C’était un coup de théâtre inattendu à quelques jours du coup d’envoi. Mardi 9 juin, les Léopards de la RDC doivent affronter le Chili pour leur deuxième et dernier match de préparation avant le Mondial. Problème : l’enceinte initialement prévue à Marbella a été brutalement fermée par un décret municipal. Motif : « prudence sanitaire ».
Mais les Fauves congolais ne sont pas des proies faciles. Ils ont rebondi. Et c’est désormais à Malaga, à une cinquantaine de kilomètres de là, que la rencontre se jouera. Très certainement à huis clos. Mais elle aura lieu.
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« Nous allons jouer contre le Chili parce que les deux équipes veulent jouer l’une contre l’autre, même à huis clos en Espagne », avait prévenu Sébastien Desabre, le sélectionneur national, refusant d’envisager l’annulation.
Depuis ce jeudi 4 juin, la délégation congolaise est arrivée sur place. Calme. Concentrée. Prête à en découdre, avec ou sans public.
Le décret qui a fait trembler la préparation
Tout est parti d’une voix, celle de Juan Franco, maire de La Línea, une commune andalouse de 65 000 âmes blottie près de Gibraltar. Dans un enregistrement audio diffusé par sa mairie, il a asséné :
« Je viens de signer le décret par lequel n’est pas autorisée la tenue du match prévu le 9 juin prochain au stade municipal entre les sélections de la République démocratique du Congo et du Chili. »
Sa justification : un afflux massif de spectateurs – en particulier de la diaspora congolaise et chilienne – risquerait de saturer les capacités sanitaires locales. « Prudence », a-t-il martelé, s’appuyant sur les recommandations du service de santé du gouvernement régional.
Sur le papier, une décision responsable. Sur le terrain, une gifle logistique pour les deux fédérations. Mais ni Kinshasa ni Santiago n’ont cédé à la panique.
Malaga, le refuge improvisé d’une équipe qui ne renonce pas
Quelques jours plus tard, la donne a changé. La fédération congolaise, en lien avec ses homologues chiliens et espagnols, a déniché une solution de repli : Malaga. La ville voisine, mieux équipée, a accepté d’accueillir la rencontre. À une condition toutefois : le huis clos.
Pas de vagues. Pas de risques d’attroupements. Juste 22 joueurs sur une pelouse, les arbitres, et le silence pesant des gradins vides. Une configuration inhabituelle pour un match amical, mais un moindre mal pour des Léopards qui n’ont pas le luxe de perdre un seul rendez-vous avant le Mondial.
Sébastien Desabre, interrogé après l’arrivée du groupe en Belgique puis en Espagne, s’est voulu rassurant :
« Toutes les dispositions ont été prises pour assurer la bonne santé de l’ensemble de la délégation. Il n’y a aucune inquiétude à se faire, même pour le groupe arrivé de Kinshasa. »
La diaspora congolaise, grande absente de cette affiche
L’ironie de l’histoire, c’est que le match à La Línea avait été choisi en partie pour sa proximité avec Gibraltar et l’afflux attendu de supporteurs congolais d’Espagne, de France et de Belgique. La diaspora s’était organisée, les billets s’arrachaient, les drapeaux se préparaient.
Le décret du maire a tout balayé.
Résultat : huis clos à Malaga. Pas de chants, pas de tifos, pas cette ferveur qui avait tant porté les Léopards à Liège face au Danemark (0-0). Une frustration pour les joueurs, une déception pour des milliers de supporters privés de communion.
Mais Sébastien Desabre le sait mieux que personne : le Mondial ne se joue pas dans les tribunes. Il se gagne sur le terrain, dans le silence du travail, dans la rigueur du collectif.
Un test chilien sous haute intensité
Reste l’essentiel : le Chili. Mardi 9 juin, Malaga. Face à une sélection sud-américaine réputée pour sa hargne et sa technique, les Léopards auront l’occasion de peaufiner leurs derniers réglages. Après le solide nul arraché face au Danemark (20e nation mondiale), ce deuxième test promet d’être encore plus révélateur.
Desabre devrait reconduire son système à trois centraux, déjà testé avec succès contre les Danois et contre le Togo (1-0 à Lomé). Un dispositif offensif qui blinde le milieu de terrain et permet de poser le jeu, même face à des adversaires physiquement supérieurs.
Les automatismes se rodent. La confiance monte. Et ce huis clos forcé pourrait même, paradoxalement, renforcer la concentration des joueurs. Loin du bruit, plus près de l’essentiel.
Le Mondial dans un coin de la tête
Les Léopards le savent : après le Chili, ce sera le grand bain. Portugal, Colombie, Ouzbékistan. Trois matches, trois mondes. Ce match amical à Malaga, dans le silence d’un stade sans âme, aura pourtant une valeur inestimable : celle de la dernière répétition générale.
Alors qu’importe le maire, qu’importe le décret. Qu’importe le huis clos.
Les Fauves sont là. Et ils n’ont jamais été aussi prêts.



