialiser des accords bilatéraux stratégiques et à lancer des investissements majeurs sur le continent.

Selon un communiqué consulté par ACTUALITE.CD, ces accords marquent le début d’une série de projets structurants dans chaque pays visité. Sheikh Almansour est accompagné d’une délégation de 19 experts internationaux spécialisés dans l’énergie, l’agriculture, les mines, la finance, l’élevage, le développement des infrastructures et les partenariats économiques.

Le document qualifie ce programme de « projet historique », fruit d’une coopération diplomatique intense. Il souligne que cette tournée représente une avancée majeure dans les relations entre le Qatar et plusieurs États africains, illustrant une volonté commune de partenariats gagnant-gagnant, concrets et durables entre gouvernements et acteurs économiques.

À son arrivée à l’aéroport international de Ndjili, Sheikh Almansour a été accueilli par le vice-premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, marquant le début officiel de cette mission stratégique à Kinshasa et ouvrant la voie à de nouvelles perspectives d’investissement.

TICAD 9 : la RDC mise gros au Japon

Kinshasa, 19 août 2025 — La Première Ministre, Cheffe du Gouvernement Judith Suminwa Tuluka, se rendra à Yokohama au Japon pour représenter le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la 9ᵉ Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD). Cette rencontre se déroulera du 20 au 22 août 2025.

Une rencontre stratégique pour l’Afrique

La TICAD 9 est un moment clé de réflexion sur les priorités de développement du continent africain. Elle constitue également une plateforme de concertation entre l’Afrique et le Japon. De plus, elle ouvre la voie à un renforcement des partenariats dans les domaines économique, éducatif et technologique.

Un partenariat RDC–Japon en expansion

Pour la République démocratique du Congo, cette conférence représente une opportunité majeure. Le gouvernement congolais souhaite consolider ses échanges économiques avec le Japon. En outre, il ambitionne de développer une coopération plus globale, basée sur le partage d’expériences et l’innovation.

Une délégation gouvernementale ciblée

La Première Ministre sera accompagnée de cinq ministres. Il s’agit de ceux en charge de l’Économie, de la Formation professionnelle, du Commerce extérieur, des Mines et des Affaires étrangères. Ainsi, la RDC met en avant des secteurs stratégiques, directement liés aux thématiques centrales de la TICAD.

Inspirations croisées et vision partagée

Les discussions mettront en lumière une ambition commune : faire de l’éducation et de l’innovation des leviers de développement durable et inclusif. Par ailleurs, cette conférence permettra un échange d’inspirations. Le Japon apporte sa discipline et sa rigueur. La RDC partage, pour sa part, sa créativité et sa résilience.

Une coopération tournée vers l’avenir

Il s’agit de la deuxième visite officielle de Judith Suminwa au Japon. Ce déplacement illustre la volonté du Gouvernement congolais d’approfondir une coopération équilibrée et respectueuse avec Tokyo. Enfin, cette présence à la TICAD 9 confirme l’engagement de Kinshasa à inscrire la RDC dans une dynamique d’ouverture internationale, au service de son développement et de celui du continent africain.

Doha relance la médiation entre Kinshasa et l’AFC/M23 : espoir fragile pour un accord de paix

Kinshasa/Doha, 17 août 2025 — Un projet d’accord de paix a été transmis à la fois au mouvement armé AFC/M23 et au gouvernement congolais par le médiateur qatari. L’annonce a été faite dimanche, alors que les discussions, prévues initialement pour le 8 août, pourraient enfin s’ouvrir cette semaine dans la capitale qatarie.

Des positions toujours éloignées

Si les deux parties ont confirmé leur disponibilité à relancer les pourparlers, les divergences restent profondes. L’AFC/M23 exige la libération de ses membres détenus avant toute reprise des discussions, considérant que cette étape conditionne l’application de la déclaration de principes. Kinshasa, au contraire, campe sur sa ligne : « pas un seul prisonnier libéré avant, revenez d’abord à Doha et on en discute ».

Un dialogue délicat mais nécessaire

Du côté du Qatar, l’optimisme demeure prudent. « Nous reconnaissons les difficultés sur le terrain et espérons qu’elles pourront être surmontées rapidement grâce au dialogue et à un engagement sincère », a confié un responsable qatari impliqué dans la médiation. Selon nos informations, les deux délégations pourraient se retrouver dès mercredi à Doha, même si la composition exacte de la délégation de l’AFC/M23 reste incertaine.

L’agenda des discussions

La médiation qatarie prévoit deux étapes principales : d’abord, suivre la mise en œuvre complète de la déclaration de principes, ensuite finaliser un accord de paix. Pour Kinshasa, la priorité demeure la restauration de l’autorité de l’État dans les zones encore occupées. Une position que l’AFC/M23 ne partage pas, préférant mettre l’accent sur le règlement des causes profondes du conflit.

Un processus semé d’incertitudes

Cette nouvelle séquence de négociations s’annonce donc délicate. Entre préalables exigés par l’AFC/M23 et fermeté du gouvernement congolais, il reste à savoir si les concessions nécessaires pourront être trouvées. Le Qatar mise sur le dialogue pour débloquer la situation, mais la route vers un accord définitif paraît encore longue.

Moïse Katumbi prépare la bataille politique de 2028 depuis Bruxelles

Réuni à Bruxelles les 12 et 13 août, le parti Ensemble pour la République, dirigé par Moïse Katumbi, a fixé le cap : préparer une offensive politique pour les élections générales de 2028. Refusant de rejoindre le gouvernement de Félix Tshisekedi, l’opposant en exil veut « préparer avec lucidité et fermeté la riposte politique et citoyenne face aux menaces qui pèsent sur notre nation ».

Durant ce conclave, Katumbi a multiplié les attaques contre le chef de l’État. Son parti dénonce « une tentative persistante de modification de la Constitution pour prolonger indéfiniment le mandat présidentiel » et accuse le pouvoir de refuser le dialogue national proposé par la Cenco et l’ECC.

Un plan d’action contre la dérive autoritaire

Pour contrer ce qu’il perçoit comme un recul démocratique, Ensemble pour la République met en place un mécanisme d’alerte destiné à recenser les plaintes et à engager des actions en justice contre toute restriction des libertés ou atteinte au patrimoine commun.

Sur le terrain, la stratégie est claire : renforcer l’organisation interne, s’implanter dans tous les territoires, élargir la base militante et fédérer les forces du changement avec l’appui de la diaspora.

Un appel à l’unité pour « mettre fin à la dictature »

Moïse Katumbi exhorte « toutes les forces démocratiques, les mouvements citoyens et la société civile » à unir leurs efforts pour « restaurer un pouvoir légitime issu d’élections crédibles ». Pour lui, la mobilisation doit être totale et s’inscrire dans la durée afin de peser sur le paysage politique congolais.

Gouvernement Suminwa II : Qui sont les nouveaux visages de l’exécutif Congolais ?

Le gouvernement Suminwa II, dévoilé dans la nuit du 7 au 8 août 2025, conserve une structure large de 53 membres, mais s’ouvre à de nouveaux profils : militants de la société civile, experts internationaux ou encore leaders religieux. Parmi eux, quatre nouveaux visages clés attirent l’attention du public congolais par leur histoire singulière et leur potentiel à incarner un changement profond.

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Adolphe Muzito – Vice-Premier ministre en charge du Budget

Économiste chevronné et ancien Premier ministre sous Joseph Kabila (2008-2012), Adolphe Muzito fait un retour remarqué au gouvernement après plusieurs années dans l’opposition. Fondateur du parti Nouvel Élan, il a été l’un des piliers de la plateforme Lamuka. Connu pour ses analyses critiques sur la gouvernance et même ses suggestions controversées sur une éventuelle partition de la RDC, Muzito est aussi un ancien inspecteur des finances, formé à l’Université de Kinshasa.

Sa nomination, après des années de franc-parler contre le régime, est un signal fort : l’expérience et la rigueur économique sont de nouveau recherchées au sommet de l’État, dans un contexte de crise budgétaire chronique.

Guillaume Ngefa-Atondoko – Ministre de la Justice et Garde des Sceaux

Militant des droits humains depuis les années Mobutu, Guillaume Ngefa est l’un des fondateurs de l’ASADHO (1986). Courageux et souvent menacé, il a dénoncé les violences sous Mobutu, Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila. Il a publié plusieurs rapports-chocs, notamment sur les massacres de réfugiés rwandais dans les années 1996-1997.

Contraint à l’exil, il poursuivra sa carrière aux Nations Unies, occupant plusieurs postes de direction en Afrique. En 2023, il est expulsé du Mali après avoir dénoncé les exactions du régime local. Sa désignation au ministère de la Justice symbolise une volonté de lutter contre l’impunité, de restaurer la crédibilité des institutions et de réconcilier l’appareil judiciaire congolais avec les droits fondamentaux.

Floribert Anzuluni – Ministre de l’Intégration régionale

Né à Kinshasa en 1983, Floribert Anzuluni a grandi en Belgique avant d’étudier les sciences politiques à l’Université de Montréal. De retour en RDC, il se fait connaître par son engagement citoyen au sein du mouvement Filimbi, qu’il cofonde en 2015 pour sensibiliser la jeunesse à la démocratie et à la transparence. Harcelé par le régime Kabila, il s’exile jusqu’au retour au pouvoir de Tshisekedi.

En 2023, il se présente à l’élection présidentielle comme candidat indépendant, soutenu par plusieurs mouvements de la société civile. Il fonde le parti Alternative Citoyenne (AC-Congo) et devient un symbole de la reconquête démocratique par les citoyens.

Par son profil, il incarne une nouvelle génération de dirigeants, issus de la société civile mais formés aux meilleures pratiques internationales, avec une forte volonté de réformer la gouvernance régionale et de renforcer l’ancrage de la RDC dans les mécanismes d’intégration africaine.

Grâce Emi Kutinho – Ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique

Pasteure évangélique active dans les quartiers populaires de Kinshasa, Grâce Emi Kutinho est une figure montante de la jeunesse chrétienne. Influente au sein des Églises de réveil, elle prêche une citoyenneté responsable et une jeunesse morale et engagée.

Bien que sans expérience politique, elle a su gagner la confiance de plusieurs jeunes leaders et figures religieuses. Sa nomination est interprétée comme une tentative d’attirer la jeunesse croyante dans la construction d’un patriotisme moderne et non-violent.

Elle devient l’une des plus jeunes ministres du gouvernement Suminwa II, et peut jouer un rôle de passerelle entre les institutions et la jeunesse en quête de repères.

Ce remaniement stratégique montre une volonté de rassembler plusieurs pôles de la société congolaise : l’opposition, la société civile, les milieux religieux et la diaspora. Judith Suminwa et le président Tshisekedi semblent vouloir donner un second souffle au quinquennat à travers ces figures à la fois populaires, expérimentées et symboliques.

Mais les défis sont immenses : insécurité à l’Est, tensions sociales, défis économiques, et pression de la jeunesse. C’est désormais à ces nouveaux visages de prouver que l’espoir qu’ils incarnent peut se transformer en action concrète.

Liste complète du Gouvernement Suminwa II (Août 2025)

Vice-Premiers ministres

  1. Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières : Jacquemain Shabani

  2. Transports et Voies de communication : Jean-Pierre Bemba

  3. Défense nationale et anciens combattants : Guy Kabombo Mwadimvita

  4. Économie nationale : Daniel Mukoko

  5. Budget : Adolphe Muzito

  6. Fonction publique, Modernisation de l’administration et Innovation : Jean-Pierre Lihau

Ministres d’État

  1. Plan : Guylain Nyembo

  2. Affaires étrangères : Thérèse Kayikwamba

  3. Agriculture : Muhindo Nzangi Butondo

  4. Industrie : Aimé Boji

  5. Affaires sociales : Ève Bazaiba

  6. Justice : Guillaume Ngefa Atondoko

  7. Hydrocarbures : Acacia Bandubola

  8. Éducation nationale : Raïssa Malu

  9. Formation professionnelle : Marc Ekila

  10. Urbanisme : Alexis Gisaro

  11. Développement rural : Grégoire Mutshail Mutond Kangaji

  12. Relations avec le Parlement : Guy Loando

Ministres

  1. Finances : Doudou Fwamba

  2. Santé : Samuel Roger Kamba

  3. Commerce extérieur : Julien Paluku

  4. Environnement : Marie Niangé Ndambo

  5. Infrastructures : John Banza Lunda

  6. Enseignement supérieur : Marie-Thérèse Sombo

  7. Emploi : Ferdinand Massamba

  8. PTNTIC : José Panda Kabangu

  9. Économie numérique : Augustin Kibasa Maliba

  10. Mines : Louis Kabamba Watum

  11. Ressources hydrauliques : Aimé Molendo Sakombi

  12. Communication : Patrick Muyaya

  13. PME : Justin Kalumba

  14. Aménagement du territoire : Jean-Lucien Busa

  15. Tourisme : Didier Manzenga

  16. Pêche et Élevage : Jean-Pierre Tshimanga

  17. Culture et Arts : Yolande Elebe

  18. Droits humains : Samuel Mbemba

  19. Intégration régionale : Floribert Anzuluni

  20. Affaires foncières : Onège Nsele Mpimpa

  21. Sports et Loisirs : Didier Budimbu

  22. Portefeuille : Julie Mbuyi Shiku

  23. Genre, Famille et Enfant : Micheline Ombahe Kalama

  24. Jeunesse et Éveil patriotique : Grâce Emi Kutinho

Ministres délégués

  1. Francophonie et Diaspora : Crispin Mbadu Panzu

  2. Nouvelle économie durable & Climat : Arlette Bahati Tito

  3. Politique de la ville : Angel Bangasa Yogo

  4. Personnes handicapées : Irène Esambo

  5. Anciens combattants : Eliezer Tambwe

Vice-ministres

  1. Budget : Élysée Bokumwana

  2. Intérieur : Eugénie Tshela Kamba

  3. Affaires étrangères : Noëlla Ayeganato

  4. Finances : Gracia Yamba Kazadi

  5. Éducation nationale : Théodore Kazadi Muyahila

  6. Affaires coutumières : Mwami Ndeze Katurebe Jean-Baptiste

Gouvernement Suminwa II : Félix Tshisekedi joue la carte de la continuité et de l’ouverture

Dans la nuit du 7 au 8 août 2025, le président Félix Tshisekedi a levé le voile sur la composition très attendue du gouvernement Suminwa II, dirigé par la Première ministre Judith Suminwa. Une équipe remaniée, resserrée, et légèrement ouverte à de nouveaux profils, mais qui conserve les équilibres du précédent exécutif avec 53 membres.

Un retour politique remarqué : Adolphe Muzito au Budget

La principale surprise de ce gouvernement est le retour d’Adolphe Muzito, ancien Premier ministre sous Joseph Kabila, nommé vice-Premier ministre en charge du Budget. Absent du pouvoir depuis treize ans, Muzito revient dans un ministère qu’il connaît bien, pour l’avoir déjà dirigé entre 2007 et 2008, avant son passage à la Primature. Son profil technocratique et ses récentes positions d’ouverture envers la majorité présidentielle laissaient présager ce rapprochement.

Nominations inédites : Filimbi entre au gouvernement

Autre entrée notable, celle de Floribert Anzuluni, ancien coordinateur du mouvement citoyen Filimbi et candidat à la présidentielle de 2023. Il devient ministre de l’Intégration régionale, preuve d’un certain renouvellement générationnel dans l’équipe. De même, Guillaume Ngefa-Atondoko, ex-responsable des droits de l’homme de l’ONU au Mali expulsé en 2023, prend les rênes du ministère de la Justice.

À la Jeunesse, le président Tshisekedi mise sur Grâce Emi Kutinho, jeune pasteure d’Église de réveil, dans un portefeuille symbolique de l’éveil patriotique.

Continuité stratégique dans les postes clés

Malgré ces nouveautés, le gouvernement Suminwa II reste marqué par une large reconduction des figures de la précédente équipe. Les vice-Premiers ministres Jacquemain Shabani (Intérieur), Jean-Pierre Bemba (Transports), Guy Kabongo (Défense) et Jean-Pierre Lihau (Fonction publique) conservent tous leur poste.

Du côté des ministres d’État, Thérèse Kayikwamba (Affaires étrangères), Doudou Fwamba (Finances), Julien Paluku (Commerce extérieur), ou encore Patrick Muyaya (Communication) restent également en fonction.

Ce remaniement s’inscrit donc dans une logique d’équilibre politique, avec une ouverture maîtrisée à des profils plus technocratiques, tout en maintenant les piliers du régime.

un dosage entre nouveauté et continuité

Avec ce gouvernement Suminwa II, Félix Tshisekedi tente de combiner stabilité, ouverture modérée et efficacité technocratique, à neuf mois d’une année charnière pour la RDC. Le retour d’Adolphe Muzito et l’entrée de figures issues de la société civile donnent une nouvelle tonalité à l’exécutif. Mais l’absence de véritables figures issues de l’opposition radicale ou de la société civile indépendante laisse planer une interrogation sur l’ampleur réelle de cette ouverture.

RDC–Rwanda : Premiers pas concrets vers la paix à Washington

Le processus de paix entre la RDC et le Rwanda entre dans sa phase opérationnelle. La première réunion du comité mixte de surveillance de l’accord de paix s’est tenue à Washington, selon un communiqué conjoint publié samedi par les deux gouvernements. Des observateurs des États-Unis, du Qatar et du Togo — ce dernier agissant comme facilitateur de l’Union africaine — ont assisté à la session.

« Pendant la première rencontre, les parties ont discuté des progrès dans la mise en place de l’accord de paix », précise le document, sans davantage de détails.

Cet échange marque une étape importante dans la mise en œuvre de l’accord signé le 27 juin à Washington par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, sous la médiation du Qatar et des États-Unis. L’accord engage Kinshasa et Kigali à respecter l’intégrité territoriale, à cesser toute activité militaire hostile, à désarmer et encadrer les groupes armés non étatiques, et à mettre en place un mécanisme conjoint de sécurité.

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Le texte prévoit que la mise en œuvre du processus débute dans les 30 jours suivant sa signature.

Parallèlement, des négociations ont lieu à Doha entre le gouvernement congolais et le groupe armé M23. Une déclaration de principes a été signée le 19 juillet, engageant les deux parties à respecter une feuille de route pour le rétablissement de l’autorité de l’État dans l’Est de la RDC. Les discussions pour un accord de paix détaillé doivent débuter au plus tard le 8 août, pour une signature prévue autour du 18 août.

Enfin, une rencontre au sommet entre les présidents de la RDC et du Rwanda est attendue fin août à Washington, dans l’espoir de sceller un règlement global et durable de la crise dans la région des Grands Lacs.

RDC–Rwanda : Un nouvel accord économique pour la paix

Un pas décisif vers la stabilité et la prospérité régionale. La République démocratique du Congo et le Rwanda ont signé à Washington le Cadre d’intégration économique régionale (CER), un pilier central de l’accord de paix entre les deux pays. L’annonce a été faite ce vendredi dans un communiqué du département d’État américain.

Sous l’égide des États-Unis, les deux pays s’engagent à coopérer dans des domaines stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, l’exploitation minière, la gestion des parcs nationaux, le tourisme et la santé publique. L’objectif affiché : libérer le potentiel économique de la région des Grands Lacs et créer les conditions d’une paix durable.

“Des représentants de la RDC et du Rwanda, sous l’égide des États-Unis, ont paraphé le texte des principes du cadre d’intégration économique régional”, précise le communiqué.

Cette signature s’inscrit dans la mise en œuvre progressive de l’accord de paix et a été saluée par Washington comme une “avancée significative”. Jeudi, les délégations des deux pays ont également participé à Washington à la première réunion du Comité conjoint de suivi de l’accord, renforçant ainsi le climat de coopération bilatérale.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a relayé la nouvelle sur X (ex-Twitter), en repartageant un message de Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour l’Afrique. À ce jour, les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement.

Accord RDC-Rwanda : le comité de surveillance entame sa mission à Washington

Le comité de surveillance de l’accord RDC-Rwanda s’est réuni pour la première fois le jeudi 31 juillet 2025 à Washington. La rencontre s’est déroulée sous l’égide des États-Unis, du Qatar, de l’Union africaine et du Togo, facilitateur désigné.

Les délégations de la RDC et du Rwanda ont désigné leurs présidents respectifs et validé les termes de référence du comité. Elles ont également préparé la première réunion du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, prévue dans les semaines à venir.

Objectif : garantir l’accord de paix

Ce comité veille au respect des engagements pris par les deux pays. Il traite les plaintes, propose des mesures correctives et facilite la résolution des différends. Le Département d’État américain a rappelé que cette structure joue un rôle clé dans la mise en œuvre de l’accord du 27 juin.

L’Union africaine, les États-Unis et le Qatar ont exprimé leur soutien ferme au processus. Leur implication vise à renforcer la coordination entre les acteurs régionaux et internationaux. L’objectif est clair : instaurer une paix durable dans les Grands Lacs.

Un accord axé sur la sécurité et l’économie

La ministre congolaise Thérèse Kayikwamba Wagner et son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe ont signé l’accord à Washington. Celui-ci repose sur deux piliers : la sécurité et le développement économique.

Sur le volet sécuritaire, les deux parties s’engagent à cesser les hostilités, à couper tout soutien aux groupes armés comme le M23 et les FDLR, et à respecter les frontières. Un mécanisme conjoint s’inspirant des accords de Luanda renforcera la coopération militaire.

Sur le plan économique, l’accord prévoit des projets communs dans l’hydroélectricité, la gestion des parcs nationaux et la traçabilité des minerais. La CIRGL, la COMESA et l’EAC faciliteront cette coopération régionale. Les États-Unis se positionnent comme investisseurs majeurs.

Un sommet Kagame-Tshisekedi en perspective

Depuis l’Écosse, Donald Trump a confirmé la tenue prochaine d’un sommet entre les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Cette rencontre devrait permettre de consolider les engagements politiques de l’accord. Elle symbolise la volonté des deux chefs d’État de tourner la page du conflit.

Remaniement Suminwa II : panique dans les rangs, manœuvres en coulisse et crispation diplomatique avec le Rwanda

Alors que le gouvernement Suminwa II s’apprête à être dévoilé, Kinshasa est secouée par une agitation politique fébrile. Sur les réseaux sociaux comme dans les médias, les ministres sortants déploient des stratégies de communication effrénées pour espérer figurer sur la nouvelle liste. Mais derrière les selfies, bilans flatteurs et vidéos bien montées, la nervosité est palpable.

Selon Le Potentiel, cette campagne de charme a tout d’un baroud d’honneur : plusieurs ministres, sentant le vent tourner, tentent de sauver leur siège par tous les moyens. Certains, absents depuis des mois, ressortent subitement du silence médiatique pour se replacer dans la course. Forum des As ironise même sur le retour annoncé des « dinosaures » et « amis de X ou Y », prêts à tout pour obtenir un strapontin, malgré la misère sociale grandissante.

Pour Africa News, il est temps d’en finir avec les recyclages politiques : « la RDC mérite mieux ». L’heure serait venue de privilégier compétence, rigueur et responsabilité plutôt que clientélisme et fidélités de circonstance. Un message repris par l’activiste Carbone Beni, qui appelle à un « casting rigoureux » et à une réelle évaluation des actions ministérielles passées.

Dans ce climat tendu, un événement judiciaire a également capté l’attention ce mercredi : la libération de l’ancien ministre des Mines Martin Kabwelulu, détenu depuis plusieurs jours. Une décision qui relance les spéculations sur les règlements de comptes internes avant l’annonce du nouveau gouvernement.

Le remaniement dans l’ombre d’une reprise diplomatique RDC-Rwanda

Au même moment, loin des micros et des tweets, un dossier crucial avance : l’application de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda. L’Assemblée nationale rwandaise a officiellement ratifié le texte ce mardi 29 juillet, marquant une étape décisive.

D’après l’Agence congolaise de presse, une réunion de haut niveau est attendue dans les prochains jours aux États-Unis pour lancer le Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, prévu dans l’accord. Ce dispositif devra permettre une meilleure surveillance des lignes de front, un suivi des engagements militaires et politiques des deux parties, et potentiellement la mise en œuvre de mesures concrètes de désescalade.

Alors que le gouvernement congolais s’apprête à se redessiner, le contexte régional impose plus que jamais une diplomatie cohérente, des visages neufs et crédibles, et un cap clair. Le président Tshisekedi, garant de cette double dynamique interne et externe, devra trancher entre continuité politique et exigence de renouveau.

Jacques Kyabula à Kinshasa : le gouverneur du Haut-Katanga face aux interrogations

Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula, a atterri à Kinshasa ce lundi 28 juillet 2025, après plus de deux semaines de silence et d’absence remarquée. Cette arrivée intervient alors qu’il était convoqué depuis le 10 juillet par le ministère de l’Intérieur, après un discours controversé tenu à Lubumbashi.

Un discours qui a fait polémique

Le 1ᵉʳ juillet, Jacques Kyabula avait pris la parole lors d’une marche de soutien à l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Mais ses propos ont rapidement provoqué des remous, tant dans l’opinion publique que dans les sphères politiques. En réponse, le ministère l’a convoqué à Kinshasa. Il n’y a pas donné suite immédiatement, évoquant des raisons de santé.

Une absence prolongée et des spéculations

Pendant plus de dix jours, le gouverneur est resté invisible, alimentant toutes sortes de rumeurs. Ce n’est que jeudi dernier qu’il est brièvement apparu devant sa résidence, sans un mot pour la presse. En son absence, la gestion de la province est assurée par le vice-gouverneur Martin Kazembe, désigné par une note officielle du vice-Premier ministre de l’Intérieur.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Avec son retour dans la capitale, plusieurs questions surgissent : Jacques Kyabula sera-t-il enfin entendu ? Est-il menacé de suspension ? Pourra-t-il reprendre son poste à Lubumbashi ? Le flou persiste autour de son avenir politique.

Procès Kabila-M23 : la Haute Cour militaire ouvre un dossier explosif à Kinshasa

La Haute Cour militaire de la RDC ouvre, le vendredi 25 juillet 2025, le procès de Joseph Kabila Kabange. L’ancien président et leader du FCC fait face à des accusations graves. La cellule de communication de la Cour a confirmé l’information dans une note diffusée jeudi.

Le Sénat a levé son immunité parlementaire après plusieurs jours de délibérations. Une commission spéciale a étudié le dossier à huis clos avant de transmettre un rapport accablant aux sénateurs. L’auditeur général des FARDC accuse Kabila de trahison, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et participation à un mouvement insurrectionnel. Ces accusations reposent sur un soutien présumé au M23, groupe rebelle actif à l’est du pays.

Un procès à fort enjeu dans un contexte de crise

Le procès s’ouvre alors que l’Est de la RDC subit une nouvelle vague de violences. Le M23 intensifie ses attaques et menace l’intégrité territoriale. Le gouvernement de Félix Tshisekedi affirme vouloir défendre l’État de droit.

Mais les proches de Kabila dénoncent une poursuite politique ciblée. Ils accusent le régime de chercher à écarter un rival influent. L’ancien président, absent lors de la séance plénière du vote, conteste fermement les faits et rejette toute implication.

Jacques Kyabula réapparaît à Lubumbashi après une mystérieuse disparition

L’inquiétude durait depuis plusieurs jours. Ce mercredi 23 juillet 2025, le gouverneur Jacques Kyabula est enfin réapparu à Lubumbashi. Son absence prolongée avait alimenté des rumeurs parfois alarmantes. Surnommé « Wa Ndani », il s’est montré en soirée dans la capitale du Haut-Katanga, provoquant un vif soulagement chez ses partisans.

Des sources fiables ont révélé qu’il se trouvait dans une structure médicale locale, où il recevait des soins. Contrairement aux spéculations, il n’avait pas quitté le pays. Ses proches ont confirmé qu’il a regagné sa résidence au quartier Golf Météo, dans la commune de Lubumbashi.

Une foule mobilisée pour son retour

Dès que la nouvelle de son retour a circulé, une foule spontanée s’est formée devant sa résidence. Chants, danses et cris de joie ont animé la nuit. Ce jeudi matin, la mobilisation a grossi. Des militants de l’ARDev, des supporters du FC Saint-Éloi Lupopo et de nombreux habitants se sont déplacés pour l’acclamer.

Pour beaucoup, Jacques Kyabula incarne la stabilité politique du Haut-Katanga. Il pourrait s’exprimer publiquement ce jeudi, lors d’un point de presse prévu par le FC Lupopo.

Des questions en suspens

Des sources locales rapportent que les services de sécurité l’ont rencontré dès son retour. La Direction générale de migration avait lancé un mandat de recherche, trois jours plus tôt, face à son absence inexpliquée.

Malgré son retour, le mystère reste entier. Pourquoi ce silence prolongé ? Que cache cette hospitalisation discrète ? En attendant des réponses, ses partisans célèbrent le retour de celui qu’ils considèrent comme un pilier de la province.

Le gouverneur Jacques Kyabula doit se rendre à Kinshasa ce week-end pour des consultations de haut niveau.

Delphin Lama réhabilité à la tête de l’ACE malgré de lourds soupçons

Le Directeur de Cabinet du Président de la République, Antony Nkuzo, a ordonné la levée de la suspension de Delphin Lama, Directeur général de l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE). Cette décision, transmise à la ministre d’État Ève Bazaiba dans une correspondance datée de ce vendredi 18 juillet 2025, relance un dossier sensible.

Selon le document, l’analyse interne menée par la Présidence estime que les éléments justifiant la suspension nécessitent des preuves supplémentaires. Par conséquent, la réhabilitation de Delphin Lama à la tête de l’ACE est effective, dans le but de garantir la continuité du service public.

Une enquête toujours en cours sur la gestion de l’ACE

L’affaire Delphin Lama ACE reste cependant loin d’être close. L’Inspecteur Général des Finances a été officiellement chargé de diligenter un audit financier et administratif complet.

Pour rappel, le DG avait été suspendu suite à des accusations graves, notamment la vente présumée de certificats environnementaux, des irrégularités financières, ainsi que la location suspecte de bureaux à 15 000 dollars par mois, alors que l’agence dispose de ses propres locaux. Un budget de 300 000 dollars aurait également été engagé sans validation du conseil d’administration.

Une gouvernance environnementale sous pression

Le retour de Delphin Lama à l’ACE intervient dans un contexte tendu, où la gouvernance environnementale congolaise est déjà fragilisée. Si la levée de la suspension vise à préserver la stabilité de l’institution, elle pourrait aussi raviver les tensions syndicales internes et relancer le débat sur l’impunité.

En attendant les conclusions de l’audit, cette affaire polarise les observateurs, entre présomption d’innocence et exigence de transparence.

Trump annonce un accord de paix final entre la RDC et le Rwanda

Washington, 9 juillet 2025 — C’est une annonce majeure. Le président américain Donald Trump a confirmé ce mercredi qu’un accord de paix final entre la RDC et le Rwanda sera signé dans les prochaines semaines à la Maison Blanche, en présence des présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame.

Cette déclaration intervient en marge d’une réunion de haut niveau avec cinq chefs d’État africains, et deux semaines après la signature d’un accord préliminaire à Washington par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Thérèse Kayikwamba Wagner (RDC) et Olivier Nduhungirehe (Rwanda), sous la médiation du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Un accord historique en préparation

« Le 27 juin, les ministres des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo et du Rwanda sont venus à la Maison Blanche pour signer un accord de paix historique que nous avons négocié », a déclaré Donald Trump . Il a salué un tournant après « trente ans de guerre, sept millions de morts, peut-être plus », qualifiant ce conflit de l’un des plus sanglants du continent.

Selon Trump, Félix Tshisekedi et Paul Kagame se rendront à Washington dans les prochaines semaines pour parapher l’accord de paix RDC-Rwanda, qui prévoit notamment :

  • le retrait des troupes rwandaises de l’Est de la RDC sous 90 jours ;

  • la fin du soutien aux groupes armés, notamment les FDLR ;

  • et la création d’un cadre d’intégration économique régionale.

Des négociations distinctes pour le M23

Toutefois, le mouvement rebelle M23, soutenu par Kigali selon plusieurs rapports onusiens, n’est pas signataire de cet accord. Des discussions séparées, sous la médiation du Qatar, se poursuivent actuellement à Doha pour tenter d’inclure le M23 dans le processus global de pacification.

L’annonce d’un accord de paix RDC-Rwanda final ouvre une nouvelle phase diplomatique. Si elle se concrétise, cette signature historique pourrait changer le visage de la région des Grands Lacs, encore marquée par des décennies de violence.

Doha : le face-à-face décisif entre Kinshasa et le M23 commence

Les négociations entre le gouvernement congolais et le M23 ont officiellement repris ce mercredi à Doha, deux semaines après la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington. Ce nouveau round, considéré comme crucial, réunit des délégations de haut niveau sous la médiation active du Qatar, en coordination avec les partenaires régionaux et les États-Unis.

Côté rébellion, l’AFC/M23 est représenté par Benjamin Mbonimpa, son secrétaire exécutif, qui fait office de Premier ministre du mouvement. La composition de la délégation congolaise reste pour l’instant confidentielle, mais plusieurs sources indiquent qu’elle comprend des figures ayant participé à l’accord de Washington.

Un moment clé pour faire aboutir l’accord avec le M23

Selon des sources diplomatiques proches du dossier, ces négociations entre le gouvernement congolais et le M23 pourraient déboucher sur la signature officielle d’un accord de paix distinct de celui de Washington. Ce dernier, conclu entre Kinshasa et Kigali, établissait des engagements sur la fin des hostilités, le respect de l’intégrité territoriale, le désarmement et un mécanisme conjoint de sécurité.

Les médiateurs qatariens, épaulés par Washington et l’Union africaine, insistent sur la nécessité d’un cessez-le-feu durable, de la libération des prisonniers et de la mise en œuvre des mesures de confiance. Le conseiller spécial américain pour l’Afrique, Massad Fares Boulos, confirme la participation des deux parties et signale que la version finale de l’accord est déjà prête. Il affirme également avoir reçu des assurances du Rwanda quant à son soutien à la réussite de ce processus.

Pour les acteurs de la société civile, ce round à Doha représente une fenêtre historique. Mais sur le terrain, la méfiance persiste. Le M23 affirme attendre des signes concrets avant de s’engager davantage.

Pillage minier en RDC : La famille Tshisekedi visée par une plainte en Belgique

Un nouveau scandale menace les sphères du pouvoir Congolais. Ce mardi 8 juillet 2025, une plainte judiciaire a été déposée devant la justice belge contre neuf membres de la famille du président Félix Tshisekedi, accusés de pillage minier en RDC, notamment dans les provinces stratégiques du Haut-Katanga et du Lualaba.

Parmi les personnes ciblées figurent des proches du chef de l’État : sa belle-sœur, son fils, plusieurs frères, cousins et même la Première Dame. Tous sont soupçonnés d’être coauteurs ou complices d’actes de corruption liés à l’exploitation illégale de ressources minières.

La plainte, introduite à Bruxelles entre les mains de la procureure fédérale Ann Fransen, a été déposée par les avocats Bernard et Brieuc Maingain au nom de plusieurs ONG katangaises et de quatre anciens directeurs de la Gécamines, géant minier public de la RDC.

Des millions d’euros détournés chaque mois

Selon les plaignants, ce pillage minier en RDC priverait chaque mois l’État congolais de dizaines de millions d’euros. Le document remis à la justice belge se concentre uniquement sur les personnalités congolaises ayant un lien juridique avec la Belgique, laissant entendre que d’autres plaintes pourraient suivre ailleurs.

« D’autres plaintes pourraient être introduites prochainement dans d’autres pays dont sont originaires d’autres pilleurs de nos richesses », a prévenu un représentant des plaignants.

Un système de prédation dénoncé

Si la plainte cible spécifiquement neuf proches du président Tshisekedi, elle précise clairement qu’ils ne sont pas les seuls acteurs impliqués dans ce système de prédation du secteur minier. C’est la première fois qu’un tel dossier vise aussi directement l’entourage immédiat du chef de l’État congolais sur la scène judiciaire internationale.

Ce pillage minier en RDC, dénoncé de longue date par la société civile, alimente une crise de confiance croissante entre le pouvoir et les populations, notamment dans l’ex-Katanga, région historiquement riche en cuivre, cobalt et autres minerais stratégiques.

Accord de paix RDC-Rwanda : le démantèlement des FDLR enflamme les tensions diplomatiques

L’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sous la médiation des États-Unis, contient deux engagements majeurs : la levée des mesures sécuritaires prises par Kigali et le démantèlement des FDLR, groupe armé hostile au régime rwandais. Cette clause, saluée par Kinshasa, Kigali et même par le M23, suscite une vive controverse, notamment après la publication d’une lettre ouverte du groupe FDLR adressée à Donald Trump.

Dans cette missive, rendue publique le 7 juillet par la BBC Gahuza, branche kinyarwanda de la BBC, le lieutenant-général Byiringiro Victor, chef des FDLR, remercie l’ancien président américain pour son implication dans l’accord, tout en rejetant l’idée que leur élimination apporterait une solution durable. Il appelle plutôt à « un dialogue global et sincère » pour résoudre les racines du conflit. « Détruire les FDLR ne résoudra pas le problème », insistent-ils.

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Kigali accuse la BBC de promouvoir une force génocidaire

La publication de cette lettre par la BBC a suscité une réaction furieuse du gouvernement rwandais. Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a posté ce mardi 8 juillet sur X (anciennement Twitter) :

« Il est inacceptable que la British Broadcasting Corporation continue de blanchir, d’assainir et de promouvoir les FDLR, une force génocidaire que la RDC, le Rwanda, les États-Unis et la communauté internationale dans son ensemble se sont engagés à neutraliser. »

Pour Kigali, les FDLR représentent une menace existentielle. Le président Paul Kagame l’a rappelé lors d’une conférence de presse tenue le 5 juillet à Kigali :

« Nous avons des capacités que vous ignorez. Nous pouvons marcher deux mille kilomètres d’ici pour combattre si et quand nous le devons. »

Il a ajouté que le Rwanda ne négociera jamais avec les FDLR, qualifiées de groupe terroriste formé de survivants du génocide de 1994. Ce que dément le groupe, accusant Kigali de manipuler l’opinion internationale.

Une paix encore fragile malgré les engagements

Selon les termes de l’accord de Washington, le démantèlement des FDLR devra être effectif dans un délai de 90 jours. Cette exigence vise à rassurer Kigali, qui justifie la présence de ses troupes en RDC par la nécessité de neutraliser cette milice. En contrepartie, la RDC espère le retrait progressif des forces rwandaises et une réduction de l’influence du M23 dans l’Est congolais.

L’ONU, dans une résolution adoptée en février 2025, a également demandé à Kinshasa de cesser tout soutien aux FDLR, tout en appelant Kigali à retirer ses troupes et à mettre fin à son appui au M23. Une position équilibrée mais encore difficile à concrétiser sur le terrain.

Dialogue ou affrontement : quelle suite pour la paix dans les Grands Lacs ?

Alors que les pourparlers de Doha se poursuivent entre Kinshasa et le M23, la question du démantèlement des FDLR reste un point de cristallisation. Si les autorités congolaises ont promis d’agir, la réalité sur le terrain et les méfiances mutuelles laissent planer l’ombre d’un nouveau cycle d’affrontements.

Et si le démantèlement des FDLR, loin de pacifier la région, risquait plutôt d’ouvrir un nouveau front diplomatique et militaire ?

FDLR : le cœur du bras de fer explosif entre Kigali et Kinshasa

La publication du rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur la situation à l’est de la RDC ce 2 juillet 2025 a relancé les tensions entre Kinshasa et Kigali. Au centre du débat : la présence militaire rwandaise en RDC, le rôle du groupe armé M23, et surtout la question sensible des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), désignées à la fois comme menace sécuritaire par Kigali et comme alliées tactiques par l’ONU.

Kigali rejette les accusations et cible les FDLR

Réagissant sur le réseau X (ex-Twitter), la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a fustigé un rapport « biaisé », qu’elle accuse de déformer « les préoccupations sécuritaires légitimes » du Rwanda. Elle affirme que ce document onusien confirme le soutien de l’armée congolaise aux FDLR, un groupe qualifié par Kigali d’héritier direct du génocide de 1994, et devenu, selon ses termes, la principale force de combat des FARDC dans certaines zones frontalières.

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Makolo dénonce également les accusations de contrebande de minerais, qualifiées de « fausses », et soutient que la présence militaire rwandaise en RDC est défensive, justifiée par la menace persistante des FDLR. Elle affirme que Kigali reste « pleinement engagé » dans la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Washington, dont un volet prévoit justement la neutralisation des FDLR comme condition au retrait progressif des troupes rwandaises.

Kinshasa s’engage à éradiquer les FDLR

Face à cette pression croissante, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a apporté une réponse ferme lors d’un briefing conjoint avec Patrick Muyaya :

« Si les FDLR sont une menace… très bien, nous allons y mettre fin. »

Elle a détaillé les étapes prévues dans l’accord de Washington : d’abord localiser les membres des FDLR, ensuite engager une sensibilisation pour favoriser leur désarmement volontaire et leur retour au Rwanda, puis neutraliser militairement ceux qui refuseraient de coopérer.

Thérèse Kayikwamba n’a pas exclu une coopération extérieure, notamment via la Monusco, pour mener à bien cette mission sensible dans une région toujours instable.

Un test pour l’accord de paix

La question des FDLR devient ainsi le point de cristallisation des tensions, mais aussi le test-clé de la sincérité des engagements de part et d’autre. Alors que le Rwanda affirme vouloir la stabilité régionale, Kinshasa promet de démanteler les réseaux armés sur son territoire. Mais les accusations croisées et le climat de méfiance pourraient freiner la mise en œuvre de l’accord.

Si la neutralisation des FDLR avance réellement, elle pourrait ouvrir la voie au retrait des forces rwandaises, à la fin du soutien au M23, et à une désescalade durable dans la région des Grands Lacs.

Corneille Nangaa écarté par Kigali : révélations sur la rébellion M23

Un rapport explosif du groupe d’experts de l’ONU, consulté le 2 juillet 2025, lève le voile sur les dynamiques internes de la rébellion M23 et l’implication directe du Rwanda dans sa stratégie. Il révèle que Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et coordinateur politique du mouvement, a été mis à l’écart par Kigali, qui lui reproche sa volonté de renverser le pouvoir à Kinshasa par la force.

Selon le rapport transmis au Conseil de sécurité, le Rwanda continue de piloter la rébellion M23, en dépit des déclarations officielles. Le commandement militaire reste sous la coupe de Sultani Makenga, tandis que Bertrand Bisimwa en assure la direction politique.

Kigali à la manœuvre derrière la rébellion M23

Les experts onusiens confirment que le Rwanda apporte un soutien actif au M23 via des relais identifiés : Fred Ngenzi Kagorora et le général Patrick Karuretwa échangent régulièrement avec les chefs rebelles. Le Rwanda contrôle donc étroitement les opérations menées dans les provinces congolaises du Nord et du Sud-Kivu.

Mais l’ambition de Corneille Nangaa d’élargir les opérations jusqu’à Kinshasa a fini par provoquer sa marginalisation politique au sein du mouvement. Kigali redoute un scénario incontrôlable, qui nuirait à son influence régionale et internationale.

L’AFC/M23 progresse malgré les tensions internes

La rébellion M23, relancée en 2021, a reçu un renfort politique en décembre 2023 avec l’arrivée de Corneille Nangaa et la création de l’Alliance Fleuve Congo (AFC). Présentée comme une coalition regroupant mouvements armés, partis politiques et figures publiques, elle visait à légitimer l’offensive contre Kinshasa.

Cependant, le plan de conquête du pouvoir par la force défendu par Nangaa s’est heurté à la stratégie plus mesurée du Rwanda. Malgré cette fracture interne, le mouvement contrôle aujourd’hui Goma et Bukavu, deux capitales provinciales cruciales dans l’Est congolais.

Vers une nouvelle phase du conflit ?

Le rapport onusien souligne que la rébellion M23 reste une menace régionale majeure, car toujours alimentée par des intérêts extérieurs puissants. L’exclusion de Corneille Nangaa pourrait modifier les équilibres politiques à venir, mais laisse entière la question du soutien militaire et logistique apporté par Kigali.

Alors que la communauté internationale appelle à la désescalade, une question demeure : le Rwanda cessera-t-il un jour de manipuler la rébellion M23 à ses propres fins ?

Accord de paix RDC-Rwanda : Kayikwamba remet l’original à Tshisekedi et annonce un sommet à Washington

La ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a rencontré ce lundi 30 juin le président Félix Tshisekedi au Palais du Mont Ngaliema.
Revenue de Washington après avoir signé l’accord de paix RDC-Rwanda, elle a présenté au chef de l’État la copie officielle du document, accompagnée d’une lettre confidentielle de Donald Trump.

Cette lettre, selon les premières indications, serait liée à un sommet présidentiel prévu à Washington en octobre 2025 à l’initiative de l’ex-président américain.

Tshisekedi mobilise pour le suivi de l’accord de paix RDC-Rwanda

Félix Tshisekedi a félicité l’ensemble de la délégation congolaise pour la qualité du travail accompli.
Durant l’échange, Thérèse Kayikwamba a réaffirmé la volonté du gouvernement de respecter scrupuleusement les engagements pris le 27 juin.

« Le Congo respectera ses engagements. Nous attendons la même chose du Rwanda », a-t-elle souligné.

Pour assurer la bonne application de l’accord de paix RDC-Rwanda, le Président mettra en place une équipe de suivi, composée de spécialistes politiques et techniques.

Une équipe diplomatique d’envergure

Aux côtés de la ministre des Affaires étrangères figuraient plusieurs hauts responsables :

  • André Wameso, directeur de cabinet adjoint du Chef de l’État

  • Patrick Luabeya, envoyé spécial

  • Sumbu Sita, haut représentant

  • Général-major Augustin Mamba

  • Zenon Mukongo, ambassadeur de la RDC à l’ONU

  • Jean-Claude Kabongo, expert stratégique

Le sommet de Washington prévu en octobre 2025 pourrait marquer une nouvelle avancée dans la mise en œuvre de l’accord de paix RDC-Rwanda.