Politique




Maniema : le président de l’Assemblée provinciale destitué, la questure sauvée in extremis

L’hémicycle de l’Assemblée provinciale du Maniema a retenu son souffle, ce lundi 8 juin 2026. Au bout d’un vote aussi…

L’hémicycle de l’Assemblée provinciale du Maniema a retenu son souffle, ce lundi 8 juin 2026. Au bout d’un vote aussi bref que décisif, Junior Kibungi Mutanga a cessé d’être le président de l’institution. Sur les 14 députés présents, 13 ont voté sa destitution. Un seul s’est abstenu. Aucune voix contre.

Un verdict implacable qui sonne comme un désaveu cinglant à l’encontre de celui qui dirigeait l’organe délibérant provincial. Plusieurs semaines de tensions, de manœuvres et de pétitions viennent de trouver leur épilogue.

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Mais la séance réservait une autre surprise, tout aussi politique, quoique d’une tout autre nature.

Le questeur sauve les meubles

Visé par la même procédure de déchéance, le questeur Assani Os Noel a, lui, été blanchi. Les 14 députés présents ont unanimement rejeté la pétition initiée contre lui. Un vote en blancseing qui lui permet de conserver son poste, contrairement à son désormais ex-président.

Un maintien qui en dit long sur les équilibres fragiles et les alliances changeantes au sein de l’hémicycle provincial. À l’heure où la poussière retombe, une certitude demeure : la questure incarne désormais un pôle de stabilité, là où la présidence vacille.

Les racines d’une chute annoncée ?

Pour comprendre ce lundi de chaos politique, il faut remonter au 11 mai 2026. Ce jour-là, un groupe de députés provinciaux déposait une pétition de déchéance visant l’intégralité du bureau de l’Assemblée. En cause : une « mauvaise gestion » et une « incapacité à assurer efficacement la conduite de l’institution », selon les mots des pétitionnaires.

Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase remonte à une plénière explosive, consacrée à l’interpellation du gouverneur du Maniema, Moïse Kabwankubi. Lors de cette séance, le décompte des voix à main levée avait été vigoureusement contesté par plusieurs députés. Le climat était déjà électrique. Il ne demandait qu’à exploser.

Un bureau d’âge pour gérer la crise

Face à la montée des tensions, un bureau d’âge avait été mis en place pour tenter de gérer la crise institutionnelle. Une solution provisoire, mais qui aura permis d’organiser le vote de destitution dans des conditions jugées régulières.

Désormais, un vide présidentiel s’ouvre à la tête de l’Assemblée provinciale. Dans les prochains jours, les élus devront procéder à l’élection d’un nouveau président. Un scrutin sous haute surveillance, alors que les équilibres politiques restent fragiles et que les ambitions personnelles pourraient ressurgir.

Un nouveau chapitre sous tension

Ce vote met fin à plusieurs semaines de psychodrame politique au sein de l’organe délibérant provincial. Mais il ouvre aussi un nouveau chapitre, tout aussi incertain, dans la crise qui secoue le Maniema.

Reste à savoir si cette secousse politique permettra d’assainir le fonctionnement de l’institution ou si, au contraire, elle ne fera qu’exacerber les rivalités. Une chose est sûre : les regards sont désormais tournés vers la questure, seule entité rescapée, et vers la prochaine élection présidentielle de l’Assemblée.

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