Coupe d’Afrique des nations 2025 : 1xBet reste partenaire clé

La société internationale de paris sportifs 1xBet est partenaire officiel de la Confédération africaine de football (CAF) depuis 2019. Durant cette période, grâce au soutien du bookmaker, la CAF a organisé plus de 35 tournois majeurs en Afrique.

 

La collaboration entre 1xBet et la CAF a permis d’élargir l’audience de la compétition et d’élever le niveau général du football africain. Rien qu’au second semestre 2025, le soutien du bookmaker a couvert des tournois tels que la CAN, le CHAN, la Supercoupe de la CAF, la Ligue des champions et la Coupe des Confédérations.

1xBet continue de soutenir le football africain et ses supporters. La marque a préparé de nombreuses activités exclusives pour la Coupe d’Afrique des nations 2025, le tournoi phare de l’année, qui débutera le 21 décembre au Maroc.

Sur place, l’équipe de l’entreprise couvrira les matchs et fera vivre l’ambiance du tournoi. Des blogueurs influents rejoindront également le projet. Ils créeront du contenu exclusif et organiseront des tirages au sort de prix pour les clients de 1xBet.

Pour favoriser l’interaction avec les supporters, le bookmaker prévoit d’aménager des fan zones en Zambie, au Nigeria, au Ghana et au Kenya, et de proposer des promotions attractives dans ses points de vente en République du Congo et en République démocratique du Congo. Les fans pourront par ailleurs participer à de nombreuses activités en ligne, notamment des concours avec de superbes prix sur les réseaux sociaux de la société.

Sur la plateforme 1xBet, les joueurs bénéficieront d’une large sélection de paris avec les meilleures cotes pour les matchs de la CAN, ainsi que de la promotion « Trophy Hunt », qui permettra de gagner des gadgets haut de gamme et d’autres prix.

« Nous sommes fiers de notre partenariat de longue date avec la CAF. Notre objectif est de créer les conditions propices au développement du sport en Afrique et d’offrir aux supporters des émotions fortes. La CAN 2025 sera une véritable fête du football, et nous souhaitons rassembler les supporters de tout le continent », a déclaré un représentant de 1xBet.

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À propos de 1xBet

1xBet est une entreprise de renommée mondiale forte de 18 ans d’expérience dans le secteur des paris et des jeux d’argent. Ses clients parient sur des milliers d’événements sportifs et jouent à des jeux populaires proposés par les meilleurs fournisseurs de casino en ligne. Le site web et l’application de l’entreprise sont disponibles en 73 langues. Parmi les partenaires officiels de 1xBet figurent le FC Barcelone, le Paris Saint-Germain, la Serie A italienne, la FIBA, Volleyball World et d’autres marques et organisations sportives de renommée internationale. En 2024, l’entreprise a été élue Meilleur bookmaker sportif d’Afrique aux SiGMA Africa Awards. Sa plateforme attire chaque mois plus de 3 millions de joueurs du monde entier.

À propos de la CAF

La Confédération africaine de football (CAF) est l’instance dirigeante suprême du football sur le continent. Elle est responsable du développement de cette discipline, de l’organisation des compétitions internationales et de la gestion des équipes nationales. Fondée en 1957, la CAF a son siège en Égypte. Elle regroupe aujourd’hui 54 fédérations nationales de football.

Le jeu d’échecs de Washington : comment les États-Unis veulent désamorcer la bombe des Grands Lacs

Jeudi 4 décembre 2025, Washington s’apprête à réécrire l’histoire des Grands Lacs africains. Dans le Bureau ovale, Donald Trump recevra Antoine Tshisekedi et Paul Kagame pour une rencontre présentée comme décisive pour l’Afrique centrale. Derrière les gestes protocolaires, un scénario refait pourtant surface. Il rappelle celui de 2002, lorsque Washington avait obligé Kigali à retirer ses 23 000 soldats du Congo en moins de trois mois.

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Le manuel de 2002 : la partition que Washington ressort

En 2002, l’administration Bush avait imposé un retrait rwandais grâce à une stratégie directe et redoutablement efficace. Les États-Unis exploitaient alors la dépendance totale du Rwanda à leur soutien militaire, financier et diplomatique. Ils menaçaient de suspendre toute coopération si Kigali résistait. Parallèlement, la RDC acceptait de désarmer les milices ex-FAR et Interahamwe sous la supervision stricte de la MONUC. Des mécanismes de vérification rigoureux empêchaient aussi le retour discret des troupes rwandaises.

Aujourd’hui, la Maison-Blanche ressort la même méthode. Cependant, les enjeux ont profondément changé. Le cobalt, le lithium et le tantale de l’Est congolais sont devenus essentiels à la transition énergétique mondiale. Ces minerais stratégiques représentent désormais une priorité pour les États-Unis. Cette réalité explique l’implication personnelle du président Trump.

La double rhétorique de Kagame : un discours évolutif pour un objectif constant

Les justifications du Rwanda ont peu changé. En 2002 comme en 2025, Kigali évoque la menace persistante des FDLR et accuse Kinshasa de soutenir ces milices. Toutefois, Paul Kagame ajoute aujourd’hui un nouvel argument : la protection des communautés banyamulenge. Il affirme que cette minorité tutsie congolaise vit sous oppression et fait face à des menaces graves. Cette double narration lui permet de légitimer son ingérence, tout en préservant l’accès du Rwanda aux minerais stratégiques et en maintenant son influence régionale.

Le dilemme de Kagame : les ressources contre la survie diplomatique

Pour forcer Kigali à signer un nouvel accord, Washington modernise ses pressions. D’abord, il coordonne son action avec l’Union européenne, le Royaume-Uni, la France, le Canada et plusieurs pays africains. Cette coalition isole progressivement le Rwanda et agite la menace d’une marginalisation économique et diplomatique.

Ensuite, les États-Unis proposent une alternative sécuritaire. Avec la RDC et l’Union africaine, ils s’engagent à neutraliser la menace des FDLR. Cette démarche retire à Kigali son principal prétexte. En parallèle, des garanties solides protègent toutes les communautés civiles, y compris les Banyamulenge. Ainsi, Kagame perd aussi son argument humanitaire.

Face à cette pression, le président rwandais se retrouve dans une impasse. Un refus ferait perdre à son régime le soutien américain pourtant indispensable. Il risquerait également des sanctions économiques et une exclusion progressive de l’Union africaine. Accepter l’accord, en revanche, signifierait un recul stratégique majeur. Kigali perdrait son influence en RDC, ses circuits miniers parallèles et son rôle clé dans la sécurité régionale.

Tshisekedi : entre victoire diplomatique et défi titanesque

Si l’accord voit le jour, Félix Tshisekedi remportera une victoire historique. La souveraineté congolaise sur l’Est du pays serait enfin reconnue et restaurée. Toutefois, les défis à venir seront immenses. Le président devra démanteler des réseaux politico-militaires ancrés depuis trois décennies. Il devra aussi récupérer les zones contrôlées par le M23 sans créer un vide sécuritaire. De plus, il devra prouver que la RDC ne soutient pas les FDLR. Sans cette preuve, Kigali retrouverait immédiatement des arguments. Enfin, rétablir l’autorité de l’État dans des zones longtemps échappées au contrôle gouvernemental sera probablement l’étape la plus complexe.

Washington, laboratoire de la nouvelle géopolitique des ressources

Cette rencontre dépasse largement le conflit RDC–Rwanda. Elle sert de test pour mesurer la capacité des États-Unis à imposer un ordre stable dans une région cruciale pour leurs chaînes d’approvisionnement. Elle évalue aussi leur aptitude à gérer un allié devenu embarrassant sans provoquer son effondrement. Enfin, elle inaugure un modèle de résolution de conflits fondé sur une pression diplomatique concertée et des garanties sécuritaires renforcées.

La réussite de cette stratégie se mesurera dans les six mois suivant la signature. Les indicateurs seront clairs : un retrait effectif du M23 des zones minières, la fin du soutien rwandais aux rebelles et une amélioration tangible de la situation à Goma, Bukavu et dans les zones voisines.

En 2002, Washington avait démontré qu’il pouvait contraindre Kigali à retirer ses troupes. En 2025, il veut prouver qu’il peut créer les conditions d’une paix durable. La mission est plus complexe. Il ne s’agit plus seulement de retirer des soldats, mais de bâtir un système politique, sécuritaire et économique assez solide pour empêcher leur retour.

Jeudi, à Washington, ce n’est pas seulement l’avenir de l’Est congolais qui se joue. C’est une démonstration : dans la géopolitique du XXIᵉ siècle, les ressources stratégiques redessinent la diplomatie. Elles imposent un mélange de coercition et d’incitation. Les leçons de 2002 planent encore dans le Bureau ovale. Pour Paul Kagame, face à Donald Trump, cette ombre sera aussi lourde que les satellites et drones qui surveilleront désormais chaque mouvement à la frontière entre le Rwanda et la RDC.

 

Kalemie : la SNEL annonce le noir total dès le 5 décembre

La ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika dans l’est de la République démocratique du Congo, s’apprête à affronter une période difficile. La Société nationale d’électricité (SNEL) a annoncé, ce lundi 1er décembre, une coupure totale d’électricité programmée à compter du vendredi 5 décembre 2025. Motif officiel : des travaux de maintenance indispensables sur le groupe principal n°2 de la centrale hydroélectrique de Bendera, principale source d’alimentation électrique de la région.

Une maintenance programmée mais au calendrier incertain

Dans son communiqué, la SNEL justifie cette intervention technique par la nécessité d’effectuer une maintenance périodique après environ 2 000 heures de fonctionnement continu de l’équipement. Une opération présentée comme essentielle à la pérennité des installations.

Pourtant, l’annonce suscite une vive inquiétude : aucune durée précise n’est communiquée pour ces travaux. La SNEL laisse ainsi planer un flou total sur la date du retour de l’électricité, plongeant les habitants et les entreprises dans l’incertitude.

Sagali Kaite, Chef de Division Production et Transport à Bendera, a tenté d’apaiser les craintes : « Les équipes techniques sont mobilisées afin de réaliser les opérations dans les meilleurs délais. » Il a appelé la population à la patience et à prendre « les précautions nécessaires » en prévision de cette période sans courant.

Des conséquences redoutées sur des secteurs essentiels

Cette coupure programmée, bien que techniquement justifiée, n’en reste pas moins préoccupante pour une ville déjà éprouvée par des défaillances électriques récurrentes. Kalemie, plaque tournante économique sur les rives du lac Tanganyika, risque de voir plusieurs secteurs clés gravement affectés :

  • Le secteur de la santé : hôpitaux et centres de santé, dont certains dépendent de l’électricité pour le fonctionnement des appareils médicaux et la conservation des médicaments.

  • La chaîne du froid : mise en péril, avec des risques pour la conservation des denrées alimentaires et des produits pharmaceutiques.

  • L’économie locale : entreprises, commerces et services publics pourraient subir des perturbations majeures, dans une région où l’activité est déjà fragile.

Un test de gestion de crise pour les autorités

Cette annonce place la SNEL et les autorités locales face à un défi de communication et de gestion anticipée. La société publique, régulièrement critiquée pour la vétusté de son réseau, devra faire preuve d’une transparence absolue sur l’avancement des travaux et d’une efficacité exemplaire pour minimiser la durée de la coupure.

Pour les autorités provinciales, l’enjeu sera d’organiser la résilience et de mettre en place des mesures de soutien pour les secteurs les plus critiques, notamment en fournissant des groupes électrogènes d’urgence aux structures de santé.

En attendant le vendredi 5 décembre, Kalemie se prépare. Entre la nécessité technique d’entretenir des infrastructures vieillissantes et le droit fondamental des citoyens à un service essentiel, la manière dont cette coupure sera gérée sera un indicateur crucial de la capacité des institutions à protéger la population en période de crise.

Trump réunit Kagame et Tshisekedi : la paix à l’épreuve des faits

Jeudi, la Maison Blanche se transformera en arène diplomatique. Le président américain Donald Trump y accueillera ses homologues Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi de République démocratique du Congo, pour une tentative historique de sceller la paix dans la région des Grands Lacs. Objectif affiché : signer un accord global qui s’appuierait sur le texte négocié en juin et sur le cadre économique de novembre. Mais à sept jours de l’échéance, le fossé entre les deux capitales semble plus large que jamais.

Une médiation américaine sous tension

Washington joue gros. En organisant ce sommet, les États-Unis cherchent à stabiliser une région stratégique pour leurs chaînes d’approvisionnement en minerais critiques (cobalt, cuivre, lithium, tantale). La Maison Blanche évoque même la possibilité de faciliter des investissements de plusieurs milliards de dollars en contrepartie d’une paix durable.

Mais le décor est miné. Aucun progrès notable n’a été enregistré depuis septembre sur les engagements clés : la neutralisation des FDLR (rebelles hutus rwandais basés en RDC) et, surtout, le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. Des points pourtant considérés comme préalables indispensables par Kinshasa.

Le face-à-face des récits

À Kigali, Paul Kagame affirme que « les blocages ne viennent pas du Rwanda ». Il accuse Kinshasa d’avoir renié des séquencements convenus et dénonce une position « fluctuante » des autorités congolaises. Le président rwandais, habitué des jeux d’influence, maintient son déni de tout soutien au M23, malgré un rapport accablant du groupe d’experts de l’ONU en juillet affirmant que le Rwanda exerce un « commandement et contrôle » sur cette rébellion.

À l’inverse, Kinshasa campe sur ses positions. Aucun déplacement de Tshisekedi à Washington ne serait possible sans un début de retrait des forces rwandaises, a répété le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya. Vendredi, depuis la Serbie, le président congolais a lui-même réitéré l’exigence, parlant de respect de la souveraineté et de rétablissement de la confiance.

Sur le terrain, la guerre continue

Pendant ce temps, dans l’est de la RDC, la réalité est immuable. Le M23 contrôle toujours Goma, Bukavu et plusieurs axes vitaux du Nord et Sud-Kivu. La médiation parallèle menée au Qatar entre Kinshasa et la rébellion, bien qu’ayant abouti à un accord-cadre, n’a produit aucun changement sur le terrain.

La coexistence des processus de Washington (entre États) et de Doha (avec le M23) illustre la complexité du conflit, tiraillé entre logique interétatique et dynamique politico-militaire.

Jeudi, sommet ou show ?

La rencontre du 4 décembre s’annonce donc comme un exercice d’équilibre périlleux. Washington mise sur une fenêtre diplomatique pour forcer un breakthrough. Mais les positions restent si éloignées que le sommet risque de mettre en lumière les contradictions plutôt que de les résoudre.

Entre la pression américaine, l’intransigeance affichée de Tshisekedi et la stratégie de déni de Kagame, l’issue est incertaine. Une signature serait une victoire pour la diplomatie de Trump. Un échec ouvrirait une période encore plus instable, avec le risque de voir la guerre s’enkyster, malgré l’urgence de la paix pour des millions de civis pris au piège. Jeudi, à Washington, ce n’est pas seulement un accord qui se joue, mais la crédibilité même de la médiation internationale dans les Grands Lacs.

Désengorgement des prisons en RDC : 114 libérations

Un vent d’espoir a soufflé ce lundi 1er décembre sur la Prison Centrale de Makala à Kinshasa. Sous l’œil vigilant du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngéfa Atondoko Andali, 114 détenus, dont 61 du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), ont retrouvé la liberté conditionnelle. Parmi eux, deux femmes et un cas emblématique : Selema Thomas, 72 ans, qui affirme avoir été incarcéré arbitrairement pour lui voler sa terre.

À 8h45 précises, le ministre est arrivé pour superviser personnellement cette opération de grande ampleur. Ce geste lance sa politique de désengorgement carcéral et envoie un message clair : la page des pratiques arbitraires est tournée.

« Ce qui s’est passé avant ne peut plus se répéter »

Face à l’administration pénitentiaire, le ton était ferme mais serein. Le ministre a exhorté le directeur de la prison à la rigueur et à la prudence, rappelant le « contexte géopolitique sensible ». Il a déclaré : « Ce qui s’est passé avant ne peut plus se répéter. » Ainsi, il a dénoncé les libérations laxistes d’antan et annoncé une nouvelle ère.

Le directeur de Makala, André Kanza, a conduit la procédure avec minutie. Après l’appel nominal, le ministre a remis lui-même à chaque détenu sa fiche de libération, véritable sésame vers la liberté.

Des critères stricts, pas de cadeaux

Ces libérations suivent des critères précis. Elles reposent sur l’analyse des cartes de peine, l’évaluation du comportement exemplaire et le respect des conditions légales d’éligibilité. Selon le directeur Kanza, elles ne sont « pas le fruit du hasard ». Cette méthode redonne de la crédibilité à l’institution et à la liberté conditionnelle, souvent décriée par le passé.

Le symbole Selema Thomas : la lutte contre la spoliation des faibles

Parmi les visages émaciés sortis de prison, celui de Selema Thomas, 72 ans, a marqué les esprits. Le septuagénaire affirme avoir été victime d’une incarcération arbitraire orchestrée par « un homme haut placé » pour le spolier de sa parcelle. Sa libération représente pour lui une première étape. Dès sa sortie, il a lancé un appel au ministre : « Que mon dossier soit réexaminé pour que je récupère mon bien. » Ce cas devient le symbole de la nouvelle bataille du ministre : lutter contre l’impunité des puissants et réparer les injustices passées.

Les bases d’une nouvelle politique carcérale

Au-delà du geste humanitaire, cette opération pose les jalons d’une nouvelle politique pénitentiaire. Le gouvernement souhaite humaniser les conditions de détention, respecter les droits humains et déjudiciariser certains dossiers. L’objectif consiste à concilier sécurité juridique et compassion.

Pour les milliers de détenus encore entassés à Makala, cette opération constitue un signal fort. La liberté conditionnelle redevient un droit encadré et non une faveur. Pour la société civile et les familles des détenus, elle représente l’espoir d’une réforme durable de la justice et des prisons. Le chemin sera long, mais la première pierre est désormais posée.

Bintou Keita : la mission inachevée d’une femme de paix en RDC

Ils l’appelaient « la dame de fer aux yeux doux ». Quand Bintou Keita a posé ses valises à Kinshasa en mars 2021, nommée par António Guterres pour piloter la plus grande et la plus complexe mission de paix des Nations unies, beaucoup ont douté. Une Guinéenne, experte des crises humanitaires, à la tête de la MONUSCO en République démocratique du Congo ? Cinq ans plus tard, à l’heure de son départ anticipé fin novembre 2025, son empreinte reste indélébile.

Ce vendredi 28 novembre, dans le bureau feutré de la ministre des Affaires étrangères congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, l’atmosphère est empreinte d’une étrange dualité. On se dit au revoir, mais on insiste : « Je ne dis pas au revoir. » Parce que les Nations unies, elles, restent. Bintou Keita, accompagnée de ses adjoints Bruno Le Marquis et Viviane Van Deperre, transmet le flambeau. Avec humilité, et une pointe de regret.

« Très clairement, je ne peux pas dire que tout a été fait à 100 %, puisqu’il y a encore beaucoup de situations de souffrance de la population, et moi, ça me touche énormément », avoue-t-elle, la voix voilée d’une émotion rare chez une diplomate aguerrie.

Un parcours taillé pour l’impossible

Son arrivée en 2021 n’était pas un hasard. Bintou Keita n’était pas une novice. Avant la RDC, elle avait dirigé les opérations de maintien de la paix au Département des affaires politiques de l’ONU, après avoir été secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires. Elle connaissait les couloirs de New York, mais aussi le terrain africain. En succédant à l’Algérienne Leila Zerrougui, elle devenait la deuxième femme – et la première originaire d’Afrique subsaharienne – à commander la MONUSCO.

Sa mission ? Stabiliser un pays en guerre permanente dans l’Est, protéger les civils, soutenir des élections crédibles et superviser le retrait progressif d’une mission controversée. Une équation presque impossible.

2023 : l’exploit électoral

Son plus grand accomplissement restera sans doute l’organisation des élections de décembre 2023. Dans un pays aussi vaste que l’Europe de l’Ouest, avec des infrastructures défaillantes et des zones en conflit, elle a orchestré un ballet logistique titanesque. Sous sa direction, la MONUSCO a transporté plus de 250 tonnes de matériel électoral à travers jungles, rivières et territoires contestés.

« Nous avons veillé à ce que chaque bureau de vote, même le plus isolé, reçoive le nécessaire », rappelle-t-elle. Le scrutin s’est tenu, globalement apaisé. Un succès stratégique qui a renforcé la légitimité des institutions congolaises.

Sur la ligne de front humanitaire

Mais le cœur de son mandat a toujours battu à l’Est, dans le Nord-Kivu et l’Ituri, où les groupes armés continuaient de semer la terreur. « Nous nous sommes retirés dans le Kasaï, Tanganyika et Sud-Kivu, mais nous sommes restés là où les civils étaient le plus en danger », explique-t-elle.

Sous son commandement, la MONUSCO a sauvé des centaines de vies au quotidien – par des patrouilles, des évacuations médicales, la protection des sites de déplacés. « La MONUSCO continue de sauver des vies, chaque jour », insiste-t-elle, réfutant implicitement les critiques sur l’efficacité de la mission.

Le défi du retrait et l’héritage

Son départ anticipé, elle l’a choisi. Pas de procédure disciplinaire, pas d’enquête interne – simplement une décision personnelle, alors que son mandat devait s’achever en février 2026. Elle laisse derrière elle une mission en transition, avec un retrait en cours mais toujours des zones de tempête.

« Nous avons encore des problèmes avec des groupes armés qui ne sont pas encore désarmés et démobilisés. C’est parmi les défis », reconnaît-elle.

Son dernier message est un appel à la responsabilité collective. « Faites en sorte que la paix s’installe définitivement pour que le pays puisse se développer. » Elle espère aussi beaucoup du siège de la RDC au Conseil de sécurité à partir de janvier 2026, un levier pour soutenir la mission qui reste.

Avant de prendre son vol, Bintou Keita laisse une MONUSCO dirigée conjointement par ses deux adjoints, en attente d’un successeur. Elle retourne à la vie civile, peut-être à la retraite, après une carrière marathon au service de la paix.

Son bilan ? Mixte, comme tout bilan dans l’enfer congolais. Des vies sauvées, des élections tenues, une mission recentrée. Mais aussi des souffrances qui persistent, des conflits non résolus, une paix encore fragile.

Elle part sans fanfare, avec la modestie de celles qui savent que la paix ne se décrète pas, mais se construit, jour après jour, souvent dans l’ombre. La « dame de fer aux yeux doux » laisse une trace : celle d’une femme qui a tenu bon, dans la tempête, jusqu’au bout.