C’est une épée de Damoclès qui s’est abattue sur le camp marocain en ce vendredi 19 juin. Alors que l’équipe du Maroc s’apprête à fouler la pelouse de Boston pour son deuxième match de Coupe du Monde, l’ombre d’un procès plane désormais sur l’un de ses leaders : Achraf Hakimi. La cour d’appel de Versailles a tranché : le joueur du PSG sera bien jugé pour viol par la cour criminelle des Hauts-de-Seine.
La décision, rendue publique par un communiqué lapidaire, balaie les espoirs d’un non-lieu que l’ancien Madrilène espérait. Après des mois d’investigations minutieuses, la chambre de l’instruction a estimé qu’il existait des « charges suffisantes » à l’encontre du défenseur pour justifier sa mise en accusation. Un coup de tonnerre dans le monde du football, alors que les regards du globe sont braqués sur les pelouses américaines.
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« Enfin, je pourrai parler » : Le cri du cœur du Lion de l’Atlas
Loin de se murer dans le silence, Achraf Hakimi a choisi la contre-attaque médiatique. Dans la foulée de l’annonce, il a investi le réseau social X pour lâcher une phrase lourde de sens : « J’attends ce procès depuis le premier jour. Et je l’attends désormais avec impatience. Enfin, je pourrai parler. »
Un message qui résonne comme une promesse de combat. Pour son avocate, Me Fanny Colin, cette décision n’est qu’une étape logique dans un long cheminement judiciaire. « Cette confirmation était attendue. Il n’est pas dit ici qu’il est coupable de quoi que ce soit, il est ferme dans sa défense » , a-t-elle martelé, tentant de recentrer le débat sur la présomption d’innocence du sportif de 27 ans.
Le calvaire d’une femme, le combat d’un champion
Face à la détermination du joueur, la voix de la plaignante, une jeune femme de 24 ans prénommée Jeanne (prénom d’emprunt), tente de se faire entendre. Pour elle, l’issue de ce feuilleton judiciaire, débuté en février 2023, est une bouffée d’air frais. Son avocate, Me Rachel-Flore Pardo, n’a pas caché l’émotion de sa cliente : « Après plus de trois ans de combat judiciaire, après avoir été calomniée et traînée dans la boue, cette décision suscite soulagement et espoir. »
Dans un témoignage poignant accordé à Mediapart jeudi soir, la jeune femme, qui assure avoir été violée après avoir rejoint le joueur à son domicile via un VTC, a livré sa vérité crue : « J’ai envie qu’on me croie. » Elle réclame un procès pour se défendre, pour que sa parole pèse enfin aussi lourd que la notoriété de son agresseur présumé.
Alors que la date du procès reste inconnue, cette affaire divise déjà l’opinion. D’un côté, un sportif au sommet de son art, pressé de se blanchir ; de l’autre, une femme qui attend depuis trois ans que la justice reconnaisse sa douleur. Le verdict final se jouera dans les prochains mois, mais le match des apparences, lui, a déjà commencé.



