M23 Doha : l’AFC/M23 accuse la médiation de partialité et menace de revoir sa participation au processus de paix

La tension monte d’un cran autour du processus de paix engagé entre Kinshasa et l’AFC/M23. Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 18 juin 2026 à Goma, les principaux responsables du mouvement rebelle ont multiplié les critiques contre la médiation internationale, accusée de fermer les yeux sur les violations présumées commises par le gouvernement congolais.

Entouré de Corneille Nangaa et de Freddy Kaniki, le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a dénoncé ce qu’il considère comme un traitement inéquitable des parties impliquées dans les discussions de paix soutenues par les États-Unis et le Qatar.

M23 Doha : Bertrand Bisimwa dénonce une médiation devenue « aphone »

Face aux journalistes, Bertrand Bisimwa a affirmé que son mouvement avait respecté plusieurs engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours.

Selon lui, l’AFC/M23 a accepté de se retirer d’Uvira ainsi que de la plaine de la Ruzizi à la demande des médiateurs afin de démontrer sa volonté de privilégier une solution politique au conflit.

Cependant, il estime que ces gestes n’ont pas été reconnus à leur juste valeur.

Le dirigeant rebelle accuse la médiation de sanctionner systématiquement l’AFC/M23 et les acteurs qui lui témoignent de la sympathie, tout en épargnant ceux qu’il accuse de ne pas respecter leurs propres engagements.

Il soutient notamment que les protocoles portant sur le cessez-le-feu et la libération des prisonniers ne seraient pas appliqués de manière équilibrée. Selon lui, son mouvement a déjà procédé à plusieurs libérations alors qu’aucune mesure similaire n’aurait été observée du côté de Kinshasa.

Pour Bertrand Bisimwa, cette situation fragilise progressivement la crédibilité du processus de paix.

Corneille Nangaa accuse Kinshasa de violer le cessez-le-feu

Prenant à son tour la parole, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a dénoncé ce qu’il qualifie de « violations répétitives, généralisées et criminelles » du cessez-le-feu.

L’ancien président de la CENI estime que son mouvement a fait preuve de patience et de bonne volonté dans toutes les initiatives de dialogue entreprises jusqu’à présent.

Selon lui, les engagements diplomatiques n’ont pas produit les résultats attendus sur le terrain, malgré les concessions consenties par l’AFC/M23.

Corneille Nangaa a également affirmé que plusieurs opérations militaires attribuées à la coalition gouvernementale continueraient d’être menées dans certaines zones de conflit, notamment à travers des bombardements de drones et des offensives terrestres.

Il a notamment évoqué la situation dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, où il affirme que plusieurs localités subissent un blocus prolongé affectant l’accès à l’aide humanitaire, aux soins médicaux et aux produits de première nécessité.

M23 Doha : l’AFC/M23 agite la menace d’un retrait du processus

Au-delà des critiques adressées à Kinshasa, Bertrand Bisimwa a laissé entendre que son mouvement pourrait, à terme, remettre en question son adhésion à la médiation actuelle.

Sans annoncer une rupture immédiate, il a affirmé que l’AFC/M23 se réservait le droit de prendre ses responsabilités si les déséquilibres dénoncés persistaient.

Malgré cette mise en garde, les dirigeants du mouvement assurent continuer à croire à une solution négociée au conflit.

Cette nouvelle sortie médiatique intervient alors que les accords de Washington et le processus de Doha peinent encore à produire des avancées visibles sur le terrain. Entre accusations croisées, violations présumées du cessez-le-feu et méfiance grandissante entre les protagonistes, le fossé reste important entre les engagements diplomatiques et la réalité sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Alors que les médiateurs internationaux poursuivent leurs efforts pour préserver le dialogue, les déclarations de Goma illustrent les difficultés croissantes auxquelles se heurte le processus M23 Doha, dont l’avenir dépend désormais de la capacité des différentes parties à restaurer la confiance et à respecter leurs engagements respectifs.

Corneille Nangaa accuse Félix Tshisekedi de torpiller la paix dans l’Est de la RDC

Goma, 18 juin 2026 – Alors que les Léopards de la RDC faisaient vibrer le NRG Stadium de Houston, c’est une tout autre onde de choc qui a traversé l’Atlantique en sens inverse. À des milliers de kilomètres du Texas, dans la ville martyre de Goma, une voix s’est élevée pour dénoncer ce qui serait une « déclaration de guerre » en provenance directe de la bouche du président congolais. Corneille Nangaa, coordinateur politique de l’AFC/M23, a pris la parole ce jeudi pour accuser Félix Tshisekedi de torpiller les efforts de paix internationaux, au moment même où les médiateurs américains et qataris tentent de sauver un cessez-le-feu déjà fragile. La tension est à son comble, et le spectre d’une escalade militaire plane de nouveau sur l’Est de la République Démocratique du Congo.

Houston-Goma : la guerre des mots s’intensifie

C’est un discours prononcé depuis la tribune du mondial de football qui a mis le feu aux poudres. À Houston, en marge de la rencontre historique entre les Léopards et le Portugal, Félix Tshisekedi s’est exprimé devant ses partisans, évoquant avec optimisme les opérations militaires en cours dans l’Est du pays. Le président congolais a notamment annoncé la « récupération prochaine » des villes de Goma et de Bukavu, actuellement sous le contrôle de l’AFC/M23, une déclaration qui n’a pas tardé à provoquer une réaction virulente.

Dans une communication tenue à Goma ce jeudi 18 juin, Corneille Nangaa, ancien président de la CENI devenu figure de proue de la rébellion, a dénoncé avec véhémence ce qu’il perçoit comme un revirement dangereux. Selon lui, les propos du chef de l’État congolais constituent une rupture des engagements pris dans le cadre des négociations de paix.

« Cette nuit à Houston, sur le sol du médiateur américain et devant ses partisans, Monsieur Tshisekedi a de nouveau fait une déclaration de guerre ; alors qu’un processus de négociation est en cours et qu’un protocole sur le cessez-le-feu a été signé entre son régime et l’AFC/M23 », a martelé Nangaa, le visage fermé. Et de poursuivre : « Monsieur Tshisekedi affirme que son armée est en train d’écraser l’ennemi en ce moment même et annonce la récupération prochaine des villes stabilisées de Goma et de Bukavu. Un discours irresponsable et va-t-en-guerre qui assume officiellement l’option militaire au plus haut niveau de l’État. »

La médiation internationale prise en otage ?

Au-delà de la charge personnelle contre le président congolais, c’est tout le processus de paix qui est pointé du doigt par l’AFC/M23. Corneille Nangaa a estimé que les déclarations de Félix Tshisekedi risquent de compromettre gravement les discussions engagées sous l’égide des États-Unis et du Qatar, deux médiateurs qui s’efforcent de maintenir un dialogue entre les parties.

« Ce discours met en cause le processus de paix en cours ainsi que les efforts de la médiation. L’AFC/M23 en prend acte », a-t-il déclaré, soulignant que la confiance nécessaire à la poursuite des négociations était sérieusement ébranlée.

Cette accusation survient dans un contexte déjà tendu. Malgré la signature d’un protocole de cessez-le-feu, les hostilités n’ont jamais réellement cessé sur le terrain. Chaque camp accuse l’autre de violations, et les médiateurs peinent à transformer les engagements papier en réalités tangibles. Les accords de Washington et le processus de Doha, censés jeter les bases d’une paix durable, peinent à produire des résultats concrets.

L’AFC/M23 menace de riposter : « Nous nous réservons le droit de nous défendre »

Corneille Nangaa ne s’est pas contenté de dénoncer. Il a également adressé un avertissement sans équivoque à Kinshasa. Face à ce qu’il qualifie de « posture militariste du régime », le coordinateur politique de l’AFC/M23 a prévenu que son mouvement n’hésiterait pas à répondre par la force.

« Cette posture militariste du régime de Kinshasa ne nous laisse d’autres choix que de nous défendre afin d’éliminer systématiquement cette menace ouvertement proclamée par Kinshasa », a-t-il lancé, laissant planer la menace d’une riposte militaire qui pourrait plonger la région dans une nouvelle spirale de violence.

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Ces déclarations interviennent alors que les combats se poursuivent dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les forces gouvernementales et la rébellion s’affrontent dans une guerre d’usure qui a déjà fait des milliers de victimes civiles. La perspective d’une offensive annoncée sur Goma et Bukavu, si elle se concrétisait, provoquerait un désastre humanitaire supplémentaire dans une région déjà exsangue.

Un conflit régional aux ramifications internationales

Au-delà du face-à-face entre Kinshasa et l’AFC/M23, c’est toute l’architecture sécuritaire de la région des Grands Lacs qui est en jeu. Le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir la rébellion, est au cœur de cette crise aux multiples facettes. Les tensions diplomatiques entre les deux pays sont à leur comble, et chaque déclaration publique risque d’envenimer un peu plus une situation déjà explosive.

Les appels au calme se multiplient, mais peinent à trouver un écho. À l’ONU, à l’Union Africaine, comme dans les capitales occidentales, on s’inquiète de la dégradation rapide de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC. Les voix s’élèvent pour demander aux parties prenantes de respecter leurs engagements, mais jusqu’à présent, ces appels sont restés lettre morte.

Le cessez-le-feu vacille, la paix s’éloigne

Le conflit dans l’Est de la RDC, qui dure depuis plusieurs années, semble entrer dans une phase critique. Alors que les médiateurs américains et qataris tentent de sauver ce qui peut encore l’être du processus de paix, les déclarations belliqueuses de part et d’autre réduisent à néant les espoirs d’une solution négociée.

Les accords de Washington et de Doha, censés instaurer un cessez-le-feu durable, n’ont pas encore produit d’effets concrets sur le terrain. Les hostilités se poursuivent, les populations civiles continuent de payer le prix fort, et la confiance entre les parties semble plus que jamais compromise.

La sortie de Corneille Nangaa, accusant directement Félix Tshisekedi de « déclaration de guerre », illustre à quel point le dialogue est devenu impossible. Chaque camp campe sur ses positions, interprétant les accords à sa manière, tandis que les appels à la raison se heurtent à la logique implacable du conflit armé.

L’Est de la RDC, otage d’une guerre sans fin ?

Alors que la nuit tombe sur Goma, la ville retient son souffle. Les habitants, déjà marqués par des années de violence, savent que les mots prononcés ce jour pourraient bien annoncer de nouveaux jours sombres. La perspective d’une reprise des combats à grande échelle, avec pour objectif annoncé la « récupération » de Goma et de Bukavu, plonge la population dans une angoisse palpable.

Les organisations humanitaires, déjà présentes en nombre dans la région, se préparent au pire. Les camps de déplacés, qui abritent déjà des centaines de milliers de personnes, pourraient voir leurs effectifs gonfler considérablement si les hostilités s’intensifient.

Dans ce contexte tendu, une seule certitude subsiste : le chemin vers la paix est plus long et plus tortueux que jamais. Et les déclarations de Houston comme celles de Goma ne font qu’éloigner un peu plus l’horizon d’une solution négociée. La communauté internationale, les médiateurs, les acteurs régionaux : tous sont désormais devant un défi colossal : empêcher que les mots ne se transforment en nouvelles larmes et en nouveaux sanglots pour les populations de l’Est de la RDC.

Révision Constitution RDC : la CENCO consulte Delly Sesanga avant de dévoiler sa position

Kinshasa, 18 juin 2026 – Le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise franchit une nouvelle étape. Ce jeudi, Delly Sesanga a été reçu au siège de la CENCO à Kinshasa. Le président du parti Envol a participé aux consultations organisées par les évêques catholiques.

Ces échanges s’inscrivent dans le cadre d’une assemblée plénière extraordinaire consacrée à la question constitutionnelle. Les évêques souhaitent recueillir les avis des différentes forces sociopolitiques avant de rendre leur position publique.

Delly Sesanga expose la position de l’opposition

La rencontre s’est tenue dans un contexte marqué par de vifs débats sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution.

Face aux évêques, Delly Sesanga a présenté la vision de son parti. Il a également partagé ses préoccupations sur l’avenir institutionnel du pays.

À l’issue de l’entretien, le leader d’Envol a confirmé avoir exposé sa lecture de la situation. Il a insisté sur la nécessité d’une réflexion responsable et respectueuse des principes démocratiques.

Même si le contenu détaillé des discussions n’a pas été rendu public, cette consultation témoigne de la volonté de la CENCO d’entendre toutes les sensibilités politiques.

La CENCO prépare sa position sur la Constitution

Les évêques ont choisi une démarche inclusive. Plusieurs acteurs politiques et sociaux sont consultés avant l’adoption d’une position officielle.

L’objectif est de disposer d’une vision globale du débat. Cette méthode doit permettre à l’Église catholique de formuler une appréciation fondée sur les différentes opinions exprimées.

La question constitutionnelle continue de diviser la classe politique. Certains défendent une réforme du texte actuel. D’autres mettent en garde contre les risques d’instabilité politique.

Une déclaration attendue le 20 juin

Le calendrier est déjà fixé. La CENCO prévoit de rendre publique sa position au plus tard le samedi 20 juin.

Cette déclaration est très attendue. Elle pourrait influencer le débat national et peser sur les discussions à venir.

Forte de son expérience dans la médiation des crises politiques, la CENCO conserve une importante capacité d’influence. Sa prise de parole sera donc suivie de près par les acteurs politiques et l’opinion publique.

À l’approche de l’échéance, les consultations se poursuivent. D’autres personnalités sont attendues au siège de la CENCO. Tous les regards sont désormais tournés vers la déclaration des évêques, annoncée dans les prochaines heures.

« Un chien peut-il diriger un pays ? » : À Houston, Tshisekedi règle ses comptes avec Kabila

Houston, Texas. La nuit est encore chaude, les échos des chants des supporters congolais résonnent encore dans les rues de la ville américaine. Les Léopards viennent d’offrir à leur pays le premier point de leur histoire en Coupe du monde, un exploit arraché face au Portugal de Cristiano Ronaldo. La fête est belle. L’ambiance, euphorique.

Mais dans une salle de Houston, loin des projecteurs du stade, le président Félix Tshisekedi a choisi ce moment de liesse nationale pour livrer un tout autre discours. Un discours qui, s’il a commencé par célébrer les héros du terrain, a rapidement pris un tour politique d’une rare virulence.

« Quand nous avons dit qu’un chien pouvait nous diriger, nous avons ouvert la voie aux ennemis », a lancé le chef de l’État devant des Congolais médusés.

« Ce chien-là » : une attaque frontale contre Kabila

En quelques mots, Félix Tshisekedi a franchi une ligne rouge. Jamais, dans ses précédentes sorties publiques, le président n’avait employé des termes aussi insultants à l’égard de son prédécesseur, Joseph Kabila. Le qualifier de « chien », c’est non seulement une humiliation personnelle, c’est aussi un acte politique lourd de conséquences dans un pays où les tensions entre les deux camps n’ont cessé de croître.

L’ancien président, qui a dirigé la RDC pendant près de deux décennies, n’a pas encore réagi officiellement. Mais ses proches dénoncent déjà une « dérapage inadmissible » et une « tentative de détourner l’attention des véritables problèmes du pays ».

Pour les observateurs, cette sortie intervient dans un contexte particulièrement tendu. La RDC traverse une crise sécuritaire dramatique dans l’est du pays, où les groupes armés, dont certains soutenus par le Rwanda voisin, continuent de semer la terreur. Sur le plan politique, les relations entre Tshisekedi et Kabila sont glaciales depuis la rupture de leur coalition en 2020.

« Ils nous ont infiltrés » : l’ombre du Rwanda plane

Le président congolais n’a pas seulement attaqué son prédécesseur. Il a également dressé un portrait sombre des menaces qui pèsent sur la nation, évoquant une infiltration massive des « ennemis de la République ».

« Il y a encore des sorciers. On pensait qu’ils n’étaient qu’au Rwanda, alors qu’ils nous ont infiltrés », a-t-il affirmé, sans toutefois apporter de preuves concrètes.

Une déclaration qui fait écho aux accusations récurrentes de Kinshasa contre Kigali, accusé de soutenir les rebelles du M23 dans l’est congolais. Mais en liant directement cette menace à la gouvernance de Joseph Kabila, Tshisekedi cherche manifestement à délégitimer l’héritage politique de son prédécesseur.

« Les Léopards ont fait notre fierté » : le football comme exutoire

Avant d’en arriver à ces attaques, le chef de l’État avait pourtant commencé son discours sur une note plus consensuelle, célébrant avec émotion la performance des Léopards.

« Les Léopards ont fait notre fierté. Aujourd’hui, tout le monde qui a peur de Cristiano Ronaldo a vu comment on a joué, un pays qui a la guerre comme le nôtre », a-t-il déclaré, visiblement ému par l’exploit des hommes de Sébastien Desabre.

Le président a même fait une promesse aux supporters congolais : « J’ai demandé à la FIFA si nous sortons de la poule, ils vont ajouter des billets pour les Congolais qui sont ici. Ne craignez rien. Nous donnerons des moyens à notre ambassadeur. »

Un engagement qui, sur le moment, a fait vibrer la salle. Mais qui a été rapidement éclipsé par la charge politique qui a suivi.

La diaspora prise entre fierté et malaise

Pour les Congolais de la diaspora présents à Houston, le moment a été ambigu. Certains ont applaudi, voyant dans les mots du président une forme de catharsis, une manière de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas du régime Kabila.

D’autres, en revanche, ont ressenti un profond malaise. « Je suis venu pour célébrer les Léopards, pas pour assister à un règlement de comptes politique », confie un supporteur, encore sous le choc.

« Ce n’est pas le moment de diviser les Congolais. On a enfin une raison d’être fiers, de se rassembler. Pourquoi gâcher ça avec des attaques personnelles ? »

Un appel à l’unité qui sonne comme un paradoxe

Au milieu de ses attaques, Tshisekedi a également lancé un vibrant appel à l’unité nationale. « Soyez unis. Qu’ils ne vous trompent pas, qu’ils n’utilisent pas le régionalisme pour vous avoir. Refusez de trahir votre pays », a-t-il martelé.

Un appel qui, dans la bouche d’un président qui vient de traiter son prédécesseur de « chien », sonne comme un paradoxe. Comment prêcher l’unité tout en insultant celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans ? Comment appeler à la réconciliation nationale tout en creusant un peu plus le fossé politique ?

La politique comme jeu dangereux

Au-delà de la polémique, cette sortie présidentielle interroge sur la stratégie de Félix Tshisekedi. À quelques mois d’échéances politiques importantes, le chef de l’État semble jouer une carte risquée : celle de la radicalisation.

En attaquant frontalement Kabila, il cherche peut-être à galvaniser sa base, à apparaître comme un président fort face à un adversaire affaibli. Mais ce faisant, il prend le risque d’exacerber les tensions dans un pays déjà fragile.

Pour l’instant, le discours de Houston a surtout réussi à faire oublier, pour quelques heures, la prestation historique des Léopards. Et c’est peut-être là le plus grand dommage.

Car à Houston, ce mercredi 17 juin 2026, il y avait une histoire à écrire : celle d’une nation qui, pour la première fois, marquait son premier but en Coupe du monde et décrochait son premier point. Une histoire de fierté, de résilience et de rassemblement.

Il y aura aussi, désormais, une autre histoire : celle d’un président qui, au lieu de célébrer cette unité retrouvée, a préféré raviver les blessures du passé. Une occasion manquée, peut-être. Une faute politique, assurément.

Que retiendra-t-on de cette soirée texane ? Le but de Wissa ou l’insulte de Tshisekedi ? Le premier point historique ou la première polémique présidentielle ?

Le football, cette fois, aura montré ses deux visages : celui qui rassemble et celui qui divise. Et dans le cœur des Congolais, la fierté d’un exploit sportif tentera de résister au poids des mots prononcés ce soir-là.

RDC : L’opposition annonce une marche le 8 juillet pour exiger la démission de Félix Tshisekedi

La coalition C64 annonce une marche nationale le 8 juillet prochain. C’était à l’occasion d’une réunion tenue mardi 16 juin 2026 à Kinshasa pour évaluer le sit-in du week-end dernier. Le point de chute est symbolique : le Palais de la Nation, siège institutionnel du Président de la République. L’opposition exige la démission immédiate de Félix Tshisekedi, accusé de « trahison » de son serment constitutionnel. Cette annonce marque une rupture dans la stratégie de contestation, qui passe du sit-in à une marche offensive vers le cœur du pouvoir exécutif.

Le cœur de l’accusation portée par Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo et Moïse Katumbi est institutionnel. La C64 reproche à Félix Tshisekedi de vouloir forcer un troisième mandat en lançant un processus de référendum pour réviser la Constitution de 2006.

Pour l’opposition, cette manœuvre viole l’article 220 verrouillé et brise le consensus démocratique bâti après 2018. En visant le Palais de la Nation le 8 juillet, la coalition entend défendre non seulement l’alternance, mais l’architecture même de l’État de droit.

Martin Fayulu fixe la doctrine politique de la coalition

Figure de proue de la C64, Martin Fayulu pose les termes du conflit politique. « En entrant en rébellion contre la Constitution, Monsieur Félix Tshisekedi rompt avec le pacte républicain qui unit notre Nation. Dès lors, il ne peut prétendre incarner l’État de droit et doit en tirer les conséquences : la démission », a-t-il signifié. La C64 se présente ainsi comme gardienne du contrat social, face à ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire ».

12 juin : la répression qui nourrit la mobilisation du 8 juillet

La décision de marcher le 8 juillet s’enracine directement dans la répression du vendredi 12 juin dernier. Ce jour-là, la police nationale a violemment empêché les opposants d’atteindre l’esplanade du Palais du Peuple. Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont été blessés, tout comme plusieurs manifestants.

L’opposition affirme avoir enregistré des morts, version contestée par le gouvernement provincial de Kinshasa qui nie tout bilan mortel. Ce précédent « sanglant » crée un climat d’incertitude autour de l’autorisation administrative de la marche vers le Palais de la Nation. La C64 y voit une preuve supplémentaire de « l’usage disproportionné de la force pour museler la contestation démocratique ».

À trois semaines de la marche annoncée, la RDC entre dans une phase de tension politique aiguë. Le débat sur le changement de la Constitution occupe tout l’espace public et oppose deux lectures irréconciliables. D’un côté, la C64 défend l’intangibilité des règles et l’alternance comme pilier de la démocratie. De l’autre, le pouvoir plaide pour des réformes institutionnelles.

La marche du 8 juillet vers le Palais de la Nation devient donc le test grandeur nature de ce rapport de force. Entre revendication de démission pour « trahison » et volonté de réformes, Kinshasa se prépare à une confrontation politique majeure dont l’issue dessinera l’avenir institutionnel du pays.

Révision constitutionnelle en RDC : Salomon Kalonda met Félix Tshisekedi face à « l’épreuve de l’histoire »

Alors que le débat sur la révision constitutionnelle RDC continue de diviser la classe politique, une nouvelle voix s’élève avec force contre le projet porté par la majorité. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République le 15 juin 2026, le sénateur Salomon Kalonda Della Idi lance un avertissement solennel à Félix Tshisekedi, l’invitant à renoncer à ce qu’il considère comme une « faute historique » susceptible de fragiliser davantage un pays déjà confronté à de multiples crises.

Le texte, dont le ton grave et direct ne laisse place à aucune ambiguïté, intervient alors que la proposition de loi organisant le référendum, étape préalable à une éventuelle nouvelle Constitution, poursuit son parcours législatif au Sénat après son adoption par l’Assemblée nationale.

« Une faute historique » dans un contexte de crise nationale

Pour le sénateur, le moment choisi pour engager une telle réforme est particulièrement préoccupant. Alors que l’est du pays demeure confronté à une situation sécuritaire complexe et que les défis humanitaires s’accumulent, il juge inapproprié d’ouvrir un débat constitutionnel aux conséquences potentiellement majeures.

Dans sa lettre, Salomon Kalonda estime que cette initiative risque de détourner l’attention des véritables priorités nationales. Selon lui, le pays a davantage besoin d’unité et de stabilité que d’un processus susceptible de raviver les tensions politiques.

L’élu considère ainsi que l’introduction de la loi référendaire intervient au pire moment et pourrait laisser une empreinte durable sur le mandat du chef de l’État.

La Constitution de 2006 présentée comme le socle de l’unité nationale

Au cœur de son argumentaire, Salomon Kalonda rappelle l’histoire de la Constitution du 18 février 2006. Selon lui, ce texte est le résultat d’un long processus de négociation issu du dialogue intercongolais de Sun City, organisé après des années de conflit ayant profondément meurtri le pays.

Pour le sénateur, cette Constitution représente bien plus qu’un simple texte juridique. Elle constitue un véritable pacte républicain ayant permis de préserver l’unité nationale et d’encadrer l’alternance démocratique.

Il accuse les promoteurs de la réforme de remettre en cause cet équilibre fragile et évoque même une rupture avec l’héritage des figures historiques de la lutte démocratique congolaise, notamment celui d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

À travers cette référence symbolique, l’élu interpelle directement le président de la République sur la cohérence entre les idéaux défendus par son père et les réformes actuellement envisagées.

Manifestations, tensions politiques et appel au retrait du texte

La lettre revient également sur les récentes mobilisations populaires organisées contre le projet de révision constitutionnelle. Salomon Kalonda évoque la journée « ville-morte » du 3 juin ainsi que les manifestations du 12 juin, qu’il présente comme l’expression d’une contestation citoyenne.

Il dénonce la répression qui aurait accompagné ces rassemblements et affirme que plusieurs personnes auraient été blessées ou tuées lors des incidents. Pour lui, ces événements illustrent le niveau de tension atteint par le débat constitutionnel.

Au-delà des violences, le sénateur estime que la réforme poursuivrait un objectif politique précis : permettre l’ouverture de la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel. Une perspective qu’il considère particulièrement dangereuse dans un contexte marqué par les fragilités institutionnelles et sécuritaires.

Face à cette situation, il appelle le chef de l’État à retirer le texte avant qu’il ne soit définitivement adopté. Il invite également le Sénat à jouer pleinement son rôle de contrepoids institutionnel et à empêcher, selon ses termes, une évolution qu’il juge contraire aux intérêts supérieurs de la Nation.

Dans une conclusion empreinte de gravité, Salomon Kalonda place Félix Tshisekedi devant ce qu’il décrit comme un choix historique : préserver l’héritage démocratique issu de la Constitution de 2006 ou engager le pays sur une voie dont les conséquences pourraient marquer durablement l’histoire politique de la République démocratique du Congo.

Loi référendaire en RDC : vers un report à 2027 ? Le Sénat face à une course contre la montre

Le compte à rebours est lancé. Ce lundi 15 juin, le Parlement de la République démocratique du Congo met officiellement un terme à sa session ordinaire de mars 2026. Pourtant, à quelques heures de la clôture des travaux, un dossier majeur continue de cristalliser l’attention de la classe politique : la très controversée loi référendaire RDC.

Adopté par l’Assemblée nationale le 9 juin dernier, le texte devait encore franchir l’étape décisive du Sénat avant une éventuelle promulgation. Mais le temps semble désormais manquer, ouvrant la voie à toutes les spéculations sur l’avenir de cette réforme hautement sensible.

Le Sénat pris par le temps

Depuis son adoption à la Chambre basse, la proposition de loi sur l’organisation du référendum est devenue l’un des sujets les plus débattus du paysage politique congolais.

Cependant, les délais extrêmement courts qui séparent le vote de l’Assemblée nationale de la clôture de la session parlementaire compliquent sérieusement son examen par le Sénat. Plusieurs observateurs estiment qu’il serait difficile pour la Chambre haute d’analyser un texte d’une telle importance dans les dernières heures précédant la fermeture officielle des travaux.

À ce stade, aucune communication officielle n’a confirmé son inscription à l’ordre du jour des dernières plénières. Une situation qui entretient le flou autour du calendrier législatif et alimente les interrogations sur la suite du processus.

Septembre 2026 : une fenêtre de tir réduite

Si la loi référendaire RDC échappe à la session de mars, son avenir dépendra de la prochaine session ordinaire prévue le 15 septembre 2026.

Or, cette session est traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’État et aux grandes questions financières. Chaque année, les débats budgétaires occupent l’essentiel du temps parlementaire, laissant peu de place aux autres initiatives législatives.

Dans ces conditions, plusieurs analystes considèrent que le texte référendaire risque de ne pas figurer parmi les priorités immédiates du Parlement, à moins d’une décision politique exceptionnelle ou de la convocation d’une session extraordinaire.

Une attente qui pourrait se prolonger jusqu’en 2027

L’hypothèse d’un report à la session ordinaire de mars 2027 gagne ainsi du terrain.

Un tel scénario retarderait de plusieurs mois l’examen d’un texte qui se trouve pourtant au cœur des débats nationaux. Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, l’enjeu dépasse largement le simple cadre juridique : il touche aux futures orientations institutionnelles du pays et alimente les discussions autour de l’évolution du système politique congolais.

Alors que le Parlement s’apprête à refermer les portes de sa session de mars, le destin de la loi référendaire RDC demeure suspendu à une décision qui pourrait intervenir dans les dernières heures ou être renvoyée à une date encore incertaine.

Une chose est sûre : la clôture de cette session parlementaire pourrait marquer non seulement la fin d’un cycle législatif, mais aussi le début d’une longue bataille politique dont l’issue reste impossible à prédire.

Moïse Katumbi accuse Tshisekedi après le sit-in violent de la C64, “du sang sur les mains”

La crise politique congolaise a franchi un nouveau seuil ce vendredi 12 juin 2026. Après les violents affrontements enregistrés lors du sit-in de la coalition d’opposition Article 64 (C64) à Kinshasa, les réactions continuent de secouer la scène politique nationale.

Cette fois, c’est Moïse Katumbi qui est monté au créneau. Dans une déclaration publiée sur son compte X, l’un des principaux leaders de la coalition accuse directement le pouvoir en place et dénonce une répression qu’il juge sanglante et injustifiée.

Kinshasa sous tension après un sit-in violemment dispersé

La mobilisation de la C64, organisée pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle, a tourné à l’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre. Plusieurs témoins font état de violences, de blessés et de scènes de panique dans plusieurs zones de la capitale, notamment autour du Palais du Peuple et du siège de l’Ecidé.

Dans ce climat explosif, les figures de l’opposition parlent désormais d’un tournant dramatique.

Moïse Katumbi charge le pouvoir : “du sang sur les mains”

Dans une prise de position particulièrement virulente, Moïse Katumbi met directement en cause le chef de l’État.

« Le Président porte une responsabilité écrasante dans ces violences et dans le climat de tension qu’il entretient dans notre pays. Ce soir, Félix Tshisekedi a du sang sur les mains », a-t-il écrit.

Le président du parti Ensemble pour la République estime que les manifestants exerçaient un droit fondamental garanti par la Constitution.

« Marcher pacifiquement pour défendre la Constitution n’est pas un crime ! Pourtant, aujourd’hui en RDC, des Congolaises et des Congolais qui exerçaient simplement leur droit de manifester ont été violemment attaqués par la milice de l’UDPS, la Force du Progrès, sous le regard complice des forces de l’ordre », accuse-t-il.

Selon lui, plusieurs personnes auraient été blessées au cours des affrontements, confirmant ainsi les témoignages déjà relayés par d’autres figures de l’opposition.

L’opposition promet de poursuivre le combat malgré la répression

Malgré la violence des événements, Moïse Katumbi assure que son camp ne cédera pas.

« Face à la sauvagerie, nous ne reculerons pas ! Nous continuerons à nous battre, par des moyens pacifiques et démocratiques, pour défendre la Constitution, nos libertés et l’avenir de la RDC », a-t-il déclaré.

Ces propos s’inscrivent dans une ligne dure adoptée par la coalition C64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Delly Sessanga et Moïse Katumbi, tous mobilisés contre le projet de réforme constitutionnelle qu’ils jugent dangereux pour les acquis démocratiques.

Des accusations de violences qui enflamment le débat politique

Ces nouvelles déclarations interviennent alors que Martin Fayulu a, de son côté, évoqué un bilan particulièrement lourd comprenant des morts et de nombreux blessés lors de la dispersion du sit-in.

Des vidéos et témoignages continuent de circuler sur les réseaux sociaux, alimentant les accusations de brutalités et de vandalisme.

Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ces différentes accusations, laissant planer un climat d’incertitude autour du déroulement réel des événements.

Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions politiques autour du débat constitutionnel, ces nouveaux développements risquent d’accentuer encore davantage la fracture entre pouvoir et opposition en République démocratique du Congo.

Tirs, blessés et morts présumés : le récit choc de Martin Fayulu après le sit-in de la C64

La tension politique est montée d’un cran ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa lors du sit-in organisé par la coalition d’opposition Article 64 (C64) contre le projet de réforme constitutionnelle porté par le régime de Félix Tshisekedi. Prévue devant le Palais du Peuple, la manifestation s’est tenue malgré l’interdiction des autorités provinciales, qui avaient demandé aux organisateurs de délocaliser l’activité vers le terrain Assossa.

La C64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga et d’autres figures de l’opposition, dénonce une initiative qu’elle considère comme une menace contre les acquis démocratiques et les dispositions jugées intangibles de la Constitution, notamment l’article 220.

Au fil de la journée, des affrontements ont été signalés entre manifestants et forces de l’ordre aux abords du Palais du Peuple ainsi qu’au siège de l’Ecidé, le parti de Martin Fayulu. Plusieurs responsables de l’opposition, dont Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi, auraient été blessés lors des échauffourées, selon des témoignages recueillis sur place.

Martin Fayulu annonce deux morts

Joint au téléphone par nos confrères d’ACTUALITE.CD depuis le siège de son parti, où il s’était retranché avec plusieurs responsables de l’opposition, Martin Fayulu a livré un témoignage alarmant sur les événements de la journée.

« Nous sommes blessés, gravement blessés. On ne peut pas sortir parce que la police est là en train d’aider les éléments de la Force du Progrès », a déclaré l’opposant.

Selon lui, le bilan des violences serait particulièrement lourd. « Ils ont déjà tué deux personnes devant le siège et ont pris les corps », a-t-il affirmé, évoquant également de nombreux blessés parmi les manifestants.

Martin Fayulu soutient que les participants au sit-in ont été repoussés jusqu’au Palais du Peuple avant que les forces de sécurité ne recourent à la force. « Quand nous sommes arrivés, ils ont vu qu’ils ne pouvaient rien faire. Ils ont commencé à tirer à balles réelles, puis ils se sont approchés et ont sorti des matraques pour nous frapper sur la tête », a-t-il déclaré.

L’opposant a notamment cité Jean-Marc Kabund parmi les personnes blessées. « Il y a beaucoup de blessés, avec deux morts », a-t-il conclu.

Des accusations de vandalisme contre la Force du progrès

Parallèlement aux affrontements enregistrés lors du sit-in, des actes de vandalisme ont été signalés au siège de l’Ecidé. Plusieurs témoins accusent des individus présentés comme membres de la « Force du progrès », mouvement de jeunes proche de l’UDPS, d’avoir saccagé et pillé les installations du parti.

Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des individus emportant du matériel et endommageant plusieurs biens appartenant à la formation politique de Martin Fayulu. Des témoins affirment également que les forces de l’ordre présentes sur place ne seraient pas intervenues pour empêcher ces actes.

À l’heure de la publication de cet article, aucune réaction officielle de la Police nationale congolaise n’avait encore été enregistrée concernant ces accusations.

Un climat politique de plus en plus tendu

Ces incidents surviennent dans un contexte de fortes tensions autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. La coalition Article 64 multiplie les actions pour dénoncer ce qu’elle considère comme une tentative de modification des dispositions fondamentales de la Constitution.

Dans les rangs de l’opposition, plusieurs responsables politiques réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités dans les violences enregistrées lors de cette journée de mobilisation.

Jusqu’à présent, les autorités gouvernementales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel des incidents survenus à l’occasion de ce sit-in de ce 12 juin 2026.

Kinshasa : Martin Fayulu blessé lors de la manifestation de la C64 contre le changement de la Constitution

Martin Fayulu a été blessé ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa lors de la manifestation organisée par la coalition « C64 » de l’opposition. Visage ensanglanté, le président de l’ECiDé a été touché à la tête devant l’esplanade du Palais du Peuple. La C64 est descendue dans la rue pour protester contre l’initiative de changement de la Constitution animée par le régime de Félix Tshisekedi. Celle-ci dénonce un projet qu’elle qualifie d’attaque contre les acquis démocratiques.

La veille, jeudi 11 juin, une réunion technique s’est tenue entre le Gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba et une délégation de l’opposition. L’objet : fixer l’itinéraire de la marche du 12 juin. Au terme des échanges, Daniel Bumba a demandé à la C64 d’organiser sa manifestation au terrain Assossa à Kasavubu. L’exécutif provincial a jugé l’esplanade du Palais du Peuple « inviolable ». La coalition a maintenu son intention de converger vers le Palais du Peuple, symbole du pouvoir.

Un front d’opposition élargi autour de Fayulu

Fayulu ne mène pas seul ce combat. Il est aux côtés de Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund. Ensemble, ils disent non à tout changement constitutionnel. Le mot d’ordre est clair : préserver la Constitution de 2006. Le refus du changement de la loi fondamentale fait consensus dans leurs rangs.

Pour sa part, Joseph Kabila a apporté son soutien à la démarche de l’opposition. Jeudi 11 juin dernier, l’ancien Président a appelé toutes les couches sociales au sursaut national. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « complot contre la Nation, la République et la démocratie ». Sa sortie renforce le camp du non au changement constitutionnel et complique l’équation politique pour le pouvoir en place.

Tensions entre manifestants et forces de l’ordre

La manifestation a finalement atteint le Palais du Peuple malgré l’itinéraire proposé par l’Hôtel de ville. Des tensions ont éclaté sur place entre les manifestants et les forces de l’ordre. L’incident impliquant Martin Fayulu illustre le climat de crispation autour du dossier constitutionnel.

Le rapport de force entre droit de manifester et maintien de l’ordre public reste au centre des interrogations à Kinshasa.

La coalition C64 reporte sa plainte contre le président Tshisekedi

L’opposition congolaise n’ira finalement pas au contentieux ce mardi 9 juin 2026. La coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a annoncé, dans un communiqué publié lundi soir, le report du dépôt de sa plainte contre le président de la République, Félix Tshisekedi. Motif invoqué : l’apparition, « au cours des derniers jours », de nouveaux éléments juridiques et factuels que la coalition souhaite intégrer à son dossier, ainsi que des pièces supplémentaires récemment recueillies.

 « Détermination inébranlable » malgré le report

Dans ce texte signé par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Floribert Sesanga, la coalition réaffirme sa « détermination inébranlable à défendre l’ordre constitutionnel et l’État de droit ». Les cinq ténors de l’opposition promettent de poursuivre, « avec responsabilité, rigueur et fermeté », toutes les actions nécessaires à l’accomplissement de leur mission « dans l’intérêt supérieur de la République ».

Ce report intervient dans un contexte tendu. Le 3 juin dernier, C64 avait observé une journée ville morte à Kinshasa. La coalition avait alors annoncé le dépôt d’une plainte à charge du chef de l’État, qu’elle accuse de « coup d’État contre la Constitution ». Un sit-in est également toujours prévu le 12 juin prochain devant le Parlement, pour exiger des députés nationaux le retrait de la proposition de loi Ngondakoy, qui fixe les conditions d’organisation d’un référendum en RDC.

Maniema : le président de l’Assemblée provinciale destitué, la questure sauvée in extremis

L’hémicycle de l’Assemblée provinciale du Maniema a retenu son souffle, ce lundi 8 juin 2026. Au bout d’un vote aussi bref que décisif, Junior Kibungi Mutanga a cessé d’être le président de l’institution. Sur les 14 députés présents, 13 ont voté sa destitution. Un seul s’est abstenu. Aucune voix contre.

Un verdict implacable qui sonne comme un désaveu cinglant à l’encontre de celui qui dirigeait l’organe délibérant provincial. Plusieurs semaines de tensions, de manœuvres et de pétitions viennent de trouver leur épilogue.

Mais la séance réservait une autre surprise, tout aussi politique, quoique d’une tout autre nature.

Le questeur sauve les meubles

Visé par la même procédure de déchéance, le questeur Assani Os Noel a, lui, été blanchi. Les 14 députés présents ont unanimement rejeté la pétition initiée contre lui. Un vote en blancseing qui lui permet de conserver son poste, contrairement à son désormais ex-président.

Un maintien qui en dit long sur les équilibres fragiles et les alliances changeantes au sein de l’hémicycle provincial. À l’heure où la poussière retombe, une certitude demeure : la questure incarne désormais un pôle de stabilité, là où la présidence vacille.

Les racines d’une chute annoncée ?

Pour comprendre ce lundi de chaos politique, il faut remonter au 11 mai 2026. Ce jour-là, un groupe de députés provinciaux déposait une pétition de déchéance visant l’intégralité du bureau de l’Assemblée. En cause : une « mauvaise gestion » et une « incapacité à assurer efficacement la conduite de l’institution », selon les mots des pétitionnaires.

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase remonte à une plénière explosive, consacrée à l’interpellation du gouverneur du Maniema, Moïse Kabwankubi. Lors de cette séance, le décompte des voix à main levée avait été vigoureusement contesté par plusieurs députés. Le climat était déjà électrique. Il ne demandait qu’à exploser.

Un bureau d’âge pour gérer la crise

Face à la montée des tensions, un bureau d’âge avait été mis en place pour tenter de gérer la crise institutionnelle. Une solution provisoire, mais qui aura permis d’organiser le vote de destitution dans des conditions jugées régulières.

Désormais, un vide présidentiel s’ouvre à la tête de l’Assemblée provinciale. Dans les prochains jours, les élus devront procéder à l’élection d’un nouveau président. Un scrutin sous haute surveillance, alors que les équilibres politiques restent fragiles et que les ambitions personnelles pourraient ressurgir.

Un nouveau chapitre sous tension

Ce vote met fin à plusieurs semaines de psychodrame politique au sein de l’organe délibérant provincial. Mais il ouvre aussi un nouveau chapitre, tout aussi incertain, dans la crise qui secoue le Maniema.

Reste à savoir si cette secousse politique permettra d’assainir le fonctionnement de l’institution ou si, au contraire, elle ne fera qu’exacerber les rivalités. Une chose est sûre : les regards sont désormais tournés vers la questure, seule entité rescapée, et vers la prochaine élection présidentielle de l’Assemblée.

Ils sont venus, ils sont repartis : l’énigme des migrants de Trump en RDC

Ils étaient quinze, arrivés en catimini le 17 avril. Moins de deux mois plus tard, plus de la moitié a déjà plié bagage. Simple coïncidence ou fin programmée d’un bras de fer politique ?

C’était une annonce qui avait fait grincer des dents, de Kinshasa à Bruxelles, en passant par les salons feutrés de l’opposition congolaise. Le 17 avril 2026, les autorités de la RDC admettaient sur leur sol quinze migrants en provenance des États-Unis – des ressortissants de pays tiers, ni congolais, ni américains, placés là comme dans une antichambre de l’exil.

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Le gouvernement avait martelé : « transitoire, temporaire, limité dans le temps ». Promesse tenue. Ce vendredi 5 juin, le ministère de la Communication a livré un bilan sec, presque clinique : plus de la moitié a déjà quitté le territoire.

« À ce jour, plus de la moitié des quinze ressortissants admis sur le territoire national le 17 avril 2026 ont déjà quitté la RDC pour regagner leurs pays d’origine. D’autres départs interviendront incessamment. »

Traduction : la parenthèse congolaise se referme. Aussi vite qu’elle s’était ouverte.

Un dispositif né dans la discrétion, mort dans l’indifférence officielle

Dès son annonce, ce mécanisme d’accueil temporaire avait tout d’une énigme. Pourquoi la RDC, pays déjà fragilisé par des décennies de crises humanitaires, accepterait-elle de jouer les salles d’attente pour des migrants rejetés par l’Amérique de Donald Trump ? Et surtout, quels étaient ces quinze voyageurs sans nom ?

Le gouvernement n’a jamais détaillé leurs nationalités, ni les critères de leur sélection. Seule certitude : ils étaient sous statut temporaire, logés, surveillés, puis reconduits vers une destination finale – leur pays d’origine ou une autre terre d’accueil.

Aujourd’hui, la moitié est déjà repartie. Les autres suivront. « Incessamment », promet le communiqué.

Le ministère de la Communication a tenu à rappeler, comme pour conjurer toute critique :

« Ces évolutions confirment le caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps de ce mécanisme, tel qu’annoncé dès son lancement. »

Une mise au point qui ressemble étrangement à un plaidoyer.

L’opposition dénonce un marché avec Trump : Kinshasa répond par la souveraineté

Car dans l’ombre de ce dispositif discret, une bataille politique faisait rage. Dès avril, plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme une atteinte à la souveraineté nationale. Leur thèse : Kinshasa aurait conclu un arrangement tacite avec l’administration Trump pour se faire bien voir de Washington, quitte à servir de plaque tournante migratoire.

Le gouvernement, lui, a toujours balayé ces allégations. Dans son communiqué du 5 juin, il réaffirme « son attachement au respect de la souveraineté nationale, des lois de la République et des intérêts supérieurs de la Nation ».

Une formulation qui sonne comme un rempart rhétorique contre les accusations de complaisance.

Au Parlement, l’affaire avait provoqué quelques remous. Plusieurs élus avaient réclamé un débat de fond sur les contours et les implications de ce dispositif. Un débat qui, à ce jour, n’a jamais eu lieu. Silence radio dans l’hémicycle. Comme si le sujet, trop sensible, avait été relégué aux oubliettes de l’agenda politique.

Le paradoxe congolais : terre d’accueil sous conditions

Ce bref épisode migratoire met en lumière un paradoxe qui habite la RDC depuis des années. D’un côté, le pays est l’un des plus généreux d’Afrique en matière d’accueil de réfugiés – des centaines de milliers de déplacés rwandais, burundais, centrafricains et sud-soudanais ont trouvé refuge sur son sol. De l’autre, il peine à maîtriser sa propre souveraineté face aux pressions diplomatiques des grandes puissances.

L’affaire des quinze migrants américains est, à sa manière, un miroir grossissant de cette tension permanente. Un jeu d’équilibriste entre humanité et realpolitik, entre nécessité de plaire à Washington et impératif de ne pas braver l’opinion publique nationale.

Le gouvernement a choisi de jouer la montre. Les migrants sont repartis. Le calme est revenu. Reste une question en suspens : ce dispositif temporaire était-il un test ? Et si oui, que préparent les autorités pour la suite ?

Le silence parlementaire, dernier mystère de cette affaire

Aucune réaction officielle de l’opposition, ce vendredi, après l’annonce des départs. Aucune convocation d’urgence, aucune déclaration fracassante. Seul le communiqué gouvernemental, lisse et rassurant, occupe l’espace médiatique.

Pourtant, l’absence de débat parlementaire reste une anomalie dans une démocratie qui se veut vibrante. Quinze migrants, ce n’est rien. Mais le précédent, lui, pourrait peser lourd. Si un accord similaire venait à être renouvelé – avec plus de personnes, plus de visibilité –, les mêmes critiques reviendraient, plus acerbes.

Le gouvernement le sait. C’est sans doute pourquoi il insiste sur le caractère unique et provisoire de cette opération.

Les quinze sont presque tous partis. L’épure se referme. Et l’histoire retiendra simplement qu’un vendredi de juin, Kinshasa a rendu sa copie migratoire à Washington, avant de tourner la page.

Mais dans les couloirs feutrés de la diplomatie, les accords ne meurent jamais vraiment. Ils s’endorment. En attendant le prochain réveil.

Ultimatum américain : Washington donne six semaines au Rwanda pour évacuer la RDC

Le M23 et Kigali sous pression maximale : l’horloge tourne .C’est une douche froide pour Kigali. Un coup de poing diplomatique sur la table du monde. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, vient de transformer une négociation poussive en un compte à rebours implacable. Devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, il a fixé une date, sans fioritures, sans échappatoire : mi-juillet 2026. D’ici là, l’armée rwandaise devra avoir évacué le territoire congolais.

« Les choses avancent – pas assez vite, certes – mais nous espérons que le retrait des troupes rwandaises de la région sera effectif d’ici le milieu du mois prochain. »

Ces quelques mots, prononcés lors de l’audition sur le budget du Département d’État, résonnent comme un glas. Pour la première fois, Washington ne se contente plus d’appels à la retenue. Elle fixe une échéance.

Un accord de paix en lambeaux, des sanctions en embuscade

L’accord de paix signé en juin 2025 sous l’égide de l’administration Trump – l’Accord de Washington – n’a jamais vraiment pris vie. Rubio l’admet lui-même : il n’est « pas bien respecté ». Les violations se sont accumulées, les suspicions mutuelles entre Kinshasa et Kigali ont envenimé un climat déjà délétère, et sur le terrain, les troupes rwandaises sont restées.

Alors Washington a changé de registre.

En février dernier, premières sanctions : le général rwandais à la retraite James Kabarebe et Laurence Kanyuka, porte-parole du M23, sont visés. Début mars, l’étau se resserre : cette fois, c’est l’armée rwandaise elle-même – la Rwanda Defence Force – et quatre de ses hauts gradés, dont le chef d’état-major, qui subissent les foudres américaines.

Rubio le reconnaît sans ambages : ces sanctions commencent à porter leurs fruits. « Nous commençons à observer un certain respect de l’accord du côté rwandais », a-t-il déclaré. Un aveu précieux. La pression économique et militaire agit comme un mors sur la nuque de Kigali.

Le M23, problème à régler : l’isolement d’un mouvement acculé

Mais l’évacuation des troupes ne suffira pas à effacer toutes les cicatrices. Rubio a été limpide : « Bien sûr, il reste le problème du M23 à régler. » En quelques mots, il relègue la rébellion soutenue par Kigali au rang de vestige encombrant, une formalité sécuritaire plutôt qu’une menace géopolitique.

Pour le M23, qui a déjà perdu du terrain ces derniers mois, l’addition est salée. Son principal parrain est désormais sous les projecteurs américains, sommé de choisir entre une retraite négociée ou un étranglement financier accru. Le processus de Doha, au Qatar, où le mouvement rebelle est engagé, apparaît soudain bien fragile.

Kinshasa savoure, l’horloge tourne

Pour la RDC, c’est une victoire symbolique mais éclatante. Les États-Unis, garants de l’accord, refusent de laisser la paix se réduire à une coquille vide. En fixant un ultimatum public, Washington envoie un triple message :

  • À Kigali : pliez ou subissez.

  • Au M23 : votre fenêtre de tir se rétrécit.

  • Au monde : l’Amérique ne tolère plus les atermoiements.

Restent six semaines. Six semaines pour que les troupes rwandaises franchissent à rebours les frontières de l’Est congolais. Six semaines pour que Kigali prouve sa bonne foi – ou pour que les sanctions grimpent encore d’un cran.

Le 15 juillet approche. La République démocratique du Congo retient son souffle. Et dans les couloirs feutrés de la diplomatie, on murmure déjà : ce ne sont pas des promesses que Washington distribue, mais des sommations.

Washington serre la vis dans l’est de la RDC : deux chefs du renseignement des FDLR et du M23 dans le viseur américain

Ce n’est pas un simple communiqué de plus. C’est un coup de semonce. Mercredi 3 juin 2026, les États-Unis ont dégainé une arme qu’ils maîtrisent mieux que quiconque : la puissance de leur système financier. Cette fois, la cible n’est pas un gouvernement, mais deux hommes, deux cerveaux de l’ombre, deux architectes du chaos qui ensanglante l’est de la République démocratique du Congo depuis trop longtemps.

Gustave Kubwayo, alias « Colonel Sirkoof ». John Imani Nzenze. Le premier est un chef du renseignement des FDLR, cette nébuleuse issue des génocidaires rwandais en exil. Le second est l’homme de l’ombre du M23, le bras armé de la rébellion qui éventre le Nord-Kivu. Le Département du Trésor américain vient de les prendre dans ses filets. Sanctions ciblées. Avoirs gelés. Interdiction formelle pour tout citoyen ou entité américaine de commercer avec eux.

Traduction : ces hommes deviennent, du jour au lendemain, des parias financiers sur la scène internationale.

Deux profils, une même mécanique de destruction

Plongeons dans les trajectoires glaçantes de ces deux cibles. Gustave Kubwayo n’est pas un simple soldat. Il dirige une unité de renseignement des FDLR. Derrière ce titre technique se cache une réalité brute : il est l’un de ceux qui organisent, planifient et exécutent la terreur. Les FDLR, rappelons-le, traînent une histoire lourde comme le génocide des Tutsi au Rwanda. Mais sur le terrain congolais, ils sont devenus des prédateurs ordinaires : massacres de civils, viols systématiques, pillages, travail forcé. Kubwayo est l’un de leurs stratèges.

De l’autre côté du miroir sanglant, John Imani Nzenze. Lui aussi est un homme de l’ombre. Chef du renseignement du M23, il est l’un des plus proches collaborateurs de Sultani Makenga, le commandant militaire redouté de la rébellion. Le M23 n’a pas besoin de présentation : en quelques mois, ses hommes ont conquis des territoires entiers, déplacé des centaines de milliers de civils, semé la mort et la désolation. Nzenze, c’est le regard froid, l’oreille qui collecte, l’intelligence qui anticipe et frappe.

Deux ennemis jurés, deux groupes opposés sur le terrain ? Peu importe aux yeux de Washington. Tous deux partagent une même responsabilité : alimenter l’instabilité dans la région des Grands Lacs. Tous deux ont du sang sur les mains.

Une sanction qui parle plus fort que des bombes

Que signifie concrètement cette décision ? D’abord, le gel immédiat de tous leurs avoirs présents sur le sol américain. Ensuite, une interdiction absolue pour toute entreprise ou citoyen des États-Unis d’entretenir des liens financiers ou commerciaux avec ces hommes. Et comme le dollar reste la monnaie du monde, cette interdiction aura des répercussions bien au-delà des frontières américaines. Les banques européennes, asiatiques ou africaines qui travaillent avec le système financier américain devront choisir leur camp.

C’est une sanction étouffoir. Une asphyxie programmée. Moins spectaculaire qu’un raid militaire, mais infiniment plus vicieuse et efficace à long terme.

Washington l’a bien compris : frapper les chefs militaires, c’est bien. Mais frapper les chefs du renseignement, c’est encore mieux. Parce qu’eux sont les nerfs invisibles de la guerre. Sans eux, plus d’information, plus de coordination, plus de stratégie. Les États-Unis ne visent pas seulement les bras armés. Ils visent les cerveaux.

Un signal équilibré dans une région inflammable

Cette double sanction est aussi un message politique fort. En désignant à la fois un cadre des FDLR et un responsable du M23, Washington affiche une position d’équilibre. Pas de parti pris. Pas de complaisance. Les bourreaux sont partout, et ils seront traqués partout.

C’est une réponse cinglante à ceux qui accusent parfois les États-Unis de fermer les yeux sur certaines exactions selon leurs alliés du moment. Ici, le message est limpide : quiconque alimente la violence dans l’est de la RDC, quelle que soit sa bannière, devra rendre des comptes.

Cette annonce survient dans un contexte de tensions explosives. Au Nord-Kivu, en Ituri, les populations continuent de fuir. Des villages entiers sont réduits en cendres. Les camps de déplacés regorgent d’enfants aux joues creusées par la faim. Les initiatives diplomatiques régionales se multiplient – processus de Nairobi, médiations angolaises, déploiement de la force régionale – mais la machine à tuer, elle, ne s’arrête pas.

Une nouvelle ère de la pression financière ?

Les États-Unis ne découvrent pas les sanctions. Mais leur usage dans le contexte congolais prend une tournure nouvelle. Fini le temps où Washington se contentait de déclarations solennelles ou de reports d’aide. Désormais, on frappe au portefeuille. On frappe dans l’intime des réseaux financiers des groupes armés.

Reste à savoir si cette mesure aura un effet dissuasif réel. Les FDLR et le M23 ont jusqu’ici prospéré grâce à des circuits parallèles, à des soutiens régionaux discrets, à des filières d’approvisionnement qui ne passent pas nécessairement par Wall Street. Mais priver ces responsables d’accès au système bancaire international, c’est aussi compliquer leurs voyages, leurs traitements médicaux, l’éducation de leurs enfants, leurs alliances avec de potentiels parrains étrangers.

C’est une forme lente d’étouffement. Une guerre d’usure diplomatique.

L’espoir fragile des populations congolaises

Au-delà des considérations géopolitiques, c’est aux Congolais qu’il faut penser. Aux mères de Goma qui tremblent pour leurs filles. Aux pêcheurs de l’Édouard dont les pirogues sont réquisitionnées. À ces millions de déplacés qui vivent sous des bâches, dans la boue, avec pour seul horizon la peur au ventre.

Pour eux, cette annonce est un signe. Faible peut-être, insuffisant certainement. Mais un signe tout de même : le monde regarde. Le monde ne baisse pas les bras. Et les bourreaux, même bien planqués dans leurs quartiers généraux secrets, ne sont plus intouchables.

Washington a tiré une nouvelle salve dans la guerre économique contre l’impunité. Reste à savoir si cette balle financière atteindra vraiment ses cibles – ou si elle se perdra, comme tant d’autres, dans les brumes du Kivu.

Est de la RDC : une commission d’enquête de l’ONU arrive enfin pour briser l’impunité

C’est une nouvelle qui résonne comme un souffle d’espoir dans les couloirs silencieux du pouvoir congolais. Ce 7 juin 2026, des experts internationaux poseront enfin le pied à Kinshasa. Leur mission ? Enquêter sur les violations des droits humains qui ensanglantent l’Est de la RDC depuis des années.

L’annonce a été faite par la Première ministre Judith Suminwa, lors de la 91ᵉ réunion du Conseil des ministres. Et elle n’a pas caché son soulagement : après des mois d’attente, de pressions et de frustrations, la machine judiciaire internationale se met en branle.

« La mise en œuvre de cette Commission d’enquête internationale indépendante, longtemps retardée, est désormais en bonne voie. » — Judith Suminwa

De Kinshasa à Goma : sur les traces des crimes

Le parcours des experts sera jalonné de vérité et de risques. Leur première escale : Kinshasa, pour une semaine de travail préparatoire avec les autorités. Ensuite, direction l’Est meurtri, là où les exactions ont été les plus brutales.

Goma, Bukavu, les zones sous contrôle de l’AFC/M23… Autant de lieux de mémoire vive, où les populations civiles ont tout perdu, parfois la vie.

La Première ministre a été claire : le gouvernement mettra tout en œuvre pour garantir leur sécurité. Les ministères des Droits humains et de l’Intérieur sont mobilisés. Logistique, protection, accompagnement… rien ne devra entraver le travail de vérité.

Qui sont ces justiciers mandatés par l’ONU ?

Cette commission n’est pas sortie de nulle part. Elle est née d’une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (S-37/1), adoptée en février 2025, quelques jours après la chute de Goma et Bukavu aux mains de la rébellion soutenue par le Rwanda.

À sa tête, trois figures expérimentées :

  • Arnauld Akodjenou (Bénin) — Président

  • Maxine Marcus (Allemagne/États-Unis)

  • Clément Nyaletsossi Voule (Togo)

Leur mandat est aussi large que lourd : enquêter sur les violations du droit international humanitaire, les violences sexuelles, les crimes contre les enfants, les déplacés internes, et identifier les responsables présumés, quels qu’ils soient.

Un rapport pour l’histoire, une date pour la justice

Leur travail ne sera ni secret, ni sans suite. Le calendrier est fixé :

  • D’ici janvier 2026 : première mission terrain

  • Juin-juillet 2026 : mise à jour orale devant l’ONU

  • Entre février et avril 2027 : rapport final, transmis au Conseil des droits de l’homme et à l’Assemblée générale des Nations unies

Un délai long, certes. Mais pour la première fois, une lumière internationale se braque sur l’Est de la RDC avec une vraie capacité d’enquête et de citation des bourreaux.

Kinshasa lève les derniers obstacles

Judith Suminwa ne veut plus d’excuses. Elle a demandé au Vice-Premier ministre chargé du Budget et au ministre des Finances de dégager d’urgence les ressources nécessaires à l’accompagnement de la mission.

« Nos équipes doivent disposer des moyens opérationnels nécessaires pour assurer efficacement l’accompagnement de cette mission. »

Un signal fort adressé aux victimes, aux ONG, à la communauté internationale : la RDC ne se cache pas. Elle attend la vérité, aussi crue soit-elle.

Une étape décisive contre l’impunité

Ce 7 juin 2026 restera peut-être comme une date charnière. Celle où l’ONU a cessé de regarder ailleurs. Celle où des experts ont foulé le sol congolais avec un mandat clair : établir les faits, nommer les crimes, préparer la justice.

Pour les milliers de familles déchirées par les violences à Goma, Bukavu et dans les Kivus, c’est plus qu’une enquête. C’est une promesse. Celle qu’un jour, quelque part, des responsables paieront pour l’indicible.

« Pas de troisième mandat ! » : à Kinshasa, la rue s’embrase contre le changement de Constitution

Ce jeudi 28 mai, Kinshasa a retrouvé des airs de front. Dans la commune populaire de Masina, à l’est de la capitale congolaise, la contestation politique est descendue des salons climatisés pour enfler le bitume – littéralement.

Dès l’avant-midi, une centaine de jeunes se réclamant de l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (Ecide) – le parti de l’opposant Martin Fayulu – ont investi le boulevard Lumumba. Leur point de départ : le quartier 3. Leur objectif : rejoindre la permanence du parti située près du saut-de-mouton Pascal.

Mais avant d’y parvenir, ils ont décidé de marquer les esprits.

Pneus enflammés et barricades : le boulevard Lumumba paralysé

En quelques minutes, la circulation a été lourdement perturbée. Les manifestants ont érigé des barricades de fortune avec des branchages, des tôles et tout ce qui leur tombait sous la main. Sur la chaussée, des pneus ont été incendiés, crachant une fumée noire dans le ciel de Kinshasa.

Motards, conducteurs de taxis, commerçants : tout le quartier a retenu son souffle.

Pendant de longues minutes, aucun véhicule ne pouvait passer. Les klaxons se mêlaient aux cris des protestataires, donnant à cette matinée une ambiance électrique, presque théâtrale, mais terriblement réelle.

« Pas de troisième mandat à Félix Tshisekedi ! Pas de changement de Constitution ! »

Les slogans, scandés en lingala, ont résonné le long du boulevard. Une langue que tout Kinshasa comprend. Un message que personne ne peut ignorer.

L’opposition sonne la révolte : « ville morte » annoncée le 3 juin

Ces barricades ne sont peut-être qu’un apéritif. L’opposition a déjà programmé un acte plus fort : une journée « ville morte » prévue le 3 juin prochain à Kinshasa.

L’objectif est clair : dire non à toute révision constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Son deuxième mandat, légal, s’achève en 2028. Mais l’opposition est convaincue que le chef de l’État veut changer les règles du jeu en cours de route.

Dans leur ligne de mire également : la gestion de la crise sécuritaire avec le Rwanda et le président Paul Kagame. Certains responsables politiques parlent désormais sans détour de « rébellion contre la Constitution ».

Au Parlement aussi, le bras de fer s’intensifie

La tension ne se limite pas aux artères de Kinshasa. Elle a gagné l’hémicycle.

La veille, mercredi 27 mai, les députés du groupe « Ensemble » – seule force d’opposition à l’Assemblée nationale – ont boycotté l’examen d’une proposition de loi portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy.

Ce texte, jugé recevable sous réserve d’amendements par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ), porte sur les modalités d’organisation d’un référendum. Pour l’opposition, c’est une manœuvre de plus pour ouvrir la voie à un changement constitutionnel.

Le boycott est clair : pas de débat, pas de légitimité.

Une rue qui gronde, un régime sous pression

À Masina, les pneus ont fini par s’éteindre. La circulation a repris. Mais l’onde de choc, elle, ne retombe pas.

L’opposition joue son va-tout. Entre la rue, le Parlement et l’appel à la paralysie de Kinshasa, le message est limpide : toute tentative de révision constitutionnelle se heurtera à une résistance populaire.

Reste à savoir si le pouvoir répondra par la fermeté, le dialogue… ou le silence.

Une certitude : le climat politique congolais n’a jamais été aussi électrique depuis l’alternance de 2019.

Entre les barricades de Masina et le boycott à l’Assemblée nationale, la contestation du changement constitutionnel reprend des couleurs – et des flammes. Avec l’appel à une « ville morte » le 3 juin, l’opposition met la pression maximale. Kinshasa retient son souffle. Et les prochains jours diront si la rue parvient à dicter son tempo au pouvoir.

ADESCO : Christian Ilunga Mutombo prend la tête du parti à Mahagi

L’Alliance des Démocrates Socialistes Congolais (ADESCO) a nommé monsieur Christian Ilunga Mutombo au poste de président fédéral pour le territoire de Mahagi. L’annonce a été faite par l’intéressé, le 26 mai 2026, suite à un communiqué signé par la formation politique. Le jeune entrepreneur congolais remercie la direction nationale pour cette marque de confiance.

Cette nomination place Christian Ilunga Mutombo à la tête de la coordination politique du parti. Il prend les rênes d’un territoire stratégique de l’Ituri. Il promet de s’atteler immédiatement à la tâche pour redynamiser l’ADESCO localement et provincialement.

Un mandat axé sur la mobilisation et le travail de terrain

Dans son message, le nouveau président fédéral décrit sa mission comme une « responsabilité lourde », mais aussi un « engagement ferme » envers la population et les valeurs du parti.

Ses priorités sont claires :

Renforcer l’implantation de l’ADESCO dans tout le territoire de Mahagi et dans la province de l’Ituri,

Mobiliser la jeunesse autour du projet politique,

Promouvoir les valeurs démocratiques défendues par le parti,

Accompagner la vision de la haute direction nationale pour le développement de la province et du pays.

« La période est au travail concret plutôt qu’aux discours », a-t-il souligné. C’est un signal adressé aux militants et à la base.

L’ADESCO cherche à s’ancrer davantage en Ituri

Cette nomination s’inscrit dans une dynamique de structuration du parti dans l’Est de la RDC. En confiant la coordination de Mahagi à cet opérateur économique, l’ADESCO cherche à consolider sa présence et à préparer le terrain en vue des prochaines échéances politiques.

Le nouveau responsable remercie le secrétaire général et l’ensemble de la direction du parti pour leur confiance. Il annonce en effet une mise au travail immédiate pour donner un nouvel élan à l’ADESCO sur le terrain.

Haut-Katanga : Jacques Kyabula démissionne de son poste de Gouverneur

Le Gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a officiellement quitté ses fonctions le 21 mai 2026. Dans une lettre adressée au Chef de l’État, il explique sa décision par une absence prolongée à Kinshasa qui a fragilisé la gestion de la province.

Le désormais ancien Gouverneur souligne que cette absence prolongée dans la capitale l’a éloigné de Lubumbashi, chef-lieu de la province, à un moment jugé sensible sur le plan sécuritaire.

Face aux critiques et aux interrogations suscitées par cette situation, l’autorité provinciale affirme avoir pris acte de ses responsabilités. Il estime qu’un dirigeant public doit assumer les conséquences de son incapacité à assurer une présence continue dans sa province.

Une décision présentée comme un acte de responsabilité

L’exécutif provincial sortant présente sa démission comme un choix dicté par l’intérêt supérieur de la province et de la Nation. En outre, il souligne vouloir préserver la stabilité des institutions et le fonctionnement normal de l’administration du Haut-Katanga.

Bien plus, Jacques Kyabula réaffirme son adhésion à la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, en matière de paix et de développement. Il se dit disponible pour continuer à servir l’État sous toute autre forme que l’exécutif jugera appropriée.

Une province marquée par des enjeux sécuritaires

Le Haut-Katanga, province minière stratégique de la RDC, traverse une période où la stabilité sécuritaire reste une préoccupation majeure. L’absence prolongée de son Gouverneur avait alimenté les débats sur la continuité de l’autorité provinciale.

La province représente un enjeu économique majeur pour la RDC en raison de ses ressources minières et de sa position frontalière avec la Zambie.

Chronologie de l’absence

L’ancien Gouverneur a été convoqué à Kinshasa en date du 10 juillet 2025 par le ministère de l’Intérieur. Après plus de deux semaines d’absence et de silence, il y est finalement arrivé le lundi 28 juillet 2025. Il n’a assuré aucune activité publique liée à ses fonctions depuis ce jour. La gestion de la province est depuis lors confiée à son vice-gouverneur Martin Kazembe.

RDC : cinq poids lourds de l’opposition lancent la Coalition article 64

Ce mardi 19 mai, dans une salle de Kinshasa placée sous haute sécurité, les visages se sont succédé à la tribune. Martin Fayulu, l’infatigable opposant. Moïse Katumbi, le poids lourd du Shaba. Delly Sesanga, la plume acérée. Matata Ponyo, l’ancien Premier ministre au verbe précis. Jean-Marc Kabund, l’ex-transfuge de la majorité devenu critique acharné du pouvoir.

Tous ont répondu présents. Derrière eux, une constellation de mouvements citoyens, de figures associatives et de partis d’opposition s’est regroupée sous une même bannière : la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel, plus connue sous le nom de C64.

Cette fois, les leaders de l’opposition n’étaient pas réunis pour un simple exercice politique. Au contraire, ils ont lancé un avertissement solennel face à ce qu’ils considèrent comme une menace directe contre la Constitution congolaise.

Depuis plusieurs semaines, l’idée d’une révision constitutionnelle alimente les tensions politiques à Kinshasa. Pour la C64, cette perspective cache surtout une volonté d’ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

L’article 64 au cœur du combat politique

Pour comprendre la portée de cette initiative, il faut revenir à l’article 64 de la Constitution congolaise. Ce texte, souvent peu évoqué dans le débat public, constitue pourtant un puissant levier juridique et symbolique.

L’article stipule que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution. Il précise également que toute tentative de renversement du régime constitutionnel représente une infraction imprescriptible contre la nation et l’État.

C’est précisément cet article que la coalition a choisi comme nom et comme étendard politique.

« Toute tentative de changer la Constitution, par quelque mécanisme que ce soit, constitue un renversement de l’ordre constitutionnel », ont martelé les signataires.

Dans la foulée, les opposants ont directement visé le chef de l’État. Selon eux, « en poursuivant cet objectif, M. Félix Tshisekedi viole le devoir de sa charge et se rend coupable du crime imprescriptible de haute trahison conformément à l’article 64 alinéa 2 et 165 ».

Les mots sont lourds. Les accusations aussi. Pourtant, les figures de l’opposition semblent désormais déterminées à hausser le ton face au pouvoir.

« Pas de troisième mandat » : la C64 hausse le ton

La coalition n’a laissé planer aucun doute sur ses intentions. Dans une déclaration lue devant une assistance attentive, les responsables ont affirmé : « Il n’y aura pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, ni glissement, ni changement de Constitution. »

Ensuite, les opposants ont franchi un nouveau cap en appelant ouvertement à la résistance.

« À l’expiration de son mandat, ou dès l’enclenchement du putsch constitutionnel, Félix Tshisekedi perdra tout droit d’engager la République et sera considéré comme un hors-la-loi », ont-ils déclaré.

Puis, la déclaration s’est durcie davantage : « Une résistance doit immédiatement lui être opposée. »

Enfin, les leaders de la C64 ont conclu avec une formule qui résonne comme un ultimatum politique : « Avec ou sans élections, Félix Tshisekedi devra quitter le pouvoir de gré ou de force. »

À Kinshasa, ces propos provoquent déjà de nombreuses réactions. Car depuis plusieurs années, l’opposition congolaise apparaissait fragmentée et affaiblie. Désormais, plusieurs figures majeures semblent avoir trouvé un terrain d’entente autour de la défense de l’ordre constitutionnel.

Un projet de référendum dans le viseur

Selon les membres de la C64, le déclencheur de cette mobilisation reste une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale par un député de la majorité présidentielle.

Ce texte prévoit l’organisation d’un référendum. Cependant, l’opposition y voit une tentative de contourner les verrous constitutionnels liés à la limitation des mandats présidentiels.

La coalition réclame donc le retrait immédiat de cette proposition. En parallèle, elle rejette toute interprétation qui présenterait cette initiative comme liée à des engagements diplomatiques récents.

Pour les opposants, il s’agit clairement d’une tentative de « putsch constitutionnel ».

Au-delà du débat sur un éventuel troisième mandat, la C64 critique également la gouvernance actuelle. Elle dénonce notamment la persistance des conflits armés dans l’Est de la RDC, la présence de groupes armés étrangers, la fragilisation des institutions et les restrictions progressives des libertés publiques.

Par ailleurs, certains responsables de la coalition accusent le pouvoir d’utiliser de nouvelles structures sécuritaires comme des instruments de répression politique.

Une union historique de l’opposition… mais jusqu’à quand ?

La naissance de la Coalition article 64 marque un tournant politique majeur en RDC. Pour la première fois depuis longtemps, plusieurs grandes figures de l’opposition affichent publiquement un front commun contre toute modification de la Constitution.

Cependant, cette unité reste fragile.

Martin Fayulu continue de se considérer comme le vainqueur de l’élection présidentielle de 2018. De son côté, Moïse Katumbi conserve ses propres réseaux politiques et ses ambitions nationales.

Quant à Delly Sesanga, Matata Ponyo et Jean-Marc Kabund, chacun possède sa base politique, son parcours et ses calculs.

Malgré ces différences, les leaders de la coalition misent actuellement sur la convergence. Tous affirment vouloir défendre la Constitution et empêcher toute prolongation du mandat présidentiel au-delà de 2028.

Les prochains mois seront donc décisifs. Ils permettront de savoir si cet appel à la résistance restera symbolique ou s’il se transformera en véritable force politique capable d’influencer l’avenir de la RDC.

En attendant, Kinshasa observe cette nouvelle alliance avec attention. Car lorsque l’opposition congolaise parle d’une même voix, l’écho dépasse souvent les rives du fleuve Congo.

RDC : Denis Mukwege lance « Touche pas à ma Constitution » face aux risques de révision

Le Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege, a publié une déclaration le 17 mai 2026 pour dénoncer à la fois l’impasse sécuritaire dans l’Est et ce qu’il qualifie de « mépris des principes démocratiques » par la majorité présidentielle. Il appelle à un sursaut citoyen pour empêcher toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels en République Démocratique du Congo.

Dans un contexte marqué par l’instabilité institutionnelle et la guerre dans l’Est, le médecin de Bukavu invoque les articles 219 et 220 de la Constitution pour rappeler l’interdiction de toute révision pendant l’état de guerre et la limitation à deux mandats.

Une guerre dans l’Est occultée par le débat constitutionnel

Denis Mukwege dénonce le décalage entre l’urgence sécuritaire et le débat politique à Kinshasa. Il rappelle que l’accord de Washington signé le 27 juin 2025 et le processus de Doha du 19 juillet 2025 n’ont pas mis fin à l’occupation du Nord et du Sud-Kivu par les forces rwandaises et leurs supplétifs.

Pour lui, l’Union sacrée utilise ces négociations comme un écran de fumée tout en continuant à occuper les postes de l’État. Il met en garde : organiser un référendum ou des élections sans la participation de plus de 12 millions de Congolais du Kivu reviendrait à exclure une partie du pays et à fragiliser toute légitimité démocratique. La priorité, selon lui, reste la fin de la guerre et la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.

« Touche pas à ma Constitution » : un appel au sursaut citoyen

Sous le slogan « Touche pas à ma Constitution », Denis Mukwege exhorte les Congolais à se réapproprier le texte fondamental. Il cite le préambule de la Constitution qui désigne « l’impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme » comme causes de la ruine du pays.

Pour lui, le débat sur le contrat social intervient au mauvais moment, alors que les priorités devraient être la sécurisation de l’Est et la reconstruction de l’autorité publique.

Les articles 219 et 220 invoqués comme verrous constitutionnels

Le Prix Nobel s’appuie sur deux dispositions précises de la Constitution de la RDC. L’article 219 interdit toute révision pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège. L’article 220 déclare que « le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

Ces articles sont considérés comme des verrous intangibles depuis la révision constitutionnelle de 2011. Toute tentative de modification nécessiterait une procédure référendaire complexe, incompatible selon Mukwege avec la situation sécuritaire actuelle dans plusieurs provinces de l’Est.

Mise en garde contre une dérive autoritaire

Denis Mukwege met en garde contre une dérive autoritaire et un risque de déstabilisation accrue si le pouvoir s’engage dans ce débat. Il appelle les Congolaises et les Congolais à rejeter toute tentative de division et à rester unis pour répondre aux défis existentiels du pays.

Il réaffirme sa volonté de voir la RDC devenir un État de droit « puissant et prospère, fondé sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle ».

« Le Congo n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes et de femmes », martèle-t-il, pour souligner que la crise congolaise vient de la gouvernance et non de la Constitution.

La priorité, souligne-t-il, n’est pas de changer les règles du jeu, mais de les faire respecter.

Un positionnement constant depuis 2015

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de l’engagement de Denis Mukwege sur la gouvernance en RDC. Depuis 2015, le Prix Nobel de la Paix 2018 s’est régulièrement exprimé contre les tentatives de modification de la Constitution visant à prolonger les mandats présidentiels.

La déclaration intervient alors que la question d’une révision constitutionnelle revient régulièrement dans le débat public à Kinshasa, à moins de trois ans de la fin du second mandat présidentiel prévue le 20 janvier 2029.

La majorité entre révision technique et 3e mandat

Au sein de l’Union sacrée, la volonté de réviser la Constitution est officiellement assumée, mais les motivations divergent. Plusieurs cadres de la majorité présidentielle présentent la démarche comme une nécessité technique pour adapter la loi fondamentale aux réalités du pays. Cependant, ils n’évoquent pas directement la question des mandats présidentiels. D’autres élus et alliés du pouvoir sont plus explicites et plaident ouvertement pour le maintien de Félix Tshisekedi au-delà de 2029.

Le Président congolais lui-même s’était exprimé sur le sujet lors de sa conférence de presse du 6 mai 2026. Il avait appelé à ne pas « prêter attention » aux déclarations des partisans d’un 3e mandat, tout en affirmant sa volonté de respecter la Constitution. Il avait cependant ajouté que « si le peuple l’exprime clairement », il pourrait aller au-delà des deux mandats prévus par l’article 220. Une sortie qui a relancé le débat sur l’interprétation de la volonté populaire face aux verrous constitutionnels.

L’opposition dénonce une manœuvre pour contourner l’alternance

Du côté de l’opposition, le rejet est quasi unanime. Martin Fayulu, lors de son point de presse du 12 mai 2026 à Kinshasa, a qualifié le débat sur la révision de « diversion dangereuse » organisée pour masquer l’échec sécuritaire et social du pouvoir. Il a rappelé que la Constitution ne peut être modifiée pendant l’état de siège et de guerre, conformément à l’article 219. Il a également accusé la majorité de préparer une confiscation du pouvoir.

D’autres leaders de l’opposition et de la société civile dénoncent aussi une « Constitution imposée par la majorité » qui ignorerait les priorités réelles des Congolais. Ils exigent que le Gouvernement concentre ses efforts sur la sécurisation de l’Est et l’organisation des élections dans les délais constitutionnels.

Une population divisée, mais majoritairement opposée à la révision

Sur le terrain, l’opinion reste partagée mais penche vers le rejet. Selon plusieurs observateurs, une majorité de Congolais se déclare opposée à toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels avant 2029.

L’argument principal avancé est le respect de l’alternance démocratique et la priorité donnée à l’organisation des élections générales prévues en décembre 2028.

Dans l’Est du pays, la question suscite aussi de la méfiance. Pour de nombreux habitants du Nord et du Sud-Kivu, discuter d’une révision constitutionnelle alors que plus de 12 millions de personnes restent privées de vote à cause de l’insécurité revient à exclure une partie du pays du débat national.

Le mot d’ordre « Touche pas à ma Constitution » gagne du terrain dans les mobilisations citoyennes.

Kongo Central : le sort du gouverneur Bilolo suspendu à un quorum fantôme – la plénière capote !

Le fauteuil du gouverneur tient toujours… par un fil. Ce mercredi 13 mai à Matadi, les débats tant attendus sur le sort de Grâce Bilolo ont tourné court. Faute d’un nombre suffisant de députés provinciaux dans l’hémicycle, la séance plénière consacrée à l’examen des réquisitoires du procureur général près la Cour de cassation a été purement et simplement suspendue.

Une douche froide pour les observateurs qui espéraient enfin une avancée dans ce feuilleton judiciaire et politique qui agite la province depuis plusieurs jours.

Une pléniire suspendue… les élus aux abonnés absents

L’Assemblée provinciale avait pourtant repris le chemin des débats ce mercredi. L’ordre du jour était clair : poursuivre l’examen des réquisitoires du parquet général, un document sensible visant directement l’autorité provinciale.

Mais voilà. Dans l’hémicycle, les bancs sont restés désespérément clairsemés. Sans quorum, pas de délibération possible. Le constat est tombé, sec, comme un couperet :

« Nous avons poursuivi la séance plénière entamée le jeudi 7 mai et reprise ce mercredi 13 mai. Il était question de continuer l’examen des réquisitoires du procureur général contre le gouverneur de province » , a sobrement expliqué Guylain Panzu, avant d’acter la suspension.

Résultat : aucune décision, aucun vote. Et le gouverneur Grâce Bilolo, dont l’immunité est au cœur du débat, repart avec un sursis providentiel.

Tensions, consultations et opinion publique sous tension

Derrière ce faux-semblant technique, c’est tout un climat politique fiévreux qui affleure. Selon des sources parlementaires, les élus provinciaux sont profondément divisés sur la conduite à tenir. Faut-il autoriser les poursuites judiciaires contre le gouverneur ? Ou bloquer la procédure pour raisons politiques ?

Car l’enjeu est de taille. Conformément à la loi congolaise, c’est bien l’Assemblée provinciale qui détient la clé : en examinant les réquisitoires, les députés peuvent lever ou non l’immunité de Grâce Bilolo, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites.

Pour l’instant, le suspense reste entier.

« Des consultations sont en cours entre les responsables de l’Assemblée provinciale pour réunir les conditions nécessaires à la tenue des débats » , indique-t-on du côté du secrétariat de l’assemblée.

Aucune nouvelle date n’a encore été officiellement annoncée.

Dans la rue et sur les réseaux sociaux, l’impatience gagne du terrain. De nombreux observateurs du Kongo Central appellent les institutions provinciales à la transparence et au strict respect des procédures légales. Personne ne veut d’une affaire qui traîne indéfiniment, dans l’opacité ou sous la pression des intérêts politiques.

Reste désormais à savoir si, lors d’une prochaine tentative, les élus se déplaceront en nombre. Car dans ce bras de fer judiciaire, un absent vaut parfois bien un vote. Et pour Grâce Bilolo, chaque fauteuil vide est, pour l’instant, une petite victoire.

RDC-Ouganda : visas, sécurité, commerce… Tshisekedi et Museveni fixent le cap à Entebbe

Les Présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni ont scellé, lundi 11 mai 2026, une feuille de route ambitieuse pour les relations RDC-Ouganda. Au State House, ils ont acté la réciprocité des visas d’ici août 2026, salué l’opération Shujaa et ordonné l’application immédiate de plusieurs accords signés. Ainsi, un Comité mixte permanent d’experts pilotera le suivi.

Visas : réciprocité promise avant le 31 août 2026

Kinshasa accélère les procédures afin d’exempter les Ougandais de visa d’ici le 31 août 2026. De son côté, le Gouvernement congolais salue la suppression des visas décidée par l’Ouganda pour ses ressortissants en janvier 2024, à l’issue de la 8e Commission mixte.

Par ailleurs, les deux pays veulent supprimer toute exigence de visa dans un délai de trois mois.

Défense et économie : Shujaa, infrastructures et intégration régionale

Les deux Chefs d’État saluent les résultats des opérations militaires conjointes. Selon le communiqué, l’opération Shujaa a neutralisé plusieurs forces négatives et rétabli la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.

En outre, Kinshasa et Kampala réaffirment leur soutien au processus de paix conduit par l’Union africaine. Ils rappellent également leurs rôles respectifs à la tête du Mécanisme régional de suivi et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

Sur le plan économique, Tshisekedi et Museveni constatent des avancées dans les infrastructures routières conjointes. L’axe Kasindi-Beni-Butembo reste essentiel pour la connectivité et les échanges commerciaux.

Afin de renforcer l’intégration dans la Communauté d’Afrique de l’Est, les deux dirigeants ordonnent trois mesures :

  • la suppression des barrières non tarifaires ;
  • la simplification des procédures douanières à Mpondwe et Goli ;
  • l’accélération des discussions sur les visas.

Par ailleurs, les deux pays abordent la gestion durable du Graben Albertin ainsi que des lacs Albert et Édouard. Des projets conjoints sont déjà prévus dans l’énergie, les hydrocarbures et l’électrification transfrontalière.

Cette rencontre vise aussi à soutenir l’industrialisation. De plus, la coopération agricole doit garantir la sécurité alimentaire et mieux valoriser les produits locaux.

Accords signés et prochain rendez-vous à Kinshasa

La visite s’est achevée avec la présentation des résultats de la 9e Grande Commission mixte. À cette occasion, plusieurs mémorandums d’entente et un protocole d’accord ont été signés. Ils concernent notamment le commerce, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme, le transport, la recherche et le sauvetage ainsi que l’administration publique.

En parallèle, un accord lie l’Autorité ougandaise des zones franches à l’Agence nationale de promotion des exportations de la RDC.

Les deux dirigeants ont ensuite instruit leurs ministres d’assurer l’application immédiate des mémorandums signés et des décisions issues de la 9e session. Ainsi, un Comité mixte permanent d’experts des deux pays a été créé pour garantir le suivi.

Enfin, le Président Tshisekedi a exprimé sa gratitude à Yoweri Museveni, au gouvernement et au peuple ougandais pour l’accueil réservé à sa délégation. De son côté, le Président Museveni a salué cette visite, estimant qu’elle renforce le destin commun des deux nations, de la CAE et de la région des Grands Lacs.

La 10e session de la Grande Commission mixte Ouganda-RDC se tiendra en mai 2028 à Kinshasa, à des dates qui seront fixées par voie diplomatique.

L’après conférence de presse de Tshisekedi : la Justice lance des poursuites pour outrages au Chef de l’État sur internet

Le ministère de la Justice a ordonné l’ouverture immédiate de poursuites judiciaires contre les auteurs de propos outrageants visant le Président de la République dans le cyberespace. La décision fait suite à une vague de publications injurieuses et menaçantes diffusées après la conférence de presse du 6 mai dernier.

Des infractions pénales non couvertes par la liberté d’expression

Dans un communiqué daté du 11 mai 2026, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, condamne « avec la plus grande fermeté » des agissements jugés d’une « particulière gravité ».

Le texte vise la diffusion répétée de contenus outrageants, injurieux, diffamatoires et menaçants à l’encontre du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Le document précise que ces actes ne relèvent pas de la liberté d’expression. Au regard du droit pénal congolais, ils constituent des infractions qualifiées et attentatoires à l’autorité de l’État. En outre, ils sont susceptibles de fragiliser la cohésion nationale ainsi que le respect des institutions.

Le Président, institution protégée par la loi

Le communiqué rappelle le statut du Président de la République. Garant de la Constitution, de l’unité nationale et du fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le Chef de l’État incarne une institution dont l’intégrité, la dignité et l’honneur bénéficient d’une protection juridique renforcée.

Injonction aux parquets : traquer les auteurs jusqu’à l’étranger

Le Ministre de la Justice a donné injonction aux autorités judiciaires compétentes de déclencher sans délai l’action publique. L’objectif : identifier techniquement, numériquement et judiciairement les auteurs des publications visées.

Cette action judiciaire prend aussi en compte ceux opérant depuis l’étranger. Il s’agit de procéder à leur interpellation selon les procédures légales.

Cette démarche s’inscrit dans les obligations constitutionnelles, légales et internationales de la RDC en matière de protection des institutions et de lutte contre la cybercriminalité.

Mise en garde contre l’incitation à la haine

Le ministère met aussi en garde contre toute instrumentalisation de figures publiques à des fins d’incitation à la haine, de provocation à la violence ou d’atteinte à l’ordre public. Ces faits feront l’objet de poursuites, conformément à la loi.

Aussi, le document réaffirme sa détermination à assurer le respect de l’autorité de l’État, la protection des institutions républicaines et l’assainissement du cyberespace national.

Fally Ipupa salué, Ferre Gola au cœur de la polémique

Le communiqué ne détaille pas le contenu des propos incriminés. Mais tout porte à croire que tout part de la conférence de presse du 6 mai.

Face aux médias, le Président Félix Tshisekedi a tenu à saluer la performance de Fally Ipupa au Stade de France. Devant les caméras, il a promis de décorer l’artiste dès son retour à Kinshasa, qualifiant le concert d’événement « historique pour la culture congolaise ».

La déclaration a enflammé les réseaux sociaux. Dans la foulée, des dérapages ont fusé. Plusieurs internautes se réclamant fans de Ferre Gola ont publié des messages virulents.

Leurs propos, jugés déplacés, visaient directement le Chef de l’État.

Ferre Gola sort du silence après sa rencontre avec Augustin Kabuya

L’affaire a vite pris une tournure politique. Ferre Gola a été reçu par le Secrétaire Général de l’UDPS, Augustin Kabuya.

L’entretien portait sur les tensions nées après la sortie médiatique du Président Congolais. À la suite de cet échange, l’artiste a coupé court : « Il n’existe aucun malentendu ».

Ferre Gola est attendu ce soir sur le plateau de « Bosolo na Politik ». L’artiste sera l’invité du journaliste Israël Mutombo.

Le Sénat Congolais examine les accords qui pourraient réécrire l’histoire des Grands Lacs

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. Dans l’hémicycle du Sénat de la République démocratique du Congo, les débats prennent une dimension historique. Cette fois, les sénateurs examinent en seconde lecture les Accords de Washington, signés sous médiation américaine. Ces textes portent un double objectif : consolider la paix avec le Rwanda et renforcer le partenariat stratégique avec les États-Unis.

Face aux élus, Thérèse Kayikwamba Wagner défend personnellement les accords. À ses côtés, le ministre des Relations avec le Parlement, Guy Loando Mboyo, accompagne les échanges. Le ton reste calme. Pourtant, l’enjeu politique et diplomatique est immense.

Un accord de paix sous haute tension

Le premier texte concerne l’Accord de paix RDC-Rwanda signé le 27 juin 2025. Officiellement, il prévoit la cessation des hostilités, le respect de l’intégrité territoriale ainsi qu’une coordination sécuritaire renforcée entre les deux pays.

En théorie, cet accord doit mettre fin à plusieurs décennies de tensions dans la région des Grands Lacs. Cependant, beaucoup restent prudents. L’Est congolais demeure marqué par les violences armées, les accusations de soutien aux groupes rebelles et les rivalités autour des ressources naturelles.

Ainsi, les optimistes espèrent une nouvelle ère diplomatique. À l’inverse, les sceptiques craignent un texte fragile, incapable de résister aux réalités du terrain.

Washington mise sur les minerais stratégiques congolais

Le second texte porte sur le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis. Cette fois, les discussions concernent principalement les minéraux critiques, l’énergie, les infrastructures et la sécurité.

Selon la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner, cet accord établit un cadre structuré de coopération avec des mécanismes conjoints de suivi. Elle insiste également sur le respect de la souveraineté nationale.

Derrière cet accord, un enjeu économique majeur apparaît clairement. Les États-Unis cherchent à sécuriser leur accès aux minerais stratégiques congolais, notamment le cobalt, le lithium et les terres rares, devenus essentiels pour la transition énergétique mondiale.

En échange, Washington promet des investissements, un soutien diplomatique et une coopération sécuritaire renforcée. Reste toutefois une question centrale : toutes les clauses seront-elles réellement respectées ?

Donald Trump au centre de la médiation

Le 4 décembre dernier, Donald Trump avait personnellement présidé la cérémonie de signature à Washington.

À cette occasion, Félix Tshisekedi et Paul Kagame avaient affiché une poignée de main hautement symbolique devant les caméras.

Plusieurs dirigeants africains avaient également participé à l’événement. Parmi eux figuraient Faure Gnassingbé, João Lourenço, Évariste Ndayishimiye et William Ruto.

L’Union africaine était également représentée, tout comme des émissaires du Qatar et des Émirats arabes unis.

À l’époque, l’administration Trump avait présenté ces accords comme « historiques » et capables de mettre fin à des décennies de conflit dans les Grands Lacs.

Le REIF, pilier économique des accords

Au-delà de la dimension sécuritaire, les accords reposent aussi sur un ambitieux projet économique : le Cadre d’intégration économique régionale, connu sous l’acronyme REIF.

Cette initiative soutenue par Washington vise à accélérer l’intégration économique entre la RDC et le Rwanda. Les discussions évoquent notamment des zones industrielles, des corridors logistiques et des mécanismes de coopération autour des ressources naturelles.

Pour le moment, plusieurs détails restent encore flous. Malgré cela, les promoteurs du projet parlent déjà d’une transformation économique majeure pour la région.

Parallèlement, Washington a signé avec Kinshasa un protocole élargi de coopération sécuritaire. Les États-Unis ont aussi conclu avec Kigali un « cadre pour une prospérité économique partagée ».

Les sénateurs congolais face à un choix historique

Au Sénat, l’examen de ces textes ne ressemble pas à une simple formalité parlementaire. En coulisses, plusieurs élus expriment déjà leurs inquiétudes.

Certains redoutent une influence excessive des États-Unis sur les décisions stratégiques congolaises. D’autres s’interrogent encore sur la sincérité du partenariat avec le Rwanda après des années de tensions régionales.

Face à ces critiques, Thérèse Kayikwamba Wagner tente de rassurer les sénateurs. La ministre répète que les accords respecteront pleinement la souveraineté nationale de la RDC.

Cependant, le débat reste loin d’être clos.

Entre espoir diplomatique et méfiance politique

Pour les promoteurs de ces accords, la région des Grands Lacs pourrait devenir un modèle de stabilité et de croissance économique. L’ambition séduit une partie de la classe politique congolaise.

Néanmoins, la réalité sécuritaire demeure fragile. Les conflits armés persistent dans l’Est du pays et les blessures historiques entre Kinshasa et Kigali restent profondes.

Ce vendredi 8 mai 2026, les sénateurs congolais savent donc qu’ils participent à un moment décisif. Leur vote pourrait ouvrir une nouvelle phase diplomatique pour la RDC. Mais il pourrait aussi raviver les doutes d’une population encore marquée par des décennies de crise.

Xénophobie en Afrique du Sud : la cheffe de la diplomatie congolaise attendue au « front » parlementaire

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. L’heure est grave. Derrière les murs de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, une question domine tous les débats : que font les autorités congolaises pour protéger leurs ressortissants confrontés à la vague xénophobe qui frappe l’Afrique du Sud ?

Cet après-midi, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, devra répondre devant les députés nationaux.

Jeudi, depuis le perchoir, Aimé Boji Sangara a annoncé la décision du Bureau de la chambre basse. Ainsi, les élus ont invité d’urgence la cheffe de la diplomatie congolaise afin d’éclairer la représentation nationale sur ce dossier sensible.

Une diaspora congolaise sous pression

Depuis plusieurs semaines, l’Afrique du Sud connaît une série de manifestations hostiles aux migrants africains. Dans plusieurs townships de Johannesburg, Pretoria et Le Cap, des ressortissants congolais subiraient des discriminations et parfois même des violences.

Par ailleurs, certains commerces auraient été pillés tandis que plusieurs familles vivent désormais dans la peur.

Face à cette situation, Aimé Boji Sangara a exprimé son indignation devant les députés. « Ces comportements portent atteinte à la dignité humaine », a-t-il déclaré. Ensuite, il a rappelé les principes de libre circulation et d’intégration défendus par l’Union africaine.

Cependant, le président de l’Assemblée nationale ne s’est pas limité à une simple condamnation. Il a également proposé l’envoi d’une délégation parlementaire congolaise en Afrique du Sud.

L’objectif serait double : consulter les parlementaires sud-africains et renforcer la protection des Congolais vivant sur place. En même temps, Kinshasa souhaite préserver ses relations diplomatiques avec Pretoria.

Pretoria sous pression diplomatique

La RDC n’est pas le seul pays africain à réagir. Mercredi déjà, Pretoria a dû répondre à plusieurs accusations de xénophobie venues d’autres capitales africaines.

Le Nigeria ainsi que le Ghana ont aussi exprimé leurs inquiétudes après des incidents visant leurs ressortissants.

Dans ce contexte tendu, l’audition de Thérèse Kayikwamba Wagner prend une importance particulière. Les députés attendent désormais des réponses concrètes.

Combien de Congolais vivent actuellement en Afrique du Sud ? Combien ont été victimes d’agressions ? Quelles démarches diplomatiques Kinshasa a-t-il déjà engagées ? Enfin, quelles garanties Pretoria peut-elle offrir ?

Autant de questions que les élus comptent poser à la ministre cet après-midi.

Une séance très attendue à Kinshasa

Dans quelques heures, la cheffe de la diplomatie congolaise fera donc face aux députés. Cette fois, l’attente est immense et la tension palpable.

Derrière les chiffres et les communiqués officiels, il y a surtout des vies bouleversées. Beaucoup de Congolais avaient choisi l’Afrique du Sud pour y construire leur avenir. Aujourd’hui, certains n’osent plus sortir de chez eux. D’autres ont perdu leurs commerces ou leurs biens.

Par conséquent, la réponse des autorités congolaises sera observée bien au-delà des frontières de la RDC. Fermeté diplomatique, protection consulaire et initiatives parlementaires : Kinshasa joue désormais sa crédibilité sur ce dossier.

Au-delà de la crise actuelle, cette affaire touche aussi à l’idée d’une Afrique unie et solidaire. Or, cette vision vacille aujourd’hui sous les effets de la xénophobie et des tensions régionales.

À Kinshasa, l’Assemblée nationale retient désormais son souffle pendant que la diaspora congolaise attend des actes forts.

« Coup d’État constitutionnel » : Martin Fayulu sonne l’alarme et promet une désobéissance populaire en 2028

Kinshasa, vendredi 8 mai 2026. Devant une presse nombreuse, Martin Fayulu n’a pas mâché ses mots. Dans une salle attentive, le président de l’ECiDé a dénoncé ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel ». Selon lui, le président Félix Tshisekedi chercherait à modifier les règles du jeu politique à travers un projet de réforme constitutionnelle et un référendum controversé.

« Chers amis de la presse, je vous ai invités pour dénoncer le coup d’État que Félix Tshisekedi est en train d’orchestrer à travers sa tentative de changement de la Constitution et de référendum », a lancé l’opposant.

Sans décor officiel ni mise en scène particulière, Fayulu a livré un discours offensif. Il affirme vouloir empêcher le pays de basculer dans une crise institutionnelle majeure.

Une proposition de loi au cœur de la polémique

La principale cible de Martin Fayulu reste une proposition de loi référendaire portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy.

Pour certains observateurs, le texte paraît purement technique. Pourtant, l’opposant y voit un véritable « cheval de Troie juridique ».

Son argument repose sur une contradiction qu’il juge dangereuse. D’un côté, l’article 6 réaffirme l’intangibilité des articles 218 à 220 de la Constitution. Ces dispositions verrouillent notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.

Mais de l’autre, les articles 87 à 90 introduisent un mécanisme lié à un éventuel « dysfonctionnement majeur ». Selon Fayulu, cette formule pourrait permettre de contourner les limites constitutionnelles actuelles.

Une « porte dérobée » vers un troisième mandat ?

Pour le président de l’ECiDé, ces dispositions ouvrent une « porte dérobée » vers un maintien prolongé au pouvoir.

« On ne change pas les règles du jeu en plein match. Nous ne défendons pas seulement un texte, nous défendons la liberté d’expression, nous défendons le Congo et nous empêchons la balkanisation du pays », a-t-il insisté.

L’opposant estime qu’aucun consensus politique, aucune majorité parlementaire et même aucun référendum populaire ne pourraient justifier une remise en cause des articles protégés de la Constitution.

Fayulu accuse Tshisekedi d’utiliser la guerre

Martin Fayulu a également évoqué la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Depuis plusieurs mois, les violences armées plongent la région des Grands Lacs dans une situation explosive.

Cependant, l’opposant va plus loin. Selon lui, le pouvoir instrumentaliserait cette guerre pour préparer un glissement politique.

« Félix Tshisekedi est en train d’utiliser la guerre pour se pérenniser au pouvoir », a-t-il affirmé devant les journalistes.

Puis, il a posé une question lourde de sous-entendus : « À qui profite cette guerre ? »

À travers cette interrogation, Fayulu laisse entendre que le conflit pourrait servir de justification à un éventuel report des élections générales prévues en 2028.

Le souvenir brûlant de janvier 2015

Pour renforcer son message, Martin Fayulu a rappelé un épisode marquant de l’histoire politique congolaise : les manifestations de janvier 2015.

À l’époque, la rue s’était mobilisée contre une réforme de la loi électorale perçue comme favorable à Joseph Kabila. Finalement, sous la pression populaire, le Sénat avait reculé.

Aujourd’hui, l’opposant espère voir le même scénario se reproduire. Il demande aux députés de supprimer « purement et simplement » les articles 87 à 90 du texte contesté.

En outre, Fayulu estime que les promoteurs de cette proposition de loi devraient répondre de leurs actes devant la justice.

Un message clair pour l’élection de 2028

À la fin de sa conférence de presse, Martin Fayulu a fixé un horizon politique clair : l’élection présidentielle de 2028.

Dans un mélange de français et de kikongo, il a adressé un avertissement direct au chef de l’État : « Le peuple m’a donné une mission claire : « alinga alinga te, ako kende en 2028 » », autrement dit : « qu’il le veuille ou non, il devra partir en 2028 ».

Cette déclaration donne désormais une dimension nationale au débat. Derrière les discussions juridiques et les articles de loi, beaucoup voient une bataille décisive pour l’avenir de la démocratie congolaise.

Entre les partisans d’une réforme institutionnelle et les défenseurs de l’ordre constitutionnel actuel, le bras de fer politique ne fait donc que commencer.

Tshisekedi tacle Kabila : « Il a été le fossoyeur de notre alternance »

Le Président Congolais, Félix Tshisekedi, durcit le ton contre Joseph Kabila. Mercredi 6 mai, lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le Chef de l’État a dénoncé l’attitude de son prédécesseur. Il l’accuse, en effet, d’avoir trahi l’alternance historique de 2019 en basculant dans la rébellion.

« Un vrai gâchis » pour l’alternance de 2019

Le Président de la République dit d’abord regretter la voie choisie par Joseph Kabila. Il rappelle ensuite que les deux hommes avaient réussi la première passation pacifique du pouvoir en RDC après près de 60 ans. Pour Félix Tshisekedi, cet héritage politique ne devait donc pas être détruit.

Il estime, par ailleurs, que l’histoire retiendra désormais un double rôle de Kabila. D’abord celui d’artisan de l’alternance démocratique. Puis celui qui a sapé cette avancée.

Il déplore, dans la foulée, que Kabila ait « pris des armes contre son propre pays » en entrant dans la clandestinité.

Tshisekedi justifie les sanctions américaines

Félix Tshisekedi soutient, en outre, les sanctions financières imposées par Washington contre l’ancien Président de la RDC. Le Trésor américain vise Joseph Kabila pour son appui présumé aux rebelles du M23.

« Les Américains ont vu ce que je voyais depuis plusieurs années », a affirmé Tshisekedi. Il assure, de plus, détenir des preuves depuis fin 2023.

Selon lui, le refus du Front Commun pour le Congo (FCC) de participer aux élections de 2023 cachait déjà un plan de déstabilisation. Le but, poursuit-il, était d’empêcher le scrutin et de forcer un dialogue politique.

« Je n’irai pas prendre les armes contre mon successeur »

Sans citer Kabila, Tshisekedi a, cependant, lancé une pique claire. Il promet de se mettre à la disposition de son successeur après son mandat. Il exclut, du reste, formellement de recourir aux armes contre lui.

Plusieurs analystes voient, aussi, dans cette sortie une réponse directe à Joseph Kabila.

L’ex-président est, en effet, accusé par Kinshasa de soutenir l’AFC/M23. Ce groupe armé occupe Goma et Bukavu depuis plusieurs mois. Kabila a, d’ailleurs, été condamné à mort par la justice congolaise.

Investiture manquée et rupture de confiance

Félix Tshisekedi a révélé, par la suite, avoir invité Kabila à son investiture pour son second mandat. L’ancien Président ne s’est pas présenté. Il aurait, selon lui, quitté le pays en secret. Tshisekedi souligne, en plus, que les deux hommes avaient pour habitude de se prévenir de leurs déplacements. Or, cette pratique a été rompue.

Contexte : guerre dans l’Est et pression sur le mandat

Cette conférence intervient, toutefois, dans un climat tendu. L’Est de la RDC reste en guerre.

Parallèlement, Tshisekedi est soupçonné par l’opposition de préparer un troisième mandat. L’article 220 de la Constitution de 2006 interdit, pourtant, plus de deux quinquennats.

De son côté, Tshisekedi a, néanmoins, laissé entrevoir le 6 mai une possible révision constitutionnelle.

Le paysage politique congolais s’annonce pas très bien. D’après le programme, les élections sont prévues en 2028. Plus que deux ans séparent le pays de ces échéances qui font déjà couler beaucoup d’encre et de salive.

Guillaume MAVUDILA

Sang et minerais au cœur de l’Europe : Bruxelles sommée de mettre le Rwanda au banc des accusés

Au Parlement européen, jeudi 8 mai 2026, une voix s’est élevée plus fort que les habituelles déclarations de bonnes intentions. Celle de la République démocratique du Congo et de ses partenaires, qui refusent désormais une Europe timorée face au bain de sang qui ravage l’Est du pays.

Dans l’hémicycle bruxellois, les échanges se sont révélés tendus. Ce climat ne venait pas de la forme, mais plutôt du poids des faits. Depuis plusieurs mois, la région des Grands Lacs subit des violences armées répétées. Derrière les tirs se trouvent des hommes armés. Derrière eux apparaissent des commanditaires. Enfin, derrière ces réseaux se cache un système bien identifié : l’exploitation incontrôlée des minerais qui finance les groupes armés. Pourtant, face à cette réalité, l’Union européenne donne encore l’image d’une spectatrice trop discrète.

« L’UE devrait emboîter le pas aux États-Unis »

Un appel clair a ainsi été lancé aux eurodéputés réunis dans la capitale belge. Les intervenants pointent directement l’armée rwandaise et « tous ses complices », accusés de crimes répétés contre les populations civiles de l’Est congolais.

Cette fois, le message ne laisse aucune place à l’ambiguïté : l’Union européenne doit adopter des sanctions similaires à celles des États-Unis. Jusqu’à présent, Washington a affiché une ligne plus ferme. De son côté, Bruxelles reste encore prudente.

Cependant, les revendications ne s’arrêtent pas à la seule question sécuritaire. En parallèle, une autre bataille se joue dans l’ombre : celle de la traçabilité des minerais.

« Soutenir la justice et traquer les minerais illicites »

« L’ Europe devrait aussi s’impliquer davantage », insistent les représentants congolais et leurs alliés, « afin de soutenir la justice et la traçabilité des minerais rachetés illicitement par des entreprises européennes. »

Cette déclaration dérange, car elle touche directement aux intérêts économiques internationaux. Derrière chaque téléphone ou chaque batterie pourrait se cacher une part de minerais extraits dans des zones de conflit. De plus, certaines chaînes d’approvisionnement passeraient encore par des circuits criminels souvent ignorés.

Ces préoccupations ont notamment été portées devant Hilde Vautmans, députée européenne et présidente de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique–Union européenne. Aux côtés de plusieurs collègues, elle a entendu des témoignages alarmants sur les violations des droits humains. Elle a également mesuré la fragilité d’un processus de paix désormais menacé.

Une pression diplomatique qui s’intensifie

Au-delà des discours diplomatiques, une certitude s’impose progressivement : le débat européen ne fait que commencer. Désormais, la question n’est plus de savoir si l’Europe doit agir, mais plutôt comment et jusqu’où elle ira.

Sanctions ciblées, contrôle renforcé des minerais stratégiques ou encore activation de la justice internationale : toutes les options semblent désormais ouvertes.

Reste maintenant à savoir si les institutions européennes accepteront de franchir un cap politique majeur. Pendant ce temps, l’Est de la RDC continue de s’enfoncer dans la crise et n’a plus le luxe d’attendre.

Troisième mandat : Delly Sesanga dénonce un coup de force “par plébiscite” et appelle à la mobilisation générale

Dans une déclaration cinglante publiée ce jeudi 7 mai, le président du parti Envol, Delly Sesanga, a vivement réagi aux récentes déclarations du chef de l’État Félix Tshisekedi. Ce dernier n’a pas exclu, mercredi à Kinshasa, la possibilité d’un nouveau mandat « si le peuple le demande ». Une position que l’opposant qualifie de « manœuvre à découvert » pour un troisième mandat déguisé.

L’onde de choc venue de la cité de l’Union africaine n’a pas tardé à se propager dans la classe politique congolaise. En moins de vingt-quatre heures, les réactions s’enchaînent. La plus virulente est sans doute celle de Delly Sesanga, ancien candidat à la présidentielle de 2023 et figure de l’opposition.

« Les masques sont tombés », a-t-il martelé dans un communiqué au ton grave. Accusant directement Félix Tshisekedi de vouloir désormais « manœuvrer à découvert pour un troisième mandat par plébiscite », l’élu dénonce ce qu’il perçoit comme une tentative de déstabilisation institutionnelle.

« La RDC ne peut pas se permettre un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir », a-t-il averti, avant de lancer un appel solennel : « Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive. »

L’ombre de Lumumba pour rappeler le devoir d’histoire

Pour donner davantage de poids à son message, Delly Sesanga a convoqué l’une des figures tutélaires du Congo : Patrice Emery Lumumba. « Le Congo est un grand pays, disait Lumumba. Il exige de ses dirigeants grandeur, dignité et responsabilité. »

Une référence qui n’a rien d’anodin. L’opposant y voit un rappel des exigences éthiques et constitutionnelles qui devraient guider tout chef d’État. « Cela se mesure par le respect de la Constitution, des institutions et de la stabilité nationale, non par la recherche frauduleuse d’une prolongation des mandats », a-t-il insisté.

Sesanga met également en garde contre un retour aux « pratiques du passé », celles qui ont conduit le pays au chaos. Sans citer directement l’ère Mobutu, l’allusion est limpide. « Une nation ne se dirige pas par des discours, des promesses ou des plébiscites, mais par le respect de la parole donnée, des institutions et de la démocratie. »

L’UDPS accusée de reniement historique

L’opposant n’a pas hésité à retourner l’arme de l’histoire contre le parti désormais au pouvoir, l’UDPS. « C’est un reniement du combat de son père, qui a combattu Mobutu. Ce dernier s’est éternisé au pouvoir et a exercé un pouvoir personnel », a-t-il déclaré, visant directement Félix Tshisekedi.

Et d’ajouter, dans une formule choc : « Félix Tshisekedi a de nouveau tué les martyrs qui ont donné de leur vie pour protéger la Constitution. » Une charge émotionnellement forte, qui entend rappeler les souffrances endurées par les militants de l’UDPS sous l’ancien régime.

Delly Sesanga rejoint ainsi d’autres voix de l’opposition, comme celle de Claudel André Lubaya, qui a fermement rejeté toute idée de troisième mandat au nom de la « volonté populaire ». Lubaya a notamment invoqué les articles 218, 64 et 220 de la Constitution pour rappeler l’intangibilité de certaines dispositions légales.

Un contexte politique sous tension

Ces passes d’armes surviennent au lendemain d’une conférence de presse très remarquée de Félix Tshisekedi. Devant la presse kinoise, le président congolais a non seulement évoqué la possibilité d’un troisième mandat « si le peuple le demande », mais il a également laissé entendre que la guerre dans l’Est du pays pourrait influencer le calendrier électoral de 2028.

Une déclaration que le pouvoir présente comme une « continuité assumée » d’un projet de longue date porté par l’UDPS. L’opposition, elle, y voit une dérive autoritaire programmée.

Dans ce climat de défiance croissante, Delly Sesanga conclut son message par une mise en garde solennelle : « Le sens de l’Histoire impose aux dirigeants d’éviter un retour aux pratiques politiques du passé. » Reste à savoir si cet appel sera entendu par la rue, par la communauté internationale, ou s’il restera une voix isolée dans le tumulte politique congolais.