RCA : violation de l’embargo, les experts de l’ONU s’alarment

Sans le nommer, les experts pointent du doigt la société russe Wagner, à l’origine du vaste pont aérien mis en place dès décembre 2020.

 

Le dernier rapport des experts de l’ONU, sorti le 29 juin, le comité d’experts dénonce des livraisons de matériel effectuées à “un rythme jamais vu depuis l’imposition de l’embargo sur les armes en 2013”, et documente longuement les violations de l’embargo via le Soudan, le Congo, la RDC ou encore les Emirats arabes unis.

Le rapport déplore, entre autres, la livraison de lance-roquettes multiples de calibre 107 mm, de 1 000 canons antichars sans recul SPG-9 de calibre 73 mm, de mitrailleuses lourdes de calibre 14,5 mm, ainsi que des obus de mortier de calibre 120 mm, deux petits avions Antonov An-28, le tout sans que l’État centrafricain n’ait déposé de notification préalable ou de demande d’exemption auprès de l’ONU.

Ainsi, le Royaume uni a fait remarquer que toutes les demandes des autorités centrafricaines pour armer ponctuellement les forces armées centrafricaines avaient été acceptées, et en a déduit que l’embargo n’était pas une excuse valable pour le manque d’action de l’armée centrafricaine face aux groupes armés. Ceci dit, l’inefficacité des soldats FACA à protéger leurs concitoyens face aux rebelles n’est pas due à un problème d’armement ou de l’embargo. Donc les autorités centrafricaines doivent arrêter leur manipulation de la population.

Rappelons qu’en adoptant la résolution 2588 (2021) par 14 voix pour et une abstention (Chine), Le Conseil de sécurité a décidé de proroger d’un an l’embargo sur les armes imposées à la République centrafricaine (RCA), tout en créant une nouvelle dérogation pour les mortiers d’un certain calibre.  Il renouvelle également le mandat du Groupe d’experts jusqu’au 31 août 2022.

RCA-« RCA 2050 » : Validation des rapports définitifs élaborés par le CIS-SA

La validation desdits rapports a eu lieu à l’issue d’un atelier organisé du 08 au 09 juillet 2021 à Bangui.

 

Les rapports définitifs sur l’étude rétrospective sur la bonne gouvernance économique, bilan des plans et programmes antérieur ont été validés par les membres de l’équipe technique prospective et  les représentants des départements ministériels et quelques experts internationaux.

Le gouvernement centrafricain, en partenariat avec le PNUD s’engage à réaliser mutuellement  une étude nationale prospective « RCA 2050 », devant définir la République centrafricaine à l’horizon d’une génération. Cette étude qui s’articule en plusieurs étapes commence par une étude rétrospective qui concerne six (6) thématiques dont celles relatives à la gouvernance économique et bilan des plans et programmes antérieure, ont été confiée au Cabinet CIS-SA à la suite d’un processus de recrutement par la coordination de l’ETP.

Après une série d’analyses, les 70 experts nationaux et internationaux qui ont émis des amendements et des suggestions sur le fond et la forme du document, avant de procéder à sa validation à la fin de cette plénière de deux jours.

Le Coordonnateur-Technique du projet RCA vision 2050, Nerry Urbain Cyrille MBALLA se réjouit de la validation de ce rapport qui est la première phase de cette étude nationale prospective.

« Ce document permet de faire un diagnostic de notre pays en ce qui concerne le programme et le plan qui ont été élaborés. Ce document réalisé relève les points fort et faible d’un plan politique et économique des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce pays. L’idée, c’est de voir un peu la tendance de l’économie centrafricaine, quel est le taux de la croissance  qu’on a réalisé dans le pays, quels sont les secteurs qui ont contribués à la réalisation de cette croissance et quel est l’apport des différents secteurs de l’économie centrafricaine », a-t-il expliqué.

La validation de ce rapport est la première phase de l’étude nationale de prospective, et la deuxième portera sur l’analyse prospective suivi de la troisième et quatrième phase.

Selon Félix MOLOUA, ministre d’Etat chargé de l’Economie, du plan et de la coopération internationale, l’étude prospective est une démarche qui explore le futur à travers les approches multidisciplinaires et systématiques. La démarche se décline en cinq étapes, notamment l’étude rétrospective, l’analyse prospective, la construction des scénarii, la formulation de la vision et l’opérationnalisation de la vision.

Il est à rappeler que cette étude nationale prospective pour le développement de long terme du pays est appuyée par le PNUD et la Banque mondiale. Elle a été lancée le 20 novembre 2020 par le Président de la République Faustin Archange TOUADERA.

RCA : Bangui rejette les conclusions du rapport des experts de l’ONU

Un rapport des Nations Unies affirmait que des membres des FACA et des instructeurs russes dépêchés dans le pays se seraient rendu coupable d’exactions.

Les autorités centrafricaines ont rejeté mercredi un rapport d’experts de l’ONU dénonçant des « violations du droit international humanitaire » par des militaires centrafricains et des instructeurs russes qui les appuient contre des rebelles tentant de renverser le président Faustin Archange Touadéra.

« Il s’agit là d’une volonté manifeste de ternir par tous les moyens l’image de notre institution militaire alors que celle-ci continue de consentir d’énormes sacrifices pour restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire », a estimé Rameaux-Claude Bireau, ministre de la Défense nationale, dans un communiqué.

Selon lui « cette publication calomnieuse fondée sur des preuves fabriquées et non vérifiées est une stratégie qui vise d’abord à saper le moral de nos troupes mais aussi à amener les Nations unies à prendre des sanctions contre les alliés russes, dont la mission de rétablissement de l’autorité de l’État compromet assurément l’action des rebelles qui sévissent dans nos provinces ».

Remis récemment au Conseil de sécurité et obtenu dimanche par le New York Times, ce document des experts chargés du contrôle de l’embargo sur les armes imposé depuis 2013 à Bangui a confirmé les soupçons de rôle très actif des « instructeurs » russes. Ces derniers sont souvent désignés comme étant des paramilitaires du groupe privé russe Wagner, réputé proche du président Vladimir Poutine, ce que dément Moscou.

Parmi les « violations du droit international humanitaire » figurent des « assassinats aveugles, des occupations d’écoles et des pillages à grande échelle y compris d’organisations humanitaires », précisent les experts.

Au cours des derniers mois, plusieurs incidents ont mis aux prises les Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) avec ces paramilitaires, comme des mises en joue de responsables onusiens ou des pillages, aggravant les tensions au Conseil de sécurité avec la Russie, selon des diplomates.

Le déploiement de ces paramilitaires s’inscrit dans une vaste offensive diplomatique et financière lancée par Moscou dans cette ancienne colonie française plongée dans une guerre civile depuis 2013, qui a baissé d’intensité depuis 2018.

Les forces gouvernementales ont réussi depuis fin décembre 2020 à reprendre aux rebelles les agglomérations et une bonne partie des deux tiers du pays qu’ils occupaient depuis plusieurs années, essentiellement grâce au renfort de soldats rwandais et à l’appui de centaines de paramilitaires russes combattant à leurs côtés.

En parallèle, le gouvernement centrafricain a accordé des permis miniers, pour l’exploitation de l’or et du diamant notamment, à des sociétés russes. Le document indique que la Russie reconnaissait au 18 avril la présence de « 532 instructeurs ». Mais « plusieurs sources estiment que ce chiffre est considérablement plus élevé, allant de 800 à 2 100 », indiquent les experts.

RCA : Amnesty international publie son rapport sur la justice

Amnesty International publie ce jeudi 22 octobre 2020, un rapport sur la justice et la lutte contre l’impunité en Centrafrique. Dans le viseur de l’ONG notamment, la Cour pénale spéciale (CPS), ce tribunal hybride composé de membres centrafricains et internationaux qui a démarré ses enquêtes en 2019.

La Cour pénale spéciale doit juger les crimes graves commis en Centrafrique depuis 2003. Actuellement, une vingtaine de personnes sont en détention provisoire. Mais on ne sait quasiment rien sur ces personnes arrêtées, critique l’ONG.

« Ces procédures-là manquent cruellement de transparence et on a très très peu d’informations sur le sujet de ces procédures, sur les charges portées à l’encontre de ces personnes, sur l’état d’avancement, etc… explique Alice Banens conseillère juridique à Amnesty International.

Et donc, on pense qu’il est important aujourd’hui de rappeler à la CPS qu’il est de bonne pratique de faire preuve de plus de transparence, afin que la population en Centrafrique sache ce qui se passe à cette cour.

Ce qui est assez surprenant ; c’est la première fois qu’un tribunal international ou internationalisé, de ce type, détient des individus sans divulguer aucune de ces informations. Leur identité reste confidentielle, les charges portées à leur encontre également…

Il peut y avoir des raisons qui justifient que certaines informations restent confidentielles, mais ce que l’on demande aujourd’hui c’est que ces informations soient divulguées ou que les raisons de la non-divulgation soient mises à disposition du public ».

Du côté de la justice nationale, Amnesty International estime que le nombre de sessions criminelles organisées n’est pas suffisant et que des efforts sont encore à faire sur la qualité des procès. L’organisation appelle à ce que les poursuites concernent les responsables issus de tous les groupes armés.

« La Russie en Afrique… Al Jazeera sur le terrain »

C’est ainsi qu’est intitulé un rapport publié par Al Jazeera le 15 avril 2019.

Le 15 avril, Al Jazeera a publié un rapport intitulé « La Russie en Afrique : à  l’intérieur d’un centre de formation militaire en RCA | Parlez à  Al Jazeera sur le terrain ». Le reportage vidéo présente le regard d’Al Jazeera sur la présence russe en République centrafricaine (RCA).

« La Russie est de retour en République centrafricaine (RCA). Dans une base d’entraînement militaire située sur d’anciens palais au sud-ouest de la capitale Bangui, des centaines de combattants russes, qualifiés de réservistes de l’armée, forment des soldats du gouvernement centrafricain en vue d’un déploiement le long de la frontière du pays. »

La vidéo démontre qu’il n’y a rien de secret dans la présence russe en RCA. Toutes les relations entre les deux Etats sont formalisées au plus haut niveau : traités interétatiques et accords entre les départements des Etats. Un groupe de conseillers politiques russes et un groupe notable de conseillers militaires opèrent en RCA.