Santé




Ebola en RDC : 343 cas confirmés, l’aéroport de Bunia rouvre pour stopper l’épidémie

C’est une course contre la montre qui se joue dans l’ombre des dispensaires de l’Ituri, là où la fièvre hémorragique…

C’est une course contre la montre qui se joue dans l’ombre des dispensaires de l’Ituri, là où la fièvre hémorragique a trouvé un terrain trop silencieux pour être anodin. Ce lundi 1ᵉʳ juin 2026, dans la salle feutrée de la cellule de coordination de la riposte, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka préside une réunion décisive. Autour d’elle, des visages tendus, des chiffres, et une certitude : il faut désormais frapper plus vite, plus précis.

Le gouvernement, longtemps critiqué pour sa lenteur à produire des données fiables, annonce aujourd’hui une avancée majeure. La cartographie de l’épidémie est enfin achevée. « À ce jour, nous comptons 343 cas confirmés d’Ebola », déclare le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba. Chaque échantillon prélevé ces dernières semaines a été analysé. Plus de zones d’ombre. Plus d’approximations. La maladie a un visage, des contours, et désormais une carte.

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Sous-titre : L’aéroport de Bunia, nouvelle artère logistique de la riposte

Parmi les mesures les plus attendues, une décision forte : la réouverture, cette semaine, de l’aéroport de Bunia. Longtemps bouclé par crainte de propagation, il va redevenir une porte d’entrée stratégique. Lavage des mains, contrôle thermique, couloirs sanitaires : tout a été installé, assure Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

L’enjeu ? Fluidifier l’acheminement des équipes médicales, des tests, des équipements de protection et des traitements symptomatiques. Car si aucun vaccin spécifique n’existe encore contre la souche actuelle, l’expérience des épidémies passées a enseigné une chose : la logistique sauve des vies.

Sous-titre : 50 millions de dollars pour ne rien lâcher

Dans l’après-midi du même jour, Judith Suminwa échange avec le corps diplomatique et le directeur général de l’OMS. Messages de fermeté, appels à la solidarité internationale. Sur la table, des chiffres concrets : 20 millions de dollars déjà décaissés, et 30 millions supplémentaires attendus dans les prochains jours.

Mais l’argent ne suffit pas. Pour les experts de santé publique présents, le vrai défi est ailleurs. « Il faut renforcer la surveillance communautaire, accélérer la prise en charge des cas, et surtout — surtout — maintenir la confiance des populations », résume l’un d’eux. Car dans les zones exposées, la peur du virus rivalise parfois avec celle de l’hôpital. Et c’est là, au plus près des habitants, que la riposte se gagne… ou se perd.

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