Le Sénat congolais a adopté ce lundi 15 juin 2026 la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Le vote s’est tenu à l’unanimité des 89 sénateurs présents. La session ordinaire de mars 2026 s’achève ainsi sur ce texte majeur. À ce stade, seule la promulgation par le Président Félix Tshisekedi manque pour rendre la loi exécutoire.
Cette adoption scelle le travail déjà validé par l’Assemblée nationale le 9 juin dernier. Mais elle ouvre une nouvelle phase de contestation. L’opposition, regroupée au sein de la coalition C64, rejette en bloc cette loi. Elle accuse le pouvoir d’instrumentaliser le référendum pour faciliter un troisième mandat du Président Tshisekedi.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Le référendum, pourtant outil démocratique en théorie, devient ligne de fracture politique en RDC. Sans consensus, son application risque d’aggraver la crise de confiance entre pouvoir et opposition. La légalité du texte se heurte à sa légitimité politique.
Marche réprimée : bilan contradictoire et tensions extrêmes
Le contexte a explosé le week-end dernier. La coalition C64 a organisé une marche de protestation à Kinshasa. La manifestation a dégénéré. L’opposition a dénoncé des violations graves : Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund affirment avoir été blessés par la police. Ils parlent de pratiques « de l’ancien temps » et de dérive autoritaire. La situation a transformé un débat juridique en crise politique.
Plusieurs voix se sont levées au-delà du champ partisan. Le Prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege, s’est indigné de la « représentation sanglante » d’une manifestation pacifique des opposants. Moïse Katumbi a accusé directement Félix Tshisekedi de porter « le sang sur ses mains » après les décès rapportés par l’opposition.
Le gouvernement, de son côté, a dressé un bilan différent : 0 décès, 20 blessés légers dont 15 policiers et 5 manifestants, et près 5 véhicules incendiés.
Promulgation en ligne de mire, combat politique en cours
Avec cette adoption sénatoriale, le combat politique est loin d’être terminé. Tout repose désormais sur la promulgation présidentielle.
Entre-temps, la coalition C64 n’écarte pas de nouvelles manifestations dans les jours à venir. La loi est votée, mais la bataille politique commence. Le Sénat a joué sa partition institutionnelle. Reste à savoir si la rue acceptera la partition.
Entre texte légal et contestation sociale, la RDC entre dans une zone d’incertitude. La promulgation de Tshisekedi scellera la loi, pas certainement la paix politique.



