Bunia décolle : la piste presque finie, Aimé Boji aux commandes du développement

Bunia, 27 février 2026 – À peine l’avion a-t-il touché le sol de l’aéroport de Bunia que le ronronnement des engins de chantier se fait déjà entendre. Une symphonie de travaux qui, pour une fois, n’annonce pas des retards, mais une renaissance. Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Boji, n’a pas attendu. Il a sauté du tarmac directement sur le chantier. Comme un chef de chantier venu vérifier que tout est en ordre. Et tout l’est, ou presque.

Le constat est là, sous ses yeux, sous le soleil de l’Ituri : la piste d’atterrissage, ce ruban de bitume qui relie Bunia au reste du monde, est désormais presque entièrement achevée. Les engins s’affairent encore, mais le gros œuvre est fait. Le revêtement, le nivellement, les finitions : tout porte la marque d’un « rythme d’exécution soutenu ». Les responsables techniques, fiers, détaillent les étapes : le renforcement de la structure, le drainage repensé, la sécurité aux normes.

Ce n’est pas qu’une piste. C’est une artère vitale pour une province trop longtemps asphyxiée par l’insécurité et l’enclavement. L’objectif affiché est clair : faire de l’aéroport de Bunia une infrastructure moderne, capable d’accueillir des avions de plus grande capacité, d’assurer des liaisons régulières et, surtout, sécurisées.

Aimé Boji  ne cache pas sa satisfaction. L’homme, connu pour sa rigueur budgétaire, se mue en promoteur du développement local. Il salue « le travail remarquable accompli dans un délai maîtrisé ». Une phrase qui, dans un pays où les chantiers traînent souvent en longueur, a valeur d’exploit.

Pour le président de l’Assemblée nationale, cet aéroport n’est pas un simple équipement. C’est un « levier stratégique ». Il le répète, comme pour s’en persuader : cette piste va renforcer la connectivité entre Bunia et les grandes villes du pays. Elle va faciliter les échanges commerciaux, encourager les investissements, et surtout, « soutenir les efforts de stabilisation et de développement local ».

Car en Ituri, la modernisation ne se résume pas au confort. Elle est une arme contre la précarité. Une piste en bon état, c’est la possibilité pour les opérateurs économiques d’importer et d’exporter plus vite, à moindre coût. C’est la promesse d’une baisse des prix des denrées, d’une meilleure circulation des biens et des personnes.

Les commerçants de Bunia, ceux qui trimballent leurs marchandises sur des routes souvent impraticables, retiennent leur souffle. Ils espèrent que la finalisation des travaux entraînera une augmentation du trafic aérien, et avec elle, une bouffée d’oxygène pour leurs affaires. Moins de logistique, plus de fluidité : la recette d’un redécollage économique.

La visite d’Aimé Boji n’est pas anodine. Elle est le sceau politique apposé sur un projet structurant. Elle dit à la population de l’Ituri, confrontée aux violences des groupes armés et aux difficultés du quotidien, que l’État pense à eux, que l’État construit pour eux.

Ce vendredi, à Bunia, le bruit des engins de chantier a couvert celui des armes. Et pour une fois, c’est une musique d’espoir qui a résonné sur le tarmac. L’aéroport de Bunia est en train de devenir une porte ouverte sur l’avenir.

Ottawa sous le charme congolais : Muyaya mène le « match de rugby » parlementaire pour la Francophonie

Ottawa, 27 février 2026 – Sous les ors du Parlement canadien, le rythme est effréné. Chaque intervention ne dure que 35 secondes et Patrick Muyaya Katembwe, Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, ne laisse rien au hasard. Accompagné de l’ambassadeur Joscar Kabongo Ngoy et du député d’origine congolaise Olivier Ntumba Matulu, il vient défendre un objectif clair : soutenir la candidature de la RDC au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Dans ce « match de rugby » parlementaire, chaque mot compte. Très rapidement, Patrick Muyaya pose les bases : « Nous espérons que le Canada, fidèle allié des valeurs francophones, appuiera le premier pays francophone et deuxième plus grand pays d’Afrique. » Derrière cette phrase, un message stratégique : la RDC compte plus de 100 millions de francophones, un poids démographique qu’aucune décision francophone ne peut ignorer.

Une démonstration de force diplomatique

Le ministre congolais ne se contente pas de chiffres. Il maîtrise le tempo parlementaire et sait captiver son auditoire. Le Canada, jusque-là observateur discret, est maintenant un acteur clé. Sa neutralité historique pourrait basculer en faveur de la RDC. La démonstration de Muyaya, concise mais percutante, a marqué les esprits.

L’offensive diplomatique ne se limite pas à Ottawa. Elle porte un nom : Juliana Amato Lumumba. L’ancienne ministre de la Culture, fille de Patrice Lumumba, cumule expérience gouvernementale et aura continentale. Sa candidature symbolise la légitimité et la puissance de la RDC dans l’espace francophone.

Vers un plaidoyer mondial

Choisir Ottawa comme étape stratégique n’est pas anodin. Kinshasa démontre que la conquête de la Francophonie se joue dans toutes les capitales, pas seulement à Paris ou Kinshasa. Le Canada, grâce à son bilinguisme et son influence, devient une pièce maîtresse du puzzle diplomatique congolais.

À l’issue de cette séance, le message est clair : la RDC est candidate, légitime, et prête à peser de tout son poids pour ravir le trône francophone à Louise Mushikiwabo. Le prochain round se jouera au Cambodge, en novembre. D’ici là, Kinshasa continuera de tisser sa toile diplomatique, capitale par capitale, convainquant les États membres un à un.

Lumumba contre Kagame : le fantôme du père défie le pouvoir rwandais pour le trône de la Francophonie

Paris – Kinshasa, 27 février 2026 – La République démocratique du Congo change de braquet. Ce vendredi, le gouvernement a officiellement lancé la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le nom résonne bien au-delà des frontières congolaises. Fille de Patrice Lumumba, figure historique de l’indépendance, elle entre dans l’arène à 70 ans. Ce choix ne doit rien au hasard. Au contraire, Kinshasa mise sur une charge symbolique forte.

En face, la secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, brigue un troisième mandat. Kigali la soutient activement. Le duel s’annonce donc frontal.

Un duel diplomatique RDC – Rwanda

D’un côté, la diplomatie rwandaise avance avec méthode. Elle a porté Mushikiwabo à la tête de l’OIF en 2018, puis consolidé sa position en 2022. De l’autre, la RDC contre-attaque. Cette fois, elle avance un nom puissant, chargé d’histoire et de mémoire.

L’annonce intervient au lendemain d’un entretien entre Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi à l’Élysée. Le timing est stratégique. Ainsi, Kinshasa montre qu’elle entend peser dans le jeu diplomatique francophone.

Le gouvernement présente cette candidature comme une contribution au renouveau de la Francophonie. Cependant, en filigrane, le message vise clairement Kigali. Les tensions entre les deux pays dépassent le terrain sécuritaire de l’Est congolais. Désormais, elles se déplacent aussi dans les organisations internationales.

La RDC défend une Francophonie « plus moderne et plus inclusive ». Par conséquent, elle suggère qu’un changement de leadership devient nécessaire.

La France face à un choix délicat

Dans cette bataille, la France occupe une place centrale. En 2018, Paris avait soutenu l’élection de Mushikiwabo. Aujourd’hui, la posture semble plus prudente.

Lors d’une visite à Kinshasa, Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, a évoqué une ouverture à toutes les candidatures. Cette déclaration maintient l’équilibre. Toutefois, elle laisse aussi la porte ouverte à une évolution.

Le poste de secrétaire général repose sur des candidatures individuelles, non nationales. Cette nuance permet à Paris de garder une marge de manœuvre. D’ici le sommet prévu au Cambodge en novembre, les tractations vont s’intensifier.

Un affrontement de visions

Au-delà des personnes, deux visions s’opposent. D’un côté, Mushikiwabo incarne la continuité et la stabilité institutionnelle. De l’autre, Lumumba symbolise une rupture politique et mémorielle.

Ainsi, la RDC ne mise pas seulement sur un profil. Elle mobilise un héritage. Elle transforme une élection administrative en combat politique.

Le 27 février 2026 marque donc un tournant. Kinshasa investit l’héritage de son père fondateur pour conquérir l’espace francophone. La bataille diplomatique ne fait que commencer.

Kabund rentre à Kinshasa avec un trophée : Louis Michel et l’Europe tendent l’oreille à l’opposition congolaise

Kinshasa, 27 février 2026 – L’avion en provenance de Bruxelles a atterri ce vendredi sur le tarmac de Ndjili. À son bord, Jean-Marc Kabund. Le président de l’Alliance pour le changement rentre au pays après une tournée européenne intense.

Pendant que les chefs d’État occupaient le devant de la scène, il menait ses propres consultations à Bruxelles et à Paris. Ainsi, il a privilégié les échanges discrets dans les cabinets politiques. Son message, cependant, reste clair : la crise congolaise ne se résoudra pas uniquement par les armes.

À Bruxelles, face aux cadres de son parti réunis pour une causerie politique, il a martelé sa position. « La réponse exclusivement sécuritaire conduit à une impasse », a-t-il affirmé. Certes, il reconnaît la nécessité de défendre le territoire. Toutefois, il appelle à un dépassement politique. Il propose donc un cadre de concertation crédible, strictement arrimé à la Constitution. Selon lui, seules des discussions inclusives peuvent ouvrir une issue durable.

Une rencontre clé avec Louis Michel

La tournée a pris une autre dimension le 19 février. Ce jour-là, Kabund a rencontré Louis Michel à Bruxelles. L’ancien chef de la diplomatie belge reste une figure influente en Europe.

Les deux hommes ont échangé pendant plus d’une heure. Ils ont abordé la situation dans la région des Grands Lacs. Ils ont aussi évoqué les violences persistantes dans l’Est de la RDC. Enfin, ils ont discuté des pistes concrètes pour favoriser un retour à la paix.

À l’issue de la rencontre, Louis Michel a salué la qualité des échanges. Surtout, il a invité Kabund à intervenir le 13 mars prochain lors d’un colloque international à Bruxelles. Le thème : « L’Europe à la reconquête de sa souveraineté : quelles relations avec l’Afrique ? ». Cette invitation lui offre une tribune stratégique devant diplomates et décideurs européens.

Un capital diplomatique à tester

En rentrant à Kinshasa, Jean-Marc Kabund revient donc avec un atout politique. Il a tissé des liens. De plus, il a rendu audible, à Bruxelles, la voix d’une opposition congolaise favorable au dialogue.

Reste maintenant à transformer l’essai sur la scène nationale. Le contexte politique demeure tendu. Les fractures sécuritaires persistent. Pourtant, cette visibilité internationale peut renforcer son positionnement interne.

Le colloque du 13 mars constituera ainsi un test majeur. S’il parvient à internationaliser le débat congolais sans perdre son ancrage local, il marquera un point supplémentaire. Dans le cas contraire, cette séquence européenne restera symbolique. Une chose, néanmoins, paraît acquise : Kabund a réussi à s’inviter dans le jeu diplomatique.

Révolution rose, verte et bleue : fin du cauchemar des bulletins scolaires en RDC

Kinshasa, 26 février 2026 – C’est une petite révolution qui passe presque inaperçue. Elle n’a ni le fracas des armes, ni l’éclat des grands discours politiques. Pourtant, ce jeudi, dans les locaux de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, un séisme silencieux a secoué le système éducatif congolais. Pour la première fois depuis des décennies, les bulletins scolaires de fin d’année sont déjà là, cinq mois avant l’heure.

Ainsi, finis les arrachements de cheveux des parents et les pleurs des élèves privés de passage en classe supérieure. Les dossiers administratifs en souffrance appartiennent désormais au passé. Le cauchemar des bulletins fantômes, qui arrivaient parfois des mois après la rentrée suivante, est en train de disparaître.

Une harmonisation inédite grâce aux couleurs

L’annonce a été faite à l’issue d’un atelier sur la modernisation de la gestion des données de l’Examen d’État. Derrière le jargon technique, c’est un véritable tour de force qui a été accompli. La Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a remis symboliquement les premiers lots de bulletins pour l’année scolaire 2025-2026. Un geste fort dans un pays où l’attente de ces documents relevait d’un parcours du combattant.

Ces bulletins utilisent un code couleur simple et clair : rose pour le préscolaire, vert pour le primaire, bleu pour le secondaire et blanc pour le terminal. Cette harmonisation visuelle reflète une organisation nationale inédite.

Au-delà de l’esthétique, c’est la performance de gestion qui frappe. Ces documents, sécurisés et conformes aux standards administratifs, sont prêts cinq mois avant la fin de l’année scolaire. Une première dans l’histoire du pays.

Une réforme qui modernise le système

Comment en est-on arrivé là ? Pendant des années, l’impression des bulletins avait été externalisée à des prestataires privés. Les lourdeurs administratives et les aléas de passation des marchés publics transformaient ce qui devait être une formalité en un chemin de croix.

Sur instruction du Président Félix Tshisekedi, et avec l’appui de la Première ministre Judith Suminwa, la Ministre Raïssa Malu a réinternalisé la mission. Désormais, l’Inspection générale de l’EDU-NC pilote tout le processus. L’État a repris la main.

Les résultats sont probants. Les délais sont drastiquement réduits et les finances publiques améliorées. Pour l’année scolaire 2024-2025, cette rationalisation a permis à l’État d’économiser plus de 20 millions de dollars. Une somme réinvestissable dans les écoles, les livres et les professeurs.

Pour les observateurs, cette réforme dépasse le cadre administratif. Elle illustre une performance institutionnelle et envoie un message clair aux parents et aux élèves : l’école congolaise peut être efficace et fiable. La révolution des bulletins rose, vert et bleu est lancée et pourrait devenir un marqueur concret de la modernisation du pays.

Guerre secrète dans l’Est : les États-Unis offrent leurs yeux et leurs oreilles aux FARDC

Kinshasa, 26 février 2026 – Dans le silence feutré de l’Hôtel de la Défense, une alliance se resserre. Ce jeudi, le Vice-Premier Ministre de la Défense nationale, Me Guy Kabombo Muadiamvita, a ouvert les portes de son cabinet à une délégation américaine emmenée par Ian McCary, chargé d’Affaires des États-Unis en RDC. À leurs côtés, le colonel Chad Brinton, attaché de Défense, apportait la technicité militaire nécessaire à des discussions qui sentent la poudre et la stratégie.

Derrière le décorum protocolaire, l’ordre du jour était clair : comment faire des FARDC une armée plus redoutable, mieux informée, mieux préparée. Les États-Unis, présentés comme « un partenaire privilégié de longue date », n’ont pas fait le voyage pour des politesses. Ils sont venus avec des propositions concrètes.

Ian McCary, au sortir de l’audience, s’est félicité d’un « dialogue constructif ». Mais derrière cette formule diplomatique, se cache un programme dense et ambitieux. Washington propose d’intensifier la coopération militaire sur trois fronts décisifs.

D’abord, le partage de renseignements. Dans une guerre asymétrique où l’ennemi se fond dans la population et les collines, l’information est une arme plus précieuse que le blindage. Offrir aux généraux congolais les yeux et les oreilles de la technologie américaine, c’est leur donner une longueur d’avance sur des adversaires insaisissables.

Ensuite, les programmes de formation. Forger le soldat congolais, l’aguerrir, le professionnaliser. Non pas pour en faire un simple combattant, mais un élément discipliné d’une armée moderne, respectueuse des droits humains et efficace sur le terrain.

Enfin, la participation à des exercices militaires conjoints. Des manœuvres communes, dans les prochains mois, qui permettront aux troupes congolaises de se frotter à l’un des meilleurs arsenaux du monde, d’apprendre les techniques de combat, la logistique, la coordination.

Face à cette offre, Me Guy Kabombo n’a pas caché sa satisfaction. Le patron de la Défense congolaise s’est « réjoui de cette convergence de vues ». Une expression qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne désormais entre Kinshasa et Washington : celui d’une confiance mutuelle, d’une vision partagée des menaces et des solutions.

Le ministre a réaffirmé la disponibilité de son ministère à « consolider une coopération militaire structurée et durable ». Loin des annonces en l’air, il s’agit ici de bâtir sur du solide. De transformer des promesses en programmes, et des programmes en capacités opérationnelles pour les FARDC.

Les deux parties se sont quittées sur un engagement : maintenir un « dialogue franc et étroit ». Un dialogue qui n’a qu’un but : la paix, la stabilité, et le renforcement des capacités d’une armée congolaise en première ligne face à l’agression dans l’Est.

Ce jeudi, à l’Hôtel de la Défense, un nouveau chapitre de la coopération militaro-diplomatique entre la RDC et les États-Unis s’est écrit. Discret, mais lourd de conséquences pour l’avenir de la sécurité dans la région des Grands Lacs.

Macron reçoit Tshisekedi à l’Élysée : la France met un coup de poing sur la table pour la RDC

Paris, 25 février 2026 – Sous les lustres de l’Élysée, l’ambiance était à la gravité. Ce mercredi, autour d’un déjeuner de travail, deux présidents, Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron, n’ont pas fait de la figuration. Ils ont parlé vrai. Ils ont parlé dur. Et au sortir de la table, une chose est claire : la France a choisi son camp dans le bras de fer qui déchire l’Est de la RDC.

Le décor était planté d’avance. D’un côté, le président congolais, venu avec le poids d’un pays meurtri, les poches pleines de rapports sur les exactions, les viols, les villages calcinés sous « l’occupation militaire rwandaise ». De l’autre, le chef de l’État français, garant d’une certaine idée du droit international, mais aussi partenaire historique de la région des Grands Lacs.

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Dès les premières bouchées, Félix Tshisekedi a levé le voile sur « l’ampleur des défis ». Pas de langue de bois. Le message était direct : la situation sécuritaire dans l’Est n’est pas une crise de plus, c’est une hémorragie qui vide le corps de la nation. Et face à cette saignée, l’armée congolaise ne peut pas lutter seule contre l’hydre soutenue de l’extérieur. Le président a plaidé pour un « soutien accru de la communauté internationale ».

L’appel n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. À l’issue des échanges, qualifiés de « constructifs » par les services de la présidence congolaise, la France a sorti une déclaration qui sonne comme un avertissement à Kigali.

Paris a réaffirmé, avec une solennité rare, « son engagement en faveur du respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC ». En clair, la France regarde, voit, et condamne l’agression. Plus qu’un simple vœu pieux, c’est une épée de Damoclès diplomatique suspendue au-dessus de ceux qui, au Rwanda ou ailleurs, pensent pouvoir violer les frontières internationales sans conséquences.

Mais la table de l’Élysée n’a pas servi qu’à parler de canons et de frontières. Elle a aussi été le théâtre d’une manœuvre d’influence. La candidature de la RDC au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a été au menu.

Pour Kinshasa, c’est une bataille parallèle, mais tout aussi cruciale. Décrocher ce poste, c’est s’offrir une tribune mondiale, une voix qui porte dans le pré carré francophone. Et face à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat, le soutien de Paris est un carburant diplomatique de premier choix.

Ce déjeuner de travail fut donc bien plus qu’une simple formalité protocolaire. Il fut un moment de vérité où les alliances se resserrent. La France, en embrassant la cause congolaise – souveraineté et candidature à l’OIF – envoie un signal fort à la région : le temps de la neutralité bienveillante est peut-être révolu.

Pour Félix Tshisekedi, reparti de Paris avec une promesse de soutien sur l’intégrité territoriale et un appui stratégique pour la Francophonie, ce mercredi marque un point diplomatique majeur. Reste à savoir si les paroles françaises se transformeront en actes concrets sur le terrain, là où le sang continue de couler.

Francophonie : Tshisekedi défie Kagame à Paris, la bataille des chefs pour le trône de l’OIF

Paris, 25 février 2026 – Le salon doré du Palais de l’Élysée a accueilli, ce mercredi, un huis clos chargé de tension. Non pas celle des armes dans l’Est de la RDC, mais celle d’une bataille diplomatique plus feutrée.

Autour de la table, deux présidents : Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi. Si la situation sécuritaire au Nord-Kivu figurait à l’ordre du jour, un autre dossier a dominé les échanges. Dans la valise du chef de l’État congolais, une ambition claire : briguer la tête de la Francophonie. Or, ce poste suscite déjà l’appétit du Rwanda.

Certes, les deux dirigeants ont évoqué l’urgence sécuritaire à l’Est. Ils ont parlé des violences persistantes et des processus de paix fragiles. Cependant, le cœur de la rencontre battait ailleurs. Il se projetait vers le Sommet de la Francophonie prévu les 15 et 16 novembre au Cambodge.

La RDC défie Kigali pour la tête de l’OIF

Kinshasa a officiellement annoncé sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision change la donne.

Actuellement, Louise Mushikiwabo, ancienne ministre rwandaise des Affaires étrangères, occupe ce fauteuil stratégique. Elle vise un troisième mandat. Ainsi, la candidature congolaise constitue un défi direct à Kigali.

Ce qui se joue dépasse donc une simple succession. En réalité, la rivalité entre la RDC et le Rwanda s’invite désormais sur le terrain diplomatique. Après les tensions militaires dans l’Est, place à la bataille des voix et des alliances.

Pour Félix Tshisekedi, l’objectif est clair : repositionner la RDC comme acteur central du monde francophone. Et dans cette équation, la France reste un partenaire clé.

Le rôle décisif de Paris

Début février, Paris a déjà envoyé un signal. Éléonore Caroit, ministre déléguée à la Francophonie, s’est rendue à Kinshasa. Elle a alors affirmé que « la France est ouverte à toutes les candidatures ». En parallèle, elle a reconnu à la RDC le droit de jouer un rôle majeur au sein de l’OIF.

Ce discours ouvre une porte. Toutefois, il ne garantit aucun soutien automatique. Félix Tshisekedi doit convaincre. Il peut s’appuyer sur un argument de poids : la RDC demeure le premier pays francophone du monde en nombre de locuteurs. De plus, son positionnement africain lui confère une légitimité stratégique.

Face à lui, Louise Mushikiwabo dispose d’un réseau solide et d’une expérience reconnue. Elle incarne la continuité. Par conséquent, la bataille s’annonce intense.

Dans les prochains mois, les deux camps multiplieront les initiatives. Des missions diplomatiques parcourront l’espace francophone. Des alliances se construiront. D’autres se fragiliseront.

Au sortir de l’Élysée, les sourires protocolaires masquaient mal l’enjeu réel. Cette élection ne concerne pas seulement un poste. Elle touche à l’influence, à l’image et au leadership de deux puissances africaines.

Le prochain round se jouera au Cambodge. Et, d’ici là, la guerre diplomatique ne fera que s’intensifier.

Puerto Vallarta en enfer : 23 détenus s’évadent après la mort du parrain « El Mencho »

Mexique, 25 février 2026 – Le soleil de plomb de Puerto Vallarta a cédé la place à une chape de plomb. Dimanche 22 février, une nouvelle a frappé le pays comme un ouragan : Nemesio Oseguera Cervantes, le redoutable « El Mencho », a été abattu. L’homme, chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), laisse derrière lui un chaos immédiat.

L’élimination du parrain n’était pas une simple opération de police. Au contraire, elle a servi d’étincelle, embrasant un pays entier. Alors que les forces spéciales célébraient sa mort, ses sbires, assoiffés de vengeance, ont déclenché l’enfer.

Évasion massive et terreur à Puerto Vallarta

Le premier acte de cette vendetta s’est déroulé aux portes de la prison locale. Des commandos lourdement armés ont attaqué l’établissement dans un assaut digne d’un film d’action. Leur objectif : libérer les détenus.

Ils ont réussi. Vingt-trois prisonniers, dont l’identité reste partiellement secrète, ont disparu dans la nuit. Cette évasion massive constitue un pied de nez monumental aux autorités et une démonstration de force glaçante.

« Nous collaborons avec d’autres États pour les appréhender », a déclaré Juan Pablo Hernández, secrétaire à la Sécurité de l’État de Jalisco. Cependant, les fugitifs courent toujours, avec le spectre de nouveaux crimes qui plane sur la région.

Pendant ce temps, Puerto Vallarta est devenue un véritable champ de bataille. Des barrages routiers enflammés bloquent les artères principales. Des commerces sont vandalisés et pillés. L’armée mexicaine a ordonné aux habitants et aux touristes : « Confinez-vous. Ne sortez pas. » Les terrasses ensoleillées se sont vidées, remplacées par le ronronnement sinistre des hélicoptères.

La terreur s’est intensifiée. Plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols. Les géants des croisières ont annulé leurs escales, laissant les quais désertés. Ce paradis mexicain est devenu un no man’s land.

Mais la rage du CJNG ne s’est pas arrêtée à Jalisco. Elle a traversé les frontières jusqu’au Michoacán, terre natale d’ »El Mencho ». Lundi, les hommes du cartel y ont incendié des voitures et saccagé des bâtiments publics. Leur message est clair : le monstre n’est pas mort avec son chef.

Qui était « El Mencho » ?

Nemesio Oseguera Cervantes n’était pas un simple trafiquant. Sous son règne, le CJNG est devenu une pieuvre transnationale, étendant ses tentacules de Jalisco à de nombreux États, régnant par la terreur et le sang. Il était le visage du narcotrafic moderne et le roi du fentanyl, responsable de milliers de décès aux États-Unis.

L’administration Trump l’avait désigné cible prioritaire, offrant 15 millions de dollars pour sa capture. Sa mort est survenue dimanche à Tapalpa, après un traque suivie d’un échange de tirs. Pourtant, le goût de cette victoire reste amer : plus de 70 morts, dont 25 membres de la Garde nationale.

Le Mexique a peut-être gagné une bataille en abattant le chef, mais la guerre, elle, ne fait que commencer. Les 23 évadés de Puerto Vallarta pourraient déjà préparer le prochain cauchemar.

Les USA et la RDC unissent leurs microscopes contre les épidémies

Kinshasa, 25 février 2026 – Il ne s’agissait pas seulement de discours et de signatures au bas d’un compte-rendu. Ce mercredi, dans une salle de la capitale congolaise, se jouait peut-être l’une des partitions les plus importantes pour l’avenir de millions de Congolais. Sous les projecteurs, non pas des stars, mais des techniciens, des médecins et des diplomates, un message clair a été envoyé : la guerre contre les maladies se gagnera ensemble.

L’ambassade des États-Unis et le gouvernement congolais ont donné le coup d’envoi d’un atelier stratégique, bien loin des protocoles figés. L’objectif ? Tailler sur mesure le costume de l’aide américaine, via les célèbres CDC (Centers for Disease Control and Prevention), pour qu’il épouse parfaitement les réalités et les urgences sanitaires de la RDC.

Le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des États-Unis, Ian J. McCary, a planté le décor avec la précision d’un clinicien. Loin de se contenter de louer une coopération, il en a détaillé les organes vitaux. « Notre coopération a contribué à des systèmes de surveillance des maladies plus performants, des réseaux de laboratoires élargis et renforcés, ainsi qu’à une meilleure capacité de préparation », a-t-il énuméré, dressant le portrait d’un corps médical congolais progressivement équipé pour résister aux chocs épidémiques.

Mais derrière l’énumération des succès, c’est une philosophie qui s’exprime : celle d’un partenariat qui ne se contente pas de transférer des fonds, mais qui construit des fondations. Le représentant américain a insisté sur la fierté de son pays à « se tenir aux côtés » de la RDC, une image de soutien actif, presque fraternel, dans la lutte contre les ennemis invisibles que sont les virus et les bactéries.

  • Face à lui, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noella Ayeganagato, a endossé le rôle de garant de cette alliance. Avec une formule qui a fait mouche, elle a évoqué « une confiance mutuelle durable » entre les deux nations, un partenariat qui dépasse le simple cadre technique pour toucher à l’essentiel : la santé des populations. En réaffirmant « l’attachement » de Kinshasa à ce partenariat stratégique, elle a envoyé un signal fort : la RDC est prête à prendre le gouvernail de sa propre santé publique, guidée par la boussole de ses priorités nationales.

Le véritable architecte de cette synergie, Delayo Zomahoun, directeur pays du CDC, a levé le voile sur la mécanique de cette revue annuelle. Avec une honnêteté intellectuelle rare, il a expliqué que cet atelier n’était pas un « simple exercice technique », mais la réponse à un souhait légitime du ministère congolais de la Santé : plus de visibilité, plus de transparence, et un alignement parfait entre l’argent investi et les besoins réels de la population.

« Cette revue reflète également une vision stratégique interne du CDC : être réellement en phase avec les priorités nationales », a-t-il insisté. Une déclaration qui sonne comme une promesse : celle de mettre la puissance technique et financière américaine au service d’une vision 100 % congolaise.

Au-delà des mots, c’est tout un système qui se met en ordre de marche. De la surveillance des maladies dans les coins les plus reculés de la forêt équatoriale au renforcement des laboratoires de Kinshasa, en passant par la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, ce partenariat revisité est un bouclier que l’on forge contre les épidémies de demain.

Pendant que le monde regarde ailleurs, Kinshasa est en train de devenir, discrètement mais sûrement, un laboratoire géant de la coopération sanitaire. Un endroit où la diplomatie ne se contente pas de parler, mais où elle soigne.