Muhindo Nzangi sur le front agricole, la « revanche du sol » a commencé

La Jeep du ministre soulève un nuage de poussière ocre sur les pistes du Kongo Central. Nous sommes à Seke Banza, puis à Luozi, plus tard à Kimpese. Partout, Muhindo Nzangi Butondo, ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, plante le même décor : il scrute, interroge, caresse du regard les épis de maïs qui se balancent sous le soleil généreux de la province.

Ce n’est pas une simple tournée de courtoisie. C’est un pèlerinage au cœur du vivant. Il y a quelques mois, à Menkao, le président Félix Tshisekedi lançait officiellement la campagne agricole 2025-2026. Aujourd’hui, son ministre est venu vérifier si la promesse a germé. Et visiblement, elle pousse bien.

Bakagol et les merveilles de l’INERA/Ngimbi

Première halte : l’agrégateur Bakagol, niché dans les installations de l’INERA à Ngimbi. Ici, le maïs s’étend à perte de vue. Les plants sont droits, vigoureux. Le ministre marche entre les rangées, s’imprègne. Autour de lui, les « agrégés » — ces petits producteurs encadrés — le regardent faire, fiers du travail accompli. La satisfaction du ministre est sincère.

« C’est exactement ce que nous voulons voir », glisse-t-il à son cabinet. Une mécanique bien huilée : des intrants, un encadrement technique, et une promesse d’écoulement. Le tout porté par des hommes et des femmes qui, hier encore, cultivaient pour survivre, et qui aujourd’hui cultivent pour bâtir.

Plus loin, à Nkundi, dans le territoire de Luozi, même tableau. Un autre agrégateur, soutenu par le ministère, dévoile ses champs. La croissance du maïs y est qualifiée de « satisfaisante ». Mais ce qui frappe le plus, c’est l’impact humain. « Une large frange de la population locale bénéficie d’un encadrement structuré », constate-t-on dans la délégation. Ici, l’agriculture n’est plus une activité solitaire ; elle devient un projet collectif, un liant social.

Kimpese, Mbanza-Ngungu : Le grenier de l’ouest se réveille

La caravane ministérielle reprend la route, direction Kimpese. Une grande usine de riz y est inspectée. Les machines, le silence de l’attente, les entrepôts prêts à engloutir la production. L’industrialisation agricole n’est plus un vœu pieux : elle se dresse en béton et en acier.

Puis vient Mbanza-Ngungu, ce territoire que l’on surnomme le « grenier agricole » de l’ouest du pays. Là, autour d’une table, les échanges s’intensifient. Les techniciens, les producteurs, les responsables locaux listent les urgences : il faut des semences améliorées, il faut des crédits agricoles, il faut accélérer les projets structurants. Le ministre écoute, note, tranche.

C’est dans ce cadre qu’il lâche une annonce qui va faire son chemin dans les villages : la distribution des semences commence dès la semaine prochaine. Mais attention, prévient-il, le gouvernement ne distribuera pas à des individus isolés. Un mot d’ordre tombe, clair comme du cristal de roche :

« Tous ceux qui souhaitent bénéficier de l’appui du gouvernement doivent rejoindre des coopératives et se rapprocher des inspecteurs provinciaux. »

Fini l’éparpillement des moyens. Place à l’organisation paysanne. La professionnalisation du secteur passe par là.

Le café, le palmier et la promesse des générations futures

À Mbanza-Ngungu, une autre nouvelle fait vibrer les amoureux de la terre : une pépinière de 200 000 plantules de café et 50 000 plantules de palmier à huile va voir le jour. Ce sont les cultures pérennes qui reprennent leurs droits. Le ministre insiste : chaque ménage doit planter près de sa maison. Pas seulement pour nourrir la famille, mais pour garantir des revenus durables. Le café d’hier, qui faisait la fierté du Congo, pourrait retrouver ses lettres de noblesse.

« L’ère de la revanche du sol a sonné »

Avant de remonter dans son véhicule, Muhindo Nzangi se retourne une dernière fois vers les champs. Le soleil décline, mais ses mots, eux, restent suspendus dans l’air chaud du Kongo Central :

« L’ère de la revanche du sol a sonné. Nous allons y parvenir. »

Une formule qui sonne comme un manifeste. Celle d’un Congo qui ne veut plus seulement extraire les richesses de son sous-sol, mais qui décide, enfin, de faire confiance à la générosité de sa terre. Et de ceux qui la cultivent.

Le message est lancé. Reste à savoir si, dans les mois à venir, la moisson sera à la hauteur des semailles. Mais pour l’instant, sur les routes poussiéreuses du Kongo Central, l’espoir, lui, a déjà pris racine.

le ministre congolais des Mines visite un modèle industriel en Afrique du Sud

Il n’a pas voulu se contenter des salons feutrés et des présentations PowerPoint.

Réduire le séjour du ministre congolais des Mines à sa seule participation à la prestigieuse conférence Mining Indaba, en Afrique du Sud, aurait été une erreur. Louis Watum Kabamba avait prévu d’aller plus loin. Beaucoup plus loin.

Ce vendredi, au lendemain des forums officiels, il a pris la route. Direction la province du Northern Cape, territoire aride mais riche de ce sous-sol qui fait rêver les industriels. Là-bas, l’attendait une plongée dans le concret : les installations de Kudumane Manganese Resources.

Des chiffres qui parlent

Sur place, le ministre a arpenté la mine à ciel ouvert. Il a observé les unités de traitement, suivi le cheminement du minerai, de l’extraction à la transformation. Derrière chaque machine, derrière chaque atelier, il y avait des chiffres. Et ces chiffres, impressionnants, racontaient une histoire.

164 millions de dollars injectés dans Kudumane Manganese Resources. Et à côté, 413,3 millions USD investis dans Pertama Ferroalloys. Près de 600 millions de dollars déployés sur un même site, par un même groupe.

Pourquoi cet intérêt soudain pour une mine sud-africaine ? Parce que derrière Kudumane se profile un partenaire stratégique pour la RDC. Ces visites s’inscrivent dans le prolongement des échanges engagés en marge de l’Indaba avec les investisseurs japonais du groupe AML Group. Ceux-là mêmes que Kinshasa aimerait voir poser leurs valises et leurs capitaux sur le sol congolais.

Un modèle à importer ?

Ce qui a frappé Louis Watum, au-delà des performances techniques et financières, c’est la logique d’intégration. Ici, on ne se contente pas d’extraire. On transforme. On crée de la valeur ajoutée sur place, avant d’exporter. Un modèle économique que la RDC tente d’imposer chez elle, avec des résultats encore inégaux.

Mais l’œil du ministre ne s’est pas arrêté aux seules installations industrielles. La délégation congolaise a également porté une attention particulière à l’impact communautaire du projet. Infrastructures sociales, services de santé : tout a été passé en revue. Parce qu’à Kinshasa, on le répète, une mine ne doit pas être un enclave étrangère au milieu d’une population oubliée.

Le manganèse, prochain pari congolais ?

Ce déplacement, aussi technique soit-il, est lourd de sens. Il traduit une stratégie : positionner la RDC comme destination prioritaire pour des investissements structurants dans le manganèse. Un minerai stratégique, essentiel à la sidérurgie et aux nouvelles technologies, dont le sous-sol congolais regorge.

Entre les chiffres vertigineux des investissements sud-africains et le modèle intégré observé sur place, Louis Watum est reparti avec des images plein la tête. Et sans doute, aussi, avec des arguments supplémentaires à faire valoir auprès des opérateurs japonais.

Reste à transformer l’essai. Transformer la visite en contrat, l’intérêt en investissement, le minerai congolais en valeur ajoutée locale.

Le chemin est encore long. Mais ce vendredi, dans la poussière rouge du Northern Cape, une pierre de plus a été posée.

La BAD organise un débat sur l’IA, la blockchain et l’IoT pour le développement de l’Afrique

La Banque Africaine de Développement (BAD) prépare un événement stratégique pour l’avenir numérique du continent. Le mardi 24 février 2026, de 14h à 16h GMT, elle organisera un débat virtuel de haut niveau sur l’intégration des technologies émergentes dans les stratégies de développement africaines.

Inscrit dans la série « Leading-Edge Insights », ce panel se concentrera sur le trio technologique qui pourrait transformer l’Afrique : la blockchain, l’intelligence artificielle (IA) et l’Internet des objets (IoT). L’objectif est d’explorer comment ces outils peuvent stimuler l’innovation et renforcer la gouvernance sur le continent.

Des experts internationaux au rendez-vous

L’événement réunira des spécialistes de renom, dont Michelle Fortune, experte en politiques d’innovation technologique, et Prema Chandrashekhar, analyste influente des systèmes de gouvernance numérique. Les échanges seront diffusés avec interprétation simultanée en français et en anglais pour toucher un public large.

Applications concrètes pour des défis structurels

La BAD met en avant des applications concrètes :

  • La blockchain pour la traçabilité des chaînes d’approvisionnement agricoles ou la certification des diplômes.

  • L’IA pour l’optimisation énergétique et le diagnostic médical à distance.

  • L’IoT pour la gestion des villes intelligentes et des infrastructures via la collecte de données en temps réel.

Le débat intervient dans un contexte de croissance numérique rapide – près de 500 millions d’internautes en 2025 – mais aussi de disparités persistantes en matière d’accès et de compétences.

Cet éclaircissement promet d’identifier les leviers à actionner pour que l’Afrique tire pleinement parti de la révolution technologique, en misant sur une croissance innovante, transparente et équitable.

Forum économique RDC – Afrique du Sud à Kinshasa : « Identifier, Explorer, Investir »

Kinshasa – Une nouvelle page de la coopération industrielle africaine s’écrit à Kinshasa. Ce lundi 02 février, s’est ouvert à l’Hôtel du Fleuve Congo le Forum économique RDC – Afrique du Sud, une plateforme stratégique placée sous le thème « Identifier, Explorer, Investir ».

Représentant la Première ministre Judith Suminwa, le vice-Premier ministre de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a procédé à l’ouverture de ces assises qui se tiendront jusqu’au 06 février. Co-organisée par le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) congolais et le Département du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence sud-africain (dtic), cette rencontre vise à transformer le dialogue en projets industriels durables.

« Écrire une nouvelle page de la coopération industrielle africaine »

Le directeur général du FPI, Hervé Claude Ntumba Batukonke, a défini l’ambition : « Nous sommes ici pour écrire une nouvelle page de la coopération industrielle africaine fondée sur la transformation locale, la création de valeur et la prospérité partagée ».

La mission économique met l’accent sur l’industrialisation et la facilitation des affaires dans des secteurs clés : agro-industrie, pharmacie, infrastructures, mines et énergies. Elle illustre la volonté des deux pays de traduire leurs immenses potentialités en investissements concrets et structurants.

Une délégation de haut niveau

La cérémonie d’ouverture a réuni un aréopage d’autorités, dont le ministre congolais de l’Entrepreneuriat, Justin Kalumba, son homologue sud-africain du Commerce, Mpho Franklyn Parks Tau, l’ambassadeur de RDC en Afrique du Sud, Jhon Nyakeru Kalunga, ainsi que les dirigeants de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) et de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).

Ce forum marque une nouvelle dynamique dans les relations économiques entre les deux géants africains, avec l’ambition partagée de construire une coopération sud-sud axée sur la valeur ajoutée et le développement mutuel.

Le Cadastre minier de la RDC rouvre les demandes de permis le 2 février

Kinshasa – Bonne nouvelle pour les investisseurs miniers. Le Cadastre minier de la République démocratique du Congo (CAMI) annonce la réouverture de la réception des nouvelles demandes de droits miniers et de carrières de recherche à compter du lundi 2 février 2026.

Cette décision met fin à une suspension temporaire en vigueur depuis le 17 décembre 2025. À l’époque, les autorités avaient gelé l’enregistrement des nouvelles demandes pour mener à bien une opération d’assainissement périodique du fichier cadastral, visant à en améliorer la fiabilité et la gestion.

Une suspension ciblée, pas un arrêt total

Il est important de noter que cette suspension n’a pas concerné l’ensemble des activités. Durant cette période de près de sept semaines, le traitement des demandes de transformation, de renouvellement de droits existants, ainsi que l’enregistrement des cessions, amodiations et autres actes ont continué normalement.

Un assainissement aux résultats concrets

Cette pratique d’assainissement périodique a déjà fait ses preuves. Selon un rapport d’août 2025, des travaux similaires avaient permis à l’État congolais de reprendre 594 titres miniers et de carrières, représentant une superficie de 37 253 carrés miniers. Ils avaient également permis de régulariser 210 droits miniers en situation prolongée de force majeure, les reclassant comme droits actifs et rétablissant les obligations fiscales, sociales et techniques correspondantes.

La réouverture du 2 février marque donc la fin d’un cycle de nettoyage administratif et la reprise du processus d’attribution de nouveaux permis. Elle intervient dans un contexte de forte demande internationale pour les minerais critiques dont regorge le sous-sol congolais, et témoigne de la volonté des autorités d’avoir un cadastre plus transparent et efficace.

FirstBank RDC lance FirstMonie, un portefeuille électronique interopérable

Kinshasa – FirstBank RDC a officiellement lancé FirstMonie, un nouveau portefeuille électronique conçu pour transformer l’accès aux services financiers numériques en RDC.
Cette solution cible à la fois les populations bancarisées et non bancarisées. Son atout principal : l’interopérabilité totale avec les autres services de mobile money du marché.

Contrairement à de nombreuses plateformes fermées, FirstMonie permet des transferts d’argent directs et quasi instantanés vers d’autres portefeuilles électroniques populaires en RDC.
« C’est aujourd’hui le seul portefeuille qui permet d’envoyer de l’argent vers d’autres services mobile money de façon fluide et immédiate », a expliqué Jérémie Lukusa, Directeur E-business de FirstBank RDC.

Ouverture de compte simple, rapide et à distance

L’ouverture d’un compte FirstMonie se fait entièrement à distance, sans passer par une agence. Les utilisateurs peuvent s’inscrire via l’application mobile (Android et iOS) ou en utilisant le code USSD #426#.
Cette approche inclut les utilisateurs de smartphones comme ceux disposant de téléphones basiques, rendant le service accessible au plus grand nombre.

Après l’inscription, les utilisateurs profitent de services variés :

  • Paiement de factures (électricité, internet)

  • Achat de crédit téléphonique pour tous les opérateurs

  • Dépôts et retraits via un réseau d’agents

Toutes les transactions sont sécurisées par un code PIN.

Des frais réduits pour une inclusion financière maximale

FirstBank RDC assure que les frais d’utilisation restent très minimes, afin de garantir l’accessibilité. Le portefeuille peut être alimenté :

  • via un agent

  • depuis un compte FirstBank

  • directement en agence, même sans compte bancaire préalable

Pour le management, FirstMonie est un point de départ.
« L’application est déjà très aboutie, mais elle continuera d’évoluer. Dans quelques mois, de nouvelles fonctionnalités seront intégrées », a précisé Kandolo Kasongo, Président du Conseil d’administration.

Une stratégie numérique pour transformer le secteur financier

Avec FirstMonie, FirstBank RDC se positionne comme un acteur majeur de la transformation numérique du secteur financier congolais.
La banque mise sur la connectivité entre plateformes pour répondre à une demande croissante de solutions simples, sécurisées et réellement inclusives.
Ainsi, elle entend renforcer l’inclusion financière et moderniser l’accès aux services bancaires pour tous.

Kongo Central : Poursuites autorisées contre le gouverneur Grace Bilolo pour détournement présumé

L’Assemblée provinciale du Kongo Central franchit un pas historique. Elle a autorisé, à l’unanimité, des poursuites judiciaires contre le gouverneur en exercice, Grace Bilolo. Cette décision ouvre une instruction pour des faits présumés de détournement de deniers publics.

Une requête exceptionnelle examinée en urgence

Ce mercredi 28 janvier, l’atmosphère était lourde au sein de l’Assemblée provinciale du Kongo Central. Le Bureau de l’institution s’est réuni en urgence. Il devait examiner une requête rare et sensible. Le procureur général près la Cour de cassation sollicitait l’autorisation d’engager des poursuites contre le gouverneur provincial.

Cette demande fait suite à une mission ciblée de l’Inspection générale des finances (IGF). En octobre 2025, celle-ci a mené un audit de trente jours. L’enquête a passé au crible la gestion du gouvernement provincial. Elle a aussi concerné la Direction des recettes, les entités territoriales et les redevances perçues.

Ainsi, au vu des conclusions jugées préoccupantes, le ministère public a saisi l’Assemblée provinciale.

Une autorisation votée à l’unanimité, dans le respect de la loi

Après une délibération rigoureuse, le Bureau a consulté les textes de référence. Il s’est appuyé sur la Constitution, la loi organique sur la procédure devant la Cour de cassation et le règlement intérieur de l’Assemblée. À l’issue des débats, la décision est tombée : cinq voix sur cinq ont approuvé l’autorisation de poursuite.

Dans un communiqué officiel signé par le rapporteur Billy N’tunga, l’Assemblée rappelle un principe fondamental. « Le gouverneur de la province du Kongo Central reste présumé innocent à ce stade de la procédure », précise le document. Par conséquent, cette autorisation vise uniquement à lui permettre de présenter ses moyens de défense devant la justice compétente.

Il s’agit donc de l’ouverture d’une instruction, et non d’une condamnation.

Un tournant dans la gouvernance provinciale

Cette procédure s’inscrit dans le cadre de l’article 31 du Règlement intérieur. Elle illustre le respect strict des mécanismes de contrôle et de l’équilibre des pouvoirs. D’ailleurs, le gouverneur Grace Bilolo a été entendu par le Bureau avant la prise de décision, conformément à son droit à la défense.

Cette autorisation marque un tournant dans la gouvernance provinciale du Kongo Central. En effet, elle envoie un signal fort sur la volonté des institutions de traiter les dossiers sensibles avec transparence. Aucun responsable, quel que soit son rang, ne semble désormais à l’abri du contrôle légal.

L’affaire désormais entre les mains de la justice

L’affaire entre maintenant dans le giron judiciaire. Le parquet près la Cour de cassation peut officiellement ouvrir l’instruction et mener ses investigations. Pendant ce temps, l’opinion publique suit le dossier avec attention.

La nation attend que la justice fasse son œuvre. Elle l’attend indépendante, impartiale et fidèle à l’État de droit.

5 milliards de dollars pour reconstruire le Nord et le Sud-Kivu

La République démocratique du Congo franchit une étape majeure pour l’Est du pays. Judith Suminwa Tuluka, Première ministre, a présenté à Genève un plan d’urgence de 5 milliards de dollars destiné à la reconstruction du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

L’initiative vise à relancer les infrastructures, soutenir le développement local, renforcer la présence de l’État dans les zones touchées par les conflits et promouvoir une exploitation minière transparente et sécurisée.

Une présentation au cœur de la diplomatie humanitaire et minière

La présentation s’est tenue au Centre pour le Dialogue Humanitaire Henri Dunant, lors d’une réunion de haut niveau réunissant acteurs internationaux, acheteurs et partenaires techniques impliqués dans les chaînes d’approvisionnement des minerais issus de l’Est de la RDC.

Au centre des discussions : la traçabilité des minerais stratégiques, un enjeu clé pour stopper les circuits de contrebande et faire de l’exploitation minière un levier de paix et de prospérité. Les participants ont travaillé à un mécanisme international renforcé pour les « 3T » : étain, tungstène et tantale.

Vers une exploitation minière responsable

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a souligné la nécessité de rompre avec les pratiques opaques qui fragilisent la région :

« Il est temps d’arrêter cette hypocrisie… Nous devons conjuguer tous nos efforts pour que le minerai soit tracé depuis le site d’extraction jusqu’à sa commercialisation. »

Le gouvernement congolais souhaite transformer ses ressources minières en moteur de développement durable, en garantissant transparence, stabilité et financement des projets de reconstruction.

Selon la Primature, cette rencontre de Genève marque un pas décisif vers un cadre international solide pour une exploitation minière responsable, ouvrant la voie à un partenariat global au service de la paix et du développement dans l’Est du pays.

FirstBank et Visa lancent l’offensive du paiement digital

KINSHASA – Le geste paraît banal ailleurs, mais il pourrait transformer la vie économique congolaise : payer par carte. FirstBank DRC et Visa viennent de nouer un partenariat stratégique pour faire entrer la RDC dans l’ère du paiement digital. Leur objectif est clair : réduire la dépendance au cash, souvent vue comme un frein au développement.

« Une étape déterminante », affirme Olajide Ayeronwi, directeur général de FirstBank DRC. Dans les bureaux de la banque, on parle déjà de cartes pour particuliers et entreprises, de paiements sans contact et de sécurité renforcée. Grâce à Visa, FirstBank veut intégrer des « solutions technologiques de pointe » à son offre.

Vers la fin du tout-cash ?

Le défi reste immense. L’économie congolaise repose encore largement sur les transactions en liquide. Convaincre la population d’adopter les paiements digitaux ne sera donc pas simple. Pourtant, les deux partenaires estiment que cette modernisation est essentielle pour bâtir une économie digitale inclusive.

Le programme est ambitieux :

  • élargir l’accès aux services financiers numériques ;

  • soutenir les petites entreprises ;

  • faciliter les paiements transfrontaliers.

« Ce partenariat ne s’arrête pas aux frontières de la RDC », explique Sophie Kafuti, directrice générale de Visa DRC. Il s’inscrit dans une vision panafricaine visant à connecter les entreprises congolaises aux marchés régionaux.

Les PME au centre de la transformation

FirstBank et Visa ciblent surtout les petites et moyennes entreprises, souvent exclues des circuits bancaires. Le développement du e-commerce et la distribution de terminaux de paiement aux commerçants seront des leviers clés pour autonomiser les acteurs locaux.

La sécurité devient également un argument majeur. Visa promet de déployer ses « standards anti-fraude internationaux ». Une garantie essentielle dans un pays où la cybercriminalité alimente régulièrement la méfiance.

Une révolution numérique qui commence

Ce partenariat s’inscrit dans la dynamique de modernisation du secteur bancaire congolais. FirstBank DRC veut « conduire la transformation digitale » et prendre une longueur d’avance dans le marché.

Alors que la RDC tente de combler son retard numérique, l’alliance entre une banque locale et un géant mondial du paiement pourrait accélérer la transition. Reste désormais à convaincre les Congolais que le portefeuille digital offre plus d’avantages que la liasse de billets.

La bataille, à la fois technologique et culturelle, ne fait que commencer.

Inga 3 : la Banque mondiale rêve de construire le plus grand barrage du monde en RDC

La République démocratique du Congo relance Inga 3, un projet hydroélectrique titanesque, avec le soutien affirmé de la Banque mondiale. Ce barrage, s’il est mené à terme, pourrait devenir le plus grand du monde, surpassant les 18 200 mégawatts du barrage des Trois-Gorges en Chine.

« Inga 3 vise 42 000 mégawatts, soit deux fois plus que les Trois-Gorges. C’est une opportunité unique pour l’Afrique », a déclaré Albert Zeufack, directeur pays de la Banque mondiale en RDC, le 2 juillet sur Radio Okapi.

Inga 3 : un projet graduel mais structurant

La Banque mondiale propose un déploiement progressif d’Inga 3, tout en intégrant des bénéfices directs pour les communautés locales. Contrairement à Inga 1 et 2, peu inclusifs, ce nouveau modèle prévoit :

  • un programme d’urbanisation autour du barrage,

  • des infrastructures sociales de base,

  • des formations locales pour les jeunes,

  • une énergie dédiée à l’exploitation minière dans le Kongo-Central.

Ces mesures visent à transformer Inga 3 en catalyseur de développement pour les provinces riveraines.

Un modèle énergétique exportable

Le projet, validé le 3 juin 2025 par la Banque mondiale avec un financement initial de 250 millions USD, servira de référence pour l’hydroélectricité en Afrique centrale. Selon Zeufack, il pourrait alimenter non seulement la RDC mais aussi ses voisins, positionnant le pays comme un futur hub énergétique régional.

Ce modèle pourrait être reproduit pour d’autres barrages en gestation à travers le pays, à condition de maintenir une gouvernance rigoureuse et inclusive.

Osaka : la RDC appelle à un partenariat économique avec le Japon

À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République Démocratique du Congo, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a présidé une cérémonie symbolique au pavillon congolais de l’Exposition universelle Osaka 2025.

Devant un parterre d’invités et de partenaires internationaux, elle a mis en lumière l’importance d’un partenariat économique RDC Japon, soulignant le potentiel stratégique de cette coopération pour les deux pays.

Un appel à l’investissement et à la coopération technologique

Avant sa rencontre bilatérale prévue le 1er juillet à Tokyo avec le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba, la cheffe du gouvernement congolais a lancé un appel clair aux entreprises japonaises. Elle les a invitées à investir en RDC, en particulier dans les secteurs technologiques, industriels et logistiques, en s’appuyant sur un cadre juridique attractif et des opportunités offertes par un marché de plus de 100 millions de consommateurs.

La RDC, présente pendant les six mois de l’exposition, souhaite faire de l’Expo Osaka 2025 une vitrine pour attirer des partenariats stratégiques, notamment via son ministère du Commerce extérieur, conduit par le ministre Julien Paluku.

Coopération culturelle et vision commune

La célébration a également été marquée par des échanges culturels et une visite des pavillons bilatéraux, reflétant une volonté de renforcer les liens humains, culturels et économiques entre Kinshasa et Tokyo.

Avec plus de 28 millions de visiteurs attendus jusqu’au 13 octobre, l’Expo Osaka offre une plateforme unique à la RDC pour valoriser son attractivité économique sur la scène internationale, tout en célébrant son indépendance sous le signe de la modernité et de la coopération.

Partenariat stratégique USA-RDC : un engagement renforcé pour la paix et le développement

Alors que la RDC et le Rwanda s’apprêtent à signer un accord de paix historique ce 27 juin 2025, les États-Unis d’Amérique, médiateurs clés dans ce processus, consolident leur rôle dans un partenariat stratégique USA-RDC qui ne cesse de s’intensifier.

Dans un document officiel transmis à la presse, l’ambassade américaine à Kinshasa met en lumière l’ampleur de son engagement multiforme en faveur de la paix, de la stabilité et du développement en République démocratique du Congo.

Sécurité : les USA misent sur le renforcement des forces congolaises

Le partenariat stratégique USA-RDC englobe un important volet sécuritaire. Washington soutient depuis plusieurs années la formation et l’équipement de la Police nationale congolaise, notamment via l’approche de police de proximité. En 2023, plus de 600 policiers ont été formés, 19 postes de police construits et des points d’eau mis à disposition des communautés.

L’aide américaine s’étend aussi à l’armée congolaise. Des officiers des FARDC ont bénéficié de formations en ingénierie, ainsi que de cours de langue anglaise à Kananga, Kitona et dans les écoles militaires du pays. Ces efforts visent à renforcer la capacité opérationnelle des forces congolaises dans la durée.

Développement et aide humanitaire : un soutien massif

Sur le plan économique et social, les États-Unis sont le plus grand donateur bilatéral de la RDC. En moyenne, près de 1 milliard de dollars par an est investi en aide humanitaire et projets de développement.

Au cours des dix dernières années, plus de 6 milliards de dollars ont été mobilisés pour soutenir :

  • La santé publique

  • L’éducation

  • La résilience alimentaire

  • La croissance inclusive

  • Et la bonne gouvernance

Depuis 2024, une stratégie nationale contre l’extrême pauvreté cible 2,5 millions de Congolais, avec un investissement de 110 millions USD dans l’agroalimentaire.

Perspectives : un partenariat structurant pour l’avenir

L’axe partenariat stratégique USA-RDC s’oriente vers des projets d’infrastructure régionale. L’ambassade évoque notamment le corridor de Lobito, lancé en 2023, incluant :

  • Une ligne ferroviaire de 800 km entre l’Angola, la RDC et la Zambie

  • Des investissements dans l’agriculture, l’énergie propre, le numérique et la santé

En décembre 2024, les États-Unis ont injecté 560 millions de dollars supplémentaires, portant l’enveloppe globale à plus de 4 milliards USD.