CAPE TOWN – La République démocratique du Congo a frappé un grand coup ce mercredi à la Mining Indaba 2026, le plus grand rendez-vous mondial des investisseurs miniers. Lors du traditionnel « DRC Breakfast », le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dévoilé une stratégie industrielle ambitieuse qui entend sortir le pays du piège de l’exportation de matières premières brutes.
Devant un parterre de parlementaires, diplomates et investisseurs, le ministre a résumé la nouvelle doctrine congolaise en une phrase : « Nous ne voulons plus exporter nos minerais pour les importer transformés. »
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« Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique »
Placée sous le thème « Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique en faveur des investissements en amont et en aval en RDC » , la conférence-déjeuner a servi de vitrine pour la vision présidentielle de Félix Tshisekedi, coordonnée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Le message est clair : la RDC, qui détient des réserves stratégiques mondiales en cobalt, lithium, cuivre et coltan, entend désormais transformer localement une part croissante de sa production pour capter la valeur ajoutée et créer des emplois.
Trois piliers pour une révolution industrielle
Louis Watum Kabamba a articulé sa feuille de route autour de trois axes majeurs :
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Développement des chaînes de valeur des batteries : la RDC se positionne comme un futur hub de la fabrication de précurseurs et de batteries électriques, en partenariat avec la Zambie et dans le cadre de la Zone économique spéciale.
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Formalisation du secteur artisanal : intégration des creuseurs dans un cadre structuré et durable, pour mettre fin à l’exploitation informelle et aux circuits illicites.
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Attractivité des investissements : renforcement de la sécurité juridique, alignement sur les standards ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) et lutte accrue contre la fraude minière.
« La paix par la prospérité »
Au-delà du discours économique, le ministre a établi un lien explicite entre industrialisation et stabilité. « Nos ressources doivent contribuer durablement à la paix et à la prospérité du peuple congolais », a-t-il déclaré, répondant implicitement à ceux qui accusent les richesses minières d’alimenter les conflits.
Un signal fort aux investisseurs internationaux
Avec cette offensive de communication à Cape Town, Kinshasa envoie un signal clair aux majors du secteur et aux fonds souverains : la RDC n’est plus seulement une terre d’extraction, elle veut devenir un atelier de transformation.
Le pays mise sur sa position dominante dans les minerais critiques de la transition énergétique pour négocier en position de force et imposer un nouveau modèle de partenariat, moins prédateur et plus équitable.
Reste à concrétiser cette ambition par des réformes législatives, des infrastructures énergétiques fiables et une sécurisation du climat des affaires. Le discours de Cape Town a posé les fondations. Le chantier, lui, ne fait que commencer.



