Dimanche 31 mai, au Centre médical évangélique (CME) de Bunia, l’air était plus léger. Plus chaud. Presque électrique. Devant une petite assemblée de journalistes venus en silence, quatre hommes et une femme s’avancent, sourire aux lèvres, regard fier. Ils ne sont plus des malades. Ils sont des survivants.
Quatre nouveaux patients soignés pour Ebola viennent d’être déclarés guéris. Un cinquième l’avait été un peu plus tôt. En tout, cinq vies arrachées à la maladie, là où l’ombre du virus plane encore.
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Tous partagent un même destin : ils sont infirmiers. Et tous ont été contaminés… en sauvant des vies.
« Ni vaccin, ni traitement miracle : mais nous avons vaincu le virus »
Le docteur Calvin Ambitapio, directeur médical du CME, n’a pas caché son émotion. Devant les micros, il livre un témoignage rare, presque inattendu :
« Nous sommes très contents de voir qu’une maladie qui n’a ni traitement propre, ni vaccin pour le moment, peut être vaincue par un traitement symptomatique. »
Alors, quel est ce protocole qui redonne espoir ? Une approche simple, mais rigoureuse : prise en charge du paludisme, antibiothérapie adaptée, surveillance quotidienne, prélèvements répétés. Pas de molécule miracle. Du soin. De l’attention. De l’acharnement thérapeutique.
Résultat : après plusieurs jours d’observation, les tests sont tombés. Un par un. Négatifs.
La riposte s’organise, la confiance aussi
Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur en charge de la Santé, assistait à la cérémonie. Son message, sobre mais puissant, s’adressait à toute une province meurtrie par l’épidémie :
« Faites confiance aux services médicaux. Nous vaincrons ensemble. »
Une parole qui tombe à pic, 17 jours après la déclaration officielle de l’épidémie par le gouvernement. Dix-sept jours de tension, de peur, de héros en blouse blanche. Et désormais, cinq guérisons.
Le docteur Ambitapio le répète avec une douce obstination : « Le nombre de guéris va augmenter dans les jours à venir. »
À Bunia, on veut y croire. Et ce récit, simple et vrai, donne envie de les suivre.



