Il était environ 19 h 30, dimanche 11 mai 2026, lorsque le silence de Makumo a volé en éclats. Dans cette paisible localité du centre de la chefferie des Babila-Babombi, territoire de Mambasa, l’horreur a frappé sans prévenir. Des hommes armés, présentés par des sources locales comme des rebelles ADF, ont déferlé sur le village. Leur objectif : semer la mort, et rien d’autre.
À l’aube de ce lundi 11 mai, le bilan provisoire est déjà insoutenable. Selon l’ONGDH Protection Plus, neuf corps sans vie ont été extraits des décombres. Cinq habitations, réduites en torches, achèvent de dessiner le portrait d’une communauté anéantie, en quelques dizaines de minutes à peine.
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« Ils sont venus, ont brûlé, sont repartis – sans qu’un seul soldat ne bouge »
Dans une alerte publiée dans la matinée, l’ONG dénonce un mode opératoire désormais bien rodé par les assaillants : s’en prendre directement aux civils, dans un déchaînement de violence aveugle. Mais ce qui glace le plus le sang, c’est l’absence totale de réaction des forces de sécurité.
« Aucune réponse militaire. Rien. Pendant que les habitants hurlaient sous les flammes, les FARDC étaient invisibles. »
L’organisation est formelle : malgré la gravité de l’incursion, aucune patrouille, aucun coup de feu en riposte, aucune intervention. Dans la foulée, des familles errent encore entre les cendres, à la recherche de leurs proches disparus. La psychose est totale. Chaque ombre, chaque bruit de moteur au loin fait trembler les survivants.
« Fatigués d’enterrer leurs enfants dans l’indifférence » : le cri de Makumo
Me John Vuleveryo Musombolwa, facilitateur de l’ONGDH Protection Plus, porte la voix d’un peuple à bout. Dans la déclaration que son organisation a rendue publique, les mots résonnent comme un glas :
« La population de Makumo crie sa détresse. Les habitants sont fatigués d’enterrer leurs frères, leurs enfants et leurs parents dans l’indifférence totale. »
Un cri de rage, aussi, mêlé à une lassitude viscérale. Car Makumo n’est pas un cas isolé. Ce nouveau massacre intervient à peine quelques jours après un assaut similaire attribué aux ADF à Biakato, toujours dans le territoire de Mambasa, où une dizaine d’autres civils avaient déjà péri. Et plus au nord, près d’Oicha, des dizaines de cultivateurs sont tombés ces dernières semaines, fauchés comme des épis dans leurs propres champs.
Une chute en forme de tombe ouverte
Alors que l’ONG appelle les autorités congolaises, les FARDC et les autorités provinciales à une intervention urgente pour protéger les civils, une question brûle les lèvres de tous, à Makumo comme ailleurs : combien de morts faudra-t-il encore avant que l’indifférence ne cède enfin la place à la protection ?
Au cœur de cette nuit du 11 mai 2026, les neuf victimes de Makumo ne sont pas des chiffres. Elles sont des pères, des mères, des enfants partis en fumée, tandis que les armes officielles restaient braquées vers le sol. Chaque maison incendiée est une promesse brisée. Chaque disparu, un rappel que, dans certaines régions du monde, l’horreur n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être lethale – juste silencieusement répétée.
Makumo brûle encore. Et personne, cette nuit-là, n’a éteint le feu.



