Le rideau est tombé pour Elbas Manuana. La culture congolaise est en deuil, ce mardi 3 février, après l’annonce de la disparition de ce monument du théâtre et du cinéma, comédien, acteur et enseignant adulé à l’Institut National des Arts (INA).
Artiste complet, Elbas Manuana était « le visage familier » du public congolais, ayant marqué de son empreinte des films comme « Viva Riva », « Heart of Africa », la série « Chez Coco » et plus récemment « Ima » avec Dadju. Mais c’est sur les planches et dans les salles de classe qu’il a forgé sa légende.
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« Il n’était pas un homme de théâtre, il était le théâtre »
La nouvelle a déclenché une vague d’hommages unanimes dans le milieu artistique. L’écrivain Sinzo Aanza a salué « le plus grand, celui dont la seule présence dans l’espace était la présence du théâtre dans sa beauté, dans sa tension dramatique ». Le réalisateur Tshoper Kabambi a parlé d’une « icône » qui rejoint le firmament.
Un maître généreux et inspirant
Pour ses étudiants et collègues, la perte est immense. Enseignant les cours d’improvisation et d’interprétation dramatique à l’INA, Elbas Manuana était bien plus qu’un professeur. « Il faisait partie de ces rares enseignants qui savent encourager les talents et les pousser vers la grandeur », témoigne l’ancien étudiant Niamba Malafi.
Benjamin Masiya, l’un de ses protégés, parle d’un « père, un repère, un dieu ». « Tu m’as fait El Bass », lui écrit-il dans un hommage déchirant.
L’ambassadeur du « théâtre-rumba »
Acteur de caractère, capable d’incarner la complexité de l’âme kinoise, Elbas Manuana était aussi un ambassadeur de la culture congolaise, ayant participé à des projets patrimoniaux comme « L’Épopée de la Rumba ».
Sa disparition laisse un vide béant sur la scène culturelle et dans le cœur de toute une génération d’artistes qu’il a formés, inspirés et portés vers les sommets. La flamme qu’il a allumée, comme l’écrit le comédien Michael Disanka, devra maintenant briller sans lui.



