Ce mercredi 17 juin 2026 restera à jamais gravé dans les annales du football congolais. Dans le chaudron du NRG Stadium de Houston, face à la légende vivante Cristiano Ronaldo et sa Seleção, Yoane Wissa a écrit la plus belle page de l’histoire des Léopards.
Le temps additionnel de la première période s’écoulait lentement (45e+5). Un corner joué en combinaison par Mukau et Masuaku. Le ballon, déposé avec une précision chirurgicale au deuxième poteau. Et Wissa, jaillissant comme un éclair, qui reprend victorieusement le cuir. 1-1. L’explosion.
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À cet instant précis, l’attaquant de Newcastle ne savait pas encore qu’il venait d’inscrire le premier but de l’histoire de la République démocratique du Congo en phase finale de Coupe du monde. Un moment d’éternité qui effaçait d’un seul geste 52 années de frustration et la page blanche laissée par la génération de 1974.
« C’est l’histoire du Congo : continuer à avancer même quand ça ne va pas »
Après le coup de sifflet final, Wissa, encore sous le choc de l’émotion, s’est livré à cœur ouvert au micro de Top Congo.
« Mon but représente beaucoup. C’est beaucoup de travail, beaucoup d’abnégation, beaucoup de résilience. Une grosse fierté parce qu’on montre une belle image aujourd’hui de résilience, de combativité, face à ces joueurs », a-t-il confié, la voix empreinte de fierté.
L’ancien Lorientais a ensuite détaillé la combinaison qui a fait basculer l’histoire : « C’est un corner qui est joué intelligemment à deux entre Arthur Masuaku et Mukau. Mukau fixe et Masuaku, je sais que souvent il le met au deuxième poteau. Moi, j’essaie de ne pas rester hors jeu et je saute. C’est beau d’émotion. »
Mais au-delà de la performance individuelle, Wissa a tenu à rappeler la portée collective de cet exploit. Lui qui a raté la Coupe d’Afrique des nations à cause d’une blessure a trouvé dans cette nuit texane une forme de rédemption.
« J’ai raté la CAN à cause de la blessure. Cela a été une année très compliquée pour moi physiquement et émotionnellement. Ce soir, c’est une grande fierté pour moi. Aujourd’hui, je me rattrape de la plus belle manière. »
Et d’ajouter, avec une gravité qui force le respect : « Même si ça ne va pas, continuer à avancer, c’est l’histoire de notre vie, c’est l’histoire du Congo. Ce soir, on sait qu’on ne se bat pas seulement pour les 26 joueurs qui sont là, mais pour les 100 millions de Congolais. »
Une opposition politique unie derrière les Léopards
L’onde de choc de cette performance historique a dépassé le simple cadre sportif pour toucher l’âme de toute une nation. Les leaders de l’opposition congolaise, souvent divisés sur le terrain politique, se sont retrouvés unis pour saluer l’exploit des Léopards.
Martin Fayulu a remercié les joueurs pour avoir offert au peuple congolais « un précieux moment de répit et de fierté », estimant que la première mission était accomplie.
Moïse Katumbi a salué un « très bon début » qui ouvre « des perspectives encourageantes pour la suite du tournoi ».
Delly Sesanga, imagé, a affirmé que les Léopards avaient réussi « à mains nues » à faire tomber le Portugal.
Jean-Marc Kabund, plus sobre, a simplement adressé ses félicitations.
Théophile Mbemba, lui, a rendu hommage à un match « héroïque » et a établi un parallèle avec la situation politique du pays. « La prestation de l’équipe démontre que le talent congolais est capable de rivaliser avec les meilleures nations lorsqu’il bénéficie des moyens nécessaires et d’un environnement fondé sur le mérite », a-t-il déclaré, avant de regretter que « les mêmes exigences ne soient pas appliquées à la gestion de la nation ».
Cristiano Ronaldo tourne déjà la page
Côté portugais, la déception était palpable mais la réaction, digne. Cristiano Ronaldo, buteur en 5e minute sur une passe de Bernardo Silva, a rapidement pris la parole sur les réseaux sociaux pour appeler son équipe à se projeter vers l’avenir.
« Ce n’était pas le départ que nous voulions, mais cela est loin d’être terminé. Tête levée et focus sur le prochain match », a écrit le quintuple Ballon d’Or sur X.
João Neves, jeune milieu portugais buteur pour sa première Coupe du monde, partageait l’analyse de son capitaine : « Je suis content, c’est mon premier Mondial. À la fin, ce qui nous a manqué, c’est la victoire. On va analyser le match et continuer. On a encore deux matches à jouer. »
La RDC croit désormais en ses rêves
Ce match nul, arraché avec les tripes, a une portée bien plus grande qu’un simple point au classement. Pour la RDC, c’est une victoire morale, une preuve que 52 ans d’attente n’ont pas émoussé l’âme combattante des Léopards.
Les hommes de Sébastien Desabre ont montré qu’ils pouvaient rivaliser avec les plus grands. Ils ont montré qu’ils pouvaient marquer. Et surtout, ils ont redonné à tout un peuple une raison de croire.
Le prochain défi ? Leurs deux autres adversaires du groupe K. Mais après avoir tenu tête au Portugal, les Léopards savent désormais que l’impossible n’est qu’une question de volonté. Et à Houston, cette nuit-là, ils ont prouvé que le football pouvait être, comme l’a si bien dit Wissa, « l’histoire du Congo » qui continue de s’écrire, pas à pas, but après but.



