Face à un contexte économique international moins favorable, le gouvernement congolais revoit sa copie budgétaire sans renoncer à ses ambitions. Présentant, mardi 7 juillet, le projet de loi de finances rectificative devant le Sénat réuni en session extraordinaire, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a défendu un collectif budgétaire qui ajuste les ressources de l’État tout en maintenant le cap sur les secteurs prioritaires.
Équilibré en recettes et en dépenses à 21,9 milliards de dollars américains, soit 50.295 milliards de francs congolais, ce nouveau budget traduit la volonté de l’exécutif d’adapter les finances publiques à l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale.
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Un budget revu à la baisse sous l’effet du recul des financements extérieurs
Le projet de loi de finances rectificative enregistre une diminution de 7,4 % par rapport au budget initial, fixé à 22 milliards de dollars américains (54.336 milliards de francs congolais).
Selon Adolphe Muzito, cette baisse s’explique principalement par la diminution des ressources extérieures, qui oblige le gouvernement à réajuster ses prévisions financières.
Le budget général est désormais arrêté à 19,8 milliards de dollars américains (45.320 milliards de francs congolais), soit une baisse de 7,5 %. Les budgets annexes sont fixés à 389,6 millions de dollars, tandis que les comptes spéciaux s’établissent à 1,78 milliard de dollars, enregistrant tous deux une réduction de 7,3 %.
Malgré cette contraction, l’exécutif affirme avoir procédé à une redistribution des crédits afin de préserver les dépenses jugées essentielles et de soutenir les investissements publics.
Des recettes en hausse pour financer les secteurs prioritaires
Si les ressources extérieures diminuent, les recettes courantes affichent en revanche une progression significative. Elles passent de 14,4 milliards à 15,2 milliards de dollars américains, soit une augmentation de 739,5 millions de dollars.
Ces ressources supplémentaires permettront de financer plusieurs priorités gouvernementales, notamment :
- 45 millions de dollars destinés au paiement des salaires ;
- 87 millions de dollars pour les transferts et subventions ;
- 162 millions de dollars consacrés aux investissements financés sur ressources propres ;
- 360 millions de dollars affectés aux dépenses exceptionnelles.
Cette réorientation budgétaire vise à préserver les engagements de l’État tout en maintenant les programmes d’investissement malgré les contraintes financières.
Les euro-obligations au cœur de la stratégie de financement
Le projet de loi de finances rectificative introduit également un nouvel instrument de financement avec l’intégration de la première tranche des euro-obligations (Eurobonds), évaluée à 650 millions de dollars américains.
Ces ressources seront mobilisées pour soutenir des projets d’investissement structurants considérés comme stratégiques pour le développement du pays.
En parallèle, le gouvernement prévoit d’accroître les émissions d’obligations du Trésor à hauteur de 308 millions de dollars américains afin de contribuer à la couverture du déficit budgétaire.
À travers ce collectif budgétaire, l’exécutif cherche ainsi à concilier discipline financière, maintien des dépenses essentielles et poursuite des investissements destinés à soutenir la croissance économique de la République démocratique du Congo.



