Ils ont risqué leur vie pour l’oncle Sam. Traducteurs, guides, informateurs. Aujourd’hui, ces Afghans sont parqués dans un camp au Qatar. Et l’administration Trump veut les envoyer… en RDC. L’ONG #AfghanEvac hurle au scandale. « Une décision insensée », tonne un sénateur américain.
Mardi 21 avril 2026, Shawn VanDiver, ancien militaire américain devenu patron de l’ONG #AfghanEvac, a balancé l’information comme une bombe : Washington envisagerait de transférer plus de 1 100 Afghans – dont 400 enfants – vers la République démocratique du Congo.
Ces hommes, ces femmes, ces enfants vivent depuis des mois dans le camp d’As-Sayliyah au Qatar. Ils ont fui les talibans après 2021. Ils avaient collaboré avec l’armée américaine. Leur crime ? Avoir cru aux promesses de l’Amérique.
Aujourd’hui, l’administration Trump, qui a fait de la chasse aux migrants son cheval de bataille, veut fermer le camp. Date butoir : 31 mars. Dépassée. Alors on cherche des solutions. La solution ? La RDC.
Le choix impossible : RDC ou retour à Kaboul ?
Selon Shawn VanDiver, les Afghans n’auraient plus que deux options :
-
Accepter un transfert vers la RDC, pays en proie à une guerre civile dans son Est, avec ses cortèges de déplacés, d’épidémies et de violences.
-
Retourner en Afghanistan, où les talibans les attendent. Eux qui ont collaboré avec l’ennemi. Eux dont la mort est presque certaine.
« On ne transfère pas des alliés de guerre dont les antécédents ont été vérifiés, qui se trouvaient sous la garde des États-Unis, vers un pays en pleine décomposition », a dénoncé VanDiver. « L’administration le sait. C’est justement le but. »
Le sénateur démocrate Tim Kaine a parlé d’une décision « insensée ».
Washington se défend : « réinstallation volontaire »
Joint par l’AFP, le département d’État américain n’a pas confirmé la RDC comme destination. Mais il a évoqué une « réinstallation volontaire » à partir du Qatar.
« Le transfert vers un pays tiers constitue une solution positive qui permet aux personnes encore présentes de commencer une nouvelle vie en dehors de l’Afghanistan en toute sécurité », a déclaré un porte-parole.
« Réinstallation volontaire » ? Quand on vous donne le choix entre la RDC en guerre et l’Afghanistan taliban, peut-on vraiment parler de volontariat ?
Le précédent Biden, le virage Trump
Rappel des faits. Après la chute de Kaboul en 2021, Joe Biden avait lancé un vaste programme d’accueil. Plus de 190 000 Afghans ont été installés aux États-Unis.
Donald Trump, dès son retour à la Maison-Blanche, a démantelé ce programme. Motif officiel : la sécurité. Après qu’un Afghan souffrant de stress post-traumatique a tiré sur deux soldats de la garde nationale à Washington, tuant l’un d’eux.
Depuis, la politique américaine a viré à la fermeté absolue. Et ces 1 100 Afghans, alliés d’hier, sont devenus des boulets dont il faut se débarrasser.
400 enfants coincés dans les limbes
Parmi eux, plus de 400 enfants. Des gosses qui n’ont rien demandé. Qui ont grandi dans les camps. Qui ne connaissent de l’Afghanistan que les récits de guerre de leurs parents.
Au lieu d’une vie nouvelle aux États-Unis, ils risquent d’être parachutés dans les forêts du Kivu, où des groupes armés sèment la terreur. Ou renvoyés à Kaboul, face aux talibans.
La RDC, poubelle humanitaire ?
Pourquoi la RDC ? Kinshasa a déjà accepté un accord similaire. Le 17 avril 2026, 15 migrants refoulés des États-Unis sont arrivés dans la capitale congolaise. Un précédent qui inquiète.
Le gouvernement congolais a parlé de « séjour temporaire ». Mais l’opinion nationale, marquée par le drame des réfugiés rwandais de 1994, craint une installation durable.
Les organisations de défense des droits humains, elles, dénoncent une externalisation honteuse des responsabilités américaines.
Une promesse trahie
Ce qui se joue au Qatar, c’est la fin d’une promesse. Celle faite par l’Amérique à ceux qui ont combattu à ses côtés : « Vous serez protégés. Vous aurez une vie nouvelle. »
Aujourd’hui, cette promesse est piétinée. Ces Afghans ne sont plus des alliés. Ce sont des dossiers à régler. Des corps à déplacer.
Shawn VanDiver résume la tragédie en une phrase : « Ces personnes ont servi notre pays. Nous leur devons mieux que ça. »
Dans le désert qatari, sous des baraquements métalliques, 1 100 Afghans attendent. Leur seul crime : avoir cru en l’Amérique. Leur seul avenir possible : la RDC ou la mort. L’Amérique de Trump a choisi. Reste à savoir si le monde regardera ailleurs.




























