Uvira, le retrait qui pèse sur la paix

Il y a des annonces qui résonnent comme des tests de sincérité.

Ce mardi, dans l’est tourmenté de la République démocratique du Congo, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a déclaré vouloir retirer unilatéralement ses forces de la ville d’Uvira, une décision présentée comme un geste de confiance destiné à donner une chance réelle au processus de paix de Doha.

Dans un communiqué soigneusement formulé, le mouvement rebelle affirme vouloir créer les conditions d’un apaisement durable, malgré ce qu’il décrit comme des « provocations et abus persistants » de la part des FARDC et de leurs alliés.

« À la lumière de ces avancées, l’AFC/M23 a décidé d’initier une mesure unilatérale de confiance afin de donner au processus de paix de Doha toutes les chances de réussir », indique le texte.

Un retrait sous conditions

Le mouvement précise toutefois que ce retrait d’Uvira n’est pas un abandon sans garanties.

Il affirme répondre à une demande de la médiation des États-Unis, mais exige en retour un cadre sécuritaire strict.

Selon l’AFC/M23, les garants du processus devront assurer :

  • la démilitarisation effective de la ville,
  • la protection des civils et des infrastructures,
  • et le contrôle du cessez-le-feu, notamment par le déploiement d’une force neutre.

Sans ces garanties, prévient le mouvement, le geste pourrait être vidé de son sens.

Mise en garde contre toute récupération militaire

Dans son communiqué, l’AFC/M23 lance également un avertissement clair.

Toute tentative des FARDC, des groupes Wazalendo ou de leurs alliés de profiter du retrait pour reprendre des territoires ou cibler des populations perçues comme favorables au mouvement serait considérée comme une violation grave de l’esprit du processus de paix.

Le groupe affirme par ailleurs qu’il ne tolérera pas l’utilisation des zones qu’il dit avoir « libérées » comme bases arrière par des groupes armés hostiles au Burundi ou à la RDC, estimant que cela compromettrait les relations de bon voisinage dans la région.

La pression américaine s’intensifie

Cette annonce intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu.

À Washington, le ton s’est durci ces derniers jours à l’égard de Kigali, accusé de soutenir militairement le M23.

Le vice-secrétaire d’État américain Christopher Landau a qualifié l’offensive récente sur Uvira de « grave erreur », avertissant que ce scénario ne pouvait plus se répéter si le Rwanda continuait, selon ses mots, à « jouer les mêmes vieux jeux avec le M23 ».

De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio a été encore plus explicite, estimant que les actions rwandaises dans l’est de la RDC constituaient une violation claire des accords de Washington, signés début décembre entre Kinshasa et Kigali.

Uvira, un symbole sous surveillance

Washington accuse ouvertement Kigali de compromettre les engagements pris dans ces accords de paix, censés ouvrir une nouvelle ère de stabilité dans la région des Grands Lacs.

Dans ce contexte, le retrait annoncé de l’AFC/M23 d’Uvira apparaît comme un moment charnière :

un test pour la crédibilité du processus de Doha,

un signal adressé aux médiateurs internationaux,

et une épreuve de vérité pour les parties en conflit.

Reste désormais à savoir si ce geste unilatéral ouvrira réellement la voie à une désescalade durable… ou s’il ne sera qu’un épisode de plus dans une crise qui, depuis trop longtemps, refuse de s’éteindre.

Pourquoi l’accord de Washington a consacré Kinshasa

L’accord de Washington n’est ni un accident diplomatique ni un simple épisode de désescalade. Il consacre un basculement plus profond : la reconnaissance de Kinshasa comme acteur central et crédible de la stabilité des Grands Lacs. En choisissant de faire de Félix Tshisekedi l’interlocuteur pivot, l’administration américaine – sous l’impulsion directe de Donald Trump – a acté une réalité stratégique longtemps différée : le Congo n’est plus un problème à gérer, mais une solution qu’il faut aider à structurer.

La décision de Washington s’inscrit dans une logique de bon sens stratégique chère à Donald Trump. Depuis sa première présidence, celui-ci n’a cessé de marteler une ligne simple : la stabilité passe par des États responsables, identifiables, capables de tenir leurs engagements. « We want stability, not endless games », a-t-il résumé lors des discussions ayant conduit à l’accord, selon des propos rapportés par plusieurs sources diplomatiques américaines. Derrière la formule, une rupture nette : la fin de la tolérance pour les stratégies régionales fondées sur le déni et les arrangements.
Dans ce cadre, Félix Tshisekedi est apparu comme l’homme du réel. Un dirigeant élu, réélu, qui parle le langage de l’État, accepte les mécanismes multilatéraux et inscrit son action dans le temps long. À Washington, cette lisibilité compte davantage que la rhétorique. Trump l’a exprimé à sa manière, évoquant un président congolais « legitimate, clean, working for his people », selon des propos rapportés par des participants aux échanges. Le jugement n’est pas moral : il est opérationnel. Les États-Unis ont besoin de partenaires fiables, non de récits héroïques.

Kagame, ou l’épuisement d’une stratégie fondée sur la mémoire

À l’inverse, Paul Kagame reste prisonnier d’un logiciel stratégique hérité des années 1990. Le génocide rwandais demeure une tragédie absolue, mais son instrumentalisation permanente comme clé de lecture unique de la région montre aujourd’hui ses limites. Kigali a longtemps su jouer de la culpabilité occidentale – notamment française – pour neutraliser les critiques et justifier des zones grises à l’Est du Congo. Cette stratégie a produit des résultats (certes désastreux pour les populations, massacrées, déplacées par millions). Elle arrive à saturation.

Washington ne raisonne ni en termes de repentance ni en termes de dette mémorielle. L’approche trumpienne est frontale : qui stabilise, qui complique, qui assume. En soutenant indirectement des groupes armés tout en revendiquant un rôle de garant sécuritaire, le Rwanda a fini par brouiller son propre message. Là où Kagame invoque l’Histoire, Tshisekedi propose un cadre. Et dans une diplomatie américaine obsédée par la clarté des responsabilités, ce différentiel est décisif.

Tshisekedi, incarnation d’un État redevenu lisible

Le repositionnement de la RDC repose sur une stratégie patiente : dire le droit, produire la preuve, tenir la ligne. Félix Tshisekedi ne promet pas des miracles sécuritaires immédiats. Il promet la cohérence. Dans son discours à la Nation, le 8 décembre dernier, il a posé une qualification sans ambiguïté : une guerre d’agression par procuration visant la souveraineté congolaise. Ce choix de mots n’est pas anodin. Il permet de déplacer le débat du registre émotionnel vers celui de la responsabilité internationale.

C’est précisément ce déplacement que Washington a validé. En consacrant Kinshasa comme pivot, l’accord de Washington reconnaît implicitement que la stabilité régionale passe par un État congolais renforcé, non par des arrangements périphériques. Trump l’a formulé dans un registre simple et direct qui lui est propre : « Borders have to be respected », rappelant que le respect des frontières n’est pas une option mais une règle. Pour les États-Unis, la RDC a désormais un droit clair : celui d’exister pleinement comme État souverain.

La fin de l’hésitation occidentale

Ce choix américain met aussi la France face à ses propres ambiguïtés. Longtemps paralysée par une culpabilité mal refermée, Paris a hésité à regarder en face la réalité congolaise. Cette hésitation devient intenable. Le rapport de force international évolue. L’axe Washington–Kinshasa impose un nouveau cadre dans lequel les non-dits ne tiennent plus lieu de politique.
L’accord de Washington ne règle pas la crise du Kivu. Il fait mieux : il fixe qui compte et selon quelles règles. En cela, il consacre une victoire stratégique de Félix Tshisekedi. Non parce qu’il aurait écrasé ses adversaires, mais parce qu’il a su convaincre la première puissance mondiale qu’il incarnait le pragmatisme, la légitimité et le bon sens.
Dans un monde où la géopolitique revient à des fondamentaux simples – États, frontières, responsabilités – Kinshasa a retrouvé sa place. Et Washington l’a acté.

Les 5 moments les plus mémorables de l’histoire de la CAN

La 35ᵉ Coupe d’Afrique des nations débute au Maroc le 21 décembre. 1xBet, site de paris sportifs international et partenaire officiel de la CAF, revient sur les moments les plus marquants de l’histoire de la plus prestigieuse compétition de football du continent.

La première Coupe d’Afrique des nations et le triomphe de l’Égypte

Le tournoi s’est tenu pour la première fois à Khartoum, capitale du Soudan, en 1957. Seules trois équipes y participaient alors : l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie. L’Afrique du Sud figurait initialement parmi les participants, mais a dû abandonner suite à sa disqualification. Ce tournoi, bien que modeste, a posé les fondements de la culture footballistique africaine et a joué un rôle déterminant dans la construction de l’identité du continent.

L’Égypte, qui disposait déjà d’un système de jeu performant, a remporté l’or avec brio. En demi-finale, les « Pharaons » ont battu le Soudan 2-1, et en finale, ils ont humilié l’Éthiopie 4-0 avec un quadruplé signé Ad-Diba.

Le titre historique de l’Afrique du Sud

Le pays a fait son retour sur la scène internationale du football en 1992 et, quatre ans plus tard seulement, a accueilli la Coupe d’Afrique des nations. Les Bafana Bafana ont soulevé la coupe, qui est devenue un symbole de renaissance nationale. En finale, les hôtes ont dominé la Tunisie 2-0 devant 80 000 spectateurs. Ce titre a confirmé le statut de l’Afrique du Sud comme nouvelle puissance du continent.

Il est à noter que la Coupe d’Afrique des nations 1996 est également entrée dans l’histoire en passant à 16 équipes. Cependant, 15 équipes ont effectivement participé au tournoi, le Nigeria s’étant retiré à la dernière minute.

Zambie, 2012 : une victoire née de la tragédie

La 28ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, au Gabon et en Guinée équatoriale, a offert un véritable conte de fées footballistique. La Zambie ne figurait pas parmi les favoris, mais elle a réalisé un parcours impeccable et est devenue championne pour la première fois, en battant une Côte d’Ivoire constellée de vedettes au terme d’une longue séance de tirs au but en finale.

La tragédie de 1993 confère une dimension symbolique à ce succès. Ce jour-là, l’avion transportant la sélection zambienne s’écrase au large des côtes gabonaises, emportant avec lui 18 joueurs. Les hommes d’Hervé Renard se sont battus non seulement pour la gloire sportive, mais aussi pour la mémoire de ceux qui resteront à jamais gravés dans l’histoire du football ivoirien.

Deux chocs décisifs entre la Côte d’Ivoire et le Ghana (1992 et 2015)

Le football a cette capacité à entretenir la tension pendant des décennies. En 1992, la Côte d’Ivoire et le Ghana s’affrontaient en finale de la CAN, un match entré dans les annales comme l’un des plus dramatiques. Le temps réglementaire n’ayant pas déterminé de vainqueur, il a fallu 22 tirs au but pour départager les troupes. Les Ivoiriens se sont révélés plus forts et ont remporté la CAN pour la première fois de leur histoire.

En 2015, le scénario s’est répété : les deux équipes n’ont pas réussi à trouver le chemin des filets, et le sort du titre s’est joué aux tirs au but. Les « Éléphants » ont débuté par deux frappes ratées, suivies par une série de sans-faute. Après le but décisif de leur gardien, Boubacar Barry, les joueurs ivoiriens ont couru vers leurs supporters, tandis que les Ghanéens se sont écroulés au sol, en plein désespoir.

Le Sénégal brise le signe indien 

Pendant de nombreuses années, le Sénégal a été considéré comme l’une des meilleures équipes africaines, sans jamais accrocher de trophée. Il a fallu attendre 2021 pour que les « Lions de la Téranga » empochent enfin le titre tant attendu : en finale, l’équipe d’Aliou Cissé est venue à bout de l’Égypte aux tirs au but.

Sadio Mané aurait offert la victoire à ses consorts dans le temps réglementaire, s’il n’avait pas loupé son penalty. Le capitaine sénégalais a alors pris les choses en main et a transformé le penalty lors de la séance de tirs au but. Après le coup de sifflet final, les Sénégalais ont déferlé dans les rues pour célébrer un triomphe qu’ils attendaient depuis plus de 50 ans.

La CAN 2025 réunira les stars du football mondial, promettant des matchs époustouflants, des rebondissements inattendus et un véritable spectacle footballistique. Suivez le tournoi et pariez avec les meilleures cotes sur 1xBet, le meilleur site de paris sportifs international !

Washington: « Le Rwanda mène la région vers la guerre »

Nations Unies, New York — Les mots ont claqué dans le silence feutré du Conseil de sécurité, vendredi, avec une netteté inhabituelle. L’ambassadeur américain Mike Waltz a exprimé la « profonde préoccupation » et « l’extrême déception » des États-Unis face à la reprise des combats dans l’Est de la RDC. Et Washington a désigné un responsable sans ambages : le Rwanda.

Le diplomate a dressé un réquisitoire précis, accusant Kigali de ne pas honorer ses engagements pris à peine une semaine plus tôt. Le 4 décembre, les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) étaient pourtant à Washington, serrant la main de Donald Trump pour signer un accord de paix et un cadre d’intégration économique.

L’accusation : une guerre « contrôlée » depuis Kigali

« Depuis 2021, le Rwanda contrôle, par son intermédiaire, le M23 et son aile politique, l’AFC, afin d’atteindre ses objectifs géopolitiques », a déclaré Mike Waltz. Il est allé plus loin, affirmant que le président Kagame a « participé intimement à la planification et à l’exécution de la guerre », fournissant des instructions militaires et politiques « depuis des années ».

L’ambassadeur a détaillé un soutien militaire « direct et sophistiqué » :

  • Envoi de « 5 000 à 7 000 soldats » rwandais en RDC.

  • Fourniture au M23 de logistique, de matériel et de formation.

  • Déploiement de missiles sol-air et d’armes sophistiquées ces derniers mois.

  • Usage accru de drones suicides et d’artillerie, avec des frappes touchant aussi le Burundi.

Pour Washington, la récente offensive sur Uvira a été lancée conjointement par le Rwanda et le M23, avec des forces rwandaises « positionnées sur le front ». Un constat qui invalide l’accord de paix signé à peine six jours plus tôt.

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Un avertissement sans équivoque aux parties

Le ton s’est fait menaçant. « Au lieu d’avancer vers la paix, le Rwanda mène la région vers une instabilité croissante et vers la guerre », a lancé Mike Waltz. Il a averti que les États-Unis « utiliseront tous les outils à leur disposition » pour tenir les responsables comptables de leurs actes.

L’appel américain est double :

  1. Au Rwanda : « Reconnaître le droit du gouvernement de la RDC à défendre son territoire » et retirer ses troupes.

  2. À toutes les parties : Faire preuve de retenue pour éviter une escalade régionale.

L’avenir de la MONUSCO et la protection des civils

Abordant le mandat de la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO), l’ambassadeur a assuré que les États-Unis veilleront à ce qu’elle dispose de « capacités suffisantes » pour soutenir les processus de paix de Doha et de Washington. Il a toutefois rappelé que la responsabilité première de la paix incombe aux parties prenantes.

Il a également mis en garde contre toute « rhétorique hostile aux Tutsis », soulignant un risque d’envenimement ethnique. L’intervention américaine, l’une des plus fermes à ce jour, place désormais Kigali face à ses responsabilités. Elle laisse aussi entrevoir la possibilité de sanctions si les violences se poursuivent, alors que la prise d’Uvira a déjà provoqué une nouvelle crise humanitaire majeure.

RDC-Rwanda : Paix Fragile et Mines en Jeu après Washington

Dans une interview récente, Donald Trump avait déclaré : « J’ai mis fin à la guerre entre le Congo et le Rwanda. Ils m’ont dit : ‘S’il vous plaît, nous aimerions que vous veniez prendre nos minérales.’ Et c’est ce qu’on va faire. » Une déclaration choc, qui mêlait paix, prospérité économique et ambitions stratégiques américaines, et qui relançait le débat sur le véritable moteur de l’accord RDC-Rwanda signé à Washington.

Mais derrière cette communication triomphante se cachait une réalité plus nuancée. Paul Kagame, dans une interview exclusive à Al Jazeera, avait révélé que c’était en réalité la RDC qui avait initié les négociations à Doha et à Washington, et non le Rwanda. Le président rwandais avait émis un scepticisme implicite sur les intentions de Tshisekedi, accusé d’avoir tenté d’orienter le processus à son avantage, tout en soulignant la qualité des ressources minières rwandaises et en rejetant les accusations d’exploitation des minerais congolais.

Ce contraste posait une question centrale : la paix entre Kinshasa et Kigali était-elle un véritable succès diplomatique ou servait-elle surtout des intérêts économiques et géostratégiques ?

Les États-Unis, eux, avaient affiché une stratégie claire : sécuriser l’accès aux minerais stratégiques de la RDC, réorienter les corridors logistiques vers l’Ouest pour contrer l’influence chinoise et inscrire durablement la région dans leurs chaînes d’approvisionnement. Du tungstène rwandais de haute qualité au lithium et cobalt congolais, chaque ressource devenait un levier économique et stratégique, tandis que Kinshasa et Washington bâtissaient une réserve stratégique d’actifs miniers.

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Derrière les discours sur la paix, c’était un véritable ballet diplomatique et économique qui se jouait, mêlant rivalités sino-américaines, ambitions locales et enjeux régionaux. Tshisekedi, au centre de ce dispositif, devait transformer ce fragile équilibre en levier de développement national, prouvant sa crédibilité et sa capacité à gérer ses ressources.

Une paix déjà ébranlée

À peine cinq jours après la signature de l’accord, la ville stratégique d’Uvira était tombée aux mains du M23, un groupe soutenu par le Rwanda. Le 8 décembre, dans son septième discours sur l’état de la Nation, Félix Tshisekedi avait dénoncé avec vigueur les attaques provenant de Bugarama, qu’il qualifiait de violation flagrante du cessez-le-feu. « Au lendemain même de la signature, des unités des Forces de défense du Rwanda avaient conduit et appuyé des attaques à l’arme lourde tirées depuis la ville rwandaise de Bugarama, provoquant de lourds dégâts humains et matériels », avait-il déclaré, accusant directement Kigali de trahir ses engagements pris à Washington.

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De son côté, Paul Kagame, face aux nouveaux membres de son gouvernement, avait rejeté fermement ces accusations. Il avait pointé la présence de troupes burundaises en RDC et défendu la légitimité de la défense rwandaise. Selon lui, le Rwanda n’avait fait que répondre à un vide sécuritaire, et ce n’était pas à son pays d’assumer les problèmes régionaux. Cette contre-offensive diplomatique illustrait un double récit : Tshisekedi parlait de trahison, Kagame de légitime défense.

L’accord RDC-Rwanda, présenté comme un cadre de paix et de prospérité, apparaissait donc déjà comme fragile. Entre les ambitions minières, les enjeux stratégiques américains et les tensions sur le terrain, la paix signée à Washington semblait déjà mise à l’épreuve.

La signature à Washington avait marqué un tournant historique, mais la réalité sur le terrain révélait que la paix était, pour l’instant, un échec concret. Entre intérêts économiques, rivalités régionales et violations du cessez-le-feu, la région des Grands Lacs montrait que la diplomatie seule ne suffisait pas à garantir la stabilité.

Mondial 2026 : l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala dans l’élite de la FIFA

Ce jeudi 11 décembre, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a dévoilé la liste des arbitres africains retenus pour la Coupe du Monde 2026. Parmi les noms prestigieux figure celui d’un Congolais : Jean-Jacques Ndala. Sa sélection marque un aboutissement pour sa carrière et une fierté pour son pays.

Né le 14 juin 1987, Jean-Jacques Ndala a patiemment gravi tous les échelons. Ses premiers coups de sifflet ont retenti dans la Ligue de football du Katanga. Son talent l’a ensuite conduit à la Linafoot, le championnat national de RDC.

Son intégration à la liste des arbitres FIFA en 2013 a ouvert les portes du continent. Depuis, il s’est imposé comme l’un des sifflets les plus respectés d’Afrique.

Un parcours continental exemplaire

La consécration internationale de Ndala s’est construite sur les terrains des plus grandes compétitions africaines. Il a officié lors de trois Coupes d’Afrique des Nations : en 2019, 2022 et 2024.

Il a également dirigé des rencontres phares de la Ligue des Champions de la CAF et de la Coupe de la Confédération. Sa régularité lui a valu de participer aux éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, une préparation précieuse pour le plus grand rendez-vous footballistique.

Une première étape mondiale avait été franchie en 2025, avec sa sélection pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Ce jeudi, une nouvelle porte s’ouvre : celle de la phase finale d’un Mondial.

Une fierté pour l’arbitrage congolais

Pour Jean-Jacques Ndala, cette sélection est la récompense d’années de professionnalisme et de constance. Pour la République Démocratique du Congo, c’est un motif de grande fierté nationale.

Sa présence parmi l’élite mondiale est un signal fort. Elle démontre la montée en puissance et la reconnaissance de l’arbitrage congolais sur la scène internationale. Il rejoint un groupe d’élite composé notamment d’Omar Artan (Somalie), d’Issa Sy (Sénégal) et de Mustapha Ghorbal (Algérie).

Lors du Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, chaque coup de sifflet de Jean-Jacques Ndala sera suivi avec attention. Il portera non seulement son rêve, mais aussi les espoirs de toute une nation qui voit l’un des siens officier au plus haut niveau du football mondial.

Kagame : « Le Rwanda n’est pas le problème, il veut la paix »

Kigali, Rwanda — Devant les nouveaux membres de son gouvernement prêtant serment ce jeudi, le président rwandais Paul Kagame a livré une défense vigoureuse et inhabituellement personnelle face aux accusations internationales. Il a rejeté en bloc la narration selon laquelle le Rwanda serait responsable de la reprise des combats dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) après la signature des accords de paix du 4 décembre.

Rejet des accusations et contre-offensive diplomatique

« Lorsque j’entends des discussions laissant entendre que le problème actuel serait né après la signature des accords […] et que tous les problèmes seraient imputés au Rwanda, je ne comprends pas cela », a-t-il déclaré, la voix empreinte d’une frustration palpable. Pour Kagame, cette lecture des événements est un « mensonge ». « Comme si, quand nous avions signé, tout était au beau fixe et qu’à notre retour il y avait eu ces combats. Ce n’est pas vrai. »

Le président a retourné l’accusation, pointant du doigt la présence massive, selon lui, de troupes burundaises en RDC. Il a affirmé que « des milliers de militaires burundais » avaient traversé la frontière et se trouvaient à Minembwe, Kalemie, Kindu, Walikale et jusqu’à Kisangani. « Ils ont plus de 20 000 militaires. Nous nous demandons pourquoi tous ces militaires burundais sont partis en RDC. […] Ils sont en train de tuer des gens à Minembwe en bombardant la population avec des armes et des drones. »

La paix comme argument et la légitimité de la défense

Cette offensive rhétorique sert de justification indirecte à la prise d’Uvira par le M23, un groupe soutenu par Kigali selon les experts internationaux. Kagame a laissé entendre que cette action était une réponse à un vide sécuritaire et à une crise humanitaire ignorée. « Les gens ont crié au secours, mais personne n’est venu les aider », a-t-il répété, évoquant notamment la situation des Banyamulenge.

Le cœur de son plaidoyer a tourné autour de la notion de paix et de la légitimité de la défense. « Je ne sais pas s’il y a des personnes qui désirent la paix autant que nous au Rwanda […] Nous connaissons ce que signifie ne pas avoir la paix. Nous avons vécu de nombreux moments sans paix et nous avons perdu des gens. »

Il s’en est aussi pris à un argument qu’il dit entendre souvent de la part de partenaires internationaux : celui que le Rwanda, parce qu’il est « fort », devrait « rester les bras croisés ». « Notre force est modeste, si ce n’est notre capacité à nous défendre. […] Dire qu’être « fort » signifie ne pas se défendre, je ne comprends pas. C’est illogique. »

Enfin, Paul Kagame a réfuté l’idée que son pays doive endosser les fardeaux régionaux. « Je ne comprends pas […] avons-nous été créés pour porter nos problèmes et ceux des autres ? Je ne suis pas d’accord. »

Ce discours constitue la réponse la plus directe et la plus élaborée de Kagame depuis la chute d’Uvira. Il déplace habilement le débat de la violation d’un accord vers un récit complexe d’insécurité régionale, de légitime défense et de défaillances congolaises et internationales, tout en présentant le Rwanda comme une nation martyr aspirant uniquement à la paix qu’on lui refuse.

Sud-Kivu : le bilan monte à 413 morts après l’offensive sur Uvira

Le mercredi 10 décembre 2025 résonne comme un sombre paradoxe. Jour anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il a été marqué par des bombardements et des violences à Uvira. Le lendemain, le 11 décembre, le gouvernement provincial du Sud-Kivu a livré un bilan provisoire glaçant : 413 morts, dont des femmes et des enfants, dans les combats liés à la prise de cette ville stratégique par l’AFC/M23, appuyée selon Kinshasa par l’armée rwandaise.

Une offensive éclair et ses conséquences humaines

Ce chiffre illustre l’ampleur de l’attaque lancée sur Uvira, ville portuaire cruciale du Sud-Kivu. Les autorités congolaises qualifient ces attaques de « tentative d’occupation ». Elles ont transformé la cité en champ de bataille et violé le cessez-le-feu prévu par l’accord de paix signé seulement six jours plus tôt, le 4 décembre.

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Au-delà des pertes humaines, la crise est humanitaire. Kinshasa avait déjà signalé près de 200 000 déplacés en quelques jours. L’entrée du M23 à Uvira a précipité un exode massif, poussant des milliers de familles vers la frontière burundaise. Les secours tentent de s’organiser dans un climat d’extrême tension, tandis que la situation reste instable.

Pression diplomatique et inquiétude internationale

Face à l’escalade, les réactions officielles se durcissent. Kinshasa exige le retrait immédiat des forces rwandaises et des combattants de l’AFC/M23 autour d’Uvira. Le gouvernement appelle aussi la communauté internationale à exercer une pression diplomatique. Les autorités accusent Kigali d’avoir « violé » l’accord de paix récemment parrainé par l’ancien président américain Donald Trump.

Les Nations unies, via leur coordonnateur humanitaire en RDC, expriment une « vive inquiétude » face à la situation au Sud-Kivu. Elles rappellent les violations documentées, y compris les violences sexuelles, soulignant la dimension systématique et cruelle de l’attaque.

Le bilan d’Uvira reste provisoire. Pourtant, il dessine déjà l’une des pages les plus sombres du conflit cyclique qui frappe l’Est congolais, écrite le jour même où le monde célèbre les droits de l’homme.

l’Assemblée nationale adopte un budget 2026 à 22 milliards de dollars

Kinshasa-RDC — L’Assemblée nationale a adopté mercredi 10 décembre 2025 le budget de l’État pour l’année 2026. Aimé Boji Sangara a dirigé la plénière qui a validé un budget réévalué à 54 335,7 milliards de francs congolais, soit environ 22 milliards de dollars.
Selon Guy Mafuta Kabongo, rapporteur de la Commission Économique, Financière et Contrôle budgétaire, ce changement découle d’un nouvel ajustement du taux de change. Le gouvernement avait déposé le projet initial en septembre en s’appuyant sur un dollar à 2 490 francs congolais. Les nouvelles prévisions fixent la parité à 2 400 francs, avec une projection à 2 600 francs, conformément aux estimations du Fonds monétaire international.

Un budget révisé pour intégrer les priorités

Cette mise à jour entraîne une hausse de 7,2 % des dépenses, qui passent de 50 691,8 à 54 335,7 milliards de francs congolais. Plusieurs secteurs profitent de cette augmentation. Le gouvernement renforce le service de la dette extérieure, les investissements financés sur ressources propres, les rémunérations des agents publics, les opérations électorales et les dépenses de sécurité.
En parallèle, il mise sur une progression des recettes. Les budgets annexes devraient croître de 6,6 %, tandis que les comptes spéciaux pourraient augmenter de 9 %, grâce à une meilleure gestion des établissements publics concernés.

Des propositions en plénière et un vote massif

Au cours du débat, plusieurs députés ont défendu des ajustements. Certains ont suggéré une hausse des taxes dans le secteur des télécommunications. D’autres ont demandé l’intégration de projets jugés urgents, comme la route Kolwezi–Dilolo.
Après ces échanges, les députés ont procédé au vote. Le texte a obtenu une adhésion quasi totale : 428 voix pour, seulement 2 contre et aucune abstention. Les recommandations de la commission parlementaire partiront au gouvernement pour examen.
Cette adoption ouvre désormais la voie à l’exécution des priorités financières de l’État congolais en 2026. Elle arrive dans un contexte international toujours fragile, marqué notamment par une forte incertitude monétaire.

L’ancien député Daniel Safu rejoint l’AFC/M23

L’annonce est tombée ce jeudi comme une onde de choc dans le paysage politique déjà fracturé de la République démocratique du Congo. Daniel Safu Butupe, ancien député national de Kinshasa élu sous la bannière d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a officialisé son ralliement à l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23). Cette décision intervient seulement quelques jours après la chute stratégique d’Uvira. Elle semble dessiner une nouvelle carte des allégeances dans un Est en pleine tourmente.

Un ralliement motivé par des enjeux humanitaires et sécuritaires

Lors d’une interview exclusive accordée à un média local, l’ancien élu explique son virage par des raisons humanitaires et sécuritaires. Il affirme vouloir « protéger les populations abandonnées par Kinshasa » et « mettre fin à l’insécurité et aux exactions » dans la région du Kivu. Ces propos frappent directement le gouvernement central, souvent accusé de délaisser l’Est du pays.

Le parcours de Daniel Safu Butupe renforce la portée symbolique de ce ralliement. Proche un temps de la coalition Lamuka, il avait été invalidé par la Cour constitutionnelle avant de retrouver son siège après une longue bataille judiciaire. Cette épreuve avait déjà marqué son divorce avec les institutions. Ensuite, après avoir quitté le parti de Moïse Katumbi, il avait rejoint « Sauvons la RDC » de Joseph Kabila, avant de rejoindre aujourd’hui l’AFC/M23.

Une stratégie politique et militaire coordonnée

Ce ralliement s’inscrit dans la stratégie plus large du mouvement rebelle. L’AFC/M23 cherche à élargir sa base politique et à légitimer son action en attirant des élus et des cadres, tant dans les zones contrôlées que hors de celles-ci. La venue d’une figure politique de Kinshasa constitue un revers psychologique et médiatique pour le pouvoir central. Cette situation survient au moment où les combats s’intensifient et où la communauté internationale s’inquiète.

En pleine offensive militaire dans le Sud-Kivu et au lendemain de la prise d’Uvira, l’AFC/M23 envoie un signal clair. Sa lutte ne se limite pas aux champs de bataille : elle gagne aussi l’arène politique. Ainsi, la question se pose maintenant à Kinshasa : ce ralliement restera-t-il isolé ou déclenchera-t-il d’autres défections ? Le climat reste tendu, et la défiance envers la capacité de l’État à pacifier l’Est grandit.

Pendant que des centaines de milliers de civils fuient les combats, le jeu des alliances politiques bascule. Daniel Safu Butupe vient de franchir une ligne. Son choix pourrait résonner bien au-delà des frontières du Kivu.