Dans le cadre de sa visite officielle aux États-Unis, le président congolais Félix Tshisekedi a multiplié les rencontres de haut niveau. Ce mercredi, il s’est entretenu à Washington avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, pour relancer le partenariat stratégique entre les deux pays, deux mois après la signature des accords de Washington en présence de l’ancien président Donald Trump.
Selon le communiqué du Département d’État, les discussions ont porté sur les progrès de la mise en œuvre de l’accord de partenariat de décembre 2025 et sur les opportunités d’investissements américains en RDC, un sujet économique crucial pour Kinshasa.
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Sécurité à l’Est : Rubio réaffirme l’engagement américain… mais le terrain s’embrase
Cependant, le cœur brûlant des échanges a été la situation sécuritaire catastrophique dans l’Est de la RDC. Marco Rubio a réaffirmé « l’engagement des États-Unis à garantir le plein respect des Accords de Washington » et la mise en œuvre du mémorandum sur un partenariat de sécurité élargi.
Un engagement qui sonne creux face à la réalité sur le terrain. Malgré la signature des accords de Washington et la reprise des négociations de Doha sous médiation qatarie, les combats entre les FARDC et la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda, font rage sur plusieurs fronts au Nord et Sud-Kivu. Kinshasa et Kigali continuent de s’accuser mutuellement de violer les cessez-le-feu.
Des processus de paix au point mort
Les processus diplomatiques sont dans l’impasse. Les mesures convenues, comme le mécanisme de vérification du cessez-le-feu récemment signé à Doha, ne sont pas appliquées. Cette paralysie exacerbe les tensions et la défiance.
Dernier épisode en date : le M23 a revendiqué une attaque contre l’aéroport de Kisangani, visant selon lui l’arsenal aérien militaire congolais. Une affirmation catégoriquement démentie par les autorités congolaises, qui assurent que l’attaque a été déjouée par les FARDC. Cet incident illustre l’extrême volatilité et la propagande de guerre qui entourent le conflit.
La visite de Tshisekedi à Washington cherche donc à relancer à la fois la coopération économique et la pression diplomatique sur Kigali. Mais le fossé reste abyssal entre les déclarations d’intention dans les capitales et l’escalade meurtrière à l’Est. Les États-Unis, garants auto-proclamés des accords, peinent à imposer leur autorité et à traduire leurs engagements en actions concrètes pour stopper la guerre. La crédibilité de leur médiation et de leur partenariat avec Kinshasa est désormais en jeu.



