Félix Tshisekedi : “Je ne braderai jamais les richesses de la RDC”

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a fermement défendu les récents accords conclus…

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a fermement défendu les récents accords conclus avec les États-Unis. Alors que certaines voix s’inquiètent d’un possible « bradage » des ressources naturelles congolaises, le chef de l’État a tenu à rassurer : souveraineté et intérêts nationaux restent intangibles.

C’est une mise au point que beaucoup attendaient. Depuis l’annonce des partenariats stratégiques entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, les interrogations fusent. Que contiennent exactement ces accords ? La RDC a-t-elle cédé une partie de son contrôle sur ses minerais stratégiques ? Le président Félix Tshisekedi a choisi de répondre frontalement, mercredi à Kinshasa, face à la presse nationale et internationale.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



« Ces accords ne constituent ni une délégation de souveraineté, ni une transaction sur le dos du peuple congolais », a-t-il martelé, d’emblée.

Le chef de l’État a tenu à dissiper tout malentendu : les engagements pris avec Washington sont avant tout sécuritaires et économiques. Leur objectif prioritaire, selon lui, est de « faire taire les armes » dans l’Est du pays, en proie à une violence chronique causée par des groupes armés soutenus de l’étranger.

« Ils n’ont de sens qu’en ce qu’ils doivent contribuer concrètement à faire taire les armes, à mettre fin au soutien aux groupes armés, à restaurer pleinement l’autorité de l’État et à sécuriser nos frontières », a-t-il insisté.

« Je ne serai jamais le président qui brade les richesses nationales »

Sur le volet économique, c’est sans doute le point le plus sensible. La RDC possède d’immenses réserves de cobalt, de cuivre, de lithium – des minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale. Or, certains craignent que les accords avec Washington n’ouvrent la voie à une exploitation à bas coût et sans bénéfice local.

Face à ces inquiétudes, Félix Tshisekedi a été catégorique :

« Je ne serai jamais le président qui va brader les richesses nationales. Ma vision est très claire : nos richesses doivent d’abord servir à notre pays et à son peuple. »

Le président a également dénoncé le modèle qui a prévalu jusqu’ici : celui de l’extraction brute, de l’exportation sans transformation locale, laissant les populations locales dans la pauvreté.

« Ce modèle n’est plus acceptable », a-t-il tranché.

Désormais, la ligne directrice est claire : investissements responsables, infrastructures structurantes, unités de transformation locale, emplois pour la jeunesse, et gouvernance transparente des ressources.

« Ce que nous voulons, ce sont des partenariats qui servent d’abord les intérêts du peuple congolais », a résumé le chef de l’État.

Un partenariat assumé, ni alignement ni substitution de dépendance

Autre crainte récurrente : la RDC ne risque-t-elle pas de remplacer une dépendance par une autre, en se rapprochant trop étroitement de Washington ?

Là encore, Félix Tshisekedi a voulu rassurer. Selon lui, ce partenariat stratégique avec les États-Unis « n’est dirigé contre personne, il ne constitue ni un alignement idéologique, ni une substitution de dépendance ».

Il s’agit, a-t-il précisé, d’un choix souverain, fondé sur une convergence d’intérêts clairement identifiée. Le président congolais a rappelé que Kinshasa entend diversifier ses partenariats économiques et sécuritaires, sans se couper du reste du monde.

Sur le plan énergétique, il a également évoqué la nécessité de construire davantage d’infrastructures pour permettre une première transformation locale des minerais, faute de pouvoir maîtriser toute la chaîne de valeur.

« Nous pouvons, grâce à la construction de plus d’infrastructures énergétiques, commencer un début de transformation, ajouter de la valeur à ces minerais et permettre la création de richesses qui vont bénéficier à notre pays, à notre peuple », a-t-il conclu.

Un discours de fermeté face aux critiques internes

Ces déclarations interviennent dans un climat politique où l’opposition et une partie de la société civile congolaise restent vigilantes face à toute forme d’influence étrangère, notamment sur les ressources minières.

En défendant publiquement ces accords, Félix Tshisekedi tente de reprendre la main sur le récit : non pas une capitulation économique, mais une opportunité de développement. Reste à savoir si les actes suivront les paroles, et si les fameuses « unités de transformation locale » verront enfin le jour.

En attendant, le chef de l’État aura au moins marqué un point : celui de la clarté affichée. « Garant de la nation, je n’aurais accepté aucun accord, aucun partenariat qui porterait atteinte à la souveraineté de la RDC », a-t-il réaffirmé.

Un message adressé autant à ses concitoyens qu’aux partenaires internationaux.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP