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RDC : Denis Mukwege condamne la « répression sanglante » de la marche de l’opposition

Le prix Nobel de la Paix 2018, Denis Mukwege, a condamné avec « la plus grande fermeté » la répression…

Le prix Nobel de la Paix 2018, Denis Mukwege, a condamné avec « la plus grande fermeté » la répression du sit-in pacifique de l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa. Dans une déclaration ferme, ce samedi 13 juin 2026, il dénonce l’usage de la violence contre des citoyens « réunis pour dire non au projet de changement de la Constitution visant à octroyer un troisième mandat au Président Félix Tshisekedi ». Cette déclaration relance le débat en République démocratique du Congo.

« Il est inacceptable que le régime de Kinshasa mobilise et instrumentalise l’armée, la police et une milice privée du parti présidentiel, la sinistre Force du progrès, pour tirer sur des citoyens et brutaliser des leaders de l’opposition », a déclaré le Dr Mukwege. Pour lui, ce déploiement de violence illégitime illustre un rétrécissement de l’espace civique et politique. Il parle d’un climat de répression et d’intimidation contre la société civile, les défenseurs des droits humains et les dirigeants de l’opposition.

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Mukwege parle des « heures sombres » et appelle à la mobilisation

Le gynécologue de Panzi établit un parallèle direct avec le passé. « Cette politique de répression et de musèlement de l’opposition rappelle à la population congolaise et à la communauté internationale les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila, il y a une dizaine d’années », a-t-il ajouté.

Face à ce qu’il qualifie de « dérive dictatoriale qui s’aggrave chaque jour », l’homme qui répare les femmes en appelle solennellement à une mobilisation nationale et internationale. L’objectif, d’après lui, est de prévenir un coup d’État constitutionnel en gestation qui ne fera qu’empirer la situation déjà dramatique du pays.

Bilan controversé, réaction du gouvernement et visite du ministre de la Justice

Dans son communiqué publié dans la soirée du vendredi 12 juin 2026, le Gouvernement provincial de Kinshasa n’a annoncé aucun décès. Il a tracé un bilan de 20 blessés légers dont 15 policiers et 5 civils, y compris près de 5 épaves de véhicules incendiés.

Réunie autour de la coalition C64, l’opposition a cependant noté plusieurs morts par balles réelles parmi les manifestants. L’opposant Fayulu a été blessé à la tête, tandis que la cellule de communication du parti « Envol » a annoncé que Delly Sesanga a été « atteint à la jambe par une balle tirée par la police ».

Face aux incidents observés, le Gouvernement central a condamné fermement les violences. Il a réaffirmé l’attachement aux libertés publiques tout en rappelant que le droit de manifester doit respecter les lois, l’ordre public et la sécurité des biens. « Les services compétents ont reçu instruction de procéder à toutes les vérifications nécessaires dans le strict respect de la loi ».

Dans la foulée, le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a rendu visite aux responsables des partis de l’opposition au sein de la coalition C64. Au menu de la rencontre, les échanges sur les circonstances des incidents et l’évaluation des conséquences.

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