Le Gouvernement provincial de la Ville de Kinshasa annonce un bilan d’aucune perte en vie humaine, 20 blessés légers dont 15 policiers et 5 manifestants, et près de 5 épaves de véhicules incendiés à l’issue de la manifestation de l’opposition de ce vendredi 12 juin 2026. Dans son communiqué, l’hôtel de ville déplore vivement les violences et troubles à l’ordre public qui ont émaillé la manifestation organisée par la coalition « C64 » contre le changement de la Constitution. Selon Kinshasa, les organisateurs avaient été autorisés au terrain ASSOSSA mais ont changé l’itinéraire préalablement convenu, pour se diriger vers le Palais du Peuple. Cette attitude a provoqué des incidents dans la capitale.
Contrairement au bilan de l’autorité urbaine, les opposants avaient publiquement annoncé deux morts lors de cette marche contre la révision constitutionnelle. Cette contradiction entre les chiffres officiels et ceux de l’opposition alimente la tension politique à Kinshasa. Le gouvernement rappelle que sa responsabilité est de garantir la sécurité publique et la libre circulation. Par ailleurs, il insiste sur le respect des itinéraires autorisés et la protection des activités économiques et scolaires pendant les manifestations politiques.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Kinshasa dénonce des provocations lors de la manifestation
Le gouvernement provincial révèle un mode opératoire préoccupant identifié par ses services de sécurité. Selon le communiqué, « des individus désœuvrés, parfois sous l’emprise de substances prohibées », auraient été recrutés et munis d’armes blanches. Placés en première ligne, « ils avaient pour mission de provoquer les forces de l’ordre, franchir les périmètres de sécurité et se livrer à des actes de provocation ».
Pour l’hôtel de ville, ces pratiques n’ont rien à voir avec l’exercice légitime des droits et libertés démocratiques. En effet, « elles exposent inutilement les populations kinoises à des risques graves de sécurité ».
TENASOSP et institutions : La liberté de manifester encadrée par Kinshasa
Le document souligne que la liberté de manifestation, consacrée par la Constitution, doit s’exercer dans le respect des droits de tous. « Elle ne saurait prévaloir sur le fonctionnement régulier des institutions de la République ni sur le droit des citoyens à vaquer librement à leurs occupations », précise l’exécutif provincial.
« Or, la manifestation de l’opposition est intervenue pendant les épreuves du TENASOSP, perturbant le déroulement normal des activités éducatives », précise le document.
Pour Kinshasa, nul ne peut se prévaloir de ce droit fondamental pour porter atteinte à l’ordre public, aux institutions ou aux droits fondamentaux des autres congolais.
Suite judiciaire et appel au calme
Face aux violences observées, le Gouvernement provincial dit se réserver le droit de saisir les instances judiciaires compétentes afin d’établir les responsabilités individuelles et collectives. Il condamne avec la plus grande fermeté les pratiques qui exposent la population. Dans le même temps, Kinshasa réaffirme son attachement à l’État de droit, aux libertés publiques et au dialogue démocratique.



