Politique




RDC : « Les ennemis ont écarté un fils du pays et ont placé leur chien » (Félix Tshisekedi)

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, s'est exprimé, mercredi 17 juin 2026, devant la diaspora Congolaise à Houston aux…

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, s’est exprimé, mercredi 17 juin 2026, devant la diaspora Congolaise à Houston aux États-Unis. Les propos du Chef de l’État Congolais sont directs : « Les ennemis étaient entrés, nous étions distraits. Ils ont même écarté un fils du pays, et ils ont placé leur chien qu’ils pouvaient dresser à leur guise ». La phrase tombe dans un contexte des tensions politiques autour du débat sur le changement de la Constitution. Le mot « chien » vient d’entrer dans le lexique politique officiel.

Dans son discours, Tshisekedi oppose deux figures : Laurent-Désiré Kabila, « fils du pays écarté », et Joseph Kabila, « chien dressé par les ennemis ». En une phrase, il disqualifie 18 ans de règne. Il renvoie Joseph Kabila à 2001, à son arrivée au pouvoir après l’assassinat de son père.

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L’alternance pacifique de janvier 2019, première en RDC, est réduite à une parenthèse qui ne dit pas son nom. Tshisekedi requalifie son prédécesseur en marionnette des puissances étrangères. Le divorce avec Kabila, consommé depuis des années, vient de passer au vitriol.

La Constitution au centre de la tempête politique

Ces mots claquent alors que Kinshasa s’embrase sur la Constitution. L’Assemblée nationale et le Sénat ont validé séparément la proposition de loi sur le référendum. L’objectif affiché par la majorité : adapter la loi fondamentale de 2006 aux réalités actuelles.

De son côté, l’opposition s’oppose à cette initiative perçue comme un canal pour sauter le verrou des deux mandats. Depuis des semaines, le pays vit au rythme de ce bras de fer institutionnel. La Constitution n’est plus un texte juridique. Elle est devenue le champ de bataille entre deux camps politiques.

3e mandat : l’opposition contre-attaque

Face à la charge présidentielle, l’opposition riposte. Elle accuse Félix Tshisekedi d’instrumentaliser le Parlement pour forcer un troisième mandat en 2028. Le référendum, dit-elle, n’est qu’un paravent. Le vrai but est de réécrire l’article sur la limitation des mandats.

En face, Joseph Kabila sort du silence. À travers un communiqué, l’ancien Président appelle à un sursaut national. Il défend la Constitution de 2006 comme un rempart contre l’autoritarisme. Pour lui, toucher aux mandats, c’est détruire l’équilibre de 2006. Deux visions s’affrontent. Deux anciens alliés devenus ennemis politiques.

La tension est déjà montée d’un cran. Le 12 juin dernier, l’opposition réunie autour de la coalition C64 a tenté un sit-in à l’esplanade du Palais du Peuple. La réponse a été immédiate. La police congolaise a dispersé la manifestation dans la « violence ». Des blessés ont été comptés et un bilan controversé sur les décès.

Par ailleurs, la coalition C64 appelle à une grande marche le 8 juillet prochain, dont le point de chute sera le Palais de la Nation. Sur place, Fayulu, Sesanga, Kabund, Katumbi et Matata vont exiger la démission de Félix Tshisekedi pour « trahison » de son serment. Kinshasa se prépare donc à un bras de fer direct entre la rue et le pouvoir.

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