Sénat : le calendrier de la session de septembre 2026 adopté, le budget 2027 et le référendum au menu

Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté à l’unanimité, ce jeudi 24 septembre 2026, le calendrier de ses travaux pour la session ordinaire de septembre, la deuxième session de l’année. Après son examen en plénière, la Chambre haute a retenu plusieurs nouvelles matières, parmi lesquelles le projet de loi de finances 2027, le texte sur l’organisation du référendum et la proposition de loi portant lutte contre la drépanocytose. Le programme prévoit également l’examen de plusieurs arriérés législatifs et de textes soumis à ratification.

Le référendum revient sur la table du Sénat

Parmi les dossiers inscrits au calendrier figure la loi fixant les conditions d’organisation du référendum en RDC. Adopté lors de la session extraordinaire de juin dernier, le texte a été renvoyé au Parlement par le président de la République pour une seconde délibération. Son inscription ouvre ainsi une nouvelle étape dans l’examen parlementaire de cette loi.

Le Sénat devra également examiner des initiatives législatives transmises par l’Assemblée nationale, ainsi que deux propositions de loi initiées par le sénateur Yvan Kazadi Kankonde.

Budget 2027 et reddition des comptes au cœur de la session

Comme le veut la vocation essentiellement budgétaire de la session ordinaire de septembre, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027 occupe une place centrale dans le calendrier adopté. Le Sénat devra également se pencher sur le projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025.

À ces nouvelles matières s’ajoutent des textes considérés comme des arriérés législatifs. Parmi eux figure notamment la proposition de loi modifiant et complétant la loi du 15 juillet 2016 portant création et organisation de la profession d’huissier de justice.

Le calendrier comprend aussi la proposition de loi portant lutte contre la drépanocytose en République démocratique du Congo, inscrite parmi les nouvelles matières à examiner.

Des accords de financement et le bilan des vacances parlementaires

La Chambre haute prévoit par ailleurs l’examen de plusieurs matières liées à la ratification d’accords de financement. Il s’agit notamment de l’accord relatif à l’autonomisation des femmes entrepreneures et à la mise à niveau des MPME dans le cadre du programme TRANSFORME, avec un financement additionnel de 200 millions de dollars de l’IDA.

Un autre texte concerne l’accord de prêt relatif au Projet multisectoriel de nutrition et de santé (PMNS), également assorti d’un financement additionnel de l’IDA, à hauteur de 75 millions de dollars.

Après les vacances parlementaires, les sénateurs devront enfin examiner la synthèse nationale des rapports des vacances, couvrant la période du 20 juillet au 14 septembre 2026. Ce document doit permettre à la Chambre haute de prendre connaissance des constats issus des missions effectuées durant cette période et d’en tirer les suites parlementaires nécessaires.

Avec l’adoption de ce calendrier, le Sénat dispose désormais de sa feuille de route pour les prochaines semaines d’une session qui combine examen budgétaire, production législative, ratification d’accords et contrôle parlementaire.

À New York, Judith Suminwa porte le plaidoyer de la RDC : sécurité, Ebola et réfugiés au cœur de son offensive diplomatique

Le 23 septembre 2026, à New York, où se tient la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies (UNGA81), la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, représentant le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a multiplié les interventions diplomatiques pour défendre les priorités de la République démocratique du Congo. Entre la guerre dans l’Est, l’épidémie d’Ebola Bundibugyo, les déplacements forcés et la réforme de la gouvernance mondiale, la cheffe du gouvernement a appelé la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes.

En marge des travaux de l’UNGA81, organisés du 22 au 28 septembre sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous », Judith Suminwa a enchaîné plusieurs rencontres de haut niveau pour porter les préoccupations congolaises sur les plans sécuritaire, humanitaire et sanitaire.

La guerre dans l’Est au cœur du plaidoyer congolais

À la tribune de l’Assemblée générale, la Première ministre a consacré une large partie de son intervention à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Elle a dénoncé les conséquences du conflit, notamment les déplacements forcés, les violences sexuelles, le recrutement d’enfants et l’occupation de territoires.

« Mon pays demeure confronté à une guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l’ont documenté les Nations unies », a-t-elle déclaré.

Judith Suminwa a surtout insisté sur la nécessité d’appliquer les décisions déjà prises par le Conseil de sécurité, notamment la résolution 2773.

« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a-t-elle martelé.

Elle a également rappelé que les processus diplomatiques de Washington, de Doha et la feuille de route de l’Union africaine devaient être pleinement mis à profit pour favoriser une sortie de crise.

Plus d’un million de réfugiés congolais évoqués à l’ONU

Avant cette intervention, la cheffe du gouvernement avait participé à la commémoration du 75ᵉ anniversaire de la Convention relative au statut des réfugiés.

Face aux délégations réunies au siège des Nations unies, elle a dressé un tableau préoccupant des déplacements de populations provoqués par les conflits dans l’Est.

Selon les chiffres qu’elle a présentés, plus d’un million de Congolais sont réfugiés dans les pays voisins, environ six millions sont déplacés à l’intérieur du pays et la RDC accueille elle-même plus de 500 000 réfugiés.

« Les déplacements forcés sont une conséquence de l’absence de paix et, bien souvent, ces déplacements donnent naissance à de graves crises humanitaires », a-t-elle déclaré.

Elle a plaidé pour un renforcement du soutien aux populations déplacées, tout en défendant une approche associant aide humanitaire, développement et consolidation de la paix.

Ebola Bundibugyo : un appel à la solidarité internationale

La question sanitaire a également occupé une place importante dans l’agenda de Judith Suminwa.

Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, consacrée à l’accélération de l’action collective contre Ebola, la Première ministre a insisté sur la nécessité de mieux relier les engagements internationaux aux besoins des communautés touchées.

Selon Africa CDC, les besoins pour renforcer la riposte sont évalués à 2 milliards de dollars.

Le gouvernement congolais entend poursuivre la mobilisation internationale afin de contenir l’épidémie d’Ebola Bundibugyo qui sévit principalement dans l’Est du pays.

Réformer le multilatéralisme et mieux valoriser les minerais critiques

Au-delà des urgences sécuritaires et humanitaires, Judith Suminwa a également défendu une réforme plus profonde de la gouvernance mondiale.

Elle estime que la confiance des États dans les institutions internationales dépend d’une application égale du droit international.

« La confiance de nos peuples dans le multilatéralisme commence là où cesse l’application d’un droit variant selon la géographie, la puissance économique ou encore le jeu des alliances », a-t-elle déclaré.

La cheffe du gouvernement a également plaidé pour une plus grande place de l’Afrique dans les instances de décision internationales ainsi que pour une transformation locale des ressources minières congolaises.

La RDC souhaite notamment promouvoir, sous l’égide des Nations unies et en partenariat avec l’Union africaine, un cadre mondial garantissant des chaînes de valeur des minerais critiques « justes, traçables et résilientes ».

Enfin, Judith Suminwa a rappelé que les besoins du pays pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable dépassent 70 milliards de dollars d’ici à 2030, appelant les partenaires internationaux à faire de la solidarité un levier concret au service des populations congolaises.

ONU : Judith Suminwa attendue à la tribune pour porter la voix de la RDC

La République démocratique du Congo s’apprête à prendre la parole au cœur de la diplomatie mondiale. En séjour à New York pour la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka est attendue ce mercredi 23 septembre à la tribune de l’ONU.

Selon le programme officiel des Nations unies, la cheffe du gouvernement congolais doit intervenir lors de la séance de l’après-midi. Son intervention s’inscrit dans le débat général de la semaine de haut niveau, ouvert mardi 22 septembre et prévu jusqu’au 28 septembre.

Judith Suminwa porte les priorités de la RDC à New York

Mandatée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, Judith Suminwa représente la RDC dans cette séquence diplomatique majeure.

Son intervention doit notamment porter sur les priorités congolaises en matière de paix et de sécurité, de développement durable, de coopération internationale et de renforcement du multilatéralisme.

Pour Kinshasa, cette présence à la tribune constitue également une occasion de présenter les enjeux auxquels le pays reste confronté. La RDC entend ainsi défendre ses intérêts et renforcer ses partenariats auprès de ses interlocuteurs internationaux.

Le débat général réunit des chefs d’État, de gouvernement et d’autres représentants de haut niveau. Il permet aux États membres de présenter leurs positions sur les grands dossiers internationaux.

Paix, développement et coopération au cœur du message congolais

La 81ᵉ session de l’Assemblée générale est placée sous le thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous ».

Cette édition accorde une place importante à la paix, à la sécurité et au développement durable. Les Nations unies ont également inscrit plusieurs rendez-vous de haut niveau à l’agenda de la semaine, notamment sur le droit au développement, l’action climatique, la montée du niveau des mers et la prévention des pandémies.

Dans ce contexte, la participation congolaise intervient alors que les questions de sécurité et de développement restent étroitement liées pour la RDC.

Le gouvernement congolais entend également mettre en avant la coopération internationale et la consolidation de ses relations avec ses partenaires.

Plusieurs rencontres bilatérales prévues à New York

Au-delà de son passage à la tribune de l’ONU, Judith Suminwa doit multiplier les échanges avec différents partenaires de la RDC durant son séjour new-yorkais.

Les discussions annoncées doivent notamment concerner la paix, la sécurité, le développement, les investissements et les partenariats économiques.

L’agenda de la Première ministre s’insère ainsi dans une semaine diplomatique particulièrement dense. Le débat général constitue l’un des principaux rendez-vous de l’Assemblée générale, tandis que plusieurs réunions thématiques réunissent dirigeants et représentants de haut niveau autour des défis mondiaux.

Pour Kinshasa, l’enjeu est donc double : faire entendre la position de la RDC sur les grandes questions internationales et consolider, en marge des travaux de l’ONU, les relations bilatérales susceptibles d’accompagner les priorités du pays.

Après la marche du C64, Muyaya et Fayulu s’affrontent par déclarations interposées

La marche s’est arrêtée sur le boulevard Lumumba. Cependant, la bataille politique s’est déplacée sur le terrain des déclarations.

Deux jours après la manifestation organisée par la Coalition Article 64 (C64), le gouvernement et l’opposition défendent désormais deux récits opposés des violences survenues à Kinshasa.

D’un côté, Patrick Muyaya rejette les accusations visant le pouvoir. Il invite aussi l’opposition à rejoindre le dialogue annoncé par le président Félix Tshisekedi.

De l’autre, Martin Fayulu maintient ses accusations contre les autorités. Il conteste le bilan officiel et promet de poursuivre sa contestation devant les médias, dans les quartiers et devant la justice.

Patrick Muyaya défend l’action du gouvernement

En réagissant à la marche du 15 septembre, Patrick Muyaya a rappelé que le droit de manifester devait s’exercer dans le respect du maintien de l’ordre.

Le porte-parole du gouvernement rejette également les accusations selon lesquelles des militants de l’UDPS ou de la Force du Progrès auraient perturbé la mobilisation.

Le ministre dénonce ce qu’il qualifie de « tactique démodée de recourir au mensonge et à la manipulation ».

Il cite notamment un faux communiqué qui invitait, selon lui, les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école. À ses yeux, cette désinformation visait à semer la peur au sein de la population.

Par ailleurs, Patrick Muyaya appelle les acteurs politiques à rejoindre la dynamique du dialogue national annoncée par le président Félix Tshisekedi.

Selon lui, l’ordonnance publiée quelques jours plus tôt invite tous les Congolais, y compris l’opposition, à participer à un processus consacré à la défense de la patrie.

Martin Fayulu maintient sa version des événements

Lors d’un Space animé mercredi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Martin Fayulu est revenu sur le déroulement de la manifestation.

Le président de l’ECiDé affirme qu’il n’a jamais atteint le point de chute du cortège. Selon lui, plusieurs personnes qu’il présente comme membres de la Force du Progrès ont attaqué les manifestants à plusieurs reprises.

D’après son récit, les premiers affrontements ont commencé près des 15ᵉ et 16ᵉ rues. Ensuite, la situation se serait aggravée à la 10ᵉ rue.

Il affirme que des policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes. Il soutient aussi que des individus armés de machettes, de barres de fer, de bêches et de cocktails Molotov poursuivaient les manifestants.

Ces affirmations relèvent du témoignage de Martin Fayulu. Elles n’ont pas été établies par une enquête indépendante et font l’objet de versions contradictoires.

Son récit de la fuite et des affrontements

L’opposant raconte également avoir cherché refuge auprès de policiers. Puis, il dit avoir tenté de monter dans un minibus avant de quitter les lieux à bord d’un taxi-moto.

Il affirme par ailleurs avoir aperçu des éléments de la Garde républicaine affectés, selon lui, à la sécurité de Marthe Kasalu, mère du chef de l’État.

Toujours selon son témoignage, ces éléments auraient tiré en l’air pour disperser les manifestants.

Là encore, cette affirmation constitue une allégation formulée par Martin Fayulu. À ce stade, aucun élément indépendant rendu public ne la corrobore.

Le bilan officiel contesté

Martin Fayulu rejette également le bilan communiqué par le gouvernement provincial de Kinshasa. Les autorités faisaient état d’une faible affluence, de quelques blessés, de l’absence de décès et d’aucun dégât matériel.

Pour contester cette version, il cite notamment le cas de Manassé Lombo Tobomengola, présenté comme chargé de sécurité des ADD Congo.

Selon lui, son corps se trouverait à la morgue de Mabanga.

L’opposant évoque aussi son véhicule, qu’il décrit comme fortement endommagé. Il affirme enfin que plusieurs blessés ont été hospitalisés.

Ces éléments correspondent aux déclarations de Martin Fayulu. Ils contredisent le bilan officiel communiqué par les autorités provinciales.

Une offensive politique qui dépasse la marche

Au-delà des violences, Martin Fayulu annonce plusieurs initiatives.

Il prévoit des démarches judiciaires contre les responsables qu’il estime impliqués dans la gestion de la manifestation. Il réclame également des excuses publiques du gouverneur de Kinshasa.

En parallèle, il veut renforcer la présence de la C64 dans les quartiers grâce à des espaces de mobilisation citoyenne.

L’opposant s’en est aussi pris à l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi après les commentaires de ce dernier sur la mobilisation.

« Nicolas Kazadi devait se taire. Il doit nous dire comment il a quitté le gouvernement », a déclaré Martin Fayulu.

Il a ensuite formulé de graves accusations contre l’ancien ministre, qu’il qualifie de « l’un des plus grands voleurs de ce pays ».

Ces propos constituent des accusations politiques exprimées par Martin Fayulu. Ils ne correspondent pas, à eux seuls, à une constatation judiciaire de culpabilité.

Deux récits opposés après une même journée

Les déclarations de Patrick Muyaya et de Martin Fayulu prolongent désormais l’affrontement politique bien au-delà de la marche du 15 septembre.

Le gouvernement défend l’action des forces de sécurité. Il invite aussi l’opposition à participer au dialogue national voulu par Félix Tshisekedi.

L’opposition, de son côté, continue de dénoncer la gestion de la manifestation. Elle conteste le bilan officiel et annonce une riposte sur les plans politique, judiciaire et médiatique.

Ainsi, les versions des événements restent profondément opposées. La question des responsabilités dans les violences demeure donc l’un des principaux enjeux des prochains jours.

Dialogue, rue et justice : Martin Fayulu ouvre un nouveau front contre le pouvoir de Tshisekedi

Vingt-quatre heures après les violences qui ont interrompu la marche de la Coalition Article 64 (C64) à Kinshasa, Martin Fayulu refuse de refermer la séquence. Pour le président de l’ECiDé, la bataille ne se jouera plus uniquement dans la rue : elle se poursuivra aussi autour d’un dialogue national, devant la justice et sur le terrain politique.

Mercredi 16 septembre, l’opposant a multiplié les prises de parole, d’abord lors de la Journée nationale Justice et Paix organisée par la CENCO, puis au cours d’un Space animé par le journaliste Stanislas Bujakera. Au fil de ces interventions, il a dessiné une stratégie qui mêle contestation institutionnelle, mobilisation citoyenne et propositions sécuritaires, tout en formulant de nouvelles accusations contre le pouvoir.

Fayulu défend un dialogue incluant les acteurs armés

À Genève, le chef de l’État Félix Tshisekedi a récemment affiché sa volonté d’ouvrir un dialogue national. Mais à Kinshasa, le débat porte désormais sur une question plus sensible : qui devra y participer ?

Invité à intervenir devant la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Martin Fayulu a plaidé pour un dialogue qu’il qualifie de véritablement inclusif, estimant que l’ensemble des parties prenantes à la crise congolaise devrait y être associé, y compris les acteurs armés impliqués dans le conflit.

Selon lui, exclure les Congolais qui contrôlent aujourd’hui des portions du territoire risquerait d’aggraver la fragmentation du pays.

« Le Congo a des problèmes. Et pour résoudre ces problèmes, il faut un dialogue national inclusif. Même ceux qui font la guerre au Congo aujourd’hui. Si vous ne les associez pas à ce dialogue, c’est-à-dire que vous balkanisez le pays », a déclaré le président de l’ECiDé.

Pour appuyer son raisonnement, il affirme que l’option militaire n’a pas permis, selon lui, de reprendre les territoires contrôlés par l’AFC/M23 et estime qu’il faut désormais aborder les causes internes et externes de la crise dans un cadre politique élargi.

Doha, Washington : Fayulu veut un cadre unique de négociation

L’opposant a également évoqué les discussions en cours à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

Selon lui, les protocoles déjà négociés devraient être intégrés dans un processus national afin d’éviter que des accords conclus séparément ne soient ensuite contestés par d’autres composantes de la société congolaise.

Cette proposition intervient alors que Kinshasa continue de privilégier une architecture diplomatique articulée autour des discussions de Washington avec Kigali et des pourparlers de Doha avec l’AFC/M23, tout en défendant parallèlement un dialogue national destiné à renforcer la cohésion interne.

Une partie de l’opposition estime toutefois que ce processus gagnerait en légitimité s’il associait davantage d’acteurs politiques et sociaux.

Après les violences de Kinshasa, Fayulu promet une riposte sur tous les fronts

Au lendemain des affrontements du 15 septembre sur le boulevard Lumumba, Martin Fayulu a annoncé une nouvelle phase de mobilisation.

Lors du Space organisé par Stanislas Bujakera, il a assuré que la C64 utiliserait « tous les mécanismes » à sa disposition : manifestations, médias, travail de proximité dans les quartiers et actions judiciaires.

L’opposant soutient que les manifestants, auxquels la coalition avait donné des consignes de non-violence, auraient été attaqués après avoir été initialement encadrés par la police.

Il affirme avoir vu des individus munis, selon son récit, de cocktails Molotov, de machettes, de barres de fer et de bêches avant d’évoquer l’intervention d’éléments armés des forces de sécurité.

Ces accusations demeurent, à ce stade, les déclarations de Martin Fayulu et nécessitent des vérifications indépendantes pour établir les responsabilités des violences.

Il est allé plus loin en évoquant la présence d’éléments de la Garde républicaine qu’il dit avoir identifiés comme affectés à la sécurité de Marthe Kasalu, mère du chef de l’État.

« C’est extrêmement grave de voir un État sous-traiter la violence », a-t-il dénoncé.

Sur le plan judiciaire, il annonce vouloir engager des démarches contre les responsables qu’il estime impliqués, y compris devant des instances qu’il ne limite pas aux seules juridictions nationales.

De son côté, le gouvernement rappelle que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect du cadre légal.

L’Est de la RDC au cœur de son projet politique

Au-delà de la contestation immédiate, Martin Fayulu a également détaillé plusieurs propositions pour répondre à la crise sécuritaire dans l’Est.

Il préconise notamment le transfert du camp militaire Kokolo vers Beni afin d’y former une armée d’élite, la création d’une force spéciale d’intervention au sein des FARDC et le déploiement renforcé de dispositifs de surveillance le long des frontières orientales.

« Avec ces trois mesures, j’ai assuré l’intégrité territoriale de notre pays à partir de l’Est », a-t-il affirmé.

L’opposant a également évoqué l’existence possible d’un « accord secret » entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame visant, selon lui, à céder une partie du territoire congolais.

Aucun document n’a toutefois été présenté durant cet échange pour étayer cette affirmation, qui demeure une allégation de Martin Fayulu.

Une stratégie politique qui dépasse la rue

Sur le terrain politique, Fayulu a également écarté l’hypothèse d’un rapprochement entre la C64 et la plateforme « Sauvons la RDC », associée à l’ancien président Joseph Kabila.

S’il rappelle avoir cosigné en 2025 un communiqué commun avec Joseph Kabila, Delly Sesanga et Moïse Katumbi, il estime que cette convergence ponctuelle ne justifie pas une fusion des deux dynamiques.

À ses yeux, la C64 ne constitue pas une plateforme électorale mais une coalition politique dont la vocation est la défense de l’ordre constitutionnel et de l’intégrité territoriale.

À travers ses interventions du 16 septembre, Martin Fayulu cherche ainsi à déplacer la confrontation sur plusieurs terrains simultanément : la rue pour maintenir la pression, les quartiers pour structurer la mobilisation, les médias pour imposer son récit et la justice pour rechercher des responsabilités.

Reste désormais à savoir si cet appel à un dialogue plus inclusif trouvera un écho auprès des autres acteurs politiques, alors que le format, les participants et la médiation d’un éventuel dialogue national demeurent l’un des principaux sujets de fracture de la scène politique congolaise.

Marche de la C64 en RDC : Kinshasa sous tension, arrestations à Lubumbashi et calme à Inongo

La journée du mardi 15 septembre 2026 révèle des visages contrastés de la mobilisation lancée par la Coalition 64 (C64) en République démocratique du Congo. À Kinshasa, plusieurs centaines de militants convergent vers la place de l’Échangeur de Limete. Pourtant, la marche n’a toujours pas démarré à l’heure prévue.

Pendant ce temps, à Lubumbashi, l’opposition dénonce des arrestations et plusieurs blessés après le déploiement des forces de l’ordre. À Inongo, en revanche, la matinée se déroule dans un calme apparent.

Kinshasa : des militants mobilisés, mais une marche toujours en attente

Peu avant 11 heures, la place de l’Échangeur de Limete accueille déjà des militants de l’Alliance pour le changement de Jean-Marc Kabund, de l’ECiDé de Martin Fayulu, du LGD de Matata Ponyo et d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi.

Drapelets et calicots à la main, ces sympathisants affichent des messages critiques envers le pouvoir. La plupart viennent du district de la Tshangu. Ils entonnent des chants hostiles au régime sous le regard d’éléments de la Police nationale congolaise, présents sur place mais toujours passifs.

Cependant, l’effervescence perd progressivement en intensité. Aucun des principaux leaders de la C64 n’est encore arrivé à la place de l’Échangeur ni dans les autres points de rassemblement de la capitale.

Par ailleurs, la circulation reste fluide sur le boulevard Lumumba. Les sympathisants continuent néanmoins d’affluer vers le lieu de rendez-vous.

Les organisateurs avaient fixé le départ de la marche à 8 heures. Cette mobilisation s’inscrit dans la contestation du projet de révision de la Constitution, que l’opposition associe à la perspective d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.

Lubumbashi : l’opposition dénonce des arrestations après l’interdiction de la marche

Dans le Haut-Katanga, la mobilisation n’a pas pris forme.

Les forces de l’ordre ont occupé les principaux points de rassemblement, notamment à l’Institut supérieur pédagogique (ISP) et à l’Institut Maadini. Elles ont ainsi appliqué l’interdiction des manifestations publiques décidée par les autorités urbaines et provinciales.

De son côté, l’opposition parle d’une répression. Aubin Kasongo, responsable d’Envol, le mouvement de Delly Sessanga dans le Haut-Katanga, affirme que plusieurs militants ont été interpellés.

« La situation est très tendue. On ne nous a pas permis de marcher. Beaucoup de nos militants ont été arrêtés, et nous-mêmes pourchassés. On a recensé jusqu’à présent huit arrestations parmi nos militants de la part de la police. Ils ont été interpellés au niveau de l’école Gécamines Maadini et de l’ISP où il y avait le rassemblement », déclare-t-il.

Selon lui, les organisateurs avaient pourtant demandé un encadrement policier.

« On a saisi officiellement l’autorité urbaine pour que la police vienne nous encadrer. Par contre, elle est venue pour étouffer notre manifestation. On a enregistré plusieurs blessés et j’ai échappé moi-même à un enlèvement à la suite des balles et des gaz lacrymogènes », affirme-t-il.

Les autorités, elles, défendent leur dispositif sécuritaire. Elles invoquent la nécessité de faire respecter l’interdiction des manifestations publiques. La veille, le commandement provincial de la Police nationale congolaise avait placé ses unités en alerte avant cette journée de mobilisation.

Par ailleurs, plusieurs villes de l’espace Katanga connaissent une situation similaire. À Kalemie, dans la province du Tanganyika, les autorités ont également refusé d’autoriser la marche.

Inongo : une journée ordinaire malgré l’appel à manifester

À plusieurs centaines de kilomètres de là, Inongo offre un tout autre visage.

Dès les premières heures de la matinée, aucun signe visible de mobilisation n’apparaît dans les principales artères de la ville.

Sur les boulevards Mobutu, Jack’s et Ngobila, ainsi que sur l’avenue Mission, la circulation reste normale. Habitants, motocyclistes et automobilistes poursuivent leurs activités sans perturbation particulière.

Autre fait marquant, aucune présence policière inhabituelle n’apparaît sur les principaux axes de la ville. Les administrations publiques fonctionnent normalement. Le marché d’Inongo conserve également son animation habituelle.

Une mobilisation aux fortunes contrastées

Au fil de la journée, les situations divergent selon les provinces.

Kinshasa attend encore le départ de la marche. Lubumbashi fait face à un important dispositif sécuritaire contesté par l’opposition. Inongo, enfin, poursuit son activité sans changement notable.

Ces contrastes illustrent les fortunes diverses de l’appel lancé par la Coalition 64 à travers le pays.

Diplomatie : Félix Tshisekedi annonce le transfert de l’ambassade de RDC à Jérusalem

La République démocratique du Congo franchit un cap diplomatique majeur. Ce jeudi 3 septembre 2026, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a annoncé, lors d’une visite officielle en Israël, le transfert de l’ambassade congolaise de Tel-Aviv à Jérusalem. Une décision symbolique forte qui place la RDC dans le cercle très restreint des pays ayant reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, aux côtés notamment des États-Unis.

Une annonce historique à Jérusalem

RDC • Affaires Étrangères
© RDC • Affaires Étrangères

C’est à l’issue d’une rencontre au sommet entre le président Tshisekedi et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le 1er septembre à Jérusalem, que les deux pays ont officialisé leur volonté commune de renforcer significativement leurs relations diplomatiques.

Le communiqué conjoint publié à l’issue de ces échanges précise que les deux parties prendront des mesures en vue du « transfert de l’ambassade de la République démocratique du Congo de Tel-Aviv à Jérusalem » . Un geste diplomatique d’une portée considérable, tant il sort du cadre du consensus international qui prévaut depuis des décennies sur le statut de la ville sainte.

Une double avancée diplomatique

Au-delà du transfert de l’ambassade congolaise, les deux pays ont convenu d’une seconde avancée majeure : l’ouverture d’une ambassade permanente de l’État d’Israël à Kinshasa. Une décision qui consacrera l’ancrage d’Israël en Afrique centrale et témoigne de la profondeur de la coopération entre les deux nations.

Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer les liens d’amitié et de coopération entre leurs pays, sans toutefois préciser de calendrier pour la concrétisation de ces projets. « Israël et la RDC ont indiqué qu’ils poursuivraient leurs échanges par les canaux diplomatiques appropriés afin de s’accorder sur les modalités de mise en œuvre de ces décisions » , indique le communiqué.

Un geste qui sort du consensus international

En prenant cette décision, la RDC rejoint un petit groupe de pays ayant franchi le pas du transfert de leur ambassade à Jérusalem. Les États-Unis ont été les premiers à le faire en 2018 sous la présidence de Donald Trump, suivis par quelques autres nations comme le Guatemala, le Honduras ou encore le Kosovo.

Cette décision représente une rupture avec le consensus international qui considère que le statut de Jérusalem doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre d’un accord de paix global. La plupart des pays maintiennent leur ambassade à Tel-Aviv, la capitale économique d’Israël.

Jérusalem, un enjeu diplomatique majeur

Pour Israël, cette annonce est une victoire diplomatique de taille. Jérusalem cherche depuis plusieurs années à convaincre davantage de pays d’installer leur représentation diplomatique dans la ville qu’elle considère comme sa capitale éternelle et indivisible.

Le fait qu’une grande nation africaine comme la RDC, membre influent de l’Union africaine et des Nations unies, prenne cette décision, constitue un signal fort envoyé à la communauté internationale. Il pourrait inciter d’autres pays, notamment africains, à emboîter le pas.

Une relation bilatérale appelée à se renforcer

Au-delà de l’aspect symbolique, cette décision témoigne de la volonté des deux pays d’approfondir leur coopération dans de nombreux domaines : économique, sécuritaire, agricole ou encore technologique. La RDC, avec ses immenses ressources naturelles et son marché en pleine expansion, est un partenaire de choix pour Israël.

Pour Kinshasa, ce rapprochement avec Israël s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large visant à diversifier ses partenariats internationaux et à renforcer son influence sur la scène mondiale.

Une chose est certaine : avec cette annonce historique, Félix Tshisekedi inscrit la RDC sur la carte des grandes manœuvres diplomatiques du Moyen-Orient, tout en ouvrant une nouvelle page dans les relations entre l’Afrique centrale et l’État hébreu.

RDC-Tanzanie : Aimé Boji renforce la diplomatie parlementaire à Dodoma

La coopération entre la RDC et la Tanzanie franchit un nouveau palier. Le mercredi 2 septembre 2026, le Président de l’Assemblée nationale congolaise, l’Honorable Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a été reçu par son homologue tanzanien, Mussa Azzan Zungu, dans son bureau de travail au siège du Parlement tanzanien à Dodoma. Une visite officielle qui s’inscrit dans la dynamique de rapprochement initiée par les chefs d’État des deux pays.

Une rencontre au sommet des Parlements

Entourés des élus des deux Assemblées, les deux Présidents ont échangé sur les principaux axes de la coopération parlementaire, de la diplomatie parlementaire et de l’intégration régionale. Au cœur des discussions : le renforcement du partage d’expériences entre les deux institutions législatives.

Ils ont salué l’engagement des Chefs d’État congolais et tanzanien à raffermir les relations entre leurs deux pays. Une dynamique qui s’inscrit dans la continuité de la récente visite du Président Félix-Antoine Tshisekedi à Zanzibar, où il s’était entretenu avec son homologue Samia Suluhu Hassan sur le renforcement des relations bilatérales.

Une journée de travail intense à Dodoma

La journée de travail du Président Boji Sangara a été particulièrement chargée. Au-delà de l’entretien avec son homologue, il a assisté à une séance plénière du Parlement tanzanien consacrée à l’audition de plusieurs membres du Gouvernement. Une immersion dans le fonctionnement de l’institution législative tanzanienne qui a permis de constater la vitalité de la démocratie parlementaire dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Le Président de l’Assemblée nationale congolaise a également visité la gare de Dodoma ainsi que la cité gouvernementale Magufuli, des infrastructures symboliques du dynamisme économique et administratif de la Tanzanie moderne.

Le Corridor de Lobito au cœur des ambitions communes

Les deux Parlements se sont engagés à renforcer davantage leur coopération afin d’accompagner leurs Gouvernements respectifs dans la concrétisation des projets communs, notamment ceux liés à l’intégration et aux infrastructures régionales.

À ce titre, le Corridor de Lobito figure parmi les initiatives régionales susceptibles de contribuer au développement des échanges et à la connectivité économique de la région. Ce projet, qui concerne la RDC, la Zambie et l’Angola, représente un axe stratégique pour désenclaver les provinces minières congolaises et faciliter l’accès aux marchés internationaux.

La visite du Président Boji Sangara à Dodoma témoigne de la volonté des deux pays de faire de la diplomatie parlementaire un levier de l’intégration régionale et du développement économique. Un signal fort adressé à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), dont la RDC est membre depuis 2022.

Une coopération qui dépasse les frontières

Au-delà des déclarations protocolaires, cette visite consolide les bases d’une coopération durable entre Kinshasa et Dodoma. Les parlementaires des deux pays ont convenu de multiplier les échanges d’expériences et de bonnes pratiques pour renforcer l’efficacité de leurs institutions respectives.

Alors que la RDC traverse une période délicate sur le plan sécuritaire dans sa partie orientale, le soutien de ses partenaires régionaux, dont la Tanzanie, apparaît plus que jamais essentiel pour consolider la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Une chose est certaine : la diplomatie parlementaire congolaise, sous l’impulsion d’Aimé Boji Sangara, s’affirme comme un instrument majeur du rayonnement de la RDC sur la scène africaine.

À Jérusalem, Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu scellent un nouveau cap dans le partenariat RDC-Israël

À Jérusalem, Félix Tshisekedi n’est pas venu multiplier les poignées de main diplomatiques. Le président congolais cherche à transformer le rapprochement engagé avec Israël en un partenariat capable de produire des résultats concrets pour la République démocratique du Congo.

En mission de travail dans l’État hébreu, le chef de l’État s’est entretenu, ce 1er septembre 2026, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant de retrouver le président Isaac Herzog. Deux rencontres de haut niveau qui traduisent la volonté des deux pays de donner une nouvelle dimension à leur coopération.

Sécurité, défense, agriculture, infrastructures, énergie, hautes technologies et investissements figuraient parmi les principaux dossiers inscrits à l’agenda des discussions.

Netanyahu et Tshisekedi veulent accélérer le rapprochement entre Kinshasa et Jérusalem

La première séquence diplomatique s’est déroulée à la résidence du Premier ministre israélien.

Après un entretien en tête-à-tête, Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu ont élargi leurs échanges à leurs délégations respectives afin d’examiner les perspectives de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.

La sécurité et la défense ont occupé une place centrale dans les discussions, aux côtés de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie et des hautes technologies.

Benjamin Netanyahu a salué la qualité des relations entre les deux États et affirmé sa volonté de les approfondir.

« C’est une grande amitié que nous souhaitons approfondir encore plus », a déclaré le Premier ministre israélien.

De son côté, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de dépasser la logique des accords symboliques.

« Notre ambition est de bâtir avec Israël un partenariat moderne, pragmatique et mutuellement bénéfique, qui ne se mesure pas seulement aux accords que nous signons, mais à leur mise en œuvre et aux résultats qu’ils produisent pour nos deux peuples », a affirmé le président congolais.

Cette déclaration résume l’approche défendue par Kinshasa : privilégier des projets concrets susceptibles d’avoir un impact durable sur le développement du pays.

Avec Isaac Herzog, la coopération s’élargit à l’innovation, à l’eau et à la sécurité alimentaire

Quelques heures plus tard, Félix Tshisekedi s’est entretenu avec le président Isaac Herzog, poursuivant ainsi les échanges engagés lors de la visite officielle du dirigeant israélien à Kinshasa en novembre 2025.

Les deux chefs d’État ont confirmé leur volonté de renforcer leur coopération dans plusieurs domaines prioritaires.

Les discussions ont notamment porté sur :

  • l’agriculture et la sécurité alimentaire ;

  • la gestion de l’eau ;

  • la santé ;

  • les technologies et l’innovation ;

  • la formation ;

  • les investissements ;

  • la sécurité.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’une dynamique diplomatique engagée depuis plusieurs années.

Après une première visite de Félix Tshisekedi à Jérusalem en 2021, les deux dirigeants s’étaient retrouvés à Davos en janvier 2025 avant la visite historique d’Isaac Herzog à Kinshasa quelques mois plus tard.

À l’époque, le président congolais avait salué le retour d’Israël en RDC après plusieurs décennies d’absence au plus haut niveau de l’État.

Un hommage à Yad Vashem avant les entretiens officiels

Avant ses rencontres avec les dirigeants israéliens, Félix Tshisekedi a effectué une visite au mémorial de Yad Vashem, consacré à la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah.

Le président congolais a parcouru le musée ainsi que la Salle des Noms avant de déposer une couronne de fleurs et de raviver la Flamme du Souvenir dans la crypte du mémorial.

Selon la présidence congolaise, cette démarche revêt une portée particulière.

Félix Tshisekedi avait déjà visité ce lieu de mémoire en 2021, devenant alors le premier chef d’État congolais à accomplir ce geste symbolique.

Une relation bilatérale qui entre dans une nouvelle phase

Au-delà des cérémonies officielles, cette visite confirme l’évolution des relations entre Kinshasa et Jérusalem.

En quelques années, la coopération s’est progressivement étendue de la diplomatie aux secteurs jugés stratégiques pour le développement de la RDC : sécurité, innovation, agriculture, énergie, infrastructures et investissements.

Pour Kinshasa, l’objectif est désormais de transformer cette proximité politique en réalisations concrètes capables de renforcer la souveraineté économique et sécuritaire du pays.

À Jérusalem, le message porté par Félix Tshisekedi est clair : le partenariat entre la RDC et Israël ne doit plus être évalué à l’aune des promesses diplomatiques, mais à celle des résultats qu’il produira sur le terrain pour les deux peuples.

Israël-RDC : à Jérusalem, Félix Tshisekedi joue la carte d’un partenariat stratégique pour la sécurité, l’innovation et l’économie

Ce voyage dépasse largement le cadre d’une visite protocolaire. À Jérusalem, Félix Tshisekedi est venu chercher des leviers capables d’accélérer la transformation de la République démocratique du Congo.

Arrivé le 31 août en Israël à l’invitation du président Isaac Herzog, le chef de l’État congolais retrouve un partenaire dont l’expertise en matière de sécurité, de technologies de pointe, d’agriculture et d’innovation intéresse désormais directement Kinshasa.

Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays, la modernisation des infrastructures et la quête de nouveaux investissements autour du Corridor de Lobito, cette visite dessine les contours d’un rapprochement que les deux capitales souhaitent inscrire dans la durée.

Au programme figurent deux rencontres de haut niveau : un entretien avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou, puis un échange approfondi avec le président Isaac Herzog. Deux rendez-vous qui traduisent l’ambition politique donnée à cette nouvelle étape des relations entre la RDC et Israël.

Une relation qui prend une nouvelle dimension

Ce déplacement s’inscrit dans une séquence diplomatique construite depuis plusieurs années.

Après une première visite de Félix Tshisekedi en Israël en 2021, Isaac Herzog s’était rendu à Kinshasa en novembre 2025, une visite qualifiée d’historique par les autorités congolaises.

L’année 2026 a ensuite accéléré cette dynamique.

Le 27 juillet, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avait signé à Jérusalem deux mémorandums d’entente avec son homologue israélien. Le premier institue des consultations politiques régulières entre les deux États. Le second prévoit une coopération entre leurs académies diplomatiques.

Depuis, les échanges se multiplient.

Une délégation conduite par le ministre de l’Emploi, Ferdinand Massamba wa Massamba, a également posé les bases d’un futur accord consacré à l’emploi des jeunes, aux emplois verts et à l’innovation technologique.

Cette succession d’initiatives révèle une volonté commune : passer d’une relation diplomatique classique à un partenariat structuré autour de projets concrets.

L’Est de la RDC au cœur des discussions

Impossible d’aborder cette visite sans évoquer la situation sécuritaire dans l’Est congolais.

Face à la guerre, aux groupes armés et aux tensions régionales, Kinshasa cherche des partenaires capables d’apporter davantage qu’un simple soutien politique.

C’est précisément là que l’expérience israélienne suscite un intérêt particulier.

Israël dispose d’un savoir-faire reconnu dans plusieurs domaines stratégiques : les drones de surveillance, les technologies de renseignement, la protection des frontières, les systèmes de détection, les communications sécurisées et l’analyse des données opérationnelles.

Pour un pays-continent comme la RDC, où la forêt dense, les longues distances et l’état des infrastructures compliquent les opérations militaires, ces technologies pourraient améliorer la connaissance du terrain.

L’objectif dépasse toutefois l’acquisition d’équipements.

Kinshasa souhaite renforcer ses propres capacités nationales, notamment à travers la formation de techniciens, d’ingénieurs et de spécialistes capables d’assurer la maintenance des systèmes et l’exploitation des renseignements.

L’enjeu est clair : transformer la technologie en expertise congolaise durable.

Agriculture, Corridor de Lobito et investissements : l’autre visage du rapprochement

La sécurité ne constitue qu’une partie de l’équation.

L’agriculture figure également parmi les principaux axes de coopération.

Le contraste entre les deux pays est frappant.

Israël a développé une agriculture hautement technologique malgré des ressources hydriques limitées. À l’inverse, la RDC dispose d’abondantes terres cultivables et d’importantes réserves d’eau, mais peine encore à améliorer durablement sa productivité.

Les discussions portent notamment sur la gestion de l’eau, les technologies d’irrigation, l’amélioration des rendements agricoles, la conservation des récoltes et la transformation agroalimentaire.

Autre dossier stratégique : le Corridor de Lobito.

Cet axe logistique reliant les zones minières de la RDC au port angolais constitue aujourd’hui l’un des projets économiques majeurs du pays.

La présidence congolaise souhaite attirer des investissements israéliens autour des infrastructures, de l’énergie, de la logistique et des chaînes de valeur industrielles.

L’objectif n’est pas uniquement d’attirer des capitaux, mais aussi des entreprises capables d’apporter des technologies, des compétences et un transfert de savoir-faire.

Une vision axée sur des résultats concrets

À Jérusalem, Félix Tshisekedi a lui-même résumé l’esprit de cette visite.

« Je suis heureux de me trouver aujourd’hui à Jérusalem. La République démocratique du Congo et l’État d’Israël entretiennent des liens anciens que nous souhaitons aujourd’hui renforcer et inscrire dans une dynamique nouvelle. Notre ambition est claire : bâtir un partenariat plus structuré, plus concret et davantage tourné vers des résultats au bénéfice de nos deux peuples. »

Lors de son entretien avec Isaac Herzog, le président congolais a également évoqué les principales questions internationales, tout en mettant l’accent sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.

Ces déclarations confirment l’évolution du dialogue entre les deux pays.

Au fil des dernières années, Kinshasa et Jérusalem ont progressivement élargi leur coopération, de la diplomatie à la sécurité, en passant par la formation professionnelle, les hautes technologies et les investissements.

Reste désormais à transformer ces engagements en réalisations concrètes.

Pour la RDC, confrontée simultanément aux défis de la souveraineté, de la sécurité et de la transformation économique, l’enjeu dépasse la signature de nouveaux protocoles : il s’agit de bâtir un partenariat capable de produire des résultats visibles sur le terrain.

Dialogue national : la C64 convoque une réunion d’urgence avec Lamuka et l’ADD Congo après le discours de Tshisekedi

L’opposition veut parler d’une seule voix. Au lendemain de l’adresse à la Nation de Félix-Antoine Tshisekedi consacrée au dialogue national, la Coalition de l’article 64 (C64) a convoqué une réunion d’urgence avec ses partenaires de Lamuka et de l’ADD Congo afin de définir une position commune face à l’initiative présidentielle.

L’annonce a été faite ce vendredi 28 août par Prince Epenge, qui affirme que cette série de consultations doit permettre à l’opposition de fixer une ligne claire avant toute prise de position officielle.

Une réunion décisive après l’appel au dialogue

Intervenant au lendemain du discours présidentiel, cette rencontre est présentée comme une étape stratégique pour les principales plateformes de l’opposition.

Selon Prince Epenge, plusieurs réunions sont également programmées au sein des partis et regroupements politiques afin d’harmoniser les positions avant une communication commune.

« Nous allons nous réunir aujourd’hui et nous allons fixer l’opinion », a-t-il déclaré.

Les discussions porteront notamment sur l’attitude à adopter face au processus de dialogue annoncé par le chef de l’État et sur la possibilité de dégager une position commune entre les différentes composantes de l’opposition.

« Personne ne va trahir le peuple »

Dans l’attente de cette décision collective, Prince Epenge appelle les Congolais à rester mobilisés.

« Nous appelons le peuple à rester vigilant, à rester debout, à rester mobilisé. Personne ne va trahir le peuple », a-t-il assuré.

L’opposant affirme que les décisions qui seront arrêtées tiendront compte, selon lui, des attentes de la population et des objectifs que ces plateformes disent poursuivre pour le pays.

Une mise en garde adressée au pouvoir

Si aucune position définitive n’a encore été arrêtée, Prince Epenge exclut déjà tout soutien automatique au processus lancé par Félix Tshisekedi.

« Ce qui est sûr, c’est que nous n’accompagnerons personne dans n’importe quelle entreprise périlleuse », a-t-il prévenu.

Cette réaction intervient alors que le président de la République a posé une ligne rouge lors de son adresse à la Nation : les groupes qui combattent encore les institutions par les armes ne pourront pas participer au dialogue national en tant que composantes politiques, renvoyant notamment l’AFC/M23 au processus distinct de Doha.

La position officielle de la C64, de Lamuka et de l’ADD Congo devrait être rendue publique à l’issue des consultations engagées ce vendredi, dans un contexte où le dialogue national s’impose désormais comme le nouveau terrain de confrontation politique entre le pouvoir et une partie de l’opposition.

Dialogue entre Congolais : Félix Tshisekedi s’adresse à la Nation ce jeudi soir

À l’heure où la République démocratique du Congo traverse une période marquée par de multiples défis politiques, sécuritaires et sociaux, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo prendra la parole ce jeudi 27 août dans la soirée pour s’adresser directement aux Congolais.

Placée sous le thème du « Dialogue entre Congolais », cette adresse à la Nation est attendue comme un moment important de la séquence politique actuelle, alors que plusieurs dossiers majeurs continuent d’alimenter le débat public.

Une prise de parole attendue sur les grands enjeux du moment

Cette intervention intervient dans un contexte où les attentes restent fortes aussi bien au sein de la classe politique que de la société civile et de l’opinion publique.

Le chef de l’État devrait revenir sur les principales préoccupations qui traversent le pays et préciser les orientations qu’il entend donner à l’action publique dans les prochains mois.

Sans que le contenu officiel de l’allocution n’ait été dévoilé, cette prise de parole pourrait permettre d’éclairer les prochaines étapes de la démarche de concertation engagée autour du dialogue national.

Le dialogue au cœur du message présidentiel

En choisissant le thème du « Dialogue entre Congolais », Félix Tshisekedi place la question de la cohésion nationale au centre de son intervention.

Cette adresse pourrait être l’occasion de rappeler le rôle du dialogue dans la consolidation de la paix, de la stabilité institutionnelle et du vivre-ensemble, alors que le pays fait face à des défis persistants sur plusieurs fronts.

Le président devrait ainsi s’adresser directement aux différentes composantes de la société congolaise, dans un contexte où les mécanismes de concertation sont régulièrement présentés comme un levier pour préserver l’unité nationale.

Une allocution suivie de près

L’intervention présidentielle sera suivie avec attention par les acteurs politiques, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires de la RDC, qui attendent des précisions sur les prochaines orientations du pays.

À quelques heures de cette allocution, une certitude s’impose : le discours de Félix Tshisekedi s’annonce comme l’un des rendez-vous politiques les plus attendus de cette fin de mois d’août, dans un contexte où les appels au dialogue occupent une place croissante dans le débat national.

João Lourenço à Kinshasa : une signature décisive pour le Corridor de Lobito et les minerais de la RDC

Kinshasa, 26 août 2026. Derrière une visite annoncée comme « courte » se cache un rendez-vous stratégique pour l’avenir économique de la République démocratique du Congo. Le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço est arrivé ce mercredi à Kinshasa pour participer, aux côtés de son homologue Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à une cérémonie de signature appelée à accélérer le développement du Corridor de Lobito, l’un des plus ambitieux projets d’infrastructures en Afrique australe.

Cette nouvelle étape intervient alors que Kinshasa multiplie les réformes pour transformer ce corridor ferroviaire en véritable porte d’accès des minerais congolais aux marchés internationaux via le port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique.

Le Corridor de Lobito, un projet clé pour les minerais de la RDC

Au cœur de cette visite figure la signature d’un contrat destiné à consolider le développement d’un axe ferroviaire considéré comme stratégique pour l’intégration économique régionale.

Le Corridor de Lobito relie les régions minières du Grand Katanga en République démocratique du Congo et du Copperbelt en Zambie au port de Lobito, en Angola, offrant une alternative majeure aux circuits traditionnels d’exportation des minerais.

L’ambition du projet s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plusieurs années.

Le 4 juillet 2023, à Lobito, João Lourenço, Félix Tshisekedi et le président zambien Hakainde Hichilema avaient déjà scellé un accord destiné à faciliter le transport du cuivre, du cobalt et d’autres minerais stratégiques vers les marchés mondiaux.

La cérémonie prévue à Kinshasa marque ainsi une nouvelle phase de concrétisation de cette coopération trilatérale.

Un chantier ferroviaire de plus d’un milliard de dollars

Cette avancée intervient après plusieurs décisions majeures prises par le gouvernement congolais ces derniers mois.

Lors de sa 94ᵉ réunion, le Conseil des ministres a approuvé un partenariat public-privé avec Mota-Engil S.A. pour réhabiliter la ligne ferroviaire reliant Dilolo, Kolwezi, Lubumbashi et Sakania.

Quelques semaines plus tard, la 95ᵉ réunion du Conseil, organisée à Kaniama Kasese, a validé une convention de collaboration avec Mota-Engil Africa portant sur :

  • le financement du projet ;

  • la réhabilitation des infrastructures existantes ;

  • la modernisation du corridor ferroviaire ;

  • l’exploitation commerciale ;

  • la maintenance durant la période contractuelle ;

  • le transfert des infrastructures à l’État à l’issue de la concession.

Longue de 1 004,5 kilomètres, cette ligne représente l’épine dorsale du corridor côté congolais.

Son coût est estimé à 1,258 milliard de dollars américains.

À terme, le gouvernement prévoit de porter progressivement la capacité de transport ferroviaire à 13,7 millions de tonnes par an, renforçant ainsi la compétitivité du secteur minier, principal moteur de l’économie congolaise.

Kinshasa et Luanda renforcent leur coopération

En marge de la cérémonie, une rencontre bilatérale est également prévue entre João Lourenço et Félix Tshisekedi.

Les deux chefs d’État doivent examiner plusieurs dossiers d’intérêt commun ainsi que les perspectives d’approfondissement de la coopération entre l’Angola et la RDC.

Au-delà des infrastructures, cette visite s’inscrit dans une recomposition plus large des partenariats économiques de Kinshasa.

Le Corridor de Lobito figure désormais parmi les priorités soutenues par plusieurs partenaires internationaux, notamment les États-Unis, qui ont intégré la modernisation de l’axe Sakania-Lobito dans le partenariat stratégique conclu avec la RDC.

Un corridor au cœur de la compétition mondiale pour les minerais critiques

La visite de João Lourenço intervient dans un contexte mondial marqué par une compétition croissante autour des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques.

Les accords conclus entre Kinshasa et Washington en décembre 2025 ont placé le Corridor de Lobito au centre de cette nouvelle architecture économique.

Le partenariat prévoit notamment :

  • la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en cobalt, cuivre et germanium ;

  • la création d’une Strategic Minerals Reserve (SMR) ;

  • le soutien à l’industrialisation locale des minerais ;

  • la modernisation des infrastructures d’exportation ;

  • le renforcement de la transparence dans la gestion du secteur minier.

Dans cette perspective, la signature attendue à Kinshasa dépasse le seul cadre des relations entre la RDC et l’Angola.

Elle s’inscrit dans une stratégie plus vaste visant à repositionner le pays comme un acteur incontournable des minerais stratégiques tout en accélérant son intégration aux grands corridors logistiques du continent.

Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer ces engagements diplomatiques et financiers en infrastructures opérationnelles capables de réduire les coûts de transport, de stimuler la transformation locale des ressources et de renforcer la compétitivité de l’économie congolaise sur les marchés internationaux.

Shadary et Minaku enfin transférés à l’auditorat militaire après 200 jours d’opacité

C’est une séquence judiciaire longtemps attendue qui s’ouvre à Kinshasa. Après plus de 200 jours passés dans les geôles des services de sécurité, les autorités ont transféré ce jeudi 6 août les deux hauts responsables du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, à l’auditorat militaire général. Ce déferrement ouvre enfin la phase judiciaire d’un dossier resté, jusqu’ici, entouré d’un quasi-silence.

En janvier 2026, des hommes armés, en tenue civile et en uniforme, ont arrêté les deux dirigeants à leurs domiciles de Kinshasa. Depuis cette interpellation, aucun juge ne les avait entendus. Leurs avocats dénoncent une détention prolongée sans contrôle judiciaire. De leur côté, plusieurs organisations de défense des droits humains s’inquiètent du respect des garanties fondamentales.

Une audition annoncée, une procédure qui soulève des questions

Selon une source proche du dossier, les autorités prévoyaient d’entendre les deux cadres du parti de Joseph Kabila ce jeudi. Finalement, elles ont reporté l’audition au vendredi 7 août à 10 heures. Elles voulaient ainsi éviter un attroupement de militants devant l’auditorat militaire, comme lors d’une précédente convocation.

Cependant, cette procédure continue de susciter des interrogations.

« On leur demande d’être là demain matin, à 10 heures, pour les mettre dans un véhicule et les amener là où ils seront interrogés », rapporte la même source.

Elle s’interroge ensuite : « Pour une audition censée être publique, pourquoi les conduire dans des espaces privés, alors que la justice officielle est censée se tenir dans les bâtiments de l’État ? »

Entre-temps, les autorités ont transféré le dossier du Conseil national de cyberdéfense (CNC) vers la justice militaire. Pourtant, elles n’ont toujours notifié aucune charge officielle aux deux responsables. Elles n’ont pas non plus présenté un calendrier précis de la procédure.

Les critiques se multiplient

L’opacité qui entoure cette affaire alimente de nombreuses réactions. Ainsi, l’opposant en exil Claudel André Lubaya a vivement critiqué la procédure dans une publication sur le réseau social X.

Il qualifie les arrestations « d’enlèvements nocturnes ». Selon lui, cette détention viole les principes de l’État de droit ainsi que les dispositions de la Constitution.

L’opposant affirme également que les autorités détiennent Aubin Minaku depuis le 18 janvier sans décision judiciaire rendue publique. Il soutient aussi que les services de sécurité l’ont privé de tout contact avec sa famille et ses avocats pendant plusieurs mois.

Par ailleurs, Claudel André Lubaya évoque le cas d’autres membres du PPRD, notamment Dunia Kilanga. D’après lui, ces derniers subissent les mêmes conditions de détention.

« Une démocratie ne peut tolérer que des citoyens soient ainsi relégués dans les angles morts de la justice », a-t-il martelé. Il appelle donc le président Félix Tshisekedi à mettre fin à ce qu’il considère comme des détentions arbitraires.

Un tournant judiciaire, mais encore de nombreuses zones d’ombre

Le transfert d’Emmanuel Ramazani Shadary et d’Aubin Minaku vers l’auditorat militaire général constitue un tournant dans cette affaire. En effet, ce dossier nourrit depuis plusieurs mois le débat politique en République démocratique du Congo.

Cette évolution intervient dans un contexte de fortes tensions entre le pouvoir de Félix Tshisekedi et les proches de Joseph Kabila. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a suspendu les activités du PPRD.

Pour l’heure, les autorités judiciaires n’ont toujours pas précisé les infractions reprochées aux deux responsables. Elles n’ont pas davantage détaillé les prochaines étapes de la procédure.

L’audition prévue vendredi pourrait apporter les premiers éléments de réponse. Toutefois, de nombreuses zones d’ombre persistent. Comme le rappelle QuotInfo, « dans un État de droit, toute privation de liberté doit reposer sur des faits clairement établis et respecter les garanties judiciaires ». Faute de précisions, le soupçon d’une justice instrumentalisée à des fins politiques continuera d’alimenter le débat.

Alain Bolodjwa claque la porte de la Coalition Article 64 – « Je ne cautionne pas ce dialogue avec ceux qui bafouent la Constitution »

Ils étaient unis dans la rue, dressés contre ce qu’ils percevaient comme un coup de force constitutionnel. Mais la convergence des luttes a ses limites. Ce lundi, sur un espace X animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, la rupture a été consommée.. Alain Bolodjwa, figure de l’opposition radicale congolaise, a annoncé son retrait de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64).

Un départ qui n’est pas un simple changement d’adresse militante. C’est un signal adressé à ceux qui, au sein de la plateforme, ont choisi la voie du dialogue avec le pouvoir de Kinshasa. Bolodjwa, lui, ne transige pas. Il est venu pour défendre la Constitution, pas pour négocier avec ceux qu’il accuse de la piétiner.

« L’environnement est devenu malsain » : les raisons d’un divorce

Dans une déclaration sans concession, Alain Bolodjwa a justifié son départ par un constat amer : la Coalition Article 64 aurait, selon lui, dérivé de sa mission originelle. La suspension des actions de mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle, consécutive à l’annonce d’un dialogue national inclusif par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

« Nous défendons l’idée selon laquelle on ne va pas indéfiniment continuer de faire des dialogues avec des gens qui posent des actes en violation de la loi et de la Constitution. J’ai tenté de mener ce combat en interne pour sensibiliser les uns et les autres par rapport à cet enjeu. Apparemment, l’environnement était devenu malsain. Pour permettre à nos amis de continuer dans leur combat que je considère légitime, je préfère ne pas être là, parce que cela risque d’apparaître comme une compromission. »

L’opposant, fidèle à sa réputation d’intransigeant, a martelé un message clair : il n’est pas venu quémander un compromis, mais défendre l’ordre constitutionnel. Et pour lui, la simple idée d’un dialogue avec un régime qu’il juge en infraction avec la Loi fondamentale est une trahison des principes qui ont fondé la coalition.

La stratégie contestée : le 12 juin, un rendez-vous manqué

Au-delà du dialogue, c’est toute la stratégie de la C64 que Bolodjwa remet en cause. L’opposant a vivement critiqué le « bicéphalisme » de certains sociétaires, qui insistaient sur une date symbolique – le 12 juin – pour une action dont il ne comprenait ni la pertinence ni l’urgence.

« J’avais posé la question : pourquoi le 12 juin, ça représente quoi, quel en est l’objectif ? Et pourtant, les gens savaient que l’Assemblée nationale allait examiner la loi en date du 8. Ça a vidé dans une certaine mesure la substance. »

Un constat d’échec tactique qui, conjugué à l’annonce du dialogue national, a convaincu Bolodjwa que la coalition avait perdu sa boussole. Il ne retrouve plus, dit-il, la philosophie de son parti politique dans la nouvelle démarche de la C64.

Le dialogue comme piège ? Les craintes de l’opposant

Pour Alain Bolodjwa, le dialogue national inclusif annoncé par le chef de l’État n’est qu’un leurre. Une manœuvre destinée à légitimer une révision constitutionnelle qu’il juge anticonstitutionnelle. En acceptant de suspendre leurs actions pour laisser place à des discussions, les leaders de la C64 auraient, selon lui, offert une victoire politique au régime.

Son départ est aussi un acte de lucidité : il refuse de cautionner un processus qui, à ses yeux, ne peut qu’entériner un changement de la Loi fondamentale. « Je ne suis pas venu pour quémander le dialogue, mais je suis venu pour défendre l’ordre constitutionnel », a-t-il répété, comme un mantra.

Une marche avortée et un calendrier sous tension

La rupture de Bolodjwa intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. À deux jours d’une marche qui devait exiger, entre autres, la démission du président Félix Tshisekedi pour « trahison de son serment constitutionnel », la C64 avait surpris son monde en annonçant le report de cette action. Motif invoqué : donner une chance au dialogue national, impulsé par les principales confessions religieuses après leur entretien avec le chef de l’État.

Mais la Cour constitutionnelle a depuis statué : la loi sur les référendums est conforme à la Constitution. Une décision qui a relancé la dynamique contestataire. La C64 a alors fixé un nouvel ultimatum au président : organiser un dialogue national inclusif d’ici le 15 août. Une date butoir qui pourrait bien être le prochain champ de bataille.

 La solitude de l’intransigeant

En quittant la Coalition Article 64, Alain Bolodjwa assume pleinement son isolement. Il se revendique comme celui qui, au sein de l’opposition congolaise, a le plus farouchement combattu le président Tshisekedi. Une fierté qui confine à l’obsession, mais qui témoigne d’une cohérence politique rare dans un paysage marqué par les compromis et les retournements.

Son départ, au-delà du simple fait divers politique, révèle les fractures profondes qui traversent l’opposition congolaise. Faut-il dialoguer avec un pouvoir accusé de dérive autoritaire ? Faut-il, au contraire, radicaliser la lutte dans la rue ? La C64 a choisi une voie médiane. Bolodjwa, lui, a choisi celle de l’intransigeance.

La question qui brûle les lèvres des observateurs est désormais celle-ci : le pari de la C64 – suspendre la mobilisation pour ouvrir un dialogue – paiera-t-il ? Ou bien la stratégie de Bolodjwa, celle du refus catégorique, s’avérera-t-elle, à terme, la plus prophétique ?

Une certitude demeure : la bataille pour la Constitution congolaise est loin d’être terminée. Et chaque départ, chaque rupture, redessine les lignes d’un affrontement qui, dans les prochains mois, pourrait bien connaître son dénouement. Car à Kinshasa comme à l’intérieur du pays, la question n’est plus de savoir si la Loi fondamentale sera révisée, mais à quel prix et au nom de quelle légitimité.

De Kinshasa à New York : le mois où la RDC a fait entendre sa voix au sommet de la diplomatie mondiale

Pendant trente-et-un jours, les regards de la communauté internationale se sont tournés vers la République démocratique du Congo. Du 1er au 31 juillet 2026, Kinshasa a occupé la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies, l’organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Une responsabilité que le pays n’avait plus exercée depuis plus de trois décennies.

À l’heure de transmettre le marteau de la présidence au Danemark, qui dirigera les travaux du Conseil durant le mois d’août, la RDC laisse derrière elle une empreinte diplomatique marquée par la défense du multilatéralisme, la promotion de la paix et la volonté de replacer les ressources naturelles au cœur des solutions aux conflits contemporains.

Plus qu’une simple rotation protocolaire, cette présidence a incarné le retour d’une diplomatie congolaise qui entend désormais peser davantage dans les grandes décisions internationales.

Une présidence portée par la paix, la justice et le multilatéralisme

Élue membre non permanent du Conseil de sécurité pour le mandat 2026-2027 avec 184 voix sur 187, la RDC retrouvait, en janvier dernier, l’une des plus importantes enceintes diplomatiques du monde, après ses précédents mandats de 1982-1983 et de 1990-1991.

Placée sous la devise « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme », la présidence congolaise s’est construite autour d’une conviction : les crises internationales ne peuvent être durablement résolues sans s’attaquer à leurs causes profondes.

Pays confronté depuis plusieurs décennies aux violences armées dans sa partie orientale, la RDC a mis son expérience au service des débats internationaux. Gouvernance responsable des ressources naturelles, protection des populations civiles, lutte contre l’impunité, justice transitionnelle, participation des femmes et des jeunes à la consolidation de la paix ou encore renforcement des partenariats avec l’Union africaine ont constitué les principaux piliers de son agenda.

Sous la conduite de l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, le Conseil de sécurité a poursuivi l’examen des grandes crises mondiales, du Moyen-Orient au Soudan, en passant par Haïti, la Syrie, l’Ukraine et plusieurs autres foyers de tension.

Trois rendez-vous qui ont marqué la présidence congolaise

La diplomatie congolaise a surtout imprimé sa marque à travers trois rencontres de haut niveau.

Le 8 juillet, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé un débat consacré aux violences sexuelles liées aux conflits armés. Face au Conseil de sécurité, elle a appelé la communauté internationale à renforcer la protection des survivantes, à combattre l’impunité et à faire de la participation des femmes une réalité dans les processus de paix.

« La participation des femmes ne peut pas être symbolique. Elle doit leur donner un pouvoir réel d’influencer les décisions », avait-elle déclaré devant les membres du Conseil.

Quelques jours plus tard, le 13 juillet, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a présidé une réunion selon la formule Arria consacrée aux liens entre ressources naturelles, conflits et paix. Cette réflexion a préparé le grand débat public organisé le 22 juillet, consacré à la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité.

À cette occasion, la cheffe de la diplomatie congolaise a plaidé pour une nouvelle approche internationale.

« Le XXIᵉ siècle est celui des minerais critiques, de l’eau, des forêts, de l’énergie et de la biodiversité. La question est de savoir si ces ressources serviront la prospérité ou continueront d’alimenter les conflits », a-t-elle affirmé.

La RDC y a défendu le renforcement des mécanismes de traçabilité des minerais stratégiques et une gouvernance mondiale plus responsable des ressources naturelles.

Une voix africaine portée au cœur des grandes décisions internationales

Au-delà de ces initiatives, la présidence congolaise s’est attachée à promouvoir une diplomatie préventive fondée sur le dialogue, la médiation et le règlement pacifique des différends.

Lors d’un débat consacré à la prévention des conflits, Thérèse Kayikwamba Wagner a rappelé que la crédibilité du Conseil de sécurité dépend avant tout de la mise en œuvre effective de ses résolutions. Prenant l’exemple de la résolution 2773 sur la RDC, elle a insisté sur la nécessité de faire respecter les engagements relatifs au retrait des forces étrangères, à la fin du soutien aux groupes armés et au respect de la souveraineté des États.

Tout au long du mois, Kinshasa a également fait entendre la voix de l’Afrique au sein du groupe des A3, aux côtés du Libéria et de la Somalie, en plaidant pour une approche plus équilibrée des crises internationales, fondée sur le droit international, la coopération et la responsabilité collective.

Parallèlement, la ministre des Affaires étrangères a rencontré plusieurs candidats à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies, tandis que le président du Conseil de sécurité, Zénon Mukongo Ngay, a supervisé le premier vote indicatif (straw poll) de ce processus de désignation.

Le mois où la RDC a changé de stature diplomatique

En refermant ce chapitre, la République démocratique du Congo ne se contente pas d’avoir assuré la présidence tournante d’une institution internationale. Elle aura utilisé cette tribune pour porter ses priorités, défendre les intérêts du continent africain et proposer une lecture nouvelle des défis sécuritaires mondiaux, fondée sur la prévention, la justice et la gouvernance responsable des ressources naturelles.

Le passage du relais au Danemark marque ainsi la fin d’un mois de présidence, mais non celle de l’engagement congolais. Membre non permanent jusqu’en décembre 2027, la RDC continuera de siéger au Conseil de sécurité avant d’en reprendre la présidence en novembre 2027. D’ici là, ce mois de juillet 2026 restera comme celui où Kinshasa a démontré que son expérience des crises pouvait aussi devenir une force de proposition au service de la paix internationale.

RDC-Rwanda : la MONUSCO se désolidarise du retour de 39 personnes expulsées par Kigali

Le retour de 39 personnes en République démocratique du Congo, mercredi 29 juillet, n’aura pas seulement marqué un nouveau mouvement à la frontière entre Goma et Gisenyi. En quelques heures, cette opération est devenue un nouvel épisode de la guerre des récits qui oppose Kinshasa, Kigali et les acteurs du conflit dans l’Est congolais.

Alors que les personnes rapatriées contestent avoir appartenu aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a tenu à prendre publiquement ses distances. Dans un communiqué publié jeudi, la mission onusienne affirme n’avoir été associée « à aucun titre » à cette opération, tout en rappelant les règles qui encadrent son programme de rapatriement des ex-combattants étrangers.

La MONUSCO clarifie son rôle et défend son programme de rapatriement

Face aux nombreuses interrogations suscitées par cette opération, la MONUSCO insiste sur un point : si les 39 personnes avaient bien été, par le passé, rapatriées au Rwanda dans le cadre de son programme de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réintégration et Réinstallation (DDRRR), elle n’a en revanche participé ni à leur transfert vers la RDC, ni à leur remise aux autorités congolaises.

La mission rappelle que son mandat, confié par le Conseil de sécurité des Nations unies, repose sur le principe du désarmement volontaire des combattants étrangers présents en RDC. Chaque rapatriement fait l’objet d’un processus de vérification rigoureux, au terme duquel les dossiers sont transmis à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), seule habilitée à donner son approbation avant le départ vers le Rwanda.

Par cette mise au point, la MONUSCO affirme vouloir préserver « l’indépendance, l’intégrité et la transparence » de son programme, dans un contexte où chaque opération liée aux groupes armés fait désormais l’objet d’une forte bataille politique et diplomatique.

Des rapatriés qui contestent leur identité de combattants FDLR

Les 39 personnes ont franchi la frontière au poste de la Grande Barrière, entre Goma et Gisenyi, après plusieurs mois passés au centre de Mutobo, au Rwanda. À leur arrivée, elles ont été accueillies par le maire de Goma installé par l’AFC/M23, Désiré Ngabo Kisuba.

Interrogés après leur retour, plusieurs rapatriés affirment être des citoyens congolais, principalement originaires des territoires de Masisi et de Rutshuru. Tous rejettent leur présentation comme membres des FDLR, soutenant qu’ils auraient été convaincus d’accepter cette qualification avant leur transfert vers le Rwanda.

Ces déclarations ont rapidement alimenté la controverse.

Le porte-parole adjoint de l’AFC/M23, Oscar Balinda, accuse la MONUSCO et le gouvernement congolais d’avoir présenté ces personnes comme des combattants FDLR alors qu’elles seraient, selon lui, exclusivement des ressortissants congolais. Il affirme que les autorités rwandaises auraient elles-mêmes vérifié leur identité avant de conclure qu’elles ne relevaient pas du processus de rapatriement réservé aux anciens combattants rwandais.

Une nouvelle polémique au cœur des tensions entre Kinshasa et Kigali

Cette affaire intervient dans un climat diplomatique déjà extrêmement tendu. Quelques jours plus tôt, Kinshasa annonçait avoir conclu un protocole portant sur le désarmement et la démobilisation des FDLR, une initiative immédiatement rejetée par Kigali, qui estime qu’elle s’écarte des engagements prévus dans les accords de Washington signés le 4 décembre 2025.

La présence des FDLR demeure l’un des principaux points de friction entre les deux pays. Pour le Rwanda, ce groupe armé, composé à l’origine d’anciens responsables du génocide de 1994, constitue une menace sécuritaire majeure. De son côté, la RDC accuse régulièrement Kigali de soutenir les rebelles de l’AFC/M23, qui contrôlent plusieurs zones dans l’est du pays.

Dans ce contexte explosif, le retour de ces 39 personnes dépasse largement le simple cadre d’une opération de rapatriement. Il ravive les accusations croisées, nourrit les soupçons entre les différentes parties et rappelle combien chaque dossier lié aux FDLR est devenu un enjeu diplomatique de premier ordre. Pendant que les versions s’opposent et que les responsabilités se renvoient d’une capitale à l’autre, la recherche d’une solution durable au conflit continue, elle, de se heurter aux profondes fractures qui minent encore la région des Grands Lacs.

Accord avec les FDLR : Kigali dénonce une « manipulation » de Kinshasa et ravive les tensions autour des accords de Washington

À peine annoncé par Kinshasa, le protocole d’engagement en faveur du désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) fait déjà voler en éclats l’élan diplomatique né des accords de Washington. Présentée par le gouvernement congolais comme une avancée majeure dans la mise en œuvre de ses engagements sécuritaires, cette initiative est catégoriquement rejetée par Kigali, qui y voit une entorse aux accords de paix conclus sous la médiation des États-Unis.

Derrière cette nouvelle passe d’armes diplomatique se dessine une réalité plus complexe : un processus de paix toujours fragile, des interprétations opposées des engagements signés et une crise sécuritaire qui continue d’embraser l’est de la République démocratique du Congo.

Kinshasa mise sur le désarmement, Kigali exige la neutralisation des FDLR

Selon les autorités congolaises, les FDLR ont signé un protocole portant sur leur désarmement, leur démobilisation et leur cantonnement. Le document prévoit, en principe, que les combattants rejoignent des sites dédiés dans le cadre d’un processus encadré, à condition de bénéficier de garanties sécuritaires et de ne pas être extradés de force vers le Rwanda.

Toutefois, plusieurs zones d’ombre subsistent. Le protocole ne précise ni le nombre de combattants concernés, ni les lieux de cantonnement, ni le calendrier de mise en œuvre, pas plus qu’il n’indique si certains membres du groupe armé ont déjà déposé les armes.

Pour Kinshasa, cette démarche s’inscrit pleinement dans les engagements pris dans le cadre du Concept des opérations (CONOPS), élaboré en application des accords de Washington. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, estime qu’elle constitue une étape importante vers le rétablissement de la sécurité dans l’est du pays.

Les FDLR occupent en effet une place centrale dans l’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda. Celui-ci prévoit la neutralisation du mouvement armé en contrepartie du désengagement des forces rwandaises déployées sur le territoire congolais.

Le Rwanda rejette le protocole et accuse Kinshasa de contourner ses obligations

À Kigali, la réaction n’a pas tardé. Sur son compte X, le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a rejeté le protocole avec fermeté, estimant qu’il n’a aucun fondement juridique dans les accords de Washington.

« La signature de ce prétendu protocole entre le père (le gouvernement congolais), le fils (les FDLR) et le mauvais esprit (l’idéologie du génocide) n’est en rien conforme aux accords de Washington », a-t-il déclaré.

Pour le chef de la diplomatie rwandaise, les FDLR ne sont pas signataires de l’accord de paix mais en constituent l’objet principal. Selon lui, le texte conclu sous médiation américaine prévoit leur neutralisation, et non l’ouverture de négociations avec ce groupe armé.

Olivier Nduhungirehe accuse également Kinshasa de chercher à gagner du temps afin d’échapper aux obligations prévues par le CONOPS et son Ordre opérationnel (OPORD), qui devaient, selon lui, être exécutées dans un délai de 90 jours.

Le ministre rwandais va plus loin en affirmant que, depuis la signature des accords de Washington en décembre 2025, les autorités congolaises auraient renforcé leur soutien militaire aux FDLR et facilité leur structuration politique en s’appuyant sur plusieurs personnalités rwandaises vivant en Europe. Des accusations que la RDC rejette régulièrement.

Une paix encore fragile malgré les engagements internationaux

Cette nouvelle controverse intervient alors que l’accord de Washington peine toujours à produire les effets attendus sur le terrain. Malgré les engagements pris par Kinshasa et Kigali, les affrontements persistent dans l’est de la RDC, tandis que les accusations de soutien aux groupes armés continuent d’alimenter la méfiance entre les deux voisins.

Le Rwanda accuse depuis plusieurs années la RDC de collaborer avec les FDLR, un groupe créé par des combattants hutus, dont certains sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994. À l’inverse, Kinshasa continue d’accuser Kigali de soutenir les rebelles de l’AFC/M23, présents dans plusieurs territoires de l’est du pays.

Face à cette impasse, les efforts diplomatiques se poursuivent. Au nom de l’Union africaine, le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, mène une mission de médiation destinée à rapprocher les positions des deux États. De son côté, Washington, par l’intermédiaire de Massad Boulos, continue d’exhorter les deux parties à respecter les engagements souscrits dans le cadre des accords de paix.

Mais sur le terrain, les populations civiles restent les premières victimes d’un conflit qui ne cesse de se prolonger, tandis que la situation humanitaire demeure alarmante.

Le protocole signé avec les FDLR ouvrira-t-il réellement la voie au désarmement du groupe armé et au retrait des forces rwandaises, ou ne fera-t-il qu’accentuer les divergences entre Kinshasa et Kigali, au risque de compromettre davantage la mise en œuvre des accords de Washington ?

Référendum en RDC : la Cour constitutionnelle valide la loi, mais impose des réserves sur 13 articles

Après plusieurs semaines d’attente, l’heure de vérité a enfin sonné. Dans une atmosphère politique particulièrement tendue, la Cour constitutionnelle a rendu, ce mardi, sa décision sur la loi portant modalités d’organisation du référendum en République démocratique du Congo. Dans la salle d’audience, l’attention était entièrement tournée vers le président de la Haute Cour, Dieudonné Kamuleta, dont la prise de parole allait enfin lever le voile sur le sort réservé à ce texte au cœur de toutes les controverses.

La réponse est tombée : la loi référendaire est conforme à la Constitution.

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Mais le feu vert de la Cour n’est pas sans conditions. La Haute juridiction a assorti sa décision de 13 réserves d’interprétation concernant plusieurs dispositions du texte. Des garde-fous qui devront impérativement être pris en compte lors de l’application de la loi.

La décision ouvre ainsi la voie à la promulgation du texte par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, tout en maintenant une vigilance particulière sur la manière dont certaines de ses dispositions devront être interprétées.

La Cour constitutionnelle tranche : « La loi est conforme à la Constitution »

L’audience publique présidée par Dieudonné Kamuleta aura finalement livré son verdict.

« La Cour déclare conforme à la Constitution la loi référendaire adoptée par les deux chambres du Parlement », a déclaré le président de la Cour constitutionnelle.

La Haute Cour a ainsi jugé recevable la requête introduite par le chef de l’État et s’est déclarée compétente pour examiner le texte adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Dans son arrêt, la juridiction constitutionnelle précise toutefois que la conformité de la loi est assortie de réserves portant sur les articles 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 14, 19, 21, 23 et 43.

Ces dispositions ne pourront donc être appliquées indépendamment de l’interprétation donnée par la Cour.

La décision ordonne par ailleurs que la loi soit publiée au Journal officiel, accompagnée de l’arrêt de la Haute Cour. L’objectif est clair : permettre à tous les acteurs chargés de son application de tenir compte des réserves formulées par les juges constitutionnels.

Autrement dit, la Cour valide la loi dans son ensemble, mais encadre l’application de certaines de ses dispositions.

Le feu vert attendu après la saisine de Félix Tshisekedi

Cette décision intervient après une procédure engagée directement par le président de la République.

Le 30 juin dernier, dans son adresse à la Nation à l’occasion de la commémoration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, Félix Tshisekedi avait annoncé avoir transmis la loi à la Cour constitutionnelle.

Le chef de l’État avait choisi de saisir la Haute Cour avant toute promulgation, conformément à l’article 160, alinéa 3, de la Constitution.

À l’époque, Félix Tshisekedi avait défendu la régularité du processus législatif, rappelant que le Parlement exerce ses prérogatives constitutionnelles en « débattant, délibérant et légiférant ».

La saisine de la Cour avait alors placé le texte au centre d’une attente particulièrement forte.

D’un côté, le camp présidentiel défend la légitimité de la démarche et présente le référendum comme un mécanisme de consultation populaire prévu par la Constitution.

De l’autre, une partie de l’opposition et de la société civile redoute que cette initiative ne constitue le prélude à une réforme institutionnelle plus profonde, notamment à une modification de certaines dispositions de la Constitution.

Les opposants au projet craignent notamment que le processus ne soit utilisé, à terme, pour permettre à Félix Tshisekedi de prolonger son maintien au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle des deux mandats.

Le camp présidentiel rejette ces accusations et affirme que la réforme envisagée répond avant tout à la nécessité d’améliorer le fonctionnement des institutions de la République.

Un feu vert, mais des réserves qui pourraient peser lourd

Avec cette décision, une nouvelle étape vient donc d’être franchie.

La conformité de la loi à la Constitution étant désormais reconnue par la Haute Cour, le président de la République peut poursuivre la procédure de promulgation.

Mais les 13 réserves d’interprétation pourraient rapidement devenir un point central du débat.

Les motivations détaillées de l’arrêt sont particulièrement attendues. Elles permettront de comprendre précisément les limites posées par la Cour et la manière dont les articles concernés devront être appliqués.

Dans un contexte politique où chaque disposition du texte est scrutée avec attention, ces précisions pourraient avoir une importance considérable.

La Cour constitutionnelle rappelle ainsi que la possibilité d’organiser un référendum ne peut s’exercer en dehors du cadre constitutionnel. Même lorsqu’une loi est déclarée conforme, son application doit respecter les principes et garanties consacrés par la Constitution.

Le verdict de ce mardi marque donc une double avancée.

Il met fin au suspense sur la conformité de la loi référendaire et ouvre la voie à sa promulgation. Mais il rappelle également que le référendum, s’il doit être organisé, devra se dérouler dans les limites strictes fixées par la Loi fondamentale.

La prochaine bataille pourrait désormais se déplacer du prétoire vers le terrain politique. Car si la Cour constitutionnelle a donné son feu vert à la loi, le débat sur son opportunité et sur les conséquences politiques d’un éventuel référendum est, lui, loin d’être terminé.

 

 

 

Référendum en RDC : la Cour constitutionnelle au cœur d’un bras de fer politique autour de Tshisekedi

Kinshasa, 28 juillet 2026. Tous les regards se tournent ce mardi vers la Cour constitutionnelle. Dans les couloirs de la Haute Cour, une question juridique prend des allures de véritable bataille politique : la loi portant modalités d’organisation du référendum en République démocratique du Congo respecte-t-elle la Constitution ?

Saisie par le président Félix-Antoine Tshisekedi, la Cour doit examiner la conformité du texte adopté successivement par l’Assemblée nationale et le Sénat. Une étape institutionnelle préalable à toute promulgation, mais dont la portée dépasse largement le cadre juridique.

Car derrière cette procédure se joue un débat qui divise profondément la classe politique congolaise. Pour l’opposition, cette loi pourrait ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l’État de prolonger son maintien au pouvoir. Dans le camp présidentiel, cette lecture est catégoriquement rejetée. La réforme, assure-t-on, viserait plutôt à améliorer le fonctionnement des institutions.

À la Cour constitutionnelle revient désormais la lourde responsabilité de trancher sur la conformité du texte à la Loi fondamentale.

Une loi sous haute tension politique

Le processus a pris une nouvelle dimension le 30 juin dernier.

À l’occasion de la commémoration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, Félix Tshisekedi avait annoncé avoir saisi la Cour constitutionnelle afin que celle-ci examine la conformité de la loi avant toute éventuelle promulgation.

Le chef de l’État s’était alors inscrit dans le cadre de l’article 160, alinéa 3, de la Constitution, qui prévoit le contrôle préalable de constitutionnalité de certaines lois avant leur promulgation.

Sans se prononcer sur le fond du texte, Félix Tshisekedi avait défendu la légitimité du processus institutionnel. Pour lui, le Parlement exerce simplement ses prérogatives constitutionnelles lorsqu’il « débat, délibère et légifère ».

Le président de la République avait également présenté sa démarche comme une manifestation de la « coopération interinstitutionnelle » et du respect de l’État de droit.

Mais dans l’opposition, la méfiance demeure.

La coalition C64 et plusieurs autres composantes de l’opposition contestent ouvertement cette initiative. Elles accusent le pouvoir de vouloir utiliser la réforme constitutionnelle comme un moyen détourné de permettre à Félix Tshisekedi de rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats présidentiels.

Une accusation que le camp présidentiel rejette fermement.

Selon les soutiens du chef de l’État, l’objectif de la réforme serait avant tout de revoir le fonctionnement des institutions et de renforcer leur efficacité, et non de permettre au président de prolonger son règne.

La décision de la Haute Cour très attendue

Dans ce climat de tension, la décision de la Cour constitutionnelle est particulièrement scrutée.

La Haute Cour devra se prononcer sur la conformité à la Constitution d’un texte qui, depuis son adoption par les deux chambres du Parlement, nourrit de nombreuses interrogations dans l’opinion publique.

Son examen intervient également alors que le pays traverse une période politique délicate.

L’opposition avait notamment appelé à une mobilisation à Kinshasa pour dénoncer, entre autres, la gouvernance du chef de l’État et réclamer sa démission.

Mais les lignes semblent désormais évoluer.

La coalition C64 et plusieurs autres forces de l’opposition ont décidé de suspendre leurs actions de terrain pour privilégier la voie du dialogue national annoncé dans les prochains jours.

La tenue de ce dialogue pourrait ainsi offrir un nouvel espace de discussion entre les différentes forces politiques et sociales du pays.

Pour l’heure, aucune date officielle n’a encore été communiquée. Mais l’annonce de cette initiative, intervenue après une rencontre entre Félix Tshisekedi et les responsables des principales confessions religieuses, continue de susciter des réactions favorables.

Entre référendum et dialogue national, la RDC à un tournant

L’examen de la loi sur le référendum intervient donc à un moment particulièrement sensible pour la République démocratique du Congo.

D’un côté, la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur un texte dont la portée juridique pourrait avoir des conséquences importantes sur l’évolution institutionnelle du pays.

De l’autre, le dialogue national annoncé par le président de la République apparaît comme une tentative de renouer le fil du consensus dans une société profondément divisée.

Cette initiative est d’ailleurs saluée au-delà des frontières congolaises.

Après la Belgique, la France a également exprimé son soutien à cette démarche, présentée comme un moyen de renforcer la cohésion nationale dans un contexte marqué par la guerre d’agression à l’Est du pays et par plusieurs autres crises sociopolitiques.

Le calendrier politique congolais s’annonce donc particulièrement chargé.

Alors que les acteurs politiques attendent le verdict de la Cour constitutionnelle, une autre question demeure en suspens : la décision de la Haute Cour permettra-t-elle d’apaiser les tensions autour du projet de référendum ou risque-t-elle, au contraire, de raviver le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition ?

Pour l’heure, une seule certitude se dégage : le dossier du référendum est désormais entre les mains de la justice constitutionnelle, mais son véritable enjeu se joue sur le terrain politique.

Session extraordinaire : 18 textes adoptés, sécurité et grands projets… le Sénat livre son bilan

Après près d’un mois de travaux, de débats et de décisions, le Sénat congolais a refermé les portes de sa session extraordinaire. Ce samedi, dans l’hémicycle de la Chambre haute du Parlement, la 11ᵉ séance plénière a marqué la fin de cette séquence parlementaire convoquée à la demande de la Première ministre Judith Suminwa.

Présidée par le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, cette session aura été rythmée par l’examen de plusieurs dossiers jugés prioritaires pour le pays. Sur les 25 matières inscrites à l’ordre du jour, 18 textes de loi ont finalement été examinés et adoptés.

Derrière ce bilan se dessine une session placée sous le signe de l’urgence, entre finances publiques, sécurité nationale, réformes économiques et grands projets structurants.

18 textes adoptés sur 25 matières inscrites à l’ordre du jour

Ouverte officiellement le samedi 27 juin 2026, la session extraordinaire avait été convoquée pour permettre à la Chambre haute d’examiner plusieurs dossiers considérés comme prioritaires pour l’action gouvernementale.

Au terme des travaux, 18 textes ont été adoptés sur les 25 matières inscrites au programme.

Parmi les dossiers majeurs figuraient notamment le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, un texte destiné à ajuster les prévisions budgétaires de l’État en fonction de l’évolution de la situation économique et des nouvelles priorités nationales.

Les sénateurs ont ainsi consacré une partie importante de leurs travaux à des textes directement liés aux besoins et aux engagements du gouvernement.

Une session extraordinaire qui, au fil des séances, a donc pris des allures de véritable rendez-vous législatif pour accélérer l’examen de plusieurs réformes jugées essentielles.

Sécurité, Grand Inga et zones économiques spéciales au cœur des débats

Sur le front sécuritaire, le Sénat a autorisé la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

Une décision qui intervient dans un contexte où l’Est de la République démocratique du Congo reste confronté à une situation sécuritaire particulièrement préoccupante.

Mais les discussions de la Chambre haute ne se sont pas limitées aux questions sécuritaires.

Les sénateurs ont également examiné plusieurs dossiers à forte portée économique et stratégique. Parmi eux figurent le projet de loi relatif au Grand Inga, la programmation militaire pour la période 2027-2030 ainsi que les textes concernant les Zones économiques spéciales (ZES).

Autant de dossiers qui touchent directement aux ambitions de développement, à la sécurité nationale et à la transformation économique du pays.

Le Grand Inga, notamment, représente depuis plusieurs années un projet stratégique pour la RDC, avec l’ambition de renforcer considérablement la production énergétique du pays.

De leur côté, les Zones économiques spéciales sont présentées comme des instruments susceptibles de stimuler les investissements, l’industrialisation et la création d’emplois.

Sama Lukonde appelle les sénateurs à porter la voix de l’État

Au moment de refermer officiellement cette session extraordinaire, Jean-Michel Sama Lukonde a livré un message qui dépassait le simple bilan des travaux parlementaires.

Dans son discours de clôture, le président du Sénat a insisté sur l’importance du dialogue national engagé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.

Pour le speaker de la Chambre haute, cette démarche constitue un élément essentiel pour consolider la paix et renforcer la cohésion nationale.

Jean-Michel Sama Lukonde a également salué la mobilisation autour du recensement général, qu’il considère comme un acte de souveraineté indispensable à la planification et au développement de la République démocratique du Congo.

Le président du Sénat a enfin exhorté les sénateurs à profiter de leurs vacances parlementaires pour rester au contact de leurs bases.

Dans leurs circonscriptions respectives, les élus de la Chambre haute sont appelés à continuer d’incarner la voix de l’État et à demeurer attentifs aux préoccupations de la population.

C’est sur cette note que Jean-Michel Sama Lukonde a officiellement déclaré closes les assises de la session extraordinaire.

Après plusieurs semaines de travaux, le Sénat prend donc ses vacances parlementaires avec un bilan marqué par 18 textes adoptés, des décisions importantes sur le plan sécuritaire et plusieurs réformes économiques et stratégiques désormais au cœur de l’agenda national.

La prochaine étape sera désormais de voir comment ces décisions se traduiront concrètement sur le terrain, dans un pays confronté à la fois aux défis sécuritaires, économiques et sociaux.

Minerais de la RDC : le plaidoyer de Guterres relance la colère contre l’inaction internationale

À New York, les mots d’Antonio Guterres ont résonné avec une intensité particulière à des milliers de kilomètres de là, en République démocratique du Congo. Alors que l’Est du pays continue de vivre au rythme des violences armées et des trafics de minerais, le secrétaire général des Nations unies a une nouvelle fois pointé du doigt un mal qui ronge les zones de conflit : l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Son message est clair. Il faut couper les groupes armés et les réseaux criminels de leurs sources de financement. Mais en RDC, ce nouvel appel soulève une question devenue presque incontournable : combien de fois la communauté internationale dénoncera-t-elle le problème avant de passer réellement à l’action ?

Car depuis des années, Kinshasa alerte sur le pillage de ses richesses minières. Des alertes répétées, des rapports, des condamnations diplomatiques… mais sur le terrain, la violence persiste et les minerais continuent d’alimenter un commerce opaque.

À New York, Guterres pointe le lien entre minerais et conflits

Mercredi 22 juillet 2026, lors de la 10 200ᵉ séance du Conseil de sécurité des Nations unies, Antonio Guterres a placé la question des ressources naturelles au cœur de son intervention.

Le secrétaire général de l’ONU a appelé la communauté internationale à s’attaquer directement aux circuits qui permettent aux groupes armés et aux réseaux criminels de tirer profit des richesses naturelles.

Pour lui, le constat ne souffre plus de débat : tant que ces réseaux continueront à générer des revenus grâce à l’exploitation clandestine des ressources, les conflits risqueront de se prolonger.

« Nous devons priver les groupes armés et les réseaux criminels des revenus qui attisent des conflits qui n’ont que trop duré », a déclaré Antonio Guterres.

Le chef de l’ONU a également souligné que le contrôle des ressources naturelles transforme profondément les conflits, depuis leurs origines jusqu’à leur déroulement et leur issue.

Un discours qui, forcément, trouve un écho particulier en RDC. Le pays possède certaines des ressources minières les plus convoitées au monde. Pourtant, dans plusieurs régions, cette richesse reste paradoxalement associée à l’instabilité, à la pauvreté et aux violences.

Dans l’Est congolais, les minerais au cœur d’une guerre qui s’éternise

Au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, la terre ne livre pas seulement ses minerais. Elle nourrit aussi les rivalités, les trafics et les convoitises.

Depuis des années, l’exploitation artisanale de certaines zones minières échappe en partie au contrôle de l’État. Des groupes armés et des réseaux économiques sont régulièrement accusés de tirer profit de cette situation.

Pour les autorités congolaises, une partie des minerais extraits clandestinement quitte ensuite le pays par des circuits de contrebande. Kinshasa accuse notamment le Rwanda de soutenir des mouvements armés actifs dans l’Est et de profiter du trafic des minerais provenant de cette région.

Kigali rejette fermement ces accusations et soutient que les minerais exportés par le Rwanda proviennent d’une exploitation légale et contrôlée.

Au-delà de cette bataille d’accusations, une réalité demeure : le lien entre exploitation des ressources naturelles et conflits reste l’un des dossiers les plus sensibles de la région des Grands Lacs.

Face à cette situation, la RDC n’a cessé de multiplier les appels à l’aide auprès de la communauté internationale. Dans les enceintes diplomatiques, Kinshasa réclame depuis plusieurs années des mesures plus fermes contre ceux qui, selon les autorités congolaises, contribuent à alimenter l’insécurité.

Pour le gouvernement congolais, le temps des simples condamnations semble révolu.

De la parole aux actes : le grand test pour la communauté internationale

C’est ici que le discours d’Antonio Guterres prend une dimension particulière.

Son appel remet indirectement sur la table une vieille interrogation congolaise : à quoi servent les alertes internationales si elles ne débouchent pas sur des décisions capables de changer la réalité sur le terrain ?

À Kinshasa, certains observateurs estiment que la multiplication des déclarations sans conséquences concrètes risque d’éroder progressivement la confiance envers les institutions multilatérales.

La question est donc désormais de savoir si les appels de l’ONU peuvent se transformer en mesures concrètes. Cela pourrait passer par des sanctions ciblées, un renforcement de la traçabilité des minerais, une lutte plus efficace contre les réseaux financiers des groupes armés ou encore une responsabilisation accrue des acteurs impliqués dans les circuits commerciaux illicites.

Mais le défi est immense. Le commerce des minerais dépasse largement les frontières de la RDC. Il implique des groupes armés, des réseaux criminels, des négociants, des entreprises et des chaînes internationales d’approvisionnement.

Et alors que le monde se lance dans une course effrénée aux minerais stratégiques nécessaires aux technologies numériques et à la transition énergétique, les richesses congolaises attirent plus que jamais les convoitises.

La RDC se retrouve ainsi au centre d’un paradoxe : ses minerais sont indispensables à l’économie mondiale de demain, mais leur exploitation peut aussi contribuer à financer les conflits d’aujourd’hui.

Le plaidoyer d’Antonio Guterres vient donc raviver un débat que Kinshasa porte depuis longtemps. Mais pour les autorités congolaises, l’heure n’est plus aux promesses.

Car derrière les discours prononcés dans les grandes salles de New York, une question continue de hanter la RDC : quand ses richesses naturelles cesseront-elles d’être le carburant des conflits pour devenir enfin le moteur de son développement ?

Corneille Nangaa ferme la porte au dialogue avec Kinshasa

Alors que les initiatives se multiplient pour tenter de trouver une issue à la crise congolaise, Corneille Nangaa choisit de durcir le ton. L’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et coordonnateur de l’AFC/M23 rejette toute perspective de dialogue avec le pouvoir de Kinshasa, estimant que de nouveaux compromis politiques ne permettraient pas, à eux seuls, de régler les problèmes auxquels le pays est confronté.

Dans une vidéo diffusée par ses équipes, Corneille Nangaa s’en est vivement pris aux autorités congolaises, qu’il accuse de ne pas respecter leurs engagements. Une sortie qui intervient au moment où Kinshasa cherche à mettre en place un nouveau cadre de discussions nationales avec l’appui des confessions religieuses.

Un refus catégorique du processus de dialogue

Pour Corneille Nangaa, la solution à la crise ne passe pas par ce qu’il qualifie de « compromis hypocrites », mais par une transformation profonde de l’État.

Sa position intervient alors que le président Félix Tshisekedi a donné son accord à l’organisation d’un dialogue, à la suite des démarches entreprises par les responsables des confessions religieuses.

Mais la perspective de ces nouvelles discussions semble déjà se heurter à plusieurs obstacles. Le refus affiché par Corneille Nangaa constitue un signal fort pour un processus qui ambitionne de réunir différentes composantes de la scène politique congolaise.

La question de la représentativité du futur dialogue se pose ainsi avec insistance, alors que certains acteurs contestent la crédibilité du pouvoir de Kinshasa comme interlocuteur.

Une « refondation de l’État » plutôt qu’un nouvel accord politique

L’ancien responsable de la CENI défend une approche qui dépasse le cadre d’un simple arrangement entre acteurs politiques.

Il plaide pour une « refondation de l’État » articulée autour de quatre priorités : une armée qu’il souhaite « dissuasive », une police « protectrice », une justice « indépendante » et une administration « fonctionnelle ».

À travers ces propositions, Corneille Nangaa estime que la crise congolaise exige des réformes structurelles et une transformation en profondeur des institutions. Une vision qui l’éloigne davantage du processus de dialogue actuellement envisagé par Kinshasa.

Un dialogue déjà confronté à de nombreux obstacles

Le rejet de Corneille Nangaa intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Après plusieurs cycles de discussions, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 restent éloignés sur plusieurs questions majeures.

Par ailleurs, le gouvernement congolais a déjà laissé entendre que le futur forum ne serait pas nécessairement ouvert sans condition à toutes les parties. La participation pourrait notamment dépendre de la position des différents acteurs sur la question de l’agression rwandaise dans l’Est du pays.

Entre refus de négocier, critères de participation et profondes divergences sur les conditions d’un éventuel accord, le chemin vers un dialogue véritablement inclusif s’annonce donc semé d’embûches.

Reste désormais à savoir si les initiatives portées par les confessions religieuses parviendront à rapprocher les positions et à convaincre les acteurs qui, comme Corneille Nangaa, refusent pour l’heure de s’asseoir à la table des discussions.

La C64 suspend sa marche contre Tshisekedi et lance un ultimatum jusqu’au 15 août

C’est un geste qui a suspendu le souffle de la classe politique congolaise. Ce lundi 20 juillet, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a annoncé le report de la marche pacifique prévue mercredi 22 juillet devant le Palais de la Nation. Une décision inattendue, arrachée par l’appel pressant des confessions religieuses, qui ouvre une fenêtre de tir pour un dialogue national. Mais derrière ce geste de responsabilité, la C64 pose ses jalons, fixe ses conditions et brandit un ultimatum : le 15 août 2026 comme date butoir.

La nouvelle est tombée en fin de journée, dans un communiqué signé par les cinq ténors de l’opposition : Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata (LGD) et Delly Sesanga (Envol). Tous ont accepté de renoncer, pour l’instant, à la rue. Mais à quel prix ?

La pression des religieux et l’ouverture présidentielle

Le 18 juillet, le Cardinal Fridolin Ambongo et le Révérend Président André Bokundoa, au nom de la CENCO et de l’ECC, ont tendu une perche à la C64 : laissez une chance au dialogue. Dans la foulée, la Présidence de la République a annoncé, après une audience accordée aux représentants religieux, la volonté du Chef de l’État d’organiser un « dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain, dans le respect des institutions et de la Constitution ».

Pour la Coalition, ce double signal a suffi à justifier un geste d’apaisement. Mais il ne s’agit pas d’une reddition. Dans son communiqué, la C64 insiste : ce report est un « geste de responsabilité », pas un renoncement. La détermination à défendre l’ordre constitutionnel reste intacte. Et sur le fond, les lignes rouges demeurent.

Les conditions de la C64 : Un dialogue, mais pas à n’importe quel prix

La Coalition ne lâche rien sur le fond. Elle réaffirme son opposition farouche à toute révision de la Constitution, rappelant les articles 70 et 220 qui limitent à deux le nombre de mandats présidentiels. Pour la C64, le dialogue doit impérativement aborder les « causes profondes » de la crise :

  • L’agression extérieure et l’insécurité dans l’Est du pays ;

  • La crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales ;

  • Les réformes nécessaires à la réunification du territoire et à la consolidation de la paix.

La Coalition exige également des « mesures de confiance et de décrispation » pour créer un climat propice aux échanges. Sans cela, elle prévient : le dialogue restera un vœu pieux.

Un ultimatum au pouvoir

Le message le plus ferme du communiqué est sans doute l’ultimatum lancé à Félix Tshisekedi. La C64 met le régime en garde contre tout acte de provocation, notamment la poursuite du processus de changement constitutionnel et l’éventuelle promulgation d’une loi sur le référendum.

La date du 15 août 2026 est désormais gravée dans le marbre : si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué d’ici là, ou si les engagements annoncés ne sont pas suivis d’effets concrets, la Coalition dit se réserver le droit d’en tirer « toutes les conséquences politiques » et d’appeler le peuple congolais à reprendre les actions citoyennes pacifiques.

Une mobilisation maintenue

En attendant, la C64 ne baisse pas la garde. Elle affirme maintenir l’ensemble de ses structures, au pays comme dans la diaspora, en « état de mobilisation et d’alerte maximale ». Un message adressé autant au pouvoir qu’à ses propres soutiens : la trêve est fragile et les nerfs restent à vif.

Le feuilleton politique congolais entre dans une phase décisive. La balle est désormais dans le camp de Félix Tshisekedi. Le Président saisira-t-il cette opportunité pour désamorcer la crise, ou la rue reprendra-t-elle ses droits après le 15 août ? Kinshasa retient son souffle.

Le gouvernement dévoile sa stratégie pour recenser les populations des zones sous contrôle du M23

La République démocratique du Congo veut tourner une page de son histoire statistique. Alors que l’insécurité continue de bouleverser une partie de l’Est du pays, le gouvernement refuse de laisser des millions de Congolais en marge du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).

Face aux sénateurs puis aux députés nationaux, jeudi 16 juillet, le ministre du Plan, Guylain Nyembo, a dévoilé une stratégie qui mise sur les nouvelles technologies pour relever ce défi. Satellites, cartographie numérique et intelligence démographique seront mis à contribution afin de produire des données fiables, y compris dans les territoires où les équipes de terrain ne peuvent pas circuler librement.

Des satellites pour compter les Congolais jusque dans les zones sous occupation

Interpellé sur la faisabilité du recensement dans les territoires affectés par les combats et l’occupation du M23, Guylain Nyembo s’est voulu rassurant. Selon lui, aucune province ne sera écartée de cette vaste opération nationale.

Le ministre a expliqué que le gouvernement adoptera une approche hybride. Dans les zones sécurisées, les agents recenseurs travailleront selon les méthodes classiques. En revanche, dans les régions où persistent des poches d’insécurité, les autorités s’appuieront sur l’intelligence informatique et l’imagerie satellitaire afin d’obtenir des données aussi précises que possible.

Cette méthode, qualifiée d’« intelligence démographique », permettra de compléter les informations recueillies sur le terrain grâce à des technologies déjà utilisées dans plusieurs pays confrontés à des conflits, notamment l’Irak et l’Afghanistan.

Une cartographie numérique au cœur du projet

Pour le ministre du Plan, la réussite du RGPH-2 repose avant tout sur la cartographie censitaire actuellement en cours de réalisation.

Cette étape doit permettre de disposer d’une représentation actualisée du territoire national et d’identifier avec précision les ménages, y compris dans les zones difficiles d’accès. Les informations collectées serviront ensuite de base aux opérations d’identification menées par l’Office national d’identification de la population (ONIP).

L’objectif est de bâtir une base de données moderne et fiable, indispensable pour accompagner les politiques publiques et améliorer la connaissance de la population congolaise.

Un investissement de 192 millions de dollars pour préparer l’avenir

Au-delà de son aspect statistique, le gouvernement présente ce recensement comme un levier stratégique pour le développement de la RDC.

Les données qui seront collectées permettront d’orienter les décisions publiques dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, les infrastructures ou encore l’aménagement du territoire.

Sur le plan financier, Kinshasa a déjà mobilisé une première enveloppe nationale de 30 millions de dollars sur un budget global estimé à 192 millions de dollars, avec l’appui attendu des partenaires techniques et financiers.

En parallèle, plus de 15 000 agents recenseurs sont en cours de recrutement à travers le pays. Après leur formation, ils seront progressivement déployés sur l’ensemble du territoire national.

Au-delà du comptage de la population, le RGPH-2 ambitionne également de renforcer durablement les capacités de la RDC dans les domaines de la statistique, de la cartographie et des technologies numériques, avec l’espoir de disposer enfin d’un portrait démographique fiable pour mieux planifier le développement du pays.

Forum africain de l’eau : à N’Djamena, Félix Tshisekedi dévoile sa vision pour transformer les ressources hydriques en moteur de développement

C’est un discours qui a marqué les esprits, ce mercredi 15 juillet 2026, à N’Djamena. Devant un parterre de dirigeants et d’experts réunis pour le Forum africain de l’eau, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, n’a pas seulement parlé de canalisations et de robinets. Il a esquissé une véritable révolution hydrique pour le continent, avec des objectifs chiffrés, une vision industrielle et un appel vibrant à repenser la gouvernance de l’or bleu.

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Le Tchad, pays sahélien où l’eau est une denrée rare et précieuse, offrait un cadre plus que symbolique pour ces assises. En prononçant son allocution, le Chef de l’État congolais a rappelé une évidence trop souvent oubliée : l’eau n’est pas un sujet isolé, mais le fil rouge du développement durable.

Cinq orientations pour sortir de l’impasse

Face à la crise hydrique qui menace une partie croissante du continent africain, Félix Tshisekedi a posé cinq piliers pour une gestion renouvelée des ressources en eau. Il a d’abord appelé à une intégration des politiques publiques, martelant que l’on ne peut plus concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme et l’environnement.

« Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a-t-il lancé, invitant ses pairs à dépasser les silos administratifs pour adopter une approche systémique.

Le second pilier, tout aussi crucial, est celui de la gouvernance et de la transparence. Le président congolais a plaidé pour des institutions plus performantes, une meilleure redevabilité et une gestion transparente des infrastructures hydriques, gage de confiance pour les citoyens et les investisseurs.

L’industrialisation au service de l’eau

Mais la proposition la plus audacieuse du Chef de l’État a sans doute été celle de faire de l’eau un véritable levier d’industrialisation. « Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il déclaré, balayant l’idée d’une Afrique condamnée à n’être qu’importatrice de technologies hydriques.

Pour concrétiser cette vision, Tshisekedi a appelé à une mobilisation massive des ressources publiques, privées et internationales, tout en insistant sur la nécessité de préparer des projets « techniquement mûrs et financièrement structurés » pour attirer les financements.

Les objectifs ambitieux de la RDC pour 2035

Fort de l’immense potentiel hydrique de son pays – qui abrite le plus grand réservoir d’eau douce d’Afrique –, le Président Tshisekedi a annoncé des objectifs nationaux qui font date :

60 % de la population congolaise aura accès à l’eau potable d’ici 2035 ;

50 % bénéficiera de services d’assainissement et d’hygiène adéquats ;

80 % des écoles et établissements de santé disposeront d’infrastructures hydriques et sanitaires.

Des chiffres ambitieux qui contrastent avec la situation actuelle, marquée par un accès encore très limité dans les zones rurales et péri-urbaines. Mais le Chef de l’État a affiché sa détermination : l’eau est une priorité stratégique pour la RDC.

Un appel à la conscience collective

L’événement a été ouvert par le Président tchadien, le Maréchal Idriss Deby Itno, hôte du Forum. Ce dernier a souhaité que ces assises soient « le momentum d’une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités ».

Le message est passé : l’eau n’est plus une simple question humanitaire ou environnementale. C’est un enjeu de souveraineté, de développement économique et de paix sociale. En proposant cette feuille de route, Félix Tshisekedi a placé la RDC en locomotive d’une ambition continentale. Reste à transformer les paroles en actes, et les projets en réalité, pour que l’or bleu irrigue enfin durablement l’avenir de l’Afrique.

Félix Tshisekedi à N’Djamena : la RDC porte ses ambitions hydriques au Forum africain de l’eau

La République démocratique du Congo veut faire entendre sa voix sur l’un des défis les plus cruciaux du continent : l’accès à l’eau. Invité par son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, le président Félix-Antoine Tshisekedi est arrivé ce mercredi 15 juillet à N’Djamena pour prendre part au Forum africain de l’eau, organisé jusqu’au 16 juillet.

Ce rendez-vous continental réunit plusieurs dirigeants africains, experts et partenaires internationaux autour d’un objectif commun : accélérer le développement des infrastructures hydrauliques et trouver des solutions durables face aux défis croissants de la sécurité hydrique et du changement climatique.

La RDC veut valoriser son immense potentiel en eau

À travers cette participation, Félix Tshisekedi entend mettre en avant les atouts de la République démocratique du Congo, considérée comme l’un des pays les plus riches en ressources en eau douce sur le continent.

Face à une demande croissante en eau potable et aux effets du changement climatique, Kinshasa souhaite partager son expérience tout en contribuant aux réflexions sur une gestion plus durable des ressources hydriques en Afrique.

Le Chef de l’État devrait également plaider pour des investissements renforcés dans les infrastructures hydrauliques, afin d’améliorer durablement l’accès à l’eau pour les populations africaines.

Un forum stratégique pour relever les défis climatiques

Le Forum africain de l’eau se veut une plateforme de concertation destinée à mobiliser des engagements concrets en faveur de la sécurité hydrique.

Les échanges porteront notamment sur le financement des infrastructures, la gestion durable des ressources en eau, l’adaptation aux effets du changement climatique et le renforcement de la coopération entre les États africains.

Pour la RDC, cette rencontre constitue aussi une opportunité de valoriser son potentiel hydraulique comme levier de développement économique, de production énergétique et d’intégration régionale.

Kinshasa et N’Djamena veulent renforcer leur coopération

Au-delà des travaux du Forum, la visite de Félix Tshisekedi revêt également une dimension diplomatique.

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, le président congolais doit s’entretenir en tête-à-tête avec son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno. Les discussions devraient porter sur le renforcement des relations bilatérales ainsi que sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie et du développement.

Pour cette visite de travail, le Chef de l’État est accompagné du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, ainsi que du directeur général de la Regideso, signe de l’importance accordée aux questions liées à l’approvisionnement en eau et à la modernisation des infrastructures hydrauliques.

En participant à ce forum, la RDC ambitionne de conforter son rôle d’acteur incontournable dans les discussions africaines sur la gestion durable de l’eau, un enjeu devenu stratégique pour le développement économique, la résilience climatique et le bien-être des populations du continent.

À l’ONU, la RDC dénonce le pillage de ses minerais et interpelle la communauté internationale sur le rôle du Rwanda

Alors que les minerais critiques sont devenus l’un des piliers de la transition énergétique mondiale, la République démocratique du Congo a choisi la tribune des Nations unies pour lancer un message fort. Devant les États membres réunis à New York, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a affirmé que, pour la RDC, l’exploitation des minerais stratégiques ne relève plus uniquement de l’économie, mais constitue désormais un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité et de paix.

À l’occasion de la réunion de haut niveau consacrée aux minéraux critiques, organisée à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, Kinshasa a dénoncé le lien entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et la poursuite du conflit dans l’est du pays.

Rubaya, symbole du lien entre minerais et conflit armé

Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie congolaise a pris l’exemple de Rubaya, dans le Nord-Kivu, l’un des plus importants gisements mondiaux de coltan.

Selon elle, cette zone illustre parfaitement la manière dont l’exploitation illicite des minerais finance les groupes armés et affaiblit l’autorité de l’État congolais.

« Pour des pays comme le mien, il ne s’agit plus seulement d’une question de développement. L’exploitation illicite affaiblit l’autorité de l’État, érode la souveraineté et peut s’accompagner d’une violation de l’intégrité territoriale », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

La ministre a rappelé que les mines de Rubaya représenteraient environ 15 % de la demande mondiale de tantale. S’appuyant sur les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, elle a indiqué qu’au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été introduites clandestinement au Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23, générant près de 800 000 dollars par mois au profit du mouvement rebelle.

Kinshasa dénonce l’absence de sanctions contre les forces rwandaises

La RDC a également critiqué ce qu’elle considère comme une réponse insuffisante de la communauté internationale face aux accusations visant le Rwanda.

Thérèse Kayikwamba Wagner a regretté que les Forces de défense rwandaises (RDF) ne fassent toujours pas l’objet de sanctions des Nations unies, malgré les éléments documentés par les experts onusiens.

« Malgré ces preuves accablantes, les Forces de défense rwandaises ne sont toujours pas soumises aux sanctions des Nations unies », a dénoncé la ministre.

Pour Kinshasa, cette situation révèle les limites du système international actuel, qui traite encore trop souvent les ressources naturelles comme un simple enjeu de développement, alors qu’elles alimentent directement les conflits armés dans certaines régions du monde.

Une gouvernance mondiale plus équitable des minerais critiques

Profitant de la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies, la ministre a plaidé pour un nouveau cadre international reliant plus étroitement la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.

La RDC estime que les pays producteurs doivent bénéficier davantage de la valeur créée autour des minerais stratégiques indispensables aux batteries, aux véhicules électriques et aux technologies de la transition énergétique.

Kinshasa appelle notamment à des partenariats intégrant le développement des infrastructures, le transfert de technologies, la transformation locale des minerais, la formation des compétences et un meilleur accès aux financements internationaux.

La cheffe de la diplomatie congolaise a également insisté sur une responsabilité partagée de tous les acteurs de la chaîne de valeur, des exploitants miniers jusqu’aux industriels et aux pays consommateurs.

Concernant la traçabilité des minerais, elle a estimé que celle-ci devait permettre de combattre efficacement la fraude, la contrebande et le financement des groupes armés, sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes.

Entre avancées diplomatiques et blocage sur le terrain

Cette prise de position intervient alors que la RDC poursuit plusieurs initiatives diplomatiques autour de la crise dans l’est du pays.

Le partenariat stratégique conclu avec les États-Unis sur les minerais critiques et l’accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali avaient nourri l’espoir d’une désescalade militaire. Le texte prévoit notamment le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que la neutralisation des FDLR par la RDC.

Pourtant, ces engagements peinent encore à produire des résultats concrets.

Le 4 juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait indiqué espérer un retrait des troupes rwandaises avant la mi-juillet. Mais au 15 juillet 2026, aucun désengagement officiel des Forces de défense rwandaises n’avait été constaté dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Pendant ce temps, les rebelles continuent de contrôler Goma, Bukavu et plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les affrontements se poursuivent. Les discussions menées à Doha sous la médiation du Qatar restent dans l’impasse, illustrant le fossé qui persiste entre les engagements diplomatiques et la réalité sécuritaire sur le terrain.

Pour Kinshasa, la réussite de la transition énergétique mondiale ne pourra être pleinement reconnue que si elle profite également aux pays qui fournissent les minerais indispensables à cette révolution industrielle. Comme l’a rappelé Thérèse Kayikwamba Wagner devant les Nations unies, le véritable succès ne se mesurera pas uniquement au nombre de batteries ou de véhicules électriques produits, mais aussi à la capacité de garantir davantage de paix, de souveraineté et de prospérité aux populations vivant sur les terres qui rendent cette transition possible.

Christophe Lecourtier à Kinshasa : L’AFD pose ses valises et ses ambitions pour la RDC

Ce déplacement ne laisse personne indifférent à Kinshasa. Pour la première fois depuis sa prise de fonctions en mai 2026, le directeur général du Groupe Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, a foulé le sol congolais ce lundi 13 juillet. Cette visite de trois jours marque une nouvelle étape dans la coopération entre la France et la République démocratique du Congo. Entre la lutte contre Ebola, les projets urbains et une enveloppe de près d’un demi-milliard d’euros, l’AFD confirme sa volonté d’accompagner durablement le développement du pays.

Dans le monde feutré des diplomates et des institutions financières, certaines visites revêtent une portée particulière. Celle de Christophe Lecourtier en fait partie. À peine entré en fonction, il a choisi la République démocratique du Congo pour sa première mission bilatérale. Ce choix envoie un signal fort aux autorités congolaises. En effet, la France veut accélérer ses projets et renforcer son action sur le terrain par l’intermédiaire de l’AFD.

Une arrivée sous le signe de la santé et de la mémoire

Le programme du directeur général de l’AFD s’annonce chargé. Il prévoit des rencontres avec les autorités ainsi que plusieurs inaugurations. Toutefois, sa visite à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a immédiatement donné le ton.

Mardi matin, Christophe Lecourtier s’est rendu dans cette institution de référence. Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure mondiale de la virologie, l’y a accueilli.

« C’est vraiment pour moi un honneur de rencontrer le professeur Jean-Jacques Muyembe, qui est très célèbre sur tous les continents », a déclaré Christophe Lecourtier.

Il s’est également rendu dans ce centre où les chercheurs combattent la 17ᵉ épidémie d’Ebola. L’INRB joue un rôle majeur pour la RDC. De plus, il protège l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. « Ce rôle de sentinelle, vous le jouez finalement pour nous tous », a insisté le directeur général. Il a aussi salué le travail de séquençage et de prévention réalisé par les équipes congolaises.

500 millions d’euros et un nouveau bâtiment pour l’INRB

Cette visite ne s’est pas limitée à une séquence protocolaire. Au contraire, elle a mis en valeur plus de quarante ans de coopération entre la France et l’INRB.

Christophe Lecourtier a également confirmé la construction prochaine d’un nouveau bâtiment administratif. Les plans de ce projet sont déjà prêts. « J’espère que l’année prochaine, il sera construit », a-t-il déclaré. Il a ainsi réaffirmé la volonté de poursuivre cette coopération.

Par ailleurs, l’engagement financier de l’AFD en RDC atteint un niveau important. Le groupe prévoit jusqu’à 500 millions d’euros pour la période 2022-2025. Ces financements concernent notamment l’aménagement urbain, la voirie, le développement territorial, l’eau et l’assainissement.

En outre, l’AFD a mobilisé près de 80 millions d’euros pour le secteur de la santé au cours de la dernière période.

Une coopération qui dépasse la simple relation bilatérale

Le professeur Jean-Jacques Muyembe a salué cette visite. « C’est un grand honneur que Christophe Lecourtier commence sa mission par la visite de l’INRB. Cela veut dire qu’il y a vraiment des liens très forts », a-t-il affirmé.

Il a ensuite appelé au renforcement du réseau de laboratoires sur l’ensemble du territoire congolais.

Pour Christophe Lecourtier, cette mission porte également un message destiné à la communauté internationale. « Dans ce monde d’aujourd’hui, qu’il s’agisse des enjeux climatiques ou des enjeux de santé, nous sommes tous les citoyens d’une même planète, confrontés aux mêmes risques et avec l’exigence absolue de travailler ensemble. »

Enfin, la rencontre s’est achevée sur une note symbolique. Le directeur général de l’AFD a reçu les vœux de l’INRB à l’occasion de la fête nationale française du 14 juillet. Ce geste illustre la solidité des relations entre les deux partenaires. Pendant trois jours, Kinshasa devient ainsi le cœur d’une coopération qui entend construire l’avenir.

RDC : Ebuteli met en place Landila pour évaluer les engagements de l’exécutif

Comment mesurer les engagements du gouvernement au-delà des discours ? Comment permettre aux citoyens de savoir si les promesses faites se traduisent réellement en actions ? C’est à ces questions qu’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, entend désormais répondre avec Landila, une nouvelle plateforme officiellement lancée ce jeudi 9 juillet 2026 à Kinshasa.

Son nom, qui signifie « suivre » en kikongo, résume toute son ambition : placer l’action gouvernementale sous le regard permanent des citoyens.

Longtemps, le suivi de l’exécutif était intégré à Talatala, l’outil d’Ebuteli consacré au contrôle de l’activité parlementaire. Mais face à l’intérêt grandissant du public pour les travaux de l’Assemblée nationale, cette dimension avait progressivement été reléguée au second plan. Avec Landila, Ebuteli remet désormais le gouvernement au cœur de son dispositif de veille citoyenne.

55 engagements déjà passés au crible

Bien plus qu’une simple plateforme numérique, Landila se présente comme un véritable tableau de bord de l’action gouvernementale.

Le baromètre identifie les engagements inscrits dans les documents officiels, suit leur niveau de mise en œuvre à travers les décrets adoptés, les projets lancés, les budgets exécutés et évalue les résultats obtenus dans les différents secteurs concernés.

Pour cette première phase pilote, six ministères stratégiques sont passés sous surveillance : les Mines, l’Économie nationale, le Genre, Famille et Enfant, la Justice, l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, ainsi que la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Au total, 55 engagements gouvernementaux feront l’objet d’un suivi régulier.

« Landila est le dernier-né de nos instruments de contrôle de l’action publique. Il s’inscrit dans la continuité de notre travail visant à éclairer le débat public grâce à des recherches rigoureuses, des données vérifiées et un dialogue informé entre les citoyens et les dirigeants », a expliqué le directeur exécutif d’Ebuteli, Fred Bauma.

Créer un pont entre les citoyens et les institutions

Au-delà des chiffres, Landila poursuit une ambition démocratique : renforcer la transparence et la redevabilité des institutions publiques.

Pour Ebuteli, l’objectif est de permettre aux Congolais de suivre concrètement les performances du gouvernement, de disposer d’informations fiables pour nourrir le débat public et d’encourager une culture d’évaluation permanente de l’action publique.

Fred Bauma rappelle que Landila complète désormais une série de quatre outils développés par l’organisation pour rapprocher les institutions des citoyens.

« Ces plateformes ne sont pas de simples outils numériques. Elles alimentent le débat public, favorisent le dialogue avec les institutions et contribuent à rapprocher les citoyens de ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné.

Le lancement de Landila a également été marqué par la présentation d’une note d’analyse consacrée aux réformes législatives en RDC, avec l’ambition d’ouvrir un dialogue entre les membres du gouvernement, les parlementaires, les chercheurs et les acteurs de la société civile sur les moyens d’améliorer la mise en œuvre des politiques publiques.

Un projet soutenu par les partenaires internationaux et salué par le gouvernement

Le développement de Landila bénéficie du soutien de la Commission européenne et de la coopération suédoise, à travers l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida).

Présente lors de la cérémonie, Joëlle Riziki, chargée des programmes Démocratie, Droits humains et État de droit à l’ambassade de Suède en RDC, a salué une initiative qui, selon elle, renforce les valeurs démocratiques, la transparence et la participation citoyenne.

Le gouvernement congolais a lui aussi apporté son soutien à cette nouvelle plateforme. Représentant l’exécutif, la vice-ministre de l’Intérieur Eugénie Tshela Kamba a estimé que Landila constitue un outil important pour améliorer la gouvernance et accompagner les ambitions de la RDC en matière de paix, de sécurité et de développement institutionnel.

La cérémonie s’est conclue par un panel consacré à une question centrale : « Comment accélérer la mise en œuvre des réformes législatives ? ». Autour de la table figuraient notamment le ministre d’État Guy Loando Mboyo, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, le conseiller politique de la Première ministre Kayamba Tshitshi, le politologue Christian Moleka et le chercheur Ithiel Batumike.

Avec Landila, Ebuteli entend désormais transformer le suivi de l’action gouvernementale en un véritable exercice de citoyenneté. En rendant les engagements de l’exécutif plus lisibles et plus mesurables, l’institut espère contribuer à instaurer une culture de responsabilité publique où chaque promesse pourra être confrontée aux résultats obtenus.