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Silence dans les classes, étoiles dans les yeux : 2,3 millions d’enfants congolais planchent sur leur avenir

C’est un grand frisson jailli d’un même élan, des collines de Kinshasa aux confins oubliés du bush congolais. Ce jeudi…

C’est un grand frisson jailli d’un même élan, des collines de Kinshasa aux confins oubliés du bush congolais. Ce jeudi 4 juin 2026, 2.353.123 élèves – dont près d’une sur deux est une fille – ont saisi leur stylo comme on empoigne une clef. Derrière chaque copie, une porte : celle du secondaire, de l’émancipation, d’une dignité conquise par les savoirs. L’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP) a commencé, et avec lui, un puissant murmure d’avenir.

Sous le regard de Raïssa Malu : « La rigueur est votre meilleure alliée »

Dans la cour de l’école primaire Mokengeli, à Lemba, une commune populaire de Kinshasa, l’émotion flottait comme une brume sacrée. C’est là qu’a eu lieu le lancement officiel des épreuves, sous l’égide de la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu. Devant les petits candidats aux regards graves mais vibrants, elle n’a pas prononcé de grands discours creux. Elle a choisi les mots qui fondent un peuple : calme, discipline, honnêteté.

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« La réussite n’est jamais un coup de dés. Elle naît du travail, de la rigueur et du mérite », a-t-elle rappelé, regardant droit dans les yeux ces enfants debout face à leur premier grand rendez-vous avec la République.

Un examen inclusif, jusqu’au cœur des zones meurtries

Mais cette année encore, l’ENAFEP est plus qu’une simple série d’épreuves. Il est un acte de résistance. La ministre a tenu à adresser un message de solidarité poignante aux candidats des régions déchirées par les conflits armés, des territoires où résonnent encore les pas des déplacés, des zones frappées par les épidémies et la peur. Partout, a-t-elle assuré, des efforts ont été déployés pour que chaque enfant, où qu’il soit, ait sa chance.

L’éducation ne recule pas, même quand l’histoire la bouscule.

Hommage à Tshisekedi : l’école comme colonne vertébrale de la justice sociale

Avant de quitter les écoliers à leur destin, Raïssa Malu a tenu à saluer la ténacité des équipes éducatives et des autorités locales, ces sentinelles silencieuses de la transmission. Puis son hommage a grimpé d’un cran, pour rejoindre le président Félix Tshisekedi.

« Grâce à son leadership, l’éducation est devenue le pilier central de la justice sociale et de l’égalité des chances », a-t-elle déclaré. Une phrase qui, dans une République démocratique du Congo en quête d’unité par le savoir, résonne comme un manifeste.

Deux jours pour basculer dans l’adolescence républicaine

Les épreuves se dérouleront sur deux jours, jusqu’au 5 juin. Pas de bruit inutile. Juste la respiration grave des enfants qui composent, effacent, relisent. Pour eux, ce n’est pas un examen. C’est le premier acte de leur vie d’adulte en herbe. Ce jeudi, dans la moindre école de brousse comme dans les établissements alignés de la capitale, 2,3 millions de plumes ont tremblé. Mais derrière chaque tremblement, une certitude : la République, unie, les regarde grandir.

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