Le gouvernement dévoile sa stratégie pour recenser les populations des zones sous contrôle du M23

La République démocratique du Congo veut tourner une page de son histoire statistique. Alors que l’insécurité continue de bouleverser une partie de l’Est du pays, le gouvernement refuse de laisser des millions de Congolais en marge du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).

Face aux sénateurs puis aux députés nationaux, jeudi 16 juillet, le ministre du Plan, Guylain Nyembo, a dévoilé une stratégie qui mise sur les nouvelles technologies pour relever ce défi. Satellites, cartographie numérique et intelligence démographique seront mis à contribution afin de produire des données fiables, y compris dans les territoires où les équipes de terrain ne peuvent pas circuler librement.

Des satellites pour compter les Congolais jusque dans les zones sous occupation

Interpellé sur la faisabilité du recensement dans les territoires affectés par les combats et l’occupation du M23, Guylain Nyembo s’est voulu rassurant. Selon lui, aucune province ne sera écartée de cette vaste opération nationale.

Le ministre a expliqué que le gouvernement adoptera une approche hybride. Dans les zones sécurisées, les agents recenseurs travailleront selon les méthodes classiques. En revanche, dans les régions où persistent des poches d’insécurité, les autorités s’appuieront sur l’intelligence informatique et l’imagerie satellitaire afin d’obtenir des données aussi précises que possible.

Cette méthode, qualifiée d’« intelligence démographique », permettra de compléter les informations recueillies sur le terrain grâce à des technologies déjà utilisées dans plusieurs pays confrontés à des conflits, notamment l’Irak et l’Afghanistan.

Une cartographie numérique au cœur du projet

Pour le ministre du Plan, la réussite du RGPH-2 repose avant tout sur la cartographie censitaire actuellement en cours de réalisation.

Cette étape doit permettre de disposer d’une représentation actualisée du territoire national et d’identifier avec précision les ménages, y compris dans les zones difficiles d’accès. Les informations collectées serviront ensuite de base aux opérations d’identification menées par l’Office national d’identification de la population (ONIP).

L’objectif est de bâtir une base de données moderne et fiable, indispensable pour accompagner les politiques publiques et améliorer la connaissance de la population congolaise.

Un investissement de 192 millions de dollars pour préparer l’avenir

Au-delà de son aspect statistique, le gouvernement présente ce recensement comme un levier stratégique pour le développement de la RDC.

Les données qui seront collectées permettront d’orienter les décisions publiques dans des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation, les infrastructures ou encore l’aménagement du territoire.

Sur le plan financier, Kinshasa a déjà mobilisé une première enveloppe nationale de 30 millions de dollars sur un budget global estimé à 192 millions de dollars, avec l’appui attendu des partenaires techniques et financiers.

En parallèle, plus de 15 000 agents recenseurs sont en cours de recrutement à travers le pays. Après leur formation, ils seront progressivement déployés sur l’ensemble du territoire national.

Au-delà du comptage de la population, le RGPH-2 ambitionne également de renforcer durablement les capacités de la RDC dans les domaines de la statistique, de la cartographie et des technologies numériques, avec l’espoir de disposer enfin d’un portrait démographique fiable pour mieux planifier le développement du pays.

Forum africain de l’eau : à N’Djamena, Félix Tshisekedi dévoile sa vision pour transformer les ressources hydriques en moteur de développement

C’est un discours qui a marqué les esprits, ce mercredi 15 juillet 2026, à N’Djamena. Devant un parterre de dirigeants et d’experts réunis pour le Forum africain de l’eau, le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, n’a pas seulement parlé de canalisations et de robinets. Il a esquissé une véritable révolution hydrique pour le continent, avec des objectifs chiffrés, une vision industrielle et un appel vibrant à repenser la gouvernance de l’or bleu.

LIRE AUSSI : https://www.journaldekinshasa.com/felix-tshisekedi-a-ndjamena-la-rdc-porte-ses-ambitions-hydriques-au-forum-africain-de-leau/

Le Tchad, pays sahélien où l’eau est une denrée rare et précieuse, offrait un cadre plus que symbolique pour ces assises. En prononçant son allocution, le Chef de l’État congolais a rappelé une évidence trop souvent oubliée : l’eau n’est pas un sujet isolé, mais le fil rouge du développement durable.

Cinq orientations pour sortir de l’impasse

Face à la crise hydrique qui menace une partie croissante du continent africain, Félix Tshisekedi a posé cinq piliers pour une gestion renouvelée des ressources en eau. Il a d’abord appelé à une intégration des politiques publiques, martelant que l’on ne peut plus concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme et l’environnement.

« Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a-t-il lancé, invitant ses pairs à dépasser les silos administratifs pour adopter une approche systémique.

Le second pilier, tout aussi crucial, est celui de la gouvernance et de la transparence. Le président congolais a plaidé pour des institutions plus performantes, une meilleure redevabilité et une gestion transparente des infrastructures hydriques, gage de confiance pour les citoyens et les investisseurs.

L’industrialisation au service de l’eau

Mais la proposition la plus audacieuse du Chef de l’État a sans doute été celle de faire de l’eau un véritable levier d’industrialisation. « Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il déclaré, balayant l’idée d’une Afrique condamnée à n’être qu’importatrice de technologies hydriques.

Pour concrétiser cette vision, Tshisekedi a appelé à une mobilisation massive des ressources publiques, privées et internationales, tout en insistant sur la nécessité de préparer des projets « techniquement mûrs et financièrement structurés » pour attirer les financements.

Les objectifs ambitieux de la RDC pour 2035

Fort de l’immense potentiel hydrique de son pays – qui abrite le plus grand réservoir d’eau douce d’Afrique –, le Président Tshisekedi a annoncé des objectifs nationaux qui font date :

60 % de la population congolaise aura accès à l’eau potable d’ici 2035 ;

50 % bénéficiera de services d’assainissement et d’hygiène adéquats ;

80 % des écoles et établissements de santé disposeront d’infrastructures hydriques et sanitaires.

Des chiffres ambitieux qui contrastent avec la situation actuelle, marquée par un accès encore très limité dans les zones rurales et péri-urbaines. Mais le Chef de l’État a affiché sa détermination : l’eau est une priorité stratégique pour la RDC.

Un appel à la conscience collective

L’événement a été ouvert par le Président tchadien, le Maréchal Idriss Deby Itno, hôte du Forum. Ce dernier a souhaité que ces assises soient « le momentum d’une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités ».

Le message est passé : l’eau n’est plus une simple question humanitaire ou environnementale. C’est un enjeu de souveraineté, de développement économique et de paix sociale. En proposant cette feuille de route, Félix Tshisekedi a placé la RDC en locomotive d’une ambition continentale. Reste à transformer les paroles en actes, et les projets en réalité, pour que l’or bleu irrigue enfin durablement l’avenir de l’Afrique.

Félix Tshisekedi à N’Djamena : la RDC porte ses ambitions hydriques au Forum africain de l’eau

La République démocratique du Congo veut faire entendre sa voix sur l’un des défis les plus cruciaux du continent : l’accès à l’eau. Invité par son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, le président Félix-Antoine Tshisekedi est arrivé ce mercredi 15 juillet à N’Djamena pour prendre part au Forum africain de l’eau, organisé jusqu’au 16 juillet.

Ce rendez-vous continental réunit plusieurs dirigeants africains, experts et partenaires internationaux autour d’un objectif commun : accélérer le développement des infrastructures hydrauliques et trouver des solutions durables face aux défis croissants de la sécurité hydrique et du changement climatique.

La RDC veut valoriser son immense potentiel en eau

À travers cette participation, Félix Tshisekedi entend mettre en avant les atouts de la République démocratique du Congo, considérée comme l’un des pays les plus riches en ressources en eau douce sur le continent.

Face à une demande croissante en eau potable et aux effets du changement climatique, Kinshasa souhaite partager son expérience tout en contribuant aux réflexions sur une gestion plus durable des ressources hydriques en Afrique.

Le Chef de l’État devrait également plaider pour des investissements renforcés dans les infrastructures hydrauliques, afin d’améliorer durablement l’accès à l’eau pour les populations africaines.

Un forum stratégique pour relever les défis climatiques

Le Forum africain de l’eau se veut une plateforme de concertation destinée à mobiliser des engagements concrets en faveur de la sécurité hydrique.

Les échanges porteront notamment sur le financement des infrastructures, la gestion durable des ressources en eau, l’adaptation aux effets du changement climatique et le renforcement de la coopération entre les États africains.

Pour la RDC, cette rencontre constitue aussi une opportunité de valoriser son potentiel hydraulique comme levier de développement économique, de production énergétique et d’intégration régionale.

Kinshasa et N’Djamena veulent renforcer leur coopération

Au-delà des travaux du Forum, la visite de Félix Tshisekedi revêt également une dimension diplomatique.

À l’issue de la cérémonie d’ouverture, le président congolais doit s’entretenir en tête-à-tête avec son homologue tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno. Les discussions devraient porter sur le renforcement des relations bilatérales ainsi que sur plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie et du développement.

Pour cette visite de travail, le Chef de l’État est accompagné du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Molendo Sakombi, ainsi que du directeur général de la Regideso, signe de l’importance accordée aux questions liées à l’approvisionnement en eau et à la modernisation des infrastructures hydrauliques.

En participant à ce forum, la RDC ambitionne de conforter son rôle d’acteur incontournable dans les discussions africaines sur la gestion durable de l’eau, un enjeu devenu stratégique pour le développement économique, la résilience climatique et le bien-être des populations du continent.

À l’ONU, la RDC dénonce le pillage de ses minerais et interpelle la communauté internationale sur le rôle du Rwanda

Alors que les minerais critiques sont devenus l’un des piliers de la transition énergétique mondiale, la République démocratique du Congo a choisi la tribune des Nations unies pour lancer un message fort. Devant les États membres réunis à New York, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a affirmé que, pour la RDC, l’exploitation des minerais stratégiques ne relève plus uniquement de l’économie, mais constitue désormais un enjeu majeur de souveraineté, de sécurité et de paix.

À l’occasion de la réunion de haut niveau consacrée aux minéraux critiques, organisée à l’initiative du secrétaire général de l’ONU, Kinshasa a dénoncé le lien entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et la poursuite du conflit dans l’est du pays.

Rubaya, symbole du lien entre minerais et conflit armé

Dans son intervention, la cheffe de la diplomatie congolaise a pris l’exemple de Rubaya, dans le Nord-Kivu, l’un des plus importants gisements mondiaux de coltan.

Selon elle, cette zone illustre parfaitement la manière dont l’exploitation illicite des minerais finance les groupes armés et affaiblit l’autorité de l’État congolais.

« Pour des pays comme le mien, il ne s’agit plus seulement d’une question de développement. L’exploitation illicite affaiblit l’autorité de l’État, érode la souveraineté et peut s’accompagner d’une violation de l’intégrité territoriale », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.

La ministre a rappelé que les mines de Rubaya représenteraient environ 15 % de la demande mondiale de tantale. S’appuyant sur les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, elle a indiqué qu’au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été introduites clandestinement au Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23, générant près de 800 000 dollars par mois au profit du mouvement rebelle.

Kinshasa dénonce l’absence de sanctions contre les forces rwandaises

La RDC a également critiqué ce qu’elle considère comme une réponse insuffisante de la communauté internationale face aux accusations visant le Rwanda.

Thérèse Kayikwamba Wagner a regretté que les Forces de défense rwandaises (RDF) ne fassent toujours pas l’objet de sanctions des Nations unies, malgré les éléments documentés par les experts onusiens.

« Malgré ces preuves accablantes, les Forces de défense rwandaises ne sont toujours pas soumises aux sanctions des Nations unies », a dénoncé la ministre.

Pour Kinshasa, cette situation révèle les limites du système international actuel, qui traite encore trop souvent les ressources naturelles comme un simple enjeu de développement, alors qu’elles alimentent directement les conflits armés dans certaines régions du monde.

Une gouvernance mondiale plus équitable des minerais critiques

Profitant de la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations unies, la ministre a plaidé pour un nouveau cadre international reliant plus étroitement la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.

La RDC estime que les pays producteurs doivent bénéficier davantage de la valeur créée autour des minerais stratégiques indispensables aux batteries, aux véhicules électriques et aux technologies de la transition énergétique.

Kinshasa appelle notamment à des partenariats intégrant le développement des infrastructures, le transfert de technologies, la transformation locale des minerais, la formation des compétences et un meilleur accès aux financements internationaux.

La cheffe de la diplomatie congolaise a également insisté sur une responsabilité partagée de tous les acteurs de la chaîne de valeur, des exploitants miniers jusqu’aux industriels et aux pays consommateurs.

Concernant la traçabilité des minerais, elle a estimé que celle-ci devait permettre de combattre efficacement la fraude, la contrebande et le financement des groupes armés, sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes.

Entre avancées diplomatiques et blocage sur le terrain

Cette prise de position intervient alors que la RDC poursuit plusieurs initiatives diplomatiques autour de la crise dans l’est du pays.

Le partenariat stratégique conclu avec les États-Unis sur les minerais critiques et l’accord de Washington signé entre Kinshasa et Kigali avaient nourri l’espoir d’une désescalade militaire. Le texte prévoit notamment le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais ainsi que la neutralisation des FDLR par la RDC.

Pourtant, ces engagements peinent encore à produire des résultats concrets.

Le 4 juin, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait indiqué espérer un retrait des troupes rwandaises avant la mi-juillet. Mais au 15 juillet 2026, aucun désengagement officiel des Forces de défense rwandaises n’avait été constaté dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.

Pendant ce temps, les rebelles continuent de contrôler Goma, Bukavu et plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que les affrontements se poursuivent. Les discussions menées à Doha sous la médiation du Qatar restent dans l’impasse, illustrant le fossé qui persiste entre les engagements diplomatiques et la réalité sécuritaire sur le terrain.

Pour Kinshasa, la réussite de la transition énergétique mondiale ne pourra être pleinement reconnue que si elle profite également aux pays qui fournissent les minerais indispensables à cette révolution industrielle. Comme l’a rappelé Thérèse Kayikwamba Wagner devant les Nations unies, le véritable succès ne se mesurera pas uniquement au nombre de batteries ou de véhicules électriques produits, mais aussi à la capacité de garantir davantage de paix, de souveraineté et de prospérité aux populations vivant sur les terres qui rendent cette transition possible.

Christophe Lecourtier à Kinshasa : L’AFD pose ses valises et ses ambitions pour la RDC

Ce déplacement ne laisse personne indifférent à Kinshasa. Pour la première fois depuis sa prise de fonctions en mai 2026, le directeur général du Groupe Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, a foulé le sol congolais ce lundi 13 juillet. Cette visite de trois jours marque une nouvelle étape dans la coopération entre la France et la République démocratique du Congo. Entre la lutte contre Ebola, les projets urbains et une enveloppe de près d’un demi-milliard d’euros, l’AFD confirme sa volonté d’accompagner durablement le développement du pays.

Dans le monde feutré des diplomates et des institutions financières, certaines visites revêtent une portée particulière. Celle de Christophe Lecourtier en fait partie. À peine entré en fonction, il a choisi la République démocratique du Congo pour sa première mission bilatérale. Ce choix envoie un signal fort aux autorités congolaises. En effet, la France veut accélérer ses projets et renforcer son action sur le terrain par l’intermédiaire de l’AFD.

Une arrivée sous le signe de la santé et de la mémoire

Le programme du directeur général de l’AFD s’annonce chargé. Il prévoit des rencontres avec les autorités ainsi que plusieurs inaugurations. Toutefois, sa visite à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a immédiatement donné le ton.

Mardi matin, Christophe Lecourtier s’est rendu dans cette institution de référence. Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure mondiale de la virologie, l’y a accueilli.

« C’est vraiment pour moi un honneur de rencontrer le professeur Jean-Jacques Muyembe, qui est très célèbre sur tous les continents », a déclaré Christophe Lecourtier.

Il s’est également rendu dans ce centre où les chercheurs combattent la 17ᵉ épidémie d’Ebola. L’INRB joue un rôle majeur pour la RDC. De plus, il protège l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. « Ce rôle de sentinelle, vous le jouez finalement pour nous tous », a insisté le directeur général. Il a aussi salué le travail de séquençage et de prévention réalisé par les équipes congolaises.

500 millions d’euros et un nouveau bâtiment pour l’INRB

Cette visite ne s’est pas limitée à une séquence protocolaire. Au contraire, elle a mis en valeur plus de quarante ans de coopération entre la France et l’INRB.

Christophe Lecourtier a également confirmé la construction prochaine d’un nouveau bâtiment administratif. Les plans de ce projet sont déjà prêts. « J’espère que l’année prochaine, il sera construit », a-t-il déclaré. Il a ainsi réaffirmé la volonté de poursuivre cette coopération.

Par ailleurs, l’engagement financier de l’AFD en RDC atteint un niveau important. Le groupe prévoit jusqu’à 500 millions d’euros pour la période 2022-2025. Ces financements concernent notamment l’aménagement urbain, la voirie, le développement territorial, l’eau et l’assainissement.

En outre, l’AFD a mobilisé près de 80 millions d’euros pour le secteur de la santé au cours de la dernière période.

Une coopération qui dépasse la simple relation bilatérale

Le professeur Jean-Jacques Muyembe a salué cette visite. « C’est un grand honneur que Christophe Lecourtier commence sa mission par la visite de l’INRB. Cela veut dire qu’il y a vraiment des liens très forts », a-t-il affirmé.

Il a ensuite appelé au renforcement du réseau de laboratoires sur l’ensemble du territoire congolais.

Pour Christophe Lecourtier, cette mission porte également un message destiné à la communauté internationale. « Dans ce monde d’aujourd’hui, qu’il s’agisse des enjeux climatiques ou des enjeux de santé, nous sommes tous les citoyens d’une même planète, confrontés aux mêmes risques et avec l’exigence absolue de travailler ensemble. »

Enfin, la rencontre s’est achevée sur une note symbolique. Le directeur général de l’AFD a reçu les vœux de l’INRB à l’occasion de la fête nationale française du 14 juillet. Ce geste illustre la solidité des relations entre les deux partenaires. Pendant trois jours, Kinshasa devient ainsi le cœur d’une coopération qui entend construire l’avenir.

RDC : Ebuteli met en place Landila pour évaluer les engagements de l’exécutif

Comment mesurer les engagements du gouvernement au-delà des discours ? Comment permettre aux citoyens de savoir si les promesses faites se traduisent réellement en actions ? C’est à ces questions qu’Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, entend désormais répondre avec Landila, une nouvelle plateforme officiellement lancée ce jeudi 9 juillet 2026 à Kinshasa.

Son nom, qui signifie « suivre » en kikongo, résume toute son ambition : placer l’action gouvernementale sous le regard permanent des citoyens.

Longtemps, le suivi de l’exécutif était intégré à Talatala, l’outil d’Ebuteli consacré au contrôle de l’activité parlementaire. Mais face à l’intérêt grandissant du public pour les travaux de l’Assemblée nationale, cette dimension avait progressivement été reléguée au second plan. Avec Landila, Ebuteli remet désormais le gouvernement au cœur de son dispositif de veille citoyenne.

55 engagements déjà passés au crible

Bien plus qu’une simple plateforme numérique, Landila se présente comme un véritable tableau de bord de l’action gouvernementale.

Le baromètre identifie les engagements inscrits dans les documents officiels, suit leur niveau de mise en œuvre à travers les décrets adoptés, les projets lancés, les budgets exécutés et évalue les résultats obtenus dans les différents secteurs concernés.

Pour cette première phase pilote, six ministères stratégiques sont passés sous surveillance : les Mines, l’Économie nationale, le Genre, Famille et Enfant, la Justice, l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, ainsi que la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Au total, 55 engagements gouvernementaux feront l’objet d’un suivi régulier.

« Landila est le dernier-né de nos instruments de contrôle de l’action publique. Il s’inscrit dans la continuité de notre travail visant à éclairer le débat public grâce à des recherches rigoureuses, des données vérifiées et un dialogue informé entre les citoyens et les dirigeants », a expliqué le directeur exécutif d’Ebuteli, Fred Bauma.

Créer un pont entre les citoyens et les institutions

Au-delà des chiffres, Landila poursuit une ambition démocratique : renforcer la transparence et la redevabilité des institutions publiques.

Pour Ebuteli, l’objectif est de permettre aux Congolais de suivre concrètement les performances du gouvernement, de disposer d’informations fiables pour nourrir le débat public et d’encourager une culture d’évaluation permanente de l’action publique.

Fred Bauma rappelle que Landila complète désormais une série de quatre outils développés par l’organisation pour rapprocher les institutions des citoyens.

« Ces plateformes ne sont pas de simples outils numériques. Elles alimentent le débat public, favorisent le dialogue avec les institutions et contribuent à rapprocher les citoyens de ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné.

Le lancement de Landila a également été marqué par la présentation d’une note d’analyse consacrée aux réformes législatives en RDC, avec l’ambition d’ouvrir un dialogue entre les membres du gouvernement, les parlementaires, les chercheurs et les acteurs de la société civile sur les moyens d’améliorer la mise en œuvre des politiques publiques.

Un projet soutenu par les partenaires internationaux et salué par le gouvernement

Le développement de Landila bénéficie du soutien de la Commission européenne et de la coopération suédoise, à travers l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (Sida).

Présente lors de la cérémonie, Joëlle Riziki, chargée des programmes Démocratie, Droits humains et État de droit à l’ambassade de Suède en RDC, a salué une initiative qui, selon elle, renforce les valeurs démocratiques, la transparence et la participation citoyenne.

Le gouvernement congolais a lui aussi apporté son soutien à cette nouvelle plateforme. Représentant l’exécutif, la vice-ministre de l’Intérieur Eugénie Tshela Kamba a estimé que Landila constitue un outil important pour améliorer la gouvernance et accompagner les ambitions de la RDC en matière de paix, de sécurité et de développement institutionnel.

La cérémonie s’est conclue par un panel consacré à une question centrale : « Comment accélérer la mise en œuvre des réformes législatives ? ». Autour de la table figuraient notamment le ministre d’État Guy Loando Mboyo, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, le conseiller politique de la Première ministre Kayamba Tshitshi, le politologue Christian Moleka et le chercheur Ithiel Batumike.

Avec Landila, Ebuteli entend désormais transformer le suivi de l’action gouvernementale en un véritable exercice de citoyenneté. En rendant les engagements de l’exécutif plus lisibles et plus mesurables, l’institut espère contribuer à instaurer une culture de responsabilité publique où chaque promesse pourra être confrontée aux résultats obtenus.

Dialogue politique en RDC : la Coalition C64 pose ses conditions et durcit le ton face au pouvoir

À Kinshasa, le ton est monté d’un cran. Réunie ce jeudi 9 juillet devant la presse, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a envoyé un message sans ambiguïté au pouvoir : il n’y aura aucun dialogue politique tant que le projet de révision de la Constitution ne sera pas définitivement abandonné.

Face aux journalistes, les responsables de la plateforme ont également tenu à lever toute équivoque sur leur récente rencontre avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, médiateur dans le dossier congolais en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine. Contrairement aux informations ayant circulé ces derniers jours, ils assurent ne pas avoir sollicité cette entrevue.

Selon eux, c’est le chef de l’État burundais qui a souhaité les consulter dans le cadre des discussions engagées avec les différentes forces politiques congolaises afin d’explorer les voies d’une sortie de crise.

Une crise qui dépasse la guerre dans l’Est

Devant leur interlocuteur, les dirigeants de la C64 disent avoir dressé un tableau préoccupant de la situation que traverse la République démocratique du Congo.

À leurs yeux, la crise actuelle ne peut être réduite aux affrontements armés qui secouent l’est du pays. Ils évoquent une crise politique, institutionnelle et sécuritaire beaucoup plus profonde, estimant que les différents processus de paix engagés jusqu’à présent n’ont pas produit les résultats espérés.

Selon la coalition, les initiatives diplomatiques successives ont échoué parce qu’elles se sont concentrées sur les conséquences de la crise sans s’attaquer, selon leur analyse, à ses causes institutionnelles et constitutionnelles.

Des préalables jugés incontournables avant tout dialogue

Pour la C64, un véritable dialogue national ne pourra voir le jour que si plusieurs conditions sont réunies.

La plateforme exige notamment un renoncement public et définitif au projet de révision de la Constitution, la libération des prisonniers politiques, la fin des poursuites qu’elle considère comme politiquement motivées ainsi que le rétablissement des libertés publiques.

Les responsables de la coalition affirment que le président Évariste Ndayishimiye s’est engagé à transmettre fidèlement ces revendications aux autorités congolaises dans le cadre de la médiation conduite sous l’égide de l’Union africaine.

Cap sur la mobilisation du 22 juillet

En attendant une éventuelle évolution des discussions, la Coalition Article 64 ne compte pas relâcher la pression.

Elle confirme le maintien de la marche pacifique prévue le 22 juillet à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays. Présentée comme une mobilisation citoyenne, cette manifestation entend défendre l’ordre constitutionnel, dénoncer le projet de révision de la Constitution et porter les revendications de la plateforme auprès des autorités.

À travers cette double stratégie — dialogue sous conditions et mobilisation populaire — la C64 cherche désormais à peser davantage dans le débat politique national, au moment où les initiatives de médiation se multiplient pour tenter de sortir la RDC d’une crise qui continue d’alimenter les tensions sur les plans politique, institutionnel et sécuritaire.

ONU : Judith Suminwa sonne l’alarme, « les violences sexuelles sont une arme de guerre, il est temps d’agir »

Sous les lumières du siège des Nations unies à New York, la République démocratique du Congo a porté, ce mercredi 8 juillet 2026, un message empreint de gravité et d’urgence. À la tribune de la 10190ᵉ séance du Conseil de sécurité, consacrée aux violences sexuelles liées aux conflits, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a exhorté la communauté internationale à dépasser le temps des déclarations pour entrer dans celui de l’action.

Présidant cette réunion de haut niveau dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité, la cheffe du Gouvernement a rappelé que les violences sexuelles ne sont pas des dommages collatéraux de la guerre, mais une stratégie délibérée utilisée pour terroriser les populations, provoquer des déplacements forcés et briser durablement le tissu social.

« Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur après qu’elle a eu lieu. Elle doit être de prévenir les conditions qui la rendent possible », a-t-elle lancé devant les membres du Conseil de sécurité.

De la résolution 1325 aux actes : Judith Suminwa réclame un changement de cap

Plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, Judith Suminwa estime que l’heure est venue de mesurer les engagements à l’aune des résultats obtenus sur le terrain.

Si cette résolution historique a permis de reconnaître les femmes comme des actrices essentielles de la prévention des conflits, de la médiation, de la gouvernance et de la reconstruction, elle juge que sa mise en œuvre demeure largement insuffisante.

Pour la Première ministre, la participation des femmes ne peut se limiter à une présence symbolique autour des tables de négociation. Elle doit leur garantir un véritable pouvoir d’influence. De la même manière, la protection des survivantes ne peut être dissociée de leur droit à la justice, tandis que les résolutions du Conseil de sécurité doivent se traduire par des mandats opérationnels, des budgets adaptés, des mécanismes de sanctions efficaces et des politiques nationales ambitieuses.

S’attaquer aux racines des conflits pour mettre fin aux violences

S’appuyant sur le rapport présenté par Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée des violences sexuelles en période de conflit, Judith Suminwa a mis en lumière la progression inquiétante des cas recensés dans plusieurs régions du monde.

Elle a souligné que, dans l’est de la RDC, ces crimes prospèrent sur fond de présence de groupes armés, de forces étrangères – notamment le Rwanda selon les autorités congolaises – et d’économies illicites alimentées par l’exploitation illégale des ressources naturelles.

Pour mettre fin à cette spirale, la cheffe du Gouvernement a appelé la communauté internationale à frapper les réseaux qui financent les conflits : exploitation illégale des minerais, trafic d’armes, criminalité transnationale et impunité. Selon elle, démanteler ces systèmes constitue la condition indispensable pour prévenir durablement les violences sexuelles.

Judith Suminwa a également salué le travail du Groupe informel d’experts sur les femmes, la paix et la sécurité ainsi que celui de la PSVI Alliance, réaffirmant l’engagement de la RDC à faire de la lutte contre les violences sexuelles un pilier de son agenda de paix.

Les enfants nés du viol et le FONAREV au cœur du plaidoyer congolais

L’un des moments les plus marquants de son intervention a concerné les enfants nés des violences sexuelles commises pendant les conflits.

Pour Judith Suminwa, ces enfants ne doivent plus être considérés comme une conséquence secondaire de la guerre, mais comme des citoyens titulaires de droits fondamentaux. Leur accès à une identité juridique, à la nationalité, à l’éducation, aux soins de santé, aux réparations et à une protection contre la stigmatisation constitue, selon elle, un impératif de justice.

La Première ministre a également présenté les efforts entrepris par la RDC pour accompagner les victimes, notamment à travers le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV), mis en place sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.

Alors que les initiatives diplomatiques peinent encore à ramener une paix durable dans l’est du pays, où les affrontements entre groupes armés persistent, le plaidoyer porté par Judith Suminwa à New York réaffirme la volonté de la RDC de replacer les survivantes au centre des politiques internationales. Pour Kinshasa, protéger les femmes, rendre justice aux victimes et prévenir ces crimes ne relèvent plus seulement d’une obligation morale, mais d’une condition indispensable à une paix durable.

Sénat RDC : Kinshasa et Ankara scellent un pacte sécuritaire historique

Ce jeudi 9 juillet 2026, le Palais du Peuple accueille une séance qui pourrait marquer une nouvelle étape dans la politique sécuritaire de la République démocratique du Congo. Les sénateurs sont appelés à se prononcer sur le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération sécuritaire conclu entre Kinshasa et Ankara, un texte qui traduit l’ambition du gouvernement de consolider ses alliances face à des menaces devenues aussi bien régionales que mondiales.

Face aux élus de la Chambre haute, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, défendra un partenariat présenté comme un levier essentiel pour renforcer les capacités de la RDC dans la lutte contre la criminalité organisée et les défis sécuritaires du XXIᵉ siècle.

Déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, le texte franchit désormais l’avant-dernière étape de son parcours législatif avant son adoption définitive et sa ratification.

Un partenariat pour faire face aux nouvelles menaces

Dans un monde où les frontières ne suffisent plus à contenir les réseaux criminels, Kinshasa et Ankara veulent désormais parler d’une même voix.

L’accord prévoit une coopération renforcée dans plusieurs domaines sensibles. Au premier rang figurent la lutte contre le terrorisme, la cybercriminalité et les réseaux criminels internationaux, mais également le blanchiment de capitaux, la traite des êtres humains ainsi que les trafics de stupéfiants et d’armes.

L’objectif affiché est clair : intensifier les échanges d’informations, renforcer les mécanismes de coopération entre les deux États et améliorer la capacité de réponse face à des organisations criminelles dont les activités dépassent largement les frontières nationales.

Pour les autorités congolaises, ce rapprochement avec la Turquie s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser les outils de sécurité et à développer des partenariats internationaux capables d’accompagner les efforts du pays dans la préservation de sa stabilité.

Les Zones économiques spéciales également au cœur des débats

La sécurité ne sera toutefois pas le seul sujet majeur de cette plénière.

Les sénateurs examineront également le projet de loi portant révision du régime des Zones économiques spéciales (ZES), défendu par le ministre de l’Entrepreneuriat et des Petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba.

Cette réforme ambitionne d’adapter le cadre juridique des ZES afin de renforcer leur attractivité auprès des investisseurs et d’accélérer l’industrialisation de la RDC. Son examen, aux côtés de l’accord sécuritaire avec la Turquie, illustre la volonté du gouvernement d’avancer simultanément sur deux priorités : renforcer la sécurité nationale tout en créant un environnement plus favorable au développement économique.

À travers cette double séquence législative, le Sénat se retrouve au cœur de deux dossiers stratégiques qui pourraient influencer durablement la trajectoire sécuritaire et économique du pays.

L’Assemblée nationale valide en bloc six accords majeurs avec la Turquie, sécurité et grands chantiers en ligne de mire

C’est un vote qui n’a laissé aucune place au doute. Lundi 6 juillet 2026, les 372 députés présents à l’Assemblée nationale ont approuvé à l’unanimité six projets de loi de ratification, ouvrant grand la voie à un rapprochement stratégique avec la Turquie. Sécurité, développement, infrastructures : les textes couvrent des secteurs clés pour l’avenir du pays, et ont été adoptés sans abstention ni voix discordante.

Le Président Aimé Boji Sangara a dirigé cette séance historique, qui marque une accélération spectaculaire de la coopération entre Kinshasa et Ankara.

Lutte contre le terrorisme et criminalité transnationale : l’accord qui change la donne

Premier projet examiné, et sans doute le plus sensible : la ratification de l’accord de coopération sécuritaire avec la Turquie. Défendu par le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, ce texte engage les deux pays à mutualiser leurs efforts face aux menaces qui dépassent les frontières.

Terrorisme, criminalité organisée, cybercriminalité, blanchiment de capitaux, traite des êtres humains, trafic de stupéfiants et d’armes : le champ d’action est large. Adopté article par article, ce traité est désormais transmis au Sénat pour une seconde lecture décisive. Sa validation définitive pourrait faire de la RDC un partenaire privilégié d’Ankara en Afrique centrale.

Cinq projets pour des chantiers qui vont transformer le quotidien des Congolais

Mais la session ne s’est pas arrêtée à la sécurité. Dans la foulée, l’Assemblée a donné son feu vert à cinq autres projets de loi de ratification, portant sur des accords de financement massifs. Ces investissements visent des secteurs aussi vitaux que la santé, l’énergie, les infrastructures et le monde rural.

Leur adoption, là aussi à l’unanimité, permet désormais de les transmettre directement au Président de la République pour promulgation.

Parmi les projets phares :

  • Santé : la construction de complexes hospitaliers dans la nouvelle ville de Kinshasa, pour désengorger les structures existantes et offrir des soins de qualité à une population en pleine croissance ;

  • Électrification rurale et périurbaine : l’installation de mini-réseaux photovoltaïques et hydroélectriques pour éclairer les zones jusque-là oubliées des circuits énergétiques ;

  • Développement agricole : le lancement du Programme d’appui au développement rural inclusif et résilient, adossé à des incubateurs pour les PME agricoles ;

  • Grands travaux dans le Katanga : la construction, la réhabilitation et l’extension de l’aéroport international de Luano à Lubumbashi, véritable porte d’entrée sur le sud du pays.

Des engagements internationaux qui prennent corps

Ces votes massifs lèvent les derniers obstacles juridiques et permettent au gouvernement de concrétiser des engagements internationaux dont l’impact sera mesurable dès les prochaines années. L’unanimité affichée par les députés traduit un large consensus sur l’urgence d’investir et de sécuriser les grands chantiers du pays.

Reste désormais à connaître l’avis du Sénat sur le volet sécuritaire, puis à voir comment ces projets de financement se traduiront sur le terrain. Une page se tourne pour les relations entre la RDC et la Turquie, désormais appelées à s’approfondir bien au-delà des simples accords de partenariat.

RDC : la C64, la CENCO et l’ECC reçues par Évariste Ndayishimiye à Bujumbura pour des consultations sur la crise politique

À quelques jours de la date initialement retenue pour la grande marche de la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), plusieurs figures de l’opposition congolaise et des responsables des principales confessions religieuses ont pris la direction de Bujumbura. Dans la capitale burundaise, ils participent à des consultations politiques convoquées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, autour de la crise politique, sécuritaire et institutionnelle que traverse la République démocratique du Congo.

Cette initiative diplomatique intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en RDC et explique le report de la marche de la C64, désormais programmée pour le 22 juillet.

La C64, la CENCO et l’ECC autour d’une même table à Bujumbura

Les consultations réunissent les principaux leaders de la coalition C64, mais aussi des représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), de l’Église du Christ au Congo (ECC) ainsi que de la Plateforme des confessions religieuses, dont les Églises de Réveil.

Selon un participant interrogé par ACTUALITE.CD, plusieurs séquences de travail sont prévues.

« Il y a les prêtres, les pasteurs qui sont là. Ejiba Yamampia est également présent ; il représente les Églises de Réveil. Et puis, il y a la coalition C64 au complet. »

Le programme prévoit d’abord des rencontres distinctes avec les responsables religieux, avant une audience avec les dirigeants de la C64. Une réunion élargie réunissant l’ensemble des participants devrait ensuite se tenir autour du président burundais.

La coalition d’opposition a toutefois posé une condition claire : être reçue collectivement.

« Quand je parle des apartés, cela ne signifie pas que les membres de la C64 seront reçus séparément. Au contraire, ils seront reçus tous ensemble. C’était l’une de nos exigences et elle a été acceptée », a précisé cette source.

Le report de la marche du 8 au 22 juillet

Ces consultations C64 Bujumbura ont conduit les leaders de l’opposition à reporter leur manifestation initialement prévue le 8 juillet.

Dans leur communiqué, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo ont expliqué avoir accepté l’invitation d’Évariste Ndayishimiye « dans un esprit de responsabilité », estimant que toute initiative susceptible de favoriser la préservation de l’ordre constitutionnel mérite d’être examinée.

La coalition affirme vouloir profiter de ces échanges pour exposer « avec clarté et fermeté » les préoccupations de la population congolaise ainsi que les risques qu’elle estime peser sur la démocratie et les institutions du pays.

L’Union africaine mise sur le dialogue politique en RDC

Cette médiation s’inscrit dans la continuité de la récente visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, le chef de l’État burundais avait insisté sur la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle et l’unité nationale face aux défis sécuritaires persistants dans l’est de la RDC.

Le président en exercice de l’Union africaine avait également appelé les différentes forces politiques et sociales congolaises à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, tout en saluant l’ouverture affichée par les autorités congolaises.

À l’issue des consultations de Bujumbura, les regards se tourneront désormais vers le 22 juillet, nouvelle date retenue par la coalition C64 pour sa marche nationale, dont l’objectif demeure la défense de l’ordre constitutionnel et la remise d’un mémorandum au président Félix Tshisekedi.

Marche de la Coalition Article 64 : le gouvernement promet un encadrement « républicain » à Kinshasa

Alors que la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a reporté au 22 juillet 2026 sa grande manifestation à Kinshasa, les autorités congolaises commencent à préparer le dispositif qui entourera cet événement politique attendu. Réuni autour du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, le gouvernement affirme vouloir garantir le bon déroulement de la marche, tout en prévenant qu’aucun acte de subversion ne sera toléré.

Ce rassemblement, organisé à l’initiative de plusieurs figures de l’opposition, intervient dans un contexte politique marqué par des tensions autour du respect de la Constitution et par des démarches de médiation engagées au niveau régional.

Le gouvernement assure vouloir garantir une manifestation pacifique

À l’issue d’une réunion tenue dimanche avec les responsables des services de sécurité et les autorités de la ville de Kinshasa, le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’encadrer la manifestation « dans un esprit républicain et démocratique ».

Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées afin de préserver l’ordre public tout en garantissant le droit de manifester.

« Les forces de défense et de sécurité seront là pour préserver la quiétude dans la ville de Kinshasa. Nous profitons de l’occasion pour rassurer l’opinion tant nationale qu’internationale que, tout en accompagnant, dans un esprit républicain et démocratique, les manifestations, nous voulons aussi rassurer que tout doit se faire dans les normes établies, selon les lois et les règlements de la République, en assurant également la liberté aux paisibles citoyens qui veulent vaquer à leurs occupations », a déclaré le gouverneur.

Les autorités ont toutefois averti qu’elles prohiberaient « tout acte portant les germes de la subversion », insistant sur le respect strict du cadre légal.

Une mobilisation nationale sous haute surveillance

Initialement annoncée pour le début du mois de juillet, la marche a été reportée après que les principaux dirigeants de la Coalition Article 64 ont accepté une invitation du président burundais Évariste Ndayishimiye, également président en exercice de l’Union africaine, pour des consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la RDC.

Malgré ce report, la coalition maintient son objectif. Le 22 juillet, les manifestants prévoient de converger vers le Palais de la Nation, où un sit-in est programmé avant la remise d’un mémorandum destiné au président Félix Tshisekedi. Les organisateurs expliquent vouloir rappeler leur attachement au respect de la Constitution de 2006.

Parallèlement, la mobilisation rencontre déjà des obstacles dans certaines provinces. Les autorités de Kolwezi et de Lubumbashi ont annoncé l’interdiction de la manifestation sur leurs territoires, illustrant les tensions qui entourent cette initiative de l’opposition.

À moins de trois semaines de l’échéance, tous les regards sont désormais tournés vers Kinshasa, où cette marche pourrait constituer l’un des principaux rendez-vous politiques de ce mois de juillet.

C64 : Fayulu, Katumbi, Kabund, Matata et Sesanga reportent leur marche après une invitation du président de l’Union africaine

La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) revoit son calendrier. Alors qu’elle préparait une grande manifestation devant le Palais de la Nation, la plateforme de l’opposition a annoncé, ce vendredi 3 juillet, le report de cette mobilisation au 22 juillet 2026, privilégiant une initiative diplomatique portée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine.

Dans un communiqué signé par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, les cinq principales figures de la coalition expliquent avoir été invitées à participer à des consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo.

La C64 privilégie le dialogue avant la mobilisation

La coalition affirme avoir accepté cette invitation « dans un esprit de responsabilité », estimant que cette démarche peut contribuer à la préservation de l’ordre constitutionnel.

Selon le communiqué, les dirigeants de la C64 entendent exposer devant le président de l’Union africaine « avec clarté et fermeté » leurs préoccupations concernant l’évolution de la situation politique en RDC ainsi que les risques qu’ils estiment peser sur la démocratie et les institutions du pays.

Ce choix marque une pause dans la stratégie de mobilisation engagée par l’opposition, qui avait laissé entendre ces derniers jours qu’un report de la manifestation initialement envisagée au début du mois de juillet restait possible afin de tenir compte des initiatives diplomatiques en cours.

Une manifestation maintenue pour le 22 juillet

Si la marche est reportée, elle n’est pas annulée. La Coalition Article 64 confirme qu’elle se tiendra finalement le mercredi 22 juillet 2026 devant le Palais de la Nation.

La plateforme invite également ses structures implantées dans les provinces ainsi que les communautés congolaises de la diaspora à organiser, à la même date, des marches pacifiques de solidarité, dans le respect des législations en vigueur dans leurs pays ou provinces respectifs.

En conclusion, la coalition appelle les Congolais à rester « mobilisés, vigilants et unis », réaffirmant que la défense de la Constitution demeure, selon elle, « une responsabilité collective ».

Ce report intervient quelques jours après la visite à Kinshasa du président burundais Évariste Ndayishimiye, qui avait rencontré le président Félix Tshisekedi dans le cadre des efforts régionaux visant à favoriser un dialogue autour de la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.

Kinshasa : Cyril Ramaphosa esquive la question xénophobe

Les violences xénophobes qui secouent l’Afrique du Sud se sont invitées au cœur de la rencontre entre Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa, ce jeudi 2 juillet à Kinshasa. Face aux inquiétudes exprimées par son homologue congolais au sujet des attaques visant plusieurs ressortissants africains, le président sud-africain a défendu une approche fondée sur la coopération continentale, tout en reconnaissant les défis auxquels son pays est confronté.

Cette séquence diplomatique intervient alors que les tensions autour de la question migratoire continuent de susciter l’émotion dans plusieurs pays africains, notamment en République démocratique du Congo.

Tshisekedi appelle à une gestion plus humaine de la crise

Devant son invité, Félix Tshisekedi a rappelé que chaque État est libre de définir sa politique migratoire. Mais, selon lui, cette souveraineté ne doit jamais se faire au détriment de la dignité humaine.

Le président congolais a plaidé pour une gestion « avec humanité, responsabilité et retenue », appelant à protéger les droits fondamentaux des personnes concernées tout en préservant les valeurs de solidarité qui fondent les relations entre les peuples africains.

Son intervention intervient dans un contexte marqué par les actions du mouvement Operation Dudula, qui réclame le départ des étrangers en situation irrégulière et dont les campagnes ont été suivies de nombreux actes de violences, de pillages et d’agressions contre des migrants.

Ramaphosa mise sur une coopération entre États africains

En réponse, Cyril Ramaphosa a estimé que la question migratoire dépasse les frontières nationales.

« La question de la migration ne peut pas être gérée par un seul pays. Nous devons travailler ensemble en tant que pays africains pour résoudre cette question », a déclaré le président sud-africain.

Reconnaissant les difficultés rencontrées par son pays, il a également insisté sur la nécessité de garantir le respect des droits des ressortissants étrangers vivant en Afrique du Sud.

Le chef de l’État sud-africain a évoqué plusieurs pistes de travail, notamment un dialogue renforcé entre les pays concernés, des campagnes de sensibilisation ainsi qu’une meilleure gestion des documents d’identité afin de concilier sécurité et protection des droits des migrants.

En revanche, aucune annonce concrète n’a été faite concernant de nouvelles mesures destinées à renforcer immédiatement la protection des étrangers ou à accélérer les poursuites contre les auteurs des violences.

Une question migratoire qui pèse sur les relations régionales

La RDC suit avec une attention particulière l’évolution de la situation en Afrique du Sud, où réside une importante communauté congolaise.

Ces dernières semaines, plusieurs ressortissants africains, notamment originaires de la région des Grands Lacs, ont été victimes d’agressions et d’expulsions forcées dans certains townships, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des migrants.

Si la rencontre de Kinshasa a permis aux deux chefs d’État d’afficher leur volonté de poursuivre le dialogue, elle rappelle également que la gestion des migrations et la lutte contre la xénophobie demeurent parmi les défis les plus sensibles auxquels le continent africain est aujourd’hui confronté.

30 juin 1960 : quand Lumumba flinguait le colonialisme en direct devant le roi Baudouin

Ce 30 juin 1960, le protocole avait tout prévu. La cérémonie devait suivre un déroulement parfaitement maîtrisé. Les autorités avaient programmé des discours convenus, des poignées de main solennelles et des échanges protocolaires.

Patrice Lumumba en décida autrement. Premier ministre du Congo tout juste indépendant, il bouleversa le scénario. Devant le roi Baudouin, les dignitaires belges et les représentants du jeune État, il déchira le voile des convenances. Il rappela la violence de la colonisation. Sa voix grave porta un réquisitoire implacable. La salle applaudit longuement. En revanche, le souverain belge et son entourage restèrent figés.

« Nul Congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier que c’est par la lutte que l’indépendance a été conquise », lança-t-il. Pour lui, personne n’avait offert cette indépendance. Le peuple congolais l’avait conquise au prix de lourds sacrifices. Dès les premiers mots, Lumumba donna le ton. Cette journée marquait la fin d’un monde et le début d’une revanche historique.

« Nous avons souffert, mais tout cela est désormais fini »

Le Premier ministre ménagea rarement son auditoire. Il rappela le long calvaire du peuple congolais sous la domination belge. Il évoqua le travail forcé, les salaires de misère, les insultes, les coups, le tutoiement imposé, les terres spoliées, la justice inégalitaire, les fusillades et les cachots.

« Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. »

Un profond souffle de libération parcourut alors l’assistance.

Lumumba ne se limita pas à dénoncer le passé. Il dessina aussi l’avenir. Il promit une justice sociale, des lois plus justes, la garantie des libertés fondamentales et la fin des discriminations.

« Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté », affirma-t-il. Il rêvait d’un Congo fort, capable de devenir le « centre de l’Afrique tout entière ».

Une souveraineté sans concession

Sur le plan international, Lumumba adopta une ligne claire. Il salua la décision de la Belgique de ne pas empêcher l’indépendance. Cependant, il fixa immédiatement les limites de la coopération.

Le Congo accepterait les partenariats étrangers uniquement lorsqu’ils respecteraient sa souveraineté. Aucun pays ne pourrait lui imposer sa politique. Il souhaitait bâtir une relation fondée sur un traité entre États libres, égaux et indépendants.

À l’intérieur du pays, il appela également à l’unité nationale. Il dénonça les divisions tribales qui affaiblissaient le Congo et nuisaient à son image à l’étranger.

Dans le même temps, il tendit la main à l’opposition. Il demanda aussi le respect des étrangers. Toutefois, il avertit que les autorités expulseraient ceux dont le comportement porterait atteinte aux intérêts du pays.

Son message tenait en une conviction forte : « Un gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays. »

Un discours devenu un symbole de l’indépendance

Lumumba conclut son intervention par un hommage aux combattants de la liberté nationale.

« Hommage aux combattants de la liberté nationale ! Vive le Congo indépendant et souverain ! »

La salle lui réserva une longue ovation. Pourtant, son destin bascula quelques mois plus tard. Des adversaires l’assassinèrent avec la complicité présumée de la Belgique et des États-Unis.

Depuis, ce discours dépasse le simple cadre de l’indépendance. Il symbolise la naissance d’une nation. Il nourrit aussi une mémoire où se mêlent fierté, douleur et résistance.

Aujourd’hui encore, alors que la RDC célèbre ses 66 ans d’indépendance, les paroles de Lumumba continuent de résonner. Elles rappellent l’importance de la dignité, de l’unité nationale et d’une souveraineté pleinement assumée. Ce combat reste plus actuel que jamais.

Francophonie : quatre candidats, un fauteuil, et des tensions diplomatiques en toile de fond

Ce mardi 30 juin, les salons du ministère français des Affaires étrangères à Paris accueillent une première dans l’histoire de la Francophonie. Pour la première fois depuis la création de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), il y a 56 ans, les ministres des 53 États membres de plein droit auditionnent publiquement les quatre candidats au poste de secrétaire général.

Cette évolution découle de la réforme institutionnelle adoptée en mars 2022. Désormais, chaque candidat doit répondre à un appel à candidatures, déposer un programme six mois avant le sommet électif et présenter sa vision stratégique lors d’une audition publique.

Chaque postulant dispose de 45 minutes. Il consacre 20 minutes à son projet, échange ensuite pendant 20 minutes avec les délégations, puis bénéficie de cinq minutes de transition. L’ordre alphabétique rythme cette journée, présidée par le vice-Premier ministre cambodgien Prak Sokhonn. Son pays accueillera le Sommet de Phnom Penh le 16 novembre prochain. Derrière le protocole, les États membres arbitrent pourtant des enjeux géopolitiques majeurs.

Louise Mushikiwabo défend son bilan

Arrivée en 2019, la Rwandaise Louise Mushikiwabo brigue un troisième mandat. Elle met en avant la modernisation de l’institution, le virage numérique, le soutien à l’entrepreneuriat francophone et une présence renforcée dans les économies émergentes.

Elle défend une Francophonie « réformée mais stable ». Selon elle, l’organisation a traversé les crises sans perdre son identité. Toutefois, son mandat reste marqué par les tensions entre le Rwanda et la RDC. Kinshasa lui reproche régulièrement sa proximité avec Kigali, accusé de soutenir la rébellion du M23 dans l’Est du Congo. Ce contexte pourrait influencer les délibérations.

Juliana Lumumba veut refonder la Francophonie

L’ancienne ministre congolaise Juliana Lumumba incarne une rupture. Elle place sa campagne sous le signe de la « refondation profonde ». Son projet vise une Francophonie plus proche des peuples, des sociétés civiles et des jeunes. Ces derniers représentent aujourd’hui la majorité des 396 millions de francophones.

Elle souhaite également rééquilibrer la gouvernance de l’organisation en faveur de l’Afrique. En effet, le continent concentre désormais le plus grand nombre de locuteurs francophones. Son message trouve donc un écho dans un contexte où l’Afrique revendique davantage de reconnaissance sur les plans démographique, culturel et politique.

Coumba Ba et Dacian Cioloș proposent deux approches différentes

La Mauritanienne Coumba Ba mise sur son expérience diplomatique et sa connaissance des dossiers africains. Elle privilégie le consensus et le dialogue. Son ambition consiste à faire de la Mauritanie un trait d’union entre les différentes sensibilités de l’espace francophone.

De son côté, l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș est le seul candidat non africain. Il apporte un profil européen et technique. Fort de son expérience à la Commission européenne, il défend une Francophonie tournée vers l’innovation économique, les partenariats internationaux et le renforcement du français comme langue d’affaires.

Une élection sous l’ombre des tensions entre la RDC et le Rwanda

La compétition se déroule dans un climat diplomatique particulièrement tendu. La crise sécuritaire dans l’Est de la RDC continue d’alimenter les débats. Plusieurs États accusent le Rwanda de soutenir la rébellion du M23. Cette situation plane sur les auditions.

Plusieurs capitales francophones appellent à un choix capable de préserver l’unité de l’organisation. Elles espèrent également que l’élection contribuera à apaiser les rivalités régionales.

Le 16 novembre, les chefs d’État et de gouvernement réunis à Phnom Penh désigneront le ou la future secrétaire générale pour le mandat 2027-2030. Cette personnalité devra incarner une Francophonie en pleine mutation. Elle devra aussi concilier héritage diplomatique, modernité et nouvelles ambitions. En attendant, cette journée parisienne fait déjà entrer l’OIF dans une nouvelle ère. Elle marque l’avènement d’une compétition plus transparente et plus ouverte.

Lettre de Denis Mukwege à Félix Tshisekedi : un réquisitoire sans concession contre sa gouvernance

À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, Denis Mukwege a choisi de s’adresser directement au président Félix Tshisekedi. Dans une lettre au ton particulièrement ferme, le Prix Nobel de la Paix passe au crible près de sept années de gouvernance et dénonce une série de choix politiques, diplomatiques et sécuritaires qui, selon lui, ont conduit le pays dans une impasse.

S’il rappelle avoir accueilli avec espoir l’alternance politique après le départ de Joseph Kabila, le gynécologue congolais estime aujourd’hui que ces attentes ont été profondément déçues.

Mukwege énumère les promesses non tenues de Félix Tshisekedi

Dès les premières lignes de sa lettre, Denis Mukwege revient sur les engagements pris par Félix Tshisekedi au début de son mandat. Il cite notamment la création d’un Tribunal pénal spécial chargé de juger les crimes documentés dans le Rapport Mapping des Nations unies, un projet qui, selon lui, n’a jamais vu le jour malgré les promesses présidentielles.

Le Prix Nobel critique également l’instauration de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. À ses yeux, le choix de confier ces provinces à des gouverneurs militaires dont certains sont mentionnés dans le Rapport Mapping ne pouvait produire les résultats espérés.

Il reproche aussi au chef de l’État d’avoir privilégié des accords sécuritaires avec des pays voisins, notamment le Burundi et l’Ouganda, estimant que cette stratégie d’externalisation de la sécurité nationale s’est révélée contre-productive.

Le M23, l’EAC et les processus de paix au cœur des critiques

Pour Denis Mukwege, les erreurs de gouvernance ont favorisé le retour du M23 et compliqué davantage la recherche d’une solution durable à la crise dans l’est du pays.

Il accuse le pouvoir d’avoir multiplié les initiatives diplomatiques sans véritable coordination, évoquant les processus de l’EAC, de la SADC, de l’Union africaine, de Luanda, de Doha et de Washington. Selon lui, cette succession de cadres de négociation a davantage entretenu la confusion qu’elle n’a permis de rétablir la paix.

Le Prix Nobel critique également l’adhésion de la RDC à la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC), estimant que plusieurs États membres défendent avant tout leurs intérêts économiques et géostratégiques plutôt que la protection des populations civiles congolaises.

Il estime en outre que le processus de Nairobi, puis celui de Doha, ont contribué à présenter la crise dans l’Est comme un conflit interne, alors qu’il considère qu’il s’agit avant tout d’une agression extérieure.

« Une impasse politique, diplomatique et sécuritaire »

Denis Mukwege revient aussi sur la pression exercée contre la MONUSCO pour accélérer son retrait de l’est de la RDC. Une position qu’il juge préoccupante et qui l’amène à s’interroger sur les intérêts réellement défendus par les autorités congolaises.

Enfin, il regrette l’abandon des réformes prévues dans le cadre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, notamment la restructuration des FARDC. Selon lui, l’absence de réforme profonde de l’appareil sécuritaire a considérablement aggravé la crise.

« Votre incapacité à restructurer les FARDC et l’échec de votre gouvernance sécuritaire ont en grande partie contribué au pourrissement de la situation, plongeant le pays dans une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent et conduisant largement la RDC dans une impasse politique et diplomatique », écrit-il.

Par cette lettre, Denis Mukwege livre l’une des critiques les plus sévères formulées contre le pouvoir de Félix Tshisekedi depuis le début de son mandat. Un texte qui relance le débat sur le bilan du chef de l’État en matière de gouvernance, de sécurité et de diplomatie, alors que la situation dans l’est du pays demeure particulièrement préoccupante.

66 ans d’indépendance : Tshisekedi tend la main à l’opposition mais prévient – « La Constitution n’est pas un objet de convenance »

Ce 30 juin 2026, la République démocratique du Congo souffle ses 66 bougies. Et pour la première fois depuis longtemps, le discours présidentiel n’a pas été qu’une litanie commémorative. Devant une Nation marquée par les guerres à l’Est, les tensions politiques et les débats enflammés sur l’avenir de la Loi fondamentale, Félix Tshisekedi a choisi la double posture : celle du père rassembleur et du gardien inflexible du temple institutionnel.

« Mes très chers compatriotes, soixante-six ans après l’indépendance, la République démocratique du Congo demeure debout. Debout malgré les guerres, les convoitises, les blessures de l’histoire », a-t-il lancé, saluant la résilience d’un peuple qui, selon lui, n’a jamais renoncé à sa dignité. Mais très vite, le ton s’est durci : l’indépendance politique, a-t-il rappelé, n’est qu’une étape. « Notre devoir, désormais, est d’en faire une souveraineté pleinement vécue, concrète et irréversible », a-t-il martelé.

Sécurité à l’Est : « Votre douleur est celle de toute la République »

Le Chef de l’État n’a pas éludé le drame qui ensanglante les provinces orientales. Il a adressé un message personnel aux familles endeuillées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Tanganyika, du Maniema. « Vous n’êtes pas oubliés. Votre douleur est celle de toute la République, et votre sécurité demeure une priorité absolue de mon action », a-t-il promis, alors que les affrontements avec l’AFC/M23 – soutenu par le Rwanda – et les ADF continuent de faire des milliers de déplacés. Une déclaration qui sonne comme un engagement, mais que les observateurs attendent désormais de voir se concrétiser sur le terrain, alors que les initiatives diplomatiques peinent à produire des effets tangibles.

Constitution : le débat est ouvert, mais pas à n’importe quel prix

C’est sur le terrain politique que le discours a pris toute sa saveur. Alors que le pays est coupé en deux camps : la Coalition Article 64 (C64), qui défend l’ordre constitutionnel actuel, et la Coalition pour le Changement de la Constitution (C4), qui réclame des réformes, Tshisekedi a joué l’équilibriste. Il a reconnu la légitimité du débat – « le désaccord est naturel, la contradiction est utile » – mais a immédiatement posé ses limites.

« Aucune ambition personnelle ou partisane ne vaut plus que la paix de tous ; aucune divergence politique ne doit être plus forte que l’unité de la République », a-t-il averti. Et d’ajouter, en écho aux rumeurs de révision constitutionnelle : « La Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un objet de convenance. En débattre exige sérénité, rigueur, transparence et un sens élevé de l’intérêt général. »

Une manière de calmer les ardeurs des uns sans braquer les autres, tout en rappelant son rôle de « garant de la Nation », chargé d’écouter, d’apaiser, mais aussi de clarifier quand cela s’impose.

« Pays solutions » : le pari des ressources critiques

Sur le plan économique, le Président a esquissé une vision ambitieuse. Fort de ses gisements de cobalt, de cuivre, de coltan ou de lithium, la RDC n’est plus, selon lui, perçue comme un « territoire de crises », mais comme un « pays solutions » sur la scène internationale. Une repositionnement stratégique qui, espère-t-il, permettra de transformer les richesses du sous-sol en levier de développement durable – à condition, a-t-il sous-entendu, que l’unité nationale et la culture du travail remplacent la résignation et la division.

« Ce Congo ne se construira ni par la résignation, ni par la division, ni par l’attente passive. Il se construira par le travail, la discipline, l’unité, la probité et le sursaut patriotique », a-t-il conclu, sur un ton solennel, avant de souhaiter une bonne fête à tous les Congolais. Reste à savoir si ce message de fermeté et d’ouverture parviendra à apaiser les esprits, ou si la bataille autour de la Constitution ne fait que commencer. Une chose est sûre : le chef de l’État a posé ses marqueurs, et la balle est désormais dans le camp des forces politiques.

Passeport confisqué à Delly Sesanga : Jean-Marc Kabund dénonce une « grave violation des droits fondamentaux »

La confiscation du passeport de Delly Sesanga continue de provoquer une vague d’indignation au sein de l’opposition congolaise. Dans une déclaration publiée sur son compte X ce lundi 29 juin, Jean-Marc Kabund est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une nouvelle dérive des autorités congolaises à l’encontre des opposants politiques.

Le haut cadre de la coalition C64 estime que cette décision porte gravement atteinte aux libertés fondamentales et s’inscrit dans une stratégie de répression visant les voix critiques du régime.

Jean-Marc Kabund dénonce une entrave à la liberté de mouvement

Pour l’ancien président de l’UDPS, empêcher Delly Sesanga de quitter le territoire afin de recevoir des soins médicaux constitue une violation inacceptable de ses droits.

« Empêcher Delly Sesanga d’exercer sa liberté de mouvement et de se rendre à l’étranger pour recevoir les soins nécessités par les blessures par balles qu’il a subies lors de la répression sanglante du sit-in constitue une grave violation des droits fondamentaux. Après l’avoir grièvement blessé, le priver de soins appropriés est inhumain et inacceptable », a-t-il déclaré.

Selon Jean-Marc Kabund, cette affaire dépasse le seul cas de Delly Sesanga et illustre une dégradation inquiétante de l’État de droit en République démocratique du Congo.

« Le combat contre la tyrannie est un devoir patriotique »

Dans son message, le leader politique affirme que cette situation confirme, selon lui, une dérive autoritaire du pouvoir.

« Cette dérive confirme que le combat contre la tyrannie dans notre pays n’est plus une option, mais un devoir patriotique pour sauver notre démocratie et l’État de droit », a-t-il ajouté.

À travers cette prise de position, Jean-Marc Kabund invite les forces politiques, les organisations de la société civile et les citoyens à rester mobilisés face à ce qu’il qualifie de violations répétées des libertés publiques.

Un appel lancé aux partenaires internationaux de la RDC

L’opposant congolais s’adresse également aux partenaires internationaux de la République démocratique du Congo. Il exhorte notamment les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine ainsi que les organisations engagées dans la défense de la démocratie et des droits humains à réagir.

« Nous appelons les partenaires de la RDC – les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine, ainsi que toutes les organisations attachées à la démocratie et aux droits humains – à prendre la pleine mesure de ces violations répétées et à en tirer toutes les conséquences », a-t-il déclaré.

Cette nouvelle sortie de Jean-Marc Kabund intervient alors que la confiscation du passeport de Delly Sesanga alimente un vif débat politique et ravive les inquiétudes sur le respect des libertés fondamentales en RDC.

Sénat RDC : Sama Lukonde convoque une session extraordinaire, 25 dossiers stratégiques au programme

Le Parlement congolais s’apprête à entrer dans une séquence législative particulièrement intense. À la demande du Gouvernement, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a signé, le 25 juin 2026, la décision convoquant une session extraordinaire à partir de ce vendredi 26 juin. Une initiative qui intervient dans un contexte marqué par l’urgence d’examiner plusieurs réformes économiques, sécuritaires et institutionnelles considérées comme prioritaires pour le pays.

Au total, vingt-cinq matières figurent à l’ordre du jour de cette session exceptionnelle. Derrière ces textes se dessinent des enjeux majeurs : relance économique, modernisation des infrastructures, sécurité nationale, création d’emplois, attractivité des investissements et financement de grands projets structurants.

Des réformes stratégiques pour accélérer la transformation du pays

Cette session extraordinaire sera dominée par l’examen de plusieurs projets de loi jugés essentiels pour la mise en œuvre du programme gouvernemental.

Les parlementaires devront notamment se prononcer sur le projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, le régime fiscal et pénal applicable aux jeux d’argent et de hasard, le projet de loi sur le contenu local ainsi que la révision de la législation sur la sous-traitance dans le secteur privé.

Les débats porteront également sur le développement du site hydroélectrique de Grand Inga, la programmation militaire pour la période 2027-2030, le financement du programme présidentiel « Debout – Jeunes Congolais », le statut des anciens combattants et la prorogation de l’état de siège dans certaines provinces de l’est du pays.

À ces réformes s’ajoutent plusieurs textes relatifs à la recherche scientifique, aux marchés boursiers, à la pêche, à l’aquaculture, aux zones économiques spéciales ainsi qu’à la création d’un fonds souverain.

Des accords internationaux au cœur des débats

Au-delà des réformes internes, cette session sera également consacrée à l’examen de plusieurs accords de coopération et de financement conclus avec des partenaires internationaux.

Les élus devront notamment autoriser la ratification d’un accord de coopération sécuritaire avec la Turquie, la création de la Banque de développement Shelter Afrique, ainsi que plusieurs conventions de prêts destinées au financement de projets d’infrastructures.

Parmi les dossiers les plus attendus figurent le financement de la modernisation de l’aéroport de Luano à Lubumbashi, des programmes d’électrification rurale et périurbaine, la construction d’un complexe hospitalier dans la ville nouvelle de Kinshasa ainsi que des projets de développement agricole soutenus par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).

Le Parlement examinera également l’accord de partenariat économique global conclu avec les Émirats arabes unis ainsi que le nouvel accord international sur le cacao signé à Abidjan.

Première plénière dès le 27 juin

Les travaux débuteront véritablement ce samedi 27 juin avec une première séance plénière déjà chargée.

Trois dossiers ouvriront les débats : le projet de loi autorisant la prorogation de l’état de siège, le rapport de la Commission économique, financière et de la bonne gouvernance sur le projet de loi relatif au contenu local ainsi que celui portant modification de la loi encadrant la sous-traitance dans le secteur privé.

Par l’ampleur des réformes annoncées, cette session extraordinaire s’annonce comme l’une des plus importantes de l’année parlementaire. Les décisions qui en découleront pourraient avoir un impact durable sur la gouvernance économique, les investissements, la sécurité et le développement de la République démocratique du Congo.

Kinshasa : Tshisekedi et Ndayishimiye scellent un nouveau pacte de coopération

Il est des rendez-vous diplomatiques qui dépassent le simple protocole. La visite d’État de 48 heures du président burundais Evariste Ndayishimiye à Kinshasa en est un parfait exemple. Accueilli à bras ouverts par son homologue Félix-Antoine Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, le chef d’État burundais, également président en exercice de l’Union africaine, n’a pas caché son émotion.

« J’exprime ma profonde gratitude au peuple et aux autorités congolaises pour l’accueil chaleureux et fraternel qui m’a été réservé ainsi qu’à ma délégation », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Cette visite m’a permis de renforcer les liens historiques et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération entre nos deux nations. »

Un message qui résonne comme une promesse, alors que les deux pays entendent donner un nouvel élan à leur relation, dans tous les domaines : politique, diplomatique, sécuritaire, économique, culturel, humanitaire et social.

Sécurité dans l’Est : Ndayishimiye s’engage personnellement

Au cœur des discussions, la question sécuritaire dans l’Est de la RDC a occupé une place centrale. Face aux menaces récurrentes des groupes armés étrangers et des forces négatives qui ensanglantent la région, le président burundais a appelé à une mutualisation accrue des efforts entre les États de la région.

« J’ai réaffirmé mon engagement personnel en faveur de la médiation africaine. J’ai également eu l’occasion de réitérer mon soutien constant aux institutions de la RDC dans leur mission essentielle de restauration de la paix », a martelé Ndayishimiye.

Un engagement d’autant plus significatif qu’il intervient dans un contexte régional complexe, où les processus de paix peinent à produire des résultats tangibles. Le président burundais a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi existants, gage d’une stabilisation durable.

Commission mixte permanente : le rendez-vous de septembre à Bujumbura

Dans le sillage de cette visite, les deux chefs d’État ont convenu d’un calendrier concret pour matérialiser leurs ambitions communes. Le président Tshisekedi a ainsi annoncé la tenue, au mois de septembre 2026 à Bujumbura, de la session de la Commission mixte permanente de coopération entre les deux pays.

« Nous avons réaffirmé notre volonté commune de donner une nouvelle impulsion à la coopération entre la RDC et le Burundi », a déclaré le président congolais.

Cette commission, qui sera la première du genre depuis plusieurs années, doit permettre de décliner opérationnellement les accords conclus lors de cette visite historique et de poser les jalons d’une coopération renouvelée, au service des populations des deux rives du lac Tanganyika.

Épidémie d’Ebola : Tshisekedi annonce une descente en Ituri

Autre sujet brûlant abordé lors du point de presse conjoint : la riposte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement en RDC. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a d’ailleurs dressé un bilan encourageant des efforts déployés : « Plus de 500 lits ont été déployés en un mois, 5 laboratoires installés, et en termes de dépistage, on est arrivé à 2 000 cas dépistés par mois. La riposte atteint un nouveau niveau élevé. »

Un optimisme mesuré, mais qui a convaincu le chef de l’État congolais de se rendre personnellement sur le terrain. Félix Tshisekedi a ainsi annoncé sa descente prochaine dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, pour s’imprégner de l’évolution de l’épidémie et superviser les opérations.

« La protection de la santé de nos populations demeure un impératif collectif ainsi qu’un pilier essentiel de la stabilité, de la résilience et du développement durable de notre continent », a-t-il souligné.

Le porte-parole du gouvernement a également salué cette initiative présidentielle, qui témoigne de la mobilisation au plus haut niveau de l’État face à cette crise sanitaire. Une mobilisation qui, espèrent les autorités, contribuera à endiguer l’épidémie et à rassurer les populations locales.

Une coopération sanitaire régionale en perspective

Au-delà de l’engagement national, la visite du président burundais a également permis d’aborder les défis sanitaires sous un angle continental. Les deux chefs d’État ont réaffirmé que ces enjeux exigent une solidarité accrue entre les États, une coopération renforcée et une mobilisation permanente des mécanismes de prévention et d’alerte précoce.

Un message fort, à l’heure où les épidémies ne connaissent pas de frontières et où la mutualisation des moyens apparaît comme la seule réponse efficace pour faire face aux menaces sanitaires qui pèsent sur la région des Grands Lacs.

 Une visite qui ouvre une nouvelle ère

En 48 heures, Evariste Ndayishimiye et Félix Tshisekedi ont posé les bases d’une relation bilatérale revitalisée, tournée vers l’action et la résolution concrète des défis communs. Sécurité, coopération économique, lutte contre les épidémies : les chantiers sont vastes, mais la volonté politique affichée par les deux dirigeants laisse entrevoir des perspectives prometteuses.

Rendez-vous est pris pour septembre à Bujumbura, où la Commission mixte permanente devra transformer ces belles déclarations en réalisations tangibles. En attendant, le président Tshisekedi s’apprête à fouler le sol d’Ituri, une terre meurtrie mais résiliente, pour y porter un message d’espoir et de mobilisation.

M23 Doha : l’AFC/M23 accuse la médiation de partialité et menace de revoir sa participation au processus de paix

La tension monte d’un cran autour du processus de paix engagé entre Kinshasa et l’AFC/M23. Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 18 juin 2026 à Goma, les principaux responsables du mouvement rebelle ont multiplié les critiques contre la médiation internationale, accusée de fermer les yeux sur les violations présumées commises par le gouvernement congolais.

Entouré de Corneille Nangaa et de Freddy Kaniki, le coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, Bertrand Bisimwa, a dénoncé ce qu’il considère comme un traitement inéquitable des parties impliquées dans les discussions de paix soutenues par les États-Unis et le Qatar.

M23 Doha : Bertrand Bisimwa dénonce une médiation devenue « aphone »

Face aux journalistes, Bertrand Bisimwa a affirmé que son mouvement avait respecté plusieurs engagements pris dans le cadre des initiatives diplomatiques en cours.

Selon lui, l’AFC/M23 a accepté de se retirer d’Uvira ainsi que de la plaine de la Ruzizi à la demande des médiateurs afin de démontrer sa volonté de privilégier une solution politique au conflit.

Cependant, il estime que ces gestes n’ont pas été reconnus à leur juste valeur.

Le dirigeant rebelle accuse la médiation de sanctionner systématiquement l’AFC/M23 et les acteurs qui lui témoignent de la sympathie, tout en épargnant ceux qu’il accuse de ne pas respecter leurs propres engagements.

Il soutient notamment que les protocoles portant sur le cessez-le-feu et la libération des prisonniers ne seraient pas appliqués de manière équilibrée. Selon lui, son mouvement a déjà procédé à plusieurs libérations alors qu’aucune mesure similaire n’aurait été observée du côté de Kinshasa.

Pour Bertrand Bisimwa, cette situation fragilise progressivement la crédibilité du processus de paix.

Corneille Nangaa accuse Kinshasa de violer le cessez-le-feu

Prenant à son tour la parole, le coordonnateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, a dénoncé ce qu’il qualifie de « violations répétitives, généralisées et criminelles » du cessez-le-feu.

L’ancien président de la CENI estime que son mouvement a fait preuve de patience et de bonne volonté dans toutes les initiatives de dialogue entreprises jusqu’à présent.

Selon lui, les engagements diplomatiques n’ont pas produit les résultats attendus sur le terrain, malgré les concessions consenties par l’AFC/M23.

Corneille Nangaa a également affirmé que plusieurs opérations militaires attribuées à la coalition gouvernementale continueraient d’être menées dans certaines zones de conflit, notamment à travers des bombardements de drones et des offensives terrestres.

Il a notamment évoqué la situation dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, où il affirme que plusieurs localités subissent un blocus prolongé affectant l’accès à l’aide humanitaire, aux soins médicaux et aux produits de première nécessité.

M23 Doha : l’AFC/M23 agite la menace d’un retrait du processus

Au-delà des critiques adressées à Kinshasa, Bertrand Bisimwa a laissé entendre que son mouvement pourrait, à terme, remettre en question son adhésion à la médiation actuelle.

Sans annoncer une rupture immédiate, il a affirmé que l’AFC/M23 se réservait le droit de prendre ses responsabilités si les déséquilibres dénoncés persistaient.

Malgré cette mise en garde, les dirigeants du mouvement assurent continuer à croire à une solution négociée au conflit.

Cette nouvelle sortie médiatique intervient alors que les accords de Washington et le processus de Doha peinent encore à produire des avancées visibles sur le terrain. Entre accusations croisées, violations présumées du cessez-le-feu et méfiance grandissante entre les protagonistes, le fossé reste important entre les engagements diplomatiques et la réalité sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Alors que les médiateurs internationaux poursuivent leurs efforts pour préserver le dialogue, les déclarations de Goma illustrent les difficultés croissantes auxquelles se heurte le processus M23 Doha, dont l’avenir dépend désormais de la capacité des différentes parties à restaurer la confiance et à respecter leurs engagements respectifs.

Corneille Nangaa accuse Félix Tshisekedi de torpiller la paix dans l’Est de la RDC

Goma, 18 juin 2026 – Alors que les Léopards de la RDC faisaient vibrer le NRG Stadium de Houston, c’est une tout autre onde de choc qui a traversé l’Atlantique en sens inverse. À des milliers de kilomètres du Texas, dans la ville martyre de Goma, une voix s’est élevée pour dénoncer ce qui serait une « déclaration de guerre » en provenance directe de la bouche du président congolais. Corneille Nangaa, coordinateur politique de l’AFC/M23, a pris la parole ce jeudi pour accuser Félix Tshisekedi de torpiller les efforts de paix internationaux, au moment même où les médiateurs américains et qataris tentent de sauver un cessez-le-feu déjà fragile. La tension est à son comble, et le spectre d’une escalade militaire plane de nouveau sur l’Est de la République Démocratique du Congo.

Houston-Goma : la guerre des mots s’intensifie

C’est un discours prononcé depuis la tribune du mondial de football qui a mis le feu aux poudres. À Houston, en marge de la rencontre historique entre les Léopards et le Portugal, Félix Tshisekedi s’est exprimé devant ses partisans, évoquant avec optimisme les opérations militaires en cours dans l’Est du pays. Le président congolais a notamment annoncé la « récupération prochaine » des villes de Goma et de Bukavu, actuellement sous le contrôle de l’AFC/M23, une déclaration qui n’a pas tardé à provoquer une réaction virulente.

Dans une communication tenue à Goma ce jeudi 18 juin, Corneille Nangaa, ancien président de la CENI devenu figure de proue de la rébellion, a dénoncé avec véhémence ce qu’il perçoit comme un revirement dangereux. Selon lui, les propos du chef de l’État congolais constituent une rupture des engagements pris dans le cadre des négociations de paix.

« Cette nuit à Houston, sur le sol du médiateur américain et devant ses partisans, Monsieur Tshisekedi a de nouveau fait une déclaration de guerre ; alors qu’un processus de négociation est en cours et qu’un protocole sur le cessez-le-feu a été signé entre son régime et l’AFC/M23 », a martelé Nangaa, le visage fermé. Et de poursuivre : « Monsieur Tshisekedi affirme que son armée est en train d’écraser l’ennemi en ce moment même et annonce la récupération prochaine des villes stabilisées de Goma et de Bukavu. Un discours irresponsable et va-t-en-guerre qui assume officiellement l’option militaire au plus haut niveau de l’État. »

La médiation internationale prise en otage ?

Au-delà de la charge personnelle contre le président congolais, c’est tout le processus de paix qui est pointé du doigt par l’AFC/M23. Corneille Nangaa a estimé que les déclarations de Félix Tshisekedi risquent de compromettre gravement les discussions engagées sous l’égide des États-Unis et du Qatar, deux médiateurs qui s’efforcent de maintenir un dialogue entre les parties.

« Ce discours met en cause le processus de paix en cours ainsi que les efforts de la médiation. L’AFC/M23 en prend acte », a-t-il déclaré, soulignant que la confiance nécessaire à la poursuite des négociations était sérieusement ébranlée.

Cette accusation survient dans un contexte déjà tendu. Malgré la signature d’un protocole de cessez-le-feu, les hostilités n’ont jamais réellement cessé sur le terrain. Chaque camp accuse l’autre de violations, et les médiateurs peinent à transformer les engagements papier en réalités tangibles. Les accords de Washington et le processus de Doha, censés jeter les bases d’une paix durable, peinent à produire des résultats concrets.

L’AFC/M23 menace de riposter : « Nous nous réservons le droit de nous défendre »

Corneille Nangaa ne s’est pas contenté de dénoncer. Il a également adressé un avertissement sans équivoque à Kinshasa. Face à ce qu’il qualifie de « posture militariste du régime », le coordinateur politique de l’AFC/M23 a prévenu que son mouvement n’hésiterait pas à répondre par la force.

« Cette posture militariste du régime de Kinshasa ne nous laisse d’autres choix que de nous défendre afin d’éliminer systématiquement cette menace ouvertement proclamée par Kinshasa », a-t-il lancé, laissant planer la menace d’une riposte militaire qui pourrait plonger la région dans une nouvelle spirale de violence.

LIRE AUSSI :https://www.journaldekinshasa.com/un-chien-peut-il-diriger-un-pays-a-houston-tshisekedi-regle-ses-comptes-avec-kabila/

Ces déclarations interviennent alors que les combats se poursuivent dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les forces gouvernementales et la rébellion s’affrontent dans une guerre d’usure qui a déjà fait des milliers de victimes civiles. La perspective d’une offensive annoncée sur Goma et Bukavu, si elle se concrétisait, provoquerait un désastre humanitaire supplémentaire dans une région déjà exsangue.

Un conflit régional aux ramifications internationales

Au-delà du face-à-face entre Kinshasa et l’AFC/M23, c’est toute l’architecture sécuritaire de la région des Grands Lacs qui est en jeu. Le Rwanda, accusé par Kinshasa de soutenir la rébellion, est au cœur de cette crise aux multiples facettes. Les tensions diplomatiques entre les deux pays sont à leur comble, et chaque déclaration publique risque d’envenimer un peu plus une situation déjà explosive.

Les appels au calme se multiplient, mais peinent à trouver un écho. À l’ONU, à l’Union Africaine, comme dans les capitales occidentales, on s’inquiète de la dégradation rapide de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC. Les voix s’élèvent pour demander aux parties prenantes de respecter leurs engagements, mais jusqu’à présent, ces appels sont restés lettre morte.

Le cessez-le-feu vacille, la paix s’éloigne

Le conflit dans l’Est de la RDC, qui dure depuis plusieurs années, semble entrer dans une phase critique. Alors que les médiateurs américains et qataris tentent de sauver ce qui peut encore l’être du processus de paix, les déclarations belliqueuses de part et d’autre réduisent à néant les espoirs d’une solution négociée.

Les accords de Washington et de Doha, censés instaurer un cessez-le-feu durable, n’ont pas encore produit d’effets concrets sur le terrain. Les hostilités se poursuivent, les populations civiles continuent de payer le prix fort, et la confiance entre les parties semble plus que jamais compromise.

La sortie de Corneille Nangaa, accusant directement Félix Tshisekedi de « déclaration de guerre », illustre à quel point le dialogue est devenu impossible. Chaque camp campe sur ses positions, interprétant les accords à sa manière, tandis que les appels à la raison se heurtent à la logique implacable du conflit armé.

L’Est de la RDC, otage d’une guerre sans fin ?

Alors que la nuit tombe sur Goma, la ville retient son souffle. Les habitants, déjà marqués par des années de violence, savent que les mots prononcés ce jour pourraient bien annoncer de nouveaux jours sombres. La perspective d’une reprise des combats à grande échelle, avec pour objectif annoncé la « récupération » de Goma et de Bukavu, plonge la population dans une angoisse palpable.

Les organisations humanitaires, déjà présentes en nombre dans la région, se préparent au pire. Les camps de déplacés, qui abritent déjà des centaines de milliers de personnes, pourraient voir leurs effectifs gonfler considérablement si les hostilités s’intensifient.

Dans ce contexte tendu, une seule certitude subsiste : le chemin vers la paix est plus long et plus tortueux que jamais. Et les déclarations de Houston comme celles de Goma ne font qu’éloigner un peu plus l’horizon d’une solution négociée. La communauté internationale, les médiateurs, les acteurs régionaux : tous sont désormais devant un défi colossal : empêcher que les mots ne se transforment en nouvelles larmes et en nouveaux sanglots pour les populations de l’Est de la RDC.

Révision Constitution RDC : la CENCO consulte Delly Sesanga avant de dévoiler sa position

Kinshasa, 18 juin 2026 – Le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise franchit une nouvelle étape. Ce jeudi, Delly Sesanga a été reçu au siège de la CENCO à Kinshasa. Le président du parti Envol a participé aux consultations organisées par les évêques catholiques.

Ces échanges s’inscrivent dans le cadre d’une assemblée plénière extraordinaire consacrée à la question constitutionnelle. Les évêques souhaitent recueillir les avis des différentes forces sociopolitiques avant de rendre leur position publique.

Delly Sesanga expose la position de l’opposition

La rencontre s’est tenue dans un contexte marqué par de vifs débats sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution.

Face aux évêques, Delly Sesanga a présenté la vision de son parti. Il a également partagé ses préoccupations sur l’avenir institutionnel du pays.

À l’issue de l’entretien, le leader d’Envol a confirmé avoir exposé sa lecture de la situation. Il a insisté sur la nécessité d’une réflexion responsable et respectueuse des principes démocratiques.

Même si le contenu détaillé des discussions n’a pas été rendu public, cette consultation témoigne de la volonté de la CENCO d’entendre toutes les sensibilités politiques.

La CENCO prépare sa position sur la Constitution

Les évêques ont choisi une démarche inclusive. Plusieurs acteurs politiques et sociaux sont consultés avant l’adoption d’une position officielle.

L’objectif est de disposer d’une vision globale du débat. Cette méthode doit permettre à l’Église catholique de formuler une appréciation fondée sur les différentes opinions exprimées.

La question constitutionnelle continue de diviser la classe politique. Certains défendent une réforme du texte actuel. D’autres mettent en garde contre les risques d’instabilité politique.

Une déclaration attendue le 20 juin

Le calendrier est déjà fixé. La CENCO prévoit de rendre publique sa position au plus tard le samedi 20 juin.

Cette déclaration est très attendue. Elle pourrait influencer le débat national et peser sur les discussions à venir.

Forte de son expérience dans la médiation des crises politiques, la CENCO conserve une importante capacité d’influence. Sa prise de parole sera donc suivie de près par les acteurs politiques et l’opinion publique.

À l’approche de l’échéance, les consultations se poursuivent. D’autres personnalités sont attendues au siège de la CENCO. Tous les regards sont désormais tournés vers la déclaration des évêques, annoncée dans les prochaines heures.

« Un chien peut-il diriger un pays ? » : À Houston, Tshisekedi règle ses comptes avec Kabila

Houston, Texas. La nuit est encore chaude, les échos des chants des supporters congolais résonnent encore dans les rues de la ville américaine. Les Léopards viennent d’offrir à leur pays le premier point de leur histoire en Coupe du monde, un exploit arraché face au Portugal de Cristiano Ronaldo. La fête est belle. L’ambiance, euphorique.

Mais dans une salle de Houston, loin des projecteurs du stade, le président Félix Tshisekedi a choisi ce moment de liesse nationale pour livrer un tout autre discours. Un discours qui, s’il a commencé par célébrer les héros du terrain, a rapidement pris un tour politique d’une rare virulence.

« Quand nous avons dit qu’un chien pouvait nous diriger, nous avons ouvert la voie aux ennemis », a lancé le chef de l’État devant des Congolais médusés.

« Ce chien-là » : une attaque frontale contre Kabila

En quelques mots, Félix Tshisekedi a franchi une ligne rouge. Jamais, dans ses précédentes sorties publiques, le président n’avait employé des termes aussi insultants à l’égard de son prédécesseur, Joseph Kabila. Le qualifier de « chien », c’est non seulement une humiliation personnelle, c’est aussi un acte politique lourd de conséquences dans un pays où les tensions entre les deux camps n’ont cessé de croître.

L’ancien président, qui a dirigé la RDC pendant près de deux décennies, n’a pas encore réagi officiellement. Mais ses proches dénoncent déjà une « dérapage inadmissible » et une « tentative de détourner l’attention des véritables problèmes du pays ».

Pour les observateurs, cette sortie intervient dans un contexte particulièrement tendu. La RDC traverse une crise sécuritaire dramatique dans l’est du pays, où les groupes armés, dont certains soutenus par le Rwanda voisin, continuent de semer la terreur. Sur le plan politique, les relations entre Tshisekedi et Kabila sont glaciales depuis la rupture de leur coalition en 2020.

« Ils nous ont infiltrés » : l’ombre du Rwanda plane

Le président congolais n’a pas seulement attaqué son prédécesseur. Il a également dressé un portrait sombre des menaces qui pèsent sur la nation, évoquant une infiltration massive des « ennemis de la République ».

« Il y a encore des sorciers. On pensait qu’ils n’étaient qu’au Rwanda, alors qu’ils nous ont infiltrés », a-t-il affirmé, sans toutefois apporter de preuves concrètes.

Une déclaration qui fait écho aux accusations récurrentes de Kinshasa contre Kigali, accusé de soutenir les rebelles du M23 dans l’est congolais. Mais en liant directement cette menace à la gouvernance de Joseph Kabila, Tshisekedi cherche manifestement à délégitimer l’héritage politique de son prédécesseur.

« Les Léopards ont fait notre fierté » : le football comme exutoire

Avant d’en arriver à ces attaques, le chef de l’État avait pourtant commencé son discours sur une note plus consensuelle, célébrant avec émotion la performance des Léopards.

« Les Léopards ont fait notre fierté. Aujourd’hui, tout le monde qui a peur de Cristiano Ronaldo a vu comment on a joué, un pays qui a la guerre comme le nôtre », a-t-il déclaré, visiblement ému par l’exploit des hommes de Sébastien Desabre.

Le président a même fait une promesse aux supporters congolais : « J’ai demandé à la FIFA si nous sortons de la poule, ils vont ajouter des billets pour les Congolais qui sont ici. Ne craignez rien. Nous donnerons des moyens à notre ambassadeur. »

Un engagement qui, sur le moment, a fait vibrer la salle. Mais qui a été rapidement éclipsé par la charge politique qui a suivi.

La diaspora prise entre fierté et malaise

Pour les Congolais de la diaspora présents à Houston, le moment a été ambigu. Certains ont applaudi, voyant dans les mots du président une forme de catharsis, une manière de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas du régime Kabila.

D’autres, en revanche, ont ressenti un profond malaise. « Je suis venu pour célébrer les Léopards, pas pour assister à un règlement de comptes politique », confie un supporteur, encore sous le choc.

« Ce n’est pas le moment de diviser les Congolais. On a enfin une raison d’être fiers, de se rassembler. Pourquoi gâcher ça avec des attaques personnelles ? »

Un appel à l’unité qui sonne comme un paradoxe

Au milieu de ses attaques, Tshisekedi a également lancé un vibrant appel à l’unité nationale. « Soyez unis. Qu’ils ne vous trompent pas, qu’ils n’utilisent pas le régionalisme pour vous avoir. Refusez de trahir votre pays », a-t-il martelé.

Un appel qui, dans la bouche d’un président qui vient de traiter son prédécesseur de « chien », sonne comme un paradoxe. Comment prêcher l’unité tout en insultant celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans ? Comment appeler à la réconciliation nationale tout en creusant un peu plus le fossé politique ?

La politique comme jeu dangereux

Au-delà de la polémique, cette sortie présidentielle interroge sur la stratégie de Félix Tshisekedi. À quelques mois d’échéances politiques importantes, le chef de l’État semble jouer une carte risquée : celle de la radicalisation.

En attaquant frontalement Kabila, il cherche peut-être à galvaniser sa base, à apparaître comme un président fort face à un adversaire affaibli. Mais ce faisant, il prend le risque d’exacerber les tensions dans un pays déjà fragile.

Pour l’instant, le discours de Houston a surtout réussi à faire oublier, pour quelques heures, la prestation historique des Léopards. Et c’est peut-être là le plus grand dommage.

Car à Houston, ce mercredi 17 juin 2026, il y avait une histoire à écrire : celle d’une nation qui, pour la première fois, marquait son premier but en Coupe du monde et décrochait son premier point. Une histoire de fierté, de résilience et de rassemblement.

Il y aura aussi, désormais, une autre histoire : celle d’un président qui, au lieu de célébrer cette unité retrouvée, a préféré raviver les blessures du passé. Une occasion manquée, peut-être. Une faute politique, assurément.

Que retiendra-t-on de cette soirée texane ? Le but de Wissa ou l’insulte de Tshisekedi ? Le premier point historique ou la première polémique présidentielle ?

Le football, cette fois, aura montré ses deux visages : celui qui rassemble et celui qui divise. Et dans le cœur des Congolais, la fierté d’un exploit sportif tentera de résister au poids des mots prononcés ce soir-là.

RDC : L’opposition annonce une marche le 8 juillet pour exiger la démission de Félix Tshisekedi

La coalition C64 annonce une marche nationale le 8 juillet prochain. C’était à l’occasion d’une réunion tenue mardi 16 juin 2026 à Kinshasa pour évaluer le sit-in du week-end dernier. Le point de chute est symbolique : le Palais de la Nation, siège institutionnel du Président de la République. L’opposition exige la démission immédiate de Félix Tshisekedi, accusé de « trahison » de son serment constitutionnel. Cette annonce marque une rupture dans la stratégie de contestation, qui passe du sit-in à une marche offensive vers le cœur du pouvoir exécutif.

Le cœur de l’accusation portée par Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Matata Ponyo et Moïse Katumbi est institutionnel. La C64 reproche à Félix Tshisekedi de vouloir forcer un troisième mandat en lançant un processus de référendum pour réviser la Constitution de 2006.

Pour l’opposition, cette manœuvre viole l’article 220 verrouillé et brise le consensus démocratique bâti après 2018. En visant le Palais de la Nation le 8 juillet, la coalition entend défendre non seulement l’alternance, mais l’architecture même de l’État de droit.

Martin Fayulu fixe la doctrine politique de la coalition

Figure de proue de la C64, Martin Fayulu pose les termes du conflit politique. « En entrant en rébellion contre la Constitution, Monsieur Félix Tshisekedi rompt avec le pacte républicain qui unit notre Nation. Dès lors, il ne peut prétendre incarner l’État de droit et doit en tirer les conséquences : la démission », a-t-il signifié. La C64 se présente ainsi comme gardienne du contrat social, face à ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire ».

12 juin : la répression qui nourrit la mobilisation du 8 juillet

La décision de marcher le 8 juillet s’enracine directement dans la répression du vendredi 12 juin dernier. Ce jour-là, la police nationale a violemment empêché les opposants d’atteindre l’esplanade du Palais du Peuple. Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont été blessés, tout comme plusieurs manifestants.

L’opposition affirme avoir enregistré des morts, version contestée par le gouvernement provincial de Kinshasa qui nie tout bilan mortel. Ce précédent « sanglant » crée un climat d’incertitude autour de l’autorisation administrative de la marche vers le Palais de la Nation. La C64 y voit une preuve supplémentaire de « l’usage disproportionné de la force pour museler la contestation démocratique ».

À trois semaines de la marche annoncée, la RDC entre dans une phase de tension politique aiguë. Le débat sur le changement de la Constitution occupe tout l’espace public et oppose deux lectures irréconciliables. D’un côté, la C64 défend l’intangibilité des règles et l’alternance comme pilier de la démocratie. De l’autre, le pouvoir plaide pour des réformes institutionnelles.

La marche du 8 juillet vers le Palais de la Nation devient donc le test grandeur nature de ce rapport de force. Entre revendication de démission pour « trahison » et volonté de réformes, Kinshasa se prépare à une confrontation politique majeure dont l’issue dessinera l’avenir institutionnel du pays.

Révision constitutionnelle en RDC : Salomon Kalonda met Félix Tshisekedi face à « l’épreuve de l’histoire »

Alors que le débat sur la révision constitutionnelle RDC continue de diviser la classe politique, une nouvelle voix s’élève avec force contre le projet porté par la majorité. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République le 15 juin 2026, le sénateur Salomon Kalonda Della Idi lance un avertissement solennel à Félix Tshisekedi, l’invitant à renoncer à ce qu’il considère comme une « faute historique » susceptible de fragiliser davantage un pays déjà confronté à de multiples crises.

Le texte, dont le ton grave et direct ne laisse place à aucune ambiguïté, intervient alors que la proposition de loi organisant le référendum, étape préalable à une éventuelle nouvelle Constitution, poursuit son parcours législatif au Sénat après son adoption par l’Assemblée nationale.

« Une faute historique » dans un contexte de crise nationale

Pour le sénateur, le moment choisi pour engager une telle réforme est particulièrement préoccupant. Alors que l’est du pays demeure confronté à une situation sécuritaire complexe et que les défis humanitaires s’accumulent, il juge inapproprié d’ouvrir un débat constitutionnel aux conséquences potentiellement majeures.

Dans sa lettre, Salomon Kalonda estime que cette initiative risque de détourner l’attention des véritables priorités nationales. Selon lui, le pays a davantage besoin d’unité et de stabilité que d’un processus susceptible de raviver les tensions politiques.

L’élu considère ainsi que l’introduction de la loi référendaire intervient au pire moment et pourrait laisser une empreinte durable sur le mandat du chef de l’État.

La Constitution de 2006 présentée comme le socle de l’unité nationale

Au cœur de son argumentaire, Salomon Kalonda rappelle l’histoire de la Constitution du 18 février 2006. Selon lui, ce texte est le résultat d’un long processus de négociation issu du dialogue intercongolais de Sun City, organisé après des années de conflit ayant profondément meurtri le pays.

Pour le sénateur, cette Constitution représente bien plus qu’un simple texte juridique. Elle constitue un véritable pacte républicain ayant permis de préserver l’unité nationale et d’encadrer l’alternance démocratique.

Il accuse les promoteurs de la réforme de remettre en cause cet équilibre fragile et évoque même une rupture avec l’héritage des figures historiques de la lutte démocratique congolaise, notamment celui d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

À travers cette référence symbolique, l’élu interpelle directement le président de la République sur la cohérence entre les idéaux défendus par son père et les réformes actuellement envisagées.

Manifestations, tensions politiques et appel au retrait du texte

La lettre revient également sur les récentes mobilisations populaires organisées contre le projet de révision constitutionnelle. Salomon Kalonda évoque la journée « ville-morte » du 3 juin ainsi que les manifestations du 12 juin, qu’il présente comme l’expression d’une contestation citoyenne.

Il dénonce la répression qui aurait accompagné ces rassemblements et affirme que plusieurs personnes auraient été blessées ou tuées lors des incidents. Pour lui, ces événements illustrent le niveau de tension atteint par le débat constitutionnel.

Au-delà des violences, le sénateur estime que la réforme poursuivrait un objectif politique précis : permettre l’ouverture de la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel. Une perspective qu’il considère particulièrement dangereuse dans un contexte marqué par les fragilités institutionnelles et sécuritaires.

Face à cette situation, il appelle le chef de l’État à retirer le texte avant qu’il ne soit définitivement adopté. Il invite également le Sénat à jouer pleinement son rôle de contrepoids institutionnel et à empêcher, selon ses termes, une évolution qu’il juge contraire aux intérêts supérieurs de la Nation.

Dans une conclusion empreinte de gravité, Salomon Kalonda place Félix Tshisekedi devant ce qu’il décrit comme un choix historique : préserver l’héritage démocratique issu de la Constitution de 2006 ou engager le pays sur une voie dont les conséquences pourraient marquer durablement l’histoire politique de la République démocratique du Congo.

Loi référendaire en RDC : vers un report à 2027 ? Le Sénat face à une course contre la montre

Le compte à rebours est lancé. Ce lundi 15 juin, le Parlement de la République démocratique du Congo met officiellement un terme à sa session ordinaire de mars 2026. Pourtant, à quelques heures de la clôture des travaux, un dossier majeur continue de cristalliser l’attention de la classe politique : la très controversée loi référendaire RDC.

Adopté par l’Assemblée nationale le 9 juin dernier, le texte devait encore franchir l’étape décisive du Sénat avant une éventuelle promulgation. Mais le temps semble désormais manquer, ouvrant la voie à toutes les spéculations sur l’avenir de cette réforme hautement sensible.

Le Sénat pris par le temps

Depuis son adoption à la Chambre basse, la proposition de loi sur l’organisation du référendum est devenue l’un des sujets les plus débattus du paysage politique congolais.

Cependant, les délais extrêmement courts qui séparent le vote de l’Assemblée nationale de la clôture de la session parlementaire compliquent sérieusement son examen par le Sénat. Plusieurs observateurs estiment qu’il serait difficile pour la Chambre haute d’analyser un texte d’une telle importance dans les dernières heures précédant la fermeture officielle des travaux.

À ce stade, aucune communication officielle n’a confirmé son inscription à l’ordre du jour des dernières plénières. Une situation qui entretient le flou autour du calendrier législatif et alimente les interrogations sur la suite du processus.

Septembre 2026 : une fenêtre de tir réduite

Si la loi référendaire RDC échappe à la session de mars, son avenir dépendra de la prochaine session ordinaire prévue le 15 septembre 2026.

Or, cette session est traditionnellement consacrée à l’examen du budget de l’État et aux grandes questions financières. Chaque année, les débats budgétaires occupent l’essentiel du temps parlementaire, laissant peu de place aux autres initiatives législatives.

Dans ces conditions, plusieurs analystes considèrent que le texte référendaire risque de ne pas figurer parmi les priorités immédiates du Parlement, à moins d’une décision politique exceptionnelle ou de la convocation d’une session extraordinaire.

Une attente qui pourrait se prolonger jusqu’en 2027

L’hypothèse d’un report à la session ordinaire de mars 2027 gagne ainsi du terrain.

Un tel scénario retarderait de plusieurs mois l’examen d’un texte qui se trouve pourtant au cœur des débats nationaux. Pour ses partisans comme pour ses détracteurs, l’enjeu dépasse largement le simple cadre juridique : il touche aux futures orientations institutionnelles du pays et alimente les discussions autour de l’évolution du système politique congolais.

Alors que le Parlement s’apprête à refermer les portes de sa session de mars, le destin de la loi référendaire RDC demeure suspendu à une décision qui pourrait intervenir dans les dernières heures ou être renvoyée à une date encore incertaine.

Une chose est sûre : la clôture de cette session parlementaire pourrait marquer non seulement la fin d’un cycle législatif, mais aussi le début d’une longue bataille politique dont l’issue reste impossible à prédire.

Moïse Katumbi accuse Tshisekedi après le sit-in violent de la C64, “du sang sur les mains”

La crise politique congolaise a franchi un nouveau seuil ce vendredi 12 juin 2026. Après les violents affrontements enregistrés lors du sit-in de la coalition d’opposition Article 64 (C64) à Kinshasa, les réactions continuent de secouer la scène politique nationale.

Cette fois, c’est Moïse Katumbi qui est monté au créneau. Dans une déclaration publiée sur son compte X, l’un des principaux leaders de la coalition accuse directement le pouvoir en place et dénonce une répression qu’il juge sanglante et injustifiée.

Kinshasa sous tension après un sit-in violemment dispersé

La mobilisation de la C64, organisée pour protester contre le projet de réforme constitutionnelle, a tourné à l’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre. Plusieurs témoins font état de violences, de blessés et de scènes de panique dans plusieurs zones de la capitale, notamment autour du Palais du Peuple et du siège de l’Ecidé.

Dans ce climat explosif, les figures de l’opposition parlent désormais d’un tournant dramatique.

Moïse Katumbi charge le pouvoir : “du sang sur les mains”

Dans une prise de position particulièrement virulente, Moïse Katumbi met directement en cause le chef de l’État.

« Le Président porte une responsabilité écrasante dans ces violences et dans le climat de tension qu’il entretient dans notre pays. Ce soir, Félix Tshisekedi a du sang sur les mains », a-t-il écrit.

Le président du parti Ensemble pour la République estime que les manifestants exerçaient un droit fondamental garanti par la Constitution.

« Marcher pacifiquement pour défendre la Constitution n’est pas un crime ! Pourtant, aujourd’hui en RDC, des Congolaises et des Congolais qui exerçaient simplement leur droit de manifester ont été violemment attaqués par la milice de l’UDPS, la Force du Progrès, sous le regard complice des forces de l’ordre », accuse-t-il.

Selon lui, plusieurs personnes auraient été blessées au cours des affrontements, confirmant ainsi les témoignages déjà relayés par d’autres figures de l’opposition.

L’opposition promet de poursuivre le combat malgré la répression

Malgré la violence des événements, Moïse Katumbi assure que son camp ne cédera pas.

« Face à la sauvagerie, nous ne reculerons pas ! Nous continuerons à nous battre, par des moyens pacifiques et démocratiques, pour défendre la Constitution, nos libertés et l’avenir de la RDC », a-t-il déclaré.

Ces propos s’inscrivent dans une ligne dure adoptée par la coalition C64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Delly Sessanga et Moïse Katumbi, tous mobilisés contre le projet de réforme constitutionnelle qu’ils jugent dangereux pour les acquis démocratiques.

Des accusations de violences qui enflamment le débat politique

Ces nouvelles déclarations interviennent alors que Martin Fayulu a, de son côté, évoqué un bilan particulièrement lourd comprenant des morts et de nombreux blessés lors de la dispersion du sit-in.

Des vidéos et témoignages continuent de circuler sur les réseaux sociaux, alimentant les accusations de brutalités et de vandalisme.

Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ces différentes accusations, laissant planer un climat d’incertitude autour du déroulement réel des événements.

Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions politiques autour du débat constitutionnel, ces nouveaux développements risquent d’accentuer encore davantage la fracture entre pouvoir et opposition en République démocratique du Congo.

Tirs, blessés et morts présumés : le récit choc de Martin Fayulu après le sit-in de la C64

La tension politique est montée d’un cran ce vendredi 12 juin 2026 à Kinshasa lors du sit-in organisé par la coalition d’opposition Article 64 (C64) contre le projet de réforme constitutionnelle porté par le régime de Félix Tshisekedi. Prévue devant le Palais du Peuple, la manifestation s’est tenue malgré l’interdiction des autorités provinciales, qui avaient demandé aux organisateurs de délocaliser l’activité vers le terrain Assossa.

La C64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga et d’autres figures de l’opposition, dénonce une initiative qu’elle considère comme une menace contre les acquis démocratiques et les dispositions jugées intangibles de la Constitution, notamment l’article 220.

Au fil de la journée, des affrontements ont été signalés entre manifestants et forces de l’ordre aux abords du Palais du Peuple ainsi qu’au siège de l’Ecidé, le parti de Martin Fayulu. Plusieurs responsables de l’opposition, dont Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi, auraient été blessés lors des échauffourées, selon des témoignages recueillis sur place.

Martin Fayulu annonce deux morts

Joint au téléphone par nos confrères d’ACTUALITE.CD depuis le siège de son parti, où il s’était retranché avec plusieurs responsables de l’opposition, Martin Fayulu a livré un témoignage alarmant sur les événements de la journée.

« Nous sommes blessés, gravement blessés. On ne peut pas sortir parce que la police est là en train d’aider les éléments de la Force du Progrès », a déclaré l’opposant.

Selon lui, le bilan des violences serait particulièrement lourd. « Ils ont déjà tué deux personnes devant le siège et ont pris les corps », a-t-il affirmé, évoquant également de nombreux blessés parmi les manifestants.

Martin Fayulu soutient que les participants au sit-in ont été repoussés jusqu’au Palais du Peuple avant que les forces de sécurité ne recourent à la force. « Quand nous sommes arrivés, ils ont vu qu’ils ne pouvaient rien faire. Ils ont commencé à tirer à balles réelles, puis ils se sont approchés et ont sorti des matraques pour nous frapper sur la tête », a-t-il déclaré.

L’opposant a notamment cité Jean-Marc Kabund parmi les personnes blessées. « Il y a beaucoup de blessés, avec deux morts », a-t-il conclu.

Des accusations de vandalisme contre la Force du progrès

Parallèlement aux affrontements enregistrés lors du sit-in, des actes de vandalisme ont été signalés au siège de l’Ecidé. Plusieurs témoins accusent des individus présentés comme membres de la « Force du progrès », mouvement de jeunes proche de l’UDPS, d’avoir saccagé et pillé les installations du parti.

Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des individus emportant du matériel et endommageant plusieurs biens appartenant à la formation politique de Martin Fayulu. Des témoins affirment également que les forces de l’ordre présentes sur place ne seraient pas intervenues pour empêcher ces actes.

À l’heure de la publication de cet article, aucune réaction officielle de la Police nationale congolaise n’avait encore été enregistrée concernant ces accusations.

Un climat politique de plus en plus tendu

Ces incidents surviennent dans un contexte de fortes tensions autour du débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. La coalition Article 64 multiplie les actions pour dénoncer ce qu’elle considère comme une tentative de modification des dispositions fondamentales de la Constitution.

Dans les rangs de l’opposition, plusieurs responsables politiques réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités dans les violences enregistrées lors de cette journée de mobilisation.

Jusqu’à présent, les autorités gouvernementales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel des incidents survenus à l’occasion de ce sit-in de ce 12 juin 2026.