Ce 28 mai 2026, dans l’enceinte prestigieuse de l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa, les murs n’ont pas vibré au rythme des tambours ou des chorégraphies. Ils ont résonné d’une parole longtemps étouffée : celle des règles, du corps, de la dignité.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, en partenariat avec l’ONG Solidarité Plus Forever, a organisé une matinée de sensibilisation placée sous le thème :
« Ensemble pour un monde adapté aux règles ».
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Derrière ce titre doux se cache une ambition immense : faire des menstruations une question de santé publique, d’égalité des chances, et plus jamais de honte.
Une centaine d’élèves, cinq provinces éducationnelles, un même combat
Dans la salle, une centaine de jeunes filles, venues des cinq provinces éducationnelles de Kinshasa. À leurs côtés : des chefs d’établissement, des personnalités publiques, des partenaires techniques et financiers. Tous réunis pour un même objectif : briser le silence qui enferme trop de fillettes dans leur propre corps.
Pendant des heures, on a échangé, témoigné, débattu. Un panel d’experts a rappelé des vérités simples mais souvent ignorées : l’hygiène menstruelle, c’est la santé. C’est la dignité. C’est l’éducation. Et sans elle, des milliers de filles manquent l’école chaque mois.
« Une fille qui a ses règles ne devrait jamais avoir à choisir entre sa fierté et ses études. »
— Intervenante lors du panel
Raïssa Malu : « Une école inclusive, c’est une école sans tabou »
Présente aux côtés des jeunes filles, la Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a réaffirmé avec force l’engagement du gouvernement congolais.
Son message était clair : construire des écoles inclusives, sûres et respectueuses des besoins spécifiques des apprenantes. Avec un objectif non négociable : qu’aucune fille, nulle part en RDC, ne soit privée de son droit à l’éducation à cause des menstruations.
Des toilettes adaptées, de l’eau propre, des personnels formés, des kits d’hygiène disponibles : derrière ces réalités concrètes se joue la liberté des filles.
« Un monde adapté aux règles, c’est un monde où aucune élève n’abandonne l’école par manque de moyens ou par peur du regard des autres. »
— Ministre Raïssa Malu
Des kits d’hygiène distribués : un geste simple, une révolution discrète
Mais ce matin-là, à l’INA, on n’a pas seulement parlé. On a agi.
Au terme des échanges, un important lot de kits d’hygiène menstruelle a été distribué aux centaines d’élèves présentes. Des serviettes lavables, du savon, des sous-vêtements, des petites affiches explicatives… Des objets du quotidien qui, dans les mains de ces jeunes filles, deviennent des outils de liberté.
Les sourire se sont élargis. Les regards ont changé. Certaines filles ont glissé leur kit dans leur sac comme un trésor. Et c’en était un.
Une promesse pour l’avenir : que les règles ne soient plus jamais un frein
Cette matinée à l’INA n’est pas un événement isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique portée par le gouvernement congolais, la société civile et les partenaires internationaux : faire des menstruations un sujet normal, banal, accessible.
Parce que quand une fille peut gérer ses règles en toute dignité, elle reste à l’école. Quand elle reste à l’école, elle grandit. Quand elle grandit, elle change sa vie. Et parfois, elle change le pays.
« Aujourd’hui, j’ai compris que mes règles ne sont pas une faiblesse. C’est juste la vie. Et la vie, on l’apprivoise. »
— Témoignage d’une élève de 15 ans, venue de la province éducationnelle de Tshangu
À Kinshasa, le 28 mai 2026 restera gravé comme le jour où une centaine de jeunes filles ont repris leur dignité. Pas avec des discours grandioses, mais avec des mots justes, des gestes simples, et des kits d’hygiène distribués comme autant de promesses. La route est encore longue. Mais ce matin-là, à l’INA, un monde adapté aux règles a cessé d’être un rêve. Il est devenu un engagement.



