Sport




Mondial 2026 : la Tunisie limoge Sabri Lamouchi après la raclée suédoise et parachute Hervé Renard pour sauver les Aigles

Moins de 48 heures après l'humiliation subie face à la Suède (5-1), la Fédération tunisienne a tranché : Sabri Lamouchi…

Moins de 48 heures après l’humiliation subie face à la Suède (5-1), la Fédération tunisienne a tranché : Sabri Lamouchi débarque, Hervé Renard débarque au Mexique. Le technicien français, icône du football africain, a 72 heures pour ressusciter des Aigles de Carthage en plein naufrage. Mission quasi impossible ?

Le couperet tombe : une déroute qui tue un mandat de cinq mois

C’est ce qu’on appelle une exécution sommaire. À peine le temps de digérer la débâcle – cinq buts encaissés en première période face à la Suède, une défense aux abonnés absents, un collectif en miettes – que la Fédération tunisienne de football a actionné la guillotine. Sabri Lamouchi, en poste depuis le 20 janvier dernier, n’aura tenu que cinq mois. Cinq mois pour une seule victoire en amical (face à Haïti), trois défaites dont deux cinglantes (0-5 contre la Belgique, 1-5 contre la Suède) et un match nul. Un bilan indigent.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



Moez Mestiri, le porte-parole de la FTF, a officialisé la nouvelle ce mardi : rupture « à l’amiable » avec Lamouchi et son staff technique au complet – adjoints, préparateur physique, analyste vidéo. Seul Wahbi Khazri est maintenu au sein de l’encadrement, signe que certains repères subsistent. Mais la purge est totale.

Dans la foulée, un nom surgit. Un nom qui fait trembler les bancs de touche sur tout le continent : Hervé Renard. Le Français aux deux CAN (2012 avec la Zambie, 2015 avec la Côte d’Ivoire), l’homme qui a fait pleurer l’Argentine en 2022, débarque à Monterrey. Il arrive ce mardi, il dirige sa première séance dans la foulée. Dimanche, à 5h GMT, il sera face au Japon. Pas de rodage. Pas de période d’adaptation. Du feu immédiat.

Hervé Renard, le pompier de luxe face à l’urgence absolue

Pourquoi Renard ? La FTF ne cache pas son calcul. À 57 ans, le technicien français est une valeur sûre du football africain. Son palmarès parle pour lui : vainqueur de la CAN avec deux sélections différentes, expérience des Coupes du monde avec l’Arabie saoudite – et ce succès historique contre l’Argentine –, puis un passage à la tête de l’équipe de France féminine, qu’il a menée en finale de la Ligue des Nations. Bref, un serial winner.

Mais le défi tunisien est peut-être le plus périlleux de sa carrière. Le groupe F est un piège : après le Suède, le Japon attend les Aigles le 21 juin, puis les Pays-Bas pour clore la phase de poules. Un calendrier qui ressemble à un chemin de croix pour une équipe qui encaisse cinq buts en une mi-temps.

« Renard a été choisi pour son autorité et sa capacité à transfigurer des groupes en difficulté », explique un observateur du football tunisien. Le constat est lucide : il ne s’agit pas d’un simple intérim, mais d’une tentative de sauvetage. Le contrat court jusqu’à la fin du mondial, avec les mêmes conditions financières que Lamouchi. Mais si l’aventure s’arrête en phase de groupes, une discussion s’ouvrira sur un projet à long terme. Le message est clair : la FTF veut le convaincre de rester, quitte à faire du Mondial 2026 une simple étape.

Un dressing-room meurtri, un Japon en embuscade : le chrono est lancé

Ce que Renard va trouver à Monterrey, c’est une équipe en pleine tempête. La défaite contre la Suède n’a pas été une simple erreur de parcours : elle a révélé une défense fébrile, un milieu sans âme, des automatismes absents. Les joueurs, finalistes de la dernière CAN et demi-finalistes du Mondial 2022, n’ont pas reconnu leur propre tenue.

Le premier acte de Renard sera psychologique : restaurer la confiance. Puis tactique : trouver un système capable de résister au pressing nippon. Le timing est infernal : trois jours d’entraînement, un match qui sent déjà le soufre, et une pression médiatique qui frôle l’asphyxie.

Les supporters tunisiens, eux, ont déjà digéré l’humiliation ? Pas vraiment. Ils attendent un sursaut. Un signe. Hervé Renard, avec son charisme et sa rage de vaincre, est l’homme des coups de théâtre. Mais même lui sait que ce Mondial 2026 commence aujourd’hui par une mission quasi impossible. À moins que, comme par miracle, les Aigles retrouvent leurs ailes. Le coup d’envoi face au Japon, dimanche, dira si ce pari est celui de la raison ou de la folie douce.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP