Les Léopards déjà en 8es de finale

Rabat, Maroc — C’est mathématique. À la veille de leur dernier match de poule, les Léopards de la RDC peuvent déjà préparer les huitièmes de finale de la CAN 2025. Quel que soit le résultat de leur face-à-face avec le Botswana ce mardi, leur billet pour la phase à élimination directe est déjà validé.

Avec 4 points au compteur après une victoire face au Bénin (1-0) et un nul de haute tenue contre le Sénégal (1-1), la RDC est assurée de poursuivre l’aventure. Dans ce tournoi à 24 équipes où les deux premiers de chaque groupe et les quatre meilleurs troisièmes se qualifient, les calculs sont formels : les Congolais sont hors de portée de l’élimination.

Pourquoi la qualification est déjà actée ?

L’analyse des groupes déjà bouclés et des scénarios possibles ne laisse aucune place au doute. Le parcours des Léopards les place dans une position intouchable :

  • À la pire des places : Même en cas de défaite contre le Botswana (reste à 4 points), la RDC terminerait troisième de son groupe. Or, avec 4 points et une différence de buts positive (+1), elle serait largement au-dessus des troisièmes des groupes A et B déjà connus (Comores à 2 pts, Angola à 2 pts).

  • La marge de sécurité : Il est statistiquement impossible que plus de quatre groupes produisent un troisième avec 5 ou 6 points, un seuil que la RDC ne peut plus atteindre si elle perd. Sa différence de buts constitue également un atout décisif face aux autres prétendants au titre de « meilleur troisième ».

  • Les autres scénarios : En cas de nul ou de victoire, les Léopards termineraient même parmi les deux premiers du Groupe D, évitant ainsi toute comparaison avec les autres troisièmes.

Un match sans pression mais pas sans importance

Le duel contre le Botswana (mardi 30 décembre, 20h au stade Al Madina) perd donc son enjeu qualificatif. Cependant, il reste capital pour le classement final dans le groupe. Une victoire pourrait offrir la première place si le Sénégal trébuche face au Bénin, ou conforter la seconde position. Ce rang déterminera l’adversaire en huitièmes, avec à la clé un tableau potentiellement plus ou moins difficile.

Les supporters congolais peuvent d’ores et déjà savourer cette qualification, fruit d’un début de compétition solide. L’équipe de Sébastien Desabre peut désormais aborder son dernier match de poule l’esprit plus léger, mais avec l’ambition de poursuivre sur sa dynamique positive.

Politique générale de Firmin Ngrebada : deux ans pour convaincre

Il lui aura fallu soixante jours pour passer son grand oral devant le Parlement centrafricain. Ce lundi 29 avril, Firmin Ngrebada, le Premier ministre de Faustin Archange Touadera depuis le 25 février 2019, a présenté sa déclaration de politique générale pour laquelle les députés lui ont accordé leur confiance. Si le discours-programme est axé sur plusieurs domaines essentiels au retour de la paix en Centrafrique, ses chances d’être réalisable semblent réduites.

C’est un symbole de soutien au programme qu’il a présenté au nom de son équipe. Tout de suite après la présentation de sa Déclaration de politique générale, 122 députés sur les 131 inscrits ont voté en faveur de la confiance au gouvernement de Firmin Ngrebada. Premier ministre de Faustin Archange Touadera depuis février 2015, il aura mis plus de soixante jours à passer son grand oral, ce lundi 29 avril devant le parlement

Dans un discours-programme Firmin Ngrebada a d’abord axé sa feuille de route sur la consolidation de la paix en Centrafrique après le paraphe à Khartoum, puis la signature à Bangui d’un accord politique entre le gouvernement et les chefs des 14 groupes rebelles qui contrôlent une bonne partie des 623 000 km² du territoire.

«Nous allons accélérer le DDR (le processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration .ndlr), nous allons aussi travailler très rapidement à la mise en place des unités spéciales mixtes», répond-t-il à la préoccupation d’un député. L’ambition est grande mais la promesse est difficile à tenir. Car Firmin Ngrebada est d’abord pris à la gorge par le temps.

Firmin Ngrebada, un premier ministre tenu à la gorge par le temps

Sa feuille de route, chargée avec des thèmes aussi divers que le retour de la sécurité, la relance de l’économie centrafricaine ou encore des priorités plus humanitaires, devrait être exécutée en deux ans. C’est le temps qu’il lui reste avant une nouvelle présidentielle dont la tenue tout comme l’atmosphère sont difficilement prévisibles. Il faudrait aussi à l’ancien directeur de Cabinet de l’actuel chef de l’Etat compléter son gouvernement.

C’est en effet avec une équipe gouvernementale amputée de deux de ses membres que Firmin Ngrebada a livré son discours au parlement. Même si la confiance des députés lui est acquise, deux portefeuilles ministériels restent à pourvoir. C’est le résultat du boycott de certains groupes rebelles qui estiment le gouvernement pas assez inclusif et le nombre de maroquins octroyés insuffisants.

Du côté des commentateurs, on rappelle que les priorités élémentaires comme l’accès à l’eau potable, l’arrêt des délestages électriques, la réduction des prix des denrées de première nécessité, semblent avoir été escamotées dans son discours. Pour rafraîchir la mémoire au Premier ministre, on lui assène aussi qu’il n’aura pas progressé sur des dossiers comme les arriérés des forces armées tout comme les salaires des fonctionnaires même si tout ceci doit se faire dans le cadre d’une paix dont il veut faire son chantier principal. Pour deux ans, cette feuille de route prend des allures de course contre la montre.